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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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(re)Penser notre syndicalisme Conditions de travail

Mangeons les riches

Dans Expressions Solidaires : N°113

L’immense majorité de la population peine à boucler les fins de mois, et 35 % des personnes déclarent ne plus faire trois repas par jour. Dans le même temps, les milliardaires s’empiffrent, voyant leurs fortunes s’envoler à des niveaux indécents.

La phrase de Rousseau n’était peut-être pas si saugrenue ? une prophétie ? : “Quand le peuple n’aura plus rien à manger, il mangera le riche.” Car le choix est simple : manger les riches… ou mourir à petit feu !

Et eux que nous serinent-ils avec le patronat dans la presse et sur les plateaux TV ? Qu’on veut trop les taxer ! Qu’ils ont « peur » !

Peur de quoi ? De voir le fruit de notre travail enfin redistribué ? Leur seule véritable inquiétude est que nous nous organisions, que nous nous levions pour aller chercher notre dû ! Les voir paniquer nous conforte dans nos exigences, claires et non négociables :

  • Abrogation immédiate de la réforme des retraites de 2023 : hors de question de travailler plus longtemps pour enrichir les actionnaires !
  • Augmentation générale des salaires et des minima sociaux pour garantir une vie digne pour toutes et tous.
  • De l’argent, et vite, pour nos services publics ! Pour la Sécurité Sociale, l’Hôpital, l’École…

Cessons de sacrifier nos vies pour leur profit !

Le combat est global. Il faut stopper la machine qui fabrique les inégalités et l’oppression. Nous devons nous mobiliser sans relâche contre le capitalisme, qui nous exploite et pille la planète, mais aussi contre le racisme, le patriarcat et toutes les discriminations qui divisent notre camp social.

Nous serons dans la rue le 2 décembre pour nos salaires, le 18 décembre pour la Journée internationale des migrant·es. Nous serons en grève le 8 mars pour les droits des femmes. Nous serons là, à chaque appel, pour faire front.

Pas d’économies sur nos vies !

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Antihiérarchie antimilitarisme Éducation

Service militaire volontaire : pour SUD éducation, la militarisation de la jeunesse, c’est toujours non !

Emmanuel Macron accentue et accélère la logique belliciste dans laquelle il s’enferme. Annoncé depuis de longs mois, le rétablissement du service militaire, sur la base du volontariat, est désormais devenu concret lors de la visite, à Varces, du Président venu s’exprimer auprès de la 27e Brigade d’infanterie de montagne. La forme qu’il prendra, les mesures qu’il comprend, son plan de déploiement et son coût ont été dévoilés : estimé à 2 milliards d’euros pour 2026, ce dispositif devrait enrôler, à partir du prochain été, 3000 volontaires, âgé·es entre 18 et 19 ans avec un objectif de 10 000 conscrit·es pour 2030 et 50 000 pour 2035. Les volontaires seront notamment recruté·es lors de la journée de défense et de sécurité, transformée en « journée de mobilisation ».

Ce service militaire, quoique volontaire, s’inscrit dans une volonté affichée de militarisation de la jeunesse. Il prolonge le plan de « réarmement » que ne cessent de déployer Macron et ses gouvernements successifs et qui se manifeste dans des choix budgétaires, des mesures au service de l’armée et de la défense, une rhétorique martiale. Ce service militaire vient appuyer et valider le scandaleux discours « va t’en guerre » du chef d’état major des armées devant le congrès des maires de France : il illustre la pression mise par le militaire pour un enrôlement de la jeunesse, la préparation des esprits pour « accepter de perdre ses enfants ».

Ce service militaire vient prendre la suite du service national universel, mesure phare des quinquennats de Macron à laquelle il a dû renoncer faute d’adhésion de la jeunesse à ce dispositif onéreux, largement décrié et combattu. À travers ce service militaire, le Président bafoue les revendications portées par la jeunesse, les organisations syndicales, les collectifs mobilisés contre le SNU. Il renie également des décennies de lutte pour la suspension de l’ancien service militaire obtenue en 1997.  SUD éducation s’oppose à cette mesure qui franchit un cap dans la militarisation de la jeunesse et la combattra avec la même détermination que nous avons combattu le SNU.

