Skip to content

Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Catégories
Télécom

TRUST THE FUTURE – Une stratégie d’opportunisme, sans boussole éthique


► Bien dissimulée, la dépendance irresponsable du Système Informatique interne d’Orange à Microsoft, une faille pour une cybersécurité tant vantée. Un élément de langage, le marché de la Cybersécurité serait relancé avec OB grâce au “super pouvoir d’Orange” (dans le texte), « la confiance ».   

    Sans doute à “la manière de” notre Directrice Générale, de l’enfumage associé à une amnésie sélective… :

    ► Malgré le rappel dans ce speech de la pseudo devise d’Orange « attentionnée, responsable et audacieuse », l’abandon de la filiale stratégique Globecast est tactiquement un désengagement irresponsable… Des députés, la SGDSN (secrétariat générale de la défense et de la sécurité nationale) et l’armée, s’en inquiètent, ce serait sacrifier la souveraineté nationale sur tout un réseau de téléports satellites et de milliers de km de fibres optiques ! Pour rappel Orange est encore détenu à 23% par l’Etat.

    ► Oublié, le partenariat audacieux avec J.F. Fallacher devenu directeur général d’Eutelsat… l’ex-cadre dirigeant d’Orange devait pourtant être un atout en reprenant la direction des infrastructures satellitaires d’Eutelsat, un garant de la souveraineté européenne… Balayé l’ancrage européen donc. Pas un mot, même en anglais, sur le réseau satellitaire IRIS “made in Europe”, prévue pour être déployé d’ici 2030.   

► Risqués, les montages financiers en cours, par le cumul de fusions-acquisitions, notamment la totalité de la filiale espagnole MasOrange, et les transactions et les surenchères de la vente à la découpe SFR… Cette acquisition conjointe avec Bouygues Télécom et Iliad n’est pas très « attentionnée», mais c’est bel et bien du dépeçage d’un opérateur téléphonique orchestré par son actionnaire principal… et aux dépens des salarié.es.  

► Pas très loquace, la Directrice Générale, quant aux expérimentations de SMS “de l’espace” par la constellation américaine Skylo, depuis novembre 2025…  

Sans doute pour échapper au scandale, elle n’a pas annoncé, non plus, le partenariat envisagé avec le réseau satellitaire de Musk, par le biais de la filiale espagnole MasOrange… Une alliance honteuse sans doute ?

Outre ce pari risqué de recourir au “Direct To Cell” de Starlink, ce serait également une baisse en gamme et de qualité par rapport aux réseaux terrestres existants… une dépendance à l’inconstant suprémaciste… aussi.

Une stratégie qui repose sur une dégradation de la situation du personnel de la maison-mère, aucun plan pour compenser les départs massifs des fonctionnaires, ni de recrutements pour rajeunir une moyenne d’âge très élevée…

Pour le personnel d’Orange

ce sera « THE FUTURE CRUNCH »

Catégories
antifascisme Médias

Communiqué SNJ – Solidaires // La collaboration du Groupe Sud-Ouest avec CNEWS, c’est non

La section SNJ (Syndicat national des journalistes) Sud Ouest a été informée d’un contrat de collaboration journalistique pour la période des élections municipales entre AIMV, une société du groupe Sud Ouest (GSO) déjà dans la tourmente (cf. notre communication du 11 décembre 2025), et la chaîne de télévision CNEWS. Pour un montant de 10.000€, il a pour but de fournir par l’intermédiaire des journalistes de l’agence de presse AIMV des contenus éditoriaux à cette chaîne du groupe Bolloré clairement orientée à l’extrême droite, alors que le pays est entré en pleine tempête politique.Les sociétés du personnel, les syndicats représentatifs des salariés de GSO et les administrateurs représentant les salariés se sont associés pour adresser une lettre ouverte à Olivier Cotinat, le directeur général du groupe, aux représentants des actionnaires et des administrateurs afin de les alerter sur ces liaisons dangereuses et de leur demander de renoncer à ce contrat.
Pour lire le communiqué complet, c’est ici : https://www.snj.fr/la-collaboration-de-gso-avec-cnews-cest-non/2598

Le Syndicat national des journalistessnj@snj.fr – http://www.snj.fr

Suivez-nous sur :
– Bluesky
– Instagram
– Facebook

Catégories
Conditions de travail Ressources juridiques Souffrances au travail

L’actu santé-travail – N° 1 – Février 2026

La commission Santé et Conditions de travail de Solidaires publie en exclusivité, avant la parution de son bulletin Et voilà le travail, les rubriques Jurisprudences et Actualités juridiques, sous la forme d’une note à destination des équipes syndicales.

Jurisprudences Fonctionnement du CSE / Jurisprudences en matière d’accident du travail et de maladies professionnelles / Respect des préconisations médicales et obligation de sécurité de l’employeur / Certificats médicaux des médecins : une décision importante – mais pas suffisante – du Conseil d’État / Harcèlement, discrimination et enquête interne / Enquêtes internes réalisées à la suite de signalement pour discrimination/ Autres jurisprudences sur le harcèlement / En bref Sécurité sociale : arrêts maladie, formulaires, indemnités: des nouveautés réglementaires

Jurisprudences

Fonctionnement du CSE

Un accord peut prévoir que c’est la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) qui sera réunie à la suite d’un accident ou évènement grave.

Cass. soc, 18 juin 2025, n° 23-10.857.

Jurisprudences en matière d’accident du travail et de maladies professionnelles

Audiogramme, rapport d’autopsie : des pièces relevant du secret médical

● Plusieurs arrêts de la Cour de cassation ont confirmé que l’audiogramme mentionné au tableau n° 42 des maladies professionnelles constitue un élément du diagnostic couvert par le secret médical et n’est donc pas transmissible à l’employeur.

Cass. 2e civ., 5 déc. 2024, no 22-23.310 ; Cass. 2e civ., 5 déc. 2024, n° 22-24.155 ; Cass. 2e civ., 5 déc. 2024, n° 22-23.067 ; Cass. 2e civ., 5 déc. 2024, n° 22-23.835).

● Un rapport d’autopsie n’est plus communicable.

En cas de déclaration d’accident du travail ayant entraîné le décès du salarié, la CPAM procède à une enquête et, dans ce cadre, l’employeur a accès au dossier. Toutefois, dans un revirement de jurisprudence, la Cour de cassation considère désormais que « le rapport d’autopsie constitue un élément couvert par le secret médical qui n’a pas à figurer dans les pièces du dossier constitué par les services de la caisse ».

Ce jugement ne prive pas pour autant l’employeur de son droit de contester un accident ou une maladie professionnelle et donc de solliciter auprès du juge la désignation d’un expert judiciaire à qui seront remises les pièces du dossier médical de la victime.

Cass. 2e civ., 3 avril 2025, n° 22-22.634.

Le décès soudain sur le lieu de travail est un accident du travail

Suite à la mort subite d’un salarié sur son lieu de travail et après enquête, la CPAM a pris en charge l’accident au titre de la législation professionnelle. L’employeur conteste cette décision et la Cour d’appel lui donne raison en s’appuyant sur l’expertise qui n’a pas mis en évidence la cause exacte du décès et en conclut que le décès doit être considéré comme exclusivement lié à un état pathologique antérieur.

La Cour de cassation rappelle que « l’accident survenu au temps et au lieu du travail est présumé être un accident du travail, sauf à établir que la lésion a une cause totalement étrangère au travail ». Les causes du décès étant inconnues, il n’est donc pas démontré qu’il a une cause étrangère au travail.

Cass. 2e civ., 27 février 2025, n° 22-23.919.

La chute survenue pendant une mission est un accident du travail

Selon une jurisprudence constante, l’accident survenu en mission, qu’il intervienne à l’occasion d’un acte professionnel ou de la vie courante, est un accident du travail, sauf s’il est démontré que le salarié avait interrompu sa mission pour un motif personnel, preuve qui peut être très difficile à apporter.

Deux arrêts viennent illustrer ces principes :

– la chute d’une salariée qui se rendait en skate-board de son hôtel au restaurant durant une escale(CA Amiens, 21 mai 2024, n° 22/02047)

– la chute d’une salariée au cours d’une sortie à la patinoire avec ses collègues durant une formation organisée par le CSE (CA Paris, 26 avril 2024, n° 21/0321).

Une société donneuse d’ordre condamnée au titre de son obligation de coordination générale

Dans cette affaire une société engage une autre société qui à son tour, fait appel à un sous-traitant pour réaliser des travaux au cours desquels un salarié décède par électrocution. La Cour d’appel condamne les deux sociétés pour homicide involontaire, ce que conteste la société donneuse d’ordre. La Cour de cassation rappelle que la coordination générale des mesures de prévention sur le chantier lui incombait et qu’elle ne pouvait invoquer avoir confié à une autre société la charge de réaliser les contrôles pour se dédouaner de sa responsabilité. L’arrêt est confirmé.

Cass. crim., 28 janvier 2025, n° 23-84.373.

Reconnaissance de la faute inexcusable : de nouvelles illustrations jurisprudentielles

● Alors que sa maladie avait été prise en charge implicitement par la CPAM au titre de la législation professionnelle, le salarié demande la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur. La Cour de cassation a cassé l’arrêt de la Cour d’appel qui a reconnu l’origine professionnelle de la maladie, au motif que le juge aurait dû au préalable recueillir l’avis du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) dès lors que la maladie est hors tableau.

Cass. 2e civ., 9 janvier 2025, n° 22-23.485.

