À la librairie le Pavé du Canal
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L’Union syndicale Solidaires rejoint le printemps des luttes locales, une campagne contre l’artificialisation des sols du 23 au 26 mai initiée par Terres de Luttes.
👏📆 À l’appel de plusieurs organisations nationales, associations, collectifs, du 23 au 26 mai auront lieu plusieurs journées d’actions décentralisées contre l’artificialisation des sols et la confiscation de nos territoires pour des intérêts privés. Mobilisons-nous à travers la France via nos unions départementales et locales pour que toutes nos luttes puissent faire entendre leur opposition et qu’à l’échelon national il ne soit plus possible d’ignorer la voix de toutes celleux qui veulent reprendre la main sur leurs territoires ! Chaque lutte locale qui comporte une dimension de refus de l’artificialisation des sols est invitée à rejoindre la campagne sur ses propres mots d’ordre.
📣👉 L’appel est à retrouver ici.
Alors que l’artificialisation des sols croit partout et que les projets destructeurs continuent de se multiplier à travers la France, notre résistance elle aussi est toujours plus grande ! Il existe aujourd’hui plus de 600 collectifs en lutte partout sur le territoire contre les projets imposés et polluants✊.
🚧 Ces journées seront l’occasion de visibiliser la gravité de la destruction des espaces naturels et agricoles en France, de faire parler de nos luttes, de se donner de la force ensemble, mais aussi de mettre un coup de pression aux nouveaux élus locaux tout juste arrivés pour leur signifier qu’on ne laissera pas faire ces nouveaux projets. La pression semble déjà fonctionner puisque l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) s’inquiète dans un communiqué datant du 29 mars du printemps des luttes locales, qui risque de « bloquer, occuper, voire perturber des sites industriels ». Maintenons et augmentons la pression !
⚒️ Une cartographie sera mise en place pour nos/vos actions, et d’ici mai des formations antirep, action et com, seront visibles sur le site du printemps des luttes locales juste ici.
Communiqué à retrouver sur le site de l’Alliance écologique et sociale.
La séquence des municipales se clôt, et leurs résultats auront des effets importants sur nos vies. Nous saluons la combativité des militant∙es associatifs, syndicaux, politiques qui ont rendu possible la victoire de listes progressistes dans de nombreuses villes. Cependant, de nombreuses villes sont passées ou restées à l’extrême droite. Dans ces communes, nous appelons nos structures à s’organiser pour défendre les populations les plus vulnérables face à ses attaques. L’extrême droite est l’ennemie des travailleurs et des travailleuses, de l’écologie, de la démocratie.
Nos mobilisations portent leurs fruits : le travail d’enquête, de sensibilisation et de revendication sur la rénovation écologique du bâti scolaire, déjà amorcé par l’intersyndicale des personnels de l’éducation, en a fait un thème incontournable des projets des listes progressistes.
D’ores et déjà nous nous mettons en ordre de bataille pour remettre les luttes sociales et environnementales au cœur du débat public, et pour établir une fiscalité socialement juste et écologique, qui répartisse les richesses en mettant à contribution les plus riches et les grandes entreprises. Nos organisations appellent à se mobiliser massivement lors des manifestations du 1er mai. Des mesures d’urgence sont nécessaires pour répondre à la crise sociale et environnementale. Les problèmes rencontrés au travail, pour l’accès à la santé et aux services publics, doivent être la boussole des décisions politiques et le centre des débats lors des échéances électorales à venir. Les classes populaires risquent de se retrouver en première ligne non seulement des impacts du dérèglement climatique et des pollutions, mais aussi des effets de politiques de transition écologique construites sans elles. Une partie d’entre elles est dépendante des énergies fossiles par leur emploi, les modes de transport qui leur sont imposés, dans leur logement. Nous défendrons pied à pied une écologie protectrice du monde du travail, des classes populaires et des plus précaires, et qui dessine un avenir de transformation sociale.
Pour cela, il nous faut :
Le 11 février, l’Assemblée nationale débat de la pétition citoyenne qui a réuni 2 millions de signataires contre la loi Duplomb. Malgré cette mobilisation, le même sénateur, Laurent Duplomb, a déposé une nouvelle proposition de loi afin de réintroduire deux insecticides interdits en France, introduction que le Conseil Constitutionnel avait censurée dans la première loi en août dernier.
