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Le traçage numérique Connivences entre politiques et opérateurs téléphoniques

La pandémie du Covid 19 et la crise sanitaire sont les prétextes pour une nouvelle atteinte aux libertés individuelles…

Les différentes mesures pour le contrôle policier de la populations se mettent en place. Le déploiement de 100 000 gendarmes et policiers a été bien précipité, sans aucune protection individuelle. Rappelez-vous les propos de Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, qui  minimisait leurs besoins en masques de protection. Quel message renvoyait-il à la population ?

Contrôle et sanction plutôt que la protection, on  l’a compris comme tel.

Que de tapage médiatique autour de ces fameux drones tournants au dessus des immenses plages françaises pour la chasse aux contrevenant·es, pourtant bien distancié·es et éparpillé·es. Le pouvoir tape dur, plutôt que de faire confiance à la conscience collective. Le ministère de l’Intérieur vient de commander ce 12 avril 2020, plusieurs centaines de drones « policiers » pour 4 millions d’euros…

Les informations contradictoires du gouvernement sont légions pour cacher son peu de réactivité : « on sait pas mettre correctement le masque !» et pourtant pas si bête, elle, la population aurait compris la méthode pédagogique. De pas efficace, le masque,  il est devenu indispensable fin avril, mais il faut les produire… Et que pensez des images sur BFM en mars, d’une policière hurlant sur les passant·es d’une rue populaire de Paris ? Pendant que Carrefour, Amazone, PSA et bien d’autres grandes enseignes, groupes ou industries continuent des activités non-essentielles et ne sont pas sanctionnés pour les risques pris par leur·es salarié·es. Il faut rester confiné·e mais il faut aller travailler, « quoi qu’il en coûte » pour votre santé. La Poste qui cache 24 MILLIONS de masques et fait travailler ses agent·es sans protection. Deux poids, deux mesures sont appliqués, la population et les travailleurs·euses restent, seul·es, les victimes de l’incurie de ce gouvernement.

Guère de masques et guère de tests, aucune anticipation sanitaire…Mais une solution « miracle » sort soudain du chapeau, pour justifier la reprise de l’activité économique dès le 11 mai, le traçage numérique. Une nouvelle mesure « barrière », mais bien théorique.

Le matériel de protection serait le téléphone portable, le « Mon Précieux » de tout à chacun, excroissance de l’oreille et du temps de cerveau disponible à la connexion… La toile se tisse,  la technique numérique existe et fait tous les jours ses preuves. Vous subissez d’ores et déjà le profilage de votre identité consumériste, à votre insu. Aujourd’hui les GAFAM * peuvent « savoir instantanément ce qui vous intéresse sur la toile pour mieux flatter vos envies par la publicité », demain le pouvoir, qu’il soit démocratique ou pas, pourra également vous pister : tous vos déplacements et les personnes que vous côtoyez. Aujourd’hui, les données personnelles sont archivées un an par les opérateurs téléphoniques et informatiques en France, le saviez-vous ?… Ce gouvernement, digne héritier des précédents qui n’ont eu de cesse de rogner sur les libertés individuelles, met en place  « Une stratégie numérique d’identification de ceux ayant été en contact de personnes infectées ». Comment ? Par la collaboration des opérateurs de téléphonie qui fournissent les données numériques de leurs abonné·es (toujours à leur insu) et  par les outils de l’informatique et l’intelligence artificielle. Ainsi, sous couvert d’une crise sanitaire,  la surveillance et le contrôle de la population, franchissent une étape dangereuse pour une société qui se dit démocratique et libre.

GAFAM*: Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft – NATU : Netflix, Air BNB, Telsa et Uber – BATX : Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi

NON à StopCovid pourquoi ?

Cette application est présentée tout d’abord comme une Protection Individuelle, histoire de rassurer la population reprenant le travail  le 11 mai. Parce que le gouvernement a bien conscience que les mesures sanitaires  indispensables ne seront pas prêtes. Cette application téléchargeable est un système d’alerte en cas de contact rapproché avec un contaminé du COVID 19. Basée étonnamment sur la technologie Bluetooth (celle-ci est peu précise et donc inefficace). Une crainte est que ce logiciel, réplique de celui de Singapour,  pourrait être plus intrusif quant aux données personnelles : outre la géolocalisation, il pourrait demander l’accès à l’ensemble des paramètres du téléphone, même en veille.

