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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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(re)Penser notre syndicalisme Écologie Éducation Pédagogie

La classe promenade

« La classe-promenade fut pour moi la planche de salut. Au lieu de somnoler devant un tableau de lecture, à la rentrée de la classe de l’après-midi, nous partions dans les champs qui bordaient le village. Nous nous arrêtions en traversant les rues pour admirer le forgeron, le menuisier ou le tisserand dont les gestes méthodiques et sûrs nous donnaient envie de les imiter. Nous observions la campagne aux diverses saisons, quand l’hiver les grands draps étaient étalés sous les oliviers pour recevoir les olives gaulées, ou quand les fleurs d’oranger épanouies au printemps semblaient s’offrir à la cueillette. Nous n’examinions plus scolairement autour de nous la fleur ou l’insecte, la pierre ou le ruisseau. Nous les sentions avec tout notre être, non pas seulement objectivement mais avec toute notre naturelle sensibilité. Et nous ramenions nos richesses : des fossiles, des chatons de noisetier, de l’argile ou un oiseau mort. » Célestin Freinet

La nécessité de faire sortir les élèves de l’école, lors de promenades et autres sorties au grand- air, apparaît dans les instructions officielles dès les débuts de l’école de la IIIe République. Cependant, à l’époque, il s’agit tout autant de développer la connaissance de leur milieu par les élèves, dans un souci purement pratique, que de leur faire faire de l’exercice physique.
Plus tard, Edmond Blanguernon, enseignant puis inspecteur d’académie de l’enseignement primaire, instaure les « classes-promenade » en Haute- Marne. Nous sommes en 1909 et, pour lui, il s’agit d’orienter l’enseignement primaire vers des méthodes moins livresques et plus actives. Participant à améliorer le bien-être des élèves, les classes- promenades, qui finissent par être inscrites dans les programmes scolaires en 1923, sont également conçues comme un temps d’observation et d’apprentissage (1).
Cette approche inspire ensuite Lucien Gachon, qui expérimente les classes- promenade en Auvergne dans les années 1920, et s’en sert notamment pour travailler la lecture de paysages (2), puis Célestin Freinet.
Pour Freinet, la classe promenade consiste en une sortie libre, sans a priori ni nécessaire but (ce qui est contradictoire avec l’injonction faite aux enseignants, de nos jours, de motiver une sortie scolaire) ; elle doit être, de préférence, récurrente et a pour buts l’observation, l’expérience avec les pairs d’un espace souvent familier, le développement de la curiosité. C’est une approche sensitive des espaces explorés, qui mène à des restitutions de diverses natures (dessins, écrits, débats, questionnements…) puis à d’autres sorties (3).
De nos jours, notamment face aux enjeux écologiques actuels, la « classe-promenade », qui n’a pas seulement vocation à s’intéresser aux éléments naturels, mais aussi aux réalisations humaines et aux humains, concerne plusieurs disciplines et se prête à des approches transdisciplinaires, a encore, sans aucun doute, toute sa place dans nos pratiques pédagogiques.

« La classe promenade : on observe, on s’arrête, on prend note, on dessine, on arpente, on cube, on marche, on s’arrête, on s’assied et à nouveau on explique, on prend note de mots, de phrases, on prépare sa composition française, on inscrit des données d’un problème, bref on fait provision de matériaux qui seront ensuite élaborés proprement, minutieusement à l’école même. Car après la classe de plein air, il faut faire la classe dans la classe, celle où on sort la langue dans la tension de l’effort après avoir bien respiré, bien ri et bien chanté, dehors dans la liberté de la nature sauvage, ou sur les routes civilisées ».
Lucien Gachon, « La pédagogie de l’enseignement primaire », La Classe promenade, Journal des instituteurs

Classe promenade, quelles démarches administratives ?

Le ministère de l’Éducation distingue différents types de sorties scolaires en fonction de leur caractère obligatoire ou facultatif, de leur durée (avec ou sans nuitée : sortie scolaire vs voyage scolaire), de la distance parcourue (sortie de proximité, sortie scolaire, voyage scolaire), de la régularité (récurrente – piscine, bibliothèque, etc. ou occasionnelle), payante ou gratuite, etc.
En ce qui concerne la classe promenade, elle est considérée comme une « sortie de proximité »

Dans ce cadre, les règles à respecter sont :

Documents à demander aux familles  : s’il s’agit d’une sortie obligatoire qui a lieu sur le temps scolaire habituel, sans participation financière demandée aux familles, la classe promenade ne nécessite pas d’autorisation parentale ni d’attestation d’assurance.
Autorisation – L’enseignant·e doit informer le/la directeurice ou sa hiérarchie (2d degré) de sa sortie (classe concernée, durée, lieu, etc.).
Notification – L’enseignant doit informer les familles des conditions d’organisation de la sortie, y compris le lieu, le jour et les horaires.
Durée – Depuis les nouveaux textes de 2024, le temps du midi ne fait plus basculer une sortie dans la catégorie facultative mais peut modifier le taux d’encadrement.
Sécurité – En cas de plan Vigipirate, certaines sorties peuvent être suspendues pour assurer la sécurité des enfants. En cas de situation mettant sérieusement en cause la qualité de la séance ou la sécurité des élèves, l’enseignant·e suspend ou interrompt immédiatement la sortie et rend compte de tout incident à sa hiérarchie.
Encadrement – Le projet de sortie de proximité est conduit par un·e ou plusieurs enseignant·es dans le cadre du projet d’école ou d’établissement, en appui des programmes scolaires et du projet pédagogique de la classe.
À l’école maternelle, l’enseignant·e, accompagné·e d’un·e adulte, peut se rendre avec sa classe sur un lieu situé à proximité de l’école pour une durée globale qui ne dépasse pas la demi-journée de classe. Au-delà de 24 élèves, la présence d’un adulte supplémentaire est recommandée.
À l’école élémentaire, l’enseignant·e peut encadrer seul·e sa classe pour une durée globale qui ne dépasse pas la demi-journée de classe.
Dans le second degré, il appartient au/à la chef·fe d’établissement d’évaluer le nombre d’accompagnateurices nécessaire, au regard de ses obligations en matière de surveillance, et compte tenu de l’âge des élèves, de l’importance du groupe, de la durée du déplacement et des difficultés ou des risques que peut comporter le parcours des élèves.
L’inclusion de tous les élèves – L’organisation des sorties scolaires nécessite la prise en compte des besoins d’aménagement et d’accompagnement des élèves en situation de handicap ou à besoin médical spécifique.
Dès l’organisation du projet de sortie scolaire, la participation de ces élèves doit être anticipée sous tous ses aspects : destination, transport, aide humaine, organisation de soins, hébergement le cas échéant, etc. En particulier, le choix du prestataire de transport ou d’hébergement doit tenir compte de leurs besoins spécifiques.
En aucun cas les frais supplémentaires liés à la participation d’un élève en situation de handicap ou à besoin médical spécifique ne peuvent être imputés à sa famille.
Les AESH : dans la mesure où leurs missions sont centrées sur la prise en charge d’un élève, l’AESH ne peut être comptabilisé·e dans le taux d’encadrement de la sortie scolaire et participer à la surveillance de l’ensemble des élèves du groupe classe.
• les volontaires en service civique, s’ils peuvent y participer, ne peuvent être en situation de surveillance ou d’encadrement d’un groupe d’élèves. Ils ne sont pas comptabilisés parmi les accompagnateurices nécessaires à l’encadrement d’une sortie.

En résumé
Classe promenade = sortie de proximité
> Sortie dans le cadre des horaires sco­laires + gratuité = pas d’assurance, pas d’autorisation parentale
> Informer en amont direction ou hiérarchie
> En primaire et secondaire, l’enseignant·e seul·e peut encadrer, en maternelle, 2 adultes (par ex. l’Atsem)
> Le temps du midi ne rend plus une sortie « facultative ».

Textes de référence
La circulaire du 16 juillet 2024 relative à l’organisation des sorties et voyages scolaires dans les écoles, les collèges et les lycées publics regroupe les principes généraux applicables aux sorties et voyages scolaires.
Un guide officiel d’Eduscol 1er degré (https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/guide-sorties-et-voyages-scolaires-premier-degre-101622.pdf)

Notes
1. Fabienne Serina- Karsky, Pratiques éducatives et bien- être de l’enfant à l’école : la contribution de l’Éducation nouvelle (1910- 2010). Pour un nouveau paradigme éducatif, Thèse de sciences de l’Education, Université Paris 8 Vincennes- Saint- Denis, 2013.
2. « Histoire d’une pratique éducative : la classe promenade », Le Nouvel éducateur, n° 183, novembre 2006.
3. « La classe promenade, notre outil d’exploration », Éduc’Freinet, n°266, février 2024.

Une version mise en page à imprimer est à télécharger ici !

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Antihiérarchie Autogestion Éducation Ressources juridiques Souffrances au travail

Le PPCR (et son refus !) (Tract SUD éducation 78)

Le PPCR dans le 1er degré, et pourquoi le refuser !

Le PPCR dans le 2nd degré, et pourquoi le refuser !

Pour vous accompagner dans votre démarche de refus, n’hésitez pas à nous contacter sudeducation@ouvaton.org

Vous pouvez télécharger une version PDF ici, afin de l’imprimer et de le diffuser dans vos établissements !

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Conditions de travail Écologie Éducation

Canicule : dans les Yvelines comme partout ailleurs, la mise en danger des élèves et des personnels a continué ! (tract SUD éducation 78)

Durant toute la fin de l’année scolaire passée, la canicule nous a saisi·es et nous avons pu constater de nouveau l’impréparation des établissements scolaires et les décisions hasardeuses du ministère et des hiérarchies, alors même que ces situations ont lieu plusieurs fois chaque année maintenant.
En juin, la canicule a duré 10 jours. 
10 jours durant lesquels les élèves et les personnels ont subi des températures extrêmes dans les classes : 30°C, 40°C parfois 50°C étaient relevés dans les salles et dans les cours extérieures. 
10 jours où nous avons vu des personnels et des élèves assis·es ou allongé·es dans les couloirs, lorsque ceux-ci étaient plus frais, où nous avons vu des élèves transpirant·es et rouges de chaleur, les larmes aux yeux ou ulcéré·es de ne pas savoir comment trouver du bien-être, où nous avons entendu les collègues parents de jeunes enfants parler de leurs nuits écourtées et de leur épuisement.
10 jours durant lesquels le ministère de l’Éducation nationale et les hiérarchies ont improvisé et n’ont pas pris au sérieux les risques pour la santé de toustes, malgré les avertissements et les recommandations de tous les organismes officiels comme le ministère de la santé ou l’organisation mondiale de la santé. Et pourtant, des fiches Santé et sécurité au travail ont été remplies à de nombreuses reprises, des malaises d’élèves et de personnels ont été signalés…
10 jours durant lesquels nous avons toustes souffert, physiquement et psychiquement, à devoir accueillir un maximum d’élèves dans des conditions dangereuses, avec la sensation de devoir assumer l’irresponsabilité des décideurs et décideuses.
Les aménagements ont été bien tardifs, souvent déclenchés après le passage en vigilance rouge du département, le dimanche 21 juin, alors que nous suffoquions déjà depuis 5 jours.

Car, en effet, il fallait que nous soyons dans les établissements, coûte que coûte ! Il fallait que nous travaillions, il fallait que les élèves travaillent !
– Des examens ont été maintenus à l’Université de Versailles Saint-Quentin, malgré des températures allant jusqu’à 36°C.
– Les épreuves du baccalauréat ont été maintenues, avec parfois des épreuves d’endurance sous 30°C. Des oraux ont eu lieu jusqu’au mercredi 24 juin, à 14h.
– L’épreuve du brevet du vendredi 26 juin, où il a fait jusqu’à 40°C à l’extérieur, a été maintenue. Ceci après 9 jours de canicule, dans des établissements qui macéraient dans leur chaleur non évacuable la nuit et après plusieurs mauvaises nuits pour toustes. Des élèves se sont d’ailleurs endormi·es durant l’épreuve. 
– Si certains établissements ont pu acheter des ventilateurs, dans d’autres, il fallait compter sur les personnels et les familles pour prêter les leurs !
– Les pannes de courant qui ont eu lieu sur certains secteurs comme Triel, Mantes-la-Jolie, les Mureaux ou encore Limay, ont aggravé la situation dans les écoles et dans les foyers.
– Sauf rares exceptions, les personnels de direction ont attendu la vigilance rouge et les consignes préfectorales pour proposer aux familles qui le pouvaient de garder les enfants à la maison.
– Tardivement, les cours de l’après-midi ont été annulés (ou bien entièrement, ou bien partiellement…) mais des conseils de classe ou d’administration ont été maintenus en fin de journée, y compris lorsque les personnels ont réclamé une visio, pour pouvoir se mettre à l’abri de la chaleur dans leurs propres logements.
– Des mairies irresponsables ont refusé que les emplois du temps des collègues Atsem soient aménagés.
– L’obsession pour le travail est telle qu’il est même des établissements où les chef·fes imposent des journées de prérentrée plus longues, pour compenser les heures non travaillées du fait de la canicule !
– Enfin, ce n’est qu’au passage en vigilance rouge, alors même que les températures étaient déjà extrêmes dans les établissements, que les personnels dit·es vulnérables se sont vus proposer la possibilité de ne pas se rendre au travail ! Mais là encore, les inégalités de traitement ont été perceptibles : des collègues AESH, par exemple, ont dû remplir des attestations sur l’honneur témoignant de leur vulnérabilité, contrairement aux autres catégories de personnels.

