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Actu Solidaires 78 Collectivités territoriales Éducation En grève !

Grève des agent·es de Mantes-la-Jolie : soutenir et rejoindre la mobilisation…

Depuis le jeudi 18 novembre, les agent.es de la ville de Mantes-la-Jolie (nos collègues ATSEM et animateur.rices du périscolaire, mais aussi les coordinateur.rices des écoles, les bibliothécaires…) sont en grève contre l’injustice de la revalorisation en trompe-l’œil de leurs salaires et une refonte de leur temps de travail.

Commençons par le temps de travail. La mairie entend faire appliquer la loi du 6 août 2019 (dérogatoire jusqu’au 1er janvier 2022) qui vise à uniformiser, au nom de la « justice » et de l’« équité », le temps de travail des agent.es de la fonction publique territoriale en les faisant passer toutes et tous à 1607h annualisées.

Cette réforme oublie évidemment de tenir compte de la pénibilité du travail de ces agent.es.

Rappelons qu’un.e ATSEM participe activement auprès de l’enseignant.e à l’accueil des élèves et à la mise en place des différents ateliers tout au long de la journée, assure le service de cantine et gère le temps de sieste. A cela s’ajoutent la gestion de l’hygiène des enfants et le nettoyage de la classe le soir et pendant les périodes de vacances scolaires. Il serait donc « juste » et « équitable » qu’elles ou ils travaillent plus ?

Pour les agent.es du périscolaire, la situation ne semble pas meilleure. Des horaires fractionnés sur une journée, des changements réguliers de lieux de travail sans réelle concertation avec les agent.es, des locaux souvent inadaptés à la gestion d’enfants en grand groupe (salle des maîtres, salle informatique,…), absence de matériel,… A cela s’ajoute un flou artistique sur leurs missions (étude surveillé, devoirs dirigés, garderie?) qui permet évidemment le flou sur leurs salaires.

Justement, parlons salaires. La municipalité souhaite acter la déclinaison locale du Régime indemnitaire des fonctionnaires de l’État (RIFSEEP), et la prime qui en résulte n’est pas la même pour tout le monde :

  • les salaires des agents territoriaux vont bénéficier de la spectaculaire augmentation de 80 à 120 euros bruts mensuel
  • les hauts cadres auront quant à eux 3000 euros !

Nous parlions de « justice » ? D’« équité » ?

Rappelons enfin que de nombreuses communes (Vitry-sur-Seine, Fontenay-sous-Bois, Paris,…) refusent d’appliquer cette loi au nom de la libre administration des collectivités locales. Ces conseils municipaux se préparent déjà à répondre aux attaques de l’État au tribunal administratif, en rappelant que le passage aux 1607h remettraient en cause des congés qui ont été négociés dans un cadre légal.

Face à cette précarisation des agent.es territoriales, ce déni de la pénibilité de leurs conditions de travail, cette attaque de l’État contre la démocratie locale, ils et elles expriment leur colère tous les midis devant la mairie de Mantes-la-Jolie. Soyons nombreuses et nombreux pour les soutenir, et généralisons la grève dans les autres communes du département qui subissent les mêmes injustices.

Sud éducation 78

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Dans les Yvelines, une classe en lutte... En grève ! Revue de presse Santé-Social Secteur associatif

Dans les Yvelines, une classe en lutte, épisode n° 18

Au sommaire : Guyancourt, Trappes, Mantes-la-Jolie, grèves et mobilisation dans la fonction publique territoriale, le secteur Social et la logistique.


Petit tour d’horizon des mobilisations sociales dans le département… Liste forcément non-exhaustive, n’hésitez pas à nous transmettre vos infos à solidaires78@wanadoo.fr


Guyancourt : mobilisation au foyer pour adultes et jeunes handicapés

Source : 78actu.fr

Trappes : grève à Kuehne + NAgel

Source : 78actu.fr

Mantes-la-Jolie : la grève des agent·es s’enracine !

Source : 78actu.fr
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En grève ! La Poste Luttes migrant·es

La Poste – Grèves à RSI et DPD : des travailleurs sans-papier en lutte pour leur régularisation !