À l’inverse du renoncement à protéger notre santé que représente la loi Duplomb 1 ou la prochaine Duplomb 2 une proposition visant l’interdiction des pesticides sur les aires de captage d’eau potable sera examinée le 12 février.
Pour l’Alliance écologique et sociale, le Parlement doit répondre aux aspirations de la population et adopter des politiques qui permettent de s’affranchir à terme des pesticides. Nous voulons une écologie protectrice de notre santé, de nos emplois, qui améliore nos conditions de travail et d’existence.
Les pesticides sont une menace pour de nombreux travailleurs et travailleuses, que ce soit dans les entreprises qui les produisent, qui les transportent, dans le monde agricole, chez les fleuristes… Ils font aussi des ravages sur les habitant∙es qui vivent à proximité ou qui les consomment dans l’alimentation ou dans l’eau. Ils sont l’une des causes de l’épidémie de cancers, y compris pédiatriques, en cours. Enfin, l’usage de pesticides fait partie des activités humaines responsables de la sixième extinction de masse. Préserver la biodiversité, et notamment les insectes pollinisateurs, est une nécessité, en particulier pour notre survie alimentaire. La santé au travail, la santé publique, la santé environnementale, c’est le même combat !
Nous nous opposons à la volonté de l’Union européenne, à l’occasion de la loi Omnibus, d’autoriser de manière illimitée des produits dont la nocivité est avérée, tels le glyphosate ou l’acétamipride. Nous condamnons son double jeu : première région productrice et exportatrice de pesticides, elle exporte des molécules dont elle interdit pourtant l’épandage sur son territoire, pour ensuite importer les produits traités et créer une concurrence déloyale pour les agriculteurs et agricultrices en France. Nous nous opposons aux accords de libre-échange, comme celui entre l’UE et le Mercosur, qui nourrissent ce système.
L’Etat français a également une responsabilité historique. Le chlordécone, pesticide non biodégradable utilisé en Guadeloupe et en Martinique pour la culture de la banane, interdit en 1990 dans l’Hexagone et seulement 3 ans plus tard dans les Antilles, menace encore plus de 90 % de la population actuelle de ces départements. Cette substance très pathogène pour la santé humaine est présente dans les sols et la mer pour des siècles encore. Aucune réparation de la part du gouvernement français n’est pourtant envisagée.
Nous exigeons une autre agriculture, à rebours du modèle productiviste et concurrentiel imposé aujourd’hui, qui rend très difficile le non-recours aux pesticides. C’est le même modèle qui entretient la précarité dans le monde agricole et qui crée des conditions de travail indignes dans la production, la transformation, la distribution alimentaires. La loi Duplomb n’a apporté aucune solution aux difficultés du monde agricole, comme le démontrent les mobilisations actuelles.
Les entreprises qui fabriquent ou manipulent des pesticides doivent se reconvertir. Il faut financer la recherche d’alternatives. Enfin, une véritable rupture écologique ne peut se faire sans conquête de nouveaux droits, tels qu’un nouveau statut du salarié∙e basé sur une Sécurité sociale professionnelle : droits à la formation professionnelle attachés à la personne et plus à l’entreprise, continuité du salaire entre deux emplois, maintien des droits du ou de la salarié∙e tels que l’ancienneté et transférabilité de ces droits d’un emploi à l’autre.
Publié le 3 février 2026
Lundi 2 février, la cour d’appel de Poitiers a rendu son verdict suite à l’appel interjeté par 4 militants contre les mégabassines condamnés en première instance par le tribunal judiciaire de Niort suite aux manifestations de Saintes Soline (79) : COUPABLES !
Les peines ont été revues par la cour d’appel mais le plus important est que la justice considère nos camarades coupables d’avoir participé et organisé une manifestation interdite alors que la même justice a justement déclaré illégale la mégabassine qui était la cause de cette manifestation ! C’est donc le cas aussi pour Hervé Auguin, co-délégué de Solidaires 79, qui a vu sa peine alourdie par la cour d’appel, l’amende passant de 500 € à 800 €. Scandaleux.
L’acharnement judiciaire contre des militant-es qui défendent le commun qu’est l’eau et une autre agriculture respectueuse du vivant est inadmissible.
L’Union syndicale Solidaires apporte à nouveau tout son soutien à David, Hervé, Julien et Nicolas. Elle se réserve le droit de poursuivre la procédure devant les juridictions compétentes.
No Bassaran
Plus d’infos :
Paris, le 3 février 2025

Les syndicats et associations réunis dans le cadre de l’Alliance écologique et sociale (AES)* dénoncent la manipulation des annonces concernant le Fonds vert et rappellent que le budget actuel acte un recul scandaleux.
Dans le cadre des négociations autour du PLF 2026, Sébastien Lecornu a annoncé une augmentation de 200 millions d’euros du Fonds vert.
Si cette augmentation semble être une bonne nouvelle, elle est minime par rapport aux coupes colossales faites sur le Fonds vert ces deux dernières années : passé de 2,5 milliards en 2024 à 1,15 milliard en 2025, il atteindrait à peine les 850 millions d’euros cette année.
Les épisodes de canicule et de froid ne font que mettre en lumière la vétusté d’une grande partie des écoles et établissements scolaires publiques, où les températures peuvent aller de 8 à plus de 36 degrés :
Les travaux de rénovation n’avancent pas assez vite : à l’opposé des besoins, cette nouvelle baisse drastique du Fonds vert limiterait encore les fonds destinés à la rénovation énergétique des bâtiments scolaires.
L’Alliance écologique et sociale souligne l’urgence d’augmenter massivement les fonds destinés à la rénovation énergétique des bâtiments scolaires.
Dans son rapport “L’École bien dans ses murs” publié en septembre dernier, l’AES montrait qu’il faudrait a minima 5 milliards d’€ par an sur 10 ans fléchés vers la rénovation des établissements scolaires.
Le rapport soulignait que la dégradation des bâtiments scolaires renforce les injustices scolaires, sociales et territoriales, tout en dégradant la santé et les conditions de travail des élèves et du personnel de l’établissement.
C’est pourquoi, ne pas abonder le Fonds vert à la hauteur des enjeux, c’est envoyer un mauvais signal aux personnels de l’Éducation nationale et aux élèves qui doivent pouvoir travailler et étudier dans des conditions dignes.
Au lieu de couper encore plus le budget du Fonds vert par rapport à l’année dernière, les organisations de l’Alliance écologique et sociale demandent de rehausser de manière significative l’enveloppe de ce dispositif pour atteindre 5 milliards d’€ pour la rénovation des écoles.
*La FSU, Sud Education, la CGT Educ’Action, Greenpeace France, Oxfam France, Les Amis de la Terre France, la Confédération paysanne et Attac
Le discours qui accompagne le déploiement de systèmes d’IA dans nos entreprises repose largement sur les bénéfices supposés pour les travailleurs et travailleuses. Gain de temps et suppression des tâches répétitives, sans valeur ajoutée. Dans les métiers de la banque, de l’assurance et de l’assistance comme dans toutes les professions, il existe des tâches rébarbatives, c’est un fait. Alors, quand le ou la patron·ne propose qu’une IA s’en charge à notre place, on peut être tenté·e ! En réalité, cela dissimule surtout une intensification du travail. Dans nos secteurs, on ne connaît pas de patron·nes qui cherchent à “soulager” les travailleur·euses. En revanche, on connaît bien celles et ceux qui sont engagé·es dans la course au toujours plus !
De plus, l’IA n’est pas totalement autonome et l’on demande aux salarié·es de contrôler son travail. C’est le cas, par exemple pour les outils de rédaction de mails aux client·es, ou les IA qui génèrent des plannings: il faut vérifier, corriger, reprendre ce qui a été produit. Cette charge de travail supplémentaire est largement invisibilisée. Elle pose aussi la question de la responsabilité. ! Si un mail généré par une IA, relu par un·e salarié·e, comporte des erreurs, ce qui n’est pas rare, qui en est responsable ? On n’a pas encore vu une IA sanctionnée ou passer en entretien préalable…
Un mail généré à notre place, des préconisations et argumentations construites par un logiciel, des dossiers analysés par la machine… Le développement de systèmes d’IA dans nos métiers s’accompagne d’une perte de sens majeure. A terme, les travailleur·euses ne serviraient plus qu’à réciter ce que l’IA aurait décidé ! Là encore, se pose la question de la responsabilité.
L’introduction de l’IA exacerbe également la surveillance des salarié·es, avec le développement du management algorithmique. Ils dictent la façon de travailler, l’ordre des tâches, le temps accordé pour les exécuter… Tout est enregistré en temps réel ! S’y ajoutent des systèmes d’évaluation permanente, notamment dans les centres d’appel. Des IA analysent l’ensemble des appels : respect de la trame, intonation de la voix, utilisation de certains mots… les salarié·es sont scruté·es en permanence, sans tenir compte du contexte, des appels précédents ou de l’état de la personne. Les écoutes ne servent désormais plus qu’à contrôler, voire sanctionner !
Une entreprise comme Orange a quantifié le temps passé par les téléconseiller·es à rechercher une réponse juste à apporter aux client·es. Selon l’opérateur, c’est 30% du temps de l’appel qu’il espère « gagner » en remplaçant les salarié·es par des IA ! Et peu importe la qualité de la réponse qui sera finalement apportée… On peut parier sans trop de risque que cette réflexion soit partagée par de nombreux-ses patron·nes !
L’IA entraîne également l’apparition de nouvelles tâches chronophages et sans intérêt, une dépendance accrue aux outils informatiques : gare à la panne ou à la cyber attaque ! Ainsi que l’abandon de certaines missions. L’IA engendre la perte de savoir-faire professionnels et de technicité.
Cette technologie constitue une véritable épée de damoclès au-dessus de nos emplois. Une étude récente montre que près de 10 % des emplois du secteur bancaire en Europe sont menacés d’ici à 2030, soit 200 000 postes. Quand on sait que la majorité des projets intégrant de l’IA se mettent en place sans information des travailleur·euses et ni de leurs représentant·es, il y a de quoi s’inquiéter !
Désormais, lorsqu’un employeur annonce le déploiement d’un nouveau logiciel ou une mise à jour, il y a fort à parier qu’il intègre de l’IA… sans que cela soit clairement annoncé ! Et même lorsque c’est clairement indiqué, le flou demeure, notamment sur l’utilisation des données. Prenons l’exemple d’un logiciel d’écoute et d’analyse d’appels: qui peut dire où sont stockées les données échangées, lesquelles sont utilisées et dans quel but ? Le fonctionnement interne de l’IA reste opaque pour celleux qui les utilisent, directement ou indirectement. C’est ce qu’on appelle l’effet de boîte noire. Dans nos métiers, ce sont autant les données des client·es que celles des salarié.es qui sont aspirées par les IA,notamment via les outils de ressources humaines, souvent à l’insu de toutes et tous. Il n’est pas rare que les employeurs proposent (ou imposent !) aux travailleur·euses d’utiliser les AI intégrées à certains logiciels, comme ceux de Microsoft ou Google. Là encore, se posent les questions de la transparence et de la confidentialité ! En utilisant ces IA, les salarié.es fournissent en outre un travail gratuit pour les entraîner et accroître les profits de multinationales aussi puissantes que des Etats.
Impact sur nos emplois, nos conditions de travail, nos données et sur l’environnement… Solidaires soutient une position technocritique : ni technophobe par principe, ni techno-solutionniste. Autrement dit : nous considérons qu’aucune technique ne peut constituer une réponse miracle aux crises sociales et environnementales engendrées par le capitalisme. A fortiori une technologie aussi vorace en eau, en énergie et en métaux rares que l’IA et qui aggrave les inégalités sociales et les oppressions systémiques.
Dans les métiers de la banque, de l’assurance et de l’ assistance, les structures membres de l’Union syndicale Solidaires sont aux côtés des salarié·es pour :
Lutter contre le déploiement capitaliste de ces outils ne se fera pas sans prise de conscience des enjeux de domination, de recherche du profit au mépris des conditions de travail, d’ultra-surveillance des populations, de destruction environnementale, de remise en cause de l’objectif 0 carbone et du réchauffement climatique, de la réduction des libertés publiques. Aussi, et de toutes les façons possibles, y compris par la grève, nos syndicats, aux côtés des salarié·e, continueront à se mobiliser.