On voit bien, avec toutes ces situations issues de plusieurs établissements des Yvelines, à quel point le manque de clarté et de préparation conduit à la mise en danger des individus lors de ces épisodes caniculaires. Le caractère aléatoire des décisions amplifie les risques et le sentiment d’insécurité. Le cas par cas ne peut en aucun cas se substituer à un cadrage commun.

Nous appelons les personnels à se mobiliser pour défendre leurs conditions de travail en signalant les situations dangereuses pour leur santé et pour celle des élèves dans le Registre santé et sécurité au travail, en s’emparant du Document unique d’évaluation des risques professionnels et en s’adressant directement à leurs chef·fes de service pour exiger la mise en place d’un protocole clair, précis et activable rapidement, a minima sur la base des recommandations ministérielles qui ne sont toujours pas respectées dans trop d’établissements.
Le faire en cours d’année, avant les grandes chaleurs, permettra sans aucun doute de mieux inciter nos hiérarchies à anticiper et agir !

Pour atténuer les effets de la canicule et assurer au mieux la protection des élèves et des personnels, SUD éducation 78 exige : 

>> Un protocole clair, précis et activable rapidement dans tous les établissements, inscrit dans le DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels), comportant les éléments suivants : 
– La mise à disposition d’eau et l’installation de points d’eau pour se rafraîchir.
– Dès 28°C dans les classes, l’annulation de tous les cours de l’après-midi et la possibilité pour les élèves comme pour les personnels, notamment vulnérables, de ne pas se rendre dans les établissements, avec au besoin un système tournant pour assurer la surveillance des élèves qui seraient présent·es ; et ceci, sans mise en place de cours en distanciel car les capacités cognitives sont largement impactées durant la canicule et de nombreuses familles ont des logements qui ne les protègent pas. Des cours en distanciels accentueraient ainsi les inégalités entre les élèves qui disposent de logements les protégeant de la chaleur et celles et ceux dont les logements sont des fournaises. De même, les cours et réunions annulées du fait de la canicule ne sauraient donner lieu, a posteriori, à du temps de travail supplémentaire, considéré comme un rattrapage !
– Dès 30°C, l’annulation des événements sportifs ou festifs extérieurs.
– Le repérage clair et diffusé à tous les personnels des salles les plus chaudes / les moins chaudes.
– Si des conseils de classe, d’école ou d’administration doivent se tenir, qu’ils puissent se faire en distanciel.
– L’adaptation des services de restauration, pour protéger les personnels agent·es : repas froids ; décalage de la plonge à des horaires plus favorables ; aménagements des horaires.

>> Un investissement des collectivités territoriales et de l’État dans l’adaptation et la rénovation des établissements :
A minima, des solutions provisoires comme :
– l’investissement dans des machines programmables pour la plonge, à déclencher la nuit afin de limiter les effets de la chaleur dégagée sur les agent·es ;
– la mise à disposition de ventilateurs pour les salles de classe et les bureaux ;
– la réparation des fenêtres qui ne ferment pas ;
– la réparation de tous les volets extérieurs et l’installation de volets extérieurs là où il n’y en a pas ;
– l’installation de film de protection solaire sur les fenêtres exposées au soleil.


A plus long terme, nous réclamons une application des mesures déjà proposées par les organisations syndicales pour rénover le bâti scolaire et l’adapter aux conditions climatiques.

https://www.sudeducation.org/communiques/communique-unitaire-lecole-bien-dans-ses-murs-pour-une-renovation-ecologique-du-bati-scolaire-public/
https://www.sudeducation.org/lecole-bien-dans-ses-murs-pour-une-renovation-ecologique-du-bati-scolaire/
https://www.sudeducation.org/tracts/sud-education-appelle-a-rejoindre-les-luttes-environnementales/
https://www.sudeducation.org/brochures/brochure-n92-changer-lecole-pas-le-climat/

SUD éducation 78 est à vos côtés !

Comment nous contacter ?
Par mail : sudeducation78@ouvaton.org
Par téléphone : 07 52 08 85 03 (bassin de Trappes – Versailles)
06 71 48 60 88 (bassin de Mantes – Thoiry)
06 01 77 93 49 (bassin des Mureaux – St Germain)

Vous pouvez télécharger une version pdf ci-dessous, pour l’imprimer et le diffuser dans vos établissements !

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antifascisme Internationalisme Luttes féministes

«Jin Jiyan Azadî»

Le 16 septembre 2022, Jina AMINI, kurde iranienne de 22 ans, a été victime d’un féminicide d’Etat pour avoir refusé de se soumettre à la loi imposant le port du voile dans l’espace public.

Sa mort a déclenché le soulèvement populaire « Jin, Jiyan, Azadi ». Ce slogan est devenu un cri de révolte féministe en Iran et ailleurs. Il incarne les oppressions plurielles subies par les femmes, la reconnaissance de leurs droits individuels et collectifs, le rejet total du régime phallocratique iranien. Ce dernier institutionnalise le corps des femmes en recourant à la ségrégation sexuelle dans l’espace public et tente d’invisibiliser le corps féminin.

Selon Amnesty International, plus de 551 manifestant·es ont été tué·es dont 68 mineur·es et plus de 22 000 manifestant·es ont été arrêté·es.

Comme le confirme un rapport de Amnesty International « Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme clé dans l’arsenal répressif des autorités iraniennes ».

