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Appel des femmes de la Marche des Sans-papiers 18 décembre

samedi 21 novembre 2020 par Marche des Solidarités

Nous les femmes du monde entier, subissons les agressions patriarcales et sexistes sur quasi tous les continents et dans toutes les sociétés. Celles d’entre nous qui parcourons ce monde sans le droit de le faire, à cause du préjudice de notre naissance, du lieu, de notre genre ou de notre sexe, sommes parties pour un « monde meilleur » au risque de nos vies !
Survivantes de l’exil à la merci des violences que le parcours nous fait subir, nous sommes debout !

Une femme violentée, administrativement mise à genoux est une femme affaiblie pour mieux l’abattre

Nous appelons à la sororité !

Nous t’appelons, sœur, à nous rejoindre dans notre combat pour la dignité ! Ici en France à la merci des hébergements contre du service sexuel, des violeurs, des profiteurs de notre vulnérabilité administrative, du silence imposé par la situation « d’illégalité »

Nous femmes demandeuses de papiers, dénonçons la violence institutionnelle qui construit notre misère et nous enferme dans la loi du silence et de la honte intériorisée. La Honte doit changer de camp !

Nous, les combattantes, venues des différents pays nous avons participé aux manifestations du 30 mai, du 20 juin et marché depuis plusieurs villes pour arriver à Paris à la grande manifestation du 17 octobre, nous appelons toutes les femmes en exil en France à sortir de cette invisibilité, de ce silence, et nous, féministes, portons les revendications.

• Pour une régularisation de tous et toutes sans conditions qui nous sortira nous et nos sœurs des violences construites par un État patriarcal qui se donne le droit d’écraser

• Pour la fermeture des prisons administratives, les CRA, qui menacent, font peur et nous obligent au silence
• Et nous réclamons pour tou.te.s un endroit digne pour vivre, des logements pour tou.te.s !

Nous sommes là parmi les femmes violentées, toutes, soyons unies !

Femme que l’on isole, que l’on maltraite, que la peur et la honte muselle :Debout, en route pour l’Acte IV de la Marche des solidarités le 18 décembre

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Violences faites aux femmes : rassemblement le samedi 21/11/20 à Mantes la Jolie à 11H30

 Le 25 novembre est la journée internationale de lutte pour l’élimination des violences faites aux femmes.

Le confinement rend les actions plus difficiles à organiser mais un ensemble de collectifs féministes appellent à se mobiliser largement partout en France soit le 21 novembre  soit le 25 novembre pour être visibles et rappeler nos exigences et notre colère.
A Mantes la Jolie, le Collectif FFFRAC (Fières, fortes, féministes radicales et en colère) appelle à un rassemblement le samedi 21/11/20 au 1 Rue de Chanzy à Mantes la Jolie à 11H30.

Le rassemblement a été déclaré au nom des FFFRAC, en précisant que nous respecterons les règles sanitaires de distanciation physique par groupe de dix ainsi que le port du masque.Nous comptons sur vous pour respecter ces mesures.
Vous trouverez en PJ 

  • le tract qui sera distribué ce jour là-la plaquette de la LDH sur les droits à manifester pendant le confinement
  • un modèle d’attestation dérogatoire 

Nous vous attendons nombreuses et nombreux pour faire entendre nos voix et nos revendications. 
Pour les FFFRAC

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Violences sexistes et sexuelles au travail – Stop ! – Dossier complet de SUD éducation

Alors que Macron avait annoncé faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles la « Grande cause de son quinquennat », SUD éducation constate qu’aucune mesure n’a été mise en place ni pour prévenir les violences sexistes et sexuelles au travail ni pour accompagner les victimes. Chaque jour, en France, des femmes sont victimes de violences psychologiques, verbales, économiques, médicales, physiques ou sexuelles. Tous les deux jours, une femme est assassinée par son conjoint ou ex-conjoint : déjà 149 féminicides depuis le 1er janvier 2019 (en augmentation par rapport à 2018 où l’on avait recensé 121 féminicides à la même date).

