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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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(re)Penser notre syndicalisme Actu Solidaires 78 Agenda militant antifascisme antiracisme Idées, débats, cultures

Mardi 22 septembre, lancement des mardis antifascistes à Limay

1ère rencontre des mardis antifascistes à l’accueil syndical de Solidaires 78

Pour cette première rencontre, un moment d’éducation populaire pour comprendre ce que c’est vraiment que l’antifascisme

Rdv à partir de 17 h, ouvert à toustes, entrée libre et gratuite

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Conditions de travail

Arrêts maladie : ce n’est pas aux travailleur·euses de payer l’incurie de Macron !

Tout à sa frénésie de faire des économies dans les budgets sociaux, le gouvernement a décidé de s’en prendre aux travailleur·euses malades. Les accusant de plomber les comptes de la sécurité sociale, il a publié cet été une série de décrets limitant dans le temps l’indemnisation des arrêts maladie. Ainsi, les arrêts maladie ordinaires ne seront ainsi plus indemnisés au-delà du 31ème jour d’arrêt (ajoutés aux jours de carence initiaux) et du 62ème jour en cas de prolongation.

Pire, les malades du secteur privé atteint·es de pathologies maladies graves y compris d’origine professionnelle, ne seront plus indemnisé·es au-delà de la 4ème année même dans l’incapacité de reprendre le travail. Ils et elles basculeront alors dans le régime de l’incapacité permanente, bien moins protecteur. Le gouvernement veut donc faire payer à l’immense majorité des travailleur·euses malades l’incurie de sa gestion budgétaire et laisse entendre que les malades ne veulent pas aller travailler. Et surtout refuse de remettre en cause la forte dégradation des conditions de travail et la responsabilité patronale écrasante à ce propos ! Sans parler de la lutte très insuffisante contre plus des 2/3 des cas de fraude sociale d’origine justement patronale comme le travail dissimulé. Du reste, voit-on le gouvernement évoquer les morts au travail ? Jamais !

Le gouvernement attaque en outre l’indemnisation des indemnités journalières, soit le revenu de remplacement versé par la sécu lors des arrêts maladie. Il entend les « fiscaliser », c’est à dire en reprendre un bout pour alimenter les caisses de l’État ! Autrement dit, plutôt qu’imposer les riches, ils imposent les malades !

Dès le 1er novembre, le gouvernement compte baisser le montant des indemnités journalières tout en incitant les employeurs à verser la partie manquante (à l’exception de secteurs comme la culture ou l’interim)… En réalité, c’est un nouveau transfert de charge aux complémentaires de santé qui au passage en profiteront pour augmenter leurs tarifs. Ce sont les assuré·es et donc les travailleur·euses qui feront les frais de cette nouvelle « privatisation » de la sécu. Quid en revanche des 2,5 millions de travailleur·euses qui par manque de moyens ne bénéficient d’aucune protection complémentaire et/ou dont l’employeur n‘aura pas à régler la part complémentaire ? Ils et elles auront à supporter l’intégralité du manque à gagner !

Alors que les conditions de travail se dégradent dans tous les secteurs, le gouvernement regarde ailleurs. Il préfère faire la guerre aux travailleur·euses et favoriser les détenteurs du capital, ces oisifs et oisives qui viennent à nouveau de bénéficier de dividendes record. A cette société délétère, l’Union syndicale Solidaires oppose son projet syndical fondé sur la justice sociale et l’égalité. Elle revendique :

  • la mise en place du 100 % sécu, à savoir une prise en charge de la totalité des frais de santé par la sécurité sociale.
  • l’indemnisation complète des arrêts de travail sans perte de salaire et pour la durée nécessaire au rétablissement complet.
  • des politiques publiques en capacité de mettre fin à l’impunité de la violence patronale, principal motif de la dégradation alarmante des conditions de travail et combattre la fraude sociale patronale.
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antifascisme Internationalisme Luttes contre la Lgtbqia+ - phobie

Attaque massive contre les personnes LGBTQIA+ en Turquie : l’extrême droite est un danger mortel, ici comme ailleurs !