Presque quatre ans après la répression sanglante du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi », le régime iranien a poursuivi sa politique belliciste envers son peuple.

  • Fin décembre 2025 / début janvier 2026 dans un contexte de crise économique, des manifestations de masse éclatent. La répression sanglante a causé la mort de plus de 7 000 manifestant·es selon l’ONG Human Rights Activism News Agency (HRANA).
  • Depuis le 28/02/2026 la guerre israélo-étatsunienne a permis au régime de se renforcer et de se radicaliser. La répression contre la population iranienne n’a fait qu’empirer, le régime s’emploie à terroriser la population, en militarisant la rue pour faire taire toute forme de protestation, 500 personnes ont été exécutées depuis le début du conflit selon le haut-commissaire des droits de l’Homme. Les bombardements israélo-étatsuniens par ailleurs provoquent des dommages écologiques irréversibles.

Cette militarisation accroît les normes patriarcales et augmente la violence contre les femmes.

La situation économique était déjà catastrophique avant les frappes, cet été l’inflation sur le prix des produits alimentaires et boissons a atteint +127,5 %.

La guerre a accentué les inégalités sociales et de genre. En période de guerre, les femmes sont les premières à être concernées par l’inflation, l’insécurité du marché du travail et l’épuisement psychologique.

Les femmes d’Iran ont deux ennemis principaux : le régime et les bombes israélo-américaines. Cette guerre les percute violemment, et seules leurs luttes pourront les émanciper.

« Jin Jiyan Azadî », Femme, vie, liberté

L’Union syndicale Solidaires réitère son soutien inconditionnel à toutes formes de lutte du peuple iranien pour son émancipation.

Elle exige notamment :

  • le droit inconditionnel des femmes à disposer librement de leurs corps, dont celui de porter ou non le voile ;
  • l’abolition de toutes les lois misogynes, ainsi que l’apartheid de genre ;
  • l’abolition de toute discrimination envers les femmes, les LGBTIQ+, les minorités nationales et religieuses, les réfugié·es d’Afghanistan;
  • le respect des droits des salarié·es, dont ceux de s’organiser, de manifester et de faire grève ;
  • l’arrêt immédiat des exécutions, l’abolition de la peine de mort ;
  • la libération de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux ;
  • la fin de la guerre, la levée des sanctions économiques et politiques dirigées contre la population ;
  • l’édiction de sanctions financières et pénales contre les auteurs/trices et commanditaires des violences et crimes perpétrés contre la population.

Paris, le 8/09/2026

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Agenda militant Conditions de travail En grève ! Fonction publique Services publics

Pour le service public, pour nos salaires : en grève le 29/09 !

Malgré des années de gel du point d’indice entraînant un décrochage clair, la suspension de la GIPA, de jour de carence, la baisse de l’indemnisation du congé maladie ordinaire y compris pour les femmes enceintes, le ministre de l’action et des comptes publics s’est, en juillet, une nouvelle fois refusé à dégeler le point d’indice, donner des points pour toutes et tous ou indexer le point sur l’inflation. Fin de non recevoir aux demandes légitimes des personnels, portées unanimement !

C’est désormais un rapport de l’IGA et IGF qui jette les agentes et agents publics en pâture en laissant entendre que nous serions des nantis, privilégiés, nageant sous les primes.

Quelques petits rappels :

  • Les primes sont inégales, parfois floues, parfois injustes et comblent bien souvent la faiblesse des rémunérations laissées à l’abandon par les gouvernements successifs.
  • Les agentes et agents publics ne revendiquent pas des primes mais bien l’intégration de l’existant dans le traitement ! Faut-il redire que les primes ne sont pas prises en compte dans le calcul de la retraite ?

Le but : jeter le discrédit sur les agentes et agents publics, dire une nouvelle fois qu’ils et elles sont un coût… alors que c’est bien l’inverse ! Les agentes et agents publics sont une richesse. Ils et elles font fonctionner les services publics qui sont bien là pour l’ensemble de la population.

Le projet de budget laisse déjà entrevoir, dans les millions d’euros d’économies, de nouvelles coupes dans les services publics.

Maintenant ça suffit ! Les économies sur le dos des agentes et des agents : stop !

C’est collectivement que nous ferons reculer le gouvernement et que nous obtiendrons enfin satisfaction sur nos revendications.
Il n’y a pas à s’excuser de demander une juste rémunération.

Du fric pour les agentes et les agents publics ! 

Pas d’économies sur nos vies !

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Agenda militant Conditions de travail Écologie

Le monde du travail ne doit plus subir le coût de l’inaction climatique

Appel intersyndical aux marches du 26 septembre

Le monde du travail ne doit plus subir le coût de l’inaction climatique

L’été que nous vivons confirme brutalement la réalité du dérèglement climatique. Plus que jamais, il est manifeste que gouvernements et patronat ont refusé d’entamer les transformations nécessaires en termes d’adaptation et d’atténuation.

Par conséquent les travailleurs et les travailleuses subissent de plein fouet les fortes chaleurs au travail et dans leur logement. Ce sont les agent∙es des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), des hôpitaux, de l’éducation nationale, des collectivités territoriales et trop souvent des bénévoles qui sont en première ligne pour affronter la crise. Des habitant∙es ont tout perdu et le bilan humain des canicules et mégafeux est encore à établir. Le monde agricole, déjà en grande souffrance, voit se profiler la disparition d’exploitations en raison des incendies et sécheresses.

Les conséquences de cet été seront durables : baisse des rendements, inflation, effets à long terme sur la santé des personnes dus à l’accumulation des canicules, incluant celles qui ont vécu les incendies et respiré les fumées, tant du fait des particules fines que des pesticides répandus dans les forêts qui ont brûlé, explosion de l’éco-anxiété.

Nous ne tournerons pas la page avec la baisse probable des températures à la fin de l’été. Nous exigeons des mesures de prévention, d’adaptation et d’atténuation du dérèglement climatique à la hauteur des crises à venir, des mesures de justice sociale permettant à la majorité de la population, notamment la plus vulnérable, de vivre mieux.

Le budget 2027 ne pourra ignorer les leçons à tirer de ces derniers mois. Plusieurs cadres, associatifs, citoyens, préparent en ce sens des marches le 26 septembre sur tout le territoire. Des organisations syndicales représentatives des sapeurs-pompiers appellent à des actions à partir de cette date.