Stop aux violences sexuelles et sexistes sur nos lieux de travail

Dans l’Éducation nationale, les violences sexistes sont communes, courantes et impunies. Si 1 femme sur 5 affirme avoir vécu des situations de violences au travail, seulement 5% porte plainte pour les dénoncer. Elles comprennent insultes, discriminations, harcèlement, menaces, chantage, mais aussi les agressions physiques et sexuelles. Les femmes les plus exposées au harcèlement sont celles qui subissent des discriminations liées à leur origine et à leur identité de genre et/ou leur orientation sexuelle. Dans le cadre du travail, ouvrières et salariées précaires et dans une moindre mesure les professions in-termédiaires subissent une pression sexuelle plus intense que celle des autres catégories sociales. La circulaire du 9 mars 2018, qui prévoit la pro-tection des victimes de violences sexistes et/ou sexuelles, n’est pas appliquée : les collègues qui ont dénoncé les violences subies n’ont bénéficié ni de protection ni d’accompagnement conve-nables. Pourtant l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité des agent-e-s sur leurs lieux de travail !

Assez d’inégalités salariales

De plus, les travailleuses de l’Éducation nationale subissent aussi le sexisme de l’institution dans l’évolution de leur carrière. 12 % des femmes sont à temps partiel, contre 3 % des hommes, avec des conséquences sur la rémunération et sur l’avance-ment. Dans les postes les plus précaires et moins payés , comme celui d’AESH, 90 % sont occupés par des femmes. Plus les élèves sont jeunes plus la profession est féminisée : en 2006, 80 % des enseignant-e-s du primaire sont des femmes alors qu’elles ne sont que 35% dans les universités. Chez les agents-e-s, la répartition du travail est sexuée : aux hommes les postes de techniciens et de chefs cuisine, aux femmes les tâches dites polyvalentes (nettoyage ou service des repas).

Ras-le-bol de l’éducation aux inégalités

Le système scolaire perpétue les violences de genre et contribue à les fabriquer auprès des élèves. Quel exemple la hiérarchie donne-t-elle aux élèves en ne protégeant pas les personnels victimes de violence et en octroyant l’impunité aux agresseurs sexuels ? Quel modèle social l’institution propose-t-elle aux élèves en n’agissant pas pour abolir le système patriarcal et la division sexuée du travail ?

L’éducation proposée aux élèves véhicule l’invisibilisation et l’infériorisation des femmes et les enferme dans des rôles binaires en fonction des genres stéréotypés filles/garçons qui entravent leur émancipation. D’ailleurs, les femmes, absentes ou très minoritaires dans les programmes scolaires et manuels scolaires ne sont pas érigées en modèles disparaissant de tout récit historique. Et pourtant, elles existent et ont existé!

A l’école : une éducation nécessaire aux sexualités

Rappelons qu’à l’école, si les garçons sont plus exposés à la violence (insultes, bagarres…), les filles, subissent plus d’agressions sexuelles et sexistes (baisers imposés, jeux où on doit tou-cher leurs fesses dans la cour de récré, et surtout cyber-harcèlement). Afin que cessent les violences, l’école doit éduquer permettre une construction aux sexualités, dans une perspective non hétéro-centrée, en insistant sur l’éducation au consentement.

Contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles, SUD éducation appelle à participer massivement à toutes les initiatives à l’occasion des journées de luttes du 21 au 25 novembre.


Vous trouverez ci-dessous :

le matériel (tract et affiche) de SUD éducation

le matériel (tract et affiche) intersyndical CGT-FSU-SUD éducation

la brochure SUD éducation intitulée “Lutter contre le sexisme dans l’éducation nationale : ressources et analyses”

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Retour sur le 8 octobre 2020 : Mobilisation féministe à Mantes-la-Jolie

Ce 8 octobre, comme chaque 8 de l’année, les militant·es féministes étaient dans la rue. A Mantes, le collectif FFRRAC appelait à un rassemblement avec prises de parole devant la mairie.

A cette occasion, plusieurs prises de parole ont mis en lumière la nécessite d’une mobilisation quotidienne contre le sexisme…

Voilé ou dévoilé le corps des femmes toujours coupable ?