Depuis plusieurs semaines, des centaines de travailleurs sans-papiers se sont mis en lutte en Île-de-France pour obtenir de leurs employeurs les documents nécessaires à leur demande de régularisation (attestations de concordance, cerfas, contrats de
travail…) auprès des préfectures. Plusieurs piquets de grève et de lutte ont été menés en octobre par la CGT.
Fin octobre, début novembre, des travailleurs organisés par le Collectif des travailleurs sans-papiers de Vitry (CTSPV), avec
lequel Solidaires avait mené la lutte victorieuse de Chronopost Alfortville (94) en 2019/2020, viennent de se mobiliser contre
l’entreprise RSI, entreprise d’intérim qui fournit une main d’œuvre exploitable à merci sur les chantiers du bâtiment et travaux public. Les donneurs d’ordre sont les géants du secteur, qui eux-mêmes sous-traitent à des boîtes de taille moyenne.
Plusieurs dizaines de travailleurs se sont mis en grève et ont d’abord occupé, le 22 octobre, l’agence RSI du Bld Magenta à Paris, dont la police les a dégagés violemment illico !
Ils ont ensuite installé un piquet devant l’agence RSI de Gennevilliers (92), et malgré les pressions policières pour les
empêcher de s’installer durablement, ils poursuivent leur piquet depuis début novembre. Ils exigent leurs documents, mais
se battent aussi contre la maltraitance au travail, les heures sup’ pas payées, contre les accidents fréquents toujours camouflés
et pas indemnisés, l’impossibilité d’être malade, les salaires tronqués et pas intégralement payés… Les patrons de RSI tergi-
versent, tentent la division, et se moquent pour l’instant de leurs revendications.
Mais les grévistes et leurs soutiens n’ont pas l’intention de se laisser faire !
Solidaires appelle à venir soutenir ces travailleurs et à se rendre sur leur piquet (10 rue de la sablière 92 230 Gennevilliers).

Autre piquet, celui des travailleurs de DPD, filiale colis de La Poste, comme Chronopost. Depuis le 15 novembre, plus
de 70 d’entre eux sont installés dans l’enceinte de l’agence DPD du Coudray-Montceau (91). Les vigiles et cadres de DPD les
bloquent pour les empêcher de communiquer avec un piquet de soutien installé devant l’agence.
Malgré cela, ces travailleurs qui ont déjà enduré tant de souffrance dans leur parcours pour arriver jusqu’à cette boîte d’exploiteurs, sont déterminés à ne rien lâcher, et à obtenir leurs documents, leur régularisation, et leur reconnaissance comme salariés à part entière. Comme à Chronopost, comme à RSI, c’est la sous-traitance en cascade qui est à l’œuvre, organisée, couverte par les donneurs d’ordre (La Poste), avec les mêmes complices (Derichebourg…), et protégée par l’État et ses forces répressives.
La fédération SUD PTT, SUD PTT 91 et l’UD Solidaires 91 apportent un soutien actif à ces travailleurs.
Pour les soutenir et venir les voir : Chemin de Chevannes, 91 830 Le Coudray Montceau.


Informations extraites de Sans frontières, le bulletin de la commission immigration de Solidaires
Union syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris
(33) 1 58 39 30 20 – contact@solidaires.org – solidaires.org

Sans Frontières (novembre 2021)

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Défense de nos libertés Histoire Histoire locale Pourquoi des prisons ?

Mémoires des luttes : de la lutte contre les prisons au mouvement des gilets jaunes

L’émission de radio de l’Actualité des luttes consacrée à la (re)rencontre entre Mohamed Hocine (Momo pour les intimes), ex-détenu, militant contre la double peine, bien connu dans le 78, et Nadia Menenger, militante anti-carcérale (auteure de deux bouquins sur la question) et animatrice de l’émission :

https://actualitedesluttes.info/emission/memoire-des-luttes-de-la-lutte-contre-les-prisons-aux-mouvements-des-gilets-jaunes

Présentation :
Aujourd’hui nous vous diffusons un entretien avec Mohamed Hocine et Nadia Menenger réalisé lors du mois de juillet 2021 a Mantes la Jolie. Tous deux militants contre les prisons, Nadia et Hocine se rencontrent à travers l’émission de radio « parloir libre » créé en 1985 et diffusée à partir de 1992 sur Fréquence Paris Plurielle.

Dans les années 80, ils militent ensemble contre les quartiers d’isolement, la double peine et la condition carcérale dans son ensemble. Ils se perdent de vues pour se retrouver des années plus tard dans le mouvement des gilets jaunes.