Ce service militaire s’accompagne de toute une série de dispositions qui engagent l’Éducation nationale et renforcent les relations déjà très étroites entre l’école et l’armée. Ainsi, les classes défense, dispositif qui permet de nouer des partenariats entre des établissements scolaires et les forces de défense et de sécurité, verront leur durée étendue de un à trois ans. Les établissements scolaires devront, par ailleurs, organiser la participation des élèves à au moins une journée commémorative par an. Enfin, les élèves de seconde devront être incité·es à faire leur stage de fin d’année dans l’armée.

SUD éducation dénonce ces dispositifs qui vont à l’encontre du projet d’école émancipatrice que nous portons. Nous refusons que les missions de l’école soient dévoyées pour en faire un espace d’enrôlement et d’embrigadement de la jeunesse. Le service militaire annoncé par Macron et les mesures qui l’accompagnent traduisent une dangereuse mainmise de l’armée sur la jeunesse, instrumentalisant l’école au service de cet objectif, captant des moyens qui font défaut à un service public d’éducation en souffrance, incapable d’accueillir dans de bonnes conditions l’ensemble des élèves. Ce projet ne répond en rien aux besoins et préoccupations d’une jeunesse dont la santé mentale s’est largement dégradée comme le révèlent les enquêtes de Santé publique France. Elle  manifeste son inquiétude pour l’avenir de la planète et se heurte à une sévère répression dès lors qu’elle s’engage pour la justice sociale et climatique.

SUD éducation appelle à construire la résistance à ce service militaire, nouvelle démonstration du mépris du gouvernement envers la jeunesse. SUD éducation invite les personnels de l’éducation nationale à refuser toute participation aux dispositifs mis en place pour faire pénétrer l’armée dans les écoles et à se mobiliser contre la militarisation de la jeunesse et de la société.

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Antihiérarchie antimilitarisme

Service militaire volontaire : non à l’embrigadement de la jeunesse !

Après le fiasco du Service national universel, Emmanuel Macron récidive en proposant un Service militaire volontaire de 10 mois à deux milliards d’euros pour des jeunes de 18 et 19 ans, femmes et hommes, sélectionné∙es pour suivre une formation militaire sur le territoire national, et mobilisables ensuite en cas de “crise majeure”. Pour l’Union syndicale Solidaires, les politiques qui doivent être mises en place pour la jeunesse sont à l’opposé de leur exploitation par les armées. Les jeunes ont d’autres attentes, besoins et aspirations, à commencer par l’accès à des revenus décents, à des emplois et des services publics de qualité notamment dans la santé, et à une formation émancipatrice et gratuite.

Le service militaire volontaire est une version remilitarisée du SNU, pour répondre aux nouvelles menaces, russe notamment. Il s’inscrit dans la politique de réarmement voulue par Macron, avec des conséquences économiques et sociales désastreuses à l’heure où chaque dépense est comptée dans l’élaboration du budget 2026. L’utilité de cette dépense de deux milliards est hautement discutable dans la mesure où peu de jeunes seront formé∙es, affecté∙es à des tâches subalternes, et où le dispositif mobilisera du personnel d’active dans des tâches d’encadrement. C’est une main-d’œuvre bon marché pour les casernes et l’opération Sentinelle que Macron souhaite en réalité !

Le président de la République et le gouvernement prétendent aussi agir pour favoriser l’engagement des jeunes et la cohésion sociale. Mais les jeunes n’ont pas besoin d’être mis∙es au pas pour que la société se porte mieux. Ils aspirent seulement à devenir adultes dans une société moins inégalitaire et plus juste. La politique économique menée a aggravé les situations de grande précarité pour la jeunesse, et Santé publique France alerte continuellement sur l’état de la santé mentale dans cette classe d’âge.

Pas d’économies sur la jeunesse !

