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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Tribune Collective : Face à l’antisémitisme, la liberté d’expression est indispensable

La proposition de loi présentée par la députée Renaissance Caroline Yadan « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » est illusoire. Ce combat, s’il est urgent, doit puiser sa force et sa légitimité dans le respect des fondamentaux de la République.

Les juifs de France vont-ils bientôt être, de fait, assimilés à des citoyens israéliens ? Va-t-on risquer de se voir accuser d’antisémitisme pour avoir critiqué la politique de l’État d’Israël, tel ou tel de ses dirigeants ? L’expression de solidarité avec un peuple martyr, spolié, pourra-t-elle être assimilée à une apologie du terrorisme ? Ces trois questions semblent surréalistes. Pourtant, la proposition de loi n° 575 déposée le mardi 19 novembre 2024 sur le bureau de l’Assemblée nationale, et qui vient en débat en commission des lois, y répond avec aplomb par un « oui » triplement inquiétant.

La députée Caroline Yadan, à l’initiative de ce texte, avance qu’il s’agit de lutter contre la montée de l’antisémitisme en France. On lui accordera le bénéfice de la sincérité, d’autant que l’urgence est là, tragique et indéniable, qui appelle riposte et fermeté. Attention, pourtant : la sincérité n’est pas exclusive de confusions ; plus elle est grande et plus il est nécessaire de cheminer avec prudence et réflexion, singulièrement lorsqu’il est question d’imposer des vocables, d’en proscrire d’autres, d’interdire et de réprimer.

Plus les maux à combattre sont féroces, plus ils sont sournois, plus les périls sont grands et plus la liberté d’expression ne devrait être remise en question que d’une main tremblante. Ce n’est malheureusement pas le cas ici. La démarche qui structure cette proposition de loi, les mesures phares qu’elle préconise risquent fort d’exacerber ce qu’elle prétend combattre.

La démarche ? Elle repose sur un double postulat, trop simple et très faux. L’antisémitisme – qualifié pour la circonstance de « nouveau » – reposerait sur la critique et la haine d’Israël. Le destin des juifs – de France ou d’ailleurs – serait indissolublement et indiscutablement lié à cet État. La première mesure, partant du constat de l’existence d’un État, tend à interdire qu’on puisse en critiquer les dirigeants, les politiques, les agissements sur la scène internationale. Est-ce de la censure ? C’est à tout le moins réclamer un traitement exorbitant dont seuls se prévalent des dirigeants d’États non démocratiques. Sommes-nous rendus à ce point ? La seconde proposition est plus inquiétante. Que des juifs de France aient un rapport d’affection singulier à Israël, cela peut s’enraciner dans des raisons d’histoire, de religion, de famille…, mais il existe mille voies d’être « juif » et elles ne passent pas toutes par « l’ethnique » ou le religieux. Le gouvernement actuel d’Israël le prétend, jusqu’à en avoir fait une loi en 2018. La France doit-elle réellement adopter cette vision ? La République devrait-elle réellement décréter que tels ou tels de ses citoyens sont objectivement mis en danger par la critique d’un État, au risque d’alimenter les pires assignations identitaires ?

On objectera qu’il y a bel et bien de l’antisémitisme dans la critique d’Israël ! Cela arrive, oui, trop souvent. Comme il arrive qu’il y en ait dans les attentions dont certains gouvernements l’entourent. Comment s’y opposer sans se tromper de cible, à juste niveau et sous toutes ses formes, voilà la question qui devrait mobiliser les partisans de la liberté et de l’égalité. L’antisémitisme – qu’il soit qualifié de vieux ou de nouveau – est un tueur aux mille costumes qui n’a pas attendu la création de l’État d’Israël pour perpétrer ses crimes. Le combattre de façon efficace passe par la loi et son respect et par la répression lorsqu’elle s’avère nécessaire. Restreinte au seul bâillon, cette fermeté deviendrait vite une faiblesse et plus vite encore, un poison. La lutte contre l’antisémitisme doit au contraire puiser sa force et sa légitimité dans le respect des fondamentaux de la République, dont la liberté d’expression est un joyau fragile. Elle a besoin du choc des débats, de clarifier leurs termes et d’affronter des tabous, de s’inscrire dans une approche universaliste, et non nationaliste, de la défense des droits des peuples et des personnes.

