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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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(re)Penser notre syndicalisme Seule la lutte paie ! Solidarité !

Parlons de quand on gagne #1 – À Solidaires, la lutte paie

Entretien réalisé pour le site Syndicalistes !

Dans nos syndicats, on parle beaucoup de la situation politique ou de nos revendications, mais trop peu de ce qu’on obtient effectivement. Pourtant, c’est bien là le but final de notre action : gagner des améliorations des conditions de travail de vie. La syndicalisation, la participation aux mobilisations, etc. ne sont que des moyens pour arriver à des gains concrets. La réussite de notre action doit donc se mesurer d’abord au niveau de ce qu’on gagne.

Et malheureusement, trop de victoires syndicales ne sont pas assez mises en avant alors qu’elles sont le premier argument à mettre en avant pour syndiquer des personnes éloignées du militantisme [1] (plus que de bons slogans ou la radicalité du programme). Mettre en avant le victoires, c’est aussi se donner les moyens de partager ce qui marche, de faire en sorte que tout le syndicat reprenne ce qui a marché quelque-part pour le gagner partout ailleurs. Et c’est aussi se forcer à regarder en face ce qu’on gagne réellement, pour permettre de poser la questoin suivante : comment mieux nous organiser, comment changer notre fonctionnement, pour engager davantage de luttes, les gagner plus souvent, et gagner davantage ?

Première épisode de cette série : un entretien avec Aurélien Boudon, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, autour de la publication d’une compilation des victoires obtenues au cours de l’année 2025 intitulée La lutte paie ! Ce livret met en avant 31 avancées gagnées par des syndicats Sud/Solidaires, que ce soit par la grève ou l’action juridique.

Qu’est-ce qui a motivé cette compilation ?

Au niveau interprofessionnel, les victoires sont rares et le poids des défaites passées pèse sur la capacité à mobiliser. Pourtant, nous savons qu’au niveau local ou sectoriel de nombreuses luttes sont victorieuses. L’idée, c’était de mettre en avant le fait que « Seule la lutte paie ! » n’est pas qu’un slogan incantatoire mais bien une réalité. C’est une idée qui nous est venue de nos échanges internationaux : le syndicat basque ELA, au Pays basque Sud, tient à jour un cahier des victoires. Notre internationalisme se nourrit aussi de la mutualisation des bonnes pratiques, de ce qui fonctionne dans d’autres pays.

Et nous avons aussi fait le choix de mettre en avant toutes les avancées conquises par l’action militante, même si souvent ce ne sont pas des victoires complètes. Ce n’est pas parce que la plateforme revendicative n’a pas été gagnée en intégralité qu’on ne peut pas revendiquer les conquis.

Comment concrètement ça a été fait pour remonter les infos ? Est-ce que vous vous rendez compte qu’il y a des « trous dans la raquette » ?

La compilation se limite en effet aux remontées que nous avons pu compiler. Il y a donc forcément des trous dans la raquette et tant mieux car ce serait sans doute un peu maigre si cela représentait l’intégralité des victoires sur un an ! Ce n’est pas exhaustif et on l’a précisé.

Nous publions par ailleurs un bulletin Solidaires en action ! qui recense les luttes menées durant l’année. L’édition de cette brochure a été l’occasion de revenir prendre des nouvelles de toutes les luttes relayées pendant l’année pour savoir ce qui avait pu être obtenu. Cela a permis d’en constituer la charpente.

Solidaires est un syndicat de luttes, est-ce que ça conduit à réfléchir sur la place des luttes dans le syndicat ?

Chacun peut mesurer qu’il y a un réflexe assez important chez les collègues qui viennent voir le syndicat : c’est de tenter de se réfugier derrière le droit. Face à une situation injuste, on attend de la loi qu’elle nous protège. C’est à la fois une bonne chose de s’informer sur ses droits et en même temps une forme de renoncement. Le droit est le produit de rapports de forces et son application également. Il y avait un enjeu à ce que ce recueil ne soit pas le reflet de cette tendance. Nous avons arbitré de faire figurer les victoires sur le terrain juridique lorsqu’elles produisaient de nouveaux droits et étaient appuyées par une lutte collective. C’est par exemple le cas pour le versement rétroactif des primes d’éducation prioritaire (REP/REP+) aux Assistants d’éducation et AESH (Accompagnant·es d’élèves en situation de handicap), qui sont le produit de plusieurs années de lutte de leur part [2] .