● Un salarié ayant obtenu la reconnaissance de sa maladie au titre du tableau n° 16 bis après un avis favorable du CRRMP, demande la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur. La Cour d’appel refuse cette reconnaissance, estimant que l’origine professionnelle n’est pas rapportée, l’exposition habituelle au goudron n’étant pas démontrée. La Cour de cassation a cassé ce jugement, considérant que la contestation du caractère professionnel de la maladie aurait dû être précédée d’un second avis d’un CRRMP. Cass. 2e civ., 9 janvier 2025, no 22-24.443

● Un salarié victime d’un accident (chute de grande hauteur) pris en charge au titre de la législation professionnelle demande la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur. La Cour d’appel ne la reconnaît pas, au motif que le salarié a décidé de sa propre initiative d’emprunter une autre voie et d’utiliser l’échelle de la copropriété non conforme et qui s’est révélée être à l’origine directe de la chute. En conséquence, il ne peut être reproché à l’employeur de ne pas avoir prévu un tel comportement.

La Cour de cassation a cassé l’arrêt en constatant que le plan particulier de sécurité et de protection de la santé des travailleurs (PPSPS) ne prévoyait pas les modalités d’accès aux terrasses et les mesures de sécurité propres à garantir la sécurité de ces derniers. La Cour de cassation en a déduit que l’employeur n’a pas pris les mesures nécessaires pour préserver la victime du danger de chute de grande hauteur dont il ne pouvait pas ne pas avoir conscience. Cass. 2e civ., 9 janvier 2025, no 22-24.167

Respect des préconisations médicales et obligation de sécurité de l’employeur

Lors de sa reprise après un accident du travail, le salarié chauffeur routier avait fait l’objet de préconisations de la part du médecin du travail. De nouveau en arrêt de travail, le salarié a saisi le conseil des prud’hommes, considérant que l’employeur avait failli à son obligation de sécurité en ne respectant pas les recommandations médicales.

La Cour d’appel a débouté le salarié tout en relevant que l’employeur ne s’était pas assuré que les lieux de livraison attribués au salarié étaient bien tous équipés du matériel préconisé par le médecin du travail alors que six d’entre eux n’en disposaient pas.

La Cour de cassation a considéré que l’employeur avait manqué à son obligation de sécurité en n’allant pas vérifier que les lieux de travail étaient équipés du matériel préconisé. L’employeur doit donc s’assurer de l’effectivité des mesures.

Cass. Soc. 11 juin 2025, FB, n° 24-13.083

Certificats médicaux des médecins : une décision importante — mais pas suffisante — du Conseil d’État

Depuis plusieurs années, des employeurs poursuivent devant le Conseil de l’ordre des médecins qui rédigent des certificats médicaux ou des courriers établissant un lien entre les problèmes de santé (et notamment de souffrance psychique) et le travail. La plupart du temps, ce qui est invoqué est la violation des obligations déontologiques des médecins qui établiraient des « rapports tendancieux » ou des « certificats de complaisance ».

Dans une affaire opposant une médecin au Conseil de l’ordre qui l’avait sanctionnée pour avoir écrit la mention « burn out » dans son avis de prolongation d’arrêt de travail, le Conseil d’État a considéré que l’absence d’analyse des conditions de travail de l’intéressé, notamment du médecin du travail, ne saurait caractériser l’établissement d’un certificat tendancieux ou de complaisance.

C’est une décision importante qui peut protéger les médecins, mais il ne s’agit pas d’une protection absolue. Il faut donc continuer à s’attaquer à ces procédures d’exception et obtenir l’abrogation du décret de 2007 qui autorise les employeurs à engager des procédures devant le Conseil de l’ordre.

CE, 4e -1ère chambre réunies, 28 mai 2024, 469089.

Harcèlement, discrimination et enquête interne

L’employeur public ou privé est tenu à une obligation de sécurité, et, à ce titre, il doit prévenir tout acte de discrimination ou de harcèlement. Sa responsabilité ne peut être écartée que s’il a mis en œuvre toutes les mesures de prévention prévues par les articles L.4121-1 et L.4121-2 du Code du travail.

En cas de dénonciation de faits de harcèlement ou de discrimination, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires et suffisantes pour les faire cesser et préserver la santé et la sécurité des salarié·es. Il peut diligenter une enquête interne pour déterminer l’effectivité des faits dénoncés, mais ce n’est pas une obligation.

Plusieurs jurisprudences sont venues confirmer qu’il appartient aux juges du fond d’apprécier la valeur probante d’une enquête interne au regard des éléments qu’elle contient et, le cas échéant, des autres éléments de preuve produits par les parties.

En voici quelques illustrations :

Dans une première affaire, l’employeur s’était limité à interroger les proches collègues de la victime et l’enquête avait été menée par la direction des ressources humaines (et non par le CSE/CHSCT). La Cour de cassation a considéré qu’au vu des éléments de l’enquête, le harcèlement était caractérisé et le licenciement justifié.

Cass. soc., 1er juin 2022, n° 20-22.058

Dans une deuxième affaire, la salariée reprochait à son employeur de ne pas avoir mené une enquête interne alors qu’elle avait dénoncé des faits de harcèlement moral à son encontre. La Cour de cassation partage l’appréciation de la Cour d’appel, qui a jugé que l’employeur avait pris les mesures suffisantes de nature à préserver la santé et la sécurité de la salariée et qu’il n’avait pas manqué à son obligation de sécurité, même en l’absence d’enquête interne. Cass. Soc. 12 juin 2024, n° 23-13.975

Dans une troisième affaire, l’employeur conteste l’arrêt de la Cour d’appel, qui a déclaré le licenciement d’un salarié comme dénué de cause réelle et sérieuse au motif que l’enquête interne ne permettait pas de prouver que l’intéressé avait commis des actes de harcèlement sexuel. Pour les juges, l’enquête n’apparaissait pas suffisamment probante pour plusieurs raisons : comptes rendus d’entretiens tronqués, témoignages manquants, faits décrits par une personne non confirmée par d’autres témoins, intégralité de l’enquête non versée aux débats… La Cour de cassation confirme que la Cour d’appel a bien évalué la valeur probante de l’enquête et constaté que celle-ci comme les autres éléments de preuve ne permettaient pas d’établir le harcèlement sexuel commit par le salarié licencié. Cass. Soc. 18 juin 2024, n° 23-19.022

À signaler un document qui peut être utile aux équipes syndicales : la Décision-cadre 2025-019 du 5 février 2025 de la Défenseure des droits relative à des recommandations générales destinées aux employeurs publics et privés concernant les enquêtes internes réalisées à la suite de signalement pour discrimination

https://juridique.defenseurdesdroits.fr/index.php?lvl=notice_display&id=53669

Autres jurisprudences sur le harcèlement

Peu importe de qualifier ou non les faits de harcèlement moral

Un salarié, licencié pour faute grave, saisit le Conseil de Prud’hommes afin notamment de dénoncer un harcèlement moral et le manquement de l’employeur à son obligation de sécurité. La Cour d’appel rejette ses demandes, estimant que le salarié n’avait jamais qualifié les faits dénoncés de harcèlement moral et qu’en conséquence, l’employeur n’avait aucune obligation d’agir.

La Cour de cassation en a jugé autrement, en s’appuyant sur les éléments fournis par le salarié, qui à plusieurs reprises a fait part à son employeur des problèmes rencontrés avec son supérieur hiérarchique (difficultés à travailler ensemble, sentiment de rejet et de découragement, anxiété induisant un mal-être au travail, reproches, attitude agressive et acharnement à son égard), et peu importe qu’il n’ait pas qualifié dans ses courriels de « harcèlement moral » les faits sur lesquels il alertait son employeur. En conséquence, dès lors qu’un salarié exprime un sentiment de souffrance ou un mal-être persistant, l’employeur doit enquêter et prendre des mesures appropriées.

À noter que la seule réaction de l’employeur a été de le convoquer à un entretien préalable en vue d’un licenciement pour faute grave.

Cass. Soc. 8 janvier 2025, n° 23-19.996

Constater une dégradation des conditions de travail ou de l’état de santé n’est pas nécessaire

Une salariée s’était vue objecter à sa demande de reconnaissance de harcèlement moral, au motif que les différents faits rapportés par l’intéressée n’avaient pas entraîné une dégradation de ses conditions de travail ni de son état de santé. La Cour de cassation n’est pas de cet avis, en constatant que l’employeur ne démontrait pas que les agissements dénoncés par la salariée, qui pourtant laissaient supposer un harcèlement moral, étaient étrangers à tout harcèlement.

Cette position rejoint celle de la Chambre criminelle de la Cour de cassation, pour qui la dégradation des conditions de travail ou de l’état de santé n’est pas une condition à la qualification de harcèlement moral. Les définitions du harcèlement moral en droit du travail ou en droit pénal étant la même, il est donc logique que les deux chambres alignent leurs positions. Cependant la dégradation des conditions de travail ou de l’état de santé reste un élément d’appréciation du préjudice subi par le ou la salariée.

Cass. Soc. 11 mars 2025, n° 23-16.415

Le harcèlement moral en lien avec l’exercice d’un mandat syndical

Un salarié saisit la juridiction prud’homale, invoquant principalement un harcèlement moral qui s’est aggravé depuis de sa désignation en qualité de membre au CHSCT. Estimant que ces faits portent atteinte à l’intérêt collectif de la profession, le syndicat du salarié intervient volontairement à l’instance.

La Cour d’appel condamne l’employeur à verser des dommages et intérêts au salarié ainsi qu’au syndicat en réparation du préjudice porté à l’intérêt collectif de la profession. L’employeur se pourvoit en cassation. Il soutient qu’une situation de harcèlement moral « au préjudice d’un salarié » ne porte pas atteinte à l’intérêt collectif de la profession, de sorte à justifier l’action du syndicat. Ce n’est pas l’avis de la Cour de cassation qui rappelle « qu’aux termes de l’article L.2132-3 du Code du travail, les syndicats professionnels ont le droit d’agir en justice. Ils peuvent, devant toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie civile concernant les faits portant un préjudice direct ou indirect à l’intérêt collectif de la profession qu’ils représentent. Il en résulte qu’un syndicat, lorsque les éléments invoqués par un salarié titulaire d’un mandat syndical ou représentatif comme laissant supposer un harcèlement moral sont en lien avec l’exercice des fonctions syndicales ou représentatives de ce salarié, est recevable à agir en réparation du préjudice porté à l’intérêt collectif de la profession ». Et dans la situation jugée, ces conditions s’avèrent bien remplies.

Un syndicat est donc habilité à agir au nom de l’intérêt collectif de la profession, à condition que les faits de harcèlement allégués par le salarié soient en lien avec l’exercice de ses fonctions syndicales ou représentatives.

Cass., Soc., 10 juillet 2024, n° 22-22.803

Un management à l’origine de souffrance au travail est fautif

Responsable d’un service, un salarié se voit notifier un avertissement en raison d’un comportement excessivement autoritaire, qui dévalorise et qui exerce une pression importante sur certains salariés dont il n’était pas satisfait. Ce management, à l’origine d’une souffrance au travail pour près de la moitié des salarié·es de l’établissement, ayant persisté, le salarié est licencié neuf mois plus tard pour faute grave. 
Le salarié conteste son licenciement et obtient gain de cause devant la Cour d’appel. La Cour de cassation donne raison à l’employeur en rappelant :

– qu’aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral (article L.1152-1 du Code du travail),

– que l’employeur, tenu d’une obligation de sécurité, doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (article L.4121-1 du Code du travail) et faire cesser notamment les risques liés au harcèlement moral,

– que les méthodes de management du salarié avaient continué à causer une situation de souffrance au travail, dénoncée par certains salariés et le médecin du travail, ce qui permettait de caractériser un comportement rendant impossible son maintien dans l’entreprise.

Cass., Soc., 6 mai 2025, n° 23-14.492

Introduction de l’intelligence artificielle (IA) et consultation du CSE

Le CSE central de France Télévisions a demandé à être consulté sur deux projets de nouveaux outils : la mise en place d’une plateforme d’accès aux outils d’IA générative (assistant personnalisé) et d’une nouvelle version d’un agent conversationnel (destiné à mieux répondre aux questions des salarié·es sur différents sujets RH et interagir de manière plus dynamique avec les salarié·es). Face au refus de l’employeur, qui estime que ces outils n’impactent pas les conditions de travail des salarié·es, le CSEC a porté le litige devant le tribunal judiciaire.

En s’appuyant sur les articles L.2312-14, L.2312-15 ainsi que sur l’article L.2312-8 du Code du travail qui prévoit que le CSE est informé et consulté sur « l’introduction de nouvelles technologies, tout aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail », les juges ont considéré qu’il y avait nécessité de consulter préalablement le CSE pour les motifs suivants :

– la rédaction de l’article L.2312-8 évoque l’introduction de nouvelles technologies, mais sans l’associer à une modification des conditions de santé et de sécurité ou des conditions de travail, contrairement au projet important ;

– ainsi, il n’y a aucune exigence d’importance ni d’impact sur les aspects ciblés de la relation de travail et il suffit que la mise en œuvre des nouvelles technologies soit susceptible d’avoir un impact sur la situation des travailleurs ;

– par ailleurs, il est manifeste qu’une technologie faisant appel à l’IA est une technologie nouvelle. Les juges précisent que si ces technologies peuvent tout à la fois être bénéfiques pour les salarié·es, en termes de gain de temps notamment, mais peuvent également avoir des impacts négatifs, tels que la perte d’autonomie, d’initiative ou de réflexion ou encore une intensification du travail.

Ensuite, le tribunal a examiné les éléments au regard de chacun des deux outils. Il a estimé que la nouvelle version du « chatbot » n’est qu’un changement de langage et n’introduit aucune technologie nouvelle. Comme par ailleurs, le CSE avait été consulté sur la version une de l’outil, les juges considèrent qu’il n’y avait pas lieu de le consulter de nouveau.

En revanche, les juges ont suspendu le déploiement de la plateforme dont l’objet est de permettre un accès sécurisé aux outils d’intelligence artificielle générative, ce qui constitue manifestement une technologie nouvelle. En effet, les documents de présentation laissaient supposer des impacts potentiels, notamment sur l’organisation du travail, et qu’en conséquence, le CSE devait être informé et consulté.

Il est à noter que dans une affaire similaire, le Tribunal judiciaire de Nanterre a enjoint à une entreprise, le 14 février 2025, de suspendre le déploiement d’outils d’intelligence artificielle tant que le CSE ne serait pas consulté.

S’agissant de référés, il faut attendre ce qu’en dira la Cour de cassation si les employeurs font appel.

TJ Paris, ord. réf., 2 septembre 2025, n° 25/53278

En bref

Sécurité sociale – arrêts maladie, formulaires, indemnités : des nouveautés réglementaires

1— De nouveaux formulaires

Pour les arrêts de travail

À compter du 1er septembre 2025, seuls les arrêts de travail transmis de façon dématérialisée ou sur formulaire Cerfa sécurisé ouvriront droit au versement des indemnités journalières de la Sécurité sociale.

Décret 2025-587 du 25 juin 2025

Pour les avis d’ (in)aptitude et d’attestation de suivi

De nouveaux modèles d’avis d’inaptitude ou d’aptitude, d’attestation de suivi individuel de l’état de santé et de propositions d’aménagement de postes de travail sont entrés en vigueur au 1er juillet 2025 pour tenir compte de la loi du 2 août 2021 et notamment des nouvelles délégations faites à d’autres professionnels de santé.

Arrêté du 3 mars 2025

2— Arrêts maladie : fin de la tolérance d’indemnisation des jours non prescrits (samedi, dimanche)

En cas de prolongation d’un arrêt de travail qui ne suit pas immédiatement un arrêt précédent (comme les jours de fin de semaine et le lundi), il n’y aura pas d’indemnité journalière ni complémentaire entre les deux périodes. Si l’interruption est supérieure ou égale à 3 jours calendaires, un nouveau délai de carence de 3 jours s’appliquera.

3— Baisse des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail

Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale en cas d’arrêt de travail sont calculées en fonction du salaire journalier de base fixé sur la base des salaires des 3 mois précédant l’arrêt dans la limite d’un plafond égal à 1,8 SMIC. Ce plafond est abaissé à 1,4 SMIC pour les arrêts de travail prescrits depuis le 1er avril 2025.

Cette mesure a pour conséquence de réduire le montant de l’indemnisation pour les salarié·es qui ne peuvent pas bénéficier du complément de salaire employeur (condition d’un an d’ancienneté).

5— La durée d’indemnisation en cas d’AT/MP limitée à 4 ans

La période de versement des indemnités journalières pour les victimes d’AT/MP pour un même sinistre sera limitée à 4 ans (pas de limitation précédemment). Au-delà de cette durée, les assuré·es vont basculer en incapacité permanente. Décret à paraître

6— Contre visite des employeurs

En application de l’article L.1226-1 du Code du travail, l’employeur a le droit de procéder à une contre-visite au domicile du·de la salariée placée en arrêt de travail. Les modalités de cette contre-visite sont désormais fixées dans 4 nouveaux articles du Code du travail (R.1226-10 à R.1226-12) :

  • le·la salarié·e doit communiquer à l’employeur son lieu de repos s’il est différent de son domicile, les horaires possibles de la contre-visite si l’arrêt de travail mentionne « sortie libre »,
  • la contre-visite est effectuée par un médecin mandaté par l’employeur, qui se prononcera sur le caractère justifié et la durée de l’arrêt. La contre-visite s’effectue à tout moment soit au domicile du·de la salariée, soit au cabinet du médecin (sauf si impossibilité de se déplacer),
  • à l’issue de cette visite, le médecin informe de ses conclusions l’employeur qui à son tour transmet ces informations à la personne concernée. En cas d’arrêt injustifié ou d’impossibilité d’organiser le contrôle, l’employeur peut suspendre le versement des indemnités complémentaires.

Décret 2024-692 du 6 juillet 2024

7— Le passeport de prévention enfin alimenté !

Prévu par la loi santé au travail du 2 août 2021, le passeport de prévention entre enfin dans sa phase opérationnelle. Il a vocation à recenser « les attestations, certificats et diplômes obtenus par le travailleur dans le cadre des formations relatives à la santé et à la sécurité au travail », et il est intégré au passeport d’orientation, de formation et de compétences.

Ce nouveau document est rempli par les employeurs, les organismes de formation et les travailleur·euses ou demandeur·es d’emploi eux-mêmes lorsqu’iels ont suivi ces formations de leur propre initiative.

Un décret du 1er août 2025 précise les modalités de déclaration des formations en santé et sécurité au travail par les organismes de formation et les employeurs. La déclaration des formations éligibles est progressive : obligatoire à partir du 1er septembre 2025 jusqu’au 30 juin 2026 pour les organismes de formation ; au plus tard le 30 septembre 2026 pour les employeurs, puis au 4e trimestre 2026 pour les salarié·es.

Décret 2025-748 du 1er août 2025

8— Les cancers du larynx et de l’ovaire provoqués par l’inhalation de poussières d’amiante (tableau 30 ter des MP) peuvent désormais ouvrir droit à l’ACAATA (Allocation de Cessation Anticipée d’Activité des Travailleurs de l’Amiante)

Arrêté du 16 décembre 2024

9— Radon : clarification de la démarche de prévention

Le décret 2024-1238 du 30 décembre 2024 renforce la protection des travailleurs et travailleuses contre les risques dus aux rayonnements ionisants. Un des aspects du décret clarifie la démarche de prévention du risque radon lorsqu’il provient du sol. Ainsi, si la concentration d’activité du radon provenant du sol reste supérieure à 300 Bq/m3, l’employeur communique ces résultats à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). L’employeur doit en outre identifier les zones où les travailleurs et travailleuses sont susceptibles d’être exposé·es à des niveaux dépassant ce seuil.

