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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Agenda militant Énergie Histoire Histoire locale

8 avril à Limay Présentation du livre « Énergéticiens d’Île de France » Et projets d’avenir pour le site de Porcheville

Salle Christiane Faure de 14h à 18h00

Edité par l’Institut d’Histoire Sociale Mines-Energie, il retrace la vie du Syndicat du Personnel de la Production et du Transport d’Énergie de la Région Parisienne et inclue un chapitre sur l’histoire sociale d’EDF Porcheville et ses 2 centrales charbon (1954-1993) et fuel (1968 -2017).

Des moments d’histoire locale et internationale

1990, bataille d’ampleur régionale menée avec certains élus pour l’installation d’une usine de service public d’incinération des ordures ménagères sur les terrains de l’ancienne centrale charbon. 2006, retentissement international de l’affaire des Polonais payés 2 euros de l’heure et logés dans un immeuble sur de simples matelas à même le sol (un des salariés polonais viendra spécialement de Varsovie pour témoigner), avec au final une victoire en justice ordonnant l’application des salaires français.

La dénonciation du poison de l’amiante qui ravage les poumons de nombreux salariés et qui les tue comme Serge en 2005 à 53 ans.

L’éprouvant combat mené à partir de 2011, pour dénoncer des faits de harcèlement moral et sexuel de la part d’un cadre de la centrale qui sera finalement condamné en correctionnel.

Et plein d’autres récits, témoignages et portraits parfois
émouvants, parfois drôles.
Le 8 avril En présence de l’auteur René Gaudy, des élu-es locaux, en coopération avec la librairie La Nouvelle Réserve et la ville de Limay. Expositions, stands associatifs, échanges sur la mémoire sociale du site, mais aussi sur son avenir.

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antifascisme Histoire

Rassemblement en mémoire des 80ans de la libération de Auschwitz : intervention de Solidaires

chers camarades,

Aujourd’hui, le 27 janvier 2025, nous nous réunissons pour commémorer les 80 ans de la libération d’Auschwitz, ce lieu tragique, symbole indélébile de la barbarie humaine. Là, plus d’un million de femmes, d’hommes et d’enfants ont été exterminés simplement parce qu’ils et elles étaient juifs, tziganes, résistants, ou considérés comme des ennemis par une idéologie fondée sur la haine. La Shoah, la tentative systématique d’anéantir tout un peuple, nous rappelle la capacité de l’humanité à sombrer dans l’horreur. Auschwitz, symbole de cette barbarie, est un lieu où l’horreur a pris forme, où des vies ont été fauchées au nom de la haine et de l’intolérance.

Mais les persécutions n’ont pas touché seulement les juifs et les tziganes. Les lesbiennes et les homosexuels, considérés comme des « ennemis » de l’idéologie nazie, ont également été persécutés, emprisonnés et envoyés dans des camps de concentration, où beaucoup ont perdu la vie. 

Des centaines de milliers de personnes handicapées ont aussi été stérilisées de forces et exterminées au prétexte de “vies indignes d’être vécues” et de politiques eugénistes pour “purifier la race”.

Auschwitz est inscrit dans notre mémoire collective, non seulement comme un témoin du pire de l’humanité, mais aussi comme un appel à la vigilance. Un appel qui résonne fort et clair : Plus jamais ça.

Cependant, honorer la mémoire des victimes de la Shoah et d’Auschwitz ne doit pas nous faire détourner des réalités du présent. Les mécanismes qui ont alimenté la barbarie nazie, bien qu’ils aient pris de nouvelles formes, sont toujours présents. Racisme, antisémitisme, islamophobie, homophobie, discours de haine et intolérance sont encore trop visibles aujourd’hui, souvent encouragés par des figures influentes.

Parmi laquelle, l’élection récente de Donald Trump à la présidence des États-Unis constitue un tournant inquiétant. Son ascension au pouvoir a été marquée par des discours populistes et nationalistes, qui ont ravivé les tensions raciales et permis à l’extrême droite de se manifester ouvertement. En légitimant la xénophobie, le racisme, l’islamophobie et l’homophobie, Trump a nourri un climat de division au sein de la société américaine et au-delà. Ses propos sur les immigré·es, ses attaques contre les minorités, et sa politique de “retour aux valeurs américaines” ont profondément marqué un changement dans la manière dont les idéologies de haine sont perçues. Sous son influence, les droits des personnes LGBTQ+ sont menacés, notamment par des tentatives de limiter l’accès aux droits fondamentaux et par des soutiens à des politiques de division et d’exclusion.

Mais Trump n’est pas seul dans cette dérive. D’autres figures, comme Elon Musk, ont également alimenté ce climat. Le récent geste interprété comme un salut nazi de Musk ne doit pas être sous-estimé. Quel que soit le contexte, un tel geste est une banalisation de la haine et un signe inquiétant de la normalisation des symboles de l’extrême droite dans notre société. Ce genre de comportement rappelle des moments sombres de l’histoire et ne doit en aucun cas être toléré.

Et cette montée des idéologies extrémistes ne se limite pas aux États-Unis. En Europe, nous assistons à une ascension inquiétante des partis et mouvements d’extrême droite. Des groupes politiques qui prônent des idées nationalistes, xénophobes, homophobes et anti-immigrés prennent de plus en plus de place dans de nombreux pays, du Royaume-Uni à la France, de l’Allemagne à la Suède. L’Europe fait face à une recrudescence de discours de haine, de violences racistes et d’intolérance à l’encontre des minorités. Ces groupes, en profitant de la crise économique et des tensions sociales, cherchent à diviser les peuples et à renier les valeurs de solidarité, de justice sociale et d’égalité.

Dans le monde entier, la montée des extrêmes droite et des régimes autoritaires va de pair avec une montée de l’intolérance et de la haine. Des régimes qui n’hésitent pas à revendiquer des politiques discriminatoires, à réprimer les droits humains et à ériger des murs de séparation entre les peuples. Pour l’Union syndicale Solidaires, il est plus que jamais nécessaire de rester vigilants et vigilantes et de lutter contre ces idéologies qui menacent les principes mêmes de nos sociétés démocratiques.

L’extrême droite, encouragée par des figures comme Trump et Musk, cherche à diviser nos sociétés, à semer la peur et à rejeter ceux qui ne correspondent pas à leurