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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Farbnce Télécom : déclaration préalable SUD – CSE DO IDF – 13 février 2025

Déclaration préalable SUD – CSE DO IDF – 13 février 2025

Cela fait plus d’un an que SUD propose à toutes les Organisation Syndicales de travailler sur une majorité de gestion des ASC. Certes les cinq organisations syndicales représentatives de la DO IDF composent un bureau. Mais aucun syndicat n’a répondu à cette proposition. Sans aucune concertation préalable, nous nous retrouvons élu·es CSE a voter quatre budgets différents au CSE précédent de janvier 2025. Il était évident de se retrouver à nouveau aujourd’hui sur ce CSE supplémentaire, puisque nous n’avons toujours pas trouvé de budget.

Trois budgets présentés sur cette séance, SUD ne cautionnera pas la mise en place de la plateforme commerciale Edenred, le paradis consumériste, qui pratique les « ASC, Activités Surtout Commerciales ».

SUD refuse que la ligne budgétaire consacrée à l’aide et secours de salarié.es en difficultés financières soit sacrifiée. Cette aide complémentaire à celle que doit fournir l’entreprise est un acte social de solidarité.

SUD précise que même si ce n’est pas une gestion qui soit propre au CSE de la DO IDF, la restauration fait partie intégrante des ASC.

SUD et CGT mettent au vote un budget qui est plus solidaire et permettrait de proposer des prestations plus sociales et à vocation culturelle. SUD et la CGT, en refusant de sous-traiter à une plateforme commerciale, réitèrent à nouveau leur confiance à l’intégralité de l’équipe du personnel du CSE pour sa mise en œuvre.

Nous nous battrons pour la pérennité de leur emploi !

Nous découvrons un nouvel Accord GEPP (Gestion Emploi et Parcours Professionnels ou plutôt « GEns Peuvent Plus ») signé le 10 février 2025 qui pourrait se résumer à un outil patronal pour le déclin !

Les 3 syndicats représentatifs à Orange ont donc choisi de signer ce nouvel accord, qui, rappelons-le, définit pour les 3 prochaines années la politique de l’emploi dans le groupe en France.

Ont-ils VRAIMENT bien analysé ce qu’ils ont approuvé, ou se sont-ils contentés de valider ce texte parce qu’il embarque un nouveau TPS attendu par un certain nombre de salariés·es, séniors, désireux de quitter le navire avant qu’il ne sombre ?

Concernant les négociations en elles-mêmes :

Aucun des signataires de cet accord n’a eu la décence de rendre compte auparavant de contreparties quasi nulles à la vague des départs à la retraite.

Ni des conséquences de cet accord, véritable outil patronal pour favoriser la fuite des emplois, des métiers, des compétences d’Orange France vers un ailleurs. Il faudra s’attendre à des pressions managériales dans les services pour les vider.

– Certes, quand on est senior éligible, on peut partir !

– Certes ceux et celles plus jeunes et non éligible au TPS, peuvent partir en mobilité !

Mais dans les faits, quel sera le choix pour les salarié.es

Est-ce que les salarié·es auront le choix de rester chez Orange France, quand leur service sera artificiellement vidé de son activité, comme pour les boutiques aujourd’hui ? 

Pas si évident avec cet accord ? que l‘on pourrait qualifier d’accord de mobilité, si ce n’est forcée du moins « fortement conseillée »

Pourquoi SUD n’aurait jamais validé un tel accord :

Totale régression de l’embauche : Le texte prévoit le recrutement de 6 000 salarié·es entre 2025 et 2028 quand 20 000 à 25 000 emplois disparaitront sur la même période (source document bilan annuel emploi présenté en mai 2024 devant le CSEC, soit la pyramide des âges qui fait « un pic de Dante » au niveau de l’abscisse des 60 ans )   

Des alternant·es, oui, mais combien seront embauché·es ? Aucun élément de réponse dans l’accord, aucun engagement de l’entreprise sur ces 2 600 alternant·es qui viendront chaque année durant 3 ans compenser les départs de salarié·es Orange durant leur apprentissage, et puis…oust ! Comme les autres, dehors ! Le recours à l’alternance comme force au travail exclusif pour palier au manque criant de personnel est un détournement de sa fonction première : l’apprentissage.

Oui, nous tendons dangereusement vers une déflation accélérée d’Orange maison mère, une véritable hémorragie :  Si certains syndicats ont pu apprécier la portée de cette GEPP qui intègre les filiales, nous constatons que c’est surtout un outil supplémentaire pour l’entreprise pour affaiblir la maison mère. En effet, la majorité des postes « en tension ou émergents » le sont dans les filiales. Il est également à noter que ce sont essentiellement des niveaux cadres/cadres supérieurs qui figurent à la fois dans les emplois « en tension ou émergents », donc soumis à recrutement en filiale, et dans la rubrique « en décroissance », plutôt synonyme de « TOI tu dégages ! vers un ailleurs… ».