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, le pouvoir autoritaire turc a franchi un cap intolérable en lançant l’opération baptisée « Ma famille est en sécurité ». Plus de 160 militant·es, défenseur·ses des droits humains et membres d’associations, y compris des structures d’aide aux personnes vivant avec le VIH, ont été interpellé·es lors de perquisitions coordonnées dans 15 provinces. Sites web saisis, locaux investis, militant·es traqué·es. Il s’agit d’une campagne coordonnée d’intimidation et de répression dirigée contre les personnes LGBTQIA+, leurs organisations, leurs allié·es et toutes celles et tous ceux qui défendent les libertés fondamentales.

L’Union syndicale Solidaires exprime sa solidarité totale avec les communautés LGBTQIA+ de Turquie, leurs organisations et leurs allié·es face à cette terreur d’État. Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes détenues et l’arrêt sans condition des poursuites.

Ce qui se déroule en Turquie sous couvert de « protection de la famille » est le mode opératoire de l’extrême droite et des régimes autoritaires. L’obsession anti-LGBTQIA+ et l’instrumentalisation de la « famille traditionnelle » servent partout pour attaquer et supprimer les droits fondamentaux, les libertés publiques et la démocratie.

En France, la montée de l’extrême droite et la banalisation de ses idées portent la même menace directe contre les personnes LGBTQIA+, les femmes et l’ensemble des travailleuses et travailleurs. Céder sur ces droits, c’est ouvrir la voie à la répression généralisée.

Pour un droit d’asile automatique

Face à l’urgence et à la recrudescence des persécutions d’État, Solidaires exige l’instauration d’un droit d’asile automatique pour toutes les personnes persécutées ou menacées dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. La France et l’Union européenne doivent garantir un accueil inconditionnel et une protection effective à celles et ceux dont la vie et la liberté sont en danger.

Solidaires appelle à la mobilisation urgente des organisations internationales, des syndicats et de l’ensemble de la société civile :

  • Interpellons le gouvernement français et les institutions européennes pour qu’ils condamnent fermement la vague de répression en Turquie et agissent concrètement pour la protection des personnes persécutées.
  • Faisons bloc contre l’extrême droite et le fascisme, en Turquie comme en France.

Brisons le silence ! Solidarité internationale avec les personnes LGBTQIA+ !

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Télécom

Communiqué de presse SUD TELECOM IDF – 15 septembre 2026 : Orange pourrait perdre l’exclusivité du contrôle de ses data center

Du haut de son sommet “Choose France” du 1er juin 2026, le président Macron annonce des sommes faramineuses. 93 milliards d’euros d’investissements étrangers : un record pour envahir la France d’immenses entrepôts contenant les data center, en particulier dans 2 régions hyper densifiées : En Île-de-France et dans les Hauts-de-France.

La Directrice Générale, Christel Heydemann a pris la fâcheuse habitude de communiquer dans les médias avant d’en informer et consulter les instances représentatives du personnel d’Orange, une stratégie en quelque sorte du fait accompli, avec cependant des décisions lourdes de conséquences, jamais clairement annoncées dans ses communiqués destinés aux actionnaires, au monde des affaires, comme pour Lead the Future et Trust The Future. Depuis des années, des filiales d’Orange ont déjà fait les frais de ces plans d’investissements : OCS offerte à Canal+, Orange Bank bradée à Hello Bank, et cet été la cession désastreuse de Globecast (spécialiste flux médias) à une entreprise spécialiste de la vente à la découpe, Verdoso. 

Et jeudi 10 septembre, après décision prise en huis-clos du Conseil d’Administration, d’associer Orange à un fonds d’investissement néo-zélandais, la direction informe les élu·e·s du CSEC de sa volonté de créer une co-entreprise avec l’investisseur Morrison. Le prétexte avancé : pour financer soi-disant le développement de ses propres data centers,et favoriser la “croissance, l’innovation et l’emploi en France“. 

La prédation et le cynisme des capitalistes est sans limite. Plus proche des sphères financières américaines qu’européennes, Morrison ne manquera pas de profiter de cette alliance pour piller non seulement cette activité “croissante”, mais surtout l’essentiel : la richesse des salarié·e·s d’Orange fort.es de leur savoir-faire, leur expérience, leurs connaissances, leur métier en somme.