On sait que la situation au Proche-Orient, notamment en Israël et dans le territoire palestinien occupé, dont Gaza, divise profondément la société française. Imposer le silence par la répression ne fera qu’exacerber les tensions, renforçant les courants les plus radicaux.

La proposition de loi n’hésite pas à cet égard à étendre encore les incriminations d’apologie du terrorisme (déjà sortie de la loi de 1881 sur la liberté de la presse) ou de « négationnisme », au mépris du principe de légalité qui impose une définition claire et précise pour éviter l’arbitraire.

Face au poison de l’antisémitisme – inséparable du racisme décomplexé dont certains milieux politiques et médiatiques s’emparent pour faire programme – la France a besoin d’un projet politique qui bannisse toute assignation identitaire, qui campe sur le respect des principes fondateurs de la République, singulièrement la liberté d’expression, et – alors même qu’il est violemment attaqué par des acteurs puissants et agressifs – sur le respect du droit international. Répétons-le : la panacée répressive vantée par la proposition de loi de madame Yadan est facile, mais elle est illusoire. Pire, elle est dangereuse. C’est pourquoi nous adjurons les membres de l’Assemblée nationale de lui préférer l’effort démocratique indispensable pour faire reculer durablement l’antisémitisme dans les coeurs, les consciences et les actes.

Signataires : Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) ; François Sauterey, coprésident du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap); Caroline Chevé, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Julie Ferrua et Murielle Guilbert, codéléguées générales de l’Union syndicale Solidaires ; Karine Parrot, coprésidente du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) ; Pablo Aiquel, secrétaire général du Syndicat national des journalistes CGT.

Lien Tribune : https://www.ldh-france.org/19-janvier-2026-tribune-collective-face-a-lantisemitisme-la-liberte-dexpression-est-indispensable/

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Ressources juridiques

Congés payés en arrêt maladie : réclamez les !

Depuis avril 2024, les salarié·es du secteur privé peuvent acquérir des congés payés durant leurs périodes d’arrêt maladie. Ils et elles peuvent remonter jusqu’en décembre 2009 pour réclamer des rappels de congés payés. Les salarié·es génèrent donc 2 jours de congés payés par mois d’arrêt maladie (et non pas 2,5jours…). Sur des salarié·es ayant eu de nombreux arrêts de travail, ou des arrêts de longue durée cela peut représenter des sommes de plusieurs milliers d’euros. Les salarié·es en affection longue durée (ALD) qui peuvent arrêt maladie de plus de 3 ans, y sont particulièrement exposé-es. Malgré la loi très claire, énormément d’employeurs préfèrent jouer la montre et ne pas payer ces rappels de congé payé. Or à compter du 22 avril 2026 il ne sera plus possible de remonter jusqu’en 2009, mais seulement 2 ans en arrière. Il est donc absolument nécessaire de saisir les Prud’hommes avant cette date butoir. Contactez votre Union départementale ou locale !

Le kit à destination des équipes

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Actu Solidaires 78 antifascisme Éducation

VISA 78 : VADE-MECUM DE LUTTE CONTRE LES IDÉES D’EXTRÊME DROITE DANS L’ÉDUCATION NATIONALE

Depuis que le RN est aux portes du pouvoir, nos organisations constatent une libération de la parole et des actes racistes et LGBTIphobes, y compris sur nos lieux de travail : par nature xénophobe et raciste, l’extrême droite est un danger pour l’École, pour nos élèves, nos collègues et pour la démocratie.

L’extrême droite a une vision réactionnaire et antirépublicaine de l’École : la mise en œuvre de son programme aurait des effets terribles pour l’ensemble de la communauté éducative.

A contrario, nous militons pour accueillir partout tous les élèves sans distinction d’aucune sorte, respecter et participer à une véritable liberté de conscience notamment par la construction de l’esprit critique de savoirs scientifiquement validés.

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antifascisme

Bienvenue à Zaïd et à tous les enfants !

De Marine Le Pen à Brigitte Bardot, en passant par Caroline Parmentier : l’héritage toxique du RN

Le premier enfant né à l’aube d’une nouvelle année est toujours « un événement médiatique ». En ce début d’année 2026, il se prénomme Zaïd, né à Avignon, mais au lieu d’être accueilli avec bienveillance, il a subi les foudres racistes des militant·es d’extrême droite sur les réseaux sociaux :

« Zaid va bruler des voitures et toucher la CAF et violer ta grand-mère », écrit Charles Ignace de FRONTIGNAC sur X. Après à peine quelques heures de vie, le nourrisson se faisait déjà traiter de « gnoule » selon Roxteddy1951, de « terroriste de puissance » pour un vincent_lille59 ou encore de « futur dealer » d’après Oscar68686. Plus d’une centaine de messages ultra violents ont ainsi été postés, sous la lâcheté de pseudos. Ce déferlement de haine et surtout de bêtise inaugure de la pire des façons l’année 2026. Bien évidemment, aucun dirigeant du RN ne les a condamnés…

Fort heureusement, il y a eu des réactions salutaires, comme celle du collectif antifasciste No Pasaran Jeunes qui a effectué des collages à Montfavet : « Bienvenue Zaïd, Montfavet est antiraciste » et « Avignon est ta maison ». Mais ces agressions sont-elles surprenantes ? Certainement pas lorsque l’on constate depuis plusieurs mois la libération de la parole raciste et les prises de positions tout aussi condamnables du RN. Cette parole « décomplexée », on la retrouve aussi dans le monde du travail ; les syndicats membres de Visa la traquent et la dénoncent sans relâche comme récemment à la SNCF.

Du côté des élus du RN il faut rappeler l’affaire Caroline Parmentier, député du Pas-de-Calais, qui a, selon une enquête de Médiapart de l’été 2025, publié pendant trente ans dans le quotidien pétainiste Présent et sur son compte Facebook jusqu’en 2018 des écrits racistes, antisémites et homophobes.
Pour la défendre, le RN, Marine Le Pen en tête, a asséné ces contre-vérités : Des « propos hors contexte », une députée qui aurait « changé », une « erreur de jeunesse », c’est du « passé »…

En vérité, le FN / RN n’a pas changé, même si Bardella affirmait en juillet 2024 qu’il n’y avait que « quatre ou cinq brebis galeuses » au RN.
Pourtant, au moins quinze députés du Rassemblement national ont fait partie d’un groupe Facebook raciste entre 2017 à 2024, selon une enquête du média les Jours.

Sa page d’accueil, islamophobe et menaçante, annonçait la couleur : « Groupe réservé aux amoureux de la France qui en ont assez de l’islam et de sa haine envers nous. Groupe soudé, si une personne du groupe est ennuyée par qui que ce soit il y aura des représailles de la part de tout le groupe ».

Autre preuve de la persistance des idées racistes au RN, Marine Le Pen, qui avait par le passé reçu le soutien de Brigitte Bardot, a déclaré être présente à ses obsèques pour être « auprès de son époux », Bernard d’Ormale, l’ancien conseiller et ami intime de Jean-Marie Le Pen. Raciste un jour, raciste toujours !

VISA et ses syndicats continueront de combattre sans relâche les propos et actes racistes de l’extrême droite, en rappelant qu’il s’agit d’un délit. À cet effet, en ce début d’année 2026 VISA publie un nouveau dossier complet sur les questions des discriminations liées aux racismes et les ripostes syndicales.

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antifascisme antimilitarisme Internationalisme Santé-Social

STOP USA !!!




Nous, militant·e·s de SUD santé sociaux 78, affirmons ici notre solidarité avec le peuple Vénézuélien. Soyons clairs, nous ne soutenons absolument pas le dictateur Maduro qui a imposé un
système liberticide, antisocial, autoritaire et une répression envers ses opposant·e·s, dont des syndicalistes.


Nous sommes solidaires des travailleuses et travailleurs du monde entier car toustes, nous sommes victimes du capitalisme. L’impérialisme dont les USA font preuve en ce moment, comme tant de fois dans leur histoire, n’en est que l’incarnation dans son stade suprême. C’est à cela qu’une fois de plus nous assistons avec le kidnapping de Nicolas Maduro. La phase critique d’un capitalisme en crise à l’intérieur duquel les nations impérialistes sont prêtes à tout pour s’accaparer les ressources et contrôler le commerce international. Ne nous y trompons pas, il ne s’agit ici que de cela, les Etats Unis font ce qu’ils ont toujours fait : déstabiliser un concurrent commercial par l’action militaire.

