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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Internationalisme Retraites

Bulletin international Unirs mai 24

Et voici le sixième bulletin lié à l’actualité de nos activités syndicales internationales, notamment à travers le Réseau syndical international de solidarité et de luttes .

Au sommaire du bulletin international de l’UNIRS n°6 de mai 2024 :

  • Argentine : Front des retraité∙es
  • Italie : le numéro 3 de Pensionati uniti
  • Venezuela : les retraité∙es refusent la misère
  • Italie : des promesses aux décrets, il y a de la marge !
  • Rencontre européenne de retraité∙es

Argentine : Front des retraité∙es

Le Frente de Jubilados en Lucha (FREJEL) a manifesté, le 28 février, aux portes de l’Administración Nacional de la Seguridad Social (ANSES) Rosario, situées à Rioja et Sarmiento, pour demander une augmentation de la pension minimale. En outre, ils ont mis en garde contre la forte augmentation des prix de nourriture et de médicaments. Un des responsables du FREJEL a déclaré : « Nous avons toujours manifesté, quel que soit le gouvernement, parce que tout le monde, y compris l’administration péroniste précédente, utilisait les retraités comme variable d’ajustement. »

Un responsable de la Coordinadora de Jubilados y Pensionados de Río Negro a indiqué : « entre décembre et janvier, il y a eu une inflation de 51 %, et l’augmentation des pensions a été de 27,18 %, augmentation que nous ne percevrons que le mois prochain ». Il a précisé que cette perte était systématique depuis au moins 6 ans maintenant.

Italie : le numéro 3 de Pensionati uniti

La revue organise une initiative nationale le 17 mai, à Rome. Le n°3 revient sur la démarche unitaire qui est le fondement du projet lancé en fin d’année dernière : « ce n’est qu’avec une unité large et forte que nous pouvons espérer gagner, et pour cette unité, cela vaut la peine de s’arrêter et même parfois de faire quelques pas en arrière ! L’union fait la force, et ce n’est pas un slogan, mais une réalité dont seuls ceux qui l’ont vécue sont pleinement conscients. […]

Notre revue luttera toujours pour cette unité et pour une pension publique, en refusant les pensions soutenues par les confédérations et les puissances financières dominantes, appelées pensions complémen­taires, et les nombreux et désormais tristement célèbres fonds de pension. »

A travers la publication et diverses rencontres, on retrouve des militants et militants retraité∙es des différents syndicats de base italiens : CUB, ADL COBAS, SIAL COBAS, USB, COBAS, SGB, ORSA, UNICOBAS et SI COBAS.

Venezuela : les retraité∙es refusent la misère

Au Venezuela, les mesures gouvernementales antisociales touchent les travailleurs et travailleuses en activité, mais aussi les pensionné∙es. Le Comité Nacional de Conflicto de Trabajadores en Lucha dénonce : « […] en laissant de côté plus de 5 millions de retraité∙es, en maintenant la pension à 130 bolivars [3,30 €], [la politique gouvernementale] devient une action criminelle qui aggrave encore la misère des personnes âgées, condamnées à mort par le pouvoir exécutif national. » Malgré la répression, comme les attaques violentes envers le rassemblement du 1er mai à Caracas, le syndicalisme indépendant poursuit la lutte pour les droits des travailleurs et travailleuses, y compris celles et ceux en retraite. De nouvelles manifestations sont organisées, un front unitaire est en voie de constitution.

Italie : des promesses aux décrets, il y a de la marge !

Extrait de la lettre du Sindacato Autonomo Pensionati – OR.S.A. (SAPENS-ORSA) : « le 15 mars, les premières “réponses concrètes aux besoins de nos plus de 14 millions de personnes âgées” (comme l’a déclaré l’actuel gouvernement) ont été apportées par le décret législatif n° 29. Et là, la merveilleuse promesse d’un doublement de l’allocation d’accompagnement pour les personnes âgées les plus fragiles et nécessiteuses s’est immédiatement heurtée au financement mis à disposition, une douche glacée […] En résumé, pas plus de 24 500 personnes en bénéficieront [de la couverture économique], soit un peu moins de 3 % des 1,49 million de personnes handicapées et non autonomes de plus de 80 ans […] On le voit, il y a une distance sidérale entre ce qui a été promis dans la loi et ce qui a été alloué dans le décret. Une fois de plus, la montagne a accouché de la souris… C’est au syndicat de faire entendre sa voix – haut et fort – à nouveau. »

Rencontre européenne de retraité∙es

Elle est organisée par « les plateformes et mouvements soussignés de retraités appartenant à différents peuples et communautés de l’État espagnol […] nos plateformes et mouvements de retraités mènent d’importantes mobilisations communes depuis plus de six ans et nous nous caractérisons par la pluralité et l’implication des retraité∙es dans l’organisation et le développement de nos revendications et mobilisations. » L’invitation propose les objectifs suivants :

« Évaluer les possibilités de partage d’un diagnostic concernant les attaques persistantes contre les systèmes publics de retraite résultant des politiques de l’Union européenne et des États membres.

Proposer des objectifs communs possibles pour mettre fin aux politiques de coupes budgétaires et coordonner les dynamiques spécifiques de revendications et de mobilisations qui peuvent être assumées par tous les groupes de retraité∙s des différentes villes européennes. Dans le contexte économique, social et politique actuel, nous considérons qu’il est particulièrement important d’apporter une réponse commune au niveau européen aux attaques continues contre les salaires, les retraites et les conditions de vie et de travail. »

L’Union nationale interprofessionnelle des retraité∙es Solidaires y sera représentée.

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Rail Retraites Transport

Sud Rail : Est-ce que Bruno Le Maire veut gâcher les JO ?