Un TPS (Temps Partiel Séniors ou très petit salaire) toujours moins disant. Terminé également la possibilité de surcote liée à la poly-pension qui figurait dans la précédente mouture. Quant à l’application de la DG51 (qui accorde jusqu’à 24 mois de salaire lors d’un départ de l’entreprise dans le cadre d’un dispositif de départ de l’entreprise), ce sera certainement au bon vouloir managérial ! Pour mémoire, il avait été « généreusement » (sic…) promis officieusement 2 mois de SGB (Salaire Global de Base) à minima lors du TPS 2022, quand pour les premières versions du TPS, les moyennes étaient aux alentours de 7 mois. Et nous ne parlerons pas ici du CFC (Congé de Fin de Carrière), l’ancêtre du TPS pour lequel une prime de 75% du SGB annuel était versée aux salarié·es en partance.

Faire partir ses salarié·es : tout est bon pour Orange pour dégraisser. Après les « respirations » déjà vues dans le TPS2022, et devant la relative défiance des salarié·es à l’égard des PDV (plan de départs volontaires) et RCC (Ruptures conventionnelles collectives), que ces dernier·es assimilent très bien à un plan anti-social chez SCE, voici le congé mobilité. Inciter son personnel à aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte moyennant 80% de son SGB, voilà une nouvelle variante introduite dans cette GEPP par Orange pour dégraisser ses effectifs.

Quant aux NAO 2025… Ça s’annonce mal !

Après d’aussi “bonnes négociations”

Et au regard des NAO de 2024, l’entreprise risque de proposer à nouveau des miettes… Alors en plus de « se mouiller la chemise dans les salons »… Mobilisons-nous et créons un rapport de force !

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Écologie Éducation

8 avril : stage écologie et pédagogie, à Limay

Le mardi 8 avril, SUD éducation 78 organise un stage Écologie et pédagogie à la Nouvelle Réserve à Limay.

Nous espérons être nombreuses et nombreux pour ce stage pédagogique et syndical !

Pour vos questions ou demande de précisions et pour nous informer que vous vous êtes inscritEs : sudeducation78@ouvaton.org

N’hésitez pas à diffuser l’affiche autour de vous et à la mettre dans vos établissements !

Stage Écologie et pédagogie – Face à l’urgence climatique, quelles pratiques pédagogiques, quelles interventions syndicales ?

La crise écologique s’intensifie. Les plus riches en portent essentiellement la responsabilité, et pourtant ce sont les plus pauvres qui en subissent et subiront les conséquences de plein fouet. L’urgence climatique est une réalité. Nous sommes toutes et tous concernéEs, en tant qu’habitantE, parentE, militantE, personnels de l’Éducation. En ce sens, le combat écologique fait partie intégrante de l’action syndicale.

Dans l’éducation, il nous appartient d’en faire prendre conscience aux jeunes et de les préparer aux transformations qui nous attendent. Quels leviers avons-nous pour imposer des mesures de justice sociale et environnementale ? Comment intégrer les questions écologiques dans nos enseignements ?

Au programme…

Matinée

🌍 Écologie et pédagogie ? Quelles significations, quelles réalités dans nos établissements ?

🌍 La crise environnementale : où en est-on, comment en parler dans nos établissements, avec les collègues ou les élèves, quelles revendications construire ?

🌍 Débat : que fait l’Éducation nationale des questions écologiques ?

Midi – Repas avec Mandolines, le local dans le bocal, un service de traiteur pour une cuisine vertueuse et créative, avec des produits locaux et de saison. La moitié du repas est prise en charge par le syndicat.

Après-midi

🌍 La classe dehors : utiliser l’environnement proche comme outil d’enseignement et d’émancipation.

🌍 Introduction à la pédagogie critique sous l’angle de l’écologie : en quoi la question écologique croise-t-elle la question des dominations et des oppressions ? Comment introduire des questionnements écologiques critiques dans nos cours ?

🌍 Dans nos pratiques, comment intégrer des réflexes écologiques à transmettre à nos élèves ?

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Internationalisme Les travailleur·euses n'ont pas de pays ! Retraites

Bulletin international de l’UNIRS n°12 de février 2025

UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Au sommaire du n°12 du bulletin En retraite et internationalistes ! de l’UNIRS :

  • Ukraine : les retraités de Tchernobyl manifestent.
  • Grande-Bretagne : les retraité⸳es ont froid et sautent des repas.
  • Argentine : les retraité⸳es aussi ont manifesté le 1er février.
  • Serbie : les retraité⸳es soutiennent les étudiants.
  • Italie : Pensionati Uniti, numéro de janvier.
  • Etat espagnol : nouvelle remise en cause du droit à la retraite.

Ukraine : les retraités de Tchernobyl manifestent

Le 14 janvier, à 10 heures du matin, les retraité⸳es de Tchernobyl se sont rassemblé⸳es sous les murs du bâtiment du conseil municipal de Korosten, pour exiger le respect des décisions de justice établissant la légalité des compléments de retraite de Tchernobyl. « Le groupe d’initiative Ovruch propose d’écrire une déclaration au bureau du procureur, au bureau principal, pour signaler le crime commis par la Caisse de retraite de l’Ukraine et l’État », a déclaré au public Tetyana Mostivenko, représentante du groupe d’initiative des retraité⸳es de Tchernobyl. Nina Khodakivska, une résidente locale, raconte : « Nous sommes venu⸳es au bureau des retraites. Depuis le 10, la pension n’a pas été payée. Ils ont dit que nous avions besoin d’un certificat […] »

En octobre 2024 à Korosten, des retraité⸳es de Tchernobyl avaient participé à des rassemblements pour défendre leurs droits. La raison du début des protestations était l’adoption de la loi ukrainienne sur le budget de l’État 2025, le 19 novembre 2024, justifiée par la nécessité d’économiser de l’argent. En décembre 2024, six personnes retraitées avaient débuté une grève de la faim. Les habitants et habitantes de la communauté ont adressé leurs revendications aux représentants des autorités locales et centrales. Après deux semaines de grève de la faim, les six ont recommencé à manger.