La tenue des femmes reste une obsession française inépuisable,

Petit rappel de la loi du 17/11/1800 : « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation », loi modifiée en 1909 autorisant les femmes à porter le pantalon si elles tenaient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval…

Durant l’été d’aucun, d’aucune, pérore sur les birkinis, fin août une femme se voit refuser l’entrée au musée d’Orsay sous prétexte que son décolleté est trop plongeant, et en septembre durant cette rentrée des classes pour le moins inhabituelle, une lycéenne se fait renvoyer du lycée car sa tenue n’est pas « correcte ». Des lycéennes décident de résister -rendons hommage à leur inventivité et leur courage car elles sont très jeunes- en débridant leurs tenues, en s’habillant de façon provocante selon le regard « masculin » de notre société.

Le Ministre de l’Éducation, à la tête de ce grand ministère qui est censé éduquer, protéger, empêcher la violence, prôner l’égalité des filles et des garçons somme les lycéennes de s’habiller normalement pour que tout se passe bien… sinon quoi ? sinon les hormones des garçons vont s’emballer et gare à vous… vous ne viendrez pas vous plaindre, et c’est ainsi qu’une fois de plus la culture du viol est lentement mais surement distillée au sein de la société…et que le ministre justifie en quelque sorte cette violence…

La formule du ministre de l’éducation nationale équivaut à limiter la liberté vestimentaire des jeunes filles dans un geste inégalitaire, puisque ces polémiques ne visent que les jeunes filles. La récurrence des controverses à propos du vêtement féminin n’en finira jamais. Trop courte, la minijupe fait problème, trop longue aussi, car elle serait devenue un signe religieux ostentatoire. On s’inquiétait il y a peu de temps des risques sociaux de la mode non genrée…

Cette offensive relève d’une logique patriarcale bien ancrée : garder un œil sur les corps des filles, les protéger de la libido intrinsèquement débordante des garçons ; les protéger des insultes sexistes que, forcément, elles provoquent un peu avec leur soutien-gorge trop visible, ou, pire encore, leur absence de soutien-gorge.

Une offensive qui relève d’un vieux système qui vise tantôt à nous couvrir, tantôt à nous découvrir, toujours nous contrôler, de la plage au musée, de la piscine à l’école, de la rue au travail.

Dans le même temps nous vivons, faut-il encore le rappeler, dans un monde où le corps des femmes reste un bon vieux levier marketing, la publicité sexiste continue d’inonder les écrans les rues et les magasins, la représentation des femmes en publicité a encore du chemin à faire. Sexisme banalisé, femme objet, hyper-sexualisation, injonctions et biais culturels… la liste est longue et s’accompagne encore d’images et de messages subliminaux dégradants.

Ces jeunes lycéennes décident de résister à des règlements vestimentaires glosant sur la longueur des jupes, des shorts, des crop-tops, sur la profondeur des décolletés et la largeur des bretelles de débardeurs pour manifester leur liberté de s’habiller comme elles le veulent, pour briser l’idée qui voudrait qu’une femme qui se vêtit doive le faire dans le respect des cadres qui cloisonnent le corps féminin dans la sexualisation pour dire qu’une partie du corps dénudé n’a pas vocation à exciter les passants pour répéter encore et toujours qu’une tenue stricte respectable de bon sens ou condamnable n’est pas la source du viol pour dire stop aux injonctions contradictoires quant à savoir si les jupes des filles sont assez ou trop courtes si elles sont assez couvertes ou trop couvertes…

Et maintenant revenons à la norme, qu’est-ce que la norme si ce n’est le produit d’un rapport de forces au service de ceux qui peuvent en tirer avantage. Des normes vestimentaires, corporelles, sexuelles, familiales, sociales, politiques, raciales ou religieuses ? Interrogeons ces normes, déconstruisons et détricotons-les sans cesse et n’oublions pas qu’elles ne viennent pas de nulle part, elles ont une histoire et des finalités, notamment celle de la domination.