14 janvier 2026, à partir de 19 h 30 au local de Solidaires, 31, rue de la Grange aux belles, 75010 Paris


L’Alliance écologique et sociale exprime son soutien à la mobilisation des paysan∙nes dans un contexte de cristallisation des colères contre la gestion de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse bovine. La brutalité avec laquelle est menée la politique sanitaire du gouvernement, sans concertation ni construction commune avec les éleveurs et les éleveuses, sans suffisamment accompagner ces dernier∙es face aux pertes subies, est d’une grande violence. Elle met également en danger les agent∙es du ministère de l’Agriculture en première ligne pour la mettre en œuvre, et qui sont pris∙es pour cible de façon inacceptable.
L’Alliance écologique et sociale exige :
Ce qui est en jeu dans cette crise n’est pas le respect ou non de normes sanitaires, nous réaffirmons que l’existence de ces normes est d’intérêt général. Mais nous dénonçons le fait que, dans le cas présent, le protocole alternatif pour éviter l’abattage systématique, soutenu notamment par la Confédération Paysanne, a été d’abord balayé d’un revers de la main par le gouvernement avant de faire l’objet de l’annonce d’un groupe de travail bien tardif et sans que soit levé le premier protocole. Ce protocole alternatif s’appuie sur la vaccination, qui permet l’abattage sélectif, et sur la surveillance renforcée du troupeau.
Or les 350 000 premières doses vaccinales proviennent de stocks européens d’urgence issus d’un laboratoire sud-africain. Depuis, ils sont commandés à flux tendu à un laboratoire du groupe Merck aux Pays-Bas. Un enjeu de souveraineté se pose sur la capacité de maîtriser la production des doses suffisantes en cas de propagation et de vaccination élargie en alternative à l’abattage total. Cela interroge également sur l’anticipation nécessaire pour gérer les futures épidémies qui se multiplient, dans l’intérêt de préserver les capacités productrices nécessaires à la souveraineté alimentaire de la France.
Pour le gouvernement et les dirigeants de la FNSEA, c’est en réalité de la préservation du modèle basé sur le libre échange qu’il s’agit principalement en s’accrochant à ce dispositif. Car pour préserver les intérêts de ce modèle, la France doit donner des gages qui passent par une application sans discernement des procédures d’abattage. En effet, le principal frein à la vaccination réside dans le fait qu’un territoire où la vaccination est mise en œuvre n’est plus considéré comme indemne ce qui ralentit le commerce. C’est le même modèle agricole qui pèse sur le dérèglement climatique, que subit en retour le monde agricole.
Pour les paysan∙nes, en plus de la perte du troupeau, l’abattage systématique anéantit leur travail et altère fortement les perspectives de poursuite de leur activité. Au-delà des exploitations directement touchées, la crise met au jour un sentiment que le monde paysan tout entier est à nouveau méprisé, que son travail n’a de valeur que lorsqu’il se fait sur le mode de la grande agriculture industrielle exportatrice.
Par ailleurs, cette crise intervient dans un contexte de démultiplication d’épizooties dont l’émergence et l’expansion sont largement provoquées par des ravages environnementaux qui font tomber une à une les barrières écologiques qui constituent des freins à de telles pathologies. La crise actuelle rappelle donc aussi l’urgence de la bifurcation globale de l’économie.
Nous nous tenons aujourd’hui aux côtés des paysan∙nes qui se battent avec la Confédération paysanne. Cette crise doit être l’occasion de repenser résolument le modèle agricole dans le sens de l’agroécologie paysanne.
Bien que largement documentées et reprises dans de nombreux documents officiels y compris d’organisations internationales comme l’ONU, les violences policières restent niées par Macron et ses gouvernements.Tout juste admettent-ils de manière occasionnelle des comportements individuels inappropriés. Pourtant on ne compte plus le nombre de manifestations, rassemblements, actions pacifiques où les forces de l’ordre ont fait un usage totalement disproportionné des armes à leur disposition.