Est-ce que ça a provoqué des réflexions sur comment adapter l’outil syndical pour gagner davantage de choses ?

C’est une réflexion qui est engagée de manière quasi-permanente mais de manière plus organisée depuis notre dernier congrès puisque nous avons décidé d’un débat « à toutes les échelles » sur « quel outil syndical serait plus utile qu’aujourd’hui aux salarié·es ». Le choc post-dissolution en 2024 a également nourri ces réflexions. Ces débats sont en cours mais ne sont pas simples : on peut pratiquer un syndicalisme qui veut tout transformer… sauf ses manières de fonctionner.

Est-ce que ça va être pérennisé ?

Oui, en effet on compte l’éditer chaque année en espérant ne jamais être à court pour le remplir ! Si les luttes qui gagnent peuvent en inspirer d’autres, cela ne peut être que bénéfique. Mais en vérité, une lutte perd rarement totalement. Parce que quand vous avez mené un mouvement de grève avec vos collègues, ça change les relations sur le lieu de travail et ça renforce la solidarité. Ça permet aussi de remettre le travail, les salaires, les inégalités au centre des discussions.


[1] Comme le raconte Unai Oñederra dans « Comment syndiquer et politiser les personnes éloignées de la gauche », 2025, en ligne.

[2] Voir ici un récit de ces avancées : Bruno Chaniac, « Comment le juridique peut-il être un appui des luttes syndicales ? Sud Éduc et les précaires de l’Éducation nationale », en ligne.

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antiracisme Défense de nos libertés

Non au « Règlement retour » ! Ne laissons pas l’Union européenne (UE) céder à l’inhumanité et à la xénophobie

Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs:

Le « Règlement retour », adopté par le Parlement européen jeudi 26 mars 2026, constitue une nouvelle étape de la politique migratoire indigne qui transforme l’Europe en une forteresse et la rend complice de violations répétées des droits humains. L’objectif est une fois encore de renforcer la politique d’expulsions des étrangères et étrangers en situation irrégulières, qui sont déjà quotidiennement maltraité-e-s dans la plupart des Etats, et soumis-es à des procédures attentatoires aux droits et libertés fondamentales. Sous les applaudissements nourris des eurodéputé-e-s d’extrême droite, et de celles et ceux de droite qui les ont rejoints sans honte, le Parlement fait un pas de plus vers l’infamie. Ces propositions évoquent la brutale politique de l’immigration étatsuniennes dont l’ICE est l’incarnation.

  • La création des « hubs de retour », ces centres d’expulsion pour migrant-e-s, installés dans des Etats extérieurs à l’UE, autoriserait à détenir dans des pays où elles n’ont aucun lien, puis à expulser par la force, des personnes déboutées de l’asile. Cette nouvelle externalisation serait institutionnalisée sans contrôle ni garde-fou réel – loin de yeux et des oreilles des ONG, là où le respect des droits fondamentaux est souvent négligé. La possibilité d’enfermer des mineur-e-s, de confisquer les documents d’identité, l’allongement de la durée de rétention de 18 à 24 mois – le dispositif prévoyant même au mépris de toutes les des normes juridiques internationales la possibilité d’une durée illimitée quand un risque pour la sécurité serait identifié – constituent à l’évidence un pas supplémentaire vers la légalisation de la criminalisation des personnes migrantes.
  • L’application de ce texte généraliserait une traque policière organisée et discriminatoire, alors que le harcèlement policier sème déjà la terreur auprès des personnes étrangères ou racisées. Le dispositif rendrait possible de restreindre leur liberté de circulation, de fouiller leurs effets personnels, d’autoriser les perquisitions sur les lieux de vie, et instaurerait une interdiction d’entrée sur le sol européen de façon permanente.
  • Autorisant le partage de données à caractère personnel avec des pays ne disposant pas de garanties suffisantes, le règlement inclut aussi une reconnaissance mutuelle des décisions prises par tel ou tel Etat membre, l’objectif étant par exemple qu’une décision prise en France puisse s’appliquer en Espagne et vice versa.

De telles mesures constituent des violations des droits fondamentaux, exposeraient davantage de personnes à des situations dangereuses, accroitraient leur vulnérabilité et leur précarité juridique et sociale. Dénonçons ces choix coercitifs, punitifs, ces politiques mortifères et inhumaines !