Grande-Bretagne : les retraité·es ont froid et sautent des repas

Depuis des mois, le syndicat Unite mène la lutte contre la réduction de l’allocation, décidée par le gouvernement travailliste : « Au lieu de prendre dans la poche des retraitées, le gouvernement devrait envisager un impôt sur la fortune ciblant les plus riches de la société. » Des études menées par le syndicat ont révélé que plus des deux tiers de ses membres retraité·es ont dû baisser le chauffage cette année, tandis qu’un tiers prennent moins de bains et de douches. Dans un sondage mené auprès d’environ 6 000 retraité·es, 63 % ont déclaré qu’ils et elles avaient eu froid plus souvent cet hiver par rapport aux années précédentes, et 16 % ont même déclaré qu’ils et elles avaient dû réduire leurs repas.

Argentine : les retraité·es aussi ont manifesté le 1er février

En réponse aux propos outrageusement réactionnaires de Milei, qui a notamment assimilé l’homosexualité à la pédophilie, les personnes retraitées aussi étaient dans la rue le 1er février. Le mouvement syndical argentin y a également pris toute sa place, CTA-A et CTA-T faisant même cortège commun. Cette marche de la fierté antifasciste est un évènement important pour le mouvement social argentin.

Serbie : les retraité·es soutiennent les étudiants

Les retraité·es se sont rassemblé·es, mercredi 5 février sur la place de la République à Belgrade, pour soutenir les étudiant·es et leurs efforts pour persévérer dans la lutte pour satisfaire leurs revendications. L’Association des syndicats des militaires retraités de Serbie (USPVLS), en coopération avec l’Association des syndicats des soldats retraités de Serbie (USPS) et le syndicat des soldats retraités Nezavisnost, organisaient ce rassemblement. Avec les étudiant·es, ils et elles ont rendu hommage aux personnes tuées à la gare de Novi Sad et lors de l’incendie de la maison de retraite Ivanović à Barajevo.

« Depuis des jours, nous suivons et soutenons la lutte gigantesque des étudiant⸳es dans les rues, pour leur propre avenir et l’avenir de la Serbie… Pour nous, qui avons été contraint⸳es de défendre les droits et la dignité légalement acquis des retraité⸳es dans les rues pendant des années, il n’y a pas de plus grande joie que de savoir que la jeunesse de Serbie s’est soulevée pour défendre les valeurs d’une société démocratique, soucieuse de la dignité des retraité·es », a déclaré Jovan Tamburić, président de l’USPVLS.

Les organisations de retraité·es appellent à soutenir et à assister les étudiant⸳es de la manière qui convient le mieux, en fonction des capacités physiques, de santé, financières et autres, de chacune et chacun.

Italie : Pensionati Uniti, numéro de janvier

Le numéro de janvier de Pensionati Uniti, comme le précédent, est disponible pour les camarades de l’UNIRS qui souhaitent recevoir le PDF (les articles sont bien entendu en italien). Il porte le numéro 1, car la numérotation est annuelle.

Au sommaire : Pour les retraites publiques, pour la santé publique – Le droit selon les néofascistes – L’Italie, paradis fiscal en puissance – Impôts : les pauvres les paient ; les riches ne les paient pas ! – Propositions pour un mouvement unitaire en faveur des retraites et de la santé publiques – Accident ferroviaire de Crevalcore du 7 janvier 2005 – Santé : les besoins des personnes âgées – Les panthères grises sont nées – Coordination pour la défense de la santé et des personnes dépendantes de Turin – 7 avril, journée mondiale pour la santé.

Etat espagnol : nouvelle remise en cause du droit à la retraite

La Coordinadora Estatal por la Defensa del Sistema Público de Pensionese indique que le 22 janvier, le décret-loi 11/2024 a été adopté avec le soutien du PSOE, de Sumar, du PP, de Vox, du PNV, de l’ERC, de Coalición Canaria, de Junts et de l’UPN. Il prévoit la privatisation des soins de santé et des tests de diagnostic ; l’extension de la retraite à 72 ans dans de nombreux secteurs précaires, notamment pour les femmes : la réduction progressive des pensions publiques, appauvrissant les futur⸳es retraité⸳es. ; l’allongement du temps de travail et le report de l’âge de la retraite, rendant difficile l’accès à une retraite décente et réduisant le montant des pensions publiques.

