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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Écologie

Solidaires rejoint les mobilisations pour le climat, la paix et les solidarités du 26 septembre

L’Union syndicale Solidaires rejoint l’appel, initié au cœur de l’été, à des mobilisations pour le climat, la paix et les solidarités le samedi 26 septembre. Elle continuera de travailler avec ses alliés pour l’élargir au plus grand nombre. 

Méga-feux, canicules et sécheresses font vivre un été infernal à la population, au monde du travail, aux plus précaires. 220 000 personnes ont été évacuées face aux incendies. Certaines d’entre elles ont tout perdu. D’autres ont inhalé des fumées toxiques et des résidus de pesticides utilisés sur les pins. Habitant∙es de bouilloires thermiques, usager∙es et personnel des écoles, des hôpitaux, des Ehpads subissent les canicules et plus encore l’absence de plan d’ampleur pour rénover les bâtiments publics comme privés. Les salarié∙es les plus exposé∙es aux fortes chaleurs sont confronté∙es à des risques importants pour leur santé, pouvant aller jusqu’à la mort, et à des accidents du travail qui peuvent survenir plus facilement en raison de la fatigue, sans adaptation du monde du travail. Le monde agricole alerte sur le nombre de fermes qui pourraient disparaître et sur les menaces qui pèsent sur notre souveraineté alimentaire. Partout, les agent∙es des services publics, pompiers, soignant∙es, agent∙es de l’Office national des Forêts, prévisionnistes de Météo France sont en première ligne pour gérer la crise, avec une insuffisance criante de moyens sur laquelle ils et elles alertent depuis des années.

Tou∙tes auraient pu céder à la sidération. Au contraire, de toutes parts se construisent des mobilisations. Ce sont d’abord les solidarités concrètes qui ont permis aux pompiers et aux personnes évacuées de tenir. C’est ensuite l’intersyndicale des agent∙es des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) qui a construit une mobilisation inédite qui devrait déboucher sur la colonne de renfort de la colère, convergeant à partir du 26 septembre place de la République à Paris. C’est enfin l’appel à des marches dans tous les territoires le 26 septembre pour exiger un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation du réchauffement climatique, sans attendre un été de plus. 

Pour Solidaires, la réussite de ces mobilisations dépend des alliances larges que nous saurons construire, et suppose la participation massive des travailleurs et des travailleuses du pays. Pointons les véritables responsables de cette crise : les gouvernements qui n’ont pas initié de politiques climatiques sérieuses, les patrons de l’industrie fossile et de l’agro-business. Imposons des mesures qui protègent le monde du travail et les plus précaires sans leur faire payer les coûts de la crise climatique et des reconversions à venir.

Le 26 septembre ne sera pas une date isolée. Les agent∙es des services publics seront un levier central des transformations colossales qui s’imposent, et seront en grève le 29 septembre, jour de mobilisation de la Fonction publique.

Préparons un automne sans concessions !

Pour rejoindre les mobilisations du 26 septembre : 26septembre.org.

Retrouvez notre dossier complet sur l’adaptation du droit du travail à la crise climatique.

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Écologie Rail Transport

Nous construisons des alliances pour nos emplois et le service public ferroviaire

Publié le 19 mai 2026 par SUD Rail

Depuis son dernier congrès, la fédération SUD-Rail a fait le choix de construire des alliances avec des associations environnementales pour renforcer nos revendications dans notre secteur et défendre ensemble une vision profondément sociale et environnementale de notre société. C’est dans ce cadre que nous participons activement aux campagnes de l’Alliance Ecologique et Sociale : des combats basés sur des actions concrètes, collectives et ancrées dans la réalité des luttes. Avec de nombreux collectifs, nous revendiquons que le transport ferroviaire soit au cœur des politiques publiques de transport et constitue une réponse indispensable à l’urgence climatique, sociale et territoriale.