Les migrations et les personnes en exil ne sont pas des menaces ! Nous devons renouer avec l’hospitalité, offrir protection, logement, soins, éducation, et accès aux droits à celles et ceux qui participent pleinement à la richesse économique, sociale et culturelle des sociétés où elles et ils trouvent refuge et vivent.

Les trois institutions de l’UE – la Commission, le Conseil et le Parlement – vont désormais entamer des négociations afin de mettre au point un texte final. Nous devons faire entendre notre indignation et empêcher l’Europe de bafouer toutes ses valeurs humanistes !

Les organisations du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs appellent à une large mobilisation de la société civile, des citoyennes et citoyens, pour dénoncer ce texte honteux et défendre un autre projet de société, humaniste, solidaire et égalitaire.

Signataires : Attac ; CGT ; Femmes Egalité ; FSU ; LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Mémorial 98 ; MRAP ; Oxfam France ; Solidaires ; SOS Racisme.

Les organisations souhaitant signer le texte peuvent remplir ce formulaire

Paris, le 2 avril 2026

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Internationalisme Palestine

Flottille pour Gaza : Solidaires engagé

Dans les prochains jours, une flottille partira en direction de Gaza. L’Union syndicale Solidaires prend toute sa place dans cette initiative, aux côtés d’associations, d’ONG, d’organisations syndicales et de forces politiques réunies dans la campagne française pour la Flottille Liberté.

Des camarades seront à bord. Leur présence s’inscrit dans une volonté claire : ne pas rester spectateurs face à une situation humanitaire dramatique.

À Gaza, la population subit depuis des années un blocus qui organise l’asphyxie du territoire. L’accès aux soins, aux médicaments, aux produits essentiels est de plus en plus restreint. La flottille vise à acheminer une aide indispensable, mais aussi à dénoncer cette situation insoutenable.

Face à l’inaction des gouvernements et à la gravité de la situation, la solidarité ne peut pas attendre. Nous continuerons à agir.
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antifascisme Collectivités territoriales

Collectivités territoriales : ANTIFASCISTES TANT QU’IL LE FAUDRA !

Motion adoptée par la Fédération SUD Collectivités Territoriales réunie en congrès

La progression de l’extrême droite lors des élections municipales ne tombe pas du ciel, elle est notamment le produit direct des politiques antisociales menées au service des plus riches, qui organisent la précarité, détruisent les services publics et fracturent la société et le monde du travail. Elle est également le fruit du racisme, de la xénophobie et de notre histoire coloniale.

Les résultats du 1er tour en sont une illustration concrète.

Nous, Fédération SUD Collectivités Territoriales, réaffirmons que l’antifascisme est indissociable de notre projet syndical. Il ne s’agit pas d’une posture mais d’un engagement concret, quotidien, pour défendre les droits des travailleurs et travailleuses, nos libertés publiques et l’égalité de traitement pour toutes et tous.

Face à l’extrême droite, il ne peut y avoir ni neutralité ni compromis.

C’est par nos luttes, nos mobilisations et notre capacité à construire un rapport de force que nous pourrons inverser la tendance.

On ne baissera pas les bras ! Antifascistes tant qu’il le faudra !

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(re)Penser notre syndicalisme Conditions de travail Énergie

Hausse des prix du carburant et de l’énergie : il y a urgence à augmenter nos salaires !

L’agression militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a déclenché un choc pétrolier dont les effets se font directement ressentir sur notre niveau de vie. Pour qu’aller travailler ne coûte pas encore plus cher, il nous faut des mesures d’urgence.

Augmenter les salaires

La forte augmentation des prix à la pompe pèse directement sur nous. À cela s’ajoute parfois la facture de gaz ou de fioul. Alors que l’inflation repart en forte hausse, à 2,5% en mars, les salaires sont bloqués et les aides du gouvernement ne sont orientées que vers les entreprises. Nous revendiquons des augmentations immédiates de salaire pour vivre dignement et l’indexation des salaires sur l’inflation.

Encadrer les prix

Comme l’eau, l’énergie est un besoin essentiel pour se déplacer ou se chauffer. Ses prix doivent donc être sortis du marché spéculatif. Plutôt que d’enrichir les actionnaires il faut répondre aux besoins vitaux de la population. Nous revendiquons le blocage des prix du carburant et l’encadrement des prix de l’énergie.