Quel a été leur parcours militant ? Comment leur expérience des années 80 les as imprégné d’une certaine culture de la lutte qui ne les quittera jamais ? Comment cette culture les amène à suivre le mouvement des gilets jaunes ? À travers cet entretien, nous revenons sur la mémoire des luttes à partir de leur expérience afin de pouvoir aussi questionner l’actualité et les transformations qui se sont opérées.

Pour plus d’info : deux livres :

À ceux qui se croient libres

La liberté ne se mendie pas

Deux ouvrages écrit par Nadia Menenger et publié à L’insomniaque

Mémoire des luttes de l’immigration en France publié par le GISTI

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Pourquoi des prisons ?

Contre la prison de Magnanville, et les autres, faire entendre des voix critiques ! (III) Témoignage

«J’ai l’impression d’être dans un bagne, un abattoir à détenus »

Avant l’été, Kémi a raconté dans un courrier – lu à l’antenne – le prolongement de son isolement et les matons qui veulent l’empêcher de parler à ses voisins par la fenêtre. Voici une nouvelle lettre de lui, écrite en septembre alors que son isolement allait encore être prolongé et que les gardiens continuaient de lui faire la misère.

Quartier d’isolement de la maison centrale de Saint-Maur,

septembre 2021

Santa Muerte

Encore au quartier d’isolement (QI), je tourne en rond dans ma cellule ; on me laisse entendre un possible retour en détention, mais je n’y crois plus… J’écoute du son en cellule et je me reconnais dans certaines phrases du genre « les matons sont des collabos », ou « en détention faut être un lion »… Moi, pour l’instant, je suis un agneau au QI, c’est les matons qui dirigent ma vie, même quand je mets le son pour m’évader un peu, certains me disent : « Éteins ou on coupe le courant. » J’ai l’impression d’être dans un bagne, un abattoir à détenus… Mes enfants me manquent, mon frère, sa femme et leurs enfants me manquent ; tout ce que j’ai, c’est des photos.

Les gens ici au QI n’ont pas de conversation, donc je reste seul dans mon coin et je pense, pense sans arrêt ; pas toujours à de bonnes choses, mais que voulez-vous, c’est mon quotidien, ma vie est dure mais je fais tout pour tenir, même si souvent c’est dur, très dur même ! La solitude me pèse un truc de ouf… les parloirs me manquent … Parfois je me surprends à parler tout seul, c’est vous dire comme le QI peut abattre même les plus durs d’entre nous !

Mikael – Kémi

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En grève ! International Luttes migrant·es Solidarité !

Migrant·es, Guadeloupe : expressions de l’Union syndicale Solidaires

Après le drame du naufrage de Calais, amplifions la solidarité avec les migrant-es !

Le naufrage tragique au large de Calais du 24 novembre dernier a coûté la vie à au moins 27 personnes, hommes, femmes et enfants. Les sauveteurs de la SNSM de Calais n’ont pu aider que 2 survivants.
Ces tentatives désespérées ne s’arrêteront pas ; les exilées traversent par centaines la Manche quotidiennement. Dès le lendemain du drame , des migrantes empruntaient la même voie migratoire.

Les États Européennes et leurs politiques migratoires répressives et restrictives portent l’entière responsabilité de ces tragédies. La France renvoie le problème aux Britanniques qui réclament le renforcement des mesures de contrôle et de répression aux frontières Européennes et Darmanin accuse les passeurs, et la passivité des pays frontaliers.

La tragédie Calaisienne fait écho à celles qui se jouent dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les eaux méditerranéennes, et récemment à la frontière Polonaise.
Les migrations sont les conséquences de politiques coloniales et impérialistes passées et actuelles qui continuent à provoquer des guerres, des crises économiques, sociales et écologiques dans de nombreux pays. C’est cela qui pousse de nombreuses personnes à quitter leurs pays pour survivre et faire survivre leurs familles.

L’Union Syndicale Solidaires condamne les choix politiques Européens en matière d’immigration, basés sur un contrôle sécuritaire au mépris des conventions internationales des Droits Humains, et des Enfants.