La fédération SUD-Rail appelle les cheminotes et cheminots à participer massivement aux actions locales. En se mobilisant à côté des citoyennes et citoyens, nous défendrons également nos emplois dans les gares, les trains, les postes d’aiguillage … sur nos territoires. A quelques jours de la grève unitaire du 10 juin, et pendant qu’une loi sur le financement des transports est en débat au Parlement, nous devons imposer d’autres choix politiques : investir dans le rail plutôt que dans les grands projets routiers inutiles et polluants en renforçant ces luttes locales. La direction SNCF et les pouvoirs publics ont peur d’un front commun : cheminots et usagers ! C’est justement cette convergence des luttes qui peut permettre de gagner sur nos revendications et d’imposer un véritable développement du service public ferroviaire.

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Écologie

Printemps des luttes locales – Campagne contre l’artificialisation des sols du 23 au 26 mai

L’Union syndicale Solidaires rejoint le printemps des luttes locales, une campagne contre l’artificialisation des sols du 23 au 26 mai initiée par Terres de Luttes.


👏📆 À l’appel de plusieurs organisations nationales, associations, collectifs, du 23 au 26 mai auront lieu plusieurs journées d’actions décentralisées contre l’artificialisation des sols et la confiscation de nos territoires pour des intérêts privés. Mobilisons-nous à travers la France via nos unions départementales et locales pour que toutes nos luttes puissent faire entendre leur opposition et qu’à l’échelon national il ne soit plus possible d’ignorer la voix de toutes celleux qui veulent reprendre la main sur leurs territoires ! Chaque lutte locale qui comporte une dimension de refus de l’artificialisation des sols est invitée à rejoindre la campagne sur ses propres mots d’ordre.

📣👉 L’appel est à retrouver ici.

Alors que l’artificialisation des sols croit partout et que les projets destructeurs continuent de se multiplier à travers la France, notre résistance elle aussi est toujours plus grande ! Il existe aujourd’hui plus de 600 collectifs en lutte partout sur le territoire contre les projets imposés et polluants✊.

🚧 Ces journées seront l’occasion de visibiliser la gravité de la destruction des espaces naturels et agricoles en France, de faire parler de nos luttes, de se donner de la force ensemble, mais aussi de mettre un coup de pression aux nouveaux élus locaux tout juste arrivés pour leur signifier qu’on ne laissera pas faire ces nouveaux projets. La pression semble déjà fonctionner puisque l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) s’inquiète dans un communiqué datant du 29 mars du printemps des luttes locales, qui risque de « bloquer, occuper, voire perturber des sites industriels ». Maintenons et augmentons la pression !

⚒️ Une cartographie sera mise en place pour nos/vos actions, et d’ici mai des formations antirep, action et com, seront visibles sur le site du printemps des luttes locales juste ici.

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Écologie

Communiqué de l’Alliance écologique et sociale – Vers le 1er mai, point de départ d’un cycle de conquêtes sociales

Communiqué à retrouver sur le site de l’Alliance écologique et sociale.

La séquence des municipales se clôt, et leurs résultats auront des effets importants sur nos vies. Nous saluons la combativité des militant∙es associatifs, syndicaux, politiques qui ont rendu possible la victoire de listes progressistes dans de nombreuses villes. Cependant, de nombreuses villes sont passées ou restées à l’extrême droite. Dans ces communes, nous appelons nos structures à s’organiser pour défendre les populations les plus vulnérables face à ses attaques. L’extrême droite est l’ennemie des travailleurs et des travailleuses, de l’écologie, de la démocratie.

Nos mobilisations portent leurs fruits : le travail d’enquête, de sensibilisation et de revendication sur la rénovation écologique du bâti scolaire, déjà amorcé par l’intersyndicale des personnels de l’éducation, en a fait un thème incontournable des projets des listes progressistes.

D’ores et déjà nous nous mettons en ordre de bataille pour remettre les luttes sociales et environnementales au cœur du débat public, et pour établir une fiscalité socialement juste et écologique, qui répartisse les richesses en mettant à contribution les plus riches et les grandes entreprises. Nos organisations appellent à se mobiliser massivement lors des manifestations du 1er mai. Des mesures d’urgence sont nécessaires pour répondre à la crise sociale et environnementale. Les problèmes rencontrés au travail, pour l’accès à la santé et aux services publics, doivent être la boussole des décisions politiques et le centre des débats lors des échéances électorales à venir. Les classes populaires risquent de se retrouver en première ligne non seulement des impacts du dérèglement climatique et des pollutions, mais aussi des effets de politiques de transition écologique construites sans elles. Une partie d’entre elles est dépendante des énergies fossiles par leur emploi, les modes de transport qui leur sont imposés, dans leur logement. Nous défendrons pied à pied une écologie protectrice du monde du travail, des classes populaires et des plus précaires, et qui dessine un avenir de transformation sociale.

