Prochain accueil syndical le mardi 24 mars pou rune nouvelle session de notre cycle Autogestion :
Dans le cadre de l’accueil syndical, la prochaine séance de réflexion du cycle autogestion aura lieu le mardi 24 mars à la nouvelle réserve. Les réflexions collectives autour du nécessaire mais difficile partage des tâches ont fait émerger la nécessité de travailler l’affirmation/question suivante : “c’est difficile de prendre en charge une tâche quand on n’a jamais fait, ça fait peur”. Le but est de réfléchir ensemble, à partir de nos pratiques, de nos expériences, de nos lectures, aux moyens de surmonter cet écueil, qui empêchent trop souvent l’implication des individus dans les organisations, associations, actions collectives. Si vous avez du matos, des vidéos, des extraits de bouquins, des références de lectures, etc. à partager, n’hésitez pas!
ici à écouter et diffuser les 5 mns diffusées hier à la radio à la veille du 1er tour des municipales essentiellement consacrées à expliquer pourquoi en tant que syndicat on appelle à ne pas voter pour l’extrême droite.
VISA publie ce jour son dossier 16 “L’antifascisme: une nécessité face aux violences historiques de l’extrême droite”.
Nous le faisons alors que les syndicalistes antifascistes sont confronté.es à la violence des groupes d’extrême droite, particulièrement à Lyon: cette nuit encore le local de Solidaires 69 a été attaqué.
L’impunité doit cesser et toute la violence de l’extrême droite être dénoncée.
VISA —
Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes www.visa-isa.org
L’Union syndicale Solidaires a pris connaissance du projet de loi de transposition de la Directive Européenne 2023/970 visant à renforcer l’égalité salariale. Bien que adoptée par le parlement européen en mai 2023, elle devait être transposée dans le droit français au plus tard en juin 2026.
Le projet de loi a été mis sur la table seulement le 6 mars 2026, dans l’urgence, excluant la possibilité de tenir les délais !
Le constat est amer : sous couvert de “simplification”, le gouvernement vide la directive de sa substance et s’entête à maintenir un système d’Index qui a déjà prouvé son inefficacité.
L’oubli délibéré de l’Intersectionnalité
Alors que les articles 3 (paragraphe 2, point e) et 16 (paragraphe 2), de la Directive européenne consacrent pour la première fois la discrimination intersectionnelle, ce dont la Defenseure des Droits s’était félicitée, le projet de loi français l’ignore purement et simplement. En refusant de croiser les données de genre avec l’origine, le handicap ou l’âge, le gouvernement condamne les femmes les plus précaires à rester dans l’angle mort des statistiques. Sans l’outil de l’intersectionnalité, les barrières invisibles resteront intactes. On ne peut pas combattre les inégalités de salaire sans voir que les femmes racisées ou handicapées subissent une double, voire une triple peine salariale.
La “Valeur Égale” livrée à l’arbitraire patronal
L’article 5 du projet de loi français permet à l’employeur de définir seul, par décision unilatérale, les catégories de “travail de valeur égale”. Alors que la directive place les organisations syndicales au centre de l’élaboration des mesures notamment dans les moyens de comparer les métiers de “valeur” équivalente. En laissant au patronat la possibilité en cas d’échec de décider seul, le sexisme des grilles de classification qui dévaluent les métiers du soin, du lien et de l’humain perdurera. À titre d’exemple, on continuera d’accepter un écart de plusieurs centaines d’euros entre une sage-femme (Bac+5) et un ingénieur informatique (Bac+5) au sein d’un même établissement.
Un seuil de 5 % qui légalise l’inégalité salariale
Le projet de loi renvoie à un décret le soin de fixer le seuil d’écart toléré avant toute action correctrice. Or, quand le gouvernement communique sur un écart de salaire “inexpliqué” qui serait tombé à 4,5 %, il prépare le terrain : si le seuil légal est à 5 %, les entreprises n’auront plus rien à corriger ! Pour Solidaires, un écart de 4,9 % reste un vol du patronat aux travailleuses. Nous exigeons un seuil de déclenchement à 0 %. L’égalité ne se négocie pas à la marge.
Enfin, le projet de loi limite l’obligation de rendre les salaires publics aux seules entreprises de plus de 50 salarié·es. C’est abandonner des millions de travailleuses employées dans les TPE et PME à l’opacité la plus totale. Pour Solidaires, la transparence des données salariales doit s’appliquer à tous les employeurs, publics comme privés, dès le ou la premier·e salarié·e.
Solidaires revendique une transposition ambitieuse de la directive 2023/970 :
L’intégration immédiate de la notion de discrimination intersectionnelle dans le Code du Travail.
La transparence totale des rémunérations (primes et avantages inclus) accessible aux représentant·es du personnel (CSE dans le privé, Comités Sociaux dans le public)
La revalorisation immédiate des métiers majoritairement féminisés, en intégrant dans l’évaluation du “travail de valeur égale” des critères jusqu’ici invisibilisés comme la charge émotionnelle, la responsabilité humaine et la pénibilité nerveuse.
Des sanctions réellement dissuasives, inspirées du modèle islandais (amendes journalières jusqu’à mise en conformité).
L’égalité salariale n’est pas une option, c’est un droit.
Solidaires ne laissera pas le gouvernement transformer une avancée européenne majeure en termes de droit du travail et d’égalité en une simple opération de communication.
Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs dont la LDH est membre, appel à mobilisation entre le 14 et le 21 mars partout en France
Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,
Quand les pires préjugés s’expriment dans les institutions censées garantir l’accès aux droits,
Quand tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion sont victimes de comportements racistes et xénophobes dans leur quotidien,
Quand de nombreux médias se font les porte-voix de la haine contre les étranger-e-s et leurs enfants, les musulman-e-s notamment, installant et construisant des discours de haine qui se banalisent dans la société
Quand des manifestations d’extrême-droite suintent la haine de l’Autre, avec des saluts nazis,
Quand le racisme et l’antisémitisme s’amplifient dans la société,
Quand le nombre d’actes racistes et antisémites augmente dans des proportions alarmantes,
Quand 1,2 million d’individus estiment avoir été victimes de racisme en 2022 mais que seulement 3% l’ont signalé,
Quand les discriminations à caractère raciste restent massives dans l’accès à l’emploi et au logement, dans les rapports avec les institutions, notamment la police et la justice,
Quand les crimes racistes se multiplient mais ne semblent plus susciter de mobilisations massives,
Quand des Juifs vivent dans l’inquiétude,
Quand des musulman-e-s se demandent si la haine qui les cible témoigne de l’impossibilité de notre pays de les accepter pleinement un jour, et que l’islamophobie s’exprime de manière toujours plus violente dans certains médias comme au sein de formations politiques,
Quand les restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeur-euse-s d’asile attentent à leurs droits et à leur dignité,
Quand les conditions de recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) ne garantissent plus pleinement le droit à un procès équitable,
Quand les refus de régularisation et de renouvellement de titres de séjour détruisent des vies, que les préfectures « fabriquent » des sans-papiers,
Quand les obligations de quitter le territoire français (OQTF) deviennent systématiques afin d’agiter des chiffres visant à créer un « problème étranger »,
Quand la remise en cause des allocations logement (APL) pour les étudiant-e-s étranger-e-s précarise de nombreux jeunes,
Quand des dizaines de milliers de personnes étrangères perdent tout ce qu’elles ont construit à cause de la loi immigration du 26 janvier 2024, de la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, et des autres lois xénophobes qui les ont précédées,
Nous avons, plus que jamais, le devoir et le besoin de retrouver le chemin de l’égalité et du refus des haines,
Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice, et de respect des libertés.
Les organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs, actrices de la société civile, appellent en toute indépendance vis à vis des formations politiques à une large mobilisation de la société, dans toute sa diversité, pour les mobilisations autour de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale entre le 14 et le 21 mars, partout en France. Défendons le projet d’une société antiraciste, c’est-à-dire une société humaniste, solidaire et égalitaire.
Premiers signataires : Attac, CGT, Femmes Egalité, FSU, Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·es), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Mémorial98, Mrap, Solidaires, SOS Racisme.
UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires
L’UNIRS organise un débat sur l’extrême droite et le monde du travail, mardi 5 mai de 9h30 à 13h, dans la grande salle de la GAB, avec le journaliste de Médiapart, Laurent Mauduit et un·e Camarade de VISA.
