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13 juin : l’esprit de la Commune de Paris a flotté sur Limay…

Près d’une centaine de personnes pour participer à la journée organisée à la librairie La Nouvelle Réserve à Limay ce dimanche 13 juin… coorganisatrice de l’événement, Solidaires 78 se réjouit de ce succès, de ce moment de fraternité et de sororité, de chants, de partage, d’espoirs et de lutte… autour de la mémoire vivante et actuelle de la Commune

Barricade et canon étaient au rendez-vous !

Nous reviendrons dans notre prochaine lettre sur cette journée…

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Histoire locale Luttes féministes

Femmage du Fffrac à Solange

Aujourd’hui le Collectif  Fffrac souhaite rendre femmage à Solange, une femme, née en avril 1935, ici à Mantes la Ville dans la maison familiale dans laquelle elle est revenue vivre plus tard.

Citoyenne engagée depuis toujours, femme libre, indépendante, déterminée, combattante, inépuisable, Solange n’a jamais cessé de se battre : aujourd’hui à 86 ans elle continue de manifester, de défendre les droits humains et d’aider les autres.

Elevée dans une famille catholique modeste, Solange a pu, jeune adulte, se dégager de son éducation patriarcale et religieuse et s’ouvrir au monde. Elle a d’abord choisi de faire des études de psychologie tout en étant fille au pair ce qui n’était pas banal à cette époque. Elle a travaillé quelques années en tant que psychologue à l’hôpital dans le service Enfance et aussi en prison.

En 1959, elle rencontre par hasard Djamel, un réfugié clandestin algérien qui se cachait à Paris. Il dormait à la rue, elle l’a hébergé pour une nuit et il est resté 50 ans… ! De cet amour fou, Solange a continué de puiser une énergie incroyable pour attaquer des études de médecine, alors qu’elle avait déjà mis au monde sa première fille Salima et qu’Attica n’allait pas tarder à naître, et elle a milité aux côtés de son compagnon pour l’Indépendance de l’Algérie. 

Solange, la téméraire, est partie travailler en Algérie en 1962 dans la maison des orphelins pour se rapprocher de Djamel qui avait tenté un retour dans son pays après l’Indépendance. Quand elle évoque Alger, elle garde un souvenir ému de la grand-mère de Djamel qui avait l’habitude, dans la Casba d’Alger ,de préparer un couscous pour tous les pauvres du quartier chaque vendredi ; elle regrette juste à cette époque de ne pas avoir appris l’arabe mais elle s’y attèle actuellement avec l’aide d’une jeune marocaine !

Puis elle est devenue médecin, métier qu’elle a exercé jusqu’à l’âge de 61 ans….

De retour en France, Solange et sa famille se sont d’abord installées à Bourg la Reine avant de revenir à Mantes la Ville dans la maison familiale.

Dans le Mantois, Solange est là, présente, sur tous les fronts, récemment sur tous les rassemblements féministes, à tous les rassemblements “Nous voulons des Coquelicots”, elle était là à Nuit Debout et aux marches des Sans Papiers avec La LDH, pendant les manifestations Unies Pour le Climat…à Mantes mais aussi à Paris……..Elle était là lorsqu’il fallait se battre pour la retraite, pour la sécurité sociale, pour l’hôpital….

Lors de la campagne pour les élections législatives de 2017, on se souvient encore avec émotion de Solange inépuisable durant les séances de distribution de tracts au Val Fourré et au centre-ville.

 Aujourd’hui, Solange accueille chez elle ceux et celles que la France ne sait pas accueillir dans le respect et la dignité :  sans la moindre hésitation, elle héberge généreusement et courageusement celles et ceux qui n’ont pas de toit, une façon de continuer à faire vivre le combat de son compagnon décédé en 2013.

 Récemment, opérée de la hanche après s’être faite renversée par une grosse voiture, on la rencontre toute seule avec sa canne trottinant de Mantes la Ville au Val fourré ….pour se rééduquer gentiment à 86 ans…

 Elle est avec nous au Cercle du Silence, à l’ASTI, aux rassemblements, de la LDH, des Fffrac, de l’Assemblée des luttes, elle est partout où la cause des droits humains est à défendre.

Elle perpétue le combat de son grand père Ange Drenuc qu’elle a fait reconnaître comme soldat mort pour la liberté car cet homme avait été fusillé pour l’exemple parce qu’il refusait se battre contre les allemands et perpétue aussi celui de son compagnon Djamel, un autre combat pour la liberté.

Rien ne l’arrête, l’oeil vif, un sourire paisible affiché sur son visage, la jambe alerte, les neurones en action et la générosité toujours prête, Solange est une femme chère dans notre coeur et nous sommes fières de lui témoigner notre admiration et de fêter aujourd’hui sa personne.

Nous espérons profiter de son expérience, continuer à vivre de nombreuses luttes à ses côtés et partager nos idéaux communs.

VIVE SOLANGE et ……………………RÉSISTANCE!

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Éducation Énergie Histoire locale

Madiba

C’est donc Nelson Mandela, « Madiba » dans sa langue tribale, que les Porchevillois-es ont choisi comme nom pour le tout nouveau groupe scolaire, à l’occasion de cette première consultation citoyenne proposée par la municipalité.

Quelle fierté  ! Quelle lucidité !

Mandela ! Figure historique, illustre défenseur des droits civiques, combattant contre la ségrégation raciale ayant passé 27 années de sa vie en prison.

Une personnalité qui entre en résonance avec l’actualité récente des mobilisations qui ont ébranlées le monde suite au meurtre de Georges Floyd aux USA.

Mais ce nom entre aussi en résonance avec la propre histoire de notre commune, aussi curieux que cela puisse paraître !

En effet le combat de Mandela et la lutte contre l’apartheid ont traversé l’histoire de la première centrale EDF de Porcheville qui fonctionnait au charbon.

Dans les années 80, pour dénoncer l’apartheid et pour exiger la libération de Mandela, une partie du personnel de la centrale se mobilise contre l’utilisation de charbon sud africain, qualifié de  charbon de la honte, et pour exiger l’utilisation de charbon français alors que les mines du pays sont menacées de fermeture.

C’est dans ce contexte qu’une opération d’envergure est organisée par la CGT avec des syndiqué-es de la centrale.

Tout d’abord, Loic Réaubourg, agent de manutention  dont le travail consiste à alimenter la centrale en charbon, effectue le chargement d’un camion benne entré subrepticement à la centrale avec la complicité du gardien. Ce camion est ensuite évacué vers un bâtiment officiel tenu secret afin d’y déverser sa cargaison pour une opération médiatique de condamnation de l’apartheid.

Les risques sont réels mais il en faut beaucoup plus pour refréner les ardeurs de Loic et de ses camarades.

Loic est le digne descendant d’une famille mantaise de militants. Son père Victor et son oncle Emile Réaubourg ont combattu dans les rangs de la résistance au sein des FTP (Francs- Tireurs et Partisans). Arrêté, Emile Réaubourg est fusillé en 1944 à l’âge de 25 ans, une rue de Mantes la Jolie porte son nom. Quant à Victor, il réussi à s’évader de la prison de Mantes échappant ainsi probablement au même sort. Ouvrier du bâtiment après la guerre il travaillera même à la construction de la centrale. Syndicaliste, il forge son fils au refus des injustices.

Suite à cette action Loic ainsi que le gardien éviteront de justesse le licenciement grâce à la solidarité collective et à l’action syndicale.

Parmi ce groupe déterminé on retrouve, entre autres, Eric Roulot l’actuel maire de Limay. Chaudronnier à l’époque et secrétaire du syndicat, Eric Roulot participe à la préparation et à la mise en œuvre de l’opération en lien avec l’Union départementale CGT.

Il y a aussi un Porchevillois, Serge Alexandre, également chaudronnier. Serge décède en 2005, à l’âge de 53 ans, empoisonné par l’amiante respiré à la centrale. Fin des années 80, je me rappelle également ce bel après midi ensoleillé, lorsque encore tout jeune, avec un groupe de quelques dizaines de militants-tes anti-apartheid nous partons à l’assaut de l’ambassade d’Afrique du Sud en plein Paris. La façade est bombardée de peinture et des pneus sont enflammés.

Puis nous sommes encerclés par la police qui nous raccompagne ensuite vers la bouche du métro… Et oui, impensable aujourd’hui. ! Une action similaire se terminerai sûrement sous les gaz, une pluie de coups de matraques et des gardes à vue.

Alors que les discriminations sont encore malheureusement trop nombreuses, espérons que la personnalité de Mandela et son combat inspirent nos enfants pour construire un monde meilleur fait de plus de tolérance de bienveillance et de solidarité !

P. M.