Nous n’acceptons pas les discours racistes anti-immigration, relayés quotidiennement par les chaînes d’informations continues
Le solution réside en une régularisation massive des sans-papiers, à un accueil décent et offrant de réelles conditions d’intégrations.
Nous resterons vigilantes et appelons toutes et tous à se mobiliser auprès des collectifs, associations œuvrant au quotidien en solidarité avec les exilés-es, malgré la criminalisation du “délit de solidarité”.

Il est plus que temps d’abolir FRONTEX et d’ouvrir les frontières !


L’Union syndicale Solidaires participe à la construction et à la réalisation de la journée internationale des migrant·es du 18 décembre.


Soutien et solidarité avec les Guadeloupéen.ne.s

La Guadeloupe est touchée par une crise sociale majeure. Le gouvernement veut réduire la mobilisation à un simple mouvement contre la vaccination. C’est camoufler la profondeur de la crise et les revendications au cœur de l’explosion sociale (voir ci-dessous). Pour l’Union syndicale Solidaires, le vaccin est un outil efficace pour lutter contre le COVID-19. Mais l’imposer est encore moins possible dans un contexte local de méfiance accru envers l’Etat, en raison des mensonges et violences multiples contre la population de l’île, en particulier avec le chlordécone.

Le gouvernement, comme aux pires heures coloniales, entend répondre par la force et la violence pour écraser la contestation. Ce ne sera en rien une solution. L’urgence est à la mise en place de moyens et d’investissements massifs pour les services publics, en particulier de santé et d’éducation, à l’arrêt des mesures anti-sociales, à la prise en compte de la plateforme-revendicative unitaire.

L’Union syndicale Solidaires apporte son soutien aux Guadeloupén.ne.s. Le gouvernement doit ouvrir immédiatement des négociations avec les organisations syndicales sur la base des revendications portées.

La plateforme revendicative :

Revendications sociales :
- La résolution de tous les conflits en cours ;
- Le respect de tous les accords signés, y compris celui du SDIS-971, toujours pas appliqué ;
- L’augmentation généralisée des salaires, des minima sociaux, des allocations chômage et des pensions de retraite en même temps que l’augmentation des prix ;
- Le remplacement de tous les départs à la retraite ;
- L’arrêt des licenciements, dans le privé et des suppressions de postes, dans le public ;
- L’embauche massive de titulaires, dans toutes les fonctions publiques, à la poste, dans les écoles, à l’université… ;
- L’arrêt de la répression judiciaire et patronale, contre les militants, les travailleurs et les organisations syndicales ;
- L’abrogation des règles d’indemnisation du chômage ;
- Le maintien de toutes les primes de vie chère ;
- L’ouverture de négociations collectives, dans toutes les branches professionnelles, sur les salaires, l’emploi, la formation, la durée du travail, la protection sociale, la priorité d’emploi des jeunes, des chômeurs et des salariés de Guadeloupe, le fait syndical guadeloupéen.
- La résorption de tous les emplois précaires et des embauches massives, dans le privé ;

Quant à la gestion de la crise Covid et la situation santaire locale :
- L’abrogation de la loi du 5 août 2021, relative à la gestion de la crise sanitaire ;
- La suppression de l’obligation vaccinale ;
- La suppression du pass sanitaire ;
- Le maintien de la gratuité des tests ;
- Des protocoles sanitaires stricts, adaptés aux établissements publics et privés ;
- Des recrutements de soignants et de personnel, dans les hôpitaux et cliniques privées, ainsi que dans le secteur social et médico-social ;
- La mise en place d’un plan d’urgence pour l’embauche et la formation des jeunes ;
- Des moyens matériels pour la santé, le secteur social et médico-social ;
- La mise en place d’un système de santé de qualité pour accueillir et soigner les usagers, dignement et efficacement ;
- Des mesures immédiates pour approvisionner les établissements en oxygène ;
- Exigences très spécifiques concernant les pompiers :
- Le recrutement de 15 sapeurs-pompiers volontaires (SPV), sur dossier, dans l’immédiat ;
- Le recrutement de personnel administratif technique et spécialisé (PATS), pour la filière administrative et technique ;
- La réparation, l’entretien et le renouvellement des engins véhicules de secours et d’assistance aux victimes (VSAV) et fourgon pompe tonne (FPT) ;
- L’organisation de concours pour les sapeurs-pompiers professionnels, au grade de caporal ;
- La mise en place d’une nouvelle organisation : 12h00 de travail jour et 24h00 de repos, 12h00 de travail nuit et 72h00 de repos, pour le sapeur-pompier ;