Tu es solidairement invité·e à assister à ces échanges si tu le souhaites.
Les Assises sont organisées par un ensemble de syndicats et d’associations : CGT, FSU, Solidaires, Andeva, ASD-Pro, Association des experts intervenant en santé au travail, Attac, Ateliers Travail et Démocratie, Cordistes en colère, Réseau féministe “Ruptures”, Association-Santé-Médecine-Travail, Réseau éco-syndicaliste.
Les Assises de 2024 et 2025 font suite à plusieurs rendez‐vous annuels organisés à l’occasion du 28 avril, journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail.
Le 28 avril 2026 doit être un nouveau signal de notre engagement à rendre encore plus visibles les questions de santé et de sécurité au travail. Nous n’avons pas vocation à nous substituer aux organisations syndicales ou associatives, notre réseau veut favoriser la mise en mouvement collectif. Dans un maximum de lieux, d’entreprises, de villes, doivent pouvoir se faire à cette occasion des rassemblements, des réunions publiques ou même simplement un tract, pour rappeler l’importance de cet enjeu.
Notre réseau doit aussi être un support pour des initiatives communes à plus long terme. La tenue de nombreux ateliers sur des thématiques différentes peut en être l’opportunité. Nous sommes convaincu-es que chaque accident grave ou mortel doit faire l’objet d’un tract, d’un rassemblement, de l’expression d’une colère, comme le prévoit le protocole intersyndical des syndicalistes du Pays Basque qui prévoit des rassemblements systématiques lors d’un accident grave ou mortel. Il n’y a pas de fatalité. Il faut quitter les faits divers pour que cela devienne des faits de société qui rappellent à chaque fois la responsabilité des employeurs privés et publics.
Les mobilisations pour la santé et la sécurité au travail reposent sur des individus, souvent isolés, de différentes entreprises, services, syndicats, villes. Nous avons tenté de les mettre en relation (au niveau d’un département notamment) mais cela nécessite sans doute un peu plus de temps. Comme à Paris, des permanences Santé et sécurité au travail pourraient accueillir, dans les Bourses du Travail ou dans un maximum de lieux, les travailleur-ses et citoyen-es. Il serait utile de constituer des équipes locales en réseau entre syndicalistes, associations locales, avocats, médecins du travail, inspecteurs-trices du travail.
Autour des thèmes tels que les droits des femmes, les accidents et maladies professionnelles, l’environnement, l’organisation du travail, la solidarité internationale, nous avons préparé ces rencontres, mais les groupes de travail sont ouverts à toutes et tous pour approfondir ces sujets et mobiliser. Rejoignez-nous !
Les Assises sont un lieu d’enrichissement des pratiques pour la santé au travail et les conditions de travail. Le programme de cette 3ème édition cherche d’abord à répondre aux besoins dans vos interventions quotidiennes, concernant l’adaptation des postes de travail pour prévenir les licenciements, l’arrivée de l’intelligence artificielle et les tâches syndicales qui en découlent tout comme du réchauffement climatique, les enquêtes à mener sur le travail réel ou les poly‐expositions, sans oublier les atteintes spécifiques à la santé des femmes. Les ateliers ouvrent aussi à de nouvelles perspectives comme le devoir de vigilance ou la sous‐traitance des risques. Les sujets abordés ouvrent à des univers ignorés, le travail de l’eau ou des saisonnier-es, le lithium, ou les combats internationaux. Nous voulons aussi aider à impulser une campagne nationale sur les atteintes à la santé des jeunes.
Nous savons que seul le rapport de force permettra de gagner sur ces enjeux de santé et sécurité, avec des mobilisations dans le cadre du travail comme dans toute la société.
Après notre intervention auprès de la direction SNCF, qui a été très largement reprise dans la presse, et qui a surtout obtenu le retrait du Guide Élégance TGV INOUI, vous trouverez un tract fédéral“Nos corps ne sont pas un outil marketing”.
Ce n’est pas un coup de communication que nous cherchons mais bien d’ancrer dans notre entreprise, sur nos lieux de travail, nos combats face à toutes les discriminations. Les injonctions repris dans ce guide, beaucoup les subissent déjà dans leur vie quotidienne. Mais quand c’est votre employeur ce n’est plus une pression sociale c’est un rapport de pouvoir !