Donc sans garantie sur la protection, l’utilisation et la destruction de ces données, conservées un an. Le PDG d’Orange  réclame 2 ans, pourquoi ? Utilisées par une agence sanitaire ou par la police ? A des fins de protection ou à des fins de verbalisation ?

Efficacité sanitaire ?  

Aucune !

Sans test systématique de la population, comment savoir qui est contaminé et  qui ne l’est pas. E Sur la base du volontariat, seul  une fraction de la population sera tracée.. E Le gouvernement compte-t-il sur la délation et la suspicion entre les individus ?

Avec la collaboration des opérateurs de téléphonie, le gouvernement impose ses règles et muselle la contestation.

Tout cela se fait sans consultation, sans débat, sans information loyale de la population. Il profite de la crise sanitaire et du confinement, de l’impossibilité, pour nous, de manifester et de nous réunir, pour faire passer des mesures liberticides. 

Ne nous laissons pas faire,

organisons la riposte !


http://solidaires78.org/

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Reprise le 11 mai dans les écoles ? La position de Sud éducation 78

Communiqué à propos de la reprise le 11 mai

L’annonce faite par le président de la République le 13 avril dernier lors de son allocution de procéder à une réouverture progressive des établissements scolaires à partir du 11 mai a soulevé l’incompréhension et l’indignation chez les personnels.

Le patronat s’est déclaré “satisfait” : cela permet aux entreprises de bien préparer la reprise, et aux enfants de retrouver le chemin de l’école, s’est félicité un porte-parole du Medef. Mais l’école n’est pas la garderie du MEDEF !

Alors que le pays affiche toujours chaque jour plusieurs centaines de contaminations et de décès liés à l’épidémie de Covid-19, il faudrait remettre en contact des milliers d’élèves, d’enseignants, de personnels et de parents en rouvrant les écoles, sans garanties de sécurité supplémentaires par rapport au moment où la décision de fermeture a été prise, et sans même savoir si ceux qui ont été malades sont durablement immunisés ?

Le 12 mars dernier, le président avait annoncé la fermeture de tous les établissements scolaires pour “protéger les enfants” et “réduire la propagation du nouveau coronavirus”. Mais désormais le 11 mai, les enfants ne seraient plus à protéger et on pourrait de nouveau favoriser la propagation du virus, en réduisant à néant l’effort consenti par l’ensemble de la population ?

Même le Président du Conseil national de l’ordre des médecins le dit : “il n’y a pas d’explication médicale, infectieuse ou épidémiologique à déconfiner dans le milieu scolaire en premier”. Selon ce médecin, “déconfiner le milieu scolaire reviendrait à remettre le virus en circulation”.

Comment comprendre que les lieux accueillant du public restent fermés alors que les établissements scolaires devront rouvrir ?

Comment n’y aurait-il pas de contamination dans des écoles, des collèges ou des lycées quand il y en aurait dans un restaurant avec 30 adultes ?

La décision présidentielle ne se base sur aucun plan concret de lutte contre la maladie : elle a été énoncée comme le fait du prince, et tout le système doit désormais trouver des modalités pratiques pour la rendre effective, malgré son manque de pertinence scientifique.

Pour SUD Education 78 cette décision est inacceptable !

SUD Education 78 refuse que la sortie du confinement se fasse sur une base aussi arbitraire, en mettant en danger la vie des personnels et en favorisant un redémarrage de la contamination. L’administration a l’obligation d’apporter toutes les garanties en matière de protection de ses agents et des élèves. SUD Education 78 exige avant toute reprise de l’activité que la sortie de crise sanitaire soit clairement vérifiée et que l’Education Nationale soit en mesure de fournir les garanties nécessaires en matière de conditions de travail et de sécurité (distances, capacité à faire respecter les gestes barrières, dépistages, désinfection, matériels de protection).

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Courrier au Préfet des Yvelines de SUD Santé Sociaux et de Solidaires 78

Monsieur le Préfet,

Notre département est touché par le COVID-19 depuis plusieurs semaines maintenant. Nous vivons une crise sanitaire sans précédent qui oblige l’ensemble des personnels hospitaliers, sociaux et médico-sociaux à s’adapter à des conditions de travail inédites.