Et enfin dans une rentrée que tout le monde qualifie de « hors norme », dans un monde très peu normal où l’on navigue à vue, où les forêts brulent, les maisons et leurs habitants sont emportés dans des coulées de boue, qu’est ce qui est normal ? le climat est il normal. Le chômage est-il normal ? la pauvreté est-elle normale, le traitement réservé aux migrants est-il normal ?

Foutez la paix à nos corps à nos tenues à nos désirs et à nos plaisirs, nous nous en chargeons seules comme on se charge un paquet de trucs dans la vie que nous faisons seules.

Résistons contre le retour de l’ordre moral

Et si nos désirs font désordres, alors soyons le désordre !

Femmage à Gisèle Halimi 8 Octobre 2020 – FFFRAC

A notre dernier rassemblement nous avions passé assez vite sur les apports essentiels de Gisèle Halimi, cette grande avocate et formidable militante féministe décédée le 28 juillet 2020 à 93 ans.

Beaucoup de ses livres personnels, historiques, romancés ou politiques, en attestent, car elle avait aussi la passion de l’écriture. Le meilleur femmage (elle aurait aimé ce nouveau mot!) serait donc de la lire !

Féministe depuis son enfance difficile en Tunisie, elle fit bien sûr avancer considérablement le combat pour le droit à l’avortement en défendant les femmes lorsque celui-ci était encore interdit avant 1975. Ainsi le procès de Bobigny gagné pour la jeune Marie-Claire (qui avait avorté après un viol) fut une étape essentielle pour le mouvement des femmes.

Mais aussi le combat sur la question du viol, marqué par sa très longue défense des 2 jeunes femmes lesbiennes violées à Marseille sur une plage en 1974 et dont le procès à Aix en Provence fut gagné en 1978 avec la reconnaissance du viol comme crime passible des assises.

Elle fit aussi avancer la cause homosexuelle.

Gisèle Halimi, qui créa en 1971 le mouvement Choisir-la cause des femmes- avec Simone de Beauvoir, fut aussi farouchement anticolonialiste et antiraciste : elle défendit des militants algériens pendant la guerre d’Algérie, notamment Djamila Boupacha, torturée et violée, qui échappa à la peine de mort en 1962.(voir le livre de G.H)

Gisèle Halimi liait toujours ses plaidoiries aux mouvements de lutte de libération dont elle était partie prenante.

C’est ce qui la différencie à mes yeux de Simone Veil.

Et les hommages officiels et convenus, le projet de sa panthéonisation, l’auraient certainement fait sourire ou irritée.

Javais justement envie de vous faire partager cette réflexion d’une écrivaine à propos d’une autre écrivaine féministe actuelle, Alice Coffin qui ne mâche pas ses mots !

«  Il faut dire qu’un sacré travail d’adoucissement et d’invisibilisation a été mené, au fil des décennies, pour rendre les rares militantes féministes célèbres compatibles avec la tiédeur des positions féministes républicaines françaises.

Dans La Cause des femmes, le temps des malentendus, Gisèle Halimi écrivait « l’humanisme, qui a phagocyté la femme sous le prétexte de la fondre dans l’individu — masculin — constitue le piège le plus redoutable de nos démocraties modernes ».

Le jour de sa mort, Emmanuel Macron a osé lui rendre « hommage » en la qualifiant de « républicaine passionnée » pour qui « le féminisme était un humanisme ».

L’avocate féministe s’attaquait pourtant à tout : « Notre numéro de Sécurité sociale commence par le chiffre 2. Celui des hommes par le chiffre 1. Ce n’est évidemment pas un hasard. Nous restons reléguées au second rang, inessentielles derrière les essentiels ».

Des mots qui, s’ils étaient balancés sur un réseau social par une militante moins connue, seraient moqués et tronqués. Relégués au rang des « combats inutiles » des femmes idiotes qui n’auraient rien compris à la hiérarchie des combats. 

« Personne n’est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu’un homme inquiet pour sa virilité », écrivait aussi Simone De Beauvoir, que les hommes de pouvoir (pas tous, bien sûr) aiment encore à citer comme monument de respectabilité et de nuance. Intouchable.