Verveine Angeli, membre de l’association histoire coloniale et postcoloniale, a fait partie d’une délégation de l’Union syndicale Solidaires quis’est rendue en Cisjordanie du 23 janvier au 2 février 2026. Dans cet article pour histoirecoloniale.net, elle rapporte témoignages et informations collectés sur place sur la violence coloniale extrême – les témoins parlent de on going Nakba – que continue à subir ce territoire, sans réaction autre que verbale de la communauté internationale (1).
Le 7 octobre, la guerre génocidaire à Gaza et l’attention portée sur les dizaines de milliers de morts ont en partie masqué la situation dramatique vécue tant en Cisjordanie que par les Palestinien·nes d’Israël, situation qui s’est dégradée dès avant le 7 octobre d’après les personnes rencontrées.
L’extension des colonies, l’agressivité des colons, le soutien qu’y apporte le gouvernement de Netanyahu avec ses ministres d’extrême droite sont de temps en temps évoqués dans la presse. Mais l’ampleur, les conséquences concrètes de ce que les Palestinien·nes rencontré·es nomment en anglais « on going Nakba »** sont largement ignorées. Pourtant en février 2026, de nouvelles mesures étaient prises par le gouvernement israélien afin de faciliter encore l’acquisition des terres par les colons. Entre autres le gouvernement israélien se réserve le droit d’empêcher toute construction palestinienne y compris dans les zones A et B de Cisjordanie*** ; Et les terres non enregistrées au cadastre dans la zone C deviendront propriété publique israélienne et pourront donc être acquises régulièrement par les colons. Si le mouvement est en marche depuis longtemps, la légalisation est toujours une étape supplémentaire****.
Barrages et occupation
Les check-points, instruments de contrôle sont connus mais ils ont été multipliés (jusqu’à mille en Cisjordanie) notamment avec la mise en place de barrières mobiles qui ferment occasionnellement mais fréquemment les routes et villages palestiniens dans les zones enjeux de colonisation. Ces grandes barrières métalliques jaunes ornent un paysage où les mouvements des Palestinien·nes sont restreints parfois de façon absolue, où ils et elles sont contraints d’attendre le bon vouloir de l’armée israélienne pour pouvoir se rendre à leur travail ou effectuer tout autre trajet.
La priorité pour la mobilité est celle des colons. Les barrières sont donc en place en général avant 9H et après 16H pour permettre à ces derniers de se rendre et de revenir de leur travail. Les distances en Palestine occupée sont courtes, il leur est facile de vivre à un endroit et travailler à un autre y compris de l’autre côté du mur. Les conséquences sont en chaîne et la surveillance du territoire est renforcée : Pour les Palestinien·nes, les horaires et même les journées de travail sont aléatoires, les temps de trajet sont multipliés parfois par 4 ou 5, les déplacements fréquemment annulés, tout ceci rendant les conditions de vie insupportables et avec des conséquences qui s’ajoutent à la situation de domination et de délabrement de l’économie palestinienne. Les Palestinien·nes se coordonnent pour être informé·es sur leur smartphone des routes qui sont ouvertes et de celles qui sont fermées mais l’information est utile si les contournements sont possibles, ce qui n’est pas toujours le cas. Dans des villages enfermés, certains depuis deux ans, il est difficile de sortir aussi des maisons tant la pression et le danger sont importants et cela concerne aussi les enfants, tout ceci créant des situations de très forte insécurité.
La route qui remonte au nord, de Ramallah vers Tulkarem et Naplouse est marquée sur les rambardes de drapeaux israéliens tous les 20 mètres des deux côtés et ce sur une cinquantaine de kilomètres. Les colons et leurs enfants sur le bord de la route sont manifestement chez eux. C’est un lieu d’attaques régulières. Les villages et terres agricoles ne sont pas les seuls à être attaqués, l’étau se resserre autour des villes (la fameuse zone A), des bâtiments et voitures dans la zone industrielle d’El Bireh, commune adjacente à Ramallah ont été incendiés sous la protection de l’armée.
