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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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L’intelligence artificielle, vecteur de discriminations

Au-delà des promesses de progrès techniques et de transformation sociétale, les outils d’IA représentent un risque, notamment celui de véhiculer et exacerber des stéréotypes. Ils reflètent les préjugés existants et renforcent les discriminations liées au genre, à l’orientation sexuelle, au handicap, à l’âge, à la nationalité, à la religion réelle ou supposée, mais aussi les discriminations racistes. En effets, les calculs et les données qui alimentent les algorithmes ne sont jamais neutres : « Les algorithmes sont des opinions encapsulées dans du code ».
On parle de biais, c’est-à-dire que les résultats sont biaisés, déviés en raison des préjugés humains qui faussent les données d’entraînement de l’algorithme. Les biais reflètent les discriminations quelles qu’elles soient et les amplifient. Celles et ceux qui construisent l’algorithme y embarquent leur vision du monde.

Note Biais IaLire plus de publications sur Calaméo

1.     L’IA au service du patriarcat 

Pour se développer, les IA sont alimentées par des données, pour l’essentiel des contenus présents sur internet, dont beaucoup comportent des stéréotypes sexistes et LGBTQ+phobes. L’IA apprend à partir de ces données, les restitue et en fait une vérité. Apparaissent fréquemment des biais liés à ces données, de sélection, cognitifs… Par exemple, les contenus engendrés participent à renforcer une vision hétéronormée des femmes soumises et sexualisées. 

Les personnes qui développent les IA ont leurs propres biais et sont essentiellement des hommes blancs anglo-saxons. On peut parler de « coded gaze », un terme créé par la chercheuse Joy Buolamwini, qui décrit comment « la technologie encode les discriminations ». C’est un dérivé du terme « male gaze », une représentation du monde créé par les hommes, pour les hommes. 

Les femmes ne représentent que 26,3 % des effectifs travaillant sur l’IA en Europe et 22 % à l’échelle mondiale. La parité dans ce domaine n’est pas à espérer avant 2100 ! Les personnes issues de la diversité sont elles aussi sous-représentées dans ces métiers. Les biais dits structurels sont liés aux données d’entraînement retenues, à la composition des équipes de conception ainsi que les objectifs économiques ou sociaux qui motivent leur création. 

Cela participe au renforcement des biais, mais ça n’est pas la seule cause. Une meilleure représentation des femmes – et plus largement des minorités – serait une avancée, mais qui ne produirait des effets qu’accompagnée d’une réelle politique de lutte contre toutes les formes de discriminations. Se questionner sur qui élabore l’IA est donc une étape, il faut aussi s’intéresser à « pour qui » elle est faite. Dans la majorité des cas, les donneurs d’ordre (entreprises, administrations…) commandent des systèmes dont le but est de maximiser les profits et/ou la productivité. La lutte contre les discriminations est donc généralement négligée. 

Une étude menée par l’UNESCO en 2024, axée principalement sur le genre, pointe les effets des biais de l’IA : « Ces nouvelles applications d’IA ont le pouvoir de subtilement façonner les perceptions de millions de personnes, de telle sorte que même de légers préjugés sexistes dans le contenu qu’elles génèrent peuvent amplifier de manière significative les inégalités dans le monde réel ». Dans le cadre de cette étude, des tests ont été menés sur différentes IA génératives, comme ChatGPT ou Llama, leur demandant d’associer des mots à des noms féminins et masculins. Les noms féminins sont majoritairement associés à des termes dévalorisés ou traditionnels, comme « domestique » ou « cuisinière ». Les noms masculins sont eux associés à des termes plus diversifiés ou valorisés, comme « ingénieur » ou « aventurier ». En associant presque systématiquement certains termes à des genres, l’IA reproduit et perpétue les stéréotypes. 

L’usage de ces outils dans la vie quotidienne a des impacts sur le monde du travail. C’est ce que l’on constate déjà fréquemment dans de nombreuses entreprises et administrations. 

L’usage de systèmes d’IA dans le recrutement (tri des CV, faire correspondre des offres d’emplois à des candidat·es…) ou la promotion de travailleur·euses est problématique. De manière générale, ils favorisent les candidatures d’hommes pour des fonctions associées à des termes comme « leardership » ou « compétitivité ». Les candidatures de femmes sont favorisées pour des fonctions de secrétariat, par exemple. 

On peut prendre un cas d’usage au sein du Groupe La Poste. Ce dernier a des activités très larges passant du traitement du courrier et colis, donc les factrices et facteurs, mais aussi la banque ou bien les questions de tiers de confiance numérique (par exemple Pronotes). 

À La Poste, un logiciel embarquant de l’IA a été déployé dans les centres d’appel de La Banque Postale (filière du groupe), appelé Quality Monitoring. Il est aussi utilisé dans des centres d’appel comme Téléperformance. Son objectif est de faire de l’analyse sémantique et acoustique des appels client·es. Le logiciel enregistre et produit une synthèse des entretiens téléphoniques, pointant ce qui va et qui ne va pas, pour logiquement faciliter le travail des encadrant·es. 

Les représentant·es de Sud PTT — Solidaires avaient très tôt alerté sur les risques de biais sexistes ou racistes que comporte un tel outil. Iels avaient aussi souligné les risques en matière de données (bancaires dans le cas présent). Tout ceci avait été balayé par la direction qui a déroulé son projet. Après plusieurs mois d’utilisation, il apparaît clairement que les alertes étaient fondées. Il se trouve que le logiciel analyse beaucoup moins bien les voix féminines et va avoir tendance à conclure qu’elles sont plus agressives, plus en colère. On retrouve là des stéréotypes sexistes et LGBTQ+phobes, renvoyant à des femmes qui seraient plus facilement en colère ou hystériques. 