De Geneviève Leguay à Seb Noris, notre camarade de SUD Rail éborgné lors d’une manifestation retraites de 2023, ou plus récemment à Toulouse lors d’un rassemblement pour Gaza, les exemples foisonnent d’un système de violences policières mis en place et couvert par les pouvoirs publics. Ils discréditent même les victimes. Des violences et des pratiques bien connues des quartiers populaires et des Gilets jaunes. Tout cela dans le but d’empêcher la contestation des politiques de destruction sociale mises en place par les différents gouvernements depuis plus d’une décennie.
Une lumière crue sur une réalité niée bien que massive
Les vidéos mises en ligne par Libération et Médiapart au sujet des événements graves qui se sont déroulés lors de la manifestation de mars 2023 à Sainte Soline jettent une lumière crue sur la réalité des violences commises par les gendarmes qui ont été mobilisés à cette occasion. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les violences tant physiques que verbales sont l’œuvre de compagnies entières de gendarmes mobiles avec la complicité et même l’incitation de leur hiérarchie. Un concentré de tout ce que l’Union syndicale Solidaires dénonce sans relâche depuis de nombreuses années.
Tirs tendus de LBD et de grenades (formellement prohibés) y compris sur une foule totalement pacifique ainsi que vers des journalistes visés en tant que tels, tirs de gaz lacrymogènes dans les espaces où sont regroupés les blessé·es, entraves à leur évacuation vers des hôpitaux alors que plusieurs manifestant·es étaient dans un état critique, réactions satisfaites d’avoir blessé (en « pleine tête » ou « dans les couilles ») gravement l’« adversaire », insultes incessantes et blagues sexistes et homophobes pouvant aller jusqu’à des menaces de mort prononcées contre les manifestant·es (« t’en crève 2, 3, ca calme les autres »), incitation à l’usage d’armes prohibées comme des famas pour tuer des manifestant·es, c’est tout le registre de la haine et du pire qui a été mobilisé par la gendarmerie mobile filmée même en connaissance de cause, tout cela pour défendre une mega bassine vide qui sera par la suite déclarée illégale…
Police partout mais justice nulle part ?
Ces vidéos (et sans doute d’autres) ont été remises entre les mains de l’IGGN, soit l’inspection générale de la gendarmerie nationale censée réprimer les infractions aux règles présidant en l’occurrence au maintien de l’ordre. Pourtant bien peu de choses ont été consignées sur procès verbal encore moins transmises à la justice laissant croire à une totale impunité de ceux qui ont commis l’inacceptable. Jamais ceux-ci n’ont été inquiétés ni même confrontés à leurs pratiques et propos innommables. Du reste, alors qu’ils en avaient l’obligation, certaines compagnies n’ont même pas transmis les vidéos de leurs interventions. Sans visiblement gêner personne…
Face aux violences policières nous ne lâcherons rien !
Nous n’oublions pas non plus qu’il y a eu de nombreux·euses blessé·es et y compris deux personnes dans le coma, et des secours qui ont nettement tardé.
L’aspect systémique des violences policières commises ne peut donc plus être nié tant il est une nouvelle fois crûment et magistralement démontré. Face au scandale, le ministre Nunez s’est cru ainsi obligé de diligenter une enquête au sein du ministère de l’Intérieur. Au-delà de l’enquête indispensable pour établir les faits et les responsabilités de ces actes inadmissibles, il est indispensable que ces responsabilités soient sanctionnées avec toute la sévérité nécessaire pour qu’elles ne se reproduisent plus. La responsabilité notamment du ou des ministres qui ont incité ou même couvert ces pratiques est clairement en jeu et doit aboutir à leur mise en cause. Il est à ce titre indispensable que soit mis fin à ces politiques qui portent atteinte de manière extrêmement grave aux droits démocratiques fondamentaux d’une population venue simplement exprimer son désaccord des politiques en l’occurrence productivistes qui accaparent l’eau, bien commun, et détruisent la planète.
L’Union syndicale Solidaires exige en outre que soit mis fin aux poursuites engagées contre les militant·es injustement mis en cause dans les affrontements de Sainte Soline alors que la responsabilité des violences incombe de manière indiscutable aux forces de l’ordre.
La justice sociale et environnementale est le seul véritable antidote aux révoltes sociales et écologiques.
Toutes et tous à la Cour d’Appel de Poitiers le 3 décembre pour défendre nos camarades injustement condamné·es !
Paris, le 6 novembre 2025