Dans la vallée du Jourdain, les expulsions de villages continuent. Les activistes étranger·ères ou Juif·ves israélien·nes ne sont pas épargné·es par les violences. La construction d’églises dans les zones menacées, non plus. Quant aux Palestinien·nes qui viennent soutenir les personnes menacées, les meurtres et la prison sont légions. Et celle-ci est particulièrement dure en ce moment : mauvais traitements, dénutrition, obstacles à l’hygiène, torture*****. Les activistes qui agissent en soutien aux villages filment de façon régulière les scènes de violence des colons et les diffusent sur les réseaux sociaux. B’Tselem (organisation israélienne de défense des droits de l’homme) a pris l’habitude de financer l’équipement des militant·es palestinien·nes de caméras pour aider à documenter ces exactions.
La force des colons c’est aussi d’être faiseurs de gouvernement. Les aléas des alliances pour former les gouvernements en Israël leur donnent une place de plus en plus importante.
Normalisation, destructions, expulsions
La permanence de la colonisation vise aussi sa normalisation. Il en est ainsi de la politique de l’armée israélienne vis à vis des réfugié·es. Les camps mis en place depuis la Nakba en 1948 ont grandi de façon considérable (Jalazone près de Ramallah est ainsi passé de 1000 personnes hébergées sous tentes à 17000 dans des constructions sommaires et denses en dur). De véritables villes, certes très précaires mais des lieux d’organisation, de résistance et de forte expression politique. Les camps font l’objet de jumelage avec des villes de la banlieue parisienne, de projets aidés par des mairies françaises de gauche visant la sécurisation de l’approvisionnement en eau.
Accompagnant sa volonté de remise en cause de l’UNRWA (United nations relief and work agency for palestine refugees in the near east, créée en 1948), accusée à Gaza d’avoir fait travailler des Palestinien·nes du Hamas, le gouvernement d’Israël entend en finir avec les camps de réfugié·es eux mêmes. La clé, symbole de l’exigence palestinienne du droit au retour des réfugié·es est présente partout. Et ces camps constituent pour Israël, le symbole du refus des Palestinien·nes d’accepter leurs conditions de vie en occupation et de renoncer au droit au retour inscrit dans la résolution 194 de l’ONU en 1948.
L’UNRWA est en charge de l’éducation des enfants des camps jusqu’à l’âge de 9 ans et de centres médicaux. L’Autorité palestinienne en faillite n’a aucun moyen de s’y substituer, les fonds de TVA bloqués par Israël ne lui permettent même pas de payer de façon intégrale les personnes travaillant pour l’administration et les services publics. Ainsi, le comité populaire de Jalazone, est très conscient de ce que la disparition de l’UNRWA impliquerait.
Mais il ne suffit pas de retirer à l’UNRWA sa légitimité internationale, ce dont le gouvernement états-unien et certains gouvernements occidentaux se sont faits les complices, son siège à Jerusalem Est a été incendié le 26 janvier 2026. L’ONU a dénoncé à cette occasion la volonté « visant à remettre en cause le statut des réfugiés palestiniens et à effacer leur histoire dans les territoires occupés ». Le centre de santé de Qalandya entre Jerusalem et Ramallah est menacé lui aussi.
Et l’armée israélienne s’occupe de la suite : à Jenine, destructions massives. A Tulkarem de grandes travées faites au bulldozer marquent le camp de Nour Chams à l’entrée sud de la ville. La vision de ces immenses boulevards de gravats fait inévitablement penser à Gaza aujourd’hui (« little Gaza » nous dit-on), pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les habitants des maisons détruites sans aucune prévention sont aujourd’hui hébergés dans des villages alentour ou dans des écoles. Ils et elles sont ainsi réfugié·es, deux fois, parfois trois…
Si le caractère de génocide de la guerre à Gaza a été dénoncé, comment qualifier ce qui se passe aujourd’hui en Cisjordanie et à Jerusalem Est ? Il y a bien un nettoyage ethnique renforcé et de grande ampleur où il s’agit de pousser dehors tous Palestinien·nes qu’ils et elles soient de Cisjordanie, de Jerusalem Est, de Gaza. Grand Israël, Israël de la mer au Jourdain, tel est le projet en train de s’accomplir.
