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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Retraites

Note mensuelle de l’UNIRS de mars 2024

UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Au sommaire :

  • Sous-revalorisation des pensions ?
  • Les carrières longues s’emparent du départ en retraite plus tôt !
  • Compte-rendu du CA de l’UNIRS des 12 et 13 mars 2024
  • Menaces sur les droits familiaux et conjugaux, les pensions de réversion
  • 34 associations de lutte contre la pauvreté dénoncent les économies budgétaires
  • Réunion des 9 organisations de retraité·es le lundi 4 mars
  • Courrier du Groupe des 9 aux parlementaires, aux groupes parlementaires et à Attal

Sous-revalorisation des pensions en 2024 ?

Le gouvernement réfléchit à des économies, il envisage de ne pas compenser, début 2025, l’inflation de 2024 ! C’est la fuite reprise par France 2 dans un reportage. Et un ancien magistrat à la Cour des comptes précise « 1 point de sous-indexation sur le régime de base aurait permis de réduire le coût de la mesure de 2,7 milliards d’euros ». Pourtant 83 % de la population s’y oppose !

Nous n’entendons plus parler de cette menace … dans cette période électorale. En réunion de conseil des ministres, le président Macron s’est fâché très fort et a ordonné à ses ministres d’« arrêter de sortir des mesures qui n’ont pas même été évoquées, sauf si vous voulez perdre les élections (européennes) ».

Un proche d’Emmanuel Macron a donné l’explication « chat échaudé craint l’eau froide » : le président Macron se souvient de l’immense colère provoquée, par la hausse de la CSG pour les retraité·es, le 1er janvier 2018, hausse qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de retraité·es le 15 mars 2018, à l’appel des 9 organisations de retraité·es. Ce raz-de-marée humain l’avait conduit à supprimer cette mesure pour les faibles pensions !

On n’en parle plus … pour le moment, le ministre chargé des Comptes publics, au sujet de la sous-revalorisation des pensions, a précisé : « on aura, je crois, ce débat pour le projet de budget 2025 ».

Les retraité·es connaissent les conséquences des gels et sous revalorisation : depuis 2017 ils et elles ont perdu 9,1 %, plus le cumul des « petites sommes » perdues pendant les 84 mois, qui s’élèvent à près de trois mois de pension.

Macron craint les fortes mobilisations comme celles qui ont suivi l’augmentation de la CSG, il a vu le poids médiatique des actions du 24 octobre et a décidé de respecter la loi en revalorisant les pensions du montant de l’inflation, de 5,3 % au 1er janvier 2024. Il verra les retraité·es mécontents dans la rue le 26 mars.

Le 26 mars, gagnons notre juste revalorisation des pensions !

Les carrières longues s’emparent du départ en retraite plus tôt !

Pour faire passer la pilule amère du départ à 64 ans, le gouvernement a dû élargir les possibilités de départ anticipé pour les personnes ayant commencé à travailler très jeunes, à 21 ans au lieu de 20 ans. Et le dispositif « carrières longues » a été bien utilisé.

A la fin de 2023, 30 % des nouveaux retraités concernés par la réforme sont partis avant l’âge légal selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV). Cette proportion n’était que de 20 % en 2022. Le record de 25 % pour les assurés nés entre 1955 et 1957, a été largement dépassé !

Le patron de la CNAV annonce « l’augmentation du poids des dossiers carrières longues va aller encore croissant » et précise « si les assurés ont la possibilité de partir en carrière longue, majoritairement ils le font valoir ». Il confirme la prévision du gouvernement d’environ 40 % de départs avant l’âge légal, en prenant en compte les personnes en invalidité qui peuvent toujours partir à taux plein à 62 ans, ainsi que les personnes inaptes.

Compte-rendu du CA des 12 et 13 mars 2024

Ce conseil d’administration, dans les locaux de Solidaires, a réuni 22 personnes, 10 femmes et 12 hommes.
Le compte-rendu complet est sur le site de Solidaires.

L’actualité du G9 et les initiatives « retraités et retraitées » depuis le C.A. du 16 janvier a permis de détailler les réunions et les actions du « Groupe des 9 organisations de retraité·es » que nous reprenons systématiquement dans nos notes mensuelles.