Pendant ce temps, Alice Coffin est une « identitaire », une femme à craindre, un épouvantail lesbien brandi pour décrédibiliser un discours qui dépeint pourtant des réalités.

Pour conclure en forme de boutade :

Alors plutôt qu’un Dupont-Moretti, arrogant et machiste, on se dit qu’une Gisèle Halimi aurait été formidable comme ministre de la justice !

Mais elle ne cherchait ni les honneurs ni la gloire, elle faisait son boulot et ses tâches de militante pour l’avancée de tous les droits dont ceux des femmes.

Un de ses livres porte le magnifique titre Ne vous résignez jamais !

Comme nous aujourd’hui, encore et ici à Mantes la Jolie.

Fabienne

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Le sexisme fait sa rentrée

Après l’épisode des gendarmes qui demandent à des femmes de couvrir leurs seins nus à la plage ou celui d’une jeune femme qui s’est vue refuser l’entrée dans dans un musée à cause d’un décolleté jugé trop profond, le sexisme fait sa rentrée en grande pompe. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer lui a déroulé le tapis rouge.

Lundi 14 septembre, des collégiennes et lycéennes se sont organisées et s’organisent encore pour lutter contre le sexisme dont elles sont victimes dans leurs établissements scolaires. En effet, dans de nombreux collèges et lycées, les élèves, majoritairement les filles, subissent des remarques sur leurs tenues. Les jupes sont trop courtes ou trop longues, les décolletés trop plongeants, les bandeaux trop larges, etc. En tant que personnel de l’Éducation nationale, nous avons été témoins à maintes reprises de ces commentaires voire de l’éviction de certaines élèves des établissements suite à l’ordre d’aller se changer.

Pour répondre à la mobilisation du lundi 14 septembre, le ministre évoque dans une allocution les excès de celles qui voudraient « se couvrir le visage » et de celles qui voudraient « avoir des tenues de tous ordres » en y opposant sa « position équilibrée » qui demande à ce que les élèves soient habillées « normalement ». Il conclut par “il suffit de s’habiller normalement et tout ira bien.”

M. Blanquer, pouvez-vous expliciter ce que signifie des « tenues normales » ? Oserez-vous expliquer aux femmes comment « s’habiller normalement » ? Quand une femme est-elle assez couverte, quand l’est-elle trop ? Les filles et les femmes comme les autres individus, doivent pouvoir choisir elles-mêmes leurs vêtements sans subir la sexualisation de leurs corps.

Cette manière d’enseigner les stéréotypes de genre et de pointer du doigt les tenues des filles et des femmes nourrit les inégalités de genre et les violences sexistes. Cela participe à la culture du viol. Rien d’étonnant dans un ministère dont l’inertie en matière de violences sexistes et sexuelles est effrayante. Les personnels comme les usagères attendent toujours l’application de la circulaire du 9 mars 2018 contre ces violences. Mais pour l’instant, les mesures de protection ne sont que trop rarement mises en place et les auteurs rarement sanctionnés.

De plus, comme les années précédentes le ministère fait usage d’images véhiculant des stéréotypes sexistes dans des exercices des évaluations nationales de CP. On voit ainsi, des garçons bricoler et scier du bois tandis que les filles se coiffent et s’endorment avec des petits nœuds dans les cheveux.

Aujourd’hui comme précédemment nous dénonçons ces exercices sexistes présents dans les évaluations mais aussi dans de trop nombreux manuels scolaires.

SUD éducation revendique une véritable éducation à l’égalité contre les stéréotypes racistes et sexistes.

SUD éducation soutient les élèves et les personnels dans leurs combats contre les injonctions vestimentaires sexistes.

SUD éducation revendique de véritable mesures contre les violences sexistes et sexuelles.

SUD Education - Accueil
Union syndicale Solidaires

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Des brebis noires… et des syndicats SUD !

Edmond Maire, alors secrétaire confédéral de la CFDT, les appelait les “moutons noirs” et réclamait leur exclusion… Eux, c’étaient les syndicalistes qui refusaient les compromissions de la CFDT, ceux qui entendaient rester fidèles aux luttes des années 60 et 70, à l’héritage de Mai 68, à l’esprit des origines du syndicalisme ouvrier révolutionnaire…

Mais il n’y avait pas “qu’eux”, il y avait “elles” aussi !