Ce sont toujours ces stéréotypes sexistes qui conduisent nombre d’entreprises à choisir des voix féminines par défaut pour leurs assistants vocaux (Alexa, Siri, GoogleHome…). Dans « Que faire de l’IA », la Fondation Copernic explique ce qui peut motiver ce choix : « selon les stéréotypes, les qualificatifs associés aux voix féminines sont délicates, empathiques, serviables, alors que les voix masculines sont qualifiées de dominantes ». Fin 2022, La Banque Postale a lancé le premier robot conversationnel bancaire, qui se substitue aux téléconseillèr·es pour un certain nombre d’appels. Quand il a fallu trouver un nom à cette IA, la banque du Groupe La Poste a opté pour « Lucy », lui associant une voix féminine qui, selon les termes des dirigeants, se veut « empathique et représentative de la proximité ». Dans ce dernier exemple, en plus du nom et de la voix, La Banque Postale a choisi de personnifier son callbot, lui associant une image, celle d’une superhéroïne. Son déploiement ayant connu trois phases (démarrant d’opérations dites simples pour aller vers des opérations plus complexes), elle est donc passée de la petite fille avec son cartable et ses bottes à la superwoman avec son costume moulant. Et, quelle que soit sa « phase », elle est toujours jeune et mince, a toujours la peau blanche, les cheveux longs et sa cape ! 

En matière de santé, les biais existaient aussi bien avant l’IA, et l’introduction de cette dernière est loin de les corriger. Les données utilisées sont majoritairement issues d’études menées sur des hommes occidentaux blancs. Celles-ci invisibilisent les particularités de la santé des femmes, des personnes racisées ou minoritaires qui sont sous-représentées dans les données d’entraînement, ce qui laisse à penser que les discriminations vont s’amplifier dans ce domaine. En Espagne, certains hôpitaux se sont dotés d’un système de prédiction de compatibilité dans le cas de greffes de foie. Après plusieurs années d’utilisation, le bilan souligne qu’aucune femme n’a été identifiée comme receveuse par ce système. Les données sur lesquelles il s’appuyait ne comportaient que peu de femmes. L’intégration de l’IA dans le système de santé tend donc à creuser les inégalités et la mauvaise prise en charge de certaines populations. 

Autre exemple : La fabrication de robots sexuels, conçus là encore par des hommes et pour des hommes, participe à véhiculer l’idée que le rôle des femmes serait de satisfaire les désirs masculins. Cela pose aussi la question du consentement. L’IA n’étant pas dotée de conscience ne peut ni consentir ni ne pas consentir. Ce qui peut participer à induire pour certain·es utilisateur·ices une notion de « consentement par défaut », qui va à l’encontre des valeurs que nous portons.

2.     Biais racistes des systèmes d’IA…

Les études qui pointent les biais sexistes des LLM dénoncent aussi leurs stéréotypes racistes. Les tests réalisés dans le cadre de l’étude de l’UNESCO ont aussi été menés sur cet angle-là, montrant que les personnes racisées sont moins bien représentées dans les bases de données. Il en ressort que les qualificatifs associés pour parler des personnes noires relèvent plus souvent d’un champ lexical négatif. Les exemples de biais explicites sont nombreux. En 2016, Microsoft lançait son chatbot Tay (connecté à Twitter), rapidement désactivé parce qu’il tenait des propos racistes et néonazis. Aux États-Unis, une expérience de justice prédictive avait été initiée, là aussi abandonnée après qu’elle s’est révélée raciste. Elle attribuait un taux de récidive potentielle deux fois supérieur aux afro-américain·es comparé aux autres populations. Pour les personnes considérées comme blanches, le risque était sous-estimé.

Les technologies de reconnaissance faciale ont aussi recours à l’IA et sont plus performantes sur des visages à peau blanche que sur des visages à la peau plus sombre. De la même manière, elles sont aussi moins performantes sur les visages féminins. Ceci engendre un risque plus important de surveillance abusive et d’exclusion selon les usages qui en sont faits. 

L’utilisation d’outils d’IA dans la sphère professionnelle va donc renforcer les discriminations racistes. Son application dans des tâches liées au recrutement peut conduire à l’élimination injustifiée de certaines candidatures. Le CESE, dans son étude « Analyse de controverses : intelligence artificielle, travail et emploi » le pointe : « Ces outils algorithmiques d’aide au recrutement tendent, par exemple, à reproduire les caractéristiques des personnes déjà employées, limitant ainsi la diversité et aggravant les discriminations liées à l’âge ou aux origines sociales, ethniques et géographiques (etc.) ». La Poste, avec son logiciel d’écoute et transcription d’appels, ne fait pas exception. Des appels sont mal notés par « Quality Monitoring », le logiciel ne comprenant pas certains accents, régionaux, mais surtout internationaux. Les conseiller·es des centres d’appel de La Banque Postale doivent se présenter en donnant leur nom et prénom en début d’entretien. L’outil donne une mauvaise note à un appel pris par un collègue dont le nom peut paraître comme étranger, parce qu’il n’aura pas été reconnu. Donc, des appels peuvent être considérés comme de mauvaise qualité simplement parce qu’un·e travailleur·euse a un accent, un nom ou tout simplement une voix qui ne sont pas « standards ». Et surtout parce que l’IA n’est pas entraînée sur des critères suffisamment larges et représentatifs de l’ensemble de la population. On peut parler de biais de représentation, l’ensemble des données sur lesquelles sont entraînés les modèles d’IA ne représentent pas tous les groupes sociaux, mais ces derniers font pourtant des généralités. 