Ce point a concerné aussi le colloque du G9 le 4 mars sur les droits des femmes et les menaces sur les pensions de réversion et les droits familiaux et conjugaux. Voir l’article ci-dessous.

La préparation du Congrès de Solidaires, nous avons examiné les 3 projets de résolution :

1 « Notre syndicalisme dans un monde en crise » : l’ordre international et les guerres ; l’inflation, les salaires et des inégalités, l’urgence climatique, les libertés, l’urgence contre l’extrême-droite ; les dangers de l’intelligence artificielle ; les services publics.

2 « Enrichir, adapter et faire évoluer notre revendicatif » : les droits des femmes (pour un congé menstruel /cycle hormonal, droit des femmes à disposer de leurs corps, violences conjugales et intrafamiliales), le handicap et le validisme (bas revenu, précarité, accompagnement, conditions de travail), la Protection sociale (l’aide à l’autonomie, l’élargissement de la Sécurité sociale à l’alimentation, au logement, à l’environnement et la question du financement de la sécurité sociale et celle de la démocratie sociale).

3 « Notre outil syndical » : l’unité syndicale (que nous vivons bien avec le G9), le développement de l’Union syndicale Solidaires (qui nous incite à une campagne de syndicalisation), l’idée de faire des instances des outils au service de l’action syndicale (et pour nous la question des CDCA), la place de l’UNIRS dans Solidaires et son droit de vote, l’engagement interprofessionnel, le fonctionnement au consensus, le rejet de la présence de l’extrême-droite dans nos rangs.

L’organisation d’une campagne de syndicalisation par l’UNIRS : quelles initiatives de l’Unirs à l’égard des structures locales et nationales ? Nous pourrions envoyer un courrier aux structures en reprenant le contenu de la résolution du congrès de 2008 « il est important de conserver adhérents les retraité·es et de leur faire savoir que l’UNIRS est là ».

Le 100 % Sécu doit-il couvrir le logement et la nourriture dans les Ehpad ? Le débat commence et sera porté au G9, mais la réponse est plutôt oui, comme à l’hôpital, et parce qu’il faut très souvent donner toute sa pension pour payer l’Ehpad et il en manque avec des restes à charge importants.

Contexte économique, social, syndical, environnemental et politique : il a porté sur la situation de l’agriculture et des agriculteurs et agricultrices en France, la « Politique Agricole Commune » et « Bruxelles », les revendications, les manifestations et le ministère de l’Intérieur, le rôle de la FNSEA, etc. Le long texte de présentation est disponible sur le site.

Les CDCA : en présence de camarades investis dans les CDCA, échanges sur l’implication de l’UNIRS dans les CDCA (Conseils Départementaux de la Citoyenneté et de l’Autonomie). Michèle Béarez du Nord a été mandatée par le CA de l’UNIRS pour animer les équipes dans les CDCA. Elle informe que des camarades prennent beaucoup de temps dans le travail pour les CDCA et ont du mal à parler dans leur structure départementale des sujets techniques abordés en CDCA. C’est bien que le CA de l’Unirs discute des CDCA.

Les échanges utiles et intéressants ont rassemblé plus de la moitié des départements où nous sommes dans le CDCA. Ils ont relancé la dynamique. Il faudra aussi que le C.A. revienne sur les CDCA régulièrement.

Menaces sur les droits familiaux et conjugaux, les pensions de réversion

Le gouvernement a saisi le 23 mai 2023 le Conseil d’orientation des retraites (COR) pour envisager une évolution des droits familiaux et conjugaux. Une dizaine de notes du COR du 1er février 2024, écrites par les « experts », proposent des premières pistes d’évolution. Une prochaine séance, le 16 mai, envisagera des réformes et le rapport final, auquel les représentants d’organisations syndicales travailleront (mais avec quel poids ?) est attendu en octobre.

Ces droits réduisent les inégalités entre hommes et femmes, mais seulement en partie puisque les pensions de droit direct (droits propres) des femmes sont inférieures de 40 % à celles des hommes. Les droits familiaux améliorent de 8 % la pension des femmes,

Les notes du COR justifient ces droits : avoir des enfants provoque une baisse du taux d’emploi (ce taux d’emploi est de 80 % pour 2 enfants et de 59 % pour 3 enfants) et une baisse du salaire de 5 % par enfant pendant une période de 5 ans.