Sur le département des Yvelines, les hôpitaux de Poissy, Mantes la Jolie et Versailles sont les sites “références” dans la gestion de la crise COVID-19. Mais les autres établissements de santé sont également répercutés puisqu’ils accueillent les patient·e·s qui viennent des établissements références débordés ou qui restent dans leur établissement ne pouvant être transférés. En effet, le nombre de décès de résident.es d’EHPAD et du médico-social augmente dangereusement, au sein de leur propre structure d’accueil, ce qui a nécessité l’ouverture d’unités dédiées COVID dans des hôpitaux pourtant de 3ème ligne, sans l’aide des plateaux techniques dont disposent les gros hôpitaux.

Le rapport aux soigné·e·s et résident·e·s se fait en mode dégradé :

Les EHPAD sont au confinement total, laissant les résident·e·s sans visites physiques, même si les vidéotéléphones pallient marginalement cet isolement.

Dans les établissements sociaux et médico-sociaux, là aussi l’ensemble du travail a été réorganisé. Les externats sont fermés, pourtant il est demandé aux personnels (AMP, Educs Spé…) de venir travailler tous les jours pour faire du rangement, du ménage et autres tâches qui ne nous semblent pas indispensables au point de rompre le confinement.

Les visites à domicile se font sans application systématique des mesures barrières (Formation, EPI, gel…) pour protéger le visiteur et visité. Et plus grave, pour les patient.es fragiles, les intervenant.s ne sont pas dépisté.es du COVID19. Il serait adapté que les intervenant.es dans des milieux confinés, en contact avec à des personnes fragiles ou contaminées, soient suivi.es par leur médecin du travail.

Aujourd’hui, nous constatons encore une pénurie affligeante de matériels pour tout le personnel du sanitaire et du médico-social : masques, lunettes de protection, sur-blouses, tests sont en nombre restreint et distribués au compte-goutte. Il y a également un manque de matériel médical (pousse seringue, respirateur, etc…).

A trop tirer sur la ficelle, elle cassera, les équipes soignantes commencent à fatiguer physiquement, mais aussi et surtout psychologiquement. Les patient·e·s très lourd.es, nécessitent une prise en charge très longue.

Malgré la mise en place de cellules psychologiques, nous commençons à voir certain·e·s de nos collègues sombrer dangereusement.

En tant que représentant de l’Etat, nous vous demandons expressément de faire remonter aux pouvoirs publics, cette alerte du personnel soignant qui sature et fait les frais, comme toute la population aujourd’hui, des différentes politiques d’austérité de l’Hôpital et de l’ensemble du secteur de la santé.

Aussi, si des efforts sont à consentir par l’Etat, ils doivent être concentrés sur la prise en charge de cette pandémie, par exemple ;

Nous faisons le constat que l’Etat a failli par son manque d’anticipation pour faire face à une pandémie, en affaiblissant toutes les structures d’accueil, notamment le nombre de lits en réanimation.

Nous finissons ce courrier par une boutade qui fait référence aux termes martiaux du Président ; guère de moyens humains, guère de matériels, guère de lits, guère de reconnaissance financière pour les premiers de corvée.

Les meilleurs stratèges sont ceux capables d’anticipation. Il est grand temps de remettre l’Hôpital public et la santé publique au cœur des investissements financiers et humains à venir.

Nous vous remercions de toute l’attention que vous porterez à notre courrier, et vous prions de recevoir, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre détermination à nous battre pour sauver le plus de vies possibles. En espérant pouvoir compter sur vous.

Pour SUD Santé Sociaux

Sébastien POINT

Pour Solidaires Yvelines

Frédéric Bruneel

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Communiqué intersyndical des organisations yvelinoises CGT, FO, FSU et Solidaires 78*

La crise sanitaire que nous vivons actuellement agit comme un révélateur

Comment ne pas s’indigner de la duplicité du discours gouvernemental ? Celui-ci feint de découvrir l’importance des services publics, alors qu’il en a réduit l’efficacité par ses politiques d’austérité. Il vante la solidarité en temps de crise, alors qu’il a volontairement affaibli notre système de protection sociale (financé par le travail) en allégeant les cotisations salariales.

Dans ce contexte, nous nous alarmons tout particulièrement de la situation dans la santé et le médico-social. Les hôpitaux en sont à lancer des appels aux dons pour avoir des masques, et de nombreuses structures (ambulanciers, maisons de retraite, centres d’hébergement, foyers liés à l’aide sociale à l’enfance) n’en ont pas, ou pas en nombre suffisant. Partout le personnel manque, alors que le nombre de malades augmente, y compris parmi les hospitalier.ières.

Le gouvernement favorise l’activité économique plutôt que la prévention des risques dans les entreprises. Nombre de salarié.es continuent à travailler dans les Yvelines sans qu’il n’y ait de mesure de confinement stricte suite à des contacts avec des cas avérés de contamination. Les instances représentatives du personnel, quand elles existent dans l’entreprise, ne sont pas systématiquement prévenues des contaminations de salarié.es et ne peuvent donc imposer à l’employeur son obligation de garantir la santé mentale et physique de son personnel. Dans le commerce de l’alimentation, notamment, les vendeurs.euses et caissiers.ières sont directement confronté.es à la propagation du virus. Sans matériel de protection personnelle (masque, gants, lunettes, gel…), les gestes barrières ne suffisent pas à se protéger efficacemment.

Nous dénonçons la logique du gouvernement qui préfère rassurer les actionnaires plutôt que de réduire l’activité aux seules professions vitales et nécessaires en temps de crise. La double injonction « restez chez vous » mais « allez travailler » est incompréhensible et intenable.

L’épidémie prend de l’ampleur, et nous appelons les salarié.e.s des secteurs non cruciaux à se mobiliser pour faire respecter leurs droits et leur santé, et donc exiger la fermeture des activités non essentielles. Comme en Italie, la cessation de la production doit permettre d’éviter une sur-contamination et un engorgement des hôpitaux. Les salarié.es ne doivent pas être doublement victimes de l’urgence sanitaire, et ils doivent obtenir la garantie d’un maintien total des salaires (primes comprises et autres participation et intéressement).

La loi d’urgence sanitaire est lourde de dangers pour les droits de tous les salariés. Nous dénonçons la possibilité d’agir par ordonnance pour le gouvernement, sans instances de contrôle, et l’opportunité offerte aux employeurs de déroger au droit applicable en matière de prise des congés payés, de temps de travail, de temps de repos…

Ces mesures toucheront en premier lieu les femmes et les précaires (caissières, aides à domicile, livreurs, personnel de santé ou du médico-social). C’est d’autant plus inacceptable que la société en temps de crise repose en grande partie sur leur dévouement et leur professionnalisme.

Nous demandons que les mandaté.e.s  syndicaux.ales (notamment les élu.e.s CHSCT et CSE) puissent se déplacer (bien sûr dûment équipé.e par l’employeur de protections individuelles) dans tout le périmètre de leur mandat, pour échanger avec des salarié.e.s souvent inquièt.e.s et faire respecter le droit du travail ainsi que les conditions d’hygiène et de sécurité.

Nous nous inquiétons également des dérives en termes de libertés publiques. Nous alertons sur les mesures répressives visant uniquement la population, alors que nombre d’entreprises mettent la pression pour que les salariés retournent travailler sur site, notamment dans la métallurgie. Nous sommes dans une région où la crise du logement sévit depuis des décennies et conduit des dizaines de milliers de Francilien.nes à vivre dans des logements trop petits (et trop chers !) voire parfois insalubres. Parce que la solidarité ne s’arrête pas à la porte des lieux de travail, nous demandons au préfet la mise à l’abri sécurisée (y compris en termes de santé) de toutes personnes et familles en précarité (sans logement, migrants, habitants des bidonvilles…), en réquisitionnant si nécessaire, et en les dotant de bons d’alimentation.

Dans la Fonction Publique, nous constatons une situation administrative ubuesque qui pousse par exemple les enseignants à assurer une « prétendue continuité pédagogique » alors que les conditions ne sont manifestement pas réunies pour télétravail. L’accueil des enfants de soignant.e.s dans les établissements scolaires l’est encore trop souvent sans le respect des règles d’hygiène élémentaire : absence de désinfection régulière des locaux et du matériel, de mise à disposition de savon liquide, serviettes en papier à usage unique, gel hydroalcoolique. Nous rappelons que c’est l’impératif sanitaire qui doit primer sur tout et partout. Nous demandons par ailleurs que soit prise en considération la situation des CDD dans la FP qui risqueraient de perdre leurs droits du fait de la situation de confinement (pas de renouvellement de contrat), de même que pour les contrats précaires du privé.