Il est invraisemblable qu’avec l’engouement aujourd’hui pour les IA, le cloud, les flux numériques, Orange se sépare de filiales et aujourd’hui remette en cause une activité interne aussi stratégique que le stockage des données. Il n’est pas acceptable que le redimensionnement de 5 Data Center d’Orange soit l’occasion d’une spéculation financière sur ces nouveaux équipements situés sur 4 sites : Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Chevilly-Larue (Val-de-Marne) , Val-de-Reuil (Eure) et Chartres (Eure-et-Loir)

La nouvelle co-entreprise profiterait essentiellement à Morrison, et Orange perdrait l’exclusivité sur la maitrise de ses propres équipements. Ce serait-là l’occasion d’un entrisme étranger au sein même des centres de données d’Orange. Comment pourrait-on revendiquer une cybersécurité de pointe quand son stockage serait ouvert à tout vent et géré par une direction bicéphale ? Orange offrirait ainsi un pied à terre à la spéculation sur le numérique, aux seuls intérêts des marchés financiers. Une perte de contrôle donc… sur les équipements, la gestion des stockages, des flux, des contenus, confiant ainsi l’accès aux données privées et publiques à une entreprise extra-européenne.

Quant à l’empreinte écologique des Data Center, leur prolifération au niveau mondial est scandaleuse (artificialisation exponentielle des sols, gaspillage d’eau, surconsommation d’électricité…). 

En effet, ce projet de “co-entreprise” est une manœuvre qui permet de subvenir aux besoins faramineux en stockage de données de Morrison.

SUD exige que les limites du projet s’arrêtent aux seuls besoins d’Orange, en termes de stockage de données, pour que son empreinte carbone soit la plus faible possible. Outre d’être un fardeau économique à venir pour l’entreprise, Morrison serait de surcroît un fardeau écologique inutile et inacceptable.

L’eau du bassin de la Seine, l’énergie du Bassin parisien, les terres de l’Ile de France ne doivent pas être des conquêtes de ce fonds d’investissement prédateur.

Cependant, il ne faudrait pas sous-estimer la contestation qui enfle un peu partout. Aux USA, dans des dizaines d’États, comme la Virginie, New York, la Californie ou le New Jersey, des riverains et des élus locaux s’opposent fermement à ces data center, en raison de la hausse de leurs factures d’électricité et de la surconsommation d’eau démentielle. Au Chili, en Irlande, aux Pays-Bas, c’est l’overdose. En France, les mobilisations citoyennes et écoféministes dénoncent également le coût environnemental de l’IA et des data center, au détriment du vivant. L’opposition s’accentue contre l’expansion de ces bâtiments inertes, énergivores, méga bruyants, pollueurs…

La direction d’Orange peut toujours parler de souveraineté numérique nationale, voire européenne à qui veut l’entendre, pendant qu’elle accélère le démantèlement de cette entreprise, qui, pour elle, n’est autre qu’une marchandise, des actifs boursiers. Personne n’est dupe, le souverainisme, dans lequel les dirigeant·e·s d’Orange se drapent, est en réalité au service de politiques extractivistes, polluantes, criminelles, menées par des industriels assoiffés de pouvoir, aux relents impérialistes.

SUD exige :

– Un moratoire sur l’IA, et sur le développement des Data Center ;

– L’abandon de ce projet néfaste pour l’emploi des collègues concerné·e·s, néfaste pour l’environnement (gaspillage d’eau, surconsommation d’énergies, bétonisation des terres, nuisances sonores, etc.) ; 

– Le rétablissement de toutes les règles européennes et françaises obligeant les entreprises à prévenir et réparer les atteintes qu’elles causent au climat, à l’environnement, à la santé et aux droits humains ;

– Une véritable indépendance numérique.

SUD TELECOM IDF

87 avenue de PARIS 94800 Villejuif

SUDTIDF@SUDPTT.FR   

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En grève ! Services publics

Gel du point d’indice : une nouvelle provocation du Premier Ministre !