À signaler :

– la mise à disposition par l’INRS d’un outil d’évaluation en zone radon de la dose prévisionnelle des travailleurs. https://www.inrs.fr/publications/outils/Radon/outilRadon.html

– la publication par le ministère du Travail d’une nouvelle édition de son guide pour une meilleure prise en compte du risque radon : https://travail-emploi.gouv.fr/prevention-du-risque-radon-guide-pratique-et-questions-reponses

10— Des cancers reconnus comme maladies professionnelles des pompiers

Les tableaux 16 bis et 30 ont été complétés des expositions des sapeurs-pompiers (professionnels et volontaires) à la combustion de charbon et à l’inhalation d’amiante. JO du 26 décembre 2025.

Catégories
En grève ! Luttes féministes

8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes : Toutes et tous en grève et en manifestation !

Les inégalités entre les femmes et les hommes persistent dans nos entreprises et nos administrations. Cette discrimination, les femmes ne l’acceptent plus. Elles refusent d’attendre encore 80 ans pour être considérées dans le travail et rémunérées à l’égal de leurs collègues masculins. Elles exigent l’application du principe inscrit dans la Loi « à travail de valeur égale, salaire égal ».

Pourtant, le Conseil d’Analyse Economique, évalue le coût de ces inégalités à une perte de 10 points de PIB, qui affecte la santé économique générale de notre pays. Cet argument, qui devrait suffire à les convaincre de l’urgence à agir, n’est pourtant jamais mis en avant par les gouvernements successifs et les employeurs.

Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes diminuent ainsi très lentement et s’élèvent encore à 22% en moyenne. Ces inégalités sont amplifiées à la retraite, avec des écarts moyens de pension de 38% en défaveur des femmes.

La France, comme les autres pays européens, a cette année une occasion historique de se doter d’outils permettant de progresser vers l’égalité. La directive européenne de transparence des rémunérations, si elle est transposée de manière ambitieuse, donne des leviers pour atteindre l’égalité des rémunérations et des carrières entre les femmes et les hommes.

Reconnaître la valeur du travail des femmes, est d’abord une exigence de justice sociale. Cela suppose d’identifier et de mettre un terme aux biais sexistes qui aujourd’hui encore pèsent sur l’orientation des filles, au détriment de la mixité des métiers, sur la reconnaissance des compétences mises en œuvre dans les métiers à prédominance féminine, notamment les métiers du soin et du lien, sur les opportunités de carrière et l’accès aux postes les mieux rémunérés.

Un travail d’examen et le cas échéant de révision des grilles de classifications doit se faire partout par la négociation collective, dans les branches professionnelles, les entreprises et les grilles de la fonction publique. Ce travail doit être mené particulièrement là où les femmes sont plus nombreuses et où persistent des discriminations structurelles clairement identifiées.

Des services publics forts et de qualité sont également une autre nécessité pour répondre aux besoins d’égalité. Les femmes sont à la fois les premières usagères et employées des services publics. Ceux-ci doivent être renforcés et répondre aux besoins croissants, notamment dans la prise en charge de la petite enfance et de la dépendance, aujourd’hui majoritairement assumée par les femmes.

Mieux articuler vie professionnelle et vie personnelle est par ailleurs une demande de plus en plus forte de tous, femmes et hommes, et un gage de plus d’égalité en permettant que les femmes ne soient plus contraintes au temps partiel pour assurer les tâches domestiques et parentales.

Cette exigence n’est pas compatible avec les mesures rétrogrades récemment appliquées dans la Fonction publique, qui pénalisent en premier lieu les femmes, telles que les 10 % de décote salariale en cas de congés maladie ordinaire y compris pour les femmes enceintes, ou le projet de réduction du nombre de jours d’absence « enfant malade ».

Enfin, comme l’illustre le dernier rapport sur le sexisme du Haut Conseil à l’Egalité, les discours masculinistes décomplexés se répandent. Pourtant le combat contre les violences sexistes et sexuelles reste une exigence et un prérequis à toute égalité femmes-hommes. Nos organisations défendent une augmentation des moyens affectés à la lutte contre ces violences, dans les entreprises, les administrations, les sphères privées et publiques et les réseaux sociaux. Là aussi, nous demandons que soit transposée sans attendre la directive européenne 2024/1385 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique

Face aux forces réactionnaires qui s’organisent et qui nient aux femmes le droit à disposer de leur corps, qui prônent leur retour à la maison au nom de soi-disant valeurs traditionnelles, qui combattent toutes les politiques en faveur de l’égalité, nos organisations syndicales continuent de défendre l’émancipation des femmes et l’égalité réelle avec les hommes, notamment par le travail.

En ce 8 mars 2026, nous appelons donc toutes et tous à se mobiliser, y compris par la grève, et rejoindre les manifestations organisées dans tous les territoires. L’égalité réelle entre les femmes et les hommes est un enjeu démocratique, mais aussi économique, qui ne peut plus attendre !

Catégories
Internationalisme Palestine

Travail, luttes et résistances en Palestine

Solidaires a organisé une délégation qui s’est rendue en Palestine fin janvier 2026 pour renforcer ses liens syndicaux en Cisjordanie occupée. Dans un contexte très difficile et où peu de personnes se rendent sur place, la demande de solidarité est aussi celle de liens concrets. Quatre camarades, du SNJ, de Solidaires Finances Publiques, de Sud PTT et Murielle Guilbert, co-déléguée de Solidaires, ont participé à cette délégation (un camarade de Sud Éducation a été renvoyé en France à son arrivée à l’aéroport). Sur place, la délégation a constaté, au-delà de ce que nous pouvons lire ici, la dégradation de la situation économique, le renforcement de la colonisation, les violences quotidiennes, les difficultés pour vivre et travailler ou vouloir travailler en Palestine occupée ; et pour les syndicats ce qu’implique la défense des droits des travailleur·euses, de l’emploi, des services publics dans une telle situation. Ce texte vise à témoigner des échanges et porter les demandes des syndicalistes, des travailleur·euses, des militant·es rencontré·es. C’est le sens pour Solidaires de la solidarité internationale.

Travailler sous occupation

En Cisjordanie, l’occupation est visible et ressentie partout et constamment : les drapeaux israéliens, les colonies, l’armée israélienne, les check-point, les routes barrées sont devenus le quotidien très pesant … La guerre génocidaire menée à Gaza s’est accompagnée d’une amplification des politiques coloniales et d’apartheid du gouvernement israélien en Cisjordanie.

Le coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen Orient, Ramiz Alakbarov précisait en décembre 2025 que « la progression de la colonisation a atteint son niveau le plus élevé depuis que les Nations Unies ont commencé à en assurer son suivi en 2017 » et rappelait que les colonies et les infrastructures qui leur sont associées sont « dépourvues de toute validité juridique et constituent une violation du droit international et des résolutions des Nations Unies ».

Cette expansion territoriale est couplée à un contrôle accru des déplacements du peuple palestinien. Près de 850 check-point étaient recensés par l’OCHA (le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires) sur le petit territoire qu’est la Cisjordanie.

Autant d’entraves aux déplacements auxquelles s’ajoutent des restrictions de circulation, des fermetures de points d’accès qui isolent parfois les populations pendant plusieurs jours : la Cisjordanie est devenue une véritable prison à ciel ouvert.

La violence aussi a considérablement augmenté. Celle des colons envers les Palestiniens et les Palestiniennes : attaques physiques meurtrières, oliviers incendiés, accès aux terres entravés, et même les soutiens internationaux et israéliens autrefois épargnés, sont à présent tabassés.

Celle de l’armée israélienne qui mène de plus en plus d’incursions dans les camps, entraînant le déplacement forcé de milliers de Palestinien-nes.

En 2024 le camp de Jénine a ainsi subi une attaque qui a duré 10 jours, des centaines de soldats ont détruit près de 70 % des rues, l’accès à l’eau, aux hôpitaux ont été bloqués, les communications coupées. Plus récemment, Tulkarem a été la cible de frappes, nous y avons vu des quartiers démolis, des infrastructures réduites à néant. Partout la population palestinienne est empêchée de vivre. C’est une oppression physique mais aussi mentale..tout est fait pour qu’ ils quittent leur territoire devenu un enfer quotidien.

Les arrestations et les emprisonnements se sont multipliés. L’ONG B’Tselem que nous avons rencontrée à Jérusalem a documenté les abus et les traitements inhumains infligés aux palestiniens et palestiniennes dans les prisons israéliennes. La détention administrative, qui permet d’emprisonner sans inculpation ni jugement est utilisée par les autorités qui détenaient ainsi au 1er juillet 2024, selon Amnesty international plus de 3 300 Palestinien-nes.

Enfin, les politiques d’apartheid se sont renforcées : routes séparées en Cisjordanie, services publics au rabais, tribunaux différents, suspension des droits civils fondamentaux, confiscations de terres…

Ces actions et politiques d’annexion menées par le gouvernement israélien sont des violations du droit international. Elles ont évidemment des incidences sur les travailleurs et les travailleuses.

Plusieurs organisations nous ont raconté que depuis le 7 octobre, les travailleurs sont de plus en plus victimes de violences et de harcèlement. Au travail mais aussi en dehors. Aller et repartir du travail est devenu dangereux, les routes ne sont pas sûres, la violence des colons est partout. Celle-ci atteint son paroxysme quand des travailleurs et des travailleuses, dont les permis de travail ont été retirés par le gouvernement israélien après le 7 octobre , tentent, au péril de leur vie, de passer le mur pour travailler, même illégalement et subvenir aux besoins de leur famille. Ils risquent leur vie en franchissant le mur, et plusieurs d’entre eux sont tués ou gravement blessés.

Le 8 février, le gouvernement israélien a pris de nouvelles mesures visant à développer encore les colonies en Cisjordanie. Le ministre Smotrich a déclaré : “Nous renforçons notre emprise sur le terrain et mettons fin à l’idée de la création d’un Etat terroriste arabe au cœur du pays”.

Encadré : Depuis de nombreuses années, notre organisation syndicale a créé des liens avec le syndicat des postiers, le Palestinian Postal Service Workers Union ( PPSWU). Une visite à la Poste de Bethléem a été l’occasion de discuter des problématiques liées au courrier en Palestine, car ici tout est politique, même la Poste ! Comme tout le reste, Israël contrôle le courrier qu’il rentre ou qu’il parte du territoire palestinien. Les colis sont ouverts, les lettres lues et le temps d’acheminement est décuplé quand les missives arrivent à destination. En 2018, des milliers de plis, plus de 10 tonnes, sont arrivées en Cisjordanie, débloquées par Israël qui les retenait sans raisons précises depuis 8 ans ! En 2019, l’Union Postale Universelle a agrégé le service postal palestinien à la communauté postale mondiale. Concrètement, on peut maintenant écrire « Palestine » sur une enveloppe envoyée depuis l’étranger à la place de « Cisjordanie via Israël ».

Lutter pour les droits au travail dans une économie dévastée et un pays en guerre

Depuis le 7 octobre 2023, l’essentiel des permis de travail qui permettent aux Palestinien·nes de Cisjordanie de travailler en Israël ont été supprimés. C’est autant de ressources financières qui ne reviennent pas dans le territoire. Des milliers de personnes sont sans travail et sans revenus. Certains désespérés n’hésitent pas à sauter par-dessus le mur pour entrer illégalement en Israël. De l’autre côté du mur, Israël fait appel à des travailleur·euses migrant·es, notamment en provenance d’Asie, pour les remplacer, recrutant à la carte et par nationalité selon les postes de travail. Dans les colonies, où règne le travail au noir, il a aussi été considérablement réduit.

Le blocage par Israël des fonds liés aux taxes de TVA pèse lourdement sur les finances de l’Autorité palestinienne qui ne peut du coup pas payer intégralement les travailleur·euses de l’Etat et des services publics, ces fonds représentant 68% du budget. L’Union européenne a débloqué des fonds de 1,6 milliard d’euros pour Gaza et la Cisjordanie occupée sur 3 ans, alors que les besoins de financement sont estimés entre 9 et 12,5 milliards d’euros. Cela contribue aussi à faire fonctionner l’économie au ralenti.

Les enseignant·es, les postier·ères ne travaillent que trois jours par semaine. Selon les statuts, certain·es sont payé·es sur la base de ces trois jours, d’autres se sont plaint·es de ne pas être payé·es depuis trois mois, d’autres signalent des paiements environ tous les 40 jours: absence totale de salaire (il n’y a pas d’allocations chômage), salaires réduits, etc. Les prix, quant à eux, sont élevés, l’essentiel des biens provenant d’Israël.

Les obstacles aux mobilités des Palestinien·nes par les check-points et barrages, par les attaques de colons qui se font aussi dans les zones industrielles rendent les trajets pour se rendre au travail difficiles. Les horaires sont aléatoires, les journées aussi.

De nombreux employeurs imposent des temps partiels ou des départs sans compensation, suppriment les droits existants. Les syndicats ont des pôles juridiques. Ils ont recours aux tribunaux, mais sans tribunaux spécifiques du travail, les procès s’agrègent aux autres procès civils et durent donc des années. Les syndicats réclament la mise en place d’une justice du travail et interviennent directement pour faire pression sur les employeurs.

Autre enjeu : celui du salaire minimum. Son niveau en Palestine est de 1 880 shekels (contre 6 000 en Israël avec des prix quasi identiques). Il est inférieur au seuil de pauvreté et n’est pas appliqué partout. Ainsi, de nombreux secteurs revendiquent son application, y compris contre la pratique de certains employeurs de faire attester de façon mensongère par les salarié·es qu’ils et elles sont bien payé·es au salaire minimum. Les secteurs féminisés comme les jardins d’enfants sont particulièrement concernés.

Pour les syndicats, cette situation est très difficile. Comment agir pour que l’emploi se développe dans un contexte d’économie coloniale et où Israël mène une guerre sur tous les plans ? Comment défendre les travailleur·euses dans de telles situations ? Ils agissent pourtant et sont devenus des points d’ ancrage où le collectif est une forme de résistance. Ils interviennent aussi par la distribution de paniers-repas dès qu’ils en ont les moyens.

Encadré : En 2024, selon la CNUCED (Agence de l’ONU), « 80 % des entreprises de la vieille ville de Jérusalem-Est ont partiellement ou totalement cessé leurs activités ». Et en Cisjordanie occupée : « au total, 306 000 emplois ont été perdus, faisant passer le taux de chômage en Cisjordanie occupée de 12,9 % avant le conflit à 32 %. Ces pertes d’emploi ont entraîné une perte de revenu journalier estimée à 25,5 millions de dollars, érodant gravement la résistance économique des ménages palestiniens et exacerbant les difficultés sociales. »

Encadré : Du syndicat des journalistes (PJS) : À Jérusalem Est et en Cisjordanie occupée, les journalistes ont documenté plus de 2 000 attaques contre des confrères et consoeurs, soit 3 attaques par jour. Principalement à Gaza depuis le 7 octobre, il y a eu 234 tué·es, 541 blessé·es et 200 journalistes arrêté·es et emprisonné·es dans des conditions très dures ( très peu de nourriture, pas d’hygiène, des tortures, des disparus). 500 membres des familles ont été tué·es. « Who is daddy » est une application israélienne à base d’Intelligence artificielle qui géolocalise les personnes et les tue avec leur famille. Elle a été utilisée contre des journalistes. Aujourd’hui, le syndicat PJS veut reconstruire la profession en intégrant les personnes ayant travaillé en free-lance et qui n’ont pas de salaire, reconstruire les métiers de demain, avec toutes ces nouvelles compétences.

Cette délégation nous a permis de mettre les mots de nos camarades palestinien-nes sur une réalité catastrophique. Dans le monde du travail, les Palestiniens et les Palestiniennes articulent la lutte pour les droits au travail et leur combat contre l’occupation et la colonisation.

Quand ils et elles parlent de leur situation quotidienne, les syndicalistes évoquent une lente asphyxie, un génocide en silence et une communauté internationale qui laisse agir le gouvernement israélien en toute impunité. Ils et elles mettent en avant, face à ce silence assourdissant, la campagne BDS, Boycott, Désinvestissements, Sanctions.

Oui, la question palestinienne est une question syndicale, parce que les entreprises dans lesquelles nous travaillons, les universités que nous fréquentons sont parfois liées à l’économie israélienne. Et dans un contexte où les gouvernements ne prennent aucune sanction contre un pays qui bafoue toutes les règles internationales, commet un génocide, agit au-delà de toute morale, notre devoir est de faire pression depuis nos lieux de travail, de refuser que les travailleurs et les travailleuses participent, d’une quelconque manière que ce soit à ces violations du droit international.

Pour l’union syndicale Solidaires, le droit international doit être appliqué, et cela nécessite :

le droit au retour des réfugiés

la fin de la colonisation et la fin de l’occupation

la fin des politiques d’apartheid

De reconnaître l’illégalité de la construction du Mur de séparation (avis consultatif de la Cour Internationale de Justice) et du blocus inhumain sur Gaza depuis plus de 15 ans

Parce que notre syndicalisme est internationaliste, en Palestine, comme ailleurs, nous revendiquons le droit à l’autodétermination. Le peuple Palestinien nous montre la voie, celle de ne jamais baisser les bras, celle de continuer à se relever et à s’organiser, celle de garder espoir d’un monde meilleur. A ses côtés nous continuerons et nous amplifierons notre participation syndicale dans les campagnes BDS et Stop Arming Israel.

Catégories
Chômage

« Accord » assurance chômage : encore et toujours des régressions !

Publié le 27 février 2026

Un nouvel accord sur l’assurance chômage (ou avenant) a été trouvé entre le patronat et certains syndicats hier en fin de soirée. L’exercice de la période était de trouver de nouvelles économies à faire sur le dos des salarié·es parti·es suite à une rupture conventionnelle. S’il est vrai que celles-ci se multiplient il faudrait en interroger les causes : dégradation des salaires et des conditions de travail qui incitent au départ ? Perte de sens ? Ou détournement du dispositif par le patronat pour éviter des licenciements?

Aidé par la pression du gouvernement qui exigeait un accord avec à la clé plus de 400 millions d’euros d’économies le patronat a obtenu ce qu’il voulait : toujours moins de durée d’indemnisation pour les salarié·es parti·es en rupture conventionnelle. Les salarié·es de plus de 57 ans qui perdent plus de 6 mois d’indemnisation sont particulièrement touché·es alors que les difficultés à retrouver un emploi augmentent avec l’âge.

L’Union syndicale Solidaires dénonce une nouvelle fois ce démantèlement à marche forcée de l’assurance chômage par le patronat et le gouvernement. Alors que les plans de licenciements se multiplient, il y a au contraire urgence à renforcer les protections collectives.

Catégories
(re)Penser notre syndicalisme

Élections municipales : faire entendre la voix du monde du travail

Les 15 et 22 mars 2026 auront lieu les élections municipales sur l’ensemble du territoire français.

Les choix politiques des municipalités et communautés de communes ont un impact sur la vie des travailleurs et des travailleuses. Ainsi, elles ont des compétences pour la politique de la petite enfance, en terme d’accès au logement, d’organisation des transports, d’offre de soins, d’éducation…

L’Union syndicale Solidaires défend le développement des services publics sur tout le territoire. Avec le collectif Nos services publics et 23 autres organisations, l’Union syndicale Solidaires porte 14 exigences 
pour les services publics locaux.

Maintenir et développer les services publics, c’est garantir leur accès à tou·tes et lutter concrètement contre les inégalités. C’est également faire des choix environnementaux forts.

Pour les travailleurs et travailleuses qui ont le droit de vote, ces considérations sont à prendre en compte ainsi que le respect des libertés syndicales par les communes.