Le gouvernement prône l’engagement des jeunes mais réprime toutes les mobilisations lycéennes et étudiantes.

Le gouvernement dépense 2 milliards pour enrôler quelques milliers de jeunes. L’Union syndicale Solidaires revendique au contraire l’extension du RSA aux 18-25 ans, l’abrogation de Parcoursup et un plan d’ampleur pour créer des places dans l’enseignement supérieur public.

Paris, le 2 décembre 2025

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(re)Penser notre syndicalisme Luttes antivalidistes

Non au validisme : pour une société inclusive ! 3 Décembre : Journée internationale des personnes handicapées

Publié le 3 décembre 2025

Ce 3 décembre doit être l’occasion de parler du validisme. Le validisme est un système d’oppression qui valorise la norme valide et dévalorise celles et ceux dont le corps, les sens ou les capacités cognitives ne correspondent pas à cette “norme”. Le validisme organise ainsi l’exclusion et la maltraitance des personnes en situation de handicap.
Il opère dans tous les pans de la société.

Un continuum de violences

Le validisme s’inscrit dans un continuum de violences. Comme pour les violences faites aux femmes, on retrouve un continuum de violences insupportables :

  • cela commence par des micro-agressions et l’usage d’un vocabulaire injurieux (“autiste”, “schizo”, “mongol” etc.)
  • cela se poursuit par des humiliations, de la relégation (inaccessibilité des lieux et refus de droit) ;
  • cela peut conduire jusqu’aux violences physiques et à la mort.

Ce continuum est visible dans l’affaire Pormanove. 

La mort de Jean Pormanove, humilié en direct sur une plateforme, est la manifestation cruelle et intolérable de ce système. Ce n’était pas un simple “fait divers” : c’était le résultat d’un harcèlement qui a pu se dérouler parce que notre société tolère le validisme.

C’est parce qu’il a été assigné comme personne en situation de handicap que Jean Pormanove a été ciblé, insulté, méprisé, surnommé « Cotorep ». C’est parce qu’il est un homme handicapé sous curatelle, avec une enfance passée en IME que Stéphane Guy surnommé « Coudoux » est moqué, frappé, piégé (surnommé le « béluga »).

C’est parce que notre société tolère le validisme que ce harcèlement a pu se dérouler sans réaction suffisante de sa part et conduire à la mort de Jean Pormanove.

Le validisme, un impensé politique et social

Les institutions et le monde politique, qui devraient être exemplaires, se montrent bien trop souvent complices de ce système.

  • Les termes validistes sont encore monnaie courante, même chez les ministres. L’utilisation d’un trouble (comme l’autisme) ou d’une déficience sensorielle (comme la surdité) comme insulte contribue à la stigmatisation et au rejet. «On n’est pas sourds, on n’est pas autistes» disait dans le journal de France 2, le nouveau Ministre du Travail, monsieur Farandou le 13 octobre dernier. 
  • Malgré les lois, l’inaccessibilité reste la règle dans le logement, les transports, l’emploi, les formations, les espaces culturels et même, trop souvent, au sein d’organisations militantes.
  • Les personnes handicapées, qui représentent 16 % des Français·e, sont cantonnées au statut de “faire-valoir” et sont exclues des lieux de décision.

Quand l’idéologie d’extrême-droite menace les droits

Plus grave encore, les discours portés par l’extrême-droite proposent d’institutionnaliser cette dévalorisation. En promouvant la “préférence nationale” et en questionnant l’accès aux droits sociaux (comme l’AAH) pour une partie des personnes handicapées, elle renforce l’idée que certaines vies ont une “moindre valeur” et que la solidarité doit être sélective. Ces idéologies nourrissent la haine et menacent la construction d’une société réellement inclusive. 

N’oublions pas non plus l’histoire : sous le régime nazi, l’idéologie validiste a conduit à l’extermination de plus de 200 000 personnes handicapées dans le cadre du programme T4, considérées comme « indignes de vivre ».

