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Retour sur le procès des assassins de Clément et autres actus antifacsistes

Infolettre du mois de juin 2021

Les derniers articles publiés sur le site La Horde, avec la fin du procès en appel des responsables de la mort de notre camarade Clément Méric.

Actualités

Procès des meurtriers de Clément

Document : la feuille de motivation de la cour d’assises d’Evry

À titre informatif, nous vous présentons en intégralité les éléments qui ont décidé la cour et le jury à condamner Morillo et Dufour.

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 9 : un verdict qui reconnait la réalité des faits

Morillo et Dufour ont été condamnés, mais l’essentiel pour la mémoire de Clément, c’est la reconnaissance des faits.

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 8 : Morillo et Dufour, néonazis à l’insu de leur plein gré

Si les deux accusés ont des personnalités différentes, ils ont un point commun, celui d’être incapables d’assumer leurs idées politiques.

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 7 (suite) : la réalité de la violence de l’extrême droite

Si on croit les avocats de la défense, la violence des antifas serait supérieure à celle de l’extrême droite. Une thèse qui s’écrase contre le mur de la réalité.

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 7 : qui était Clément Méric ? Ses proches témoignent

Au septième jour du procès, les débat se sont concentré sur Clément tel qu’il a été décrit par ses proches. Nous avons pu écouter ses parents, Agnès et Paul-Henri, puis Aude, sa compagne d’alors, se souvenir de lui et nous en faire un portrait à la fois vivant et émouvant, qui nous a permis de mesurer la perte qu’ils ont subie, et nous tou·tes aussi. Nous tenons à les remercier ici, car il n’était pas simple de venir parler, aussi bien, en s’exposant ainsi, avec dans leur dos les meurtriers de Clément et (…)

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 6 : Morillo et Dufour fuient leur responsabilité

Pour la deuxième fois, Morillo et Dufour sont appelés à témoigner, mais cette fois sur les événements eux-mêmes, et non plus sur leur parcours ou leur personnalité.

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La Nouvelle Droite et ses dissidences : Entretien avec Stéphane François

Nouvelle Droite, GRECE, « Gramscisme de droite », autant de termes parfois utilisés pour désigner une frange bien particulière de l’extrême droite. Pourtant peu de gens ont pris le temps de s’attarder à définir réellement ce qu’était le Nouvelle Droite ou à s’attacher à étudier les différents courants qui ont traversé l’histoire du GRECE (Groupement de Recherche et d’Etude sur le Civilisation Européenne). A travers plusieurs articles thématiques regroupés dans le livre sur Alain de Benoist, Guillaume Faye, (…)

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 5 : Comme une insulte à la mémoire

Les amis de Morillo et Dufour oublient tout dès que ça les arrange, jusqu’à leur propre engagement politique, sans plus de considération pour la mémoire de la victime.

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 4 (2e partie) : les antifas remettent les pendules à l’heure

Les amis de Clément étaient appelés à témoigner pour rappeler le déroulement des faits ce jour-là.

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Procès des meutriers de Clément

Serge Ayoub dans son meilleur rôle : L’amnésique devant une cour de justice

Lors du procès des responsables de la mort de notre camarade Clément Méric, Serge Ayoub est convoqué, petite présentation de celui qui se faisait appeler Batskin.

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Procès des meurtriers de Clément

Jour 4 (1ère partie) : côté nazi, des poings américains et la volonté d’en découdre

Il a été question de poing américain, de la décision volontaire des néonazis d’aller au contact et de leur discussion avec Ayoub dans son bar.

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Initiatives

Solidarité internationale

Soutien à Autodefesa Antifascista

Apoio à Autodefesa Antifascista est une compilation digitale de soutien à Jonathan, antifasciste portugais, avec plus de vingt groupes européens et sud-américains.

Lire en ligne « Soutien à Autodefesa Antifascista »

Appel

Féministes uni·es contre le fascisme

Un appel lancé par un ensemble de collectifs et associations féministes, dans la perspective des mobilisations contre l’extrême droite.

Lire en ligne « Féministes uni·es contre le fascisme »

Nancy

Retour sur la manif contre l’extrême droite

Un compte rendu de la manif de samedi dernier vue par le Bloc lorrain.

Lire en ligne « Retour sur la manif contre l’extrême droite »

Mobilisation antifasciste

Le 17ème congrès du RN se tiendra sans surprise cette année à Perpignan le 3 et 4 juillet 2021

Appel de l’Action Antifasciste Perpignan et Alentours contre le congrès du Rassemblement national 2021

Lire en ligne « Le 17ème congrès du RN se tiendra sans surprise cette année à Perpignan le 3 et 4 juillet 2021 »

Saint-Etienne

Cortège antifasciste ce samedi pour la Marche pour les libertés, contre le racisme et les idées d’extrême droite !

Appel à un cortège antifasciste lors de la Marche pour les libertés, contre le racisme et les idées d’extrême-droite le 12 juin 2021.

Lire en ligne « Cortège antifasciste ce samedi pour la Marche pour les libertés, contre le racisme et les idées d’extrême droite ! »

La-Roche-sur-Yon

Mobilisation pour les libertés et contre la xénophobie

Samedi 12 Juin 2021, on se mobilise contre la xénophobie et pour les
libertés à La Roche !

Lire en ligne « Mobilisation pour les libertés et contre la xénophobie »

Marche des Solidarités

Contre le fascisme et le racisme : Riposte populaire !

La Marche des Solidarités appelle à construire massivement la riposte contre le fascisme et le racisme.

Lire en ligne « Contre le fascisme et le racisme : Riposte populaire ! »

Ariège

Appel à une coordination unitaire contre l’extrême droite

Un collectif de militant·e·s, issu·e·s de diverses sensibilités souhaitent unir leur forces dans la lutte contre l’extrême droite.

Lire en ligne « Appel à une coordination unitaire contre l’extrême droite »

Repères

Rennes

Connaître l’extrême droite rennaise pour mieux la combattre

Présentation des différents groupes d’extrême droite sur Rennes par l’AFA Rennes.

Lire en ligne « Connaître l’extrême droite rennaise pour mieux la combattre »

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antifascisme

Visa – Vigilance syndicale antifasciste

Les articles parus sur VISA en juin 2021.
Motion CGT : Mobilisons la profession contre les idées d’extrême-droite La montée en flèche des idéologies de la droite extrême en France, via certains médias qui se font le relais d’une vague brune, nécessite une mobilisation urgente des forces démocratiques, des syndicats, des associations de défense des libertés. Il n’est pas tolérable qu’on banalise les idées d’extrême-droite, en privilégiant dans les médias les thèmes du « tous contre tous », ni qu’on privilégie les sujets sur l’insécurité, sans recul, ni débats contradictoires. Pas plus qu’on instrumentalise chaque fait-divers et que soient privilégiés les porteparoles de la haine et du complotisme, en vue de faire du buzz et de l’audimat. Comment […] afficher en ligne.

Communiqué UD CGT 47 : Stop à l’imposture sociale de l’extrême-droite ! Depuis des décennies les gouvernements successifs par leurs politiques libérales antisociales déroulent un tapis rouge à l’extrême droite et favorisent les conditions de son accès au pouvoir. Au niveau national mais également au niveau de notre département, le Lot et Garonne, d’élections en élections, les idées d’extrême droite gagnent du terrain dans les urnes. La période actuelle est très anxiogène et les annonces contradictoires du gouvernement ainsi que sa gestion calamiteuse de la crise sanitaire favorisent le développement des idées conspirationnistes et des théories du complot. Le racisme, la xénophobie, le sexisme et l’homophobie progressent dans de nombreux cercles, sur […] afficher en ligne.

Communiqué VISA suite au 1er tour des élections régionales Nous n’en n’avons pas fini avec l’extrême droite, ses acolytes et ses idées. Pas une voix pour le Rassemblement National ! Les 3 et 4 juillet, à Perpignan, à l’occasion du congrès du Rassemblement National, toutes et tous ensemble manifestons pour dire non à l’extrême droite ! La catastrophe, annoncée par les sondages, l’irrésistible ascension du Rassemblement National, tremplin de l’accession, en 2022, de Marine Le Pen au pouvoir ne s’est pas concrétisée. L’abstention historique record a certainement pénalisé les représentants du parti fasciste dans une proportion plus importante que les autres candidats même si, là où le FN a réussi à mobiliser ses sympathisants, il arrive souvent […] afficher en ligne.

Mobilisation nationale contre l’extrême-droite le 3 juillet à Perpignan Les 3 et 4 Juillet 2021, à Perpignan, le congrès du Rassemblement National (RN) intronisera Le Pen comme candidate à l’élection présidentielle de 2022. Cet évènement exprimera la volonté de l’extrême droite d’accéder au pouvoir en France : Un danger qu’il n’est désormais plus possible d’écarter et qu’il y a urgence à combattre. Non, le RN n’est pas l’ami des citoyens et citoyennes ! Aujourd’hui, le RN jouer, comme à Perpignan, la carte de la “respectabilité” pour débaucher des politiciens en quête de postes. Une respectabilité qui résiste mal à la nouvelle mise en examen par la justice de Marine Le Pen et de ses […] afficher en ligne.

UL CGT Béziers : appel à manifester contre l’extrême-droite le 3 juillet à Perpignan SALARIES, RETRAITES, PRIVES D’EMPLOI TOUTES LES RAISONS DE NE PAS VOTER POUR L’EXTREME DROITE ET DE MANIFESTER A PERPIGNAN LE 3 JUILLET 2021 ! Plusieurs sondages montrent une forte montée de la droite et de l’extrême droite pour les élections régionales qui auront lieu à partir les 20 et 27 juin. Cette progression s’inscrit directement dans la politique gouvernementale qui a fait des questions sécuritaires et xénophobes un des enjeux centraux des élections régionales. Elle participe aussi d’une stratégie très dangereuse visant à mettre Emmanuel MACRON en face le Rassemblement National au deuxième tour de l’élection présidentielle.       afficher en ligne.

Solidaires Finances Publiques : Pourquoi une lutte syndicale et spécifique contre le Fn / Rn ? Le syndicalisme est porteur de valeurs radicalement opposées aux idées du Fn / Rn. Quand nous prônons la solidarité et l’unité des salarié.es, l’extrême droite provoque leur division en opposant les Français et les étrangers (préférence nationale). Lorsque nous revendiquons un meilleur partage des richesses, notamment par une fiscalité juste et progressive, le Fn / Rn s’y oppose au nom de son Poujadisme historique. Plus globalement, le Fn / Rn se contente de désigner des boucs émissaires issus de son idéologie (les musulmans, les migrants, l’Europe, le mondialisme…) mais jamais il ne propose ni ne participe à des mobilisations revendicatives. Et quand nous, par […] afficher en ligne.

Services Publics Magazine n°120 : dossier spécial contre l’extrême-droite et page VISA Le dernier numéro du Services Publics Magazine a consacré un dossier à la lutte contre l’extrême droite et une page à la présentation de VISA. https://www.cgtservicespublics.fr/la-federation/nos-publications/service-public-magazine/2021/article/service-public-magazine-no120-avril-mai-juin-2021
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Expressions Solidaires n°100 : 3 questions à VISA Le dernier numéro du magazine Expressions, de l’Union Syndicales Solidaires a consacré une page à la présentation de VISA. https://solidaires.org/Expressions-Solidaires-no100-mai-2021
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Communiqué unitaire sur les attaques de l’extrême-droite à Tarbes le 12 juin Une manifestation pour les libertés et contre les idées d’extrême droite s’est tenue hier à Tarbes, comme partout en France, à l’appel de nombreuses organisations locales syndicales, politiques et associatives. Après la dispersion de la manifestation, deux agressions de la part de militants d’extrême droite ont eu lieu, à deux endroits de la ville. La première envers un groupe de militant-es des Jeunes Révolutionnaires, qui ont été attaqués en voiture en sortant d’un parking près de la Bourse du Travail, lieu de départ de la manifestation. 4 à 5 individus ont attaqué physiquement la voiture en criant insultes sexistes et saluts nazis. […] afficher en ligne.

VISA 34 : 8 pages contre l’extrême droite afficher en ligne. VISA 34 : faits et méfaits de l’extrême droite dans le 34 – mai 2021 1er mai    Le journal du Biterrois N°14 consacre 5 pages au bicentenaire de la mort de Napoléon et fait la publicité pour la présentation à la Médiathèque de Béziers du livre de Thierry Lentz. Ce dernier, dirige la fondation Napoléon, donne des cours en histoire à l’Institut catholique de Vendée et a écrit une quarantaine de livre à sa gloire. Le journal du Biterrois n’évoque pas le rétablissement de l’esclavage (1802) qui avait été aboli par la Révolution française (1794). Il n’y a non plus aucune référence à la violence des armées napoléoniennes dans ses conquêtes territoriales. Rien non plus sur […] afficher en ligne.

Mobilisation nationale contre l’extrême-droite le 3 juillet à Perpignan ! Les 3 et 4 Juillet 2021, à Perpignan, le congrès du Rassemblement National (RN) intronisera Le Pen comme candidate à l’élection présidentielle de 2022. Cet évènement exprimera la volonté de l’extrême droite d’accéder au pouvoir en France : Un danger qu’il n’est désormais plus possible d’écarter et qu’il y a urgence à combattre. Non, le RN n’est pas l’ami des citoyens et citoyennes ! Aujourd’hui, le RN jouer, comme à Perpignan, la carte de la “respectabilité” pour débaucher des politiciens en quête de postes. Une respectabilité qui résiste mal à la nouvelle mise en examen par la justice de Marine Le Pen et de ses […] afficher en ligne.