Ces élections municipales sont également marquées par la présence de nombreuses listes d’extrême droite, parfois en situation de remporter des municipalités. Celles-ci portent des orientations qui vont à l’encontre des intérêts du monde du travail. Elles pratiquent une féroce répression anti-syndicale à l’encontre des représentant·es des agents des collectivités territoriales, détruisent les services publics, mettent sous tutelle l’accès à la culture, s’attaquent à la solidarité, sèment la division et la haine.

Pour l’Union syndicale Solidaires, pas une voix ne doit aller aux listes de l’extrême droite.

14 exigences pour les services publics locaux

Pour les services publics locaux

Kit d’interpellation des candidat∙es aux municipales pour une rénovation écologique du bâti scolaire

ecole-murs

Le budget des municipalités : une question cruciale pour la justice fiscale, sociale et environnementale.

Les élections municipales de 2026 sont un moment fort de la démocratie et la question budgétaire y est centrale, d’autant plus dans un débat national où le gouvernement cible les collectivités et leurs ressources.

Pour Solidaires Finances Publiques, 1er syndicat de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP), le budget des municipalités et des intercommunalités n’est pas et ne doit pas être réservé aux spécialistes et aux seuls élus. Il concerne l’ensemble de la population car il conditionne les services publics de proximité, l’égalité entre les habitantes et habitants et c’est un levier central pour la bifurcation écologique des territoires. Par ailleurs, défendre un budget local de justice fiscale, sociale et environnementale ne peut se faire sans défendre la DGFiP, ses agentes et agents et ses missions. En effet, sans un service public des Finances publiques fort et présent de façon pérenne sur l’ensemble des territoires, il ne peut y avoir de justice fiscale ni d’égalité territoriale.

Le budget local, à quoi ça sert  ?

Il sert à financer les services publics de proximité (écoles, cantines, crèches, transport, action sociale), l’entretien et le développement des équipements publics, les politiques culturelles, sportives et sociales, les actions en faveur de l’environnement, le fonctionnement des services municipaux. Il permet de garantir l’égalité d’accès aux services publics, la solidarité envers les personnes les plus fragiles et le maintien d’un service public de proximité.

Le budget local est également au cœur de la justice environnementale car il permet de développer les transports collectifs et les mobilités douces, de rénover énergétiquement les bâtiments publics, de gérer l’eau et les déchets et de préserver les espaces naturels et le cadre de vie des habitants. Aujourd’hui, l’essentiel des dépenses structurantes dépend du budget des intercommunalités. Les enjeux ne sont donc plus exclusivement municipaux.

Au vu de son importance, défendre un budget municipal et intercommunal de justice fiscale, sociale et environnementale, c’est défendre les droits de toutes et tous.

Des budgets locaux sous le joug de l’austérité :

Depuis plusieurs années déjà, les politiques budgétaires imposées aux collectivités locales s’inscrivent dans une logique d’austérité. Sous couvert de « réduction et de maîtrise des dépenses publiques », l’État organise une asphyxie budgétaire des collectivités locales, tout en leur transférant des compétences lui incombant initialement, sans transferts de moyens à la hauteur, comme l’action sociale, la transition écologique ou les services publics de proximité.

  • L’érosion des recettes locales

Les collectivités locales ont ainsi vu la baisse drastique puis le gel de la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) de l’État, la suppression d’impôts locaux (Taxe d’Habitation sur la résidence principale) ou la baisse des impôts de production comme la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE). Ces choix politiques réduisent l’autonomie financière des communes, qui sont de plus en plus dépendantes de la dotation de l’État, du transfert d’une partie de la TVA et accentuent les inégalités territoriales tout en affaiblissant les politiques publiques nationales.

  • L’austérité : des conséquences concrètes au quotidien pour les citoyens et citoyennes

La baisse des ressources locales a des conséquences concrètes pour les citoyens et citoyennes qui voient les services publics locaux se dégrader (fermeture ou horaires réduits), un entretien de la voirie, des espaces verts et des bâtiments publics insuffisant, moins d’ATSEM et de personnel périscolaire, des cantines scolaires plus chères et de moindre qualité, la suppression de certaines aides sociales locales et de certains transports collectifs considérés comme non rentables, des investissements locaux reportés ou annulés  ou encore une pénurie d’équipements collectifs… Pour compenser la baisse des ressources, de très nombreuses municipalités transfèrent la charge vers les habitantes et habitants en augmentant les tarifs des cantines scolaires, des crèches, des activités sportives et culturelles et en augmentant la fiscalité locale (Taxe foncière et diverses redevances notamment).

Les conséquences de l’austérité au niveau local, comme au national, touchent essentiellement les citoyens et citoyennes les plus précaires, creusent les inégalités sociales et territoriales ainsi que la désespérance sociale dont certains se servent pour attiser la haine et renforcer les divisions. L’austérité met également à mal la démocratie locale et augmente la défiance envers les institutions, y compris celles au plus près de la population. En effet, quand les communes ne peuvent plus répondre aux besoins fondamentaux de la majorité de la population, c’est le contrat social local qui se fissure.

La DGFiP : un maillon essentiel au service des usagers et des communes

La DGFiP, ses agentes et agents jouent un rôle central au niveau local en accompagnant les communes dans la préparation et l’exécution de leur budget, en sécurisant les finances locales, en garantissant la régularité des dépenses publiques, en accueillant et accompagnant les usagers dans leurs démarches fiscales, en luttant contre la fraude fiscale. Sans la DGFiP et ses agentes et agents, ce sont des budgets fragilisés, des projets retardés et des inégalités territoriales encore plus fortes.

Et pourtant, depuis des années, nous subissons des suppressions massives d’emplois (plus de 34 000 depuis 2008), des restructurations et réorganisations incessantes, une dématérialisation imposée, une restriction des accueils, un éloignement de nos services des usagers et des élus, dégradant ainsi toujours plus l’exercice de nos missions.

Défendre plus de moyens pour la DGFiP, ses agentes et agents et l’ensemble de ses missions, c’est défendre l’égalité territoriale et la justice fiscale, sociale et environnementale.

Nos revendications pour une fiscalité locale de justice fiscale, sociale et environnementale :

  • Pour une fiscalité locale progressive : la fiscalité locale reste majoritairement proportionnelle, comme c’est le cas par exemple de la Taxe foncière dont le taux est identique pour tous les propriétaires de la commune quels que soient les revenus. Sans oublier la valeur des bases locatives qui servent au calcul des impôts locaux qui sont obsolètes et injustes. La fiscalité locale peut être aussi régressive, comme c’est le cas des taxes et redevances locales (ordures ménagères, eau) dont le montant est forfaitaire ou lié au logement. Elles pèsent donc davantage sur le budget des ménages les plus modestes. Pour Solidaires Finances Publiques, il est impératif d’introduire de la progressivité dans la fiscalité locale, en lien avec les revenus et le patrimoine, afin que chacun et chacune contribue selon ses moyens.
  • Rétablir des dotations publiques suffisantes aux collectivités locales qui nécessitent des arbitrages à l’opposé des choix austéritaires de ces dernières années.
  • Respecter l’autonomie financière des collectivités locales permettant de définir des politiques publiques adaptées aux besoins des populations locales sans dépendre des arbitrages de l’État.
  • Renforcer la solidarité financière entre les territoires, pour garantir l’égalité d’accès aux services publics quel que soit son lieu d’habitation et permettant ainsi de réduire les inégalités territoriales.
  • Mettre fin à la baisse des impôts de production sur les sociétés, qui a engendré une chute de recettes de plus de 33 milliards d’euros depuis 2021 et une perte d’autonomie financière toujours plus grande pour les collectivités locales.
  • Renforcer les services des Finances publiques, en les dotant de moyens humains suffisants pour assurer l’accueil, le conseil, le contrôle et la lutte contre la fraude.

La fiscalité locale est un choix de société qui doit redevenir un outil de solidarité, de redistribution et de démocratie locale. La justice fiscale, tant au niveau local que national, est une condition indispensable pour la justice sociale et environnementale.

Nous formulons le vœu que ces débats soient au centre de la prochaine période électorale plutôt que des positionnements démagogiques et haineux de division et d’opposition envers telle ou telle partie de la population.

uploadhtml5_tydviu-1b20e-caf51

Ne pas se tromper de colère ! Tract CGT/SUD Collectivités territoriales

Catégories
antifascisme

COMMUNIQUES DES SYNDICATS SUITE AU DECES DE QUENTIN DERANQUE ET SON INSTRUMENTATLISATION PAR L’EXTREME DROITE (VISA)

20 février 2026

Communiqué de presse
La FSU condamne les violences et appelle à cesser l’instrumentalisation et les pressions

La FSU condamne les violences qui ont abouti à la mort de Quentin Deranque, à Lyon, le 14 février dernier.


Ce drame est aujourd’hui l’objet d’instrumentalisations dans le débat public qui fragilisent la démocratie. Dans les heures et les jours qui ont suivi le décès de Quentin Deranque, les propos réducteurs, outranciers, partiaux, y compris de la part du gouvernement, se sont multipliés. Cela ne peut qu’attiser les tensions et mettre en péril la cohésion sociale. Cela doit cesser !


C’est à la justice d’établir les faits, leur enchainement, les responsabilités à l’origine du drame, de juger et de punir sans pression ni interférence politique


La FSU condamne avec la plus grande fermeté la stratégie des groupuscules d’extrême-droite qui instaurent un climat de tension dans certaines villes pour imposer leurs idées racistes et haineuses et réduire au silence les voix progressistes.


Elle condamne également les atteintes aux locaux des organisations syndicales ou politiques et les intimidations ou menaces dont leurs militant⋅es sont l’objet depuis quelques jours.


La FSU dénonce aussi les tentatives répétées des militantes de l’organisation identitaire Nemesis d’investir les manifestations féministes, notamment celles du 8 mars, multipliant les provocations, afin de poursuivre leur entreprise de « normalisation » et de dénaturer les luttes féministes.