C’est à elles – les “brebis noires” – que Guillermo Wolf a consacré un ouvrage publié aux éditions Syllepse. Il revient, à travers de nombreux témoignages, sur le rôle des femmes dans la création des syndicats SUD. Un angle féministe qui éclaire un pan du syndicalisme de transformation sociale des années 80/90 jusqu’à nos jours.

A travers l’exemple de quatre structures particulièrement significatives – SUD PTT, SUD Santé-Social (ex-CRC),SUD Rail et Sud Éducation – nous remontons le temps, grâce aux actrices et acteurs de cette aventure syndicale, nous partageons leurs questionnements, mais aussi leurs aveuglement sur la question féministe.

Les quatre structures ont des trajectoires et des origines différentes, leurs champs de syndicalisation entretiennent un rapport très différent au salariat féminin.

Sud PTT s’est construit dans une entreprise où les femmes sont nombreuses, mais où leur présence varie d’un service à l’autre : ici, majoritaires (aux chèques postaux), là quasiment absentes (dans le secteur des “camions jaunes”). Si c’est ce dernier service qui est l’origine de la création du syndicat, les femmes y joueront dès le début un rôle important, en particulier parce que les statuts adoptés fixent un quota dans les instances dirigeantes. C’est d’ailleurs une femme, Annick Coupé (qui signe une très intéressante post-face, qui vaut à elle seule l’achat de l’ouvrage) qui en sera la première secrétaire

Sud Santé social (initialement CRC – Coordonner, rassembler, construire) apparaît à la suite du mouvement des infirmières, à la fin des années 80. Les femmes sont ultra-majoritaires, dans les hôpitaux comme dans la rue, et le manque de reconnaissance est au cœur de leur lutte. Leur place dans le nouveau syndicat ne devrait pas poser question… et pourtant, au fil des années, leur représentation dans les instances s’érode, ce qui amène certaines d’entre elles à se questionner sur “l’évidence” du féminisme dans les secteurs féminisés…

Troisième exemple, le monde de l’école, avec SUD Éducation. Là encore, le fait que la profession soit très majoritairement féminine ne protège pas des dérives : une seule femme siège au premier bureau fédéral ! La situation, au fil des années, évoluera très – trop – lentement. La question féministe, qui semblait “réglée” au départ, va devenir de plus en plus centrale jusqu’à se retrouver, depuis quelques années, au coeur des engagement des militant.es du syndicat.

Enfin, avec Sud Rail, c’est une autre configuration professionnelle : l’entreprise est connue pour son “virilisme”, les cheminotes devront lutter pour trouver leur place au sein de la fédération. Ce n’est évidemment pas simple, mais, à force d’obstination, la situation évolue…

L’auteur s’intéresse également à l’Union syndicale Solidaires, qui regroupe les quatre syndicats étudiés (et bien d’autres…). Ce cadre interpro a pu être l’occasion d’un travail et d’une réflexion sur la question féministe – la commission femmes de Solidaires rassemblant des militantes de divers horizons, qui préféraient se rencontrer dans ce cadre plutôt que dans celui de commissions au sein de leur organisation professionnelle.

Ce très riche travail vaut avant tout par les témoignages éclairants qu’il propose et les questions qu’il soulève. Il invite à une réflexion de fond sur la réalité d’un syndicalisme féministe en ce XXIe siècle.

Des brebis noires créent les syndicats SUD, Guillermo Wolf, post-face Annick Coupé, éditions Syllepse, collection “Les Utopiques”, 178 p., 2020, 10 €.

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Luttes féministes

Mardi 8 septembre, 18 h 30 rassemblement féministe à Mantes

Mobilisation féministe à l’appel de la coordination nationale féministe !
Contre le remaniement de la honte, le gouvernement anti-social et la guerre contre les femmes, construisons un monde féministe !