Exiger une société pleinement inclusive

Pour Solidaires, le handicap n’est pas un problème uniquement médical, mais avant tout un problème sociétal. La société est organisée par et pour les valides, et c’est ce changement de paradigme que nous devons exiger.

L’Union syndicale Solidaires revendique :

  • L’application stricte des textes internationaux (notamment la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées de l’ONU que la France a ratifié en 2010) et nationaux pour une accessibilité globale (physique, numérique, cognitive) et l’autonomie.
  • Le respect et le renforcement des obligations d’emploi de travailleuses et travailleurs handicapé·es dans les entreprises et administrations.
  • l’inclusion progressive dans l’Éducation nationale des établissements médico-sociaux par le transfert des moyens et des personnels dans l’école publique, en concertation avec les personnels du santé-social, de façon à inclure tou·tes les élèves en situation de handicap au sein d’une seule école ;
  • Des moyens massifs pour les MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées) pour garantir un accès effectif et rapide aux droits (AAH, PCH, etc.).

L’Union syndicale Solidaires refuse une société qui trie et rejette. Notre combat, c’est celui de l’accessibilité partout ! C’est celui du droit au travail, à l’éducation et à l’autonomie, sans conditions ni chantage à la “préférence”.

Le validisme est l’affaire de toutes et tous. Parce que c’est en luttant contre toutes les formes d’oppression que nous construisons une société réellement inclusive, où chacun·e a sa place.

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antifascisme Conditions de travail

Les exigences sociales restent fortes : il y a urgence à une meilleure répartition des richesses

Déclaration du bureau national du 4 décembre 2025

L’actualité internationale reste marquée par une aggravation des conflits, de l’autoritarisme et des politiques d’austérité. En Palestine, les offensives israéliennes se poursuivent dans un contexte de colonisation et d’apartheid toujours plus violent. Au Soudan, les massacres et viols continuent tandis que la crise humanitaire s’aggrave. En Ukraine, la guerre d’agression russe se poursuit sur fond de négociations d’un « plan de paix » qui fait la part belle aux prétentions de la Russie et alimente la fuite en avant militariste des puissances occidentales. Ici comme ailleurs, il ne peut y avoir de paix durable sans paix juste. Partout, les gouvernements mènent des attaques contre les droits sociaux, les services publics, les associations et les libertés syndicales, avec une montée inquiétante de l’extrême droite et des politiques racistes. L’Union syndicale Solidaires adresse son soutien aux travailleurs et travailleuses de Belgique et du Portugal qui se mobilisent contre ces politiques. 

En France, la tentative d’imposer un budget d’austérité sans précédent s’est heurtée à une mobilisation importante du monde du travail. Le débouché des débats parlementaires en cours reste à ce jour incertains. L’évolution du PLF et du PLFSS reste surveillée avec attention. 

Ces projets maintiennent des coupes budgétaires sur les services publics et les associations. Ils continuent de faire payer les retraité·es, les travailleurs et travailleuses et les plus précaires. Quant aux assistés que sont les patrons des grandes entreprises et les plus fortunés, ils restent exemptés de participer à la hauteur de leurs revenus à l’impôt comme tout un chacun.

Les mêmes qui bénéficient d’importantes aides publiques refusent d’augmenter les salaires et multiplient les plans de licenciement. Dans ce contexte de destruction massive d’emplois il est indispensable que l’abandon de la lettre de cadrage d’une nouvelle réforme de l’Assurance chômage se concrétise sans prendre la forme d’un chantage à de nouvelles économies.

L’Union syndicale Solidaires n’assistera pas à l’inauguration de la conférence sociale demain. Sur nos retraites, nous refusons de discuter d’autre chose que d’une amélioration du système par répartition. Nous réclamons l’abrogation de la réforme de 2023, première étape pour un retour à un âge légal de 60 ans avec 37,5 annuités. 