Taxer les sur-profits

Ce n’est pas la crise pour tout le monde ! Une filiale de Total Energie a ainsi réalisé 1 milliards de $ de bénéfices en mars en pariant sur la hausse du prix du baril. Les prix à la pompe ont grimpé dès le début du conflit alors qu’il faut plusieurs semaines entre l’extraction du pétrole et son arrivée à la pompe (transport, raffinage…) et sans rapport avec le coût du brut. En France, les compagnies pétrolières amassent en moyenne 11,6 millions d’euros de plus par jour depuis le début de la crise. Nous revendiquons la taxation des sur-profits réalisés sur la flambée des prix de l’énergie et la réappropriation publique du secteur de la production d’énergie.

Stopper l’agression militaire

Il faut agir pour mettre fin aux guerres d’agression aux conséquences humaines dramatiques qui n’ont pour seul motif l’accaparement des ressources et entraînent de graves conséquences pour les populations et la planète.

Développer les alternatives au tout-voiture

Loyers chers qui obligent à habiter loin de son travail, insuffisances du réseau de transports collectifs, horaires décalés… Trop souvent, la voiture est la seule option pour se rendre à son travail. Nous revendiquons que le Forfait mobilité durable devienne obligatoire pour l’employeur et l’investissement dans le service public pour développer de réelles alternatives au véhicule individuel et des politiques tarifaires incitatives, pouvant aller jusqu’à la gratuité.

Ce n’est pas aux travailleurs et travailleuses de payer leurs crises et leurs guerres.

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Accidents du travail

Courrier aux ministres du Travail, de l’Education, de l’agriculture et de la fonction publique suite aux décès d’élèves dans le cadre de stage

Publié le 3 avril 2026

Madame et messieurs les ministres,

Suite à notre premier courrier du 15 juillet 2025, nous nous permettons de vous écrire à nouveau concernant les tragiques décès de jeunes en formation, en apprentissage ou en stage d’observation.

Pour rappel, le 17 juin 2025, un élève de seconde générale, scolarisé au lycée polyvalent Curie-Corot de Saint-Lô, trouvait la mort sur le lieu où il exerçait son stage d’observation de fin d’année en milieu professionnel. Cet accident tragique du 17 juin 2025 n’était pas un fait isolé : le 30 avril 2025, un élève apprenti maçon âgé de 15 ans perdait la vie sur un chantier à Saint-Martin du Var ; le 16 mai 2025, c’est un lycéen préparant un bac professionnel qui trouvait la mort en Saône-et-Loire dans l’entreprise où il était en stage. Vendredi 27 juin 2025, une jeune femme de 19 ans, suivant une formation dans un lycée agricole de Corrèze, a elle aussi perdu la vie dans la ferme où elle était en stage. Vendredi 4 juillet 2025, dans le Maine-et-Loire, un jeune homme de 16 ans décédait, lui aussi durant son stage dans une exploitation agricole.

Suite à ces drames, nous avons fait parvenir à vos services un premier courrier, resté sans réponse. La France est aujourd’hui est le pays d’Europe qui compte le plus d’accidents du travail mortels par nombre de travailleurs·ses. Nous réitérons nos propos du mois de juillet 2025 : cette liste macabre signale un problème d’ampleur et montre la récurrence scandaleuse d’accidents mortels coûtant la vie à des jeunes en formation, en apprentissage ou stage d’observation.

Cette succession ne relève pas d’une coïncidence : c’est le résultat de choix politiques qui promeuvent un rapprochement toujours plus grand entre l’école et l’entreprise, une confrontation des jeunes au monde du travail toujours plus précoce et plus longue. Pourtant, la mainmise des entreprises sur la formation présente de nombreux risques contre lesquels nos organisations syndicales alertent depuis longtemps. La jeunesse, considérée comme chair à patron, est sacrifiée. Les chiffres officiels sont sans appel. En effet, le taux d’accident du fait du travail est bien plus élevé chez les jeunes : d’après l’INRS, les 15-24 ans connaissent en moyenne 2,5 fois plus d’accidents de travail que l’ensemble des salarié·es.