3.     Et validistes !

Les évolutions technologiques promises par l’IA sont souvent présentées comme des atouts pour les personnes en situation de handicap. En effet, l’intelligence artificielle peut apporter des améliorations à la vie des personnes en situation de handicap : outils de transcription des conversations pour les personnes sourdes ou malentendantes, logiciels de description d’images pour les personnes aveugles ou malvoyantes, aides à la rédaction pour les personnes neuroatypiques ou encore les exosquelettes… Pour autant, cela ne doit pas nous faire oublier les effets discriminants trop présents dans ces technologies, qui intègrent des préjugés validistes et âgistes. Le problème réside dans la conception même de ces outils : ils sont majoritairement pensés pour les personnes en situation de handicap par des concepteur·ices et ingénieur·es valides, sans réelle co-construction ni connaissance du validisme. Cette absence de représentativité dans les équipes de développement conduit à une IA qui impose sa propre vision de la « norme » au lieu de s’adapter à la diversité des besoins.

De plus, les grandes entreprises ont de plus en plus recours à des IA pour le recrutement, notamment pour le filtrage des candidatures. Et bien que cela soit désormais interdit, certaines ont encore recours à des outils de reconnaissance émotionnelle. Ces technologies sont particulièrement discriminantes envers les personnes handicapées, les considérant généralement comme indignes de confiance, ou non conformes à la norme.

Les différentes oppressions que l’IA alimente et exacerbe ne sont pas des phénomènes isolés, mais elles se combinent et se renforcent quand elles concernent une même personne. On peut donc parler de discriminations intersectionnelles.

4.     Biais de classes : des discriminations envers les plus précaires

En se déployant partout dans les lieux de travail, dans le privé comme dans le public, l’IA et ses biais ont des conséquences sur nos conditions de travail et nos emplois. Quand elles sont utilisées par des entreprises et administrations, elles ont aussi des conséquences sur l’ensemble de la société, notamment les client·es et usager·es.

En la matière, les exemples de discriminations sont nombreux. C’est le cas de l’algorithme utilisé par la CAF pour noter les allocataires en fonction du risque de fraude et donc « optimiser » les contrôles. Les critères retenus comme négatifs sont, par exemple, le fait de percevoir une allocation d’adulte handicapé, avoir été veuf·ve, divorcé·e ou séparé·e avec un changement depuis… Le fait d’avoir un haut revenu est un critère positif. Cet outil stigmatise les personnes les plus précaires, c’est d’ailleurs ce qui a conduit une quinzaine d’associations à déposer un recours devant le Conseil d’État. Dans son ouvrage « Les algorithmes contre la société », Hubert Guillaud constate que les contrôles s’exercent sur les populations les plus stigmatisées : bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA), de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) ou de l’Allocation de Soutien Familial (ASF) destinée aux parents isolés. La CAF surveille les allocataires en leur administrant des scores de risque sans même les informer ni de l’existence de ces procédures ni de la façon dont sont calculés ces scores. Ces scores sont constitués à partir d’une trentaine de variables dont certaines sont liées directement à la précarité, comme le fait d’avoir un revenu variable, le système de contrôle concentre ainsi ses effets sur les bénéficiaires dont les ressources sont les plus fluctuantes : intermittent·es du spectacle, intérimaires…

Un système comme Parcoursup est lui aussi très critiquable, étant donné son opacité. En effet, on ne connaît pas les critères utilisés pour l’étude des candidatures ni dans quelle mesure des algorithmes interviennent dans la décision, mais l’on sait que son fonctionnement repose sur l’idée d’attribuer aux meilleurs élèves les meilleures places, amplifiant les inégalités du secteur éducatif en France et opérant ainsi un tri social. Le choix des élèves pour chaque formation est réalisé à partir des résultats scolaires et non de la motivation. Parcoursup est désormais classé comme un « système à haut risque » par l’AI Act et devra donc se conformer à des obligations accrues de transparence… mais pas avant août 2027 !

Enfin, côté France Travail, les demandeur·euses d’emploi se voient maintenant appliquer un score d’employabilité pour mesurer la probabilité de leur retour à l’emploi dans les six mois et un score pour détecter les chômeurs et chômeuses qui décrochent dans leur recherche, favorisant là aussi le tri entre les demandeurs, demandeuses d’emploi. On constate que les chômeurs et chômeuses qui n’ont pas travaillé depuis plus d’un an sont plus contrôlé·es que celles et ceux qui envisagent de créer leur entreprise.

Les outils de scoring intègrent désormais de l’IA de manière très courante, notamment dans les outils d’aide à la décision en matière de souscription de crédits ou d’assurances. Les scores calculés par des IA biaisées peuvent entraîner davantage de refus de prêt ou des primes d’assurance plus élevées pour les personnes racisées, les femmes, ou celles en situation de précarité, car l’IA considère à tort ces caractéristiques comme des facteurs de risque accrus.

C’est aussi le cas avec l’analyse de l’adresse postale. Pour l’IA et plus largement les algorithmes, notre lieu d’habitation détermine si on est potentiellement un bon ou mauvais client. Ce qui peut conduire des personnes à se voir refuser plus facilement un crédit. Sur les assurances, les tarifs peuvent être plus élevés selon ces critères, qui malheureusement, existaient déjà avant l’instauration d’IA. Cette dernière va les renforcer.

Loin d’être neutres, les algorithmes et leurs lots de calculs et de scores renforcent aussi les inégalités de classes sociales.main.original

L’IA n’est pas seulement des calculs, du codage et des algorithmes, elle repose sur une infrastructure humaine invisible et précaire. Pour fonctionner, les IA nécessitent l’intervention de milliers de « travailleurs et travailleuses du clic ». Ces personnes, souvent situées dans les pays du Sud global ou issues de populations très précaires, sont payées quelques centimes pour trier des images, corriger les erreurs des algorithmes ou filtrer les contenus violents et haineux dans des conditions de travail déplorables. Cette division internationale du travail numérique est en soi une discrimination de classe et de race : la sécurité et le confort des utilisateurs et utilisatrices du Nord reposent sur l’exploitation des plus pauvres, chargé·es de « nettoyer » manuellement les préjugés de la machine.