Dans un moment dangereux pour notre société et notre démocratie, la préservation de l’État de droit, le respect de la séparation des pouvoirs et du débat démocratique sont, plus que jamais, des exigences que toutes et tous doivent s’employer à faire vivre.


La FSU réaffirme son engagement contre l’extrême droite, ennemie du monde du travail et de la démocratie. Elle reste déterminée à construire l’unité d’action de celles et ceux qui défendent les solidarités et les libertés.CP-Quentin-DeranqueTélécharger

CGT LA RELATION DE PRESSE CONFEDERALES

Communiqué de presse
Face aux violences, la CGT appelle au respect de l’Etat de droit
La CGT condamne les violences ayant entraîné la mort de Quentin D., militant d’extrême droite à Lyon. Le travail d’enquête doit pouvoir être fait sereinement dans le respect de l’Etat de droit pour que justice soit faite.
La CGT appelle les responsables politiques, le gouvernement et le président de la République à ne pas instrumentaliser ce drame ni participer à la surenchère dans leurs prises de parole qui, au lieu d’appeler au calme, encouragent la montée d’un climat de haine et de violences.
La CGT dénonce la stratégie de violence de groupuscules d’extrême droite comme Némésis qui organisent des provocations dans les initiatives progressistes : à l’image des manifestations des 8 mars, 25 novembre ou lors des meetings contre l’extrême droite organisés par la CGT avec une large coalition d’organisations pendant les élections législatives en 2024.
La CGT dénonce la dégradation des locaux d’organisations progressistes et notamment ceux de Solidaires à Lyon. Nous appelons l’ensemble des syndiqué es de la CGT à la vigilance face aux provocations et menaces des groupuscules d’extrême droite.
Montreuil, le 16 février 2026
Relations presse confédérales / 01 55 82 82 64 / presse@cgt.fr
2024 servicepresse.cgt.fr

COMMUNIQUE SOLIDAIRES 69

Union Solidaires Rhône

À Lyon, le 15/02/2026
Le local de l’union départementale Solidaires du Rhône attaqué par l’extrême droite


Dans la nuit du 14 au 15 février 2026, un individu dont le visage était dissimulé est venu asséner de violents coups de barre de fer sur l’entrée de notre local syndical, dont l’adresse est publique. Il n’a heureusement pas réussi à s’introduire dans le local.


Des dégradations de moindre importance avaient déjà eu lieu en pleine nuit fin octobre. Nous avions porté plainte. Nous porterons plainte de nouveau. Mais il faut bien le dire: dans le climat d’impunité lyonnais, nous ne portons pas de grands espoirs sur ces procédures judiciaires.


Ces dégradations ne sont pas un fait divers isolé. Depuis une quinzaine d’années, Lyon a acquis la malheureuse réputation de capitale de l’extrême droite radicale et violente, et notre organisation et nos militant-es en ont trop souvent fait les frais. L’attaque de cette nuit survient dans un contexte précis. Les stratégies de dénonciation calomnieuse, de victimisation et d’instrumentalisation politique dont le collectif d’extrême droite Némésis est coutumier sont de nouveau à l’œuvre depuis jeudi dernier. Alice Cordier, porte-parole de Némésis, avait jeté en pâture le nom de notre organisation sur le plateau de CNews jeudi soir, l’associant à tort et sans aucune preuve aux violences qui ont causé la mort d’un militant d’extrême droite. Ces procédés nous désignent comme des cibles pour toute la fachosphère. Cela semble avoir fonctionné.


Quelle que soit l’identité de l’auteur de l’attaque contre notre local et ses motifs exacts, s’en prendre de nuit à un local syndical, dont la mission est de défendre les travailleuses et les travailleurs victimes d’un patronat de plus en plus sur les dents, relève bien pour nous de méthodes fascistes. Le fascisme a une longue histoire antisyndicale et nous ne l’oublions jamais. Dans le projet de société de l’extrême droite, la lutte des classes est niée et les syndicats n’existent tout simplement plus. Mais les syndicats ne disparaissent pas sans résister, sans lutter.


L’attaque contre notre local nous rappelle qu’il existe bel et bien une lutte des classes, et que le mot << lutte » n’a rien de métaphorique. L’union départementale Solidaires du Rhône continuera de mener la lutte pour l’émancipation et contre l’extrême droite, sur les lieux de travail, dans les rues de Lyon gangrénées par les groupuscules violents, dans les villes du Rhône ciblées par le Rassemblement national pour les prochaines municipales, dans les circonscriptions du département qui ont basculé aux dernières législatives, et plus largement dans tout le département et tant qu’il le faudra.

COMMUNIQUE DE SOLIDAIRES

Lyon : ne pas céder aux récupérations indignes


Quentin Deranque, un militant fasciste, est décédé le 14 février après avoir été violemment frappé deux jours plus tôt au terme d’un affrontement avec des militant·es antifascistes en marge d’une action du groupe identitaire Némesis contre une conférence à l’IEP de Lyon. La mort d’un homme suite à un déchaînement de violences est un drame et un échec social collectif.


Aussitôt s’est mise en mouvement une indécente opération de récupération politique. Pourtant, loin du récit médiatique dominant des premiers jours nourris du témoignage de militant·es d’extrême droite, tout semble indiquer que le groupe auquel appartenait Quentin Deranque s’était posté armé, masqué, habillé de noir, aux abords d’une conférence organisée par des étudiant·es de l’IEP de Lyon avec le projet manifeste de procéder à des agressions violentes.


L’Union syndicale Solidaires rappelle qu’elle combat syndicalement l’extrême droite et ses idées : absences de libertés publiques, désignation de boucs émissaires, racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie, transphobie…Tant par son projet politique au service du patronat que par sa volonté de semer la division et la haine, l’extrême droite est l’ennemie des travailleurs et travailleuses qui doivent s’organiser pour la combattre. L’extrême droite est par ailleurs l’ennemi des travailleurs·euses avec une politique au service du patronat.


Ce drame est la conséquence d’un laisser-faire coupable. Depuis près de 15 ans, Lyon est la capitale des violences d’extrême droite : personnes blessé·es, devantures de librairies brisées, locaux syndicaux dégradés. Ces faits sont régulièrement dénoncés par les organisations progressistes de la ville qui ne peuvent s’exprimer sereinement. C’est en réaction à cette situation que se forment des groupes antifascistes.


L’Union syndicale Solidaires a eu l’occasion d’observer de près les méthodes du groupe xénophobe et raciste Némésis lors de ses provocations à l’occasion des manifestations du 8 mars, du 25 novembre dans plusieurs villes, ou lors du meeting unitaire de juin 2024. Nos camarades qui participaient à l’encadrement de la manifestation féministe parisienne du 25 novembre 2021se sont ainsi retrouvé·es confronté·es à un groupe d’homme armés.


À Paris, le Préfet de police, aujourd’hui ministre de l’intérieur, va jusqu’à imposer la présence de Némésis dans les manifestations féministes. Un large collectif d’organisations alertait encore à ce sujet dans un courrier au préfet du 11 décembre 2025. Cette stratégie de la tension est irresponsable, tout comme les propos de responsables politiques qui visent à jeter de l’huile sur le feu et désigner à la vindicte des responsables. Pourtant l’extrême droite porte la responsabilité de très nombreuses morts violentes : au moins 9 ces 4 dernières années. Nous n’oublions pas notre camarade Clément Méric tombé sous les coups de militants néo-nazis armés de poings américains en juin 2013. Ces attitudes légitiment les violences que l’extrême droite multiplie depuis vendredi, qui visent les antifascistes mais également les minorités ou des personnes identifiée comme progressistes.


Les locaux de notre Union départementale du Rhône ont ainsi fait l’objet d’une attaque dans la nuit du 14 au 15 février tout comme une mosquée et de nombreuses permanences parlementaires tandis que plusieurs agressions ont eu lieu partout en France. Des menaces de mort ont été émises à l’encontre de militant·es du mouvement social.


L’Union syndicale Solidaires dénonce ces intimidations qui visent à tenter de museler les forces du progrès social et l’antifascisme. Elle assure de sa totale solidarité celles et ceux qui en sont victimes. Elle appelle à la vigilance partout face aux groupuscules fascistes. Elle remercie les nombreuses structures syndicales, associatives et politiques qui ont exprimé leur solidarité avec l’union départementale du Rhône attaquée. Cet élan de solidarité confirme que c’est dans l’unité de notre camp social que se trouve la seule issue. Nous refusons la criminalisation de l’antifascisme : il est plus que jamais nécessaire. cp-solidaires – lyon-( 2)

Catégories
antifascisme

Lyon : ne pas céder aux récupérations indignes

Communiqué national Solidaires

Quentin Deranque, un militant fasciste, est décédé le 14 février après avoir été violemment frappé deux jours plus tôt au terme d’un affrontement avec des militant·es antifascistes en marge d’une action du groupe identitaire Némesis contre une conférence à l’IEP de Lyon. La mort d’un homme suite à un déchaînement de violences est un drame et un échec social collectif.

Aussitôt s’est mise en mouvement une indécente opération de récupération politique. Pourtant, loin du récit médiatique dominant des premiers jours nourris du témoignage de militant·es d’extrême droite, tout semble indiquer que le groupe auquel appartenait Quentin Deranque s’était posté armé, masqué, habillé de noir, aux abords d’une conférence organisée par des étudiant·es de l’IEP de Lyon avec le projet manifeste de procéder à des agressions violentes.

L’Union syndicale Solidaires rappelle qu’elle combat syndicalement l’extrême droite et ses idées : absences de libertés publiques, désignation de boucs émissaires, racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie, transphobie…Tant par son projet politique au service du patronat que par sa volonté de semer la division et la haine, l’extrême droite est l’ennemie des travailleurs et travailleuses qui doivent s’organiser pour la combattre.

