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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Contre les coupes budgétaires et l’extrême droite : défendons le droit à l’IVG et nos droits reproductifs !

Alors qu’il y a deux ans le gouvernement se félicitait de l’avancée historique de l’inscription dans la Constitution de « la liberté d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », la réalité du terrain est tout autre. Partout sur le territoire, les structures du Planning Familial et les Centres de Contraception et d’IVG (CIVG) sont étranglés financièrement.

Les antennes du Planning Familial subissent des attaques répétées : suppression des subventions par la mairie RN à Carpentras, coupes de 160 000 euros par l’ARS en Nouvelle-Aquitaine (retirées suite à la mobilisation) ou fermetures de structures en Drôme et en Aveyron. Face à ces coupes budgétaires, c’est l’accès à la santé sexuelle et reproductive qui recule. En 20 ans, ce sont également 40 % des maternités de proximité qui ont fermé en France et, avec elles, des lieux essentiels pour être accompagnée durant sa grossesse, pour son accouchement, ou lors d’une interruption spontanée ou volontaire de grossesse.

Ce démantèlement fait directement écho au contexte international. Aux États-Unis, en Pologne ou en Italie, la montée de l’extrême droite et des « anti-choix » détruit les droits des femmes et des minorités de genre et criminalise les personnels de santé qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse. 

En France, l’absence de moyens transforme le droit constitutionnel en coquille vide : la baisse des capacités des hôpitaux impose une hausse massive des IVG médicamenteuses (79 % en 2023) par défaut d’accès à la méthode instrumentale. Pour Solidaires, le choix de la méthode doit appartenir à la personne concernée, pas aux restrictions budgétaires.

Pire encore, la réalité du monde du travail et de la Fonction publique continue de nier les réalités du corps et des parcours de soin : l’application du jour de carence en cas d’IVG ou d’arrêt lié à la santé reproductive  et hormonale punit financièrement les personnes qui y ont recours.

L’Union syndicale Solidaires exige :

  • Une prise en charge intégrale à 100 % de l’IVG, de la PMA (ouverte à toutes et tous, incluant les personnes trans), de la contraception et des parcours de soin reproductifs.
  • Un congé rémunéré à 100 % d’au moins 3 jours, sans jour de carence ni justificatif, pour les personnes concernées et accompagnantes en cas d’IVG, d’ISG ou d’IMG, dans le privé comme dans la Fonction publique.
  • L’ouverture d’un droit à un congé hormonal et menstruel (26 jours par an, inconditionnel, rémunéré et sans jour de carence), ainsi que l’aménagement des temps et espaces de travail (pauses, sanitaires équipés, accès gratuit aux produits périodiques).
  • Le maintien et la réouverture des CIVG et maternités de proximité, avec des moyens humains et matériels dédiés pour garantir l’accès effectif au choix de la méthode.
  • L’application effective de l’éducation à la sexualité (programmes d’EVARS)  incluant l’égalité filles-garçons à tous les niveaux de la scolarité pour lutter contre le sexisme.
  • Le rétablissement intégral et immédiat de toutes les subventions supprimées par les collectivités ou les ARS, des plans de financement public, pérenne et inconditionnel pour les planning familiaux et les CIVG et l’arrêt de la précarisation des travailleuses et travailleurs du secteur. 
  • La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG et l’application ferme de la loi contre le délit d’entrave.
  • La garantie de la production nationale de la Mifépristone pour sécuriser l’accès aux molécules face aux pressions réactionnaires. Et plus globalement un marché public du médicament. 

Derrière les arbitrages budgétaires et la carence de l’État, ce sont les corps, la santé, l’autonomie et les libertés fondamentales des femmes et des minorités de genre qui sont directement ciblés.

Solidaires refuse que nos droits soient la variable d’ajustement des politiques libérales ou les cibles des idéologies d’extrême droite.

Nous appelons à nous joindre massivement aux mobilisations partout sur le territoire autour de la journée internationale du droit à l’avortement le 28 septembre 2026, et à soutenir toutes les initiatives en défense des Planning Familiaux, des CIVG, des hôpitaux et maternité de proximité.

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Luttes féministes

Solidaires et Egales n°50 – septembre/octobre 2026

Edito

« La liberté ne s’octroie pas, elle s’arrache collectivement dans la rue et sur nos lieux de vie. » Amelinha Teles (1944 – 2026, Brésil)

Bulletin Femmes Octobre 26Publish at Calameo

LA RENTRÉE EST FÉMINISTE

L’été s’en va, la colère reste.

Nous ne tournerons pas la page de ce qui s’est passé cet été. Car la crise climatique frappe d’abord les plus précaires et les femmes : santé fragilisée, risques accrus pendant la grossesse, explosion de la charge mentale et hausse des violences intrafamiliales. La justice climatique sera féministe ou ne sera pas.

La vie coûte cher, les corps s’épuisent. Ce sont toujours les mêmes qu’on précarise, qu’on souspaye, qu’on épuise sous les canicules ou sous le mépris. Ça suffit. Cette rentrée, on ne négocie pas. On s’impose. On fait du bruit. On veut la loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Tout de suite. Avec un budget conséquent et sans recul sur nos revendications ! On veut la fin du patriarcat ! On veut la transparence salariale réelle, pas des faux-semblants patronaux. On veut des seuils de température maximale au travail et l’adaptation de nos postes. On veut la fin du capitalisme ! On veut des IVG sûres et gratuites partout dans le monde. Et en octobre, on va subvertir leur « Octobre Rose » : le cancer du sein pour les travailleuses de nuit ou exposées aux toxiques, c’est une maladie professionnelle. Point.