Les notes proposent de valider gratuitement des trimestres de cotisation avec possibilité d’augmenter le nombre de trimestres attribués en fonction du nombre d’enfants,

Les notes suggèrent de simplifier et d’harmoniser les droits entre les différents régimes, mais pas le haut ou par le bas ?

– Majorer la pension pour 3 enfants seulement, ou pour 4, 5, … ?

– Ou l’attribuer seulement aux femmes pour accouchement ?

– La verser dès le 1er enfant, donc à 90 % de la population, mais en diminuant le taux de majoration ?

– Remplacer les 10 % par un forfait de 150 € ?

– Ajouter 8 trimestres par enfant (régime général) ou seulement 2 (fonction publique) ?

– Ou augmenter le nombre de trimestres attribués au fur-et-à-mesure de l’arrivée d’un nouvel enfant,

– N’accorder l’AVPF, l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer qui attribue gratuitement des trimestres, qu’aux personnes qui réduisent ou cessent leur activité pour s’occuper de leur enfant ?

– La réversion est-elle justifiée ? La vie en couple procure déjà de nombreux avantages à ses deux membres (économies d’échelle, plus grande accumulation du patrimoine, assurance intra couple…). Le décès provoque la perte d’un avantage de la vie en couple, qui n’a pas à être compensée ?

– Si oui, elle serait plus juste en la calculant ainsi : 2/3 de la pension de la personnes décédée – 1/3 du survivant.

– Attribuer un avantage sous forme de réversion impliquerait de la financer, soit par une cotisation spécifique, soit par la diminution du montant des pensions directes des personnes mariées.

– La réversion n’est pas adaptée dans les cas de divorce : il faudrait plutôt étendre la prestation compensatoire, par le partage au moment du divorce de la masse des droits acquis par les deux conjoints.

– La proratisation des droits à la réversion à la durée de mariage sur une durée de référence, par exemple la durée de cotisation totale.

Les questions ne manquent pas, les réponses peuvent améliorer ou diminuer les droits… Nous devrons peser pendant les réflexions pour imposer l’amélioration des droits, la réduction des inégalités et s’opposer à une détérioration supplémentaire des droits.
La présentation de ces notes du COR figure sur le site de Solidaires

Courrier aux parlementaires, aux groupes parlementaires et à Attal

Pour rappeler la présence des retraité·es et leurs revendications, ces courriers reprennent le même contenu :

– La détérioration continue de la situation financière, sanitaire et sociale des 18 millions de retraités.

– Le pouvoir d’achat en berne depuis des années malgré la rare application de la loi au 1er janvier 2024 qui a revalorisé les pensions de 5,3 %.

– Le passif depuis le 1er janvier 2017 de 9,1 % plus le cumul des pertes de chacun des 84 mois qui s’élève à près de 3 mois de pension.

– Notre demande de rattrapage du pouvoir d’achat.

– L’oubli des personnes qui sont ou qui vont être à la retraite lors de la mise en place des complémentaires santé.

– La situation catastrophique des hôpitaux du pays complique encore plus leur accès aux soins et à la santé.

– Le sentiment d’un mépris à l’égard des anciens.

– Nos interrogations sur la démocratie avec l’adoption sans vote des PLF et PLFSS.

– La proposition de loi « Bien vieillir » qui stipule « Avant le 31 décembre 2024, puis tous les cinq ans, une loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge détermine la trajectoire des finances publiques en matière d’autonomie des personnes âgées, pour une période minimale de cinq ans », engagement bien tardif et sans réalité immédiate, alors que les mesures dans la loi « bien vieillir » sont notoirement insuffisantes et ne répondent pas à la situation dramatique actuelle.

Réunion du « G9 »

Les 9 organisations de retraité·e·s se sont réunies lundi 4 mars 2024

Un tract pour le 8 mars est diffusé, ainsi qu’un communiqué.