Communiqué de la CODEX 83 : manifestations contre l’extrême droite les 12 juin et 3 juillet Le gouvernement Macron-Castex, par sa gestion calamiteuse de la crise sanitaire, par ses mesures anti-sociales et de plus en plus autoritaires, alimente une colère bien légitime de larges couches populaires.   A l’approche des élections départementales et régionales des 20 et 27 juin, la Codex 83 met en garde contre la tentative de récupération de cette colère par l’extrême droite. Le Rassemblement National n’apportera aucune réponse aux exigences sociales ; il aggravera les discriminations en fonction des supposées origines des citoyens ou de leur religion, il renforcera la chasse aux migrants et aux demandeurs d’asile ; il ne répondra à aucune exigence écologique portée […] afficher en ligne.

Manifestations partout en France le 12 juin pour les libertés et contre les idées d’extrême-droite Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale. Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de […] afficher en ligne.
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antifascisme

Expressions Solidaires n°100 : 3 questions à VISA

Le dernier numéro du magazine Expressions, de l’Union Syndicales Solidaires a consacré une page à la présentation de VISA.

https://solidaires.org/Expressions-Solidaires-no100-mai-2021

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Voici les nouvelles publications sur le site de VISA.

Mobilisation nationale contre l’extrême-droite le 3 juillet à Perpignan
UL CGT Béziers : appel à manifester contre l’extrême-droite le 3 juillet à Perpignan
Solidaires Finances Publiques : Pourquoi une lutte syndicale et spécifique contre le Fn / Rn ?
Services Publics Magazine n°120 : dossier spécial contre l’extrême-droite et page VISA
Expressions Solidaires n°100 : 3 questions à VISA

Communiqué unitaire sur les attaques de l’extrême-droite à Tarbes le 12 juin

VISA 34 : 8 pages contre l’extrême droite
VISA 34 : faits et méfaits de l’extrême droite dans le 34 – mai 2021
Communiqué de la CODEX 83 : manifestations contre l’extrême droite les 12 juin et 3 juillet

Salutations syndicales et antifascistesVISA

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Actu Solidaires 78 antifascisme

Appel à manifestation contre le racisme et les idées d’extrême droite le 12 juin

Communiqué de presse : appel au 12 juin

https://marchedeslibertes.fr/

Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices ex- plosent et génèrent une forte misère sociale.

Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empê- cheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante.

Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite (https://www.appelpourleslibertes.com), nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de mani- festation et de mobilisations qui se déclinera localement.

Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.

Les premiers signataires :

Syndicats : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats De France, Syndicat de la Magistrature, Unef (Union nationale des Étudiants de France), Unl (Union nationale des Lycéens), Fidl, MNL (Mouvement national Lycéen), FSE (Fédération Syndicale Etudiante, l’Alternative, Confédé- ration Paysanne, Union syndicale de la psychiatrie.

Associations et collectifs : Attac, LDH, FCPE, Fondation Copernic, Oxfam, Alternatiba, Amis de la terre Résilience commune, DAL, CNL (Confédération nationale du Logement), Emancipation collec- tive, Rencontre des justices, Coexister, MRAP, CRAN, Sos Racisme, comité justice pour ibo QNQF , observatoire contre l extrême droite, Mrap, association ViSA, Femmes égalité, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif féministe Les Rosies, Les effronté-es, AFPS, Conseil démocratique Kurde France, FTCR, CRLDHT, UTAC, France Amérique Latine,

Médias : Regards, L’humanité, Politis, Contre temps ;

Organisations politiques : Ensemble, Generations, La France Insoumise, GDS, Nouveaux Démo- crates, NPA, Place Publique, les jeunes écologistes, JOC, MJCF (Mouvement des Jeunes Commu- nistes), UEC, PEPS, Jeunes Generation-s, Rassemblement Communiste, UCL


Pour Paris

Départ : Place de Clichy à 14h
Parcours : Place de Clichy – République via Barbès
Ordre des cortèges : organisation en « pôles » (syndicat, asso, politiques dans cet ordre)

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antifascisme

Le procès des assassins de Clément le confirme : l’extrême-droite tue

La cour d’appel confirme les responsabilités et la condamnation des assassins de Clément Méric prononcées lors du premier procès. En les condamnant à 5 et 8 ans de prison, les jurés ont montré que ce sont bien les Skinheads, armés, qui ont attaqué Clément et ses camarades.

Contrairement à ce que l’extrême-droite et certains médias veulent véhiculer depuis 8 ans, il ne s’agissait pas d’une “bagarre”. C’était une agression de fascistes qui portent de façon viscérale et comme logique d’action la violence physique contre les militant•es de la liberté et de l’égalité. Oui, l’extrême-droite tue, dans le monde entier.

Clément était notamment membre de Solidaires Etudiant-e-s et de l’Union syndicale Solidaires. Notre union apporte tout son soutien à ses proches, famille, ami•es et camarades, qui ont dû revivre ces derniers jours des moments difficiles.

Nous saluerons la mémoire de notre camarade cet après-midi dans une manifestation à Paris qui partira de place de la République à 14h et lors d’initiatives qui ont lieu dans toute la France. Nous appelons à la mobilisation pour les libertés et contre les idées d’extrêmes droite du 12 juin. Nous serons mobilisé•es contre le congrès du RN à Perpignan début juillet.

Face à l’extrême-droite, véritable ennemie des travailleuses et des travailleurs et qui se nourrit des inégalités et de la misère sociale, nous continuerons de porter des alternatives à travers nos luttes sociales et dans notre syndicalisme d’émancipation.

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antifascisme Éducation Revue de presse

Dans les Yvelines, une classe en lutte !

Cette rubrique propose un petit tour d’horizon des mobilisations sociales dans le département… Informations forcément non-exhaustives, n’hésitez pas à nous transmettre vos infos à contact@solidaires78.org


Éducation : mobilisation au lycée Les Pierres Vives contre la baisse des moyens…

Source : 78actu.fr

Versailles, l’ordre moral règne toujours… mobilisation homophobe des traditionalistes cathos

Source : 78actu.fr

… et le site 78actu.fr rappelle que ce n’est pas une première :

Ce n’est pas la première fois que des campagnes d’affichages font polémique à Versailles. Parmi les précédents, on compte celle du site de rencontres extraconjugales Gleeden, l’affiche du film L’Inconnu du lac, les affiches d’une marque de lingerie ou encore la campagne anti-sida en 2016.

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5 juin, manifestation antifasciste : 8 ans après, Clément vit dans nos luttes !

Le suivi au jour le jour du procès des meurtriers de Clément par La Horde

Jour 3 : pourquoi les néonazis ont-ils attendu pour sortir ?

Jour 2 : après Morillo mardi, Dufour joue aussi la victime

Jour 1 : “les nazis sont gentils, les antifas sont méchants”

L’Appel commun

8 ANS APRÈS, CLÉMENT VIT DANS NOS LUTTES !

Il y a 8 ans, Clément Méric, militant antifasciste et syndical, était assassiné par des militants néonazis, en plein Paris. En mai prochain, se tiendra le procès en appel de ses meurtriers, condamnés en première instance. Bien qu’il soit nécessaire que la justice reconnaisse la responsabilité des militants de l’organisation néonazie Troisième Voie qui s’en sont pris à Clément et à ses amis ce 5 juin 2013, cela ne saurait suffire car, par-delà la question judiciaire, il est impératif d’organiser une mobilisation politique et de replacer le meurtre de Clément sur le plan politique : la montée en puissance de l’extrême droite et de ses violences dans le monde.