Pour cela, il nous faut :

  1. De nouveaux droits pour les salarié∙es des entreprises conduites à se reconvertir : un nouveau statut du salarié∙e basé sur une Sécurité sociale professionnelle. Il faut des droits à la formation professionnelle, la continuité du salaire entre deux emplois, le maintien des droits du salarié∙e tels que l’ancienneté et leur transférabilité d’un emploi à l’autre, pour leur éviter de passer par la case chômage et leur garantir une amélioration de leurs conditions de travail et de vie.
  2. Des services publics de qualité et de proximité, accessibles à moins d’une demi-heure en transports : maison médicale, poste, école… ce qui impose un plan de développement massif et d’extension des services publics accessibles à tou·tes.
  3. Une politique des transports qui ne contraigne personne à subir les coûts de la voiture individuelle thermique. Cela passe par le report des investissements publics consacrés à des projets routiers (entre 13 et 20 milliards d’euros) vers le système ferroviaire (voyageurs∙euses et marchandises), notamment les lignes de desserte fine du territoire, et les transports en commun.
  4. Des politiques qui permettent de s’affranchir des pesticides, en protégeant le revenu et l’emploi des paysan∙nes, des salarié∙es agricoles et de tou∙tes les travailleurs et travailleuses de la filière.
  5. L’accès et le droit au logement de qualité pour toutes et tous.

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Écologie

Communiqué de l’Alliance écologique et sociale : Pesticides hors de nos vies, hors de nos lieux de travail

Le 11 février, l’Assemblée nationale débat de la pétition citoyenne qui a réuni 2 millions de signataires contre la loi Duplomb. Malgré cette mobilisation, le même sénateur, Laurent Duplomb, a déposé une nouvelle proposition de loi afin de réintroduire deux insecticides interdits en France, introduction que le Conseil Constitutionnel avait censurée dans la première loi en août dernier.

À l’inverse du renoncement à protéger notre santé que représente la loi Duplomb 1 ou la prochaine Duplomb 2 une proposition visant l’interdiction des pesticides sur les aires de captage d’eau potable sera examinée le 12 février.

Pour l’Alliance écologique et sociale, le Parlement doit répondre aux aspirations de la population et adopter des politiques qui permettent de s’affranchir à terme des pesticides. Nous voulons une écologie protectrice de notre santé, de nos emplois, qui améliore nos conditions de travail et d’existence.

Les pesticides sont une menace pour de nombreux travailleurs et travailleuses, que ce soit dans les entreprises qui les produisent, qui les transportent, dans le monde agricole, chez les fleuristes… Ils font aussi des ravages sur les habitant∙es qui vivent à proximité ou qui les consomment dans l’alimentation ou dans l’eau. Ils sont l’une des causes de l’épidémie de cancers, y compris pédiatriques, en cours. Enfin, l’usage de pesticides fait partie des activités humaines responsables de la sixième extinction de masse. Préserver la biodiversité, et notamment les insectes pollinisateurs, est une nécessité, en particulier pour notre survie alimentaire. La santé au travail, la santé publique, la santé environnementale, c’est le même combat !

Nous nous opposons à la volonté de l’Union européenne, à l’occasion de la loi Omnibus, d’autoriser de manière illimitée des produits dont la nocivité est avérée, tels le glyphosate ou l’acétamipride. Nous condamnons son double jeu : première région productrice et exportatrice de pesticides, elle exporte des molécules dont elle interdit pourtant l’épandage sur son territoire, pour ensuite importer les produits traités et créer une concurrence déloyale pour les agriculteurs et agricultrices en France. Nous nous opposons aux accords de libre-échange, comme celui entre l’UE et le Mercosur, qui nourrissent ce système.