Le cynisme politique, dont la macronie est au summum dans cet exercice, aura décidé d’éjecter le PDG de la SNCF avant l’heure. Bien entendu, la fédération SUD-Rail a combattu la politique d’entreprise menée par Jean-Pierre Farandou ces dernières années qui se concrétise, entre autres, par le plan de liquidation de Fret SNCF et le transfert des premiers cheminots dans des sociétés privées dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des TER.

Nous sommes affligés de constater, par cette nouvelle séquence Bashing Cheminot, que le gouvernement considère comme une faute professionnelle qu’une négociation aboutisse à un accord d’entreprise signé par l’ensemble des organisations syndicales.

La fédération SUD-Rail lance un avertissement très sérieux au gouvernement. Il est hors de question de remettre en cause l’accord d’entreprise sur les aménagements de fin de carrière conclu ces derniers jours. Nous combattrons tous les mensonges et procès d’intention qui se multiplient ces dernières heures concernant cette négociation. Les dispositifs signés entre la SNCF et les fédérations cheminotes sont financés par l’entreprise elle-même et donc par la richesse produite par les agents SNCF.

Comme nous l’affirmons avec notre Union syndicale Solidaires, le rapport de forces construit à la SNCF doit être un exemple pour exiger d’ouvrir des négociations similaires dans d’autres entreprises, administrations et branches. Les privilégié·es, dans cette société, ce sont celles et ceux qui nous font des leçons de moral toute la journée alors qu’ils ne contribuent à rien pour l’intérêt général !

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Rail Retraites

Les cheminot·es montrent l’exemple Suivons les !

L’accord signé par les quatre organisations représentatives de la SNCF dont SUD Rail sur les fins de carrière n’en finit plus de défrayer la chronique ! Celui-ci prévoit de mieux préparer la dernière partie de carrière en améliorant les dispositifs d’aménagement fin de carrière, de faciliter la reconversion professionnelle vers des emplois à moindre pénibilité et d’améliorer les conditions financières de fin de carrière.

La fédération SUD-Rail, qui a été à l’offensive dans cette négociation, peut compter sur le soutien de l’ensemble des structures de l’Union syndicale Solidaires.

Après les éditorialistes, c’est maintenant le ministre de l’économie qui se fâche tout rouge et convoque M. Farandou, PDG de la SNCF. Incapable de le faire pour les grands groupes agroalimentaires ou les fonds de pension américains responsables de fermetures d’usine, ni même d’aller chercher les recettes en taxant les plus riches, M. Le Maire veut interdire le dialogue social dans les entreprises.

En 2016, alors qu’un certain E. Macron est ministre de l’économie, la loi El Khomri inverse la hiérarchie des normes. En 2020, alors qu’un certain E. Macron est le président de la République, le groupe SNCF devient un regroupement de sociétés anonymes « pour fonctionner comme les autres entreprises ». En 2023, toujours le même E. Macron encourage à avoir des concertations et améliorations dans les entreprises et branches sur la prise en compte de la pénibilité, des carrières longues…

Ces réformes que nous avions combattues n’avaient pas pour objet l’intérêt collectif. Le gouvernement en place s’offusque donc que ses propres réformes soient appliquées. C’est une nouvelle démonstration qu’il ne supporte pas que des travailleuses et travailleurs gagnent des avancées sociales !

Pour l’Union syndicale Solidaires, ces avancées doivent être imposées à l’ensemble des secteurs, dans un maximum d’entreprises, administrations… Avec cette dernière réforme sur les retraites, qu’une très grande majorité a combattu, les conditions de maintien dans l’emploi de salarié·es âgé·es et, notamment, celles et ceux ayant une exposition avérée à des sources de pénibilité, constituent un enjeux très important.

Comme à la SNCF, dans l’unité syndicale, allons arracher le maximum pour atténuer les effets de la loi retraites 2023 qui nous vole deux ans de notre vie.

Des accords similaires existent dans d’autres secteurs ; nous devons les généraliser !

Nous l’avions affirmé en 2023 « on n’oublie pas » cette réforme injuste et brutale… allons chercher ce qui nous appartient !

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Retraites

Les personnes retraitées encore dans la rue le 1er Mai !

Publié le 18 avril 2024 par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Après avoir manifesté dans tous les départements le 26 mars à l’appel de 9 organisations de retraité.e.s, les personnes retraitées manifesteront de nouveau le 1er mai, aux côtés de toutes celles et tous ceux qui répondront à l’appel unitaire CGT-FSU-Solidaires et des organisations de jeunesse.

Ces manifestations se dérouleront dans un environnement international marqué par des guerres terriblement meurtrières qui conduit à rappeler la nécessité d’une démocratie vivante et d’une justice sociale, seul cadre favorable à une paix juste et durable fondée sur le respect du droit international.

En France, les gouvernements poursuivent les politiques de sape du compromis social et politique de 1944/1945. La totale liberté de circulation des capitaux mise en place progressivement sur l’ensemble de la planète continue de permettre aux détenteurs de capitaux d’accentuer partout la mise en concurrence des politiques publiques et des politiques sociales. C’est ainsi que l’accumulation et la concentration des profits et des patrimoines ne cessent de s’accélérer partout avec des enrichissements et des niveaux de revenus et de patrimoines qui dépassent ce que l’histoire de l’humanité n’a jamais connu auparavant.