Il a fallu dire adieu à nos aînées. D’Yvette Roudy chez nous à Gloria Steinem de l’autre côté de l’Atlantique. D’Emma Bonino en Italie à Amelinha Teles au Brésil, résistante anti-dictature et voix du féminisme populaire. D’Elaine Mokhtefi, combattante anticolonialiste, à Carmen Ponce Meléndez, Silvia Buendía, Line Bareiro, Michele Landsberg, Catherine Nzuzi wa Mbombo, Deborah Cameron, Catherine Ringer. De Kinshasa à Paris, de Rome à São Paulo, elles ont lutté pour nos droits, nos corps, nos salaires, nos libertés, nos vies. Des géantes. Au-delà des divergences politiques parfois profondes, la mémoire de leurs luttes, de leurs victoires nous oblige et nous traverse.

Alors, on scande, on débraye, on s’organise. Sur les piquets de grève, dans les bureaux, à l’hôpital, dans la rue. Car oui, on va envahir les rues. On va déranger les politiques. Car oui, on va se mobiliser plus que jamais contre l’extrême droite pour que nos droits ne nous soient pas retirés et pour en exiger de nouveaux !

La liberté, nous ne la demandons pas. Nous l’exigeons ! L’égalité, nous ne la demandons pas. Nous l’arrachons. La solidarité et l’adelphité sont nos armes !

Comme le rappelait Yvette Roudy : « L’égalité ne se donne pas, elle se conquiert par la loi et le rapport de forces. »

Pas de permission. Pas de frontière. Pas de recul. La riposte commence maintenant.

Sommaire

  • page 2 : édito
  • page 3 : climat, patriarcat, même combat
  • page 5 : Jin Jyan Azani
  • page 6 : défendons le droit à l’IVG et nos droits reproductifs
  • page 7 : nos revendications
  • page 8 : la campagne «subvertir octobre rose»
  • page 11 : déclaration de Solidaires pour une loi intégrale
  • page 14 : femmage à Yvette Roudy
  • page 15 : victoire de Solidaires RATP
  • page 16 : lectures de l’été
  • page 18 : podcast Vie syndicale
  • page 19 : pourquoi le 13 octobre n’est pas une date féministe
  • page 20 : jeu
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Agenda militant Conditions de travail Luttes féministes

28 septembre : l’accès à l’IVG et aux droits reproductifs est une question de santé au travail et de justice sociale !

À l’approche de la Journée internationale de lutte pour le droit à l’avortement du 28 septembre, le message de l’intersyndicale est clair : l’accès à l’IVG et aux droits reproductifs est une question de santé publique, mais c’est aussi, de plein droit, un combat pour la santé au travail et la justice sociale.

Le monde du travail entretient un lien historique avec le droit des femmes à disposer de leur corps, condition essentielle à la construction d’une société fondée sur l’égalité. L’accès à l’IVG et à la contraception est fondamental dans l’accès des femmes à l’autonomie économique, au monde du travail et plus largement à la sphère publique. Avant même la loi Veil, dans les entreprises et les services publics, les travailleuses s’organisaient dans l’ombre : cagnottes clandestines, réseaux d’entraide et de solidarité pour permettre à leurs collègues d’avorter dans la dignité et la sécurité.

Aujourd’hui, le contexte international montre à quel point ces droits restent sous pression et peuvent être remis en cause. Aux États-Unis, depuis l’arrêt de Roe v. Wade, l’interdiction de l’IVG dans de nombreux États a poussé certaines entreprises à financer le déplacement de leurs salariées. Mais l’accès à un droit fondamental ne doit jamais dépendre du bon vouloir d’un employeur : ce doit être un droit garanti, inconditionnel et universel.

En Europe,la montée de l’extrême-droite s’accompagne d’une remise en cause ou de difficultés d’accès à l’IVG dans plusieurs pays. L’organisation d’une exposition anti-IVG dans les locaux même du parlement européen témoigne des attaques de plus en plus fortes de l’extrême-droite et des mouvements anti-genre. Tandis qu’il est encore totalement interdit à Malte et en Andorre.

En France, le mépris des pouvoirs publics envers les difficultés d’accès des femmes à l’IVG est flagrant. La désertification médicale, la fermeture de centres de santé sexuelle et la baisse chronique des subventions aux associations, dont le planning familial, constituent autant d’obstacles pour les femmes qui veulent accéder à l’IVG. Enfin, alors qu’un arrêt de travail spécifique sans jour de carence existe depuis 2024 pour les interruptions médicales de grossesse (IMG) et les avortements spontanés, l’accès à un arrêt sans carence pour une IVG reste bloqué à l’Assemblée nationale, où la proposition de loi dort en commission des affaires sociales depuis le 25 septembre 2025 !

Pendant ce temps, les travailleuses du privé comme les agentes de la Fonction publique continuent de subir jusqu’à trois jours de carence. Subir une perte de salaire parce qu’on a recours à une IVG est une pénalisation financière inacceptable.