5.     Combattre les biais de l’IA partout !

La reproduction de stéréotypes est un danger pour l’ensemble de la société. En brassant des milliers de données, les systèmes d’intelligence artificielle agissement comme une loupe qui grossit les discriminations. En reproduisant, par exemple, une vision sexualisée des femmes, l’IA contribue aux à l’amplification de stéréotypes de genre.

Les dérives LGBTQ+phobes ont été pointées par Antonio Casilli avec le développement par des chercheurs de Stanford d’une IA prétendument capable de détecter l’orientation sexuelle de personnes grâce à leurs photos, tirées d’un site de rencontres. Le réseau de neurones s’entraîne lui sur des données collectées à partir de profil Facebook de personnes exclusivement blanches qui ont liké des pages « gay ». Pour Antonio Casilli : « L’étude traduit une vision hétéronormative, qui n’admet pas de situations intermédiaires de l’identité sexuelle ». Dans cette étude, tous les stéréotypes et discriminations y passent ! Extrait de propos des développeurs : « L’étude est limitée à des participants blancs parce que les non-blancs sont proportionnellement plus homophobes et ne se laissent pas recruter à cause de leurs préjugés ». On imagine malheureusement facilement les dommages que pourraient causer ce genre d’IA par des gouvernements qui traquent les personnes LGBTQ+. 

Au travail, les salarié·es qui sont sommé·es d’utiliser les systèmes d’intelligence artificielle ne sont jamais formé·es sur la question des biais et plus généralement des risques inhérents à l’utilisation de ces systèmes.

Ce sont les entreprises qui financent et conçoivent ces systèmes d’IA qui encodent/embarquent, parfois volontairement, nombre de stéréotypes et de préjugés racistes, liés au genre, au handicap, à l’âge, à la précarité, ou à toute autre caractéristique sociale, et qui, trop souvent, ne font rien pour corriger ces biais.

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En grève ! Luttes féministes

8 mars : si on s’arrête, tout s’arrête !

Nous sommes secrétaires, aides à domicile, infirmières, cheminotes, enseignantes, guides conférencières, journalistes, vendeuses, caissières, ouvrières, ingénieures, paysannes… Nous sommes femmes, travailleuses, précaires, retraitées, migrantes, handi… Nous sommes indispensables à la société et pourtant sous-payées, précarisées, invisibilisées.
Et pourtant, si on s’arrête, tout s’arrête. Alors, le dimanche 8 mars, toutes en grève !

A travail égal, salaire égal !

Les inégalités salariales perdurent plus de 50 ans après l’adoption des premières lois visant pourtant à les faire disparaître. Quel que soit le métier, les hommes touchent en moyenne 28 % de salaire en plus ! Nous sommes 4 fois plus souvent à temps partiel que les hommes. Et pour la majorité d’entre nous, il s’agit d’un temps partiel imposé. Et toutes ces inégalités qui viennent jalonner nos carrières et nos vies viennent impacter notre retraite.

La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale. Celle-ci doit renforcer l’application du principe « à travail de valeur égale, salaire égal » par des mécanismes de contrôle et de sanction. Les entreprises doivent être contraintes de prouver qu’à travail de valeur égale, les salaires sont égaux. Nous exigeons une application ambitieuse de cette directive pour enfin obtenir : l’égalité réelle des rémunérations et des carrières, la revalorisation des métiers à prédominance féminine, la révision en profondeur de l’index égalité professionnelle (qui doit cesser de masquer la réalité).

En grève un dimanche ?

Le dimanche est un jour de repos ? Pas pour les femmes ! 21 % d’entre elles sont au poste ce jour-là, assurant la continuité du soin, du nettoyage, du commerce ou de la culture.

Certes, travailler le dimanche est éprouvant pour tout le monde, hommes comme femmes. Mais l’égalité s’arrête à la fiche de paie. Dans les secteurs masculins (industrie, sécurité, transports), la pénibilité et le travail dominical sont rémunérateurs. Dans les métiers féminisés, c’est la double peine : des conditions difficiles pour des primes dérisoires.

L’écart est brutal au sein même de la santé : là où une infirmière ou une aide-soignante touchera 60 € bruts d’indemnité pour ses 8 heures de travail effectif, un chirurgien d’astreinte percevra, lui, plus de 250 € pour une demi-journée… passée chez lui.

Et quand le travail salarié s’arrête, le travail gratuit commence. Ménage, cuisine, devoirs, soins aux proches : pour la majorité des femmes, le dimanche est une deuxième journée de travail. Le monde ne peut pas tourner sans nous. Alors le 8 mars, pour visibiliser l’invisible, faisons la grève, en arrêtant le travail salarié ou gratuit, en manifestant partout !

Le 8 mars, nous serons le feu !

Le ciel s’assombrit, l’horizon est lourd. Le patriarcat cogne, l’impérialisme broie, mais nous ne baisserons ni les yeux ni les bras.

Ce 8 mars nous nous mobilisons aussi pour nos sœurs du monde entier, de Palestine, du Yémen, du Soudan, du Mali, des États-Unis. Nous crierons pour nos sœurs d’Ukraine, d’Amérique latine, d’Asie et d’Iran. Si l’attaque est mondiale, la riposte est géante, partout où l’on nous brise la lutte est vivante !