Ce drame est la conséquence d’un laisser-faire coupable. Depuis près de 15 ans, Lyon est la capitale des violences d’extrême droite : personnes blessé·es, devantures de librairies brisées, locaux syndicaux dégradés. Ces faits sont régulièrement dénoncés par les organisations progressistes de la ville qui ne peuvent s’exprimer sereinement. C’est en réaction à cette situation que se forment des groupes antifascistes.

L’Union syndicale Solidaires a eu l’occasion d’observer de près les méthodes du groupe xénophobe et raciste Némésis lors de ses provocations à l’occasion des manifestations du 8 mars, du 25 novembre dans plusieurs villes, ou lors du meeting unitaire de juin 2024. Nos camarades qui participaient à l’encadrement de la manifestation féministe parisienne du 25 novembre 2021 se sont ainsi retrouvé·es confronté·es à un groupe d’homme armés.

À Paris, le Préfet de police, aujourd’hui ministre de l’intérieur, va jusqu’à imposer la présence de Némésis dans les manifestations féministes. Un large collectif d’organisations alertait encore à ce sujet dans un courrier au préfet du 11 décembre 2025. Cette stratégie de la tension est irresponsable, tout comme les propos de responsables politiques qui visent à jeter de l’huile sur le feu et désigner à la vindicte des responsables. Pourtant l’extrême droite porte la responsabilité de très nombreuses morts violentes : au moins 9 ces 4 dernières années. Nous n’oublions pas notre camarade Clément Méric tombé sous les coups de militants néo-nazis armés de poings américains en juin 2013. Ces attitudes légitiment les violences que l’extrême droite multiplie depuis vendredi, qui visent les antifascistes mais également les minorités ou des personnes identifiée comme progressistes

Les locaux de notre Union départementale du Rhône ont ainsi fait l’objet d’une attaque dans la nuit du 14 au 15 février tout comme une mosquée et de nombreuses permanences parlementaires tandis que plusieurs agressions ont eu lieu partout en France. Des menaces de mort ont été émises à l’encontre de militant·es du mouvement social.

L’Union syndicale Solidaires dénonce ces intimidations qui visent à tenter de museler les forces du progrès social et l’antifascisme. Elle assure de sa totale solidarité celles et ceux qui en sont victimes. Elle appelle à la vigilance partout face aux groupuscules fascistes. Elle remercie les nombreuses structures syndicales, associatives et politiques qui ont exprimé leur solidarité avec l’union départementale du Rhône attaquée. Cet élan de solidarité confirme que c’est dans l’unité de notre camp social que se trouve la seule issue. Nous refusons la criminalisation de l’antifascisme : il est plus que jamais nécessaire.

Communiqués de Solidaires Rhône

Dans la nuit du 14 au 15 février 2026, un individu dont le visage était dissimulé est venu asséner de violents coups de barre de fer sur l’entrée de notre local syndical, dont l’adresse est publique. Il n’a heureusement pas réussi à s’introduire dans le local.

Des dégradations de moindre importance avaient déjà eu lieu en pleine nuit fin octobre. Nous avions porté plainte. Nous porterons plainte de nouveau. Mais il faut bien le dire : dans le climat d’impunité lyonnais, nous ne portons pas de grands espoirs sur ces procédures judiciaires.

Ces dégradations ne sont pas un fait divers isolé. Depuis une quinzaine d’années, Lyon a acquis la malheureuse réputation de capitale de l’extrême droite radicale et violente, et notre organisation et nos militant·es en ont trop souvent fait les frais. L’attaque de cette nuit survient dans un contexte précis. Les stratégies de dénonciation calomnieuse, de victimisation et d’instrumentalisation politique dont le collectif d’extrême droite Némésis est coutumier sont de nouveau à l’œuvre depuis jeudi dernier. Alice Cordier, porte-parole de Némésis, avait jeté en pâture le nom de notre organisation sur le plateau de CNews jeudi soir, l’associant à tort et sans aucune preuve aux violences qui ont causé la mort d’un militant d’extrême droite. Ces procédés nous désignent comme des cibles pour toute la fachosphère. Cela semble avoir fonctionné.

Quelle que soit l’identité de l’auteur de l’attaque contre notre local et ses motifs exacts, s’en prendre de nuit à un local syndical, dont la mission est de défendre les travailleuses et les travailleurs victimes d’un patronat de plus en plus sur les dents, relève bien pour nous de méthodes fascistes. Le fascisme a une longue histoire antisyndicale et nous ne l’oublions jamais. Dans le projet de société de l’extrême droite, la lutte des classes est niée et les syndicats n’existent tout simplement plus. Mais les syndicats ne disparaissent pas sans résister, sans lutter.

L’attaque contre notre local nous rappelle qu’il existe bel et bien une lutte des classes, et que le mot « lutte » n’a rien de métaphorique. L’union départementale Solidaires du Rhône continuera de mener la lutte pour l’émancipation et contre l’extrême droite, sur les lieux de travail, dans les rues de Lyon gangrénées par les groupuscules violents, dans les villes du Rhône ciblées par le Rassemblement national pour les prochaines municipales, dans les circonscriptions du département qui ont basculé aux dernières législatives, et plus largement dans tout le département et tant qu’il le faudra.

Notre Union Syndicale Solidaires a également réagi à l’actualité au niveau national. Vous trouverez ici ce communiqué ici et ci-dessous.

Quentin Deranque, un militant fasciste, est décédé le 14 février après avoir été violemment frappé deux jours plus tôt au terme d’un affrontement avec des militant·es antifascistes en marge d’une action du groupe identitaire Némesis contre une conférence à l’IEP de Lyon. La mort d’un homme suite à un déchaînement de violences est un drame et un échec social collectif.

Aussitôt s’est mise en mouvement une indécente opération de récupération politique. Pourtant, loin du récit médiatique dominant des premiers jours nourris du témoignage de militant·es d’extrême droite, tout semble indiquer que le groupe auquel appartenait Quentin Deranque s’était posté armé, masqué, habillé de noir, aux abords d’une conférence organisée par des étudiant·es de l’IEP de Lyon avec le projet manifeste de procéder à des agressions violentes.

L’Union syndicale Solidaires rappelle qu’elle combat syndicalement l’extrême droite et ses idées : absences de libertés publiques, désignation de boucs émissaires, racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie, transphobie…Tant par son projet politique au service du patronat que par sa volonté de semer la division et la haine, l’extrême droite est l’ennemie des travailleurs et travailleuses qui doivent s’organiser pour la combattre. L’extrême droite est par ailleurs l’ennemi des travailleurs·euses avec une politique au service du patronat.

Ce drame est la conséquence d’un laisser-faire coupable. Depuis près de 15 ans, Lyon est la capitale des violences d’extrême droite : personnes blessé·es, devantures de librairies brisées, locaux syndicaux dégradés. Ces faits sont régulièrement dénoncés par les organisations progressistes de la ville qui ne peuvent s’exprimer sereinement. C’est en réaction à cette situation que se forment des groupes antifascistes.

L’Union syndicale Solidaires a eu l’occasion d’observer de près les méthodes du groupe xénophobe et raciste Némésis lors de ses provocations à l’occasion des manifestations du 8 mars, du 25 novembre dans plusieurs villes, ou lors du meeting unitaire de juin 2024. Nos camarades qui participaient à l’encadrement de la manifestation féministe parisienne du 25 novembre 2021se sont ainsi retrouvé·es confronté·es à un groupe d’homme armés.

À Paris, le Préfet de police, aujourd’hui ministre de l’intérieur, va jusqu’à imposer la présence de Némésis dans les manifestations féministes. Un large collectif d’organisations alertait encore à ce sujet dans un courrier au préfet du 11 décembre 2025. Cette stratégie de la tension est irresponsable, tout comme les propos de responsables politiques qui visent à jeter de l’huile sur le feu et désigner à la vindicte des responsables. Pourtant l’extrême droite porte la responsabilité de très nombreuses morts violentes : au moins 9 ces 4 dernières années. Nous n’oublions pas notre camarade Clément Méric tombé sous les coups de militants néo-nazis armés de poings américains en juin 2013. Ces attitudes légitiment les violences que l’extrême droite multiplie depuis vendredi, qui visent les antifascistes mais également les minorités ou des personnes identifiée comme progressistes

Les locaux de notre Union départementale du Rhône ont ainsi fait l’objet d’une attaque dans la nuit du 14 au 15 février tout comme une mosquée et de nombreuses permanences parlementaires tandis que plusieurs agressions ont eu lieu partout en France. Des menaces de mort ont été émises à l’encontre de militant·es du mouvement social.

L’Union syndicale Solidaires dénonce ces intimidations qui visent à tenter de museler les forces du progrès social et l’antifascisme. Elle assure de sa totale solidarité celles et ceux qui en sont victimes. Elle appelle à la vigilance partout face aux groupuscules fascistes. Elle remercie les nombreuses structures syndicales, associatives et politiques qui ont exprimé leur solidarité avec l’union départementale du Rhône attaquée. Cet élan de solidarité confirme que c’est dans l’unité de notre camp social que se trouve la seule issue. Nous refusons la criminalisation de l’antifascisme : il est plus que jamais nécessaire.

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL
SOUTIEN A L’UD SOLIDAIRES 69


Les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, CNT et CNT SO apportent leur soutien plein et entier à l’Union Départementale Solidaires 69, dont le local a été attaqué
par l’extrême droite dans la nuit du 14 au 15 février 2026.

Cette attaque fait suite aux propos tenus par l’extrême droite les associant, à tort et sans aucune preuve, aux violences qui ont conduit à la mort tragique d’un militant d’extrême droite.
Elle est un exemple de la volonté de mettre sous pression les organisations syndicales.

La défense des libertés syndicales, de la liberté d’expression, d’opposition et de contestation est fondamentale pour nos organisations syndicales qui continuerons d’être
mobilisées pour défendre les droits et libertés syndicales et à dénoncer les stratégies d’intimidation à leur encontre.

Lyon, le 18 février 2026

RSS
Follow by Email