Revendications sociétales et dans le secteur de l’éducation :
- Des moyens supplémentaires et des recrutements de personnels techniques et encadrant, pour le dédoublement des classes et le respect des mesures sanitaires dans les écoles ;
- Un bâti scolaire et des équipements sportifs et culturels, rénové au plus vite, conforme aux normes parasismiques et débarrassé des rats ;
- Un plan d’urgence pour l’eau, pour un accès permanent de tous à une eau potable, buvable, sans pesticide, sans chlordécone, à un prix bas et unique, dans le cadre d’un véritable service public ;
- Le nettoyage de toutes les citernes dans tous les établissements publics ;
- La condamnation des empoisonneurs au chlordécone et la dépollution des sols ;
- La mise en place d’un véritable service public de transport permettant aux usagers de se déplacer à toute heure sur l’ensemble du territoire ;

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Éducation

Stage Sud éducation : comment ne plus subir ?

Agir et lutter dans l’éducation : stage syndical le lundi 31 janvier 2022 à Limay

Se rencontrer, partager, pour connaître & défendre ses droits, savoir résister, s’organiser, construire du collectif…

Ouvert à tou·tes

Autorisation d’absence de droit. Demande à déposer un mois à l’avance.
Inscription (obligatoire) et renseignements : sudeducation78@ouvaton.org

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En grève ! Les travailleur·euses n'ont pas de pays !

Cadix, plus de 20 000 métallurgistes en grève reconductible

Manifestations de plusieurs milliers de personnes, barricades pour couper l’accès aux zones industrielles et aux voies de communication, sit-in et occupations d’usines : à Cadix, les métallurgistes sont en grève reconductible depuis une semaine pour réclamer au patronat des augmentations de salaires indexées sur l’inflation.

Mardi 16 novembre, à l’aide de matériel industriel, les milliers de travailleurs en grève[1] ont occupé la zone industrielle de Puerto Real et ont installé des piquets de grève à l’entrée des usines pour interrompre la production et paralyser les usines de la baie industrielle de Cadix.

Les travailleurs ont voté la grève après que les négociations sur la convention provinciale entre le patronat et les deux syndicats majoritaires – Commissions Ouvrières (CCOO) et Union Générale des Travailleurs (UGT) – n’aient débouché sur aucuns accords.

Alors que les représentants syndicaux réclamaient des hausses de salaires, le patronat proposait une augmentation de 0,5% sans prise en compte de l’augmentation du coût de la vie. Il refuse en effet d’accorder un quelconque crédit aux revendications ouvrières arguant du fait que ces hausses de salaires sont « irréalisables[2] ».

Très vite, la revendication principale s’est étendue à une dénonciation de la précarité à laquelle est soumise la classe ouvrière. En effet, sur les 30.000 travailleurs que compte l’industrie métallurgique de la province, second secteur économique avec 16,20 % du PIB derrière les services, 22.000 sont embauchés dans les petites et moyennes entreprises de sous-traitance travaillant pour les grands groupes métallurgiques et aéronautiques comme Airbus, Cepsa ou Navantía.

Soumis aux contrats précaires – intérim principalement – mais aussi à l’absence de contrôle sur le paiement des heures supplémentaires, aux accidents du travail ainsi qu’au chômage galopant (27%), ce sont ces milliers de travailleurs précaires qui depuis une semaine ont entamé un bras de fer avec le patronat pour revendiquer de meilleures conditions de travail.

Décidés à ne rien céder, les grévistes tentent de paralyser l’activité des grands groupes qui voient dès lors leur activité menacée. Ainsi, jeudi dernier l’activité d’Airbus a été mise à l’arrêt faute d’intérimaires qui étaient en grève, paralysant la production de l’A320 et de l’A350.

Les grévistes font pression sur les grandes entreprises et sont soutenus par des syndicats comme la CGT qui ont débrayé à Airbus et dénoncent également la fermeture prévue de l’usine et la destruction des emplois que cela suppose. Dans le même temps, les travailleurs des usines pétrochimiques de la province ont aussi débrayé pour ensuite bloquer les principales autoroutes à l’aide de piquets de grève.