La sous-imposition scandaleuse des plus riches met partout en difficulté les budgets publics. La dette publique est ensuite mise en avant pour essayer de contraindre encore plus le plus grand nombre. Toujours en France, à peine une réforme de l’assurance-chômage votée qu’une autre est annoncée. De même pour les réformes du système de retraite. De même pour l’élargissement des cadeaux fiscaux et sociaux faits aux détenteurs de capitaux pendant que l’austérité est le seul horizon imposé par les gouvernants à la grande majorité de la population.

De nouvelles menaces sont envoyées vers les personnes retraitées :

gel des pensions en 2024 avec aucune indexation au 1er janvier 2025, mise en cause des pensions de réversion, menaces sur les droits conjugaux et familiaux pour la retraite et notamment la suppression de l’abattement de 10 % pour le calcul de l’impôt sur le revenu sur les pensions et retraites, moindre prise en charge des affections de longue durée (ALD) par l’assurance-maladie, suppression des moyens attribués aux services d’aide à domicile et absence de création d’EHPAD publics, difficultés de plus en plus grandes pour accéder à des services de soins, poursuite de la numérisation des services publics, loi de programmation pour le grand-âge toujours repoussée, etc.

L’UNIRS appelle toutes les personnes en retraite à participer aux manifestations unitaires qui vont se dérouler dans tout le pays le mercredi 1er mai. À Paris, la manifestation, qui regroupera aussi la CFDT et l’UNSA, partira de la Place de la République à 14 heures, pour aller Place de la Nation.

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Crânes d’œufs et Têtes de bois !

Monsieur Bruno Le Maire, ministre notamment de l’Économie et des Finances, ne cesse depuis plusieurs semaines de vouloir convaincre le pays que nous courons à la faillite, que les comptes publics de la Nation sont dans le rouge, qu’il va falloir arrêter de dépenser à tours de bras pour les chômeurs et chômeuses, pour les retraités et retraitées, pour les fonctionnaires, pour la sécurité sociale. Pour lui, la raison nous impose de voir les choses en face, comme il dit,et il faut avoir du courage pour le dire au pays, sans démagogie, comme le font tant d’autres, nous ne pouvons dépenser plus que nous avons, car l’argent ne tombe pas du ciel, il faut que les investisseurs continuent de nous faire confiance si nous devons emprunter sur les marchés financiers. Et il va plus loin, du fait de l’urgence, il faut modifier les budgets votés en fin d’année 2023, budgets basés sur des prévisions qui se révèlent, trois mois plus tard, assez fortement erronées pour justifier, justement, un changement de cap dans la politique budgétaire du pays.

En fin d’année 2023, nous avions donc une ribambelle d’énarques, et souvent même, parmi le haut du panier, d’inspecteurs des finances, qui ont préparé un Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2024, et un Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2024. Le ministre s’exprimait devant les élus de la Nation, devant les citoyennes et les citoyens, en voulant les convaincre de la justesse de ses prévisions, de ses projections, de ses calculs, et de ses projets de budgets. Et tout le monde, ou presque, suivait.

Trois mois plus tard, patatras, tout s’effondre, les prévisions étaient fausses. Il faut mener une politique de rigueur sans atermoiement, avec une grande détermination. Mais comment faire confiance à de telles girouettes ? Comment croire aujourd’hui quelqu’un qui nous demandait il y a trois mois, avec la même « conviction », la même « sincérité », de le croire et qui vient de nous avouer qu’il s’est trompé ? Et qu’il s’est trompé seulement sur trois mois de décalage !

Et souvenons-nous que ce sont les mêmes qui, lors du conflit contre leur « réforme » des retraites, nous faisaient de grandes démonstrations sur la faillite à terme de « notre « système de retraite, en faisant cette fois des projections jusqu’à 2050, voire 2070 ! Ils arrivaient à anticiper les conséquences des changements climatiques, les évolutions démographiques du pays, les multiples soubresauts économiques et financiers du pays sur les 40 ans qui allaient suivre, sans compter les problèmes géopolitiques, les guerres toujours possibles. Ah, ils sont très forts !

À l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités et Retraitées Solidaires (UNIRS) notre jugement est arrêté depuis longtemps. Ce ne sont pas des imbéciles qui se trompent. Ce sont des menteurs qui veulent nous tromper. Leurs choix sont toujours au service d’eux-mêmes et des plus riches pour qui ils agissent et qui savent les récompenser et les admettre dans leur cercle. Ensuite, leurs discours évoluent en fonction de leurs opportunités politiques dont ils sont juges.

Quand le jour sera venu de faire le ménage,

il y aura beaucoup de choses à changer !

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Note mensuelle de l’UNIRS de mars 2024

UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Au sommaire :

  • Sous-revalorisation des pensions ?
  • Les carrières longues s’emparent du départ en retraite plus tôt !
  • Compte-rendu du CA de l’UNIRS des 12 et 13 mars 2024
  • Menaces sur les droits familiaux et conjugaux, les pensions de réversion
  • 34 associations de lutte contre la pauvreté dénoncent les économies budgétaires
  • Réunion des 9 organisations de retraité·es le lundi 4 mars
  • Courrier du Groupe des 9 aux parlementaires, aux groupes parlementaires et à Attal

Sous-revalorisation des pensions en 2024 ?

Le gouvernement réfléchit à des économies, il envisage de ne pas compenser, début 2025, l’inflation de 2024 ! C’est la fuite reprise par France 2 dans un reportage. Et un ancien magistrat à la Cour des comptes précise « 1 point de sous-indexation sur le régime de base aurait permis de réduire le coût de la mesure de 2,7 milliards d’euros ». Pourtant 83 % de la population s’y oppose !

Nous n’entendons plus parler de cette menace … dans cette période électorale. En réunion de conseil des ministres, le président Macron s’est fâché très fort et a ordonné à ses ministres d’« arrêter de sortir des mesures qui n’ont pas même été évoquées, sauf si vous voulez perdre les élections (européennes) ».