L’intersyndicale CFDT, CGT, UNSA, Solidaires, FSU exige :

  • La fin immédiate des jours de carence pour IVG dans le privé comme dans la Fonction publique, par l’élargissement sans délai du dispositif existant pour les IMG et fausses couches, ainsi que la création d’un congé rémunéré.
  • La prise en compte de la santé sexuelle, hormonale, gynécologique et reproductive dans les politiques de santé au travail, avec notamment l’instauration d’un droit à congé, la prise en charge à 100 % de l’IVG, de la PMA et de l’ensemble des contraceptifs, ainsi que l’adaptation concrète des postes et conditions de travail.
  • L’application effective de l’éducation à la sexualité (EVARS) à tous les niveaux scolaires, appuyée par des personnels formés pour lutter contre le sexisme, en permettant l’appui aussi d’associations agréées et non confessionnelle dans l’enseignement public et dans l’enseignement privé.
  • Des moyens budgétaires pérennes pour le service public de santé et le tissu associatif, avec un plan de titularisation et de revalorisation des travailleuses et travailleurs du secteur, aujourd’hui épuisé·es et précarisé·es.
  • L’inscription de l’IVG dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Face à la montée des idéologies réactionnaires et aux politiques d’austérité, nos 5 organisations syndicales seront pleinement mobilisées le 28 septembre pour défendre la santé, la liberté et les droits de toutes et tous, au travail comme dans la société.

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Conditions de travail Luttes féministes

Octobre Rose : Moins de pinkwashing, plus de prévention !

Chaque année, en octobre, les entreprises se parent de rose. Rubans, courses, goodies, campagnes de communication : le cancer du sein devient pendant un mois un objet de communication. Mais pour la plupart, c’est surtout l’occasion de récupérations marketing, sur le dos de la prévention des cancers.

Le cancer du sein est le plus fréquent en France, il touche une femme sur 8. Il reste la première cause de décès par cancer chez les femmes. Les causes professionnelles et environnementales ne peuvent plus être ignorées. Pourtant, le cancer du sein n’est inscrit sur aucun tableau des maladies professionnelles.

Le dépistage est évidemment nécessaire. Pour autant, la lutte contre le cancer du sein ne peut se résumer à des actes et des responsabilités individuelles, pour faire porter aux victimes la responsabilité de leur maladie. Solidaires refuse cette culpabilisation. La prévention des cancers ne doit pas se résumer à apprendre aux travailleuses à mieux se protéger elles-mêmes.

Les femmes ne tombent pas malades par hasard

Les femmes ne sont pas moins exposées aux cancérogènes que les hommes. Mais leurs expositions sont moins étudiées, moins visibles et moins reconnues. Ce sont principalement les comportements individuels qui sont scrutés. Les métiers très féminisés concentrent pourtant de nombreuses expositions. C’est notamment le cas dans les hôpitaux, le nettoyage, les laboratoires, l’aérien, l’industrie, l’agriculture, la coiffure ou encore l’esthétique. Les risques d’expositions sont nombreux et divers et ne s’arrêtent pas aux portes de l’entreprise ou de l’administration : produits chimiques, pesticides, rayonnements ionisants, poussières, perturbateurs endocriniens, PFAS… Pendant que l’on demande aux femmes de surveiller leur santé, qui surveille les dangers auxquelles elles sont exposées au travail ?

Le travail de nuit nuit gravement à nos seins !

Le travail de nuit ou en horaires postés constitue un facteur de risque reconnu pour le cancer du sein. Ces organisations du travail concernent de plus en plus de travailleuses, dans de nombreux secteurs d’activité, où il n’est pourtant pas indispensable (industrie, commerce, nettoyage…).

Cette exposition est encore largement absente des campagnes d’Octobre Rose et plus largement des recherches en termes de prévention. Il est nettement plus simple de conseiller aux femmes de faire une mammographie que de remettre en cause l’organisation du travail.

Le cancer du sein n’est pas une simple question de « mode de vie »

Tabac, alcool, alimentation, activité physique… Les facteurs individuels sont régulièrement mis en avant lorsqu’on parle des cancers. Mais cette approche ne suffit pas. Les conditions dans lesquelles nous travaillons sont très rarement interrogées, en particulier quand cela concerne les femmes et minorités de genre.

Les cancers professionnels sont le résultat de choix d’organisation du travail, de procédés industriels et de décisions patronales. Derrière ces choix, il y a toujours la même logique, faire passer la production et les profits avant la santé.

Une maladie de classe ?

Les cancers ne touchent pas tou·tes les travailleuses et travailleurs de la même manière. Les ouvrières et ouvriers sont davantage exposé·es aux produits toxiques, aux poussières, aux rayonnements et aux conditions de travail les plus dangereuses. La sous-traitance et l’intérim permettent en plus de repousser les travailleuses et travailleurs les plus exposé·es hors du regard des donneurs d’ordre. Le travail dangereux devient invisible, ses victimes aussi.

Les cancers professionnels sont massivement sous-déclarés et sous-reconnus. Lorsqu’une maladie apparaît vingt, trente ou quarante ans après une exposition, il devient particulièrement difficile de démontrer le lien avec le travail. C’est précisément pour cela que la prévention doit être une priorité.

Où sont les cancers professionnels des femmes ?

Les premiers tableaux de maladies professionnelles datent de 1919. Plus d’un siècle après, les cancers du sein, de l’utérus et du col de l’utérus ne figurent toujours dans aucun tableau de maladies professionnelles. Il a fallu attendre 2023 pour que le cancer de l’ovaire lié à l’amiante soit reconnu dans un tableau. Pourtant le travail et les mobilisations de militant·es, syndicalistes, chercheur·euses… ne cessent d’alerter sur les risques – évitables – depuis plus de 40 ans !