Les suspensions de la mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage, du projet de réforme des retraites, du jour de carence en cas d’arrêt maladie vont dans le bon sens, mais il convient d’aller plus loin en les retirant purement et simplement.

Trappes, le 26 mars 2020

*qui ont également demandé par courrier ce jour une téléconférence sous l’égide du Préfet associant La Direccte, les organisations syndicales et les organisations patronales.

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Sensibles à la bonne continuité du service public, mais pas naïf·ves !

Communiqué de presse de l’Union Départementale Solidaires des Yvelines, le 20/03/2020

Solidaires 78 et SUD Santé Sociaux 78 sont et seront entièrement mobilisé·es auprès de l’ensemble des personnels de l’Hôpital. Nous continuons de revendiquer des effectifs et des lits supplémentaires, des moyens matériels et 300€ d’augmentation pour l’ensemble du personnel. Nous n’avons que faire de quelques primes.

De plus, nous exigeons que toute contamination en lien avec l’activité professionnelle soit reconnue comme accident du travail.

    Parce que la prévention est essentielle, au-delà du secteur hospitalier, nous exigeons que :

  • les salarié·es soient dispensé·es des tâches non urgentes ou non indispensables par l’arrêt immédiat des activités non indispensables et que les mesures de chômage partiel soient étendues à tous et toutes ;
  •  le maintien de la totalité des rémunérations pour tout le monde : salarié·es du privé et du public, y compris ceux et celles en sous-traitance, intérim, intermittence, contrats à durée déterminée ou vacataires, agent·es public·ques contractuel·les, ainsi que celles et ceux en auto-entreprenariat ;
  • les droits des chômeurs et chômeuses soient prolongés ou accordés pour ne pas se trouver sans ressources ;
  • l’interdiction de licenciements soit mise en place ;
  • les salarié·es qui travaillent dans les secteurs indispensables soient protégé·es correctement ;
  • la suspension des loyers et des factures pour tous ceux et celles qui en ont besoin ;
  • la réquisition de logements vides ou utilisés à des fins spéculatives de type Airbnb.
  • tous et toutes soient protégé·es, y compris les plus fragiles et précaires, sans domicile, personnes migrantes…

pour que la crise sanitaire ne se transforme pas en désastre social !   

    Aujourd’hui, les hôpitaux Yvelinois font face à une crise sanitaire sans précédent. Les patient·es touché·es par le COVID-19 affluent en masse, même si le pic de l’épidémie est attendu d’ici une à deux semaines. Les hôpitaux s’adaptent comme ils le peuvent,  méthodiquement, grâce aux agents de l’Hôpital, Directions comprises, qui puisent dans leurs réserves d’énergie, ce qui est à saluer. Une fois de plus, l’ensemble du personnel hospitalier répond présent, malgré les conditions de travail dégradées et cela depuis plusieurs années. Heureusement, l’Hôpital,  garant d’un service public, a  résisté aux ministres de la casse de la santé publique : Bachelot, Touraine et Buzyn (à noter que cette dernière a su flairer la sortie de crise…).

    L’organisation des services d’urgences sanitaires va reposer essentiellement sur un personnel sensible à la continuité du service public. Mais le manque d’anticipation du gouvernement se révèle aussi par la pénurie sur les Yvelines de produit réactif servant à détecter le COVID19. Plus aucun dépistage possible à ce jour. Livraison prévue en début de semaine, paraît-il…

La guerre ? Avec quelles troupes et quels équipements ?

    Pour faire la guerre, il faut des troupes et pourtant l’hôpital « de campagne » de Versailles appelle à l’aide sur les réseaux sociaux pour obtenir du renfort de personnels….