Nous, organisations syndicales, appelons à rejoindre les marches du 26 septembre, pour y porter les revendications du monde du travail.

Nous revendiquons des mesures de protection des salarié∙es :

  • Garantir un suivi médical gratuit renforcé aux pompiers, travailleur∙ses vulnérables, bénévoles, habitantes et habitants exposé∙es aux fumées.
  • Créer un dispositif d’arrêt d’activité à la main de l’inspection du travail (sur le modèle des arrêts pour risque de chute de hauteur), et doubler les sections d’inspection du travail.
  • Rétablir les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
  • Étendre le dispositif de chômage intempéries pour chaleur à tous les secteurs.
  • Réduire les rythmes de travail et aménager les horaires en cas de forte chaleur, en fonction des situations de travail.
  • Mettre en place des protocoles nationaux dans les services publics en associant les agent∙es à leur élaboration.
  • Programmer des négociations dans toutes les branches professionnelles.

Nous revendiquons des mesures d’adaptation :

  • Recruter massivement et garantir des moyens dans les services publics en première ligne dans la prévention et la gestion des canicules, des feux, des sécheresses, à commencer par les SDIS, l’Office national des Forêts, le ministère de l’Environnement et la santé.
  • Construire un plan de rénovation du bâti des administrations et des services qui accueillent du public, notamment les jeunes, les malades et les personnes âgées, des entreprises et des logements.
  • Établir un plan de rénovation des infrastructures ferroviaires et électriques.
  • Transposer les conventions OIT pour un droit à un environnement de travail sain et l’indépendance de tous les préventeurs.
  • Financer le plan d’adaptation par des mesures volontaristes de justice fiscale et sociale, et conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux.

Il faut enfin atténuer le dérèglement climatique et ses conséquences par un plan d’ampleur :

  • Taxer les superprofits et le patrimoine financier et immobilier des très riches pour financer la bifurcation écologique.
  • Instaurer des prix garantis pour assurer un revenu décent aux agriculteurs et agricultrices et une meilleure rémunération des pratiques agro-écologiques.
  • Assurer des investissements pérennes pour les énergies renouvelables.
  • Financer une politique des transports centrée sur le train et les moyens de transports les moins émetteurs.
  • Garantir de nouveaux droits aux salarié∙es et aux agent∙es de la fonction publique, ainsi qu’à leurs représentant∙es, pour leur permettre de peser sur les stratégies et choix de production de leur entreprise ou service, et réorienter ainsi l’économie vers une industrie relocalisée et décarbonée, sans licencier ni fermer d’usines.

Paris, le 7 septembre 2026

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Internationalisme Palestine

Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens : lettre au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Dans la lettre que nous vous avons adressée l’an dernier à la même époque, en amont de votre intervention à l’ONU en septembre 2025, nous notions en conclusion :

la reconnaissance de l’État de Palestine peut constituer un moment historique si elle s’accompagne d’une action résolue pour garantir la souveraineté réelle du peuple palestinien, la fin de l’occupation et de l’apartheid, et la pleine application de ses droits inaliénables. La France […] doit saisir ce moment pour passer des paroles aux actes.

Si la reconnaissance de la Palestine par la France a été saluée comme un geste fort et a eu le mérite d’entraîner plusieurs États dans cette même démarche, force est de constater qu’elle apparaît aujourd’hui comme particulièrement vaine en l’absence de toute protection du peuple palestinien et de toute sanction pour contraindre Israël à se conformer au droit international.

À Gaza, le cessez-le-feu conclu le 10 octobre 2025 est systématiquement violé par Israël ; les attaques sont quotidiennes, l’insécurité permanente, les bombardements israéliens continuent à viser les camps de déplacés, les journalistes, les policiers, les installations civiles. Plus de 1200 Palestiniens, y compris des enfants, ont été tués par Israël depuis le 10 octobre 2025. La population est confinée dans un espace de plus en plus réduit, pendant qu’Israël détruit systématiquement tout ce qui reste dans les 70% du territoire qu’il occupe tout en effaçant systématiquement les traces du génocide et en faisant disparaître les corps enfouis sous les décombres. Il refuse de s’en retirer malgré les accords. Les grandes ONG internationales humanitaires ont été chassées par Israël, les journalistes sont toujours interdits d’entrée. Les entrées d’aide humanitaire restent très limitées, la population est épuisée, à nouveau affamée, en manque de médicaments et de tous les biens essentiels.

En Cisjordanie, la colonisation s’accélère, y compris dans le secteur E1 désigné comme « ligne rouge » par la communauté internationale. Les communautés Palestiniennes sont attaquées, assiégées, expulsées, leurs terres confisquées, leurs habitations incendiées. La violence des colons, protégés par l’armée d’occupation, se déchaîne contre l’ensemble de la population palestinienne. Il ne s’agit pas d’actions isolées de quelques colons extrémistes. Il s’agit d’une politique délibérée, organisée, assumée par l’ensemble de la coalition au pouvoir, pour rendre la vie impossible aux Palestiniens et s’emparer de leurs terres. S’y ajoutent de nouvelles lois, votées ou en préparation, pour accroître encore l’emprise israélienne sur l’ensemble de la Cisjordanie. À Jérusalem-Est, expulsions et démolitions se multiplient, des quartiers entiers sont menacés d’expulsion.

En Israël même, les Palestiniens subissent des menaces permanentes, ils sont visés par des lois discriminatoires qui en font des citoyens de seconde zone. Ils ne sont pas épargnés par le système d’apartheid qui vise l’ensemble de la population palestinienne ; la récente loi sur la peine de mort, qui vise les seuls Palestiniens, est un exemple flagrant de ce régime d’apartheid.

Alors qu’elle est une agence officielle de l’ONU et qu’elle apporte des services essentiels à des millions de réfugiés palestiniens, l’UNRWA a été expulsée par Israël de son siège à Jérusalem-Est, celui-ci a été détruit. Et c’est maintenant son centre de formation de Qalandia, qui a formé des dizaines de milliers de Palestinien-nes depuis plus de 70 ans en leur donnant un avenir professionnel, qui est investi et fermé par l’armée israélienne. Par ses actions contre l’UNRWA, Israël a pour objectif de faire disparaître cette organisation et d’effacer le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Des tortures systématiques sont infligées par Israël aux 9400 prisonniers politiques palestiniens, dont 370 enfants. Une centaine d’entre eux sont morts depuis le 7 octobre de ces tortures, ainsi que du manque de soins et de nourriture. Les visites de la Croix-Rouge ne sont toujours pas rétablies, alors même que la Cour suprême d’Israël a statué sur leur rétablissement.

