Skip to content

Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Catégories
(re)Penser notre syndicalisme Cycle autogestion

4 novembre : un cycle sur l’autogestion à l’accueil syndical Solidaires 78

Librairie La Nouvelle Réserve, de 17 à 19 h, ouvert à toustes, entrée libre et gratuite

Mardi 23 septembre a débuté un cycle de travail sur l’autogestion dans le cadre de l’accueil syndical de Solidaires 78 à Limay.

Cette première séance avait pour but de déterminer des questionnements communs et des axes de réflexion pour l’année à venir.

Un débat… à l’écrit !

Pour cela, les participantEs se sont appuyéEs sur une pratique d’éducation populaire de débat : les nappes tournantes.

Chaque personne a eu une feuille sur laquelle écrire. Dans un 1er temps, nous avons chacunE noté ce que le mot « autogestion » évoquait, ce que nous savions dessus, les questions que cela nous posait, les critiques et limites que nous voulions formuler, etc.

Il était possible d’écrire des phrases, des mots, de dessiner. Pas de normes imposées.

Au bout de 3-4 minutes, nous avons tourné : chacunE a récupéré la feuille de la voisine ou du voisin pour la lire, y réagir, commenter ou ajouter des éléments.

Nous avons tourné ainsi plusieurs fois afin d’avoir la réaction de tout le groupe sur chacune des nappes tournantes. C’est à partir de ces écrits à plusieurs mains que nous avons pu faire émerger des questionnements et des envies collectives autour de l’autogestion.

Ici, pas de prise de parole interminables de quelques-uns, pas de participation dominante avec toujours les mêmes qui s’imposent par leurs expériences, leurs habitudes militantes, leur « aura ». Chacune et chacun a pu prendre le temps de mûrir sa réflexion, de se confronter à celles des autres, d’y prêter attention, de voir comment ça fait bouger – ou non – ses propres représentations.

C’est une pratique qui permet de se décentrer un peu de soi, de se rendre compte des questionnements et des besoins qui émergent du collectif sur un thème donné.

Nous avons également pu évoquer comment chacunE a rencontré la problématique de l’autogestion, dans le cadre du travail ou du militantisme, par exemple.

Voir l’article

Quels questionnements communs ? Quelles orientations pour un travail syndical sur l’autogestion ?

– est-ce que ça marche ? Quelles expériences d’autogestion ? Plusieurs films ont été évoqués, avec l’idée d’organiser des projections.

– quels sont outils de l’autogestion ?

– c’est quoi un mandat ? quels sont les types de mandats ? Faut-il les contrôler ? Si oui, comment les contrôler ?

– autogestion, anti-hiérarchie : comment tenir sur le long terme face au conditionnement social et politique à vouloir se donner ou être des chef-fes ?

– l’autogestion, c’est pas facile ! Quelles sont les difficultés ? Comment y faire face ?

– travailler sur l’histoire de l’autogestion : d’où ça vient, comment ça s’est traduit dans les mouvements de lutte, dans les entreprises, dans la vie de tous les jours ?

– peut-on tout autogérer ?

– la part individuelle et la part collective dans l’autogestion ; quelle part de responsabilité des individus et du collectif ?

– comment aborder la question du partage des tâches dans l’autogestion ?

– comment mettre en avant la joie et l’enthousiasme qui peuvent naître de l’autogestion ?

Prochaine séance le 4 novembre : on s’y retrouve ?

Catégories
En grève ! Retraites

Jeudi 6 novembre : au travail, au chômage ou en retraite : toutes et tous mobilisé·es le 6 novembre contre le budget Lecornu !

Le gouvernement Lecornu a dévoilé son projet de budget 2026. Sous prétexte de « faire des économies » pour « maîtriser les dépenses publiques », il propose un plan d’austérité qui n’a qu’une seule ligne directrice : faire payer la crise aux travailleurs et travailleuses, aux retraité·es, aux jeunes, aux plus précaires, aux privé·es d’emploi, aux étudiant·es… C’est non !