Un proche d’Emmanuel Macron a donné l’explication « chat échaudé craint l’eau froide » : le président Macron se souvient de l’immense colère provoquée, par la hausse de la CSG pour les retraité·es, le 1er janvier 2018, hausse qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de retraité·es le 15 mars 2018, à l’appel des 9 organisations de retraité·es. Ce raz-de-marée humain l’avait conduit à supprimer cette mesure pour les faibles pensions !

On n’en parle plus … pour le moment, le ministre chargé des Comptes publics, au sujet de la sous-revalorisation des pensions, a précisé : « on aura, je crois, ce débat pour le projet de budget 2025 ».

Les retraité·es connaissent les conséquences des gels et sous revalorisation : depuis 2017 ils et elles ont perdu 9,1 %, plus le cumul des « petites sommes » perdues pendant les 84 mois, qui s’élèvent à près de trois mois de pension.

Macron craint les fortes mobilisations comme celles qui ont suivi l’augmentation de la CSG, il a vu le poids médiatique des actions du 24 octobre et a décidé de respecter la loi en revalorisant les pensions du montant de l’inflation, de 5,3 % au 1er janvier 2024. Il verra les retraité·es mécontents dans la rue le 26 mars.

Le 26 mars, gagnons notre juste revalorisation des pensions !

Les carrières longues s’emparent du départ en retraite plus tôt !

Pour faire passer la pilule amère du départ à 64 ans, le gouvernement a dû élargir les possibilités de départ anticipé pour les personnes ayant commencé à travailler très jeunes, à 21 ans au lieu de 20 ans. Et le dispositif « carrières longues » a été bien utilisé.

A la fin de 2023, 30 % des nouveaux retraités concernés par la réforme sont partis avant l’âge légal selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV). Cette proportion n’était que de 20 % en 2022. Le record de 25 % pour les assurés nés entre 1955 et 1957, a été largement dépassé !

Le patron de la CNAV annonce « l’augmentation du poids des dossiers carrières longues va aller encore croissant » et précise « si les assurés ont la possibilité de partir en carrière longue, majoritairement ils le font valoir ». Il confirme la prévision du gouvernement d’environ 40 % de départs avant l’âge légal, en prenant en compte les personnes en invalidité qui peuvent toujours partir à taux plein à 62 ans, ainsi que les personnes inaptes.

Compte-rendu du CA des 12 et 13 mars 2024

Ce conseil d’administration, dans les locaux de Solidaires, a réuni 22 personnes, 10 femmes et 12 hommes.
Le compte-rendu complet est sur le site de Solidaires.

L’actualité du G9 et les initiatives « retraités et retraitées » depuis le C.A. du 16 janvier a permis de détailler les réunions et les actions du « Groupe des 9 organisations de retraité·es » que nous reprenons systématiquement dans nos notes mensuelles.

Ce point a concerné aussi le colloque du G9 le 4 mars sur les droits des femmes et les menaces sur les pensions de réversion et les droits familiaux et conjugaux. Voir l’article ci-dessous.

La préparation du Congrès de Solidaires, nous avons examiné les 3 projets de résolution :

1 « Notre syndicalisme dans un monde en crise » : l’ordre international et les guerres ; l’inflation, les salaires et des inégalités, l’urgence climatique, les libertés, l’urgence contre l’extrême-droite ; les dangers de l’intelligence artificielle ; les services publics.

2 « Enrichir, adapter et faire évoluer notre revendicatif » : les droits des femmes (pour un congé menstruel /cycle hormonal, droit des femmes à disposer de leurs corps, violences conjugales et intrafamiliales), le handicap et le validisme (bas revenu, précarité, accompagnement, conditions de travail), la Protection sociale (l’aide à l’autonomie, l’élargissement de la Sécurité sociale à l’alimentation, au logement, à l’environnement et la question du financement de la sécurité sociale et celle de la démocratie sociale).

3 « Notre outil syndical » : l’unité syndicale (que nous vivons bien avec le G9), le développement de l’Union syndicale Solidaires (qui nous incite à une campagne de syndicalisation), l’idée de faire des instances des outils au service de l’action syndicale (et pour nous la question des CDCA), la place de l’UNIRS dans Solidaires et son droit de vote, l’engagement interprofessionnel, le fonctionnement au consensus, le rejet de la présence de l’extrême-droite dans nos rangs.

L’organisation d’une campagne de syndicalisation par l’UNIRS : quelles initiatives de l’Unirs à l’égard des structures locales et nationales ? Nous pourrions envoyer un courrier aux structures en reprenant le contenu de la résolution du congrès de 2008 « il est important de conserver adhérents les retraité·es et de leur faire savoir que l’UNIRS est là ».

Le 100 % Sécu doit-il couvrir le logement et la nourriture dans les Ehpad ? Le débat commence et sera porté au G9, mais la réponse est plutôt oui, comme à l’hôpital, et parce qu’il faut très souvent donner toute sa pension pour payer l’Ehpad et il en manque avec des restes à charge importants.

Contexte économique, social, syndical, environnemental et politique : il a porté sur la situation de l’agriculture et des agriculteurs et agricultrices en France, la « Politique Agricole Commune » et « Bruxelles », les revendications, les manifestations et le ministère de l’Intérieur, le rôle de la FNSEA, etc. Le long texte de présentation est disponible sur le site.