Les expositions professionnelles sont documentées. Les victimes témoignent, se mobilisent et s’organisent. Mais la reconnaissance ne suit pas, les demandes sont étudiées au cas par cas. Ce retard n’est pas neutre, il est le produit d’un système de santé et de recherche qui peine à sortir d’un schéma sexiste où les hommes sont la référence. Les risques professionnels des femmes sont globalement moins étudiés et leurs métiers moins considérés comme dangereux. Leurs maladies sont moins souvent reconnues comme professionnelles.

Rendre les expositions visibles : un combat syndical

La meilleure prévention des cancers professionnels – et donc des cancers du sein – c’est de supprimer les expositions aux risques. Et pour cela, il faut commencer par les rendre visibles. Dans chaque entreprise et chaque administration, des outils existent. Les risques professionnels auxquels sont exposé·es les travailleur·euses doivent être recensé : produits chimiques, rayonnements, poussières, travail de nuit, posté, horaires atypiques, risques physiques, risques psychosociaux, poly-expositions… Il ne s’agit pas de simplement compléter un document administratif pour seulement satisfaire une obligation légale.

Une fois passé les constats, il faut passer à l’action ! Un risque identifié doit entraîner une mesure de prévention. Un produit dangereux doit être supprimé ou remplacé lorsque cela est possible. Une exposition doit être réduite. Une organisation du travail dangereuse doit être remise en cause. Pas question de se contenter de distribuer des équipements individuels quand on peut supprimer le risque à la source.

Depuis 2014, le Code du travail impose que l’évaluation des risques professionnels tienne compte de l’impact différencié de l’exposition des femmes et des hommes. Pourtant, plus de dix ans après, cette obligation reste largement inappliquée, sans que cela ne suscite de véritable réaction. Si le sujet revient un peu plus aujourd’hui dans les discours institutionnels et patronaux, c’est trop souvent motivé par le coût économique des inégalités et des maladies professionnelles plutôt que par la volonté de protéger réellement la santé des femmes et des minorités de genre. Et derrière la prétendue « adaptation » du travail aux femmes se développent des techno-solutions destinées à leur permettre de continuer à travailler dans un monde pensé pour des corps et des vies d’hommes.

Pour Solidaires, il ne s’agit pas d’adapter les femmes au travail : c’est le travail qu’il faut transformer. Car évaluer les risques de manière sexuée et genrée n’a de sens que si cette évaluation débouche sur des mesures de prévention adaptées. Constater que les femmes et les minorités de genre ne sont pas exposées de la même manière, ou ne subissent pas les mêmes conséquences d’une exposition, sans modifier l’organisation et les conditions de travail, ne sert à rien.

L’égalité ne consiste pas à appliquer les mêmes mesures à tout le monde. Lorsque les situations de départ sont inégalitaires, des mesures spécifiques et correctrices sont nécessaires. La prise en compte des différences d’exposition et de leurs effets n’est donc pas une remise en cause de l’égalité, c’est une condition pour la rendre effective.

Construire une prévention féministe

Nous devons nous emparer pleinement de la santé au travail des femmes. Cela passe par des connaissances partagées, des formations, mais aussi par des outils permettant d’identifier, d’évaluer et de tracer les risques et les pénibilités sexués et genrés.

Et surtout, nous devons imposer des mesures de prévention à la hauteur des risques identifiés : agir sur l’organisation du travail, les équipements, les horaires, les postes, les expositions, les violences sexistes et sexuelles, mais aussi sur toutes les inégalités qui dégradent la santé au travail.

Nous n’attendrons pas que les institutions produisent spontanément les recommandations qui permettraient de faire ce qui devrait être obligatoire depuis longtemps. Leur inertie est trop souvent le prétexte à l’inaction. C’est par la pression de la mobilisation qu’il sera possible de construire une prévention féministe, collective et offensive. Une prévention qui ne cherche pas à rendre les femmes plus « adaptées » au travail, mais à transformer le travail pour qu’il cesse de produire et de reproduire des inégalités. Pas de petits pas, pas de mesurettes, la santé des femmes et des minorités de genre au travail est un enjeu de droits, de justice et d’émancipation.

Octobre rose : On change de programme !

Nous ne voulons pas d’un mois où les entreprises et les administrations se contentent de mettre un logo rose sur leurs réseaux sociaux.

Nous voulons un mois pour parler des conséquences sur la santé des femmes :

→ des produits cancérogènes,

→ du travail de nuit,

→ des rayonnements,

→ des poly-expositions,

→ des cancers professionnels,

→ de la reconnaissance des maladies professionnelles,

→ de la responsabilité des employeurs.

NOS REVENDICATIONS

Solidaires revendique :

→ La reconnaissance du cancer du sein comme maladie professionnelle et l’inscription de l’ensemble des cancers féminins dans les tableaux de maladies professionnelles lorsque les connaissances scientifiques le justifient.

→ La reconnaissance de la poly-exposition dans les procédures de reconnaissance des maladies professionnelles.

→ L’interdiction de tous les produits chimiques classifiés CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique ; c’est-à-dire toxique pour la reproduction) et, s’il n’existe pas de produits de substitution possibles à ceux-ci.