Le kidnapping du Président Maduro par les USA est un acte de guerre au même titre que l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Nous déplorons que le gouvernement Français, ainsi que la presse très obéissante, cautionnent ce qu’il vient de se passer. Nous aurions préféré qu’ils appellent, aussi fermement qu’ils l’ont fait dans le cas de la Russie, au gel des avoirs étatsuniens, à l’exclusion des athlètes étasuniens des JO, à des sanctions économiques contre les USA, au boycott de leurs produits notamment de leur gaz et pétrole de schiste, au renvoi des universitaires étatsuniens dans leur pays.


Comme pour l’intervention en Iran cet été, les USA, première puissance pétrolière du monde, tentent de déstabiliser le Venezuela afin que le prix du baril de pétrole Vénézuélien ne descende pas en dessous de 60 dollars. En dessous de ce prix, il serait trop compétitif et se vendrait mieux que le baril de pétrole de schiste étasunien. Les USA essaient ainsi de maintenir leur position hégémonique sur l’échiquier de la compétition mondiale capitaliste en contrôlant les exports et les prix. Pour cela ils cherchent à pourrir leurs concurrents et à vassaliser leurs partenaires. Tout le monde doit s’aligner sur leur organisation
commerciale et mercantile contrôlée par la guerre. C’est ce qu’ils font en Afrique, au Moyen Orient, mais aussi en Europe avec l’Ukraine. Travailleuses, travailleurs, ils nous emmèneront à la guerre car c’est leur intérêt et la montée des extrêmes droites européennes les y aidera. Celles-ci, en poste dans plusieurs
gouvernements européens dont la France, en collaboration avec le patronat, vont chercher à organiser via des réformes iniques et illégitimes, toujours plus de casse sociale. De la casse sociale pour financer des guerres et des guerres pour financer l’hégémonie américaine sur le monde.


Nous réaffirmons, nous travailleuses et travailleurs, ceux qui de tous temps sont les premier·e·s touché·e·s et les premier·e·s à voir leurs enfants mourir pour les intérêts des possédants capitalistes dans les guerres qu’ils organisent, que nous sommes solidaires des nôtres. C’est à dire de tous les travailleurs, de quelque couleur, religion, origine, genre qu’ils soient et que nous vomissons et combattons l’extrême droite et le fascisme. Ceci dans toutes ses formes et en premier lieu celui qui s’exprime par son impérialisme le plus crasse en la personne de Donald Trump pour le compte des USA. Nous défendons l’autodétermination des peuples, l’intérêt des travailleuses et travailleurs du Venezuela et d’ailleurs.

Syndicat SUD Santé Sociaux des Yvelines – CH Plaisir : 220 Rue Mansart 78370 Plaisir Mail :
sudsantesociaux78@gmail.com – Tél : 06 49 65 61 58

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La discrimination n’a pas sa place à l’hôpital – SUD Santé Sociaux 78

Le syndicat SUD Santé Sociaux 78 dénonce fermement les méthodes qui se multiplient dans les établissements de santé français et qui ciblent injustement nos collègues féminines.
Pour nous, les faits sont clairs : il s’agit de racisme et de discrimination.
De plus en plus de professionnelles sont exclues de leur hôpital ou de leur établissement médico-social sous prétexte qu’elles portent un couvre-chef. En outre, cette discrimination est faite
seulement aux femmes dites “racisées”.
Cette différence de traitement est inadmissible !
Nous constatons une intensification de la stigmatisation visant des collègues perçues comme étrangères ou supposées usulmanes. SUD Santé Sociaux 78 refuse que ces pratiques
discriminatoires s’installent dans nos structures.
Le gouvernement, par ses discours et décisions, aidé par la résonnance offerte par les médias, participe à un climat délétère qui renforce ces comportements racistes. Nous le dénonçons avec force.
C’est une nouvelle discrimination subit et vécue par les femmes, s’ajoutant à la longue liste déjà existante.
SUD Santé Sociaux 78 appelle l’ensemble des professionnel·le·s des établissements publics et privés à se mobiliser, témoigner et dénoncer ces pratiques injustes.
Nous rappelons notre attachement au principe de laïcité tel qu’inscrit dans la loi du 9 décembre 1905, qui garantit la neutralité de l’État et la liberté de conscience.
La discrimination n’a pas sa place dans nos établissements de santé !