Les CDCA : en présence de camarades investis dans les CDCA, échanges sur l’implication de l’UNIRS dans les CDCA (Conseils Départementaux de la Citoyenneté et de l’Autonomie). Michèle Béarez du Nord a été mandatée par le CA de l’UNIRS pour animer les équipes dans les CDCA. Elle informe que des camarades prennent beaucoup de temps dans le travail pour les CDCA et ont du mal à parler dans leur structure départementale des sujets techniques abordés en CDCA. C’est bien que le CA de l’Unirs discute des CDCA.

Les échanges utiles et intéressants ont rassemblé plus de la moitié des départements où nous sommes dans le CDCA. Ils ont relancé la dynamique. Il faudra aussi que le C.A. revienne sur les CDCA régulièrement.

Menaces sur les droits familiaux et conjugaux, les pensions de réversion

Le gouvernement a saisi le 23 mai 2023 le Conseil d’orientation des retraites (COR) pour envisager une évolution des droits familiaux et conjugaux. Une dizaine de notes du COR du 1er février 2024, écrites par les « experts », proposent des premières pistes d’évolution. Une prochaine séance, le 16 mai, envisagera des réformes et le rapport final, auquel les représentants d’organisations syndicales travailleront (mais avec quel poids ?) est attendu en octobre.

Ces droits réduisent les inégalités entre hommes et femmes, mais seulement en partie puisque les pensions de droit direct (droits propres) des femmes sont inférieures de 40 % à celles des hommes. Les droits familiaux améliorent de 8 % la pension des femmes,

Les notes du COR justifient ces droits : avoir des enfants provoque une baisse du taux d’emploi (ce taux d’emploi est de 80 % pour 2 enfants et de 59 % pour 3 enfants) et une baisse du salaire de 5 % par enfant pendant une période de 5 ans.

Les notes proposent de valider gratuitement des trimestres de cotisation avec possibilité d’augmenter le nombre de trimestres attribués en fonction du nombre d’enfants,

Les notes suggèrent de simplifier et d’harmoniser les droits entre les différents régimes, mais pas le haut ou par le bas ?

– Majorer la pension pour 3 enfants seulement, ou pour 4, 5, … ?

– Ou l’attribuer seulement aux femmes pour accouchement ?

– La verser dès le 1er enfant, donc à 90 % de la population, mais en diminuant le taux de majoration ?

– Remplacer les 10 % par un forfait de 150 € ?

– Ajouter 8 trimestres par enfant (régime général) ou seulement 2 (fonction publique) ?

– Ou augmenter le nombre de trimestres attribués au fur-et-à-mesure de l’arrivée d’un nouvel enfant,

– N’accorder l’AVPF, l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer qui attribue gratuitement des trimestres, qu’aux personnes qui réduisent ou cessent leur activité pour s’occuper de leur enfant ?

– La réversion est-elle justifiée ? La vie en couple procure déjà de nombreux avantages à ses deux membres (économies d’échelle, plus grande accumulation du patrimoine, assurance intra couple…). Le décès provoque la perte d’un avantage de la vie en couple, qui n’a pas à être compensée ?

– Si oui, elle serait plus juste en la calculant ainsi : 2/3 de la pension de la personnes décédée – 1/3 du survivant.

– Attribuer un avantage sous forme de réversion impliquerait de la financer, soit par une cotisation spécifique, soit par la diminution du montant des pensions directes des personnes mariées.

– La réversion n’est pas adaptée dans les cas de divorce : il faudrait plutôt étendre la prestation compensatoire, par le partage au moment du divorce de la masse des droits acquis par les deux conjoints.

– La proratisation des droits à la réversion à la durée de mariage sur une durée de référence, par exemple la durée de cotisation totale.

Les questions ne manquent pas, les réponses peuvent améliorer ou diminuer les droits… Nous devrons peser pendant les réflexions pour imposer l’amélioration des droits, la réduction des inégalités et s’opposer à une détérioration supplémentaire des droits.
La présentation de ces notes du COR figure sur le site de Solidaires

Courrier aux parlementaires, aux groupes parlementaires et à Attal

Pour rappeler la présence des retraité·es et leurs revendications, ces courriers reprennent le même contenu :

– La détérioration continue de la situation financière, sanitaire et sociale des 18 millions de retraités.

– Le pouvoir d’achat en berne depuis des années malgré la rare application de la loi au 1er janvier 2024 qui a revalorisé les pensions de 5,3 %.

– Le passif depuis le 1er janvier 2017 de 9,1 % plus le cumul des pertes de chacun des 84 mois qui s’élève à près de 3 mois de pension.

– Notre demande de rattrapage du pouvoir d’achat.

– L’oubli des personnes qui sont ou qui vont être à la retraite lors de la mise en place des complémentaires santé.

– La situation catastrophique des hôpitaux du pays complique encore plus leur accès aux soins et à la santé.

– Le sentiment d’un mépris à l’égard des anciens.

– Nos interrogations sur la démocratie avec l’adoption sans vote des PLF et PLFSS.

– La proposition de loi « Bien vieillir » qui stipule « Avant le 31 décembre 2024, puis tous les cinq ans, une loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge détermine la trajectoire des finances publiques en matière d’autonomie des personnes âgées, pour une période minimale de cinq ans », engagement bien tardif et sans réalité immédiate, alors que les mesures dans la loi « bien vieillir » sont notoirement insuffisantes et ne répondent pas à la situation dramatique actuelle.

Réunion du « G9 »

Les 9 organisations de retraité·e·s se sont réunies lundi 4 mars 2024

Un tract pour le 8 mars est diffusé, ainsi qu’un communiqué.

Le 26 mars se prépare dans tous les départements, la liste des actions est sur le site de Solidaires. Des demandes de rencontres (avec les députés, sénateurs, préfectures, etc.) sont déjà déposées.