Partout, c’est l’incendie MeToo qui brûle le silence en faisant de nos récits une arme. La honte change de camp, l’impunité est finie. Le « sales connes » que le pouvoir nous crache au visage, nous le portons en étendard !

Le 8 mars n’est pas une fête, c’est une journée de lutte !

Face aux attaques réactionnaires, aux politiques d’austérité, au patriarcat et à l’extrême droite qui montent partout, nous revendiquons :

  • L’égalité salariale réelle
  • La revalorisation des métiers féminisés
  • Des mesures concrètes contre les violences sexistes et sexuelles, avec les moyens pour les mettre en œuvre
  • La garantie et accessibilité des droits reproductifs
Le 8 mars nous serons en grève du travail rémunéré, pour dire qu’on ne veut plus être sous-payées, exploitées, précarisées.
Nous serons en grève de la consommation, pour dire que nous voulons en finir avec le système capitaliste et patriarcal.
Nous serons en grève du travail domestique et parental, pour dire que nous voulons une société égalitaire !


Dimanche 8 mars : Grève féministe !

Ce 8 mars on fait la Grève du travail salarié : « On arrête tout » !

C’est le moment de soutenir celles qui triment quand les autres se reposent.

  • Commerce/Grande distribution/Culture : Le dimanche est un gros jour de chiffre. Bloquons les caisses, débrayons !
  • Santé/Social : On assure les urgences vitales (assignations), mais on porte le brassard « En grève » et on refuse toutes les tâches administratives ou non urgentes.
  • Boîte mail : Tu peux aussi changer ton message de réponse automatique : « Aujourd’hui 8 mars, je suis en grève féministe. Je ne répondrai qu’à partir de lundi. Cordialement, une travailleuse qui lutte. »

Ce 8 mars on fait la grève des tâches domestiques

  • Balançons nos balais, brûlons les torchons et allons manifester !
  • Arrêtons toutes ces activités que nous nous sentons obligées de faire chaque jour en tant que femme ou assignée femme.
  • Qui gère le repas de famille, le ménage, la préparation de la semaine des enfants, la charge mentale ? Encore nous. Alors, ce dimanche, prenons du temps pour nous-mêmes, ou prenons le temps de ne rien faire !

Ce 8 mars on fait la grève de la consommation

  • Dénonçons les produits et les enseignes qui appliquent une « taxe rose ».
  • Arrêtons d’acheter ou de consommer des produits ou des services non indispensables (le capitalisme ne dort jamais, surtout le dimanche).
  • Dénonçons les multinationales qui sur-exploitent les êtres humains ou complices du travail forcé.
  • Ré-orientons nos achats vers les productions des femmes et valorisons les matrimoines (écrivaines, réalisatrices, etc.).

Le 8 mars on se mobilise autour de nos lieux d’études

  • Organisons des réunions d’information et assemblées avec les autres étudiantes.
  • Revendiquons l’accès gratuit aux études pour toustes.
  • Dénonçons les harcèlements et critiquons la production masculine et blanche des savoirs qui exclut toujours les femmes et minorités.
  • Revendiquons partout des protections hygiéniques gratuites sur tous nos lieux d’études ! Stop à la précarité menstruelle
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Luttes féministes

Etre une femme, être issue d’une minorité dans “la france de macron”

Etre une femme, être issue d’une minorité, ou être perçues comme telles continuent à présenter plusieurs dangers dans “LA FRANCE DE MACRON” en 2026.

Cela s’applique pour l’espace public, mais aussi et surtout dans nos lieux de travail, nos services publics ainsi que nos foyers ou lieux de vie et de loisirs.

Le Rapport 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France est très alarmant. En voici quelques extraits :

❖  En France, 17% des personnes de 15 ans et plus,
soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme dit hostile,

❖  Le masculisime est un système idéologique structuré qui imprègne désormais les jeunes générations par un bombardement massif de contenus numériques. Les adultes ne sont pas épargnés par la diffusion des discours masculinistes, qui peuvent légitimer le passage à l’acte, banaliser des violences et, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre.

❖  Certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives.

La situation est grave à tous les points de vue. Elle est renforcée par un système politique français sexiste capitaliste et raciste, au premier rang duquel se trouvent des dirigeants politiques qui se succèdent et ne cessent de se servir en premier, au mépris des plus précaires et des minorités. Le gouvernement n’a cessé de le démontrer ces dernières années :

  • Hausses des féminicides : 136 en 2023, 141 en 2024, 166 en 2025 (chiffres NOUS TOUTES)
  • Accroissement records des écarts de richesses : avec Macron la pauvreté n’a jamais été aussi élevée en France (chiffres INSEE 2025)
  • Affaires diverses telles Depardieu ou Abittan, dans lesquels les époux Macron se permettent de prendre la défense d’accusés notoires de viols et agressions sexuelles
  • Soutien à des pays génocidaires et mépris du droit international
  • Défilés néo-nazi autorisés tous les ans en France depuis 2022

Cet échantillon est loin d’être exhaustif mais tout converge vers une montée de l’extrême droite dans le pays et entretient le développement de projets politiques xénophobes, contre toutes celles et ceux que les luttes féministes défendent. Les immigré.es sont réprimé.es et chassé.es. Des masculinistes aux racistes, islamophobes et antisémites, lesbophobes homophobes et transphobes, handiphobes, l’extrême droite et ses relais exercent des violences permanentes et étendent leur influence grâce aux médias achetés à leur cause.

Etre une femme, être issue, être perçue comme une une minorité à Jeunesse et Sports

Dans ce contexte, notre service public JS a évidemment une responsabilité centrale en matière de protection des plus fragiles, d’égalité et d’émancipation de toutes et tous. Qu’il s’agisse de la protection des mineur.res, des violences dans le sport, d’égalité entre les femmes et les hommes, de luttes contre les discriminations, … nos missions sont nombreuses et vitales, encore plus peut-être que les années précédentes.