Car 8 ans après sa mort, les forces fascistes contre lesquelles luttait Clément ne cessent de progresser. En plus de l’essor électoral du Rassemblement national, on a pu observer non seulement la persistance des violences perpétrées par des groupes d’extrême droite, mais aussi la circulation de leurs idées, des plateaux télés jusqu’au plus haut sommet de l’État. Depuis 8 ans, on a vu la chasse aux migrant-e-s s’intensifier, le racisme institutionnel et en particulier l’islamophobie gagner en légitimité et en intensité dans toutes les sphères de la société. On a vu le complotisme se développer et les actes antisémites augmenter. On a vu les violences policières s’étendre, tandis que des politiques néolibérales frappent de plein fouet les plus démuni-e-s. Les mouvements sociaux de ces dernières années ont été largement réprimés, cette répression s’étendant à celles et ceux qui luttent contre les idées réactionnaires, qu’illles soient antifascistes, syndicalistes ou militant-e-s LGBTQIA+.

Face au tournant autoritaire de l’État et à la radicalisation d’une large partie du champ politique français, nous serons dans la rue le 5 juin, en mémoire de Clément, mais aussi pour appeler à poursuivre les combats qu’il menait.

Au lendemain du procès en appel des assassins de Clément Méric (25 mai – 4 juin, TGI d’Évry) :

MANIFESTATION ANTIFASCISTE
SAMEDI 5 JUIN 2021
14H PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

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Actu Solidaires 78 antifascisme

Manifestation antifasciste : 8 ans après, Clément vit dans nos luttes !

L’Appel commun

8 ANS APRÈS, CLÉMENT VIT DANS NOS LUTTES !

Il y a 8 ans, Clément Méric, militant antifasciste et syndical, était assassiné par des militants néonazis, en plein Paris. En mai prochain, se tiendra le procès en appel de ses meurtriers, condamnés en première instance. Bien qu’il soit nécessaire que la justice reconnaisse la responsabilité des militants de l’organisation néonazie Troisième Voie qui s’en sont pris à Clément et à ses amis ce 5 juin 2013, cela ne saurait suffire car, par-delà la question judiciaire, il est impératif d’organiser une mobilisation politique et de replacer le meurtre de Clément sur le plan politique : la montée en puissance de l’extrême droite et de ses violences dans le monde.

Car 8 ans après sa mort, les forces fascistes contre lesquelles luttait Clément ne cessent de progresser. En plus de l’essor électoral du Rassemblement national, on a pu observer non seulement la persistance des violences perpétrées par des groupes d’extrême droite, mais aussi la circulation de leurs idées, des plateaux télés jusqu’au plus haut sommet de l’État. Depuis 8 ans, on a vu la chasse aux migrant-e-s s’intensifier, le racisme institutionnel et en particulier l’islamophobie gagner en légitimité et en intensité dans toutes les sphères de la société. On a vu le complotisme se développer et les actes antisémites augmenter. On a vu les violences policières s’étendre, tandis que des politiques néolibérales frappent de plein fouet les plus démuni-e-s. Les mouvements sociaux de ces dernières années ont été largement réprimés, cette répression s’étendant à celles et ceux qui luttent contre les idées réactionnaires, qu’illles soient antifascistes, syndicalistes ou militant-e-s LGBTQIA+.

Face au tournant autoritaire de l’État et à la radicalisation d’une large partie du champ politique français, nous serons dans la rue le 5 juin, en mémoire de Clément, mais aussi pour appeler à poursuivre les combats qu’il menait.

Au lendemain du procès en appel des assassins de Clément Méric (25 mai – 4 juin, TGI d’Évry) :

MANIFESTATION ANTIFASCISTE
SAMEDI 5 JUIN 2021
14H PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

Le Tract Solidaires

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Dossier VISA n°9 : Tribune des généraux, le danger fasciste grandit !

La date n’était sans doute pas choisie par hasard. C’était jour pour jour soixante ans après le « putsch d’Alger » du 22 avril 1961, cette tentative d’une partie de l’armée – représentée par quatre généraux –, de renverser le gouvernement gaulliste et de maintenir l’Algérie dans le rapport colonial coûte que coûte, appuyée en cela par un mouvement ancré parmi les colons européens dans le pays. Un putsch qui échoua finalement mais donna naissance à un monstre violent, l’« Organisation de l’armée secrète » (OAS) qui assassina à tour de bras dans une Algérie dans laquelle la guerre coloniale s’achevait, constituant le dernier mouvement armé de masse dans l’histoire française récente. 

En ce 22 avril 2021, une tribune était publiée sur le site Internet du magazine Valeurs actuelles. Les signataires du texte sont militaires, la plupart d’entre eux à la retraite. Au début, ils étaient vingt. Au bout du compte, ils seraient maintenant une trentaine de généraux et – au total – plusieurs milliers de militaires à soutenir la désormais fameuse tribune, puisque les signatures continuèrent à affluer au fil des jours. Une émission de BFM TV annonçait, le dimanche 02 mai, que le nombre de signataires dépassait désormais les « 22.000 », parmi eux cinquante généraux.

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Dossier Visa n° 9

A propos du fond

Sur le fond, voici ce que dit en substance cette tribune parue sous l’intitulé « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » :

« L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. (….)

– Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

– Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. (…) »

Jusqu’ici, le texte vise avant tout à régler des comptes avec l’antiracisme ou ce que les signataires tiennent pour ses expressions, sur fond de manifestations internationales (dont quelques mobilisations françaises) suite à la mort brutale de George Floyd aux USA, à la fin mai et en juin 2020 ; puis il en vient à l’ennemi intérieur. Ceci en mélangeant allégrement l’islam politique – dont les contours et le rôle ne sont pas définis – et une problématique générale des quartiers populaires laissés partiellement à l’abandon, que le texte réduit à une vision de « hordes » apparemment intrinsèquement menaçantes, en utilisant un terme plaçant les groupes visés délibérément en dehors de la civilisation humaine.

Le texte critique ensuite « la haine » et la division entretenues par le pouvoir publique en utilisant les forces de l’ordre contre les manifestations de Gilets jaunes. Les auteurs insinuent que le discrédit serait jeté sur ces derniers « alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. » On peut retenir, en filigrane, que les initiateurs de la tribune cultivent une certaine sympathie pour les Gilets jaunes, en tout cas ceux du début, idéalisé comme étant l’émanation du ” vrai peuple ‘français” protestant contre le gouvernement tout en s’opposant aux organisations syndicales et à la gauche.

Lors du mouvement des gilets jaune en 2018/2019, au fil des manifestations, la réalité du terrain a évolué prenant, par moments, une orientation politique plus sociale couplée de nombreuses fois avec une présence syndicale significative.