Les FFFRAC organisent un rassemblement sur le parvis de la mairie de Mantes la Jolie, à 18h30.
Prises de paroles, déclarations, chansons … et pour finir, un apéro féministe !
Venez nombreuses et nombreux!

Mobilisation nationale


CONSTRUISONS UN MONDE FÉMINISTE !


Le 7 juillet 2020 Emmanuel Macron a enterré, avec le remaniement ministériel, la « grande cause du quinquennat » l’égalité entre les femmes et les hommes Il a montré que la dignité et le respect des femmes, des personnes LGBTQIA+ et des habitant·es d’Outre Mer sont moins importants à ses yeux que le maintien au pouvoir des oppresseurs


En nommant Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur et Eric Dupond Moretti au ministère de la Justice, il nous adresse un message clair, à nous qui subissons les violences sexistes et sexuelles et qui nous battons chaque jour pour qu’elles cessent une accusation de viol n’empêche pas de devenir ministre et la justice continuera de protéger les violeurs et les harceleurs La présomption d’innocence, argument juridique, ne peut justifier ce choix politique la culture du viol est ainsi perpétuée, renforcée et banalisée


Les nominations de Gérald Darmanin et Nathalie Elimas, nouvelle secrétaire d’État à l’éducation, nous montrent aussi qu’aux yeux du gouvernement en place, l’homophobie n’est pas un problème S’être opposé au mariage pour tous et contester l’égalité des droits des personnes LGBTQIA+ n’empêche pas de devenir ministre C’est une violente banalisation des oppressions sexistes et LGBTQIA+phobes alors même qu’en juillet 2020 l’Assemblée vote l’ouverture à conditions égales de la PMA aux couples de femmes Il reste néanmoins inacceptable qu’elle ne soit pas ouverte aux hommes trans et aux personnes non binaires La PMA doit être ouverte à toutes les personnes, quelles que soient leur identité de genre et leur situation de famille, et ce dans le respect et la reconnaissance de leurs identités, ce qui constitue un droit fondamental humain Quant
à la nomination de Sebastien Lecornu en tant que ministre d’Outre Mer, elle confirme le néocolonialisme de l’État français sur ses territoires Pourquoi ne pas avoir nommé une personne originaire de ces anciennes colonies Les peuples dits d’Outre Mer ne seraient ils donc pas capables d’administrer eux mêmes leurs propres territoires

Le gouvernement réaffirme ainsi sa position réactionnaire et paternaliste au service de l’ordre néolibéral et raciste
Ce remaniement ne nous fait cependant pas oublier que le précédent gouvernement nous menait déjà la guerre
En 2020 les femmes se sont chargées des tâches les « plus essentielles », dans les sphères publique et privée nous avons occupé majoritairement les postes les plus utiles au pays durant la crise sanitaire, tout en continuant d’assumer gratuitement le travail domestique, largement dévolu aux femmes, et qui ne bénéficie toujours pas de la moindre reconnaissance sociale ni d’un travail sociétal et éducatif de fond sur les stéréotypes de
genre

Le salaire des caissières Parmi les plus bas, malgré les énormes bénéfices des grandes surfaces La prime Covid 19 Accordée à une minorité de salarié·es sur des critères volontairement restrictifs Le salaire des soignant·es Parmi les plus bas en Europe

Le salaire des agent·es de nettoyage Même schéma, agrémenté de mépris,
d’invisibilité et de racisme

Et pour compléter, un projet de loi sur les retraites injuste et inégalitaire pour toutes ces travailleuses indispensables, maintenues jusqu’au bout de leur vie dans une extrême précarité

Premières impactées par la réforme des retraites, premières exposées et exploitées durant la crise sanitaire et premières méprisées par le gouvernement les femmes et les minorités de genre disent STOP Stop à la guerre sociale, stop à la guerre faite aux précaires, aux femmes et aux minorités de genre Les grèves féministes à l’international se multiplient ces dernières années et nous montrent que la lutte contre le patriarcat est de plus en plus visible et organisée Si les femmes s’arrêtent au travail, dans leur foyer, si elles arrêtent d’éduquer, de prendre soin, de nettoyer, de nourrir, si elles refusent les rôles qu’on leur assigne depuis leur enfance, TOUT s’arrête