L’Etat français a également une responsabilité historique. Le chlordécone, pesticide non biodégradable utilisé en Guadeloupe et en Martinique pour la culture de la banane, interdit en 1990 dans l’Hexagone et seulement 3 ans plus tard dans les Antilles, menace encore plus de 90 % de la population actuelle de ces départements. Cette substance très pathogène pour la santé humaine est présente dans les sols et la mer pour des siècles encore. Aucune réparation de la part du gouvernement français n’est pourtant envisagée.

Nous exigeons une autre agriculture, à rebours du modèle productiviste et concurrentiel imposé aujourd’hui, qui rend très difficile le non-recours aux pesticides. C’est le même modèle qui entretient la précarité dans le monde agricole et qui crée des conditions de travail indignes dans la production, la transformation, la distribution alimentaires. La loi Duplomb n’a apporté aucune solution aux difficultés du monde agricole, comme le démontrent les mobilisations actuelles.

Les entreprises qui fabriquent ou manipulent des pesticides doivent se reconvertir. Il faut financer la recherche d’alternatives. Enfin, une véritable rupture écologique ne peut se faire sans conquête de nouveaux droits, tels qu’un nouveau statut du salarié∙e basé sur une Sécurité sociale professionnelle : droits à la formation professionnelle attachés à la personne et plus à l’entreprise, continuité du salaire entre deux emplois, maintien des droits du ou de la salarié∙e tels que l’ancienneté et transférabilité de ces droits d’un emploi à l’autre.

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Écologie Répression

Procès des anti-bassines : Solidaires dénonce la confirmation des condamnations en appel

Publié le 3 février 2026

Lundi 2 février, la cour d’appel de Poitiers a rendu son verdict suite à l’appel interjeté par 4 militants contre les mégabassines condamnés en première instance par le tribunal judiciaire de Niort suite aux manifestations de Saintes Soline (79) : COUPABLES !

Les peines ont été revues par la cour d’appel mais le plus important est que la justice considère nos camarades coupables d’avoir participé et organisé une manifestation interdite alors que la même justice a justement déclaré illégale la mégabassine qui était la cause de cette manifestation ! C’est donc le cas aussi pour Hervé Auguin, co-délégué de Solidaires 79, qui a vu sa peine alourdie par la cour d’appel, l’amende passant de 500 € à 800 €. Scandaleux.

L’acharnement judiciaire contre des militant-es qui défendent le commun qu’est l’eau et une autre agriculture respectueuse du vivant est inadmissible.

L’Union syndicale Solidaires apporte à nouveau tout son soutien à David, Hervé, Julien et Nicolas. Elle se réserve le droit de poursuivre la procédure devant les juridictions compétentes.

No Bassaran

Plus d’infos :

https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/communiques/repression-de-mouvement-anti-bassines/

Paris, le 3 février 2025


Ci-dessous, le dernier podcast de voies syndicales enregistré lors du rassemblement de soutien à Hervé, Julien, Nicolas et David.

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Écologie Éducation

Alliance écologique et sociale – Budget : toujours pas assez d’investissements dans la rénovation des écoles

Les syndicats et associations réunis dans le cadre de l’Alliance écologique et sociale (AES)* dénoncent la manipulation des annonces concernant le Fonds vert et rappellent que le budget actuel acte un recul scandaleux.

Dans le cadre des négociations autour du PLF 2026, Sébastien Lecornu a annoncé une augmentation de 200 millions d’euros du Fonds vert.
Si cette augmentation semble être une bonne nouvelle, elle est minime par rapport aux coupes colossales faites sur le Fonds vert ces deux dernières années : passé de 2,5 milliards en 2024 à 1,15 milliard en 2025, il atteindrait à peine les 850 millions d’euros cette année.

Les épisodes de canicule et de froid ne font que mettre en lumière la vétusté d’une grande partie des écoles et établissements scolaires publiques, où les températures peuvent aller de 8 à plus de 36 degrés :

  • 86% des établissements scolaires devraient être rénovés
  • au moins 10% présenteraient un état de vétusté important
  • 43 % des établissements ne disposent même pas de volets pour protéger les élèves de la chaleur l’été

Les travaux de rénovation n’avancent pas assez vite : à l’opposé des besoins, cette nouvelle baisse drastique du Fonds vert limiterait encore les fonds destinés à la rénovation énergétique des bâtiments scolaires.