A l’automne 2018, au début du mouvement l’extrême droite avait tenté, parfois avec succès, une OPA au sein du mouvement. La présence des militants syndicaux et du mouvement social avait fini par mettre en échec ces velléités de l’extrême droite d’instrumenter le mouvement des gilets jaunes à son profit.

Tout en se plaçant du côté de l’ordre et en dénonçant un Etat pas assez répressif envers les mouvements sociaux et les jeunes des quartiers, les « militaires séditieux dénoncent la répression des gilets jaunes. Sous entendant que, sciemment, le gouvernement aurait épargné « l’ultra gauche ». On est en pleine théorie du complot !

Le texte affirme ensuite sans complexe la nécessité de la répression étatique : « Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. »

Pour finir ces généraux d’obédience d’ extrême droite concluent par une sorte d’appel à la guerre civile en menaçant d’une intervention de leur « congénères/complices » si, jamais, leurs prédictions paranoïdes se concrétisaient :« Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers. »

C’est sur ces mots, et donc sur l’annonce d’une perspective de milliers de morts, que le texte se termine.

Le problème n’est pas le risque d’un gouvernement militaire qui, dans la période que nous vivons, est complètement irréaliste

De nombreux et nombreuses commentateurs ou commentatrices y ont vu un appel plus ou moins direct à la guerre civile, à l’intervention des troupes dans un conflit intérieur.

D’autres ont tenu à relativiser, à calmer les inquiétudes. Des ministres macronistes n’ont cessé de répéter sur les différentes chaînes de TV que les signataires ne représenteraient qu’« une poignée », un petit nombre sur 200.000 militaires actifs ou à la retraite. Ce qui sonne certes vrai si on se base sur les vingt initiateurs, mais est sans doute nettement moins vrai lorsqu’on prend en compte le nombre total de signataires qui sont venus s’y rallier. Ce nombre serait désormais à cinq chiffres, sachant que le « devoir de réserve » imposé aux militaires pourrait les faire hésiter ; le gouvernement a d’ailleurs, à ce propos, annoncé des sanctions contre quelques-uns au nom (justement) de la violation dudit devoir des réserves. 18 mises à la retraite d’office semblaient ainsi envisagées à la fin avril. La possibilité d’une sanction, courue d’avance, a ainsi pu limiter le nombre de signataires… ce qui fait que l’écho réel des thèses défendues par le texte parmi les militaires professionnels pourrait être bien supérieur à celui que le gouvernement admet.

Certes, il ne faudra sans doute pas s’attendre au scénario d’un régime militaire tel qu’il existait notamment au Chili entre 1973 et 1990 (avec une participation active, toutefois, des économistes ultralibéraux de l’« Ecole de Chicago » qui transformèrent le Chili sous Augusto Pinochet en laboratoire des privatisations) ou encore en Argentine entre 1976 et 1983. Dans un pays hautement industrialisé et/ou à haut degré de productivité, un régime militaire gouvernant essentiellement par la contrainte ne suffirait guère à faire fonctionner l’économie. Un régime autoritaire devra, au minimum, soitêtre en mesure de s’assurer la coopération de certaines forces sociales, soit être en mesure de s’appuyer sur une force politique capable de drainer derrière elle une partie des classes populaires en dévoyant leur mobilisation, p.ex. sur des bases nationalistes. Un régime militaire pur ne serait pas fonctionnel du point de vue même des dominants.

Toujours est-il que le véritable danger ne réside sans doute pas dans un coup d’Etat militaire qui viserait à ériger une dictature sur la base de l’armée mais ailleurs.

Le véritable danger réside dans le fait de légitimer davantage une politique de la violence présentée comme une solution aux multiples crises que traverse la société française ; une politique autoritaire qui prétendrait dépasser ses contradictions par un usage de la force présenté comme légitime, et ceci, en cherchant le consentement d’une partie plus ou moins large de la population en l’opposant à d’autres groupes sociaux. Une force politique, au moins (même si c’est de manière non exclusive), s’offre comme instrument d’une telle politique. Il s’agit de l’extrême droite.

Certains des signataires avaient d’ailleurs déjà eu, dans un passé récent, des accointances avec les forces organisées de ce camp politique. Ainsi l’ex-général Christian Piquemal avait-il été radié des cadres de l’armée en 2016 après avoir participé à une manifestation contre les exilé-e-s à Calais, appelé notamment par la mouvance autour du média fasciste Riposte Laïque. Le général Antoine Martinez prétendait, jusqu’ici, vouloir lui-même se présenter à l’élection présidentielle 2022 avec un programme tourné largement vers le rejet de l’immigration. Enfin, plusieurs des signataires, généraux hors activité, avaient déjà été candidats pour le FN devenu RN, dont Norbert de Caqueray (candidat à Vannes/56), Eric Champoiseau (candidat à Libourne/33), François Gaubert (conseiller régional RN en Occitanie) ou encore Emmanuel de Richoufftz (successivement candidat du FN/RN puis du parti de Nicolas Dupont-Aignan au Grau-du-Roi/30).

L’extrême droite s’en mêle

Ce n’est ainsi pas du tout un hasard si, dès le 23 avril 2021, Marine Le Pen a invité les militaires initiateurs de la tribune à la rejoindre, à travers une « Lettre ouverte » publiée – elle aussi – sur le site de Valeurs actuelles. On y lit : « (…) Les inquiétudes que vous exprimez avec courage ne peuvent rester au stade de l’expression d’une indignation, fût-elle puissante. Elle exige en démocratie, la recherche d’une solution politique. (….) Je vous invite à vous joindre à notre action pour prendre part à la bataille qui s’ouvre, qui est une bataille certes politique et pacifique, mais qui est avant tout la bataille de la France. »

C’est ce soutien affiché par Marine Le Pen, réitéré publiquement aux microphones de France Info le mardi 27 avril, qui aura déclenché les cris d’orfraie de plusieurs responsables de la macronie, jusque-là resté-e-s sans réaction ; l’ex-ministre de l’Intérieur Christophe Castaner p.ex. critiquant ensuite la présidente du RN pour sa « récupération politique ».