L’Union syndicale Solidaires tire la sonnette d’alarme : la répression s’abat tout azimut sur celles et ceux qui font entendre des voix dissonantes. Plaintes contre des humoristes, des jeux de société, Fabien Villedieu (secrétaire fédéral de SUD Rail) ou la secrétaire générale de la CGT. L’Union syndicale Solidaires apporte son soutien plein et entier à Sophie Binet. Cette procédure-bâillon passe un cap, dans un contexte de répression antisyndicale qui s’intensifie de toutes parts, dans le public comme le privé. Les intentions des auteurs de la plainte sont claires : faire taire tout contre-pouvoir dans les entreprises, les administrations et les collectivités territoriales. C’est ce à quoi s’attache la direction d’Amazon qui a licencié ou sanctionné plusieurs élu·es SUD de l’entreprise. 

À Hénin-Beaumont c’est notre camarade Djelloul Kheris, élu SUD Collectivités Territoriales, qui est menacé de révocation. La liberté syndicale est une liberté fondamentale. En la protégeant, en refusant de nous taire, nous défendons les droits de toutes et tous. 

L’Union syndicale Solidaires appelle à se rassembler le 12 janvier à 11H devant la mairie d’Hénin-Beaumont en soutien à Djelloul et construira une mobilisation pour le respect des libertés syndicales chez Amazon. 

Les exigences de justice fiscale, sociale et environnementale restent fortes. Nous maintenons les débats budgétaires sous haute surveillance et nous mobiliserons dans les entreprises pour que les négociations sur les salaires soient à la hauteur des bénéfices engrangés. 

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Défense de nos libertés Répression

L’Alliance écologique et sociale affirme avec force son soutien à Sophie Binet après sa mise en examen

Sophie Binet est mise en examen pour injure publique. Cela fait suite à une plainte déposée par l’association Ethic, un lobby patronal proche des milieux d’extrême droite. Les propos reprochés à la Secrétaire générale de la CGT ont été tenus au sujet des menaces de délocalisation proférées par certains grands patrons en cas d’adoption d’une surtaxe sur les grandes entreprises dans le cadre du débat budgétaire.

Pour l’Alliance écologique et sociale, cette procédure-bâillon est inacceptable.

L’Alliance écologique et sociale partage la consternation de Sophie Binet à l’égard d’un grand patronat prêt à tout pour éviter une plus juste répartition des richesses, qui touche de l’argent public mais ne s’estime tenu par aucune obligation sociale et environnementale et qui est le premier responsable de la désindustrialisation du pays.

L’Alliance écologique et sociale est solidaire de Sophie Binet, victime d’une atteinte à la liberté d’expression et aux libertés syndicales, qui vient s’ajouter à la longue série de répression de militant∙es syndicaux∙ales, associatifs∙ves et écologistes, en France et à travers le monde. Le contexte est en effet alarmant, et de toutes parts des attaques se font jour, notamment de la part de l’extrême droite, pour museler toute voix discordante.

Militant∙es pour la justice sociale et environnementale, nous ne nous tairons pas ! Nous continuerons de défendre les libertés associatives et syndicales !

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Défense de nos libertés Répression

Communiqué Intersyndical : Quand la vérité offense, la solidarité s’impose !

Vous trouverez ci-dessous la déclaration commune signée par les Secrétaires généraux et générales, président, et co-déléguées générales de la CFDT, FO, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires affirmant leur solidarité avec Sophie BINET, Secrétaire générale de la CGT, inquiétée par la justice suite à l’usage d’un dicton populaire dans le débat social.

Ce texte réaffirme l’attachement commun à la liberté d’expression syndicale, notre refus de voir les échanges sociaux déplacés devant les tribunaux, ainsi que la détermination à dénoncer les comportements irresponsables de certains dirigeants économiques. Il rappelle également que la véritable force de notre économie repose sur les travailleuses et travailleurs qui, chaque jour, maintiennent “le navire à flot malgré les tempêtes.”


Nous, secrétaires générales, secrétaire généraux, président, co-déléguées, et responsables d’organisations syndicales, apprenons que Sophie BINET, Secrétaire Générale de la CGT, est inquiétée par la justice pour avoir usé d’un dicton imagé et bien ancré dans la sagesse populaire face à l’attitude de certains dirigeants économiques.