L’austérité du budget 2026 frapperait tout le monde. D’après les calculs de l’OCDE : un·e salarié·e perdrait 105 € par an, une personne au chômage 180 € … et un ménage comprenant un·e ou plusieurs retraité·es 350 € à cause de la seule année dite blanche : gel des pensions, augmentation des impôts et de la CSG par le gel des barèmes, gel de l’ASPA (minimum vieillesse). Des retraité·es changeraient de taux de CSG et verraient leur pension nette baisser.

En plus, les retraité·es seraient victimes de mesures spécifiques : suppression des 10 % d’abattement pour les impôts sur le revenu qui ferait perdre jusqu’à 390 € par an. Une partie d’entre elles et eux, qui ne payaient pas d’impôts, en paieraient et perdraient des exonérations des prestations versées sous conditions de revenus (tarifs sociaux, chèques énergie, tarifs de transport réduits, aides au logement, etc.).

Les femmes retraité-es de par leur niveau de pension inférieur en moyenne de 40% seront encore une fois les grandes perdantes.

Tout le monde subirait d’autres mesures, le doublement des franchises médicales, la régression des services publics, mais ce sont les personnes âgées qui ont le plus besoin de se soigner, qui utilisent le plus les services publics.

Les mesures proposées par le gouvernement sont une rupture violente de ce qui a constitué le fonctionnement de notre modèle social depuis 1945 avec la création de la Sécurité Sociale : la solidarité entre les générations, où chacun·e prend en charge le bien-être de tou·te·s. Faire exploser ce système ne règlera en rien la situation des finances, mais ne fait qu’opposer les citoyen·ne·s entre elles et eux, au plus grand bénéfice des plus fortunés qui s’enrichiront encore de ces divisions. Les retraité·es seraient frappé·es fortement par le budget d’austérité, ils et elles ont raison de se mobiliser dans l’unité le 6 novembre.

Au-delà, c’est bien l’ensemble de la population qui serait touché par l’austérité : c’est tous et toutes ensemble qu’il faut s’exprimer dans la rue le 6 novembre ! Il n’y a pas de fatalité. Nos mobilisations peuvent changer les choses.

L’Union syndicale Solidaires appelle à rejoindre de manière interprofessionnelle les manifestations des retraité·es du 6 novembre. Leurs revendications sont les nôtres.

Manifestons le 6 novembre !

Catégories
anti-validisme Conditions de travail

Collectif ESAT : Lettre aux députés et députées de l’Assemblée Nationale et aux sénateurs et sénatrices du Sénat, sur la BAISSE de la prime d’activité pour les travailleurs et travailleuses handicapé.e.s

Mesdames, Messieurs les députés et députées, les sénateurs et sénatrices ;

Le 29 octobre 2025

Madame, Monsieur,

L’Assemblée nationale et le Sénat examinent actuellement le Budget de la Sécurité Sociale.

Comme vous le savez ce projet, préparé par le gouvernement, affecte profondément les personnes en situation de handicap, particulièrement ciblées par une série de mesures allant du gel de l’Allocation aux Adultes handicapés (AAH) et de toutes les prestations d’autonomie aux contrôles renforcés des MDPH pour l’attribution de cette même AAH en passant par une diminution de 15% du budget de l’insertion par l’activité économique, qui va frapper les budgets des entreprises adaptées, des associations d’insertion … Vos collègues François Ruffin et Sébastien Peytavie ont lancé une alerte à ce sujet.

Nous nous permettons particulièrement d’attirer votre attention sur un point précis concernant les travailleurs et travailleuses handicapé.e.s dont l’AAH ne sera plus prise en compte pour le calcul de la prime d’activité avec pour conséquence la diminution, voire la suppression, de la prime d’activité (article 79 du PLF). Ainsi, sous le prétexte d’éviter un principe de « double emploi », le texte qui vous est soumis entend supprimer « la prise en compte de l’AAH dans le calcul de la prime d’activité ». À la clé, le gouvernement espère économiser 95 millions d’euros en 2026 puis 130 millions d’euros supplémentaires en 2027. Cette mesure interviendrait « à compter du 1er avril 2026 pour les droits d’avril 2026 versés en mai 2026 », au moment de la revalorisation annuelle des prestations sociales. En conséquence, les 120.000 travailleurs et travailleuses en ESAT connaîtraient à cette date une baisse de plusieurs dizaines voire centaines d’euros de leurs revenus déjà très restreints.