L’Alliance écologique et sociale souligne l’urgence d’augmenter massivement les fonds destinés à la rénovation énergétique des bâtiments scolaires.

Dans son rapport L’École bien dans ses murs” publié en septembre dernier, l’AES montrait qu’il faudrait a minima 5 milliards d’€ par an sur 10 ans fléchés vers la rénovation des établissements scolaires.

Le rapport soulignait que la dégradation des bâtiments scolaires renforce les injustices scolaires, sociales et territoriales, tout en dégradant la santé et les conditions de travail des élèves et du personnel de l’établissement.

C’est pourquoi, ne pas abonder le Fonds vert à la hauteur des enjeux, c’est envoyer un mauvais signal aux personnels de l’Éducation nationale et aux élèves qui doivent pouvoir travailler et étudier dans des conditions dignes.

Au lieu de couper encore plus le budget du Fonds vert par rapport à l’année dernière, les organisations de l’Alliance écologique et sociale demandent de rehausser de manière significative l’enveloppe de ce dispositif pour atteindre 5 milliards d’€ pour la rénovation des écoles.

*La FSU, Sud Education, la CGT Educ’Action, Greenpeace France, Oxfam France, Les Amis de la Terre France, la Confédération paysanne et Attac 

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Banques - Assurances Conditions de travail Écologie Informatique

L’IA dans la banque, l’assurance et l’assistance : à qui profite-t-elle vraiment ?

L’intelligence artificielle percute de plein fouet nos vies, nos métiers et nos conditions de travail. Dans la bouche des gouvernements et des patrons, elle serait le remède à tout ! Les secteurs de la banque, de l’assurance et de l’assistance sont loin d’être épargnés. Toutes les entreprises de ces secteurs se sont lancées dans une course folle à son développement, au mépris de nos emplois et de nos conditions de travail. On vous propose de décrypter l’IA et ses conséquences.

L’IA, c’est un gain de temps… ou pas !

Le discours qui accompagne le déploiement de systèmes d’IA dans nos entreprises repose largement sur les bénéfices supposés pour les travailleurs et travailleuses. Gain de temps et suppression des tâches répétitives, sans valeur ajoutée. Dans les métiers de la banque, de l’assurance et de l’assistance comme dans toutes les professions, il existe des tâches rébarbatives, c’est un fait. Alors, quand le ou la patron·ne propose qu’une IA s’en charge à notre place, on peut être tenté·e ! En réalité, cela dissimule surtout une intensification du travail. Dans nos secteurs, on ne connaît pas de patron·nes qui cherchent à “soulager” les travailleur·euses. En revanche, on connaît bien celles et ceux qui sont engagé·es dans la course au toujours plus !

De plus, l’IA n’est pas totalement autonome et l’on demande aux salarié·es de contrôler son travail. C’est le cas, par exemple pour les outils de rédaction de mails aux client·es, ou les IA qui génèrent des plannings: il faut vérifier, corriger, reprendre ce qui a été produit. Cette charge de travail supplémentaire est largement invisibilisée. Elle pose aussi la question de la responsabilité. ! Si un mail généré par une IA, relu par un·e salarié·e, comporte des erreurs, ce qui n’est pas rare, qui en est responsable ? On n’a pas encore vu une IA sanctionnée ou passer en entretien préalable…

Quelles conséquences pour les emplois et les conditions de travail ?

Un mail généré à notre place, des préconisations et argumentations construites par un logiciel, des dossiers analysés par la machine… Le développement de systèmes d’IA dans nos métiers s’accompagne d’une perte de sens majeure. A terme, les travailleur·euses ne serviraient plus qu’à réciter ce que l’IA aurait décidé ! Là encore, se pose la question de la responsabilité.