→ Le maintien et renforcement de l’interdiction d’employer des salarié·es en CDD, intérimaires ou en contrat de chantier, des femmes enceintes et des mineurs dans des travaux les exposant aux risques chimiques et aux agents classifiés CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, c’est-à-dire toxiques pour la reproduction)

→ Une véritable politique de prévention primaire des cancers professionnels.

→ La limitation et, partout où elle est possible, la suppression du travail de nuit.

→ Un suivi médical renforcé et durable des personnes exposées, sans limitation arbitraire dans le temps.

→ Le dépistage et les examens de prévention sur le temps de travail, sans perte de salaire.

→ Un véritable accompagnement du retour au travail après un cancer.

→ Des moyens supplémentaires pour la médecine du travail et l’inspection du travail.

→ Une recherche publique sur les causes professionnelles et environnementales des cancers, qui prenne enfin en compte les différences de genre.

Nous n’avons pas besoin de davantage de communication rose. Nous avons besoin de prévention.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous explique comment rester « féminines » pendant un cancer. Nous avons besoin d’hôpitaux qui soignent, de recherche publique et de moyens pour prévenir les maladies.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous culpabilise sur notre alimentation, notre poids ou notre activité physique. Nous avons besoin que les employeurs cessent de nous exposer à des produits cancérogènes et respectent leurs obligations en la matière.

Le cancer du sein n’est pas une fatalité. Le travail ne doit pas nous rendre malades.

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« La Jeunesse, une cible pour l’extrême droite » – Dossier VISA n°17

Les partis politiques d’extrême droite sont indissociables de groupuscules violents tels que le GUD ou la Cocarde, qui recrutent en majorité des étudiant.es, et servent de viviers à ces partis. Un certain nombre de ces étudiant.es deviennent ensuite attaché.es parlementaires. Lors des dernières élections municipales, le renouvellement des cadres et la désignation de candidat.es RN de plus en plus jeunes, montrent combien la jeunesse est une cible pour élargir la base électorale de ce parti.

L’extrême droite développe une véritable campagne de séduction à l’égard des jeunesses en France. Le moteur de cette campagne est la montée en puissance de l’image du RN à travers Jordan Bardella qui se veut représentatif d’une jeunesse souriante, actif sur les réseaux sociaux, entouré de fans qui font des selfies,… bref un jeune cool qui parlerait le même langage qu’eux !

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«Jin Jiyan Azadî»

Le 16 septembre 2022, Jina AMINI, kurde iranienne de 22 ans, a été victime d’un féminicide d’Etat pour avoir refusé de se soumettre à la loi imposant le port du voile dans l’espace public.

Sa mort a déclenché le soulèvement populaire « Jin, Jiyan, Azadi ». Ce slogan est devenu un cri de révolte féministe en Iran et ailleurs. Il incarne les oppressions plurielles subies par les femmes, la reconnaissance de leurs droits individuels et collectifs, le rejet total du régime phallocratique iranien. Ce dernier institutionnalise le corps des femmes en recourant à la ségrégation sexuelle dans l’espace public et tente d’invisibiliser le corps féminin.

Selon Amnesty International, plus de 551 manifestant·es ont été tué·es dont 68 mineur·es et plus de 22 000 manifestant·es ont été arrêté·es.

Comme le confirme un rapport de Amnesty International « Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme clé dans l’arsenal répressif des autorités iraniennes ».

Presque quatre ans après la répression sanglante du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi », le régime iranien a poursuivi sa politique belliciste envers son peuple.

  • Fin décembre 2025 / début janvier 2026 dans un contexte de crise économique, des manifestations de masse éclatent. La répression sanglante a causé la mort de plus de 7 000 manifestant·es selon l’ONG Human Rights Activism News Agency (HRANA).
  • Depuis le 28/02/2026 la guerre israélo-étatsunienne a permis au régime de se renforcer et de se radicaliser. La répression contre la population iranienne n’a fait qu’empirer, le régime s’emploie à terroriser la population, en militarisant la rue pour faire taire toute forme de protestation, 500 personnes ont été exécutées depuis le début du conflit selon le haut-commissaire des droits de l’Homme. Les bombardements israélo-étatsuniens par ailleurs provoquent des dommages écologiques irréversibles.

Cette militarisation accroît les normes patriarcales et augmente la violence contre les femmes.

La situation économique était déjà catastrophique avant les frappes, cet été l’inflation sur le prix des produits alimentaires et boissons a atteint +127,5 %.

La guerre a accentué les inégalités sociales et de genre. En période de guerre, les femmes sont les premières à être concernées par l’inflation, l’insécurité du marché du travail et l’épuisement psychologique.

Les femmes d’Iran ont deux ennemis principaux : le régime et les bombes israélo-américaines. Cette guerre les percute violemment, et seules leurs luttes pourront les émanciper.

« Jin Jiyan Azadî », Femme, vie, liberté

L’Union syndicale Solidaires réitère son soutien inconditionnel à toutes formes de lutte du peuple iranien pour son émancipation.

Elle exige notamment :

  • le droit inconditionnel des femmes à disposer librement de leurs corps, dont celui de porter ou non le voile ;
  • l’abolition de toutes les lois misogynes, ainsi que l’apartheid de genre ;
  • l’abolition de toute discrimination envers les femmes, les LGBTIQ+, les minorités nationales et religieuses, les réfugié·es d’Afghanistan;
  • le respect des droits des salarié·es, dont ceux de s’organiser, de manifester et de faire grève ;
  • l’arrêt immédiat des exécutions, l’abolition de la peine de mort ;
  • la libération de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux ;
  • la fin de la guerre, la levée des sanctions économiques et politiques dirigées contre la population ;
  • l’édiction de sanctions financières et pénales contre les auteurs/trices et commanditaires des violences et crimes perpétrés contre la population.