Alors que le collectif ESAT* réclame depuis plusieurs années, le statut de salarié .e. pour les travailleurs et travailleuses d’ESAT, la mesure induite par la proposition de budget va considérablement affecter les ressources des travailleurs et travailleuses handicapé.e.s ainsi que leurs familles. Au-delà, elle constitue un recul inacceptable dans la reconnaissance et la place des travailleurs et travailleuses handicapé.e.s dans notre société.

Cette mesure, si elle était adoptée, constituerait un recul des droits des personnes handicapées alors que les Gouvernements successifs sont restés sourds à leurs revendications légitimes d’être reconnus comme des salarié.e.s à part entière.

Nous sommes persuadés qu’au moment de vous prononcer sur ces propositions indécentes, vous aurez à cœur de défendre les intérêts des travailleurs et travailleuses handicapé.e.s ainsi que leurs familles. Nous vous prions de croire en l’expression de nos sentiments distingués,

Catégories
Retraites

Jeudi 6 novembre : les retraité·es manifestent pour des budgets justes et efficaces

Les personnes retraitées manifesteront le 6 novembre pour un Budget de l’État et un Budget de la Sécurité sociale justes et efficaces.

Alors que les débats sont en cours au Parlement pour l’adoption pour 2026 d’une Loi de Finances pour l’État et d’une Loi de Financement de la Sécurité Sociale, de trop nombreux parlementaires et les membres du gouvernement continuent de refuser d’adopter des mesures fiscales et budgétaires qui permettraient de ne plus enfoncer le pays dans un endettement au service des intérêts économiques et financiers. Pour ce faire, ils continuent de désigner tour à tour les personnes retraitées, les personnes immigrées, les personnes malades, les jeunes en étude, voire les personnes salariées qui travaillent et qui seraient mieux payées et traitées « que leurs voisins européens », comme responsables de la situation actuelle du pays. À les entendre, toutes ces personnes seraient des « assistées » vivant des richesses créées par les chefs d’entreprise et venant obérer leurs investissements et leurs innovations dans un monde concurrentiel.

Il y a deux ou trois vérités qu’il faut avoir en tête et que les riches et les très riches, celles et ceux qui les servent et toutes celles et tous ceux qui profitent du système actuel, ne dévoilent pas. Les richesses créées dans les entreprises, grandes comme petites, les administrations, les services publics, les associations, etc., sont toujours le résultat du travail d’hommes et de femmes, soit du travail direct, soit du travail accumulé et qu’on retrouve dans des équipements, des machines, des immeubles, etc. Et, à la sortie de cette création de richesses, déjà les détenteurs de capitaux viennent se servir. Ainsi, des économistes ont calculé que les salariés des entreprises du CAC 40 travaillent l’équivalent de 84 jours pour rémunérer les actionnaires de ces grandes entreprises (dividendes et opérations de rachat d’actions qui vont faire monter les cours de Bourse et la valeur des « patrimoines industriels »). Ce « partage », ramené sur l’année, signifie qu’à compter du 4 octobre de chaque année, les personnes salariées de ces grands groupes travaillent pour rémunérer les actionnaires ! Pendant le même temps, l’appareil d’État lui-même est mis au service des intérêts de cette même minorité privilégiée avec l’intervention, notamment, des politiques budgétaires. Un rapport sénatorial (ce ne sont pas « des gauchistes ») publié en juillet 2025 souligne que les exonérations et les aides publiques aux entreprises coûtent chaque année 211 milliards d’euros. Sans ces aides et exonérations, le budget de l’État comme celui de la Sécurité sociale ne connaîtraient aucune difficulté, d’autant plus qu’elles sont attribuées sans contreparties en matière d’augmentation des salaires ou des emplois. Il en ressort que les véritables « assistés » du système actuel de production, de distribution et de redistribution, ce sont les plus riches qui ne cessent de continuer de s’enrichir au détriment du reste du pays. Ce que les plus fortunés ne paient pas en impôts (suite aux cadeaux fiscaux, à la grande fraude facilitée, etc.), ils vont le prêter à un État qu’ils ont contribué à appauvrir, et ils perçoivent des intérêts sur leurs placements pendant que les classes moyennes et populaires subissent des coupes budgétaires et des limitations de leurs revenus. Le « fardeau de la dette », le paiement des intérêts, n’est pas un partage entre générations : dès l’ouverture du prêt, il résulte des rapports de force sociaux (quand ils nous sont défavorables, ce sont les classes populaires qui paient et les privilégiés qui continuent de percevoir les intérêts).