Certains des signataires se rebifferont d’ailleurs aussi gentiment en faisant remarquer qu’ils souhaitaient rester maître de leur vote, se voulant sans doute ménager aussi une possibilité de voter par exemple pour un Nicolas Dupont-Aignan qui avait, lui aussi, bruyamment salué la tribune (« Je la trouve excellente, elle est très modérée »). Ou alors, si jamais il se présentait une troisième fois après 1995 et 2007, pour le vicomte Philippe de Villiers ? Ce dernier avait, une semaine avant la publication de la tribune par Valeurs actuelles, orné la Une du même magazine (numéro du 15 au 21 avril 2021) sous ce titre prometteur : « J’appelle à l’insurrection ! »

La logique dans laquelle se placent des responsables de l’extrême droite lorsqu’elles ou ils s’intéressent à la tribune et ses signataires, est très limpide. Marion Maréchal, invitée au microphone d’Appoline de Malherbe sur RMC et BFM TV dans la matinée du jeudi 29 avril, l’a bien résumé par cette phrase qui expliquait que l’expérience en opération extérieure – autrement dit, sur des lieux de conflit « chaud » – pouvait être d’un grand intérêt pour inspirer le maintien de l’ordre, sur le territoire français. Dans l’original : « que leur expérience sur des théâtres d’opération extérieurs, des pays en guerre ou des pays qui ont connu la guerre civile, leur permet d’avoir une grille d’analyse (…) qui est intéressante, justement, pour pouvoir dénicher les signes avant-coureurs qui pourraient éventuellement exister dans notre société, relativement à l’état de guérilla latente que nous vivons au quotidien. »

Ces termes n’expriment rien d’autre que l’idée d’une militarisation explicite et sans limite du maintien d’ordre, notamment dans des zones du territoire français marquées par une concentration importante de problèmes sociaux, souvent accompagnées d’une concentration de populations immigrées stigmatisées et ouvertement dépeintes comme un ennemi irréductible à mater, ou à écraser violemment au besoin.

C’est dans le même esprit que Robert Ménard, le maire d’extrême droite de Béziers, dira le même matin lors d’un débat – deux heures plus tard – sur BFM TV qu’« envoyer l’armée dans les banlieues, je trouverais ça très bien ». 

L’organisation des forces de l’ordre en France, avec la gendarmerie (intervenant en matière de maintien de l’ordre suivant une répartition des rôles avec la police mais dépendant hiérarchiquement du ministère de la Défense) permettrait, d’ailleurs, théoriquement d’assurer une sorte de continuum entre logique militaire et logique policière, si un pouvoir public assumait une approche ouvertement guerrière.

Voilà le véritable intérêt d’une telle approche pour l’extrême droite, dont une participation au pouvoir public – même si elle est loin d’être assurée au moment où ces lignes sont écrites – apparaît tout de même comme un scénario autrement plus probable qu’un gouvernement français issu de l’armée elle-même.

Radicalisation idéologique à droite

Alors que la droite classique est restée majoritairement silencieuse sur l’affaire des militaires, au moins un élu de premier plan de ce camp politique a lui aussi pris fait et cause pour leur tribune ; il s’agit du sénateur LR des Alpes-Maritimes, Henri Leroy, qui s’est ainsi exprimé sur « France Bleu Azur », le mardi 27 avril : « Ils ont raison, notre France s’en va, il faut la sauver », tout en critiquant leur méthode.

D’autres élu-e-s de la même droite iront moins loin, mais dirent eux ou elles aussi « partager le constat » sans cautionner la démarche, à l’instar de Rachida Dati : « Je ne l’aurais peut-être pas écrite comme ça (mais) ce qui est écrit, c’est une réalité », dira-t-elle.

Ceci s’inscrit aussi dans un contexte de nouvelle poussée de durcissement idéologique d’une partie de la droite, après une première vague de radicalisation sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avec la création d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » (2007), le lancement d’un grand « débat sur l’identité nationale » (novembre 2009 à février 2010) qui fera cependant un flop, etc.etc.

Cette fois-ci, le raidissement idéologique touche aussi des secteurs de la droite réputée « modérée », dès lors que l’on entend par exemple Valérie Pécresse affirmer sur un plateau réunissant CNews, Europe 1 et Les Echos, dimanche 25 avril 21 : « Il faut d’abord cesser de nier le lien entre terrorisme et immigration. Il y a un lien (…), notamment avec l’immigration la plus récente. »

Abondant tout à fait dans le même sens, un éditorial du quotidien Le Figaro – habituellement proche de la droite LR – du lundi 26 avril 2021 postule, parmi d’autres élucubrations, prenant appui sur l’odieux attentat commis le 23 avril à Rambouillet contre une agente administrative dans un commissariat de cette ville des Yvelines : « Que ceux qui se contemplent dans ce qu’ils appellent pompeusement Etat de droit méditent, après ce nouveau drame, devant l’affaissement de l’institution (…). Depuis des décennies, nos cours suprêmes renforcent les droits fondamentaux des étrangers : facilité pour les visas, largesse du droit d’asile, nombre d’expulsions dérisoire, naturalisations complaisantes. (…) Le principe de précaution invoqué en toutes circonstances, de prudence sanitaire extrême en délit d’écocide, disparaît en matière migratoire. » (Article signé Vincent Trémolet de Villers, rédacteur en chef des pages « Débat et Opinions » du journal.)

Trémolet de Villers ira plus loin dans son éditorial, même si ses autres propos pourraient aussi être mis en correspondance avec des sorties de dirigeants du FN. Ainsi, après avoir fantasmé sur une prétendue facilité dans l’accès aux visas ou au statut de réfugié(e) supposons à son profit que l’éditorialiste du Figaro ne sait, sur ces points, réellement pas de quoi il parle il établira une comparaison entre l’immigration de personnes humaines et des virus ou encore des polluants, en évoquant le principe de précaution en en matière de lutte contre la pandémie (qu’il conteste visiblement au passage) ainsi que le droit de l’environnement et la future « Loi Climat ». Gollnisch, lui, avait préféré dans le passé comparer les immigrés aux déchets nucléaires en parlant, lui aussi, de « principe de précaution »…

C’est à propos du même attentat de Rambouillet du 23 avril que l’initiateur principal de la tribune publié par Valeurs Actuelles, Jean-Pierre Fabre-Bernadec, justifiera – entre autres dans plusieurs contributeurs au média en langue française et proche du pouvoir russe, fr.sputniknews – l’approche des signataires de celle-ci. La boucle semble ainsi bouclée.

Une nouvelle preuve de la dangerosité de l’extrême-droite 

Si preuve il était encore besoin de trouver, cette tribune des généraux vient nous l’amener : une fois de plus, la dangerosité de l’extrême droite éclate au grand jour !

En effet, c’est bel bien l’ADN du fascisme qui transpire de ces lignes : un pouvoir autoritaire et d’une violence extrême tournée avant tout contre une partie de la population, stigmatisée.

Ne nous y trompons, quelle que soit la colère, au combien légitime, que nous éprouvons contre Macron et son gouvernement, le RN (parti fasciste le plus à même de prendre la tête du pays) ne doit pas être minimisé. L’arrivée au pouvoir de ce dernier ne représenterait pas un « simple » saut qualitatif dans la répression, le racisme etc. Mais bel et bien l’instauration d’une nouvelle ère, un fascisme du 21ème siècle, avec tous els dangers que cela comporte.

Seules les mobilisations de masse, dans l’unité, contre le gouvernement Macron, couplées à une bataille spécifique contre le RN, toute l’extrême droite et leurs idées, pour faire tomber leur masque et les dénoncer, sont à même de redonner de l’espoir et avancer vers une alternative politique.

En cela, les syndicalistes ont une responsabilité majeure !