Nous ne sommes pas devant des violations ponctuelles du droit international, nous sommes devant une politique délibérée, menée par Israël depuis des décennies, qui vise à effacer le peuple palestinien, à lui rendre la vie impossible et à s’emparer de son territoire. Cette politique n’a pu se développer que par l’impunité totale que la plupart des pays occidentaux, dont la France, accordent à l’État d’Israël. Cette politique du « deux poids deux mesures », de plus en plus flagrante, mine la crédibilité de la France et de l’Union européenne aux yeux du monde entier. Elle met profondément en cause le droit international conçu au lendemain des horreurs de la seconde guerre mondiale.

L’attaque unilatérale menée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran en février 2026 a mené à un chaos mondial.Les dirigeants israéliens affirment vouloir contrôler l’ensemble de la région par la force et ne font pas mystère de leur projet d’établir un « grand Israël ». Israël s’est emparé de nouveaux territoires en Syrie et mène contre le Liban une guerre dévastatrice qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Au mépris des accords de cessez-le-feu, Israël continue ses opérations militaires au Sud-Liban, dont il détruit méthodiquement les villages et l’environnement.

Monsieur le Président de la République,

Dans ce contexte, la France , membre du Conseil de sécurité, a une responsabilité particulière. Elle doit s’exprimer haut et fort, notamment à l’occasion de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, et elle doit passer de la parole aux actes.

S’exprimer haut et fort, c’est rappeler l’engagement de la France pour le droit international et le respect des résolutions de l’ONU, c’est condamner sans ambiguïté le génocide qui se poursuit à Gaza, c’est exiger la fin de l’occupation par Israël du territoire palestinien, conformément à la résolution de septembre 2024 de l’Assemblée Générale de l’ONU qui a statué sur la mise en œuvre de l’avis consultatif de la Cour Internationale du Justice de juillet 2024.

C’est aussi, un an après la reconnaissance de la Palestine, rappeler que toute « solution » n’a de sens que dans le cadre de la reconnaissance pleine et entière du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, de l’ensemble de ses droits nationaux dont le droit au retour des réfugiés palestiniens, et l’abandon par Israël de la politique d’apartheid qu’il mène contre l’ensemble du peuple palestinien.

C’est également soutenir l’UNRWA face aux attaques d’Israël, c’est soutenir clairement la Cour Pénale Internationale face aux attaques d’Israël et des États-Unis, soutenir les organisations palestiniennes de défense des droits humains constamment attaquées par Israël et sous sanctions états-uniennes, exiger le retour des ONG internationales à Gaza, exiger que cesse le scandale de l’interdiction faite aux journalistes internationaux d’entrer à Gaza.

C’est enfin dénoncer le scandale que constitue la détention et la torture de plus de 9000 prisonniers politiques palestiniens, exiger la reprise immédiate et sans condition des visites de la Croix-Rouge, exiger la libération des médecins emprisonnés dont le Dr Hussam Abu Safiya, exiger la libération de l’ensemble des dirigeants politiques palestiniens, dont Marwan Barghouthi et Ahmed Saadat, en amont des élections palestiniennes de novembre, et œuvrer à la libération de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens.

Passer de la parole aux actes, c’est d’abord cesser toute complicité avec le génocide toujours en cours à Gaza et avec la politique israélienne de colonisation. C’est suspendre immédiatement le commerce des armes avec Israël et le transit par le territoire français de toute arme à destination d’Israël, ainsi que toute coopération militaire. C’est cesser toute complicité avec la politique de colonisation, en interdisant tout commerce avec les colonies (au niveau national après les manœuvres honteuses de la présidente de la Commission à l’occasion du Conseil Affaires étrangères du 13 juillet), et en mettant fin, comme vient de le faire la Belgique, aux services consulaires à destination des ressortissants français résidant dans les colonies.

C’est appliquer les mandats d’arrêt de la Cour Pénale internationale en interdisant le survol du territoire français par le Premier ministre israélien. C’est traduire en justice les citoyens français participant ou ayant participé au génocide et aux crimes de guerre.

C’est accélérer le programme PAUSE pour accueillir les universitaires et artistes de Gaza après une interruption qui a soulevé une réprobation générale.

C’est œuvrer résolument, au niveau européen pour obtenir la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, alors que la condition essentielle de respect des droits humains formulée par son article 2 est systématiquement violée par Israël. C’est a minima obtenir la suspension de son volet commercial, qui ne requiert que la majorité qualifiée du Conseil européen. C’est aussi exclure Israël du programme de recherche Horizon Europe. C’est agir  pour que l’Union européenne prenne des sanctions contre l’État d’Israël tant qu’il viole le droit international.

Nous reprenons ici pour l’essentiel les recommandations formulées récemment par une centaine d’anciens ambassadeurs de France et du Royaume-Uni, dans une tribune parue dans Le Monde le 25 août. Ceux-ci rappellent aussi la responsabilité historique écrasante de nos pays dans la situation actuelle et appellent à agir « quels que soient les résultats des élections ». C’est pour nous un point particulièrement important : les élections israéliennes ne doivent pas servir de prétexte à l’inaction, c’est au contraire le moment où il faut agir énergiquement pour faire comprendre aux forces politiques et à l’opinion israélienne qu’Israël devra rendre des comptes pour les crimes qu’il commet. Dans le contexte actuel d’impunité, une écrasante majorité de la classe politique israélienne se retrouve dans le déni des droits du peuple palestinien.

Monsieur le Président de la République,

Nous tenons à vous alerter aussi sur les attaques incessantes contre la liberté d’expression en France dès lors qu’il s’agit de la Palestine.

Les libertés d’expression, de manifestation et d’association doivent être pleinement respectées. La lutte contre toutes les formes de racisme, dont l’antisémitisme, est évidemment essentielle, mais il est intolérable qu’elle puisse être instrumentalisée par le réseau d’influence d’Israël pour tenter de faire taire les voix qui soutiennent les droits du peuple palestinien.