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Rail

INFOs FEDErales SUD-Rail

Au sommaire du numéro 205 de l’INFOs FEDErales

  • Bilan de la journée fédérale du 30 janvier
  • Captrain : une bataille salutaire !
  • Timbres 2024 : SUD-Rail progresse encore !
  • Retour sur le Conseil Fédéral 
  • La direction SNCF veut s’attaquer au droit syndical !
  • Elections dans les filiales
  • Retraite : on se prépare au round 2 ? 
  • LN Matériel 
  • Pour la défense de nos lignes ferroviaires 
  • Amiante : un combat syndical qui dure !
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Contre la transphobie ! Éducation Luttes contre les discriminations Luttes féministes

Enfin un programme d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité !

Ce communiqué a été publié le 30/01/2025

Au terme de longs échanges, le Conseil supérieur de l’éducation, réuni les 29 et 30 janvier, a émis un avis favorable au programme d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (Evars). Il aura donc fallu plus d’un an et demi, depuis la saisine du Conseil supérieur des programmes en juin 2023, pour qu’enfin un programme soit adopté. Un an et demi de tergiversations ministérielles, un an et demi d’avancées salutaires et de reculs scandaleux, un an et demi de débat public gangrené par la désinformation et un activisme réactionnaire débridé mené par l’extrême droite notamment.

Le ministère se donne enfin les moyens d’appliquer la loi de 2001 instaurant 3 séances d’éducation à la sexualité par an pour chaque élève tout au long de sa scolarité. Si SUD éducation se réjouit que des notions essentielles telles que l’identité de genre, l’homophobie ou la transphobie y aient été intégrées, le syndicat déplore que certains termes ne soient pas introduits plus tôt au cours de la scolarité pour rendre compte des réalités vécues par les élèves et mettre des mots sur des situations qui font le quotidien des classes : le terme “LGBTIphobies” n’apparaît ainsi qu’en terminale et le terme “identité de genre” n’est abordé qu’en troisième. SUD éducation continuera à défendre l’introduction de ces notions tout au long de la scolarité car elles sont essentielles à la construction d’une école véritablement inclusive et qui lutte durablement contre les LGBTIphobies.

Désormais, SUD éducation attend avec impatience la publication de ce programme et se montrera vigilant à ce que le ministère assume ses responsabilités :

  • en matière de formation des personnels (qui ne peut pas se résumer à un module en visioconférence !) pour que ce programme soit effectivement appliqué dans toutes les écoles et tous les établissements scolaires ;
  • en matière de protection face aux pressions, menaces, désinformations et agressions des milieux réactionnaires et d’extrême droite ;
  • en matière de communication, en direction des parents d’élèves et de l’ensemble de la société, pour ne pas laisser les personnels seul·es face aux questionnements et aux éventuelles remises en cause des enseignements.

L’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité est essentielle à la fois pour protéger les enfants des violences sexuelles et sexistes et lutter contre les stéréotypes et les discriminations mais aussi pour préparer la société égalitaire, inclusive, démocratique et juste de demain.

Les militant·es de SUD éducation et de son union interprofessionnelle Solidaires ne laisseront pas un bout de terrain à l’extrême droite dans cette bataille pour l’égalité et l’émancipation de toutes et tous !

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Culture Éducation

Gel du Pass culture : une décision brutale et révoltante

Ce jeudi 30 janvier a été annoncé le plafonnement de la part collective du Pass culture à 50 millions d’euros jusqu’en juin 2025 alors que 97 millions d’euros avaient été alloués en 2024. La part collective du Pass culture concerne les moyens alloués à l’Éducation nationale pour faire intervenir des associations ou acteurs et actrices culturel·les dans les établissements ou organiser des sorties scolaires. Elle sert beaucoup à financer les projets éducatifs artistiques et culturels.

Depuis sa mise en place, le Pass culture interroge sur les modes de financement des interventions culturelles en milieu scolaire. En effet, la mise en place de ce dispositif a réduit les fonds propres dont bénéficiaient les établissements scolaires pour créer des projets et faire venir des intervenant·es. Il repose sur une logique d’« offres culturelles » qui doivent intégrer une plateforme dénommée Adage. Celle-ci exclut une partie des intervenant·es historiques qui ne correspondent pas aux critères de la plateforme Adage.

L’annonce a provoqué un vent de panique chez les personnels de l’éducation qui ont assailli la plateforme. Pourtant, dès le 30 janvier au soir, nombreux·ses ne pouvaient plus valider sur la plateforme Adage les demandes d’intervention, semblant indiquer que la limite des 50 millions était atteinte. Ces coupes budgétaires brutales mettent à mal le service public d’éducation : elles doivent cesser.

Du côté du monde culturel, le choc est grand aussi. Cette décision soudaine remet en cause nombre de projets en train de se construire et porte atteinte au déjà fragile équilibre des associations culturelles et des compagnies. Cette décision met le milieu culturel et artistique en danger. C’est le plan social du secteur qui continue.

Nous dénonçons cette décision unilatérale, soudaine et brutale.
Elle renforce les effets de concurrence et laisse sur le carreau des milliers de professionnel·les des milieux culturels et artistiques, des équipes éducatives et des élèves.

Nous demandons :

  • le financement des projets artistiques et culturelles à la hauteur des besoins ;
  • le rétablissement immédiat des budgets de l’Éducation nationale qui étaient en vigueur pour les projets artistiques et culturels avant la mise en place du Pass culture ;
  • un plan de financement pour la culture et la fin des financements par projet.