Si les deux syndicats majoritaires soutiennent le mouvement social, les déclarations de leurs dirigeants montrent qu’ils n’ont pas prévu une mobilisation d’une telle intensité et qu’ils craignent de se voir déborder par la « radicalité » de la classe ouvrière et de son répertoire d’action, en grande partie fondée sur  l’auto-organisation.

Ainsi, Francisco Grimaldi, secrétaire régional des CCOO a déclaré que « les gens sont extrêmement en colère; nous allons voir comment maitriser la situation[3] ».

La volonté de « maîtriser la situation » passe par la dénonciation d’une partie des ressources déployées par la classe ouvrière qui coupe le trafic autoroutier et ferme l’accès aux raffineries et aux centres industriels dans la Baie de Cadix pour empêcher la police antiémeute d’accéder aux usines.

Grimaldi se désolidarise de ces actions : « L’accès à la raffinerie a été coupé ce matin à 6h30. J’ai vu un incendie à Guadarranque et je l’ai signalé d’urgence, car je ne suis pas d’accord avec ce type d’action[4]. » Ces déclarations révèlent la crainte des directions syndicales confrontées une « radicalisation » de la mobilisation. Ils demandent aux travailleurs de cesser de bloquer les autoroutes et de centrer leurs actions sur les lieux de travail afin de « bien gérer ce conflit[5] ».

Ces propos mettent en avant une représentation spécifique de l’action syndicale et ouvrière, celle-ci devant être circonscrite à l’usine et ne pas empiéter sur l’espace public afin de ne pas « gêner » les citoyens et « préserver leur sympathie ».

Pour l’heure ces propos semblent inaudibles : non seulement la grève s’étend mais de nombreuses associations citoyennes, syndicats d’étudiants, etc. appellent à des manifestations et à des actions de soutien. Les grévistes comprennent que mettre fin à leurs actions signifierait un recul dans la construction du rapport de force face au patronat. D’autant plus que celui-ci est aidé par Madrid qui tente de réprimer la grève.

Dès mardi dernier en effet le gouvernement PSOE-UnidasPodemos a mobilisé la police anti-émeute dans le but de ramener l’ordre dans la province. Les images des blindés de la police nationale ont fait le tour des télévisions et constituent un symbole terrible pour la coalition de gauche qui n’a de cesse de se présenter comme « progressistes ».

Hier, le groupe parlementaire UP a présenté une « déclaration institutionnelle » devant le Congrès des Députés[6]. Ce texte réaffirme la légitimité de la grève et dénonce dans le même temps sa criminalisation. Dans le même temps Yolanda Díaz, ministre du travail (UP) et deuxième vice-présidente du gouvernement, a fait savoir aux membres socialistes du gouvernement son désaccord face aux méthodes policières employées.

Du côté du PSOE, Hector Gómez, porte-parole des socialistes au Congrès, a également réaffirmé son soutien aux travailleurs. Les deux formations politiques au pouvoir demandent ainsi aux syndicats et au patronat de parvenir à un accord dans les plus brefs délais. Pourtant, ces déclarations d’intention ne parviennent pas à cacher la réalité du dispositif mis en place par le ministère de l’intérieur. Celui-ci a déployé à Cadix l’Unité d’Intervention Policière (UIP) et ses deux blindés, achetés à l’armée de terre en 2019[7] et dont l’objectif est de déloger les travailleurs et de briser les piquets de grève.

Ces forces anti-émeutes sont soutenues par la Garde Civile qui utilise les bombes à gaz et les balles en caoutchouc pour réprimer la mobilisation.

Ce mardi, d’autres manifestations sont prévues à Cadix et dans les localités de la province comme à Algeciras. Dans le même temps les métallurgistes maintiennent leurs actions de blocages à l’aide des piquets de grève. Nul doute que ce conflit durera et que les travailleurs maintiendront le rapport de force tant que le patronat refusera de satisfaire leurs revendications.


Ce texte est extrait du blog Mediapart d’Arnaud Dolidier Historien / Enseignant d’histoire-géographie.


[1] Sur 26.000 ouvriers, 95% d’entre-deux sont en grève. Les syndicats dénoncent les tentatives d’intimidation de certaines entreprises qui ne respectent pas le droit de grève. Certains patrons menacent en effet  leurs employés de sanctions et de licenciements. « Los sindicatos advierten de que si no hay convenio en el metal, se irá a la huelga indefinida”, 8directo, 10 novembre 2021.