Le 26 mars se prépare dans tous les départements, la liste des actions est sur le site de Solidaires. Des demandes de rencontres (avec les députés, sénateurs, préfectures, etc.) sont déjà déposées.

Sur Paris, à Bercy, les animations se préparent (barnums, ballons) et des responsables syndicaux ont prévu de venir pour parler de leurs actions en cours. Une conférence de presse aura lieu à 13 h 30, sur la Place. Une audience est demandée au ministre, celui qui est pour sous-revaloriser les pensions de 2024…

Rencontre avec Pascal Champvert, le président de l’AD-PA, l’Association des directeurs au service des personnes âgées, qui dénonce l’âgisme. Solidaires a rédigé un compte-rendu détaillé de la rencontre. Le G9 va lui signaler tous les CDCA qui ne fonctionnent pas. Nous devons réfléchir sur le contenu de la revendication 100 % Sécu et de l’éventuel « reste à charge », c’est-à-dire la prise en charge, ou pas, du logement et de la nourriture.

Haut Conseil de l’Âge HCFEA : le G9 partage le constat de son rapport, la dénonciation de la politique actuelle, certaines propositions (32 euros pour le coût horaire de l’aide à domicile, exigence d’une loi de programmation, etc.) … et remarque que le financement tient en 2 pages sur les 66.

Projet d’une assurance obligatoire dépendance : ce projet (déposé par la mutualité et des assurances privées) avait été refusé par le HCFEA, mais il revient dans l’actualité car il a été déposé par une instance publique et la ministre Catherine Vautrin l’a jugé intéressant le 3 mars 2024. Ce serait une assurance obligatoire dépendance qui donnerait lieu à une rente pour les personnes en grande perte d’autonomie, les GIR 1 et 2. La cotisation pourrait être versée à partir de 25 ans, le montant de la cotisation dépendrait du montant de rente choisi et de la durée de cotisation. Ce projet ouvrirait ainsi ce marché au privé de façon obligatoire, ce qui serait totalement scandaleux.

Réouverture d’accueil physique dans les services publics : sur proposition de FO, un courrier aux sénateurs et sénatrices leur demande d’appuyer la proposition de loi à l’ordre du jour du Sénat, puis de la voter. Chaque département peut/doit interpeller ses sénateurs et sénatrices en utilisant ce courrier.

Rencontre avec les parlementaires à l’Assemblée nationale : à la suite de nos demandes, nous avons un rendez-vous le 20 mars avec Jérôme GUEDJ (PS) et le 3 avril avec Pierre Dharréville (PCF).

Prochaine réunion : mardi 9 avril à 14 h 30 dans le local de FO.

Économies sur les affections de longue durée (ALD) ?

Le gouvernement cherche 20 milliards d’euros d’économies en 2025 et engage une réflexion sur la pertinence de l’actuelle prise en charge des ALD. Près de 13 millions de personnes sont atteintes d’une maladie grave, évoluant pendant plus de six mois, et nécessitant un traitement coûteux. La majorité des patients atteints d’ALD en 2022 souffraient de diabète (3,2 millions), de cancers (2,3 millions), d’affections psychiatriques de longue durée telles que la dépression récurrente ou les troubles bipolaires (1,5 million), de maladies coronariennes (1,4 million) et d’insuffisances cardiaques (1,3 million).

L’ALD concerne 20 % de la population et représente en 2020, 110 milliards d’euros, soit 66 % des remboursements de l’Assurance maladie, à comparer aux 61,6 % en 2010. Frédéric Valletoux, le ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention, va « ouvrir une discussion sur la liste des ALD » qui comprend actuellement une trentaine de pathologies dont certaines ont connu « des progrès médicaux énormes » se justifie le ministre. Il souhaite aussi maîtriser les dépenses de soins non liés à la pathologie éligible à l’ALD.

Après ces annonces, 25 associations de malades chroniques (cancer, diabète…) ont fait part de leurs inquiétudes. Elles citent en exemple « un patient diabétique qui ne soigne pas une grippe, peut se retrouver à l’hôpital parce qu’il est plus fragile. C’est médicalement imbécile de ne pas l’aider à se soigner ».