C’est cette politique, dite « politique de l’offre », qualifiée de « politique du ruissellement » par Emmanuel Macron, qui a conduit à la situation actuelle et qui prive les budgets publics des recettes qui auraient été nécessaires (notamment pour financer les services publics comme ceux liés à l’accès aux soins et les hôpitaux, à l’aide à l’autonomie, à l’éducation, à l’environnement) mais qui sont allées enrichir une minorité. C’est avec de tels choix que les riches sont encore plus riches, et que plus ou moins tout le reste de la population voit sa situation se dégrader, pour elle et pour ses enfants.

L’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraitées et Retraités Solidaires (UNIRS) reconnait que, dans la situation actuelle, des choix doivent être faits. Mais il ne peut être question de reconduire, globalement, les politiques qui ont conduit à cette situation. Il faut donc un autre partage des richesses créées, dans les entreprises, dans les administrations et les services publics, et dans la société. Et il faut un autre budget 2026 pour l’État et pour la Sécurité sociale. Ainsi, il est inadmissible de baisser la surtaxe d’impôt sur les sociétés, baisse qui, de fait, devrait être compensée par le gel des retraites et des minimas sociaux et par la hausse des impôts sur le revenu. Le gouvernement veut faire les poches des pauvres et des personnes retraitées pour ne pas déplaire aux riches qui détiennent les principales entreprises. Par ailleurs, une telle opération ne règlerait en rien la réduction du déficit public. De même, le gouvernement envisage de faire contribuer plus les personnes malades (ALD, etc.) mais se refuse toujours à intervenir sur le prix des médicaments et sur la rémunération des laboratoires, lesquels pèsent dans le budget de l’assurance maladie.

Le gouvernement Lecornu, comme ceux de Bayrou, de Barnier, de Attal, de Borne, est le dernier avatar d’un système au bout du rouleau. Nous voyons les ultra-privilégiés crispés sur leurs privilèges comme les aristocrates en 1788 qui refusaient les mesures fiscales « réformistes » préconisées par Turgot et Necker. À l’époque, la richesse provenait principalement de la possession des terres, et ils repoussaient toute taxation foncière (l’outil de travail) comme toute taxation des bénéfices (les récoles et les fermages). En 2025, ils refusent toute taxation de leur patrimoine (la richesse, désormais, c’est la possession des grandes entreprises, des multinationales notamment, par le biais de portefeuilles d’actions, etc.).

L’UNIRS, aux côtés d’autres organisations syndicales et associatives de personnes retraitées, appelle à participer partout aux manifestations qui auront lieu le jeudi 6 novembre contre le gel des pensions, contre toutes les mesures visant plus particulièrement les personnes malades et âgées, et pour des budgets publics justes et efficaces. Il faut que « l’effort » soit équitablement réparti, et que, notamment, les riches et les très riches contribuent à hauteur de leurs revenus et de l’ensemble de leurs richesses. Il faut lutter efficacement contre la grande fraude fiscale qui, avec les paradis fiscaux, permet aux privilégiés de la planète d’échapper partout aux contributions communes.

Catégories
Vidéo

7 novembre Versailles, projection de L’Évangile de la révolution

Le vendredi 7 novembre, à 20 heures, à l’UGC Roxane, rue Saint Simon à Versailles, projection du film-documentaire L’Évangile de la révolution, en présence de François-Xavier Drouet, le réalisateur.

Le souffle révolutionnaire qu’a connu l’Amérique latine au XXème siècle doit beaucoup à la participation de millions de chrétiens, engagés dans les luttes politiques au nom de leur foi. Portés par la théologie de la libération, ils ont défié les régimes militaires et les oligarchies au péril de leur vie. À rebours de l’idée de la religion comme opium du peuple, le film part à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont cru voir dans la révolution l’avènement du Royaume de Dieu, sur la terre plutôt qu’au ciel.

<iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/KFmE0oFmmIA" title="Bande annonce   l&#39;évangile de la révolution vostfr" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>



Catégories
Luttes féministes Santé-Social Services publics

Clap de fin pour la maternité de Lilas, un symbole féministe s’éteint

C’est une page de l’histoire des droits des femmes qui se tourne : la Maternité des Lilas, institution emblématique de la Seine-Saint-Denis et pionnière du modèle d’accouchement humaniste, ferme définitivement ses portes ce 31 octobre 2025.

La fermeture de la Maternité des Lilas est la 41e depuis que Macron est au pouvoir et la conséquence directe de politiques de santé publique obsédées par la rentabilité néo-libérale.

Un haut lieu de la mémoire des luttes pour les droits des femmes

Fondée sur un modèle d’accompagnement privilégiant l’humain et s’opposant à la surmédicalisation, la Maternité des Lilas était bien plus qu’un lieu de naissance :

  • Pionnière de l’accouchement sans douleur en France : Elle a milité pour le droit des femmes à un accouchement respecté, une approche novatrice depuis 1964.
  • Pionnière de l’IVG : Elle a pratiqué des Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG) avant même la loi Veil de 1975 et a fait face aux commandos anti-IVG.
  • Pionnière dans l’accompagnement des personnes trans : Elle fut la première à accompagner les grossesses des personnes trans, faisant d’elle un lieu de référence pour un public souvent marginalisé·es.

La fermeture de cet établissement représente une perte inestimable pour les femmes, les personnes LGBTQI+, les familles et toutes les personnes qui ont bénéficié de son approche solidaire et féministe.

Un modèle de travail digne brisé

La fermeture de la Maternité des Lilas n’est pas seulement une perte pour les usagères et usagers ; c’est aussi un modèle en termes de conditions de travail auquel les politiques néo-libérales ont mis fin.

Le modèle des Lilas reposait sur une approche humaine qui garantissait également des conditions de travail plus respectueuses pour l’ensemble des salarié·es : sages-femmes, auxiliaires de puériculture, médecins, administratives, et agentes d’entretien.

Contrairement aux grandes structures, la Maternité offrait une plus grande autonomie et une charge de travail qui permettait un accompagnement de qualité, loin de la pression de l’abattage des actes.

Ce personnel, souvent en première ligne des luttes (notamment via l’équipe SUD Santé Sociaux), a fait preuve d’une solidarité et d’une résilience exceptionnelles. Il a mené le combat jusqu’au bout pour préserver la qualité des prises en charge et leur propre vision humaniste du métier.

La fin des Lilas est la mise à mort d’un lieu où les professionnel·les se sentaient respecté·es dans leur cœur de métier. Leur combat pour le droit à l’accouchement humaniste est indissociable du combat pour des conditions de travail de qualité.

Stop à la marchandisation de la Santé

Le personnel de la Maternité des Lilas, ainsi que les usagers, les ex-patient-es et les élu-es locaux, ont lutté jusqu’au dernier jour pour défendre ce modèle de soin et de société.

Il reste à obtenir la garantie qu’un centre de santé / CIVG sera bien maintenu à sa place. Et à faire vivre la mémoire des “Lilas”, pour imposer demain une autre politique de santé, respectueuse des professionnel·les et des personnes prises en charge.

Le combat continue !

Pas d’économies sur notre santé, pas d’économies sur nos vies !

Catégories
Rail Répression Solidarité ! Transport

Soutien à notre camarade Fabien Villedieu de SUD Rail : militer n’est pas un crime!

Notre camarade Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de SUD-Rail, est convoqué au commissariat du 12ème arrondissement ce mardi 4 novembre à 9h00 à la suite de l’action menée au Ministère des Finances le 18 septembre dernier, journée de grève interprofessionnelle.

Cette convocation s’inscrit dans un contexte préoccupant de répression antisyndicale, où les militant·es sont de plus en plus souvent attaqué·es pour leurs actions collectives et légitimes.

Dans le cadre du mouvement social contre un budget austéritaire et mortifère, une action symbolique pour faire entendre nos revendications avait été décidée. Alors qu’aucune dégradation n’a été commise le pouvoir choisit la criminalisation plutôt que de prendre en compte les revendications exprimées par les grévistes.