Avec l’augmentation des stages et des périodes de formation en milieu professionnel, les réformes successives de l’Éducation nationale poussent de plus en plus de jeunes, de plus en plus tôt et sur des périodes de plus en plus longues, dans les entreprises : « initiation à l’orientation » dès la classe de 5e, stage obligatoire de 15 jours en milieu professionnel pour les élèves de seconde générale et technologique, travail des élèves de lycée professionnel dès la seconde sur le choix à faire en terminale pour la poursuite d’études ou l’insertion sur le marché du travail. La libéralisation de l’apprentissage en 2020 a permis l’explosion du nombre d’apprenti·es (passé de 300 000 à plus de 800 000 nouveaux contrats par an entre 2018 et 2022) et la création de formations tous azimuts, mal (ou pas) encadrées, sans compter le nombre de formations fantômes délivrées par des organismes virtuels. Par contre, les jeunes sont bien présent·es dans les entreprises et y travaillent, souvent comme n’importe quel·le salarié·e. Cette professionnalisation des parcours scolaires sert les intérêts du patronat, à qui elle fournit une main d’œuvre exploitable et bon marché, voire gratuite et à la charge de l’État. Les jeunes, quant à elles et eux, sont attiré·es vers le monde de l’entreprise à coups de gratifications dérisoires. Cette introduction des jeunes dans les lieux de travail s’opère sans que soient prises les mesures nécessaires pour assurer leur santé et leur sécurité, pour prévenir les risques auxquels ces jeunes sont exposé·es.

Cette situation, compte tenu des conséquences tragiques qu’elle a trop souvent, impose des mesures urgentes pour protéger les élèves et les jeunes en formation. En raison des risques encourus, les stages en milieu professionnel et les périodes en entreprises des élèves doivent être limités et strictement encadrés.

À ce titre, nos organisations demandent :

– une révision du code de travail pour intégrer précisément les droits des élèves stagiaires et des jeunes en formation, garantir l’exercice de ces droits, prévenir les nombreux risques professionnels auxquels ces jeunes sont confronté·es comme l’ensemble des travailleurs·euses ;

– le rétablissement de l’autorisation préalable délivrée par l’inspection du travail pour l’emploi de jeunes mineurs à des travaux dangereux, supprimée en 2015 ;

– l’élargissement de la procédure de retrait des jeunes travailleur·euses, des apprenti·es et des stagiaires en cas de situation dangereuse constatée par l’inspection du travail ;

– le rétablissement d’un véritable contrôle par l’Etat des organismes de formation qui proposent et organisent les formations en alternance,

– un renforcement des services de l’inspection du travail pour pouvoir exercer les contrôles qui s’imposent afin de s’assurer que toutes les mesures sont prises par les employeurs pour encadrer les stagiaires et les apprenti·es, les accompagner sans les mettre en danger, respecter les conditions dans lesquelles les stages doivent s’effectuer ;

– du temps supplémentaire libéré de cours et rémunéré pour les enseignant·es, ainsi que des formations spécifiques, afin de pouvoir vérifier la qualité de l’accueil des élèves au sein des entreprises, d’assurer un suivi pédagogique, d’aller rencontrer les employeurs ;

– un accès gratuit et garanti aux équipements de protection individuelle pour tou·te·s les élèves, et ce dès le début de la scolarité en lycée professionnel ou en CFA, avant tout stage, y compris de simple observation, en milieu professionnel ;

– davantage de formations aux premiers secours à destination des élèves et des personnels de l’éducation nationale et de l’agriculture, et des mises à niveau régulières ;

– un renforcement des formations sur le droit du travail à destination des élèves et des jeunes en formation, notamment en termes de culture des risques professionnels, préalablement à toute présence dans le monde du travail. Ces formations doivent impérativement intégrer un module complet sur la prévention des violences sexuelles et sexistes au travail ;

– la suppression du parcours en Y pour les élèves de lycée professionnel, les conditions imposées sur les stages des 6 dernières semaines ne permettant pas un suivi de qualité ;

– la suppression du stage d’observation en milieu professionnel mis en place pour les élèves de troisième et de seconde générale et technologique. Ce dispositif avait été largement rejeté en conseil supérieur de l’éducation, il creuse les inégalités socio-économiques que subissent les élèves et s’oppose aux principes d’émancipation qui doivent guider les politiques éducatives.

Ces demandes sont nécessaires pour améliorer la protection de notre jeunesse et celle de l’ensemble des travailleurs et travailleuses. Devant leur urgence et la nécessité d’agir, nous nous réservons le droit de rendre public ce courrier.

Veuillez agréer madame et messieurs les ministres, l’expression de notre parfaite considération.

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Conditions de travail

Défendons le 1er mai chômé !

le gouvernement et le patronat veulent nous faire travailler le 1er mai. Une proposition de loi sera débattue le 10 avril à l’Assemblée pour s’attaquer au caractère chômé du 1er mai et étendre les critères de dérogation.