Nous appelons les milieux culturels et éducatifs à se réunir en assemblée locale, afin de s’emparer collectivement de ce sujet et de revendiquer les moyens nécessaires.

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Internationalisme Palestine

Gaza : l’horrible projet criminel de Donald Trump

Publié le 7 février 2025

Alors que le cessez-le-feu est extrêmement fragile sur la bande de Gaza, le président américain ose tout. Surtout le pire. Après ses déclarations sur la nécessaire annexion de la Cisjordanie et de Jérusalem par l’État d’Israël, il a maintenant le projet de prendre le contrôle de la bande de Gaza en expulsant la population dans les pays voisins, notamment la Jordanie et l’Egypte. Soi-disant pour des raisons humanitaires, il a ni plus ni moins l’intention de vider la population palestinienne de cette enclave, véritable prison à ciel ouvert et totalement détruite par des mois de bombardement de l’armée génocidaire israélienne. Non seulement son projet est en infraction grave avec les règles du droit international qui interdit aux Etats de procéder à des transferts forcés de population, il constituerait un véritable crime de nettoyage ethnique de la population gazaouie. Pour continuer dans le sordide, il voudrait profiter de l’aubaine d’avoir un territoire à reconstruire entièrement pour étancher sa soif de projets immobiliers lucratifs et faire de la bande de Gaza la “côte d’azur du moyen orient”, comme l’annonçait déjà une publicité israélienne pendant le génocide.

Ce sordide projet est salué par l’extrême droite israélienne qui voit là l’occasion de régler définitivement la question palestinienne. En France, il correspond aux propos que des responsables d’extrême droite tels que Bardella ou Le Pen ont pu exposer récemment. Pas étonnant que les extrêmes droites se retrouvent.

Pour la population palestinienne, c’est une insulte criminelle à sa dignité. Garder sa dignité est une force pour les femmes et les hommes de Palestine et c’est la tête haute que les déplacé·es du Nord de la bande de Gaza sont retourné·es dans les décombres de leurs maisons. Résister, résister, résister…

L’Union syndicale Solidaires réaffirme son soutien indéfectible au peuple Palestinien et à ses justes revendications : la levée du blocus de Gaza, la fin de l’occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem, le démantèlement des colonies, l’application du droit au retour des réfugié·es et la libération des prisonnier·es politiques enfermées dans les geôles israéliennes. Solidaires continuera à s’investir dans les cadres larges et unitaires pour soutenir le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

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Conditions de travail Précarité

C’est quand qu’on lutte vraiment contre le chômage ?

Rien ne va décidément plus pour la Macronie. Même ses apparents bons résultats économiques s’étiolent : les chiffres du chômage pour le dernier trimestre 2024 sont catastrophiques, le plus mauvais score depuis 2015 période Covid exceptée ! Soit 117 000 de chômeurs et chômeuses en plus. Une hausse de près de 4 % des chômeur-ses n’ayant pas du tout travaillé sur la période (8,5 % pour les moins de 25 ans). Et l’on s’attend à ce que 2025 suive le même chemin. A tel point que les perspectives indiquent un taux de chômage de 8,5 % à la fin de l’année, peut être même plus.

Rien d’étonnant alors que 2024 a vu les plans sociaux, notamment dans les grands sites industriels automobiles, s’enchainer. Entre 170 000 et 200 000 pertes d’emplois pour ces seuls plans sociaux depuis l’automne 2024. 260 000 sont concernés par une procédure judiciaire. 100 000 nouvelles suppressions d’emplois sont prévues en 2025. Outre la conjoncture internationale défavorable, la boulimie patronale et financière à dégager toujours plus de marge bénéficiaire et verser toujours plus de dividendes aux actionnaires sont autant d’éléments d’explication. Alors que le patronat licenciait, les groupes du CAC 40 ont versé en 2024 pour un total de 72,8 milliards d’euros de dividendes, en hausse de 8,5% sur un an.

En réalité les « bons scores » de la lutte contre le chômage affichés par Macron ces dernières années ont pour origine les aides publiques massives à l’apprentissage à partir de 2018 et le contexte de forte reprise de l’activité suite au covid. Le retour à une certaine normalité économique depuis 2023, le contexte international et le fait que la plupart des apprenti-es ne trouvent pas d’emploi à l’issue de leur période d’apprentissage signent la fin des illusions et la flambée du chômage alors que les créations d’emploi ont elles même diminué de 5 % en 2024 selon l’URSSAF. Et cela devrait se poursuivre en 2025.

Pourtant contre le chômage, des solutions débouchant sur de véritables créations d’emploi existent et doivent être mise en œuvre. A commencer par la réduction du temps de travail à 32h sans perte de salaire, l’augmentation des salaires, traitements et des minimas sociaux pour alimenter l’activité économique, le recrutement massif dans les services publics comme la santé et autres besoins sociaux, l’investissement dans les filières sociales et écologiques.

L’Union syndicale Solidaires revendique enfin la mise en place d’un statut du salarié qui permette une continuité du salaire entre deux emplois. A notre camp social de construire le rapport de force pour l’imposer.