Sur Paris, à Bercy, les animations se préparent (barnums, ballons) et des responsables syndicaux ont prévu de venir pour parler de leurs actions en cours. Une conférence de presse aura lieu à 13 h 30, sur la Place. Une audience est demandée au ministre, celui qui est pour sous-revaloriser les pensions de 2024…

Rencontre avec Pascal Champvert, le président de l’AD-PA, l’Association des directeurs au service des personnes âgées, qui dénonce l’âgisme. Solidaires a rédigé un compte-rendu détaillé de la rencontre. Le G9 va lui signaler tous les CDCA qui ne fonctionnent pas. Nous devons réfléchir sur le contenu de la revendication 100 % Sécu et de l’éventuel « reste à charge », c’est-à-dire la prise en charge, ou pas, du logement et de la nourriture.

Haut Conseil de l’Âge HCFEA : le G9 partage le constat de son rapport, la dénonciation de la politique actuelle, certaines propositions (32 euros pour le coût horaire de l’aide à domicile, exigence d’une loi de programmation, etc.) … et remarque que le financement tient en 2 pages sur les 66.

Projet d’une assurance obligatoire dépendance : ce projet (déposé par la mutualité et des assurances privées) avait été refusé par le HCFEA, mais il revient dans l’actualité car il a été déposé par une instance publique et la ministre Catherine Vautrin l’a jugé intéressant le 3 mars 2024. Ce serait une assurance obligatoire dépendance qui donnerait lieu à une rente pour les personnes en grande perte d’autonomie, les GIR 1 et 2. La cotisation pourrait être versée à partir de 25 ans, le montant de la cotisation dépendrait du montant de rente choisi et de la durée de cotisation. Ce projet ouvrirait ainsi ce marché au privé de façon obligatoire, ce qui serait totalement scandaleux.

Réouverture d’accueil physique dans les services publics : sur proposition de FO, un courrier aux sénateurs et sénatrices leur demande d’appuyer la proposition de loi à l’ordre du jour du Sénat, puis de la voter. Chaque département peut/doit interpeller ses sénateurs et sénatrices en utilisant ce courrier.

Rencontre avec les parlementaires à l’Assemblée nationale : à la suite de nos demandes, nous avons un rendez-vous le 20 mars avec Jérôme GUEDJ (PS) et le 3 avril avec Pierre Dharréville (PCF).

Prochaine réunion : mardi 9 avril à 14 h 30 dans le local de FO.

Économies sur les affections de longue durée (ALD) ?

Le gouvernement cherche 20 milliards d’euros d’économies en 2025 et engage une réflexion sur la pertinence de l’actuelle prise en charge des ALD. Près de 13 millions de personnes sont atteintes d’une maladie grave, évoluant pendant plus de six mois, et nécessitant un traitement coûteux. La majorité des patients atteints d’ALD en 2022 souffraient de diabète (3,2 millions), de cancers (2,3 millions), d’affections psychiatriques de longue durée telles que la dépression récurrente ou les troubles bipolaires (1,5 million), de maladies coronariennes (1,4 million) et d’insuffisances cardiaques (1,3 million).

L’ALD concerne 20 % de la population et représente en 2020, 110 milliards d’euros, soit 66 % des remboursements de l’Assurance maladie, à comparer aux 61,6 % en 2010. Frédéric Valletoux, le ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention, va « ouvrir une discussion sur la liste des ALD » qui comprend actuellement une trentaine de pathologies dont certaines ont connu « des progrès médicaux énormes » se justifie le ministre. Il souhaite aussi maîtriser les dépenses de soins non liés à la pathologie éligible à l’ALD.

Après ces annonces, 25 associations de malades chroniques (cancer, diabète…) ont fait part de leurs inquiétudes. Elles citent en exemple « un patient diabétique qui ne soigne pas une grippe, peut se retrouver à l’hôpital parce qu’il est plus fragile. C’est médicalement imbécile de ne pas l’aider à se soigner ».

34 associations de lutte contre la pauvreté dénoncent les économies budgétaires

Le Collectif Alerte comprend 34 associations de lutte contre la pauvreté. Il dénonce les économies budgétaires annoncées par le gouvernement. Elles vont principalement concerner les ménages modestes qui vont perdre :

– 1,1 milliard d’euros sur l’accès à l’emploi et l’accompagnement des mutations économiques,

– 1 milliard d’euros sur l’aide à la rénovation MaPrimeRénov,

– 307 millions d’euros sur la solidarité, l’insertion et l’égalité des chances,

– 300 millions d’euros sur les allocations logement,

– 129 millions d’euros pour la jeunesse et la vie associative,

– 50 millions d’euros sur l’aide médicale d’État (AME),

– 49 millions d’euros pour la politique de la ville.

Les associations alertent sur la trajectoire de réduction des dépenses publiques, la réforme du revenu de solidarité active (RSA) et la suppression de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) qui mettraient les plus pauvres sous pression. Ces derniers font déjà face à la hausse des coûts de l’alimentation et de l’énergie, les obligeant à renoncer à certaines dépenses. Selon le quatrième baromètre “Hygiène et Précarité en France”, réalisé par l’institut de sondage Ifop et l’association “Dons solidaires”, près d’un Français sur deux déclare avoir limité sa consommation de produits hygiéniques en raison du contexte économique.

Parmi les 2 000 personnes interrogées, 95 % expriment leur inquiétude à propos de l’augmentation des prix, 50 % craignent de basculer dans la pauvreté, 22 % des personnes interrogées ont renoncé à l’achat de produits cosmétiques et d’hygiène par manque d’argent et 16 % des femmes ont admis avoir déjà manqué de protections hygiéniques (deux fois plus qu’en 2019).