  

Le Premier Ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que le PLF 2027 prévoit un nouveau gel du point d’indice pour 2027! Après l’annonce du gel 2026 en juillet par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes Publics, nouvelle provocation et nouvelle marque de mépris pour les 5,5 millions d’agentes et agents publics dont les rémunérations décrochent pourtant depuis déjà longtemps. Pour rappel, plus de 860 000 agentes et agents ont dû bénéficier d’une indemnité compensatoire début juin pour ne pas passer en-dessous du SMIC.

Alors que les agentes et agents publics ont répondu présent·es tout l’été, pompiers pour lutter contre les incendies, soignant·es pour prendre en charge la population subissant les canicules dans des conditions de travail déplorables, personnels de l’Éducation nationale travaillent dans des conditions là-aussi inacceptables, le Premier Ministre considère donc une nouvelle fois que les agent·es publics doivent être la cible des économies budgétaires.

Pour Solidaires Fonction Publique, le projet de budget prévoit 45 milliards d’économies qui d’après David Amiel reposeront essentiellement sur l’Etat.

Non, la fonction publique et les agent·es publics ne sont pas responsables des déficits mais au contraire source de richesse pour la population.
Pour Solidaires, il y a urgence notamment à :

  • aller chercher l’argent dans la fraude et l’évasion fiscale tout autant que dans la conditionnalité des aides aux entreprises
  • attribuer 85 points d’indice pour toutes et tous, revaloriser le point d’indice et l’indexer sur l’inflation
  • le rétablissement de la Garantie Individuelle pouvoir d’Achat et de l’indemnisation à 100% du congé maladie ordinaire

Solidaires Fonction Publique appelle l’ensemble des agentes et agents publics à se mettre en grève et en manifestation le 29 septembre prochain.

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Conditions de travail Luttes féministes

Octobre Rose : Moins de pinkwashing, plus de prévention !

Chaque année, en octobre, les entreprises se parent de rose. Rubans, courses, goodies, campagnes de communication : le cancer du sein devient pendant un mois un objet de communication. Mais pour la plupart, c’est surtout l’occasion de récupérations marketing, sur le dos de la prévention des cancers.

Le cancer du sein est le plus fréquent en France, il touche une femme sur 8. Il reste la première cause de décès par cancer chez les femmes. Les causes professionnelles et environnementales ne peuvent plus être ignorées. Pourtant, le cancer du sein n’est inscrit sur aucun tableau des maladies professionnelles.

Le dépistage est évidemment nécessaire. Pour autant, la lutte contre le cancer du sein ne peut se résumer à des actes et des responsabilités individuelles, pour faire porter aux victimes la responsabilité de leur maladie. Solidaires refuse cette culpabilisation. La prévention des cancers ne doit pas se résumer à apprendre aux travailleuses à mieux se protéger elles-mêmes.

Les femmes ne tombent pas malades par hasard

Les femmes ne sont pas moins exposées aux cancérogènes que les hommes. Mais leurs expositions sont moins étudiées, moins visibles et moins reconnues. Ce sont principalement les comportements individuels qui sont scrutés. Les métiers très féminisés concentrent pourtant de nombreuses expositions. C’est notamment le cas dans les hôpitaux, le nettoyage, les laboratoires, l’aérien, l’industrie, l’agriculture, la coiffure ou encore l’esthétique. Les risques d’expositions sont nombreux et divers et ne s’arrêtent pas aux portes de l’entreprise ou de l’administration : produits chimiques, pesticides, rayonnements ionisants, poussières, perturbateurs endocriniens, PFAS… Pendant que l’on demande aux femmes de surveiller leur santé, qui surveille les dangers auxquelles elles sont exposées au travail ?

Le travail de nuit nuit gravement à nos seins !

Le travail de nuit ou en horaires postés constitue un facteur de risque reconnu pour le cancer du sein. Ces organisations du travail concernent de plus en plus de travailleuses, dans de nombreux secteurs d’activité, où il n’est pourtant pas indispensable (industrie, commerce, nettoyage…).

Cette exposition est encore largement absente des campagnes d’Octobre Rose et plus largement des recherches en termes de prévention. Il est nettement plus simple de conseiller aux femmes de faire une mammographie que de remettre en cause l’organisation du travail.