Tribune des généraux : ils parlent, nous les combattons

Les vieilles ganaches étoilées auteurs de la tribune publiée dans Valeurs actuelles – hebdomadaire qui avait fait paraître la semaine précédente « L’appel à l’insurrection » de Philippe de Villiers – sont ces mêmes officiers qui, au cours des années 1974 à 1981, ont impitoyablement combattu les droits démocratiques d’expression et d’association aux armées. Ces mêmes officiers qui ont embastillé pour de longs mois des centaines de soldats, appelés du contingent et engagés, qui revendiquaient leurs droits de citoyens et de travailleurs sous l’uniforme. Ces mêmes officiers qui réprimaient ce qu’ils appelaient alors l’«ennemi intérieur» ou l’«anti-France».

Aujourd’hui, leur tribune est un appel à l’épuration ethnique du pays et à consolider l’ordre social par un recours à l’armée. Ce serait une erreur de se contenter de leur opposer l’obligation de réserve qui musèle les citoyens en uniforme. S’aventurer sur ce terrain serait renforcer et légitimer le régime antidémocratique d’exception qui étouffe la voix et la conscience des soldats. Ceux-ci sont aujourd’hui assujettis à la loi du silence ; pour combattre les factieux et les apprentis-putschistes, il faut permettre la libre expression des courants démocratiques au sein de l’armée.

Les questions militaires et le fonctionnement de l’armée constituant un enjeu politique et social à part entière, c’est politiquement que l’on doit combattre ces saillies autoritaires et non faire appel à des mesures disciplinaires.

Le 28 avril 2021

Patrick Le Tréhondat (ancien quartier-maître de réserve), ancien membre d’Information pour les droits du soldat (IDS), du comité de soldats Tonnerre de Brest et du bureau de la Conférence européenne des organisations d’appelés (ECCO).

Christian Mahieux, (ancien objecteur insoumis), ancien membre des Comités de lutte des objecteurs de conscience (CLO) et du mouvement d’objection collective OP20.

Patrick Silberstein (capitaine de réserve), ancien membre d’information pour les droits du soldat (IDS), du comité de soldats de l’École d’application du train et du bureau de la Conférence européenne des organisations d’appelés (ECCO).

Extraits de Faits et méfaits de l’extrême droite dans le 34 – avril 2021

Par VISA 34

Une tribune signée par une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d’un millier de militaires a été publiée le 21 avril par le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles. Ils y dénoncent le soi-disant « délitement » de la France et appellent les responsables politiques « à défendre la Nation contre l’islamisme et les hordes de banlieue » car « une guerre civile serait inéluctable ». Cette tribune n’en finit pas de faire des remous. Après avoir déjà fustigé une « tribune irresponsable », la ministre des armées, Florence Parly, a demandé des sanctions. C’est ainsi que 18 soldats d’active identifiés, dont quatre officiers, devront passer par un tribunal militaire.

Cette tribune a été mise en ligne par un site « Place d’armes » dirigé par le capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac, ancien de la gendarmerie mobile et de l’armée de Terre, mais aussi responsable du DPS, le service d’ordre du Front national. Ce site encense les invités de Robert Ménard comme Bernard Lugan et Alain de Benoist issus de la fachosphère. En réalité, cet ancien officier de gendarmerie est un habitué des prédictions de guerre civile. Le 19 avril, il déclarait chez André Bercoff sur Sud Radio (autre invité du maire de Béziers) « Je crains fort qu’aujourd’hui la situation soit tellement grave, que nous allions vers une explosion et peut-être vers quelque chose de plus grave. Je ne dirai pas le mot guerre civile mais ce n’est pas loin ». Dans un article sur le site royaliste Politique magazine, il expliquait plus clairement sa vision raciste : « Dans une situation explosive, il faut deux protagonistes pour s’affronter. Actuellement nous en avons trois : la population autochtone encore enracinée venant généralement des peuples d’en bas, la masse migratoire communautarisée et souvent islamisée et les « élites » mondialisées et « boboïsées » issus des classes supérieures. La confrontation de ces diverses strates de populations et la lente maturation de ce face à face conduit inexorablement à la guerre civile ou au minimum à une intervention de la force armée. ».

Parmi les signataires, on trouve le général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère, déjà radié en 2016 des cadres de l’armée pour avoir participé à une manifestation interdite contre les migrants à Calais. Juste avant d’être interpellé, Christian Piquemal avait, sur le site de Robert Ménard Boulevard Voltaire, justifié sa décision de braver la décision préfectorale au nom de « la France éternelle » et avait prédit « La France debout va se lever, il va se passer des choses dans les mois qui viennent. » Déjà à l’époque ce général avait reçu le soutien de Marine Le Pen, de Marion Maréchal et bien sûr de Robert Ménard. Ce dernier avait déclaré « Clandestins en liberté, général français arrêté, bienvenue en Hollandie » et encore « Piquemal en comparution immédiate ! La justice plus rapide avec un général patriote qu’avec les voyous du quotidien. ». Faut préciser que ce général est un grand adepte de la théorie du complot dite du Grand remplacement de Renaud Camus. Ce n’est donc pas un hasard si ce discours séditieux est soutenu par toute la fachosphère. Pour Marine Le Pen, ces militaires avaient « interpeller en quelque sorte le peuple français sur la gravité de la situation » et elle les avait appelés à rejoindre son mouvement. Allant exactement dans le même sens que le RN, Robert Ménard a fait semblant de nous interroger « Faut-il s’inquiéter de la tribune des généraux ou de la situation de la patrie ? ».

Parmi les autres signataires de cette tribune, on trouve :

– Le général Antoine Martinez qui dénonce « l’immigration extra-européenne de peuplement » et « l’islamisation » de La France. En 2019, il a aussi agité le spectre d’une « cinquième colonne » jihadiste au sein de l’armée, avec ses « soldats français musulmans qui effectuent chaque année le pèlerinage à La Mecque. »  Ce général est également leader des Volontaires pour la France (VPF), un groupuscule d’anciens militaires persuadés que la France s’effondre sous les coups de boutoir de « l’islam [et de] l’oligarchie financière apatride ».

– Le général de division François Gaubert, conseiller régional RN en Occitanie en 2015 sur la liste de Louis Aliot (candidat sur le 5° canton de Montpellier).

– Le général Norbert de Cacqueray, candidat RN avec sa femme aux municipales à Vannes (Morbihan).

– Le général de division, Eric Champoiseau, figure lepéniste en Gironde et candidat sur la liste aux élections municipales de 2014 et 2020 à Libourne

– Le général de division Emmanuel de Richoufftz, qui aux municipales 2020 au Grau-du-Roi était sur la liste de Debout la France, parti de Nicolas Dupont-Aignan, après avoir échoué à constituer une liste RN.

Citons encore quatre autres généraux, très politisés.

– Daniel Grosmaire, André Coustou et Roland Dubois, ils avaient en 2018 dénoncé avec d’autres généraux le traité de Marrakech sur les migrations, et

– Jean Claude Grollier qui lui avait signer un manifeste des officiers généraux ayant servi en Algérie afin de défendre la mémoire de leur combat.