Mais les moyens mis à disposition de nos politiques publiques sont nettement insuffisants. Santé mentale des jeunes, violences faites aux femmes-minorités, … toutes ces grandes causes nationales auxquelles nos services jeunesses et sports sont associés de près ou de loin paraissent être de la « poudre de perlimpinpin » tant les crédits et les effectifs sont réduits : Baisse de 17% du budget JS en 2026 et division des effectifs JS par deux en près de quinze ans (5 400 personnes aujourd’hui). Du reste tant que le ministère se bornera à une vision aussi minimaliste et étroite de la lutte contre les violences, en y mêlant de façon totalement absurde, voire très problématique, la lutte contre le séparatisme, nos services sont contraints à des résultats très en deçà des besoins.

Puisque nous ne manquons pas de chiffres alarmants, il faut rappeler que “la France de Macron” c’est aussi :

  • Augmentation de la violence contre les enfants :
    Un enfant sur sept est victime de violences dans le sport
    (chiffres Fondation pour l’Enfance, 2024).
  • Augmentation des violences sexistes et sexuelles :
    – 4 femmes sur 10 ont déjà été victimes de harcèlement sexuel au travail
    – 8 viols ou tentatives de viol par jour au travail en France
    (chiffres Eurostat, 2024 et AVFT).

Ces différents chiffres sont tout simplement aberrants, tant du point de vue des résultats et de leurs conséquences, que du point de vue de l’absence de moyens publics d’ampleur.

A jeunesse et sports nous devons ainsi constater que nos collègues ne cessent d’être confronté.es à ces dangers, tant en tant que victimes de violences sexistes et sexuelles au travail, par des collègues, supérieurs ou partenaires et usagers, que dans le cadre de leurs missions.

* En effet, il n’est pas rare que des collègues ou des responsables hiérarchiques usent de leur fonction pour protéger et défendre des mis en cause, soit pour des raisons de proximité avec les agresseurs, soit pour des raisons idéologiques et masculinistes.

* En plus d’agir à l’encontre des victimes et de contrevenir aux missions régaliennes de police administrative, ces pratiques viennent fragiliser les collègues engagées dans ces missions, qui la plupart du temps subissent elles aussi des discriminations.

C’est la double peine !

* Et la mirabelle sur la génoise, ce sont les collègues, les responsables hiérarchiques et l’Administration toute entière qui se taisent face à ces agissements, laissant les collègues-victimes, à leur propre sort, ou en charge de montrer patte blanche ou rendue responsable de prouver par milles preuves qu’elles ont bien été discriminées, agressées, violées, assujetties ou silicenciées.

Il est grand temps de foutre le feu à tout ça.
Ils ont des milliards, mais nous sommes des millions !

  • Si vous êtes témoin, victime de situations similaires, ne restez pas seule, parlez-en autour de vous ou ÉCRIVEZ-NOUS pour témoigner, discuter et construire- consolider un contre-pouvoir féministe dans nos lieux de travail.
  • Pour poursuivre des discussions sur le sujet, se former aux enjeux féministes à JS, rejoignez nos FORMATIONS. La prochaine aura lieu les 09 et 10 mars à Orléans : Riposte féministe à jeunesse et sports.
  • Pour lutter, inventer de nouvelles formes d’actions pour se défendre et conquérir de nouveaux droits, rejoignez Solidaires JS, rejoignez les mobilisations féministes toute l’année, dont celle de la grève du 08 mars 2026.

Nous sommes et resterons mobilisé.es tous les jours pour l’égalité et la solidarité entre toutes et tous. Le 08 mars 2026 soyons en grève féministe et manifestons ensemble pour imposer un rapport de force et faire valoir nos droits et nos revendications.

Là où l’égalité ne s’impose pas,

Volons-là,

Partout, tout le temps !

Solidairesjs@net-c.com

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Internationalisme Luttes féministes

Soutien à la population Kurde de Syrie

Depuis la chute de Bachar Al-Assad et la prise de pouvoir par le groupe islamiste HTS et son chef Ahmed Al-Charaa, ancien dirigeant de la branche syrienne d’Al-Qaeda, les violences contre les minorités se multiplient en Syrie. Druzes, Alaouites et depuis cet été les Kurdes sont victimes d’attaques militaires menées par des combattants de groupes islamistes intégrés dans l’armée du nouveau régime syrien et soutenus également par la Turquie. La communauté internationale reste silencieuse face à ces violences et continue de soutenir le nouveau pouvoir à Damas. En effet, les pays occidentaux, et la France en premier lieu, lèvent au fur et à mesure les sanctions contre la Syrie et font pleuvoir des fonds pour la reconstruction du pays, accordant par conséquent un blanc-seing au nouveau régime malgré les exactions commises en son nom.

Le gouvernement intérimaire en Syrie a imposé un siège suffoquant aux zones sous contrôle de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie depuis le 25 septembre 2025, empêchant l’entrée de fournitures essentielles, l’aide d’urgence et l’aide médicale, et la farine.

Recrudescence des violences depuis le début d’année

Alors que la communauté kurde et ses allié·es se rassemblaient pour la commémoration des assassinats ciblés du 9 janvier 2013 et du 23 décembre 2022 à Paris contre des militant·es kurdes, les violences ont connu un pic dans les quartiers d’Alep de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh.