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En grève ! Luttes féministes

Appel unitaire national élaboré dans le cadre Grève Féministe pour la grève féministe du 8 Mars 2025 partout dans le monde

8 mars 2025

Avec les femmes du monde entier, pour les droits des femmes, toutes en grève féministe et en manifestations !
Stop à l’extrême droite, à la droite réactionnaire, au gouvernement et à sa politique libérale et autoritaire !

Le 8 mars, journée internationale de mobilisation pour les droits des femmes, nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques, de la consommation. Sans les femmes, tout s’arrête ! Nous sommes déterminées à lutter, à faire entendre nos voix pour obtenir l’égalité.

Solidaires avec les femmes du monde entier !

Afghanes, Iraniennes, Palestiniennes, Soudanaises, Kurdes, Ukrainiennes, nous sommes solidaires de toutes celles qui encore aujourd’hui sont emmurées, exécutées, qui font face à des bombardements massifs, au génocide, à l’exode, sont victimes de viols de guerre, peinent à nourrir leur famille et elles-mêmes, de toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits, qui sont confrontées aux conflits armés, aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques et colonialistes.

Nous sommes solidaires des femmes et des populations subissant de plein fouet les conséquences dramatiques du changement climatique, aggravé par les politiques productivistes et capitalistes.

Non à l’Extrême Droite !

Les idées d’extrême droite qui prônent la haine de l’autre, le racisme, la misogynie, les LGBTQIA+ phobies, le validisme, se banalisent, et sont aux portes du pouvoir, voire y accèdent partout dans le monde, à l’image de Trump aux Etats-Unis… Les femmes, les minorités de genre, les migrant·es en sont les premières cibles.

En France, nous dénonçons les propos racistes du ministre de l’intérieur, nous exigeons la régularisation et l’ouverture des guichets pour que tou·te·s les immigré·es puissent rester ici. Nous refusons l’abrogation du droit du sol à Mayotte et la remise en cause de l’Aide Médicale d’Etat.

Nous voulons vivre et pas survivre !

Les différents gouvernements ne font rien contre les inégalités salariales et les bas salaires qui touchent particulièrement les femmes (62 % des personnes payées au SMIC sont des femmes). Quant aux mères isolées touchant le RSA, elles sont confrontées à de multiples difficultés pour trouver un emploi (problème de garde d’enfants, de transports…). Particulièrement touchées par la crise du logement cher, les femmes sont majoritaires parmi les personnes expulsables et sont de plus en plus nombreuses à vivre dans la rue. Les femmes sont majoritaires parmi les 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté !

Nous exigeons l’abandon de la réforme du RSA, qui oblige les bénéficiaires à faire 15h de travail forcé, gratuit et sans contrat ! 

Nous exigeons l’abrogation des réformes sur l’assurance chômage restreignant les droits des chômeur·ses. 

Rémunérons le travail à sa juste valeur, à salaire égal entre femmes et hommes! 

Pour l’égalité salariale, du temps pour vivre, des salaires et une retraite décente!

Le gouvernement n’a aucune volonté de réduire les inégalités salariales, de 27% en moyenne entre les femmes et les hommes. La transposition de la directive européenne sur la transparence salariale vise à renforcer l’application du principe d’une même rémunération “pour un même travail ou un travail de valeur égale”. 

Nous exigeons la transposition immédiate de cette directive, la revalorisation salariale des  métiers féminisés (éducation, soins, nettoyage…)., l’interdiction du temps partiel imposé, la transformation des CDD en CDI et la réduction du temps de travail avec embauches correspondantes.

Nous nous battons pour l’abrogation de la réforme Macron des retraites, et pour une réforme des retraites favorable aux femmes, la retraite à 60 ans avec une réduction du nombre d’annuités. 

Des Services publics au service de nos besoins !

Malgré la paupérisation croissante et le manque crucial d’aide publique sur les territoires, le gouvernement Bayrou va continuer le démantèlement des services publics de la Santé, de l’Éducation, du Logement…. Les femmes en seront doublement pénalisées : parce qu’elles sont majoritaires dans la fonction publique, et qu’elles devront se substituer aux services de la petite enfance et de la prise en charge de la dépendance.

Nous exigeons un service public national de l’autonomie tout au long de la vie, à la hauteur des besoins, avec les moyens correspondants, sans oublier une prise en charge réelle du 4ème âge.

Nous exigeons la création d’un vrai service public de la petite enfance pour en finir avec les crèches privées à but lucratif et les maltraitances liées aux économies de personnels dans ces structures. Nous sommes opposées à la recommandation de la Cour des comptes de développer “la garde parentale, moins onéreuse pour les finances publiques” qui n’est qu’une incitation au retour des femmes à la maison. 

Pour un réel partage du travail domestique !  

Nous ne pouvons nous satisfaire que rien ne bouge dans la répartition des tâches au sein des couples et ce depuis des années. Cette inégalité dans la répartition du travail domestique se traduit par des inégalités dans la sphère professionnelle et est l’un des facteurs des inégalités salariales et patrimoniales. Nous dénonçons le mirage des “nouveaux pères” car les femmes en font toujours beaucoup plus que les hommes, qui de fait prennent plus souvent les tâches valorisantes, en laissant les tâches ménagères à leur compagne. C’est tout l’enjeu d’une éducation non sexiste qui puisse permettre d’en finir avec les stéréotypes de genre.