Paris, le 8/09/2026

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Communiqué de la coalition pour une Loi Intégrale contre les VSS suite à l’intervention du Président Macron le 18 juin et appel à mobilisations

Publié le 19 juin 2026

Le Président de la République, questionné le jeudi 18 juin par Caroline Roux sur France 2, persiste à refuser toute forme de responsabilité politique dans la mort tragique de Lyhanna, renvoyant la situation à de simples dysfonctionnements, erreurs, ou manques de priorisation.

Alors que depuis 2 semaines l’indignation est immense dans toute la population, et que la loi intégrale est demandée par plus de 150 parlementaires, 320 000 personnes et 81% des Français, il refuse d’entendre les solutions portées par la société civile et les expert·es. Ces solutions permettraient pourtant de sauver concrètement des vies.

Le satisfecit auquel s’est livré le Président est contredit par les drames récents, toutes les commissions, rapports et études sur le sujet, ainsi que par les nombreux responsables politiques qui admettent un manque criant de moyens et une approche intégrale à adopter. 

La loi intégrale, présentée au Conseil d’Etat, nécessite l’accord du gouvernement pour être examinée par l’Assemblée Nationale. Face à ces atermoiements irresponsables au regard de l’urgence, la coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale appelle à nouveau à se mobiliser lundi place Vendôme à Paris et devant les tribunaux partout en France.

Elle appelle également à une grande marche le samedi 4 juillet prochain à Paris et à des mobilisations partout en France, pour permettre la participation du plus grand nombre et montrer la détermination des citoyen·nes à obtenir enfin la mise à l’agenda de cette loi intégrale en septembre et des actes concrets concernant les moyens alloués à la lutte contre les violences sexuelles.”

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Face aux violences sexistes et sexuelles : l’Union syndicale Solidaires exige la loi-cadre intégrale et refuse les leurres sécuritaires de l’extrême droite

Publié le 15 juin 2026

Le meurtre de la jeune Lyannah et les vagues de révélations qui entourent l’affaire Bruel viennent s’ajouter à la trop longue liste des violences sexistes et sexuelles, mettant en lumière le traitement structurellement défaillant de ces crimes. Les violences sexistes et sexuelles sont massives, systémiques et structurelles. Qu’elles concernent les femmes ou les enfants, ce sont les mêmes mécaniques à l’œuvre.

Chaque année, plus de 160 000 enfants et 325 000 femmes en sont victimes en France. Pourtant, la réponse politique, policière et judiciaire est bien en deçà de ce qu’elle devrait être. Face aux accueils défaillants dans les commissariats, aux failles des enquêtes et aux manquements de la justice, la France a d’ailleurs déjà été condamnée à plusieurs reprises devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

En tant que syndicat féministe, l’Union syndicale Solidaires, membre de la Coalition pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles, affirme qu’aucune mesurette parcellaire ne suffira. Il faut un véritable changement de société. Nous exigeons l’adoption immédiate et le financement global des 140 recommandations portées par notre coalition.

Contre les violences sexistes et sexuelles, des moyens et des droits

Aujourd’hui, le parcours des victimes est complètement bloqué par le manque de moyens, mais surtout par une culture policière et judiciaire encore profondément patriarcale. Les grilles de lecture sexistes, la mauvaise prise en charge des plaintes et la minimisation des faits par les institutions expliquent pourquoi le taux de classement sans suite atteint le niveau faramineux de 94 % pour les plaintes pour viol. Au-delà du viol, les budgets de l’Etat restent dérisoires face à l’ampleur des violences sexistes et sexuelles et paralysent l’ensemble de la lutte contre les violences de genre. L’Union syndicale Solidaires exige qu’un budget conséquent soit immédiatement débloqué pour renforcer la justice et créer des tribunaux spécialisés.

Le monde du travail doit également cesser d’être un angle mort. Parce que les violences sexistes et sexuelles traversent aussi le monde professionnel, nous exigeons des droits concrets et les moyens pour les faire respecter.

contrer les discours de l’extrême droite

Face à l’émotion et à la colère légitime qui traverse la société, l’extrême droite tente une fois de plus de faire son beurre politique en agitant ses vieux démons populistes. L’extrême droite feint de s’attaquer aux agresseurs après coup pour mieux masquer son refus de détruire les structures de la domination patriarcale.

C’est une hypocrisie totale : ce sont les mêmes qui combattent l’éducation au consentement à l’école et qui votent systématiquement contre les budgets de l’Aide Sociale à l’Enfance, du travail social et des associations féministes de terrain.