Nous refusons l’hypocrisie. Nous refusons que le débat social se tranche dans les prétoires.

À l’attention de ces chefs d’entreprises qui s’offusquent des mots tout en méprisant les actes : n’est-il pas violent de menacer de quitter le « vaisseau France » après avoir accumulé des fortunes grâce aux aides publiques, aux infrastructures et au système éducatif de notre pays ?

Considérant que les véritables héros de notre économie sont les « marins » — les travailleurs et travailleuses — qui s’activent avec constance pour faire avancer le navire, même dans la tempête ; Considérant que menacer de l’abandonner au moindre coup de vent budgétaire relève d’une ingratitude civique profonde ; Nous l’affirmons, « Les rats quittent le navire », n’est pas une injure, mais le constat amer d’un comportement irresponsable. Elle illustre une réalité : celle de la fuite des capitaux et des responsabilités face à l’effort collectif.

Si qualifier ainsi la déloyauté envers la Nation est un délit, alors nous sommes toutes et tous coupables de clairvoyance.

C’est sereinement et solidairement que nous attendons la réaction des esprits chagrins, dont la préoccupation devrait être de rendre des comptes à la collectivité plutôt que de bâillonner la parole syndicale.

Nous faisons nôtre cette liberté de ton.

Marylise Léon (secrétaire générale de la CFDT)
Frédéric Souillot (secrétaire général de FO)
François Hommeril (président de la CFE CGC)
Laurent Escure (secrétaire général de l’UNSA)
Murielle Guilbert (co-déléguée générale Solidaires)
Julie Ferrua (co-déléguée générale Solidaires)
Caroline Chevé (secrétaire générale de la FSU)

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Accidents du travail

Accidents du travail : pas d’économies sur nos vies !

Dans son rapport pour l’année 2024, l’assurance maladie recense 1297 morts liées au travail (10 de plus qu’en 2023) dont 219 en maladies professionnelles (14 décès supplémentaires par rapport à 2023) et 764 accidents du travail (5 de plus que l’année précédente).

Ce chiffre insupportable est par ailleurs bien en dessous de la réalité puisqu’il ne comprend que partiellement les accidents du travail. En effet, une partie des accidents survenus ne sont pas déclarés comme tels, les employeurs faisant en sorte que les déclarations ne soient pas faites pour ne pas engager leur responsabilité. De plus, les accidents survenus dans la fonction publique ainsi que pour les agriculteurs et agricultrices notamment n’y sont pas intégrés.

Si le secteur de l’industrie est une nouvelle fois particulièrement touché par les accidents du travail mortels, il faut souligner la forte hausse dans deux secteurs qui sont ceux des transports et de l’alimentation avec 13% et 20% d’augmentation. Les jeunes ne sont pas épargné∙es, en raison d’un recours croissant aux stages et à l’apprentissage.

Pour Solidaires, ces chiffres sont inacceptables. Personne ne devrait perdre sa vie à la gagner. Ces accidents et décès sont le reflet d’organisations pathogènes du travail mises en place pour faire passer les profits avant la santé, la sécurité et la vie des travailleurs et des travailleuses. La précarité, la sous-traitance en progression accentuent aussi le nombre d’accidenté∙es. Enfin, les agent∙es de contrôle de l’inspection du travail sont de moins en moins nombreux pour contrôler les employeurs, de même les agent∙es de la CARSAT, et donc moins de contrôle induit plus d’accidents.

Pour aider les salarié∙es face à ces risques, Solidaires continue de mener son plan d’action contre les accidents du travail qui propose aux travailleuses et travailleurs des outils pour déclarer, réparer et prévenir les accidents du travail. Il est indispensable que le sujet de la santé au travail s’impose.

Solidaires s’implique également dans les assises de la santé et de la sécurité des travailleuses et des travailleurs et chaque 28 avril dans la journée mondiale de la santé et la sécurité au travail.