L’introduction de l’IA exacerbe également la surveillance des salarié·es, avec le développement du management algorithmique. Ils dictent la façon de travailler, l’ordre des tâches, le temps accordé pour les exécuter… Tout est enregistré en temps réel ! S’y ajoutent des systèmes d’évaluation permanente, notamment dans les centres d’appel. Des IA analysent l’ensemble des appels : respect de la trame, intonation de la voix, utilisation de certains mots… les salarié·es sont scruté·es en permanence, sans tenir compte du contexte, des appels précédents ou de l’état de la personne. Les écoutes ne servent désormais plus qu’à contrôler, voire sanctionner !

Une entreprise comme Orange a quantifié le temps passé par les téléconseiller·es à rechercher une réponse juste à apporter aux client·es. Selon l’opérateur, c’est 30% du temps de l’appel qu’il espère « gagner » en remplaçant les salarié·es par des IA ! Et peu importe la qualité de la réponse qui sera finalement apportée… On peut parier sans trop de risque que cette réflexion soit partagée par de nombreux-ses patron·nes !

L’IA entraîne également l’apparition de nouvelles tâches chronophages et sans intérêt, une dépendance accrue aux outils informatiques : gare à la panne ou à la cyber attaque ! Ainsi que l’abandon de certaines missions. L’IA engendre la perte de savoir-faire professionnels et de technicité.

Cette technologie constitue une véritable épée de damoclès au-dessus de nos emplois. Une étude récente montre que près de 10 % des emplois du secteur bancaire en Europe sont menacés d’ici à 2030, soit 200 000 postes. Quand on sait que la majorité des projets intégrant de l’IA se mettent en place sans information des travailleur·euses et ni de leurs représentant·es, il y a de quoi s’inquiéter !

Et où vont les données ?

Désormais, lorsqu’un employeur annonce le déploiement d’un nouveau logiciel ou une mise à jour, il y a fort à parier qu’il intègre de l’IA… sans que cela soit clairement annoncé ! Et même lorsque c’est clairement indiqué, le flou demeure, notamment sur l’utilisation des données. Prenons l’exemple d’un logiciel d’écoute et d’analyse d’appels: qui peut dire où sont stockées les données échangées, lesquelles sont utilisées et dans quel but ? Le fonctionnement interne de l’IA reste opaque pour celleux qui les utilisent, directement ou indirectement. C’est ce qu’on appelle l’effet de boîte noire. Dans nos métiers, ce sont autant les données des client·es que celles des salarié.es qui sont aspirées par les IA,notamment via les outils de ressources humaines, souvent à l’insu de toutes et tous. Il n’est pas rare que les employeurs proposent (ou imposent !) aux travailleur·euses d’utiliser les AI intégrées à certains logiciels, comme ceux de Microsoft ou Google. Là encore, se posent les questions de la transparence et de la confidentialité ! En utilisant ces IA, les salarié.es fournissent en outre un travail gratuit pour les entraîner et accroître les profits de multinationales aussi puissantes que des Etats.

On peut agir face à l’IA !

Impact sur nos emplois, nos conditions de travail, nos données et sur l’environnement… Solidaires soutient une position technocritique : ni technophobe par principe, ni techno-solutionniste. Autrement dit : nous considérons qu’aucune technique ne peut constituer une réponse miracle aux crises sociales et environnementales engendrées par le capitalisme. A fortiori une technologie aussi vorace en eau, en énergie et en métaux rares que l’IA et qui aggrave les inégalités sociales et les oppressions systémiques.

Dans les métiers de la banque, de l’assurance et de l’ assistance, les structures membres de l’Union syndicale Solidaires sont aux côtés des salarié·es pour :

  • lutter contre le déploiement imposé aux travailleur·euses
  • contraindre les employeurs à informer et consulter le personnel et ses représentant·es
  • exiger que toute introduction d’IA fasse l’objet d’expertises et d’évaluations des risques professionnels, notamment sur la santé.

Nous continuerons à combattre les suppressions d’emplois.

Lutter contre le déploiement capitaliste de ces outils ne se fera pas sans prise de conscience des enjeux de domination, de recherche du profit au mépris des conditions de travail, d’ultra-surveillance des populations, de destruction environnementale, de remise en cause de l’objectif 0 carbone et du réchauffement climatique, de la réduction des libertés publiques. Aussi, et de toutes les façons possibles, y compris par la grève, nos syndicats, aux côtés des salarié·e, continueront à se mobiliser.

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