Notre corps nous appartient !

L’inscription dans la constitution de l’IVG ne doit pas masquer les obstacles liés au manque de moyens du service public de la santé pour recourir à l’IVG.

Nous réclamons la réouverture des plus de 130 centres d’interruption volontaire de grossesse fermés. 

Nous dénonçons les offensives réactionnaires qui s’en prennent aux droits des personnes  LGBTQIA+ qui veulent limiter le droit de vivre librement son orientation sexuelle et son identité de genre. Nous exigeons une transition libre et gratuite pour toutes et tous.

Nous dénonçons les offensives transphobes réactionnaires, notamment les propositions de loi qui remettent en cause toute possibilité de transition des mineur·es, et nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis.

Femmes handicapées, nous subissons toutes les violences. Privées de nos droits à l’autonomie, à l’éducation, à l’emploi, aux soins et à la procréation. Nous voulons notre indépendance économique, l’accessibilité universelle à l’ensemble des lieux et bâtiments.

Halte aux violences sexistes et sexuelles !

Le procès des 51 violeurs de Gisèle Pélicot a rappelé que les violeurs sont des hommes ordinaires, et que la culture du viol  persiste dans les différentes strates de la société. La nomination de Darmanin mis en cause pour des violences sexistes et sexuelles comme garde des sceaux est une véritable provocation.

Nous continuons à compter nos mortes car il n’y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, dont les violences obstétricales et gynécologiques, nous voulons une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l’ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre. Les plus touchées par les violences sexistes, dont les violences économiques,  sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : femmes victimes de racisme,  migrantes, sans papiers, femmes précarisées, en situation de handicap, femmes lesbiennes et bi, femmes trans, femmes en situation de prostitution et celles victimes de l’industrie pornocriminelle. Nous demandons la mise en place d’actions concrètes pour lutter contre toutes les violences sexistes et sexuelles, protéger les victimes et combattre les réseaux de traite prostitutionnelle et de proxénétisme.

Nous exigeons les 3 milliards nécessaires pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. 

Nous refusons que les enfants violé·es, maltraité·es, incesté·es continuent le plus souvent à être abandonné·es à leur sort ! 

Pour l’éducation, pour les enfants, l’Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle pour toutes et tous maintenant !

Le dernier rapport du Haut conseil à l’égalité note que le sexisme progresse chez les adolescents et les jeunes hommes. Nous dénonçons fermement les attaques portées par le précédent gouvernement contre le projet de programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) reprenant les propos des associations réactionnaires de parents qui y sont farouchement opposées. Nous exigeons l’adoption et la mise en place immédiate du projet de programme EVARS, dans la continuité des lois votées pour l’éducation à la sexualité à l’école. L’EVARS aide à déconstruire les stéréotypes, à comprendre les inégalités, à comprendre l’injustice des dominations qui s’exercent  par les hommes sur les femmes, à prendre conscience de son corps et de son intimité et à respecter l’autre et soi-même. 

Mobilisées tous les jours contre le patriarcat, les politiques libérales et autoritaires et contre l’extrême droite. Le 8 MARS, nous manifesterons, nous serons en grève féministe.
Nous serons en grève sur nos lieux de travail (santé, commerce…), en  grève du travail domestique et en grève de la consommation! 

Quand les femmes s’arrêtent, tout s’arrête ! 

Premières signataires de l’appel


ActionAid France, AFRICA93, APEL-Égalité, Association Panafricaniste des Droits Civiques des femmes, Attac France, CGT, Collectif Faty KOUMBA : Association des Libertés, Collective des mères isolées, Droits de l’Homme et non-violence, FAGE, Féministes Révolutionnaires Paris, Femmes Egalité, Fondation Copernic, Force Féministe (57), FSU, Fête des 3 Quartiers ( F3Q), Genre et altermondialisme, HFE /Handi Femme Epanouie, Handi-Social, Las Rojas Paris, Le Planning familial, Le Planning Familial 94, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Mouvement des Femmes Kurdes En France, Mouvement de la Paix, Organisation de Solidarité Trans (OST), Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques France ( Stop-Vog ), UNEF le syndicat étudiant, Union Etudiante, Union syndicale Solidaires, Union des femmes Socialistes (SKB)

En soutien


APRES, Égalités, ENSEMBLE!, Gauche démocratique et sociale GDS, Gauche Ecosocialiste (GES), Génération.s, La France insoumise, Mouvement jeunes communistes de France, NPA-l’Anticapitaliste, NPA – Révolutionnaires, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche, PEPS 31, Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Union Communiste Libertaire

Catégories
(re)Penser notre syndicalisme Conditions de travail Défense de nos libertés

Lancement de la coalition Hiatus, pour résister à l’IA et son monde !