Les groupes armés affiliés au gouvernement transitoire syrien ont assiégé pendant plusieurs jours ces zones peuplées principalement de Kurdes, dont de nombreux·ses réfugié·es du canton d’Afrin envahi par la Turquie en 2018. Ils ont multiplié les bombardements à l’arme lourde, et commis de nombreuses exactions contre les civils. Dans la nuit du 10 janvier, les Asayish, force de sécurité kurdes, ont opéré un repli stratégique vers les zones sous contrôle de l’Administration autonome et des Forces démocratiques syriennes qui assurent sa protection afin de mettre en sécurité la population kurde des quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh, et de leur permettre d’accéder aux soins.

Ces violences ont entraîné le déplacement de milliers de réfugié·es kurdes vers les zones sous contrôle de l’Administration autonome. Le retrait d’Alep risque de laisser des milliers de civils, majoritairement kurdes, sans défense face aux groupes armés islamistes. Les réfugié·es témoignent des meurtres, des viols et des pillages et affirment que les attaquant·es cherchent à semer la discorde entre Arabes et Kurdes, pour contrecarrer le projet de société démocratique, féministe, multiconfessionnel et multi-ethnique mis en place par l’Administration autonome selon le modèle du confédéralisme démocratique théorisé par Abdullah Öcalan. Les pays occidentaux restent silencieux sur ces violences. Alors même que le gouvernement transitoire bombardait les quartiers kurdes d’Alep, Ursula von der Leyen était à Damas pour verser un chèque en blanc de plus de 600 millions d’euros au gouvernement transitoire. La presse dominante française reste silencieuse sur ces massacres et l’invasion en cours des territoires autonomes menés par la Turquie et les forces syriennes.

Adoptant une position pro-étatiste, elle relaie les communiqués officiels des ambassades en se satisfaisant du retrait des forces kurdes, accusées de ne pas se soumettre au nouveau pouvoir syrien. En réalité c’est celui-ci qui voudrait balayer tout ce que l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a mis en place depuis le début de la révolution syrienne.

L’Union syndicale Solidaires condamne les massacres à caractère ethnique menées par des forces affiliées au gouvernement de transition syrien et soutenues par la Turquie.

Pour L’Union syndicale solidaires l’urgence est d’agir pour mettre fin :

  • au blocus mené sur les territoires d’Alep
  • à tous les massacres sur les minorités en Syrie.
  • à l’invasion syrienne et turque sur les territoires gérés par l’administration autonome du Rojava

L’Union syndicale Solidaires réaffirme son soutien

  • au processus de paix impulsé en Turquie en 2025 par le PKK auto-dissous
  • à la révolution et au projet confédéraliste au Rojava

L’Union syndicale Solidaires appelle également à la libération d‘Abdullah Ocalan et de tous les prisonniers politiques en Turquie.

L’urgence est au respect de l’accord du 10 mars 2025 et à la reprise des négociations entre le gouvernement de transition et les porte-parole de l’AANES.

Nous appelons les adhérent·es de Solidaires à participer à toutes les actions et manifestations de solidarité envers la lutte des Kurdes.

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Éducation Luttes contre les discriminations Luttes féministes

Violences sexistes et sexuelles dans l’Éducation nationale, pas de double peine pour les victimes !

Cet article a été publié le 10/10/2025Au moins deux femmes sur cinq affirment avoir subi des violences sexistes ou sexuelles au travail (VSST) et une femme sur cinq déclare avoir subi des comportements à caractère sexuel sur son lieu de travail (enquête Genese 2021). Au sein du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), ces chiffres sont sans doute encore loin de l’ampleur des VSST : dans une enquête réalisée par SUD éducation en 2024, 60% des sondé·es affirmaient avoir déjà été victimes de VSST.

Le tract de la campagne (4 pages)
Fiche analyse : les violences sexistes et sexuelles au sein de l’éducation nationale
Matériel de la campagne
Affiche : Premiers secours en cas de violences sexistes et sexuelles
Une fiche pratique pour demander la protection fonctionnelle

 Qu’est ce que la protection fonctionnelle ? 

C’est une protection organisée par la collectivité publique dûe à l’agent·e public·que en raison de ses fonctions. Cette protection s’applique lorsque l’agent·e est victime de violences, d’agissements constitutifs de harcèlement, de menaces, d’injures, de diffamations ou d’outrages à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.

Saisir le conseil sur le conseil d’administration sur la question des VSST
Fiche pratique : accompagner une victime de violence sexiste et sexuelle
Proposition au CA ou au conseil d’école concernant les violences sexistes et sexuelles au travail
Quelques Ressources pédagogiques sur les violences sexistes et sexuelles

Livres et ressources vidéos : – Primaire : Mai Lan Chapiron, Le loup, La Martinière jeunesse, 2021, Paris Les vidéos disponibles sur le même ouvrage sur Youtube – Collège : Juliette Boutant et Thomas Mathieu, Les crocodiles sont toujours là : témoignages d’agressions et de harcèlement sexistes et sexuels, Casterman, 2019, Paris Pénélope Bagieu, Les Culottées, Gallimard, 2016, Paris
– Lycée : Margaret Atwood, La servante écarlate, Robert Laffont, 1985, Paris La série H24 disponible sur Arte Jeux :
Le jeu de rôle du consentement, “Sexploration” Un jeu coopératif pour aborder des situations de sexisme, “Moi c’est madame, la relève” Les expositions, campagnes, kits du Centre Hubertine Auclert.

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anti-validisme Luttes contre les discriminations Luttes féministes

Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes : femmes en situation de handicap, “grandes causes”, grandes oubliées !

Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus souvent victimes de violences que les femmes valides. Alors que Macron déclarait tout aussi bien la cause des femmes que celle du handicap grandes causes du quinquennat, il n’en a rien été. Les grandes proclamations n’ont jamais été suivies d’actes, moyens budgétaires à l’appui, bien au contraire. Les plus précaires, les plus vulnérables sont laissé·es pour compte. Les violences des femmes en situation de handicap sont restées dans l’oubli.