Le cancer du sein n’est pas une simple question de « mode de vie »

Tabac, alcool, alimentation, activité physique… Les facteurs individuels sont régulièrement mis en avant lorsqu’on parle des cancers. Mais cette approche ne suffit pas. Les conditions dans lesquelles nous travaillons sont très rarement interrogées, en particulier quand cela concerne les femmes et minorités de genre.

Les cancers professionnels sont le résultat de choix d’organisation du travail, de procédés industriels et de décisions patronales. Derrière ces choix, il y a toujours la même logique, faire passer la production et les profits avant la santé.

Une maladie de classe ?

Les cancers ne touchent pas tou·tes les travailleuses et travailleurs de la même manière. Les ouvrières et ouvriers sont davantage exposé·es aux produits toxiques, aux poussières, aux rayonnements et aux conditions de travail les plus dangereuses. La sous-traitance et l’intérim permettent en plus de repousser les travailleuses et travailleurs les plus exposé·es hors du regard des donneurs d’ordre. Le travail dangereux devient invisible, ses victimes aussi.

Les cancers professionnels sont massivement sous-déclarés et sous-reconnus. Lorsqu’une maladie apparaît vingt, trente ou quarante ans après une exposition, il devient particulièrement difficile de démontrer le lien avec le travail. C’est précisément pour cela que la prévention doit être une priorité.

Où sont les cancers professionnels des femmes ?

Les premiers tableaux de maladies professionnelles datent de 1919. Plus d’un siècle après, les cancers du sein, de l’utérus et du col de l’utérus ne figurent toujours dans aucun tableau de maladies professionnelles. Il a fallu attendre 2023 pour que le cancer de l’ovaire lié à l’amiante soit reconnu dans un tableau. Pourtant le travail et les mobilisations de militant·es, syndicalistes, chercheur·euses… ne cessent d’alerter sur les risques – évitables – depuis plus de 40 ans !

Les expositions professionnelles sont documentées. Les victimes témoignent, se mobilisent et s’organisent. Mais la reconnaissance ne suit pas, les demandes sont étudiées au cas par cas. Ce retard n’est pas neutre, il est le produit d’un système de santé et de recherche qui peine à sortir d’un schéma sexiste où les hommes sont la référence. Les risques professionnels des femmes sont globalement moins étudiés et leurs métiers moins considérés comme dangereux. Leurs maladies sont moins souvent reconnues comme professionnelles.

Rendre les expositions visibles : un combat syndical

La meilleure prévention des cancers professionnels – et donc des cancers du sein – c’est de supprimer les expositions aux risques. Et pour cela, il faut commencer par les rendre visibles. Dans chaque entreprise et chaque administration, des outils existent. Les risques professionnels auxquels sont exposé·es les travailleur·euses doivent être recensé : produits chimiques, rayonnements, poussières, travail de nuit, posté, horaires atypiques, risques physiques, risques psychosociaux, poly-expositions… Il ne s’agit pas de simplement compléter un document administratif pour seulement satisfaire une obligation légale.

Une fois passé les constats, il faut passer à l’action ! Un risque identifié doit entraîner une mesure de prévention. Un produit dangereux doit être supprimé ou remplacé lorsque cela est possible. Une exposition doit être réduite. Une organisation du travail dangereuse doit être remise en cause. Pas question de se contenter de distribuer des équipements individuels quand on peut supprimer le risque à la source.

Depuis 2014, le Code du travail impose que l’évaluation des risques professionnels tienne compte de l’impact différencié de l’exposition des femmes et des hommes. Pourtant, plus de dix ans après, cette obligation reste largement inappliquée, sans que cela ne suscite de véritable réaction. Si le sujet revient un peu plus aujourd’hui dans les discours institutionnels et patronaux, c’est trop souvent motivé par le coût économique des inégalités et des maladies professionnelles plutôt que par la volonté de protéger réellement la santé des femmes et des minorités de genre. Et derrière la prétendue « adaptation » du travail aux femmes se développent des techno-solutions destinées à leur permettre de continuer à travailler dans un monde pensé pour des corps et des vies d’hommes.