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antifascisme

Syndicaliste menacé de révocation à Hénin Beaumont : le conseil de discipline désavoue le maire

Plus de 400 personnes se sont rassemblées ce jour en soutien à Djelloul Kheris, secrétaire de la section SUD CT de la mairie d’Hénin-Beaumont et élu au Conseil social territorial (CST) dont le maire, Steve Briois, demandait la révocation.

La mobilisation a permis de braquer les projecteurs sur les méthodes de la mairie RN : intimidations, coups de pression, diffamation et approximations juridiques. Le maire reproche à notre camarade de manquer à son devoir de réserve qu’il confond avec une obligation d’allégeance.

Le conseil de discipline s’est prononcé pour une absence de sanction. Cela confirme notre lecture : le dossier est vide et la procédure vise uniquement à museler un syndicaliste et tenter de couler la section SUD CT de la mairie une année d’élections professionnelles.

La balle est aujourd’hui dans le camp de Steve Briois : il peut encore reculer et renoncer à l’acharnement contre notre camarade ou prendre une sanction contre l’avis du conseil de discipline.

Nous avons fait aujourd’hui la démonstration que nous ne laissons aucun·e camarade seul·e face à la répression. Aujourd’hui comme demain, l’Union syndicale Solidaires se tient aux côtés des syndicalistes inquiété·es pour avoir défendu leurs collègues.

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LDH, CGT, MRAP, FSU, Solidaires – ne pas répondre à la question du recensement sur le lieu de naissance des parents

Un appel de nos syndicats et de nos associations de défense des droits

Du 15 janvier à la fin mars le recensement de la population se déroule dans 8000 communes.

Si vous habitez un des lieux recensés, vous aurez à répondre au questionnaire.

Le recensement de la population fournit des informations essentielles aux politiques publiques.

Y répondre est donc important.

Répondez au recensement de la population, mais…

Ne répondez pas à la question 7 sur le pays de naissance de vos parents nés à l’étranger

Cette question, ajoutée en 2025, n’est pas obligatoire. Vous pouvez ne pas y répondre.

Une question qui n’est pas sur nous, mais sur nos parents En France, comme dans tous les pays du monde, les questions du bulletin individuel du recensement concernent notre situation personnelle : notre sexe, notre date de naissance, notre lieu de naissance, notre nationalité, mais aussi sur notre logement, notre profession…

Depuis l’an dernier, il y a une nouvelle question qui ne porte pas sur nous, mais sur nos parents, pour savoir de quel pays ils viennent s’ils sont nés à l’étranger. Nos organisations refusent que, dans le recensement, chacune et chacun d’entre nous, soit défini-e par le lieu de naissance de ses parents.

Les raisons pour ne pas y répondre

Pourquoi la question portant sur le pays de naissance des parents nés à l’étranger a-t-elle été ajoutée ? On nous a dit que c’est pour avoir de meilleures politiques contre les discriminations. Or, les pouvoirs publics n’ont rien annoncé.

Au contraire, l’an dernier, pendant le recensement, le ministre de l’Intérieur a déclaré « je ne voudrais pas que cette statistique débouche sur la discrimination positive ». Il disait donc qu’il s’opposait à son utilisation contre les discriminations. Par contre, il a ajouté « On a besoin de connaître les mouvements migratoires, alors pourquoi cacher la réalité ? ». De quelle réalité parle-t-il ? Est-ce que les enfants de personnes migrantes seraient aussi des migrants ? A l’écouter on peine à croire à une question posée pour le bien des personnes concernées.

Dans un sondage d’opinion fait pendant le recensement de 2025, les électrices et électeurs de l’extrême droite approuvent la question à 80 %, plus que tous les autres électeurs. Pas étonnant puisque c’est dans cet électorat qu’on regarde le plus les personnes en fonction de l’origine de leurs ancêtres. Pas pour ce qu’elles sont, ni ce qu’elles veulent être.

Cette question renforce les préjugés de ceux qui ne voient l’autre que par son origine géographique, génération après génération. Et il n’y a aucune proposition concrète d’utiliser cette question pour améliorer quoi que ce soit. Elle ne changera rien aux manques des politiques concrètes contre les discriminations.