Alors, évidemment la date du 21 avril n’a pas été choisi au hasard : elle correspond à la date anniversaire de la tentative de putsch des généraux pendant la guerre d’Algérie. Le maire de Béziers d’ailleurs honore la mémoire du commandant Hélie Denoix de St Marc qui, en ce 21 avril 1961, avait décidé de rejoindre les putschistes et plaçant ses hommes dans les rues d’Alger.

Le Rassemblement national dans les casernes

À l’heure de la publication de la Tribune de généraux qui marque une incursion publique des courants d’extrême droite présents dans l’armée, il faut rappeler que la Fondation Jean Jaurès une enquête conduite par Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach sur le vote des militaires en faveur du Rassemblement national. Le constat est accablant.

Pour étudier le vote des militaires, l’étude a porté sur le vote dans de nombreuses communes où sont implantés des sites militaires et plus particulièrement sur les bureaux de vote à proximité de logements ou casernements (gendarmerie). Nous ne reprenons pas ici tous les chiffres et les cas étudiés mais nous en citerons quelques-uns significatifs

Ainsi concernant l’armée de terre, dans les villes de Mourmelon-le-Grand et Mourmelon-le-Petit (501e  régiment de chars de combat) alors que le vote RN dans le département s’établit à 30,2% le vote RN bondit à 44,9 % et 41,30 soit +14,70% et 11,11%. À Mailly-le-Camp, ville de caserne, le différentiel atteint 17%. À Suippes (40e  régiment d’artillerie)  le différentiel par rapport à la moyenne départementale est de +15,30%. Dans le sud de la France, à La Cavalerie dans l’Aveyron qui connaît une forte concentration de troupes de la Légion étrangère on trouve un vote RN de +14,60% par rapport au reste du département. L’étude indique que le vote RN (ou FN) a connu une forte progression entre l’élection présidentielle de 2012 et les Européennes de 2014 puis s’est accru aux élections régionales de décembre 2015. Les forts niveaux de vote RN atteints sont donc le produit d’une radicalisation sur ces dernières années. Si les deux auteurs remarquent qu’à la présidentielle de 2017 ce vote a pu refluer légèrement, ils constatent qu’aux Européennes de 2019 « il demeure très élevé ». Ils ajoutent que l’effondrement du vote en faveur des Républicains a profité au RN, ce qui s’appelle tout simplement un transfert de voix, même si la République en marche a pu bénéficier pour une faible partie du recul des Républicains. Détail important, concernant les votes « militaires » qui s’étaient portés sur Fillon lors de la présidentielle  les auteurs concluent que cet « électorat filloniste s’est puissamment reporté sur Marine Le Pen » au second tour.

Dans l’armée de l’air et la Marine

L’étude s’est également intéressée au vote des « aviateurs ». Là aussi, les votes dans des communes à faible population comptant des bases aériennes ont été analysés. Ainsi le dépouillement des votes dans la commune de Ventiseri,  en Haute-Corse, (base aérienne 126, 950 personnels) indique qu’aux dernières européennes, la liste RN atteint 43,6% des voix alors qu’en Haute Corse le RN recueille en moyenne 26,5 % des voix. L’étude cite le constat de Jean-Guy Talamoni, leader indépendantiste, qui déclarait sur France Inter le 28 décembre 2015 : « L’extrême droite est une idéologie importée en Corse. […] Ce sont les bureaux de vote à proximité par exemple de la base de Solenzara, où il y a beaucoup de militaires continentaux […] où le FN fait des scores remarquables.» La note nous emmène ensuite dans le Loiret dans la commune de Bricy, dans le Loiret qui abrite la base aérienne 12. Jordan Bardella y obtient 38,1 % des voix aux européennes contre une moyenne départementale de 25,3 %. Le RN y progresse même lors de la dernière élection présidentielle, puisque Marine Le Pen recueille  39,2 % des voix. La dynamique électorale est bien là.

Les auteurs se sont également intéressés aux bases militaires françaises à l’étranger. Alors que « les Français de l’étranger » votent à 6,40 % pour le RN, à Djibouti, qui compte de nombreuses bases militaires, son score bondit à 27,2 %. Concernant la Marine, l’étude se penche sur la commune de Lanvéoc dans le Finistère avec sa  base aéronavale. Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017 obtient 35,6 % contre une moyenne départementale de 22,7 %.

Gendarmes et gardes républicains : un vote très brun

Concernant ces populations militaires, l’étude s’est penchée sur des villes connaissant de fortes concentrations de gendarmes et gardes républicains. À Hyères, dans le bureau de vote où est située une caserne de gendarmerie, l’écart du vote en faveur de Marine Le Pen par rapport à sa moyenne dans la ville elle-même est de +20,3%. À Toulouse, +17,40%, à Maisons-Alfort, +10,8%, au total 14 villes sont ainsi citées avec des chiffres tout aussi éloquents. Les auteurs de l’étude remarquent que « cette très forte prime accordée à Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2012 était d’autant plus spectaculaire qu’elle ne s’accompagnait pas d’une minoration du vote en faveur de Nicolas Sarkozy. » Signe là encore d’une radicalisation à droite. Concernant les gardes républicains, le diagnostic est tout autant sévère : « Ainsi, le bureau n° 46, situé boulevard Kellermann dans le 13e arrondissement et où votent les gardes républicains, et leurs familles, du régiment cantonné caserne Kellermann est celui où, à la présidentielle de 2012, Marine Le Pen avait obtenu son score le plus élevé de toute la capitale (18,3%) »  Nanterre qui loge une caserne de la garde républicaine voit son bureau 14 qui est à proximité de la caserne un score de 37,5 % des voix en 2012 pour Marine Le Pen soit 26,8 points au-dessus de son score dans la vile elle-même. L’étude multiplie d’autres exemples.

À l’évidence le vote Rassemblement  national est supérieur dans les casernes que dans le reste de la société. L’absence de tous droits démocratiques d’expression et d’association, y compris syndical, favorise les tendances les plus régressives. Le peu d’attention portée à la situation des personnels aux armées, notamment aux engagés et aux personnels subalternes, par le mouvement syndical renforce l’isolement social et politique de ces populations et les jette le plus souvent dans les bras des fractions les plus réactionnaires ou en tout cas ne permet pas l’expression de courants démocratiques qui pourraient exister en son sein. Rappelons qu’aux Pays-Bas, 80 % du personnel militaire est syndiqué. Qu’au Danemark, le syndicat des soldats et caporaux de l’armée (HKFF) est affilié à la centrale ouvrière à la confédération ouvrière Fagbevægelsens Hovedorganisation (FH).

Le 2 mai 2021

Patrick Le Tréhondat (ancien membre du comité de soldats Tonnerre de Brest)

L’ensemble de l’étude est disponible sur le site de la Fondation Jean Jaurès

https://jean-jaures.org/nos-productions/pour-qui-votent-les-casernes