L’Union syndicale Solidaires exprime son soutien plein et entier à Fabien et à toutes celles et ceux qui s’engagent au quotidien pour défendre les droits des travailleuses et travailleurs.

Nous affirmons que l’action syndicale est un droit fondamental, garanti par la Constitution et conquis par des décennies de luttes.

Nous refusons que la répression soit la réponse à la demande de justice sociale.

Rassemblement de soutien mardi 4 novembre à 9h00

Commissariat du 12ème arrondissement 80 avenue Daumesnil, Paris

Militer n’est pas un crime.

Face à la répression, restons uni·es, déterminé·es et solidaires.

Catégories
Éducation Luttes contre la Lgtbqia+ - phobie

Collectif contre les LGBTIphobies : déclaration intersyndicale sur l’EVARS au CSE

Ce communiqué a été publié le 09/10/2025

Déclaration intersyndicale et associative du Collectif Éducation contre les LGBTIphobies en milieu scolaire et universitaire

Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Notre intersyndicale et associative souhaite alerter une nouvelle fois sur le décalage préoccupant entre les engagements validés ici même fin janvier 2025 et affichés par le ministère dans le cadre des programmes EVAR·S et les moyens réellement mis en œuvre pour garantir son application effective dans les établissements.

Si nous saluons l’existence de ce programme, il demeure largement insuffisant dans sa mise en œuvre. Le manque de moyens humains et de formation empêchent une véritable appropriation par les équipes éducatives et rendent les ambitions affichées inatteignables. Or, sans déploiement concret, les LGBTIphobies continuent de peser lourdement sur la vie et le parcours des élèves.

Nous attirons plus particulièrement votre attention sur une contradiction majeure :

D’un côté, les programmes EVAR·S reconnaissent explicitement la légitimité et l’importance des interventions en milieu scolaire par des associations agréées, expertes dans la prévention des discriminations et la promotion de l’égalité.i

De l’autre, la foire aux questions ministérielleii ainsi que certaines circulairesiii ou réponses administratives interdisent ces interventions en école primaire, privant ainsi les enfants d’un accompagnement précoce pourtant essentiel.

Cette incohérence fragilise le travail des équipes pédagogiques, menace les associations investies et envoie un signal négatif : celui d’un engagement de façade, où les textes promettent mais où les pratiques bloquent.

Cette incohérence questionne également la légitimité accordée par notre ministère au CSE.

Nous demandons donc :

1. La levée claire de l’interdiction faite aux associations agréées d’intervenir en primaire, et une communication en cohérence auprès des parents, des écoles et des enseignant·es.

2. Des instructions précises, unifiées et cohérentes données aux rectorats et directions académiques pour garantir l’application du programme EVARS sur l’ensemble du territoire.

3. Les moyens humains et financiers nécessaires pour former les personnels et soutenir les interventions associatives.

4. L’assurance par le ministère de respecter les décisions prises en CSE, fruits de négociations entre les partenaires.

L’école et l’université doivent être des espaces sûrs, inclusifs et protecteurs. Cela suppose de la clarté, de la cohérence et surtout des actes concrets.

Nous appelons le ministère à prendre ses responsabilités et à transformer enfin les intentions en réalités. 

Catégories
antifascisme antiracisme Histoire Violences policières

17 octobre 1961 : un massacre colonial à Paris

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens se dirigent vers le centre de Paris depuis les bidonvilles qui leur servent d’habitats. Le FLN a appelé à une démonstration de masse pacifique pour protester contre le couvre-feu visant exclusivement les « Français musulmans algériens » de région parisienne depuis le 5 octobre. Le Préfet de police de Paris, Maurice Papon, sous l’autorité du premier ministre, Michel Debré, doit empêcher l’accès au cœur de la capitale et pour cela mater dans le sang la manifestation : les blessé·es et les mort·es se comptent par centaines. Des corps sont repêchés dans la Seine jusqu’à plusieurs jours après cette nuit de répression. 12 000 à 15 000 Algérien·nes sont raflé·es. Un millier d’Algérien·nes sont renvoyés « dans leur douar d’origine », livrés à l’armée française à leur arrivée.

Depuis les travaux de Jean-Luc Einaudi en 1991, la connaissance historique du 17 octobre 1961 a progressé. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un crime d’État impliquant les plus hautes sphères du pouvoir. Depuis 1961, les collectifs de militant·es anticoloniaux·ales  et antiracistes n’ont cessé de se battre pour rendre visible ce crime et contraindre l’État à reconnaître sa responsabilité. Cependant, la reconnaissance institutionnelle de ce massacre et de ses responsables n’est toujours pas au rendez-vous. En octobre 2021, à la suite du rapport sur les questions mémorielles concernant la colonisation et la guerre d’Algérie, l’État a organisé une commémoration officielle pour les soixante ans de ce massacre. Cependant, les actions politiques n’ont été que de courte durée. Aujourd’hui encore, l’État refuse de reconnaître le 17 octobre 1961 comme un crime d’État. Le 28 mars 2024, l’Assemblée nationale a voté un texte demandant au gouvernement l’instauration d’une journée de commémoration et la reconnaissance “du massacre commis sous l’autorité du préfet de l’époque, Maurice Papon”.

Fatima Bedar  avait 15 ans lorsque son corps a été retrouvé dans le canal de Saint-Denis le 31 octobre 1961. Elle est la plus jeune victime des massacres du 17 octobre 1961 à Paris. Elle fréquentait le collège de Stains en Seine St Denis. Sa mère, craignant les débordements, lui avait interdit de prendre part à la manifestation. Mais elle s’y rend avec son cartable, en faisant semblant de se rendre au collège.

Cette date s’inscrit dans une longue liste de massacres coloniaux qui se perpétuent, et une continuité dans des politiques racistes portées par l’État français.

La violence coloniale se retrouve aujourd’hui principalement sous quatre formes :

  • Le vote de lois toujours plus racistes comme la loi immigration qui fait des travailleurs et travailleuses sans-papiers une main d’œuvre exploitable à merci puis expulsable, ou les lois islamophobes allant jusqu’à empêcher des femmes musulmanes de participer à des compétitions sportives.
  • La gestion coloniale des quartiers populaires et de l’utilisation de l’espace public. En effet, il ne se passe pas une semaine sans que de jeunes hommes non blancs subissent les violences policières, les entraves à la circulation, les contrôles au faciès ponctués d’insultes et d’humiliations. Ce contrôle permanent des corps non blancs conduit bien trop souvent à des violences voire à des crimes policiers, dont les victimes auront beaucoup de mal à faire reconnaître la culpabilité de la police.
  • La perpétuation de la gestion coloniale  des « territoires ultramarins » : les peuples de Martinique et de Kanaky subissent couvre-feu, état d’urgence et mesures martiales, et des militant·es indépendantistes sont déporté·es de force dans des prisons métropolitaines, comme c’est le cas actuellement pour plusieurs dizaines de Kanaks, dont certains, libérés, restent assignés en métropole.
  • La complicité avec le génocide en cours en Palestine. Par les relations économiques, diplomatiques et les livraisons d’armes, la France se rend complice du génocide à Gaza et de l’occupation galopante de toute la Cisjordanie. Le discours antipalestinien est porté jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale. Et le seul discours porté par le gouvernement ne respecte pas le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

SUD éducation revendique que :

  • le 17 octobre 1961 soit reconnu comme massacre colonial et crime d’État car c’est une nécessité historique et politique ;
  • des programmes scolaires qui déconstruisent l’histoire coloniale et raciste de la France et qui reconnaissent le 17 octobre 1961 comme un massacre colonial et un crime d’Etat  soient mis en place ;
  • les archives de la Guerre d’Algérie et celles du 17 octobre 1961 soient ouvertes sans restriction d’aucune sorte et leur accès facilité ;
  • des mesures de réparations, symboliques comme matérielles, soient prises en direction des victimes du 17 octobre 1961, de leurs familles et descendant·es.

SUD éducation appelle à se joindre aux commémorations et aux rassemblements  du 17 octobre partout en France afin de rendre hommage à la mémoire de tou.te.s les Algérien-ne-s qui ont été victimes des violences racistes et colonialistes de l’État français !

RSS
Follow by Email