Pour que personne ne perde sa vie à la gagner, Solidaires revendique :

  • Le rétablissement des CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) dans le privé comme dans la fonction publique, dont les prérogatives ont été largement édulcorées avec leur intégration au sein des comités sociaux.
  • Une politique pénale du travail sévère poursuivant les employeurs en cas de manquements aux règles de prévention des risques professionnels et les condamnant fermement en cas d’accidents graves au travail.
  • Un contrôle accru de la mise en œuvre des DUERP (documents uniques d’évaluation des risques professionnels) dans toutes les entreprises.
  • La suppression du recours à la sous-traitance et à l’intérim dans toutes les activités à risques (BTP, nettoyage, agriculture, nucléaire…).
  • L’élargissement du droit de veto à propos des questions de santé.
  • La création d’une instance en santé et conditions de travail dans les entreprises de plus de 20 salarié∙es.
  • La mise en place d’un service public de santé au travail et la création d’un corps de médecin du travail indépendant des directions d’entreprises, avec une forte augmentation du recrutement.
  • Une indemnisation intégrale de toutes les victimes, et de leurs ayants droit, d’accidents du travail et de l’ensemble des maladies dues au travail, au-delà des seules maladies professionnelles actuellement reconnues.
  • L’élargissement de la liste des maladies professionnelles notamment aux maladies psychiques et aux polyexpositions à des produits nocifs.
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Commerce Conditions de travail Répression

À Amazon comme partout ailleurs, le syndicalisme Solidaires vivra !

Le syndicalisme n’a jamais été du goût de l’entreprise Amazon. Encore moins quand c’est un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. Et que celui-ci l’a contraint à respecter la santé des salarié-es comme lors de la période COVID.

Car le monde d’Amazon et son rêve, ce sont des salarié-es précaires et serviles, dévoués corps et âmes à leur employeur et son chiffre d’affaires. Pour être, une fois usé-es et brisé-es par un travail avilissant, jetés comme des mal propres et être aussitôt remplacés par une nouvelle génération de travailleurs et travailleuses précaires. Face à Amazon, musée des horreurs sociales, les salarié-es se défendent et font respecter le droit du travail. C’est cette dignité dont veut les priver leur employeur et qui utilise n’importe quel prétexte pour sanctionner et licencier. Plusieurs sites Amazon France Logistique sont concernés, Douai, Brétigny ou encore Saran. La direction nationale à Clichy est prévenue : c’est à elle d’agir maintenant pour mettre un terme à cette situation intolérable.

Face à la répression, les salarié-es ont décidé de se lever. À Lille le 27 novembre devant la DREETS des Hauts de France à 9h pour accompagner Tatiana engagée dans un recours contre son licenciement. À Brétigny le 28 novembre à 12h pour les conditions de travail et contre les licenciements dont est victime notre équipe locale. Face à la répression, l’Union syndicale Solidaires restera inflexible. Elle soutient ces luttes et appelle à les rejoindre massivement.

La violence patronale détruit des vies : elle doit être combattue pour permettre enfin la justice sociale. Les salarié-es ont des droits et doivent pouvoir les faire respecter grâce à leur outil syndical.

Ici et en tout lieu de travail où notre syndicalisme est empêché, nous serons là et ne lâcherons rien.

Paris, le 25 novembre 2025

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Retraites

Note mensuelle de l’UNIRS novembre 2025

Publié le 26 novembre 2025 par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Au sommaire de cette note mensuelle de l’UNIRS :

  • Manifestations retraité·es du 6 novembre
  • Assemblée générale de l’Unirs
  • Démarches complexes pour les usagers des services publics
  • Non aux économies sur les dépenses de santé
  • Le projet de budget de la Sécu sacrifie les hôpitaux
  • Le père Noël est une ordure
  • Le sentiment d’isolement des personnes âgées bondit
  • Services publics « Trop de points d’accueil fermés »
  • La distance physique, un obstacle à l’accès aux services publics
Note Unirs 135 novembre 2025 1
Note Unirs 135 novembre 2025 2
Note Unirs 135 novembre 2025 3
Note Unirs 135 novembre 2025 4

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