34 associations de lutte contre la pauvreté dénoncent les économies budgétaires

Le Collectif Alerte comprend 34 associations de lutte contre la pauvreté. Il dénonce les économies budgétaires annoncées par le gouvernement. Elles vont principalement concerner les ménages modestes qui vont perdre :

– 1,1 milliard d’euros sur l’accès à l’emploi et l’accompagnement des mutations économiques,

– 1 milliard d’euros sur l’aide à la rénovation MaPrimeRénov,

– 307 millions d’euros sur la solidarité, l’insertion et l’égalité des chances,

– 300 millions d’euros sur les allocations logement,

– 129 millions d’euros pour la jeunesse et la vie associative,

– 50 millions d’euros sur l’aide médicale d’État (AME),

– 49 millions d’euros pour la politique de la ville.

Les associations alertent sur la trajectoire de réduction des dépenses publiques, la réforme du revenu de solidarité active (RSA) et la suppression de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) qui mettraient les plus pauvres sous pression. Ces derniers font déjà face à la hausse des coûts de l’alimentation et de l’énergie, les obligeant à renoncer à certaines dépenses. Selon le quatrième baromètre “Hygiène et Précarité en France”, réalisé par l’institut de sondage Ifop et l’association “Dons solidaires”, près d’un Français sur deux déclare avoir limité sa consommation de produits hygiéniques en raison du contexte économique.

Parmi les 2 000 personnes interrogées, 95 % expriment leur inquiétude à propos de l’augmentation des prix, 50 % craignent de basculer dans la pauvreté, 22 % des personnes interrogées ont renoncé à l’achat de produits cosmétiques et d’hygiène par manque d’argent et 16 % des femmes ont admis avoir déjà manqué de protections hygiéniques (deux fois plus qu’en 2019).

Pour voir le communiqué du Collectif Alerte « Les pauvres, premières victimes de l’austérité » : https://www.alerte-exclusions.fr/fr/nos-actions/communiques-de-presse/les-pauvres-premieres-victimes-de-lausterite

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Actu Solidaires 78

Expression Directe du 23 mars 2024 : l’Union syndicale Solidaires répond à vos questions

Le podcast :

A écouter ici : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/expression-directe/expression-directe-du-samedi-23-mars-2024-2673241

La retranscription de l’interview :

Bonjour Gaëlle Martinez,

Vous êtes secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires et déléguée de Solidaires fonction publique. Le gouvernement a fait ces dernières semaines des annonces d’économies massives. Bruno Le Maire a annoncé 10 milliards d’économies pour 2024, et 20 milliards supplémentaires pour 2025. Dans la foulée, il a également annoncé la fin du “tout gratuit”.
Qu’en pensez vous ?

Effectivement, le gouvernement attaque frontalement. Certes, il n’en est pas à son coup d’essai avec ses discours sur l’impératif de “faire des économies”. Mais tout de même là, on atteint des sommets dans le mépris de la population. Le gouvernement assume pleinement la casse de toute justice sociale ….

Ces milliards annoncés ce sont des coupes dans les politiques publiques telles que l’écologie, l’Education, le logement, l’égalité, le handicap… alors même que tous ces sujets sont essentiels et qu’on se trouve dans un contexte d’inflation et de paupérisation. La planète est à bout de souffle et on coupe les budgets sur l’écologie. Tout le monde voit que l’Education nationale est en très grandes difficultés, encore plus dans certains territoires comme la Seine Saint Denis où il y a une lutte très forte en cours pour un plan d’urgence, pour simplement pouvoir enseigner dans des conditions décentes! Et pourtant, le gouvernement choisit de faire encore des économies.

Pour Solidaires ces économies, ce sont des attaques contre les services publics et la population qui en a besoin bien entendu.

Ces coupes budgétaires, elles sont tout autant insoutenables que le discours tenu par Bruno Le Maire sur la fin du “tout gratuit”.
Parce que rien n’est gratuit. La protection sociale, ça n’est pas la gratuité. Elle repose sur la solidarité financée par nos cotisations sociales. Les services publics sont alimentés le budget de l’Etat, par l’impôt.. Et c’est bien aux exonérations de cotisations patronales qu’il faut s’attaquer, aux allégements fiscaux pour les plus riches. Faut-il rappeler qu’il y a eu 278 milliards d’exonérations sociales entre 2019 et 2022 ? Il est bien là le problème. Surtout quand on a encore atteint un record de distributions de dividendes cette année, avec 97 milliards! C’est là qu’il faut chercher l’argent au lieu d’aggraver les inégalités sociales.