La loi intégrale : un projet de société global

La loi-cadre intégrale ne relève pas de la surenchère sécuritaire, elle porte un changement profond de société :

  • Éduquer et prévenir : Rendre enfin effectives au moins 3 séances annuelles d’EVARS (Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle) dès le plus jeune âge et de la maternelle au lycée.
  • Former : Rendre obligatoire la formation aux violences sexistes et sexuelles pour l’ensemble des professionnels de l’éducation, de la santé, de la justice et du monde du travail afin que chacun·e soit capable de repérer et réagir.
  • Réparer : Assurer le financement et le soutien pérenne des associations féministes et des structures de terrain spécialisées pour garantir l’écoute, l’accompagnement et l’hébergement d’urgence, et prendre en charge à 100 % les soins liés aux psychotraumatismes.
  • Protéger et agir : Mettre en place des mesures fermes contre la pédocriminalité, instaurer un socle minimal d’actes d’enquête obligatoires et rapides pour briser l’impunité, et instaurer une justice réellement spécialisée.
  • Garantir des droits professionnels : Instaurer un droit à 20 jours de congés rémunérés et sans justificatif pour permettre aux victimes de réaliser les démarches d’urgence (soins, justice, déménagement, recherche de logement).
  • Financer : Allouer les 2,6 milliards d’euros globaux nécessaires à l’éradication des violences.

L’Union syndicale Solidaires appelle à rejoindre massivement les rassemblements de la Coalition féministe et enfantiste tous les lundi à 19h devant les tribunaux partout en France, et à Paris Place Vendôme.

Le combat contre le patriarcat se mène partout : dans la rue, dans les tribunaux et dans nos entreprises. Signons la pétition, exigeons les 2,6 milliards d’euros globaux nécessaires et imposons la loi intégrale !

www.loi-integrale.fr

La loi intégrale doit advenir, maintenant !

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Coalition féministe et enfantiste pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles : La loi intégrale doit advenir, maintenant !

La loi intégrale doit advenir, maintenant !

le 10 juin 2026

Les mobilisations qui ont eu lieu lundi soir dans près de 200 villes partout en France, rassemblant plus de 150 000 personnes, sont un moment historique.

Ces rassemblements massifs, divers en âges, catégories sociales et territoires témoignent de l’ampleur de l’onde de choc et de tristesse provoquée par la mort tragique de Lyhanna. Partout, la colère, l’indignation, mais aussi la détermination à faire changer les choses se sont exprimées vivement.

Ces rassemblements sont l’incarnation d’une exigence politique : que la lutte contre les violences sexuelles devienne enfin une priorité à la hauteur de l’ampleur du phénomène et de la gravité des conséquences sur les victimes et sur la société entière.

Les pouvoirs publics ont fait preuve d’une grande irresponsabilité en interdisant le rassemblement place Vendôme, à peine plus de 2h avant le rassemblement, divisant la mobilisation parisienne. Malgré cette interdiction, la foule a déferlé vers la place Vendôme, tout en étant également rassemblée de manière compacte place Louis-Lépine.

L’irresponsabilité est allée jusqu’à placer en garde à vue l’une des principales organisatrices du rassemblement, Andréa Bescond, qui a passé la nuit dernière en garde à vue, et à qui nous apportons tout notre soutien.

Cet aveuglement quant à l’ampleur de l’indignation s’est également manifesté encore mardi matin, alors que les ministres de l’Intérieur et de la Justice n’ont cessé de nier la problématique des moyens financiers ou législatifs devant la commission des lois du Sénat.

Pourtant, plusieurs victoires ont déjà été obtenues grâce à la mobilisation inédite du mouvement féministe et enfantiste, nous rapprochant de l’adoption de la loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, qui rassemble désormais plus de 220 000 signataires.

Nous saluons notamment la demande de la présidente de l’Assemblée nationale d’inscrire à l’ordre du jour d’une session extraordinaire la proposition de loi transpartisane visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants – à laquelle notre coalition a contribué -, et sa saisine prochaine du Conseil d’État pour faire avancer le processus législatif.

Devant l’ampleur des mobilisations, le Premier ministre a également fait part de sa volonté, dans un courrier adressé à ses ministres le soir même, que la loi intégrale soit transmise au Conseil d’Etat en vue d’un examen prochain au Parlement.

Nous ne pouvons que nous en féliciter.

Néanmoins, nous appelons à la vigilance : c’est la loi intégrale que nous exigeons, toute la loi, et non quelques mesures reprises du texte, adoptées sans moyens, comme le Premier ministre le propose dans le cadre de l’examen prochain d’un texte sur la protection de l’enfance.

La loi intégrale est prête, elle est portée déjà par 110 député.es et soutenue par 81% des Français.es, elle doit être mise à l’ordre du jour et adoptée et dotée des moyens nécessaires.

Chaque année, plus de 160 000 enfants et plus de 325 000 femmes sont victimes de violences sexuelles. 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite. Ces chiffres ne décrivent pas des situations isolées.

Ils révèlent un système défaillant et une impunité organisée.

Aucune affaire, aussi emblématique soit-elle, ne suffira à elle seule à y mettre fin.

C’est un changement global de société qui doit advenir. Tant que cette loi n’est pas à l’ordre du jour, nous poursuivrons notre mobilisation.

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Il y a 13 ans, le Rana Plazza

Dans Solidaires et égales : N°47 – Mars/avril 2026

Publié le 17 avril 2026

Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh coûtait la vie à 1 138 personnes, majoritairement des femmes et des jeunes filles. Cette tragédie représente des failles d’un système économique basé sur le profit, un système qui s’allie à la dévalorisation du travail des femmes, surtout celles travaillant dans le Sud global.