Ce texte est le manifeste fondateur de « Hiatus », une coalition composée d’une diversité d’organisations de la société civile française qui entendent résister au déploiement massif et généralisé de l’intelligence artificielle (IA). À l’approche du sommet sur l’IA organisé par la France, les 10 et 11 février 2025, le lancement de Hiatus vise à dénoncer l’inféodation des politiques publiques aux intérêts de la tech, ainsi que les coûts humains et environnementaux de l’IA. Au cours des mois à venir, des actions communes seront organisées pour décliner ce manifeste sur le plan politique.

Tout concourt à ériger le déploiement massif de l’intelligence artificielle en priorité politique. Prolongeant les discours qui ont accompagné l’informatisation depuis plus d’un demi-siècle, les promesses abondent pour conférer à l’IA des vertus révolutionnaires et imposer l’idée que, moyennant la prise en compte de certains risques, elle serait nécessairement vecteur de progrès. C’est donc l’ensemble de la société qui est sommée de s’adapter pour se mettre à la page de ce nouveau mot d’ordre industriel et technocratique. Partout dans les services publics, l’IA est ainsi amenée à proliférer au prix d’une dépendance technologique accrue. Partout dans les entreprises, les managers appellent à recourir à l’IA pour « optimiser » le travail. Partout dans les foyers, au nom de la commodité et d’une course insensée à la productivité, nous sommes poussés à l’adopter.

Pourtant, sans préjuger de certaines applications spécifiques et de la possibilité qu’elles puissent effectivement répondre à l’intérêt général, comment ignorer que ces innovations ont été rendues possible par une formidable accumulation de données, de capitaux et de ressources sous l’égide des multinationales de la tech et du complexe militaro-industriel ? Que pour être menées à bien, elles requièrent notamment de multiplier la puissance des puces graphiques et des centres de données, avec une intensification de l’extraction de matières premières, de l’usage des ressources en eau et en énergie ?

Comment ne pas voir qu’en tant que paradigme industriel, l’IA a dores et déjà des conséquences désastreuses ? Qu’en pratique, elle se traduit par l’intensification de l’exploitation des travailleurs et travailleuses qui participent au développement et à la maintenance de ses infrastructures, notamment dans les pays du Sud global où elle prolonge des dynamiques néo-coloniales ? Qu’en aval, elle est le plus souvent imposée sans réelle prise en compte de ses impacts délétères sur les droits humains et l’exacerbation des discriminations telles que celles fondées sur le genre, la classe ou la race ? Que de l’agriculture aux métiers artistiques en passant par bien d’autres secteurs professionnels, elle amplifie le processus de déqualification et de dépossession vis-à-vis de l’outil de travail, tout en renforçant le contrôle managérial ? Que dans l’action publique, elle agit en symbiose avec les politiques d’austérité qui sapent la justice socio-économique ? Que la délégation croissante de fonctions sociales cruciales à des systèmes d’IA, par exemple dans le domaine de la santé ou l’éducation, risque d’avoir des conséquences anthropologiques, sanitaires et sociales majeures sur lesquelles nous n’avons aujourd’hui aucun recul ?

Or, au lieu d’affronter ces problèmes, les politiques publiques menées aujourd’hui en France et en Europe semblent essentiellement conçues pour conforter la fuite en avant de l’intelligence artificielle. C’est notamment le cas de l’AI Act adopté par l’Union européenne et présenté comme une réglementation efficace alors qu’elle cherche en réalité à promouvoir un marché en plein essor. Pour justifier cet aveuglement et faire taire les critiques, c’est l’argument de la compétition géopolitique qui est le plus souvent mobilisé. À longueur de rapports, l’IA apparaît ainsi comme le marchepied d’un nouveau cycle d’expansion capitaliste, et l’on propose d’inonder le secteur d’argent public pour permettre à l’Europe de se maintenir dans la course face aux États-Unis et à la Chine.

Ces politiques sont absurdes, puisque tout laisse à penser que le retard de l’Europe dans ce domaine ne pourra pas être rattrapé, et que cette course est donc perdue d’avance. Surtout, elles sont dangereuses dans la mesure où, loin de constituer la technologie salvatrice souvent mise en avant, l’IA accélère au contraire le désastre écologique, renforce les injustices et aggrave la concentration des pouvoirs. Elle est de plus en plus ouvertement mise au service de projets autoritaires et impérialistes. Non seulement le paradigme actuel nous enferme dans une course technologique insoutenable, mais il nous empêche aussi d’inventer des politiques émancipatrices en phase avec les enjeux écologiques.

La prolifération de l’IA a beau être présentée comme inéluctable, nous ne voulons pas nous résigner. Contre la stratégie du fait accompli, contre les multiples impensés qui imposent et légitiment son déploiement, nous exigeons une maîtrise démocratique de cette technologie et une limitation drastique de ses usages, afin de faire primer les droits humains, sociaux et environnementaux.

Premiers signataires :

La Quadrature du Net, la LDH, Union syndicale Solidaires, Scientifiques en rébellion, L’Atelier Paysan, Féministes contre le cyberharcèlement, SNES-FSU, Framasoft, Agir pour l’environnement, Attac France, Syndicat de la Magistrature, Syndicat des Avocats de France, Stop Micro, Le Nuage était sous nos pieds, Génération Lumière, Halte au contrôle numérique, ritimo, Intérêt à Agir, L’Observatoire des multinationales, Sherpa, Le Mouton numérique, Lève les yeux.

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