Pour voir le communiqué du Collectif Alerte « Les pauvres, premières victimes de l’austérité » : https://www.alerte-exclusions.fr/fr/nos-actions/communiques-de-presse/les-pauvres-premieres-victimes-de-lausterite

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Actu Solidaires 78 Retraites

Tract UNIRS : sous-revalorisation des pensions en 2024 = tout·es dans la rue le 26 mars !

Le gouvernement réfléchit à des économies, il envisage de ne pas compenser l’inflation de 2024 ! C’est la fuite reprise par France 2 dans un reportage. Et un ancien magistrat à la Cour des comptes précise « 1 point de sous-indexation sur le régime de base aurait permis de réduire le coût de la mesure de 2,7 milliards d’euros ». Pourtant 83 % de la population s’y oppose !

Nous n’entendons plus parler de cette menace … dans cette période électorale. En réunion de conseil des ministres, le président Macron s’est fâché très fort et a ordonné à ses ministres d’« arrêter de sortir des mesures qui n’ont pas même été évoquées, sauf si vous voulez perdre les élections (européennes) ».

Un proche d’Emmanuel Macron a donné l’explication « chat échaudé craint l’eau froide » : le président Macron se souvient de l’immense colère provoquée par la hausse de la CSG pour les retraité·es, hausse qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de retraité·es le 15 mars 2018, à l’appel des 9 organisations de retraité·es. Ce raz-de-marée humain l’avait conduit à supprimer cette mesure pour les faibles pensions !

On n’en parle plus … pour le moment, le ministre de l’Économie et des Finances, au sujet de la sous-revalorisation des pensions, a précisé : « on aura, je crois, ce débat pour le projet de budget 2025 ».

Menaces sur les pensions de réversion et sur les droits familiaux et conjugaux

Les pensions, (surtout des femmes) sont diminuées par la présence d’enfants, ce qui est aujourd’hui compensé (en partie seulement) par des droits familiaux et conjugaux : ajout de trimestres, majoration de pension, … Quand une des personnes du couple décède, la survivante peut toucher une pension de réversion. Le gouvernement veut remettre tout cela à plat et probablement réaliser des économies… Il a demandé d’y réfléchir au Conseil d’Orientation des Retraites (COR) qui vient de publier un début de rapport contenant quelques propositions d’évolutions inquiétantes…

De l’argent, il y en a … ailleurs que chez les retraité·es

Le gouvernement annonce plus de 10 milliards d’économies pour ramener le déficit public à 4,4 % en 2024, puis au moins 20 milliards en 2025. Et il veut augmenter les inégalités, prendre cet argent dans la poche des plus démunis pour arroser encore davantage les plus riches !

Depuis 2020, les 42 milliardaires français ont gagné 230 milliards d’euros, autant que pour faire un chèque de 3 400 euros à chaque membre de la population. À l’inverse de l’évolution mondiale, en France, le nombre de personnes détenant plus d’un million de dollars est en hausse de 25 % … tandis que la richesse globale détenue par les ménages français, elle, a reculé de 3,8 %. En 6 ans, le nombre de personnes touchant le minimum vieillesse (1 012 € par mois) est passé de 560 000 à 700 000.

Le gouvernement ferait mieux de rétablir l’ISF, de rendre plus progressif l’impôt sur le revenu, de prendre l’argent là où il est pour réduire les inégalités et développer la santé et les services publics.

Chaque mobilisation compte !

Plus récemment les manifestations des retraité·es du 24 octobre 2023, encore à l’appel des 9 organisations, avaient obligé le gouvernement à respecter la loi, à laisser les pensions augmenter de 5,3 % le 1er janvier 2024 pour compenser l’inflation, conformément au Code de la Sécurité sociale.

Le 26 mars, tout·es les retraité·es, sont invités à manifester massivement à l’appel des 9 organisations de retraité·es CGT, FO, CFTC, CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble & Solidaires.

Toutes et tous dans la rue le 26 mars !

À Paris, il s’agira d’un rassemblement devant Bercy à partir de 14 h.

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Retraites

La fin de vie, avoir au moins ce choix ultime

par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Un sujet de nouveau d’actualité.

Dans ses promesses de campagne, le candidat Macron avait notamment parlé de changer la loi sur la fin de vie de 2016. Le 10 mars 2024, dans une interview croisée à « Libération » et à « La croix », il annonce les contours et le calendrier d’un prochain projet de loi. Cette annonce arrive dix-huit mois après l’avis du Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) ouvrant la voie à une aide active à mourir strictement encadrée et un an après la conclusion des travaux de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Le projet de loi sera articulé autour de trois grands axes : les soins palliatifs et l’accompagnement, les droits des patient·e·s et de leurs aidant·e·s, et l’aide à mourir. Il devrait être présenté en avril en Conseil des ministres pour un examen en première lecture à l’Assemblée nationale à partir du 27 mai 2024. Ceci ne devrait aboutir à un texte adopté qu’en 2025.

Un sujet syndical pour l’UNIRS-Solidaires depuis 2014.

La question de la fin de vie a commencé à être mise en débat au sein de l’UNIRS en 2012 et 2013. C’est une question que, le plus souvent, chaque personne a beaucoup de difficultés à aborder, seule comme avec ses proches. Il est moins difficile d’y penser quand nous savons que l’essentiel de notre vie est passé. Nous avons pensé que notre organisation syndicale pouvait essayer d’aborder ces questions afin de nous aider à y réfléchir ensemble et à y inscrire des souhaits, voire des demandes, avec l’idée dominante que la société doit se mettre en mesure de répondre à la demande possible de personnes qui souhaitent pouvoir exercer leur libre choix quant à leur fin de vie.