L’effondrement est survenu après que des travailleuses eurent remarqué des fissures dans les murs et les piliers du bâtiment bétonné trop vieux, trop mal construit. Ces fissures avaient aussi étaient constatées par des experts, et les banques présentes dans l’immeuble avaient, elles, refusé d’ouvrir leurs portes. Pourtant, après une seule journée de fermeture, les propriétaires des usines de textile ont rappelé les ouvrières, les forçant à réintégrer leur poste sous peine de licenciement immédiat. Quelques heures plus tard, le bâtiment s’écroulait sur elles. Sur des milliers de corps de femmes broyés par l’impact.

Le profit avant la vie.

Face à ce massacre, l’indignation mondiale a mis en lumière un vide juridique : les multinationales donneuses d’ordres (dont plusieurs marques françaises) se dédouanaient de toute responsabilité, cachées derrière une cascade de sous-traitants. C’est pour mettre fin à cette impunité totale, où le donneur d’ordre ne “savait pas”, que la bataille pour le Devoir de Vigilance a commencé.

Une loi pionnière sous l’assaut des lobbies

En 2017, la France adoptait la loi sur le Devoir de Vigilance, une première mondiale arrachée de haute lutte. Elle oblige les multinationales à prévenir les risques d’atteintes aux droits humains et à l’environnement chez leurs sous-traitants. Cette loi a permis en 2023 et 2024 à SUD PTT de faire condamner La Poste pour son plan de vigilance défaillant (travail dissimulé, harcèlement). Une victoire qui prouve que la loi est une arme… et c’est précisément pour cela que le patronat veut la briser.

Le double jeu de l’Union Européenne : l’offensive “Omnibus”

Alors qu’une directive européenne ambitieuse (CSDDD) avait été adoptée en 2024 pour généraliser ce devoir de vigilance, le vent a tourné. En novembre 2025, sous la pression des multinationales de l’énergie (TotalEnergies, ExxonMobil) et de la Fédération bancaire française, le Parlement européen a adopté la directive dite « Omnibus ».

Le résultat est catastrophique :

  • Seuil d’exclusion au rabais : Seules les entreprises de plus de 5 000 salarié·es et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires sont désormais concernées (contre 1 000 salarié·es auparavant).
  • Abandon environnemental : L’obligation d’un plan de transition pour respecter l’Accord de Paris est supprimée.
  • Impunité : Le régime de responsabilité civile et de sanctions est drastiquement raboté.

Macron propose, l’extrême droite exécute : le bilan d’un sabotage

Cette régression porte une signature politique claire. Dès le printemps 2025, Emmanuel Macron appelait à l’abrogation de ces contraintes au nom de la « compétitivité ». Il a trouvé ses alliés naturels : c’est l’alliance entre la droite et l’extrême droite qui, à l’automne dernier, a vidé la directive de sa substance.

Alors que la COP 30 d’octobre 2025 aurait dû marquer un tournant écologique, l’UE a envoyé le pire des signaux en sacrifiant le devoir de vigilance : les droits humains et la planète passent après les dividendes. Ce verrouillage politique entre libéraux et réactionnaires confirme que pour le patronat, la vie des travailleuses du Sud global n’est qu’une variable d’ajustement.

Solidaires ne lâche rien

L’Union syndicale Solidaires exige que toute entreprise soit contrainte au respect de l’ensemble des droits humains, sociaux et environnementaux quel que soit le lieu et le fabricant des marchandises dont elle fait ensuite commerce.

Nous n’oublions pas les mort·es du Rana Plaza. Le 28 avril, journée mondiale sur la sécurité et la santé au travail, et le 1er mai, transformons notre colère en action !


Le poème : En mémoire des ouvrières du Rana Plaza

Contre ce luxe obscène bâti sur le silence,
Où chaque couture saigne une invisible violence,
Le 8 mars, ma grève est une question de décence.


Je me souviens de 2013, du ciel qui s’effondre,
Du Rana Plaza, de la poussière et des décombres.
Mille cent trente-huit ouvriers et ouvrières,
Ensevelies sous le poids d’une mode meurtrière.
Des murs qui se fissurent, des experts disaient “fuyez”,
Mais le profit hurlait “cadence” et les a sacrifiées.
Parce qu’un vêtement jetable vaut plus qu’une vie humaine,
On a cousu leur mort dans l’ourlet de nos laines.
Fils coupés, lendemains absents.
Machines tues, corps gisant.
Multinationales complices,
Aucune justice …

(silence)

Notre responsabilité.

(Silence)

Alors, contre ce luxe obscène bâti sur le silence,
Où chaque couture saigne une invisible violence,
Le 8 mars, ma grève est une question de décence.

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Les entreprises présentes dans le Rana Plaza étaient au nombre de cinq : New Wave Style, Ether Tex, Canton Tech Apparel, Phantom Apparels et New Wave Bottoms. Celles-ci produisaient des vêtements pour les marques, entre autres : Mango, Benetton, The Children’s Place, Cato Corp, Joe Fresh possédée par la société canadienne Loblaws et vendues dans les magasins J.C. Penney, les marques Cerdarwood et Denim Co. de la compagnie irlandaise Primark, la marque Papaya Denim de la société britannique Matalan, Free Style Baby vendue dans la chaîne El Corte Inglés et la marque espagnole Velilla.

Des étiquettes de vêtements Carrefour (marque Tex), Auchan (marque In Extenso), Camaïeu et H&M ont été retrouvées dans les décombres du Rana Plaza résultant, selon ces distributeurs, d’actions de sous-traitance non déclarées.

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