Nous saluons l’abandon de la proposition de loi présentée par la députée Caroline Yadan tout en notant qu’elle a fait suite à une forte mobilisation citoyenne et parlementaire. Nous vous mettons en garde contre les tentatives de réintroduction des « exemples » de la définition IHRA, qui ont été très clairement exclus du vote de l’Assemblée nationale le 3 décembre 2019.

Nous attirons tout particulièrement votre attention sur les abus de l’utilisation des outils de lutte contre le terrorisme, et notamment l’incrimination d’apologie du terrorisme, pour faire taire toute expression critique ou contextualisée sur les événements du 7 octobre 2023 et plus généralement pour condamner les voix qui soutiennent le peuple palestinien. Il s’agit d’une exception française, qui a conduit à des centaines de procédures et de condamnations, et qui a été très fortement dénoncée par les rapporteurs de l’ONU, sur les principes comme dans les faits, en janvier 2026.

À cette « exception judiciaire », s’ajoute l’abus des mesures administratives : gels des avoirs sans justification qui visent des militants soutenant les droits du peuple palestinien, menaces de dissolution d’organisations solidaires du peuple palestinien.

Des réfugiés palestiniens en France sont inquiétés ou emprisonnés sur la base de notes des services de renseignement israéliens : c’est un cas unique où l’on voit les autorités françaises opposer à des réfugiés les informations de la puissance qui les persécute.

L’ensemble de ces pratiques, souvent promues de manière agressive par des organisations qui soutiennent inconditionnellement l’État d’Israël, sont une honte pour notre pays, mettent à mal notre démocratie et risquent de fracturer durablement la société française. Nous vous demandons d’y mettre enfin un terme et de le faire savoir.

Nous vous demandons de bien vouloir recevoir une délégation de notre Collectif national sur la base de cette lettre.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

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antifascisme antiracisme Violences policières

Non à la loi permis de tuer ! Le 20 septembre toutes et tous dans la rue !

Cet automne, le Sénat est appelé à se prononcer sur la proposition de loi conférant une présomption de légalité de tir aux forces de l’ordre lorsque celles-ci sont amenées à faire usage de leurs armes à feu. Ce changement est fondamental : jusqu’alors c’était à la police et à la gendarmerie de faire la preuve qu’elles avaient fait un usage légal de leur arme. Avec la nouvelle loi, ce sera aux victimes de prouver que les forces de l’ordre ont agi dans l’illégalité ! Quand on connaît la difficulté actuelle à mettre en cause les forces de l’ordre dans l’usage qu’elles font de leurs armes au travers des très nombreux scandales de ces dernières années dont Nahel en 2023 tué à bout portant par des policiers racistes, c’est une quasi impunité délivrée aux policiers et gendarmes dans leur activité quotidienne.

Cette présomption de légitime défense est donc un projet proprement criminel. En effet, c’est un véritable permis de tuer et les victimes auront toutes les peines à établir la responsabilité de la force publique. C’en sera fini d’une bonne partie de l’État de droit et ce sont des dizaines de morts de personnes très majoritairement racisées, issues des quartiers populaires qui auront par peur « refusé d’obtempérer » et tenter de fuir les patrouilles policières que l’on aura très rapidement à déplorer.

D’autant que l’on a tout à craindre du passage au Sénat de cette proposition de loi du fait de sa majorité de droite. Non seulement celle-ci risque d’aggraver le texte mais pour complaire au RN, elle pourrait l’étendre aux policiers municipaux. Imagine-t-on donner un permis de tuer à la police municipale raciste et sexiste de Carcassonne et aux forces policières violentes qui ont œuvré à Sainte Soline ?

Comme l’ont réclamé 730 000 signataires d’une pétition qui réclamait le rejet de cette proposition de loi et que le bureau de l’assemblée nationale a fait le choix de ne pas donner suite, ce texte doit absolument terminer dans les poubelles de l’histoire. Seule la mobilisation massive et déterminée de la population peut faire reculer le gouvernement. Le 20 septembre, partout en France, à Paris et dans toutes les villes, manifestons bruyamment contre cette honte absolue.

Contre la loi « permis de tuer » et pour les droits démocratiques, manifestons dans la rue pour une société délivrée du poison autoritariste.