Continuons ces luttes féministes pour que le 8 mars 2021 soit un jour en France où toutes les personnes opprimées s’arrêtent Grèves, blocages, occupations, construisons un rapport de force et imposons nos revendications, nos actions et nos modes d’être Mobilisons nous avec les travailleur·ses syndicalistes, étudiant·es chômeur·ses dès la rentrée, pour s’arrêter un jour, des semaines, des mois tant que nous n’aurons pas un changement radical pour plus d’émancipation et de justice sociale pour
toustes

Rendez vous dès la rentrée, le 8 septembre 2020, partout en France !
Envahissons les rues, manifestons, occupons l’espace public pour construire une société juste : féministe, anticapitaliste et antiraciste !



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Revue Les utopiques n°14, syndicalisme et féminisme

Poursuivant le rythme prévu, malgré les vicissitudes de la période, nous venons de publier le numéro 14 des Cahiers Les utopiques. Le dossier de ce numéro a pour titre « Syndicalisme et féminisme ». Il est en cours de diffusion auprès de chaque abonné·e. Pensez à renouveler votre abonnement…

L’édito de ce numéro

Le syndicalisme est féministe. Bien sûr. Comme il est antiraciste, anticolonialiste, écologiste… Mais cela ne doit pas occulter que, dans la réalité, ce n’est pas si simple. C’est l’objet de débats, de luttes, de progrès et de reculs ; mais aussi de principes fondamentaux, de pratiques novatrices à mettre en œuvre. A travers ce numéro, nous ne prétendons pas explorer tout le champ féministe du syndicalisme, tout le champ syndical du féminisme. En plus de 20 ans, les journées intersyndicales femmes y ont largement contribué ; un article y est consacré.

Les femmes ont toujours travaillé, les femmes ont toujours lutté, les femmes ont toujours activement participé aux mouvements sociaux, politiques et syndicaux ; et les femmes ont régulièrement disparu des histoires retraçant tous ces moments. Sous des angles différents, plusieurs contributions reviennent sur la dette du mouvement ouvrier vis-à-vis des femmes. L’actualité récente, avec la crise sanitaire et sociale liée au Covid-19 est aussi l’occasion de dénoncer, et expliquer, cette invisibilité, organisée et à combattre. Elle montre également la nécessité de penser le croisement des oppressions et les débats, souvent difficiles, que cela sous-tend.

Le récent mouvement sur les retraites n’a-t-il pas démontré la nécessité de genrer nos cahiers revendicatifs ? La mixité des listes électorales facilite-t-elle le fait que les femmes prennent leur place dans le syndicalisme ? A propos de mixité, comment accepter que les statistiques à propos des violences conjugales fassent disparaître les femmes de plus de 70 ans ? Autant de questions soulevées dans ce numéro.

L’auto-organisation est une priorité : aussi bien comme moyens d’action immédiat, qu’en tant qu’ouverture vers la société égalitaire que nous voulons. Celle des femmes s’impose ; les premières concernées doivent pouvoir prendre toute leur place. Nous y revenons ici.

Le syndicalisme comme le féminisme ne connaissent pas de frontières. Nous évoquons dans ce numéro les femmes zapatistes, une grève de femmes au Pays basque, le 8 mars en Belgique, un collectif de femmes à Rome. Deux articles nous rappellent que le droit à l’avortement, libre et gratuit, demeure un combat, ici et ailleurs. De même, pour l’action syndicale contre les violences sexuelles et sexistes.

Enfin, à travers le film Ni les femmes Ni la terre, nous abordons l’écoféminisme, tandis que Cantomos sin medio nous invite à réfléchir sur un syndicalisme qui doit être culturel.

21 femmes, dont 17 syndicalistes, ont contribué à ce numéro. Le féminisme n’est pas l’affaire que des femmes, loin de là. Notamment, il doit interpeller l’ensemble des syndicalistes. Mais qui peut mieux en parler que des femmes syndicalistes ?

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