Le 1er mai est le seul jour chômé du calendrier : c’est le seul jour férié où on ne travaille pas MAIS où on est obligatoirement payés quand même.

Le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. C’est une date internationale qui commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs, marquées notamment par des événements tragiques, comme la fusillade de Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives.

Les partisans du projet de loi prétendent que la loi serait en faveur des petits commerces, c’est complètement faux ! Les petits commerces peuvent déjà ouvrir, à condition de ne pas faire travailler leurs salarié·es. Et les secteurs indispensables, comme les hôpitaux, travaillent bien sûr le 1er mai. La loi profitera donc aux grands groupes (chaînes de fleuristes, grande distribution…)

C’est sur la base du volontariat : L’exemple du travail du dimanche nous montre que le volontariat est très théorique. Il n’est pas toujours facile de dire non à son patron, notamment dans les petites entreprises. Et demain, posera-t-il même la question? Au contraire, les dérogations ont tendance à s’étendre et devenir la règle.

Ce sera payé double : Non. On travaillerait un jour de plus qui serait payé, mais pas double.

Mobilisons-nous le 10 avril pour défendre le 1er mai !

À Paris, rassemblement à partir de 8h30 devant l’Assemblée nationale.

Courrier intersyndical aux député·es

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antiracisme Défense de nos libertés Éducation Les travailleur·euses n'ont pas de pays ! Luttes migrant·es

Samedi 11 avril Versailles : Immigration : indifférence, indignation, déshumanisation

Date : *Samedi 11 avril 2026* à *14 h 00*

Lieu : *Salle Montgolfier à l’Hôtel de ville de Versailles*

Nous recevrons *Catherine Wihtol de Wenden*, politologue française, spécialiste de la question des migrations, autour de son dernier ouvrage /Immigration : indifférence, indignation, déshumanisation/

(Éditions Autrement <https://www.autrement.com/immigration-indifference-indignation-deshumanisation/9782080447630> 2025).

En partenariat avec l’association *Réseau Education Sans Frontières* (*RESF*) ———————————————————————— *Présentation de l’éditeur*

« La souffrance de ceux qui ont eu le malheur de naître dans un pays pauvre et mal gouverné est considérée comme un fait acquis. L’absence de droits qui en découle aussi. »/ Comment penser un monde qui repose sur les mobilités quand la question de l’immigration donne lieu à tant de crispations sociales et identitaires ? Coups d’État, catastrophes environnementales, flux de migrants économiques et de réfugiés de pays en guerre : les crises se multiplient et s’installent dans un paysage politique marqué par la peur de l’Autre. Indifférent à ceux qui meurent aux frontières, le choix des approches sécuritaires s’affirme. Coupée des réponses humanitaires, économiques et démographiques, cette politique ignore et dénigre les propositions réelles des chercheurs et des associations. Réunir le politique, le savant et l’opinion publique, tel est l’enjeu du livre de Catherine Wihtol de Wenden.

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Rassemblement en soutien à Question de Classes et Grégory Chambat, lundi 30 mars, 12h, devant le TGI, rue Servient

Questions de classe(s)

23 mars 2026 sudeduc69 Non classé 0

Le Collectif Questions de Classe(s) est attaqué en justice à travers une plainte de René Chiche (Action & Démocratie – CFE-CGC) contre son directeur de la publication, notre camarade Grégory Chambat, par ailleurs syndiqué à Sud Éducation en région parisienne, pour une cartographie de l’extrême-droite et ses alliés dont nous recommandons  la lecture.

Sud Éducation Rhone, comme la fédération Sud Education et beaucoup d’autres acteurs de l’éducation, nationaux et locaux, sont par ailleurs signataires du communiqué de soutien disponible ici.

L’audience aura lieu le 30 mars au Tribunal Judiciaire de Lyon (Rue Servient) et Sud Education Rhône appelle au rassemblement de soutien à midi.

Pour les collègues qui le souhaitent, un appel à la grève basé sur le préavis généraliste de la fédération nous couvre.question-de-classe-30-marsTélécharger

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Débat sur l’extrême droite et le monde du travail

L’UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires – organise un débat sur l’extrême droite et le monde du travail, mardi 5 mai de 9h30 à 13h, dans la grande salle de la GAB, avec le journaliste de Médiapart, Laurent Mauduit et un·e Camarade de VISA.

Tu es solidairement invité·e à assister à ces échanges si tu le souhaites.

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