C’est en partie dans ce cadre d’attaques que se plaçait la journée de grève dans la fonction publique ce 19 mars ?

La journée du 19 mars portait sur l’absence de revalorisations salariales dans la fonction publique. Les agent·es ont subi des années de gel de leurs rémunérations suivi de maigres revalorisations et que le ministre de la fonction publique annonce une année blanche en 2024.
Tout ceci n’est pas admissible bien entendu pour les agent·es publics.

Les perspectives de rémunération au mérite annoncées dans la future loi fonction publique sont par ailleurs pour Solidaires une ligne rouge. On ne peut pas avoir remercié les agentes et agents publics pendant le covid, les appeler dès qu’une crise se présente et dire qu’il n’y a que quelques méritantes et méritants. La notion même de rémunération au mérite ne peut par principe de toutes façons pas aller de pair avec les services publics.

Au-delà de ces questions de rémunérations, il ne faut surtout pas oublier que toute attaque contre la fonction publique est surtout une attaque contre les services publics. Et les services publics, ce sont bien la justice sociale et la réduction des inégalités pour la population.

On ne peut pas vivre dans un monde gouverné par l’argent et le profit.

Tout ceci arrive quelques mois avant les Jeux Olympiques et paralympiques. Comment envisagez-vous cette période ?

Pour Solidaires, il ne peut être question que les JOP soient les jeux de l’argent et qu’ils se fassent sur le dos des travailleuses et des travailleurs qu’ils et elles soient du public ou du privé, qu’ils et elles aient des papiers ou pas.

On sait que l’organisation des Jeux a des conséquences concrètes sur la vie d’une partie des travailleurs et travailleuses qui sont dans le bâtiment, les services régaliens, les transports en préparation des Jeux eux-mêmes, qui sont dans les territoires qui accueilleront des épreuves… Cela va avoir des conséquences importantes sur leurs conditions de travail… et on sait qu’il y a déjà des accidents du travail , les charges de travail qui explosent, les congés sont interdits pendant tout ou partie de l’été… Et cela ne peut se faire en mettant des gens en danger, en difficulté dans leur lieu de vie. Les Jeux Olympiques et Paralympiques ne doivent pas se faire au détriment des droits des travailleurs et de la population qui va subir des contraintes importantes.

Les droits ça doit être pour toutes et tous, tout le temps !

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Actu Solidaires 78 Internationalisme Palestine

Marche départementale unitaire à Versailles 22 mars 2024 – Intervention Solidaires 78

Israël a fait de Gaza un champ de ruines et de morts

Israël expulse, annexe et tue en Cisjordanie

Israël annonce encore aujourd’hui l’annexion de 800 hectares

Israël mène une politique d’apartheid

Israël enferme, isole et torture dans ses prisons

Israël tue, détruit, affame et déporte aux yeux du monde

Génocide, nettoyage humain, nettoyage ethnique sont en cours.

Une nouvelle nakba est en cours.

Hier à Jussieu RAJI SOURANI (avocat palestinien et directeur du Centre palestinien pour les droits humains à Gaza, reconnu internationalement), nous disait :

« Pour l’inacceptable agression russe contre l’Ukraine, le droit international a été mis en avant et des mesures ont été prises par la communauté internationale,

nous pensions que les gouvernements occidentaux allaient enfin faire de même pour les palestiniens

Et bien non !

Pourquoi ?

Qu’avons nous fait aux occidentaux ? »

Les Etats-Unis continuent à armer Israël

L’accord d’association Union Européenne/Israël et les accords bilatéraux France/Israël continuent

y compris dans le domaine militaire

Les paroles ne remplacent pas les actes !

Les résolutions ambiguës ne remplacent pas les actes !

Les États-Unis sont complices

L’Europe est complice

La France est complice

Les gouvernements qui n’agissent pas concrètement sont complices

Les parlementaires et les politiques qui les laissent faire sont complices

Les entreprises qui travaillent encore en Israël sont complices

L’Histadrout, le principal syndicat israélien, est un syndicat sioniste et raciste.