[2] Lo que hay detrás de las barricadas de los trabajadores del metal que han vuelto a encender Cádiz, Publico, 19 novembre 2021. [3]Los sindicatos convocantes de la huelga del metal piden a las plantillasque no corten las autovías del Campo de Gibraltar, El diario, 18 novembre 2021. 

[4]Ibid.

[5]Ibid.

[6]La huelga del metal en Cádiz salta al Congreso de los Diputados, Noticias, 22 novembre 2021. [7] El envío de un vehículo BMR de la Policía desata la polémica en la huelga del metal de Cádiz, vozpópuli, 22 novembre 2021

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Luttes féministes

Les Ffffrac de Mantes à la radio

Un lien d’accès au site de LFM, la radio mantaise présente lors du rassemblement du 2à novembre à mantes la Jolie pour écouter la voix des FFFRAC et de la LDH qui  réclament un engagement politique et sociétal pour avancer sur les violences faites aux femmes.https://www.lfm-radio.com/podcasts/retour-sur-la-manifestation-du-collectif-fffrac-ce-samedi-20-novembre-a-mantes-la-jolie-978
Soyons nombreuses et nombreux au prochains RV FFFRAC
FFFRAC tant qu’il le faudra
Le collectif

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Luttes féministes

Expressions Solidaires n°102 (novembre 2021)


La crise covid a amplifié la crise sociale. Des millions de personnes viennent de basculer dans la précarité, la pauvreté et l’insécurité au quotidien. Les licenciements s’enchaînent. La réforme de l’assurance chômage qui entrera en vigueur le 1er décembre va elle aussi aggraver la situation.
Il n’est pas admissible de devoir choisir entre manger, payer son logement, sa facture d’électricité, faire le plein, acheter des fournitures scolaires ou prendre les transports, compter chaque euro et être en galère largement avant la fin du mois !
Pour faire face à cette inflation, le gouvernement vient d’annoncer une indemnité exceptionnelle de 100 euros.

De qui se moque-t-on ?

Nous ne voulons pas l’aumône au bon vouloir du gouvernement. Nous voulons sortir de la pauvreté, de la précarité et de l’insécurité sociale du quotidien.

On veut VIVRE !

Et vivre dignement en ayant les moyens de subvenir à nos besoins !
C’est pour cela que notre union revendique 400 euros mensuels de plus immédiatement pour les salaires, les allocations, les minimas sociaux, un plancher minimum de 1700 euros net mensuel et une limitation de l’écart des salaires de 1 à 5, l’accès au RSA pour les 18/25 ans, et l’égalité salariale réelle femmes/hommes avec une revalorisation des métiers à prédominance féminine ! Salaires qui permettent de financer notre Sécurité Sociale.

On nous répète qu’il n’est pas possible de financer les salaires. C’est un mensonge.

Il s’agit de choix de société. Il faut des changements en profondeur et s’en prendre à l’accaparement des richesses par les capitalistes : en 2021, 51 milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires du CAC 40, 100 milliards ont à nouveau disparu dans les paradis fiscaux au lieu de financer nos services publics.

À la crise sociale, aux attaques contre la démocratie et contre les droits des salarié·es, s’ajoute une crise écologique majeure.
Nous ne voulons pas de ce monde là. Notre 8ème congrès l’a rappelé.
Nous devons nous organiser massivement pour le crier et pour porter un projet de société plus juste et plus égalitaire.
Nos revendications sont centrales, mettons les moyens pour les transformer en luttes gagnantes !

Sommaire

  • page 1, couverture
  • page 2, l’ours
  • page 3, la déclaration de fin congrès
  • page 4, suite de la déclaration de fin de congrès
  • Pages 5, les Solidaires en Action : Solidaires 85
  • page 6, brève de combat
  • Page 7, affiche campagne salaire
  • page 8 et 9, affiche centrale : Violentomètre contre les violences sexistes et sexuelles au travail !
  • page 10, la Galaxie Solidaires : Fédération Sud/Solidaires des Urbains et Interurbains
  • page 11, question à : Association Henri Pézerat
  • page 12 et 13, Hold-up sur la Sécurité sociale !
  • page 14, retour sur…
  • page 15, l’avenir au présent
  • page 16, La Déclaration