« Apartheid colonial regime »
Ceux et celles qui s’appellent Palestinien·nes de 48, qui ont la nationalité israélienne ne sont pas épargné·es dans ce contexte. Ils et elles vivent de longue date les discriminations en particulier sur le logement et la terre et la loi sur l’Etat nation du peuple juif de 2018 a inscrit dans le marbre la sous-citoyenneté qui les constitue et l’apartheid en droit.
Le 22 janvier une grève générale a eu lieu avec une manifestation énorme à Sakhnin, suivie d’une manifestation à Tel Aviv le 31 janvier, pour protester contre l’inaction et la collusion de la police israélienne qui laisse les mafias se développer dans les villes palestiniennes d’Israël, meurtres, racket créant une insécurité majeure et empêchant tout développement d’une activité économique. Les soldats et policiers sont accusés de laisser-faire avec la bénédiction de Ben Gvir, ministre de la sécurité nationale, voire de revendre aux mafieux des armes récupérées sur le Hamas. La poétesse Asmaa Azaizeh dans Médiapart : « Désormais, on laisse ces groupes prospérer, sans enquêter sur leurs crimes, en les laissant intoxiquer nos communautés, de telle sorte que nous avons maintenant, dans les villes palestiniennes à l’intérieur d’Israël, des taux d’homicide proches de ceux de la Colombie ! Il s’agit d’une stratégie délibérée visant à la fois à alimenter le lieu commun selon lequel le peuple palestinien serait intrinsèquement violent et à faire en sorte que nous retournions nos armes et nos rancœurs contre nous-mêmes ». On se remémore ainsi les pratiques de l’armée israélienne et de ses supplétifs palestiniens distribuant l’aide alimentaire en lieu et place des ONG internationales et tirant sur la foule des affamé·es à Gaza.
« No hope, no dream, but this is our land… »
Que dire de l’état d’esprit des personnes rencontrées ? Les militant·es de longue date continuent, « ils n’ont pas le choix », la colère contre la communauté internationale s’exprime très fortement sur la complicité face au génocide à Gaza bien sûr, mais aussi sur la situation de tous·tes les Palestinien·nes. Et la reconnaissance par la France d’Etat palestinien apparaît comme une bien maigre satisfaction. Ils et elles attendent des actes notamment des sanctions contre Israël, et enjoignent de faire pression dans ce sens. Pour les personnes plus jeunes, moins engagées, le désespoir est grand, la situation est vécue comme sans issue et ce sentiment est d’autant plus fort avec la très forte dégradation des conditions de vie mais eux aussi « n’ont pas le choix », « No hope, no dream, but this is our land… ». La demande de solidarité internationale vis à vis de leurs pairs en est d’autant plus forte.
*La délégation a rencontré les syndicats : des postiers (Palpost), des électriciens, des jardins d’enfants, de l’hôpital privé d’Hébron, des personnels administratifs des hôpitaux de Ramallah, des peintres et plâtriers, du secteur des banques, la fédération palestinienne des journalistes, la Palestinian federation of trade unions, la General federation of independant unions, New unions. Les associations ou ONG : Badil, Al Marsad, Al Haq, Bisan Center, DWRC, Stop the wall. Des personnes des camps de Aida et de Jalazone. En Israël : B’Tselem, Who profits, le syndicat Koah LaOvdim.
**Les termes anglais sont ceux utilisés par nos interlocuteur·trices, sachant que c’est la langue qui a été utilisée dans les échanges.
***Les zones A, B et C en Cisjordanie ont été définies par les accords d’Oslo. La zone A étant sous direction de l’Autorité palestinienne (18% du territoire, essentiellement les grandes villes), la Zone C sous autorité israélienne (Plus de 60% du territoire) et la zone B dont les camps de réfugié·es, avec des responsabilités pour l’Autorité palestinienne or la sécurité.
****Sur les chiffres voir l’article de Jean Stern dans Orient XXI https://orientxxi.info/Palestine-A-Naplouse-pour-tenir-il-ne-faut-plus-penser-au-lendemain
*****Voir à ce sujet l’article de Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/international/150126/viols-tortures-et-privations-dans-ses-prisons-israel-broie-les-ames-et-les-corps-des-palestiniens