L’histadrout est complice

L’Union syndicale Solidaires appelle tous les syndicats à couper les liens avec l’Histadrout.

En concluant, hier, RAJI SOURANI nous disait

« Nous voulons la justice, la dignité et la fin de l’occupation.

Malgré les drames, les palestiniennes et les palestiniens

sont debout ! »

Soyons debout à leurs côtés !

Ensemble répondons à l’appel des palestiniennes et palestiniens

Ensemble opposons, au génocide et à l’apartheid, l’égalité des droits afin que le peuple palestinien puisse faire valoir ses droits à l’autodétermination et au retour.

Ensemble agissons concrètement pour obtenir :

– un cessez le feu immédiat et définitif à Gaza et en Cisjordanie

– l’entrée sans restrictions de l’aide humanitaire

– la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens

– l’arrêt des livraisons d’armes à Israël et de toute coopération militaire

– la suspension des traités et accords

– des sanctions contre Israël

– le respect du droit international

Ensemble, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les familles, entre amis, agissons !

Ensemble, engageons nous encore plus fortement dans les campagnes de soutien à la Palestine, de Boycott BDS et de Stop Arming Israël.

Stop à l’apartheid

Stop au génocide

De la mer au Jourdain, égalité des droits.

Liberté pour les palestiniennes et les palestiniens

Liberté pour la Palestine

Liberté pour la Palestine

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Éducation

Stage Syndical – Découvrir et militer à SUD éducation !

Découvrir et militer à SUD éducation !

Vous nous avez forcément croisé·es dans vos établissements, en formation mais aussi dans les différentes mobilisations éduc et sociales.
Mais vous ne connaissez pas forcément ni les valeurs des SUD éducation, ni son fonctionnement démocratique, basé sur l’horizontalité et l’égalité entre toutes les personnes, quels que soient leurs statuts.

SUD éducation 78 a décidé d’organiser cette formation pour permettre aux adhérent·es et aux personnes sympathisantes de mieux comprendre et s’approprier son syndicalisme. Quelques questions qui y seront abordées :

🔥 Quelles sont les valeurs de SUD éducation ?

🔥 Un syndicat intercatégoriel (qui syndique toutes les catégories de personnels… sauf les chef·fes !), qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que cela implique ?

🔥 Militer, qu’est-ce que ça veut dire ?

🔥 Dans nos établissements, comment agir aux côtés de nos collègues ?

Ce stage syndical est ouvert à toutes et tous, adhérent·es ou non, fraîchement syndiqué·es ou non, en instance de le devenir ou encore en réflexion, vous êtes les bienvenu·es !

Tou·tes les personnels ont droit à 12 jours de congés pour formation syndicale par an, sur temps de travail et rémunérés.

La date limite d’inscription est le 7 avril ( il suffit d’écrire à sudeducation78@ouvaton.org et de déposer ta demande d’autorisation d’absence pour stage syndical auprès de ta hiérarchie – voir le document ci-dessous)

En pièce jointe, vous trouverez les différents modèles de demande d’autorisation d’absence pour stage tous statuts.

En espérant vous retrouver nombreuses et nombreux !

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Éducation Idées, débats, cultures Lecture

Nos militant·es publient…

Deux de nos camarades de Solidaires 78 sortent un livre dans la nouvelle collection Questions de classe(s).

Petit coup de pub !

Caporaliser, exploiter, maltraiterComprendre le management des écoles pour mieux lui résister, de Jacqueline Triguel.

Le constat est sans appel : en l’espace de 20 ans, l’école a été transformée par la logique néo-managériale du chiffre, de l’évaluation et de l’économie. Progressivement elle a intégré des démarches de concurrence et de compétitivité. Et les personnels en subissent les conséquences : contractualisation et précarisation, crise de formation, de sens et de recrutement, souffrance au travail exponentielle, notamment en raison des inégalités scolaires nourries par l’institution.