Deux fois plus de violences subies

  • 16 % des femmes en situation de handicap ont été victimes de viols contre 9 % pour l’ensemble des femmes.
  • 23 % des femmes en situation de handicap ont été victimes de violences conjugales contre 15% pour l’ensemble des femmes.

Et la violence subie par les femmes en situation de handicap n’est pas uniquement physique. Elle peut prendre de multiples formes : violence verbale, sexuelle, psychologique, économique, conjugale ou institutionnelle, administrative, médicale, cyber-violence…

La vulnérabilité comme facteur aggravant

Les femmes en situation de handicap sont plus vulnérables face aux violences : très souvent elles dépendent de leur agresseur économiquement, mais aussi parce que celui-ci agit sous le statut d’aidant, créant une double emprise ! Si, de manière générale, les femmes connaissent leur agresseur, cette réalité est exacerbée pour les femmes en situation de handicap : les auteurs de violence sont, plus fréquemment encore qu’ailleurs, un proche ou un professionnel dont elles dépendent entièrement. La parole des femmes en situation de handicap est peu prise en compte et mise en doute : trois fois plus de refus de plainte ou d’écoute de l’entourage (proches ou institutions) par rapport à l’ensemble des femmes. Comme le déclare la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées de 2006, les droits des femmes en situation de handicap doivent être reconnus et des mesures prises pour prévenir et lutter contre toute forme de violence à leur encontre.

Combattre le projet de budget d’austérité 2026

Ses conséquences sont graves aussi pour les femmes en situation de handicap : réduction des subventions aux associations, essentielles aux personnes en situation de handicap. C’est aussi moins d’aide aux femmes en situation de handicap qui subissent des violences, et moins de ressources pour leur rendre leur autonomie, avec le gel des prestations sociales dont l’AAH (allocation adulte handicapé) dont le montant est pourtant déjà inférieur au seuil de pauvreté. C’est sans compter la quasi-absence de financement de la branche autonomie de la sécurité sociale créée en 2020, véritable trompe l’œil.

Pour une société solidaire et inclusive, combattre le silence et agir contre les violences faites aux femmes en situation de handicap !

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Luttes féministes

25 novembre : Mobilisations contre les violences faites aux femmes

Partout dans le monde, au travail, à la maison, dans la rue : les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux minorités de genre restent une réalité insupportable. Elles ne viennent pas de nulle part : elles découlent d’un système de domination : le patriarcat ! Violences conjugales, violences sexuelles, violences sexistes au travail, violences intra-familiales touchent en immense majorité les femmes. Ce système patriarcal qui les génère et les perpétue est la première cible de la lutte à mener. Depuis plusieurs années, Macron se contente de modifications juridiques à la marge sur ce sujet, sans donner les véritables moyens d’éradiquer ces violences. Nous pouvons, nous devons agir !

Solidaires appelle à participer massivement aux manifestations et rassemblements autour de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes !

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De nouveaux visuels


Tracts des structures de l’Union

SUD Education : Violences sexistes et sexuelles dans l’Éducation nationale, pas de double peine pour les victimes !

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Solidaires Finances Publiques : Le 25 novembre, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes

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SUD PTT : Pour les Femmes Victimes de Violences : ni oubli, ni silence !

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Luttes contre la Lgtbqia+ - phobie Luttes contre les discriminations Luttes féministes

20 novembre 2025: journée du souvenir trans, Solidaires appelle à rejoindre les différents événements du TDoR!

Le 20 novembre, la communauté trans commémore ses adelphes assassiné·es et suicidé·es, à l’occasion de la journée du souvenir trans, déclinaison française du Trans Day of Remembrance (TDoR). Cette journée, initiée en 1999 en hommage à Rita Hester, femme trans assassinée, est une occasion de rappeler l’urgence de protéger les personnes trans et de construire des ripostes collectives face aux violences systémiques qu’elles subissent. L’Union Syndicale Solidaires appelle les personnes trans et leurs allié·es à rejoindre les mobilisations organisées partout en France.

La transphobie tue et discrimine de manière systémique. Pour la seule année 2025, près de 250 décès liés à la transphobie ont déjà été recensés à travers le monde. Cette violence physique se double d’une violence institutionnelle et sociale quotidienne.

En France, les agressions anti-LGBT+ ont augmenté de 5% en 2024, et 85% des personnes transgenres signalent avoir subi un acte transphobe au cours de leur vie (Rapport 2025 SOS Homophobie).

La transphobie ne se limite pas aux agressions physiques ; elle prend la forme d’exclusions de l’emploi, du logement, de l’école et de la santé. Les difficultés persistantes pour obtenir un changement d’état civil simple et la pathologisation de la transition sont des violences d’État.

Contre la transphobie, l’Union syndicale Solidaires revendique :

  • Le respect du prénom et des pronoms d’usage partout, dans les entreprises comme dans les administrations.
  • La possibilité de changement d’état civil libre et gratuit par simple déclaration devant un officier d’état civil en mairie, sans intervention des pouvoirs médicaux et judiciaires.
  • Une transition dépsychiatrisée, libre et gratuite.
  • Le remboursement à 100 % des frais médicaux de transition sans condition, y compris à l’étranger lorsqu’elles ne peuvent pas être réalisées en France.
  • Une réelle formation des travailleurs·es de l’éducation, de la santé et des collectivités territoriales à l’accueil des personnes trans.
  • Des financements à la hauteur des besoins des associations trans et un respect des libertés associatives de plus en plus souvent attaquées.
  • Le droit d’asile automatique pour toutes les personnes LGBTQI+.

Lutter contre la transphobie, c’est lutter pour une société plus juste, plus inclusive et plus solidaire.

Paris, le 19 novembre 2025

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