Des statistiques pour des politiques d’action contre les discriminations

Il y a beaucoup d’enquêtes et études statistiques qui mesurent les inégalités et les discriminations, notamment en raison de l’origine. Elles apportent déjà de nombreuses connaissances. Nos organisations veulent voir ces connaissances développées, mais surtout utilisées ! Ce ne sont pas tant les données qui manquent, ce sont des politiques publiques qui agissent vraiment dans tous les domaines : l’emploi, le logement, l’accès aux loisirs…

Pour conclure

Lorsque vous répondrez au recensement, ne répondez pas à la question numéro 7.

Cette question est facultative, et c’est très bien comme cela !

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Nouveau congé de naissance : on fait le point

L’adoption du PLFSS 2026 entérine la création d’un nouveau congé de naissance. D’une durée d’un à deux mois par parent, il s’ajoute au congé maternité et congé d’accueil de l’enfant du second parent. Il doit entrer en vigueur au 1er janvier 2026 mais dans la réalité il ne le sera pas avant le 1er juillet 2026. On fait le point.

Pour qui ?

Ce congé peut-être pris par l’un des deux parents ou par les deux, simultanément ou séparément, dans le privé comme dans le public.

Il concernera aussi la personne vivant en couple avec la mère (mariage, pacs ou union libre), qu’elle soit une femme ou un homme. En revanche, un homme vivant en couple avec le père ne devrait pas être éligible au nouveau congé, de la même façon qu’il ne peut pas bénéficier du congé paternité (voir décision du Conseil constitutionnel en août). L’Union syndicale Solidaires dénonce cette inégalité des droits.

Quand ?

Il peut être pris dans un délai de 9 mois après la naissance. Les parents d’enfants né·es ou adopté·es entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 disposeront d’un délai jusqu’à la fin de l’année 2026 du fait du retard dans la mise en œuvre.

L’Union syndicale Solidaires demande que les parents d’enfants né·es en 2025 dont le terme était prévu en 2026 soient concerné·es comme prévu par le texte et que des solutions soient trouvées pour accélérer la parution des décrets et la mise en place du processus. Le calendrier actuel pénalise les parents d’enfants né·es entre janvier et avril, et qui ne pourront pas enchaîner le nouveau congé de naissance avec le congé maternité et le congé d’accueil de l’enfant.

La rétroactivité partielle ne répond en effet pas à toutes les situations, et notamment à la volonté de retarder le recours à un mode de garde. Il semble par exemple compliqué de prendre le congé une fois que l’enfant est en crèche.

Quelle indemnisation ?

Le montant exact de l’indemnisation doit être prochainement précisé par décret mais le gouvernement a indiqué qu’il serait de 70% du salaire net le premier mois, puis 60% pour le second. Des accords de branche ou d’entreprise peuvent prévoir de compenser la part restante. L’Union syndicale Solidaires demandera l’ouverture de discussions urgentes sur le sujet et défendra la compensation par l’employeur de la part de rémunération restante dans les branches, les entreprises et au niveau de la Fonction publique.

L’Union syndicale Solidaires revendique la rémunération complète du congé de naissance, comme des congés maternité, paternité, d’adoption et d’accueil de l’enfant.

Combien de temps ?

Chaque parent pourra prendre un mois ou deux mois – soit un total de quatre mois maximum pour les deux. Les modalités du fractionnement seront précisées par décret mais il serait possible de prendre deux mois séparément. Pour les familles monoparentales, la durée maximale ne sera pas doublée. Les deux mois peuvent être pris simultanément par les deux parents.

Mon employeur peut-il refuser?

Non. Il faudra l’informer selon des délais qui seront précisés par décret mais son accord n’est pas requis. C’est un droit.
Selon le texte adopté, le ou la salarié·e retrouvera « son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente ».

Ce congé comptera-t-il pour ma retraite ?

Comme pour le congé de maternité et le congé d’adoption, ce nouveau congé pourra permettre de gagner un trimestre « assimilé » (sauf si vous gagnez déjà quatre trimestres par vos cotisations durant l’année du congé). En revanche, aucun salaire ne sera retenu dans votre dossier pour ces périodes, contrairement aux mois cotisés – ce qui peut pénaliser le montant final de la pension de base.

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