À l’échelle des établissements, au quotidien, les effets de cette transformation gestionnaire se font ressentir, avec une exploitation grandissante des personnels, en parallèle à l’individualisation du travail et à la mise à mal des collectifs par les différentes hiérarchies.

Pour autant, face à la prédation managériale, les résistances existent et se construisent, avec des collectifs de travail solidaires et un syndicalisme de lutte intransigeant, qui cherchent à préserver la qualité et les principes d’un service public émancipateur, égalitaire et juste, et dont nous pouvons nous inspirer au quotidien pour nous réapproprier notre travail, au service des élèves.

L’autrice –

Jacqueline Triguel, militante à SUD Éducation 78, enseigne en collège. Elle a publié aux éditions Libertalia Étincelles pédagogiques, Paroles d’élèves, pratiques de profs (2021).

De Montessori aux neurosciences – Offensives contre l’école du commun (nouvelle édition revue et corrigée) Grégory Chambat & Alain Chevarin

De plus en plus de nouvelles écoles privées détournent et récupèrent les pédagogies dites « alternatives ». Un phénomène où l’on croise des courants différents mais qui partagent un même rejet de l’école publique: droite catholique réactionnaire, néolibéraux partisans du « libre choix » des familles et courants « écologiques » cherchant à créer des îlots de pédagogie « bienveillante ». Tous mettent en avant la « méthode » de Maria Montessori et les neurosciences. Il s’agit de jeter à bas l’idée même d’une école égalitaire et émancipatrice, au profit d’une vision individualiste et vitaliste de « l’enfant » dont le développement se ferait spontanément, selon des « lois de la nature ».

Les auteurs –

Auteur de différents livres sur la pédagogie mais aussi l’extrême droite, Alain Chevarin est militant pédagogique et syndicaliste (à SUD Éducation). Dernier ouvrage paru: Lyon et ses extrêmes droites (Éditions de la lanterne, 2023).

Grégory Chambat, également militant à SUD Éducation 78, est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les questions pédagogiques. Il vient de publier, en janvier 2024, Quand l’extrême droite rêve de faire école (Éditions du Croquant).

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Collectivités territoriales Commerce Conditions de travail Dans les Yvelines, une classe en lutte... Éducation Enseignement supérieur, recherche Grande distribution Luttes féministes

Dans les Yvelines, une classe en lutte, épisode n° 67

Une classe en lutte dans les Yvelines !


Petit tour d’horizon des mobilisations sociales dans le département… Liste forcément non-exhaustive, n’hésitez pas à nous transmettre vos infos à contact@solidaires78.org


Grève dans les magasins Auchan des Yvelines : « On a le blues, on veut du flouze »Ce 22 mars 2024, des débrayages ont été organisés dans plusieurs magasins Auchan des Yvelines à l’appel de l’intersyndicale. Les employés réclament des hausses des salaires.

Source : actu.fr

Source : actu.fr

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Éducation

Halte au BYOD

Nous sommes trop souvent amené·es à combler les manquements de l’Education Nationale par nos propres moyens. C’est ce qu’on nomme BYOD : “Bring your own device”. Des réseaux en panne, des serveurs défaillants, des téléphones
pour communiquer avec les parents trop peu nombreux ou hors-service…Tout cela génère du stress et de la souffrance pour l’ensemble des personnels car nous sommes obligé·e·s de travailler sans les conditions nécessaires.

Voir en ligne : Ce qu’est un BYOD

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Conditions de travail Éducation Ressources juridiques

Agent·es territorial·es dans les lycées – Connaître ses droits pour mieux les défendre

Ce stage syndical est ouvert à toutes et tous, adhérent·es ou non, fraîchement syndiqué·es ou non, en instance de le devenir ou encore en réflexion, vous êtes les bienvenu·es !

Tou·tes les personnels ont droit à 12 jours de congés pour formation syndicale par an, sur temps de travail et rémunérés.

La date limite d’inscription est le 27 mai (il suffit d’écrire à sudeducation78@ouvaton.org et de déposer votre demande d’autorisation d’absence pour stage syndical auprès de ta hiérarchie – voir le document ci-dessous)

En pièce jointe, vous trouverez le modèle de demande d’autorisation d’absence pour stage.

En espérant vous retrouver nombreuses et nombreux !

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