Dans notre dossier revendicatif de 2014, nous énumérions quelques demandes, qui sont toujours d’actualité aujourd’hui et que nous reprenons en partie ci-dessous :

– Que cessent les situations d’indignité qui entourent trop souvent la fin de vie, qui conduisent à des maltraitances, qui laissent dans le désarroi les personnes directement concernées, leurs proches et les familles.

– Que le droit aux soins palliatifs soit réellement ouvert à toutes et tous sur l’ensemble du territoire.

– Que les directives anticipées émises par la personne soient respectées tout comme les préconisations de la (ou des) personne (s) de confiance préalablement désignée (s).

– Que la société donne effectivement la liberté et la possibilité à chaque personne de décider ou non de la fin de vie qu’elle souhaite et que son choix lui soit garanti.

– Que les personnels médicaux puissent exercer leur clause de conscience, sans que ceci ne conduise à empêcher les personnes d’exercer leur libre choix.

Des rapports et quelques textes depuis deux décennies.

Une première loi de juillet 1991 introduit les soins palliatifs dans la liste des missions de tout établissement de santé. Avec la loi Kouchner de juin 1999, le législateur se soucie de la souffrance des malades, leur ouvre des droits à des soins palliatifs et leur permet de refuser tout acharnement thérapeutique. Ceci a été renforcé par une loi Léonetti en avril 2005. Le Comité Consultatif National d’Éthique pour les Sciences de la vie et de la santé (CCNE) créé en 1983 s’est exprimé à plusieurs occasions sur les questions liées à la fin de vie. La loi Clayes-Léonetti de 2016 autorise sous certaines conditions le recours à la sédation profonde. Dans un rapport de janvier 2018, la députée Caroline Fiat fait un constat du « mal mourir » en France. Depuis 2017, de nombreuses propositions de lois ont été déposées à l’Assemblée nationale et repoussées ou non discutées. Le 13 septembre 2022, le CCNE rendait son avis sur la fin de vie, ouvrant la voie à « une aide active à mourir, à certaines conditions strictes avec lesquelles il apparaît inacceptable de transiger ». Une Convention citoyenne sur la fin de vie, pilotée par le Conseil Économique social et Environnemental (CESE), a travaillé sur ces questions entre décembre 2022 et mars 2023. Elle s’est prononcée à 70,6 % en faveur d’une ouverture conditionnée de l’aide active à mourir. Il est manifeste que les textes actuels en France ne répondent pas à l’attente de certaines personnes puisqu’on peut constater que, malgré les difficultés et malgré le coût, chaque année des personnes vont mourir en Suisse ou en Belgique.

Pour le moment, surtout des aides à mal vieillir et à mal mourir.

Face aux rapports, aux promesses, voire aux engagements réitérés depuis des années pour aider les gens à bien vieillir et à bien mourir, nous avons surtout eu, très concrètement, de nombreuses aides à mal vieillir et à mal mourir. Et ça commence très jeune dans le parcours de vie de chacune et de chacun : reculs dans le domaine de la médecine scolaire, reculs dans la médecine du travail, réduction des missions, des effectifs et des contrôles de l’inspection du travail, détérioration des conditions de travail dans de nombreux secteurs professionnels compte tenu notamment de la réduction des effectifs, des surcharges de travail et de l’augmentation des cadences que ça entraîne pour celles et ceux qui restent. Au cours des dernières décennies les accidents professionnels et les morts au travail ont continué. Le recours favorisé des productions de l’agro-chimie et de l’agro-industrie a continué de multiplier les maladies professionnelles dans les exploitations agricoles et les maladies et cancers chez les consommateurs et consommatrices. Les réformes apportées à l’hôpital public par une succession de gouvernements et de ministres qui continuent de parader sur les plateaux de télévision ont conduit très concrètement à dégrader la qualité des soins et leur accessibilité (éloignement, coût, listes d’attente, etc.) et donc à dégrader la fin de vie de nombre de personnes, voire à accélérer, contre leur volonté, leur mort. Très concrètement aussi, les manques dans les services de gériatrie, les économies budgétaires qui limitent les moyens des services de soins palliatifs sont autant d’éléments qui participent à cette dégradation. Dans plusieurs pays, est déjà constaté un abaissement de la durée d’espérance de vie alimenté en partie par le recul de l’âge de départ en retraite et la multiplication des salarié·e·s et des retraité·e·s pauvres. Les défenseurs et défenseuses de la vie et les religieux et religieuses de tous bords qui se font entendre contre l’IVG et contre le droit à mourir sont parfois ceux et celles qui réclament le retour à la peine de mort et sont bien silencieux et silencieuses en ce qui concerne toutes ces opportunités de mourir plus mal et plus vite.

Une liberté qui n’oblige en rien celles et ceux qui ne veulent pas y recourir.

Dans les prochains mois un nouveau débat devrait donc s’ouvrir dans notre pays sur ce droit à mourir dans la dignité. L’UNIRS-Solidaires s’y inscrira en s’opposant notamment très fortement à celles et ceux qui voudraient décider de la fin de vie des autres à la place des autres. La loi que nous demandons, c’est une loi qui ouvre des possibilités aux personnes qui veulent y accéder et qui ne les mette plus « hors la loi ». Elle ne peut obliger quiconque à s’y inscrire et chaque personne qui souhaite laisser faire « la nature » ou « son dieu » doit bien entendu rester libre de son choix.

Lors de la prochaine journée nationale d’action des personnes retraitées du 26 mars,

les militantes et militants de l’UNIRS-Solidaires porteront aussi ces revendications.

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