    Pour accueillir dans les meilleures conditions les malades d’établissements débordés, c’est un service désaffecté au Centre Hospitalier de Plaisir qui va rouvrir pour des patients de Versailles. Mais dans l’obligation de travailler sur un régime journalier de 12 heures, les agents vont flirter avec la fatigue chronique.  C’est l’hôpital de Meulan qui récupère les interventions chirurgicales de Poissy ; Meulan, qui pour rappel, depuis quelques années, a dû résister fermement pour garder sa réanimation et s’est fait amputer son service d’oncologie. Les blocs opératoires sont fermés, sauf pour urgences vitales, afin que les salles de réveil puissent accueillir les patient·es contaminé·es.

    Que penser de certains établissements sociaux et médico-sociaux qui ne prennent pas au sérieux l’épidémie ? Leur personnel se plaint du manque de protection contre les projections de bave, postillons et autres vecteurs de maladie. Telle la Croix Rouge sur les Yvelines qui n’informe son personnel que le dimanche soir de la fermeture de l’Externat. Comble du manque de respect des consignes de confinement, une fois l’Externat fermé, le personnel devait être redéployé pour des visites à domicile, sans aucune protection (masque, gants, SHA – Savon Hydro Alcoolique) alors qu’il y a un cas avéré de contamination. Et pourtant, pour le gouvernement, seuls les pique-niques étaient jugés irresponsables le week-end passé…

    Qu’en est-il de la prévention des risques d’être contaminé par le COVID 19 pour le personnel hospitalier ? Le manque de masques au niveau national, fait que la distribution est contrôlée et priorisée, même pour le personnel. Certains distributeurs de SHA sont vides. Les matériels médicaux (pousse-seringue, et tout matériel nécessaire à la bonne prise en charge du patient) sont en rupture de stock. Devra-t-on sortir les vieux brancards obsolètes comme dans les Hôpitaux italiens ? Les risques s’aggravent pour toutes et tous, patient·es et soignant·es. Pour toute l’équipe hospitalière, le télétravail n’est naturellement que peu adapté…

L’argent : le nerf de la guerre

    Bref, nous payons aujourd’hui les conséquences des politiques désastreuses sur la santé depuis plus de 20 ans.

    En 20 ans, ce sont 100 000 lits fermés, des hôpitaux de proximités fermés, des suppressions de postes et de services à la pelle. La crise d’aujourd’hui nous rappelle à quel point la santé ne peut être une marchandise, mais un bien commun pour toutes et tous, avec un maillage territorial pour un accès aux soins partout.

    Les ARS, conseils départementaux et préfectures doivent rappeler aux employeurs leurs obligations en matière de protection de leurs salarié·es (confinement à domicile, fourniture de protections..). Parce que malheureusement l’activité économique continue, des élections municipales sont maintenues alors que l’important devrait être de ne pas saturer les Hôpitaux, de ralentir une pandémie qui s’accélère.

    Le gouvernement sermonne et s’attaque aux libertés individuelles, il sanctionne. Mais ne se remet pas en question. Il continue par un déploiement de 100 000 policiers et militaires qui seront sans doute un nouveau vecteur de contamination.

    L’énergie déployé aurait dû privilégier le soutien des salarié·es pour réussir le confinement, stopper la marche économique délirante. Mettre des moyens coercitifs pour obliger les enseignes d’alimentation à protéger leurs vendeurs et vendeuses.

    Comment Macron peut-il considérer le personnel soignant comme des héros, alors que sa police nous gazait il y a encore un mois lorsque nous réclamions justement les moyens qui nous font défaut aujourd’hui. Le gouvernement va devoir rendre des comptes sur les économies réalisées qui nous conduisent dans cette situation aujourd’hui.

La population peut compter sur nous,

pouvoir compter sur le président et ses semblables reste à prouver.

Les ministres et les patrons qui cassent l’hôpital public et veulent continuer à faire travailler les salarié·es non indispensables sont des irrésponsables, vis à vis de ces salarié·es et de toute la population. Ils devront eux aussi rendre compte.

La santé de l’ensemble de la population, sans restriction,

et les droits n’ont pas à être sacrifiés dans une situation d’exception.

Une fois sortie de cette crise, c’est bien l’ensemble du système qui nous y a conduit qu’il faudra changer, pour qu’il réponde aux urgences sociales, économiques, démocratiques et écologistes.

Toutes et tous ensemble, il nous faudra imposer un autre avenir.

Solidaires78@wanadoo.fr

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