Pour Solidaires, il ne s’agit pas d’adapter les femmes au travail : c’est le travail qu’il faut transformer. Car évaluer les risques de manière sexuée et genrée n’a de sens que si cette évaluation débouche sur des mesures de prévention adaptées. Constater que les femmes et les minorités de genre ne sont pas exposées de la même manière, ou ne subissent pas les mêmes conséquences d’une exposition, sans modifier l’organisation et les conditions de travail, ne sert à rien.

L’égalité ne consiste pas à appliquer les mêmes mesures à tout le monde. Lorsque les situations de départ sont inégalitaires, des mesures spécifiques et correctrices sont nécessaires. La prise en compte des différences d’exposition et de leurs effets n’est donc pas une remise en cause de l’égalité, c’est une condition pour la rendre effective.

Construire une prévention féministe

Nous devons nous emparer pleinement de la santé au travail des femmes. Cela passe par des connaissances partagées, des formations, mais aussi par des outils permettant d’identifier, d’évaluer et de tracer les risques et les pénibilités sexués et genrés.

Et surtout, nous devons imposer des mesures de prévention à la hauteur des risques identifiés : agir sur l’organisation du travail, les équipements, les horaires, les postes, les expositions, les violences sexistes et sexuelles, mais aussi sur toutes les inégalités qui dégradent la santé au travail.

Nous n’attendrons pas que les institutions produisent spontanément les recommandations qui permettraient de faire ce qui devrait être obligatoire depuis longtemps. Leur inertie est trop souvent le prétexte à l’inaction. C’est par la pression de la mobilisation qu’il sera possible de construire une prévention féministe, collective et offensive. Une prévention qui ne cherche pas à rendre les femmes plus « adaptées » au travail, mais à transformer le travail pour qu’il cesse de produire et de reproduire des inégalités. Pas de petits pas, pas de mesurettes, la santé des femmes et des minorités de genre au travail est un enjeu de droits, de justice et d’émancipation.

Octobre rose : On change de programme !

Nous ne voulons pas d’un mois où les entreprises et les administrations se contentent de mettre un logo rose sur leurs réseaux sociaux.

Nous voulons un mois pour parler des conséquences sur la santé des femmes :

→ des produits cancérogènes,

→ du travail de nuit,

→ des rayonnements,

→ des poly-expositions,

→ des cancers professionnels,

→ de la reconnaissance des maladies professionnelles,

→ de la responsabilité des employeurs.

NOS REVENDICATIONS

Solidaires revendique :

→ La reconnaissance du cancer du sein comme maladie professionnelle et l’inscription de l’ensemble des cancers féminins dans les tableaux de maladies professionnelles lorsque les connaissances scientifiques le justifient.

→ La reconnaissance de la poly-exposition dans les procédures de reconnaissance des maladies professionnelles.

→ L’interdiction de tous les produits chimiques classifiés CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique ; c’est-à-dire toxique pour la reproduction) et, s’il n’existe pas de produits de substitution possibles à ceux-ci.

→ Le maintien et renforcement de l’interdiction d’employer des salarié·es en CDD, intérimaires ou en contrat de chantier, des femmes enceintes et des mineurs dans des travaux les exposant aux risques chimiques et aux agents classifiés CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, c’est-à-dire toxiques pour la reproduction)

→ Une véritable politique de prévention primaire des cancers professionnels.

→ La limitation et, partout où elle est possible, la suppression du travail de nuit.

→ Un suivi médical renforcé et durable des personnes exposées, sans limitation arbitraire dans le temps.

→ Le dépistage et les examens de prévention sur le temps de travail, sans perte de salaire.

→ Un véritable accompagnement du retour au travail après un cancer.

→ Des moyens supplémentaires pour la médecine du travail et l’inspection du travail.

→ Une recherche publique sur les causes professionnelles et environnementales des cancers, qui prenne enfin en compte les différences de genre.

Nous n’avons pas besoin de davantage de communication rose. Nous avons besoin de prévention.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous explique comment rester « féminines » pendant un cancer. Nous avons besoin d’hôpitaux qui soignent, de recherche publique et de moyens pour prévenir les maladies.

Nous n’avons pas besoin qu’on nous culpabilise sur notre alimentation, notre poids ou notre activité physique. Nous avons besoin que les employeurs cessent de nous exposer à des produits cancérogènes et respectent leurs obligations en la matière.

Le cancer du sein n’est pas une fatalité. Le travail ne doit pas nous rendre malades.

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Retraites

Intervention de Solidaires lors de la restitution du rapport final Travail- Emploi-Retraites

L’Union syndicale Solidaires, représentative sur plus d’une trentaine de branches du privé, et représentative dans la fonction publique, avait dès le départ émis des réserves quant à sa participation à cette conférence, mais a choisi de porter nos revendications et de suivre certains sujets fonction publique, périmètre auquel nous avions été contraints.

Nous continuons à dénoncer la démocratie sociale à géométrie variable, mais nous ne regrettons rien, particulièrement à la vue du résultat final.

Nous déplorons fortement comme d’autres organisations syndicales que les garants aient pris la liberté de proposer leurs propres pistes plutôt que de reprendre les éléments d’équilibre issus de plusieurs mois d’échanges.

La proposition d’introduire la capitalisation faite par une seule organisation patronale est ainsi mise en avant alors qu’elle rejetée par les autres participants.

Pour Solidaires, la capitalisation est la voie rapide pour mettre fin à un système par répartition et donne la main aux assurances privées, livrant ainsi les retraites au marché. Par ailleurs, là où elle est déjà effective, l’atelier a reconnu qu’elle nous coûtait 2 milliards de défiscalisation, autant d’argent qui n’est pas alloué aux services publics.

De même, s’agissant de la proposition de suppression des carrières longues portée également par le seul patronat, alors que cette mesure permet à de nombreux salarié-es de partir plus tôt.

Le rapport reprend de plus des propositions qui n’ont jamais été débattues en séance. Ainsi d’une « règle d’or » destinée à bloquer les recettes pour alimenter le système de retraites et d’un « âge d’équilibre » dont l’évolution dépendrait de l’espérance de vie et et qui serait couplé à une forte décote si l’assuré-e avait l’idée de partir avant cet âge !

Ce qui revient ainsi à faire disparaître toute notion d’âge légal de départ qui d’ailleurs a disparu du rapport.

L’absence de réelle prise en compte des inégalités femmes hommes sur la retraite va à l’encontre de toutes les belles déclarations sur le sujet. Cela a été dit, mais absolument pas pris en compte :  ce sont les inégalités professionnelles en amont de la retraite auxquelles il faudrait enfin s’attaquer, avoir de réelles sanctions sur les inégalités salariales et avoir une vraie transposition de la directive sur la transparence salariale, faire régresser la précarité des emplois, agir sur la question du temps partiel notamment.

Pour Solidaires cet écrit est en réalité le programme d’une nouvelle contre-réforme qu’il faut donc combattre. L’Union syndicale Solidaires dénonce cet exercice de communication patronale et de simili “dialogue social”.

Solidaires continuera de défendre une retraite solidaire, financée par la répartition, garantissant à toutes et tous un départ à 60 ans, des pensions dignes et la reconnaissance de la pénibilité et des carrières longues.

Solidaires poursuivra la bataille pour l’abrogation de la réforme des retraites de 2023 et contre tout nouveau recul des droits des travailleurs et travailleuses.

Nous avons élaboré une déclaration commune avec la CGT et la FSU qui reprend nos éléments communs, et nous demandons à ce qu’elle soit annexée au rapport.

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antifascisme Médias

Motion de l’AG des personnels de Radio France réuni.e.s ce 2 septembre 2026

Nous, les salarié.e.s de Radio France réuni.e.s en Assemblée Générale ce mercredi 2 septembre, exprimons notre refus catégorique de l’attribution d’une chronique politique au directeur adjoint de Valeurs Actuelles sur France Inter. Ce journal, plusieurs fois condamné pour racisme et incitation à la haine, n’est pas compatible avec les valeurs humanistes, démocratiques et républicaines que nos radios de service public ont pour mission de défendre. Cela dépasse France Inter et entache l’image de tout Radio France.2026-09-03 Motion intersyndicale radio france

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