Paris le 11 septembre 2026

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antifascisme

Newsletter VISA – Vigilance et initiatives syndicales antifascistes

Les articles parus sur VISA en août.
Huit ans après l’assassinat de Jamal Khashoggi, le régimesaoudien reçu en grande pompe par Emmanuel Macron
Le président de la République française reçoit le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en grande pompe, dimanche 23 et lundi 24 août 2026 à Paris. Les organisations syndicales dejournalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO, membres de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), condamnent cette visite officielle. afficher en ligne.
Pas de fachos à Béthune Rétro !
Le festival Béthune Rétro se tiendra fin août. Les organisations signataires espèrent que cette édition se déroulera désormais sans la présence de signes racistes sur scène ou dans les allées.Les 28, 29 et 30 août prochains, le centre ville de Béthune accueillera le festival Béthune Rétro.Ce festival est l’une des principales vitrines de la sous-préfecture… afficher en ligne.
Les 30 ans de VISA
preview Soirée organisée le vendredi 2 octobre 2026 à partir de 17h à La Bellevilloise (19-21 rue Boyer, Paris 20ème). 17h : deux débats : « 30 ans de VISA, un bilan ? » et « 30 ans de VISA quelles perspectives ? »19h : buffet – bar20h30 : concert « Ensemble Markus Reinhardt » Bon de commande la brochure 30 ans… afficher en ligne.
Les 30 ans de VISA – Bon de commande
preview La brochure 1996-2026 VISA retrace son action depuis 30 ans : documents syndicaux, affiches, publications et textes témoignent d’une activité dédiée à la lutte contre les idées d’extrême droite dans le monde du travail. C’est aussi un retour sur les évolutions récentes dans un monde marqué par une accélération de l’histoire et les risques d’une… afficher en ligne.
Elections Sénatoriales 2026- Pas une voix pour l’extrême droite
preview Pour les organisations syndicales qui composent VISA, les combats ne se limitent pas aux luttes indispensables que nous menons depuis toujours dans le champ professionnel : ils s’étendent nécessairement à la construction d’un projet de société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire.C’est pourquoi, depuis 30 ans, Visa s’exprime toujours lors des scrutins politiques pour… afficher en ligne.
Mobilisation contre l’extrême droite au Campo Santo Orléans
preview Le WE du 24 octobre 2026 Manifestation, village antifasciste, tables-rondes, meetings et concerts afficher en ligne.
Non à l’extradition de Gino militant anti-fasciste !
preview Le 19 août dernier, la cour d’appel de Paris s’est prononcée favorablement à l’extradition de Gino, militant antifasciste, vers l’Allemagne sous 10 jours.Gino est accusé d’avoir participé à des affrontements lors d’une mobilisation antifasciste à Budapest en 2023 organisée en opposition à la manifestation néonazie dite du « Jour de l’Honneur », qui commémore une… afficher en ligne.
Courrier UD CGT 69 au préfet du Rhône
preview Notre Union Départementale a appris avec déplaisir l’organisation d’un rassemblement annoncé dimanche 16 août prochain à Lyon, avec pour mot d’ordre principal « levons la barrière de la remigration ». afficher en ligne.
SNPES PJJ FSU 93 : La DT 93 ouvre grand ses portes à l’extrême-droite et à Bolloré : opposons-nous à la venue du JDD !
preview Bobigny, le 27/07/2026 Après la promotion par l’administration des contenus de Tibo Inshape, youtubeur masculiniste, et la diffusion d’un documentaire programmé sur la chaîne Cnews, chaîne d’opinion relayant les thèses de l’extrême droite la plus radicale, c’est désormais la DT 93 qui s’illustre par sa compromission vis-à-vis de l’extrême droite. En effet, nous avons appris… afficher en ligne.
COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, Filpac-CGT et SNPEP-FO Après la manifestation historique du 18 juin, le combat continue !
preview Après la manifestation historique du 18 juin, le combat continue ! Le jeudi 18 juin, nous étions plus de 1000 salariés des médias dans la rue au coeur de Paris, sans compter les rassemblements à Toulouse, Montpellier et Clermont-Ferrand. Une manifestation historique et une affluence inédite, preuve de la situation catastrophique dans laquelle se trouve… afficher en ligne.
VISA – 4 Vidéos de : Médias et extrême droite : construire les résistances
preview « Médias et extrême droite : construire les résistances » Une journée de réflexion pour journalistes et citoyens le 29 novembre 2025 à Paris Ces derniers mois et années, la situation politique s’est considérablement dégradée, que ce soit en France, en Europe et dans le monde, avec une extrême droite accédant au pouvoir ou sur… afficher en ligne.
La Vigie n°9 – Collectif de lutte contre l’extrême droite, Sète et Bassin de Thau
En juin 2024, nombre de citoyen.nes de la ville de Sète se sont spontanément rassemblé.es, entre les 2 tours des élections législatives, craignant que le Rassemblement national, puisse par la suite s’emparer de la mairie de Sète (ou de Frontignan). Rappelons les chiffres : afficher en ligne.
François-Noël Buffet proposé comme Défenseur des droits : un recul pour la démocratie et un pied-de-nez à la société civile
Le 7 juillet, Emmanuel Macron a proposé la nomination du sénateur républicain François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Bien que cette nomination puisse encore être bloquée par l’Assemblée nationale et le Sénat, elle suscite une vive inquiétude parmi nos associations. Celles-ci sont pleinement mobilisées contre cette nomination aux côtés de près de 110… afficher en ligne.
Communiqué unitaire contre le Canon français
preview Comme de nombreux-ses habitant-es du territoire, nous avons appris avec une vive émotion la tenue possible, en novembre prochain, d’un « banquet basque », programmé à la halle Iraty de Biarritz par le Canon français, entreprise appartenant en partie au milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Vous n’êtes pas sans savoir que ces banquets suscitent régulièrement des troubles… afficher en ligne.
Gares SNCF : pour la démocratie, stoppons le monopole des Relay de Bolloré !
preview Depuis le rachat des boutiques Relay par Vincent Bolloré en 2022, nos gares sont devenues les vitrines de l’extrême droite et du climato-négationnisme. La concentration de canaux de presse et de librairie entre les mains d’un milliardaire menace le pluralisme et la démocratie, dans un espace public financé par nos impôts et fréquenté par des… afficher en ligne.
Dossier : Politique scolaire et laïcité
preview Depuis plusieurs consultations électorales tant régionales que nationales et municipales, la progression des résultats électoraux de l’extrême-droite (Rassemblement National et UDR) est certaine – l’abstention étant une autre forme de manifestation du mécontentement des électeur·rices -. Cette progressionélectorale quelles qu’en soient les causes, n’est pas sans conséquence pour l’enseignement agricole public, plus particulièrement pour la… afficher en ligne.
Interview VISA : Ma vie de fonctionnaire gérant des mairies RN
preview En juin 2026, VISA a interviewé un militant de Solidaires Finances Publiques dont le travail est de gérer les recettes et les dépenses des collectivités territoriales. Au cas particulier, ce camarade esten lien direct avec plusieurs mairies RN depuis les élections de 2026.Son témoignage illustre les dérives des mairies brunes et apporte un éclairage inquiétant… afficher en ligne.
À Hénin Beaumont : victoire pour Djelloul et Fabienne !
preview Djelloul Khéris et Fabienne Payen, syndicalistes SUD CT à la mairied’Hénin-Beaumont avaient été exclu∙es de la Fonction publique territoriale pour 2 et 1 ans par le maire RN de la commune. Le conseil de discipline saisi par le maire n’avait pourtant retenu aucune faute. Face à cette discrimination syndicale caractérisée dont la motivation était purement… afficher en ligne.
VISA 09 : Alerte au fascisme historique et culturel
preview Histoire et culture, la propagande brune… Nous invitons la population Mirapicienne, Ariégeoise, ainsi que tous les citoyens, touristes de passage, à s’informer sur les spectacles du centre équestre des Centaures. Un évènement populaire que sont les Fêtes Historiques de Mirepoix ne doit pas accueillir avec des financements publics (commune de Mirepoix, département de l’Ariège, Région… afficher en ligne.
Communiqué VISA 93 contre l’instrumentalisation de la parole des élèves du lycée Jean Renoir à Bondy
preview Au lycée Jean Renoir de Bondy, des élèves ont témoignés de propos et de comportements racistes de la part de certains personnels. Ces témoignages doivent être entendus pour ce qu’ils sont : des alertes sérieuses concernant des atteintes à la dignité et à l’égalité au sein d’un établissement public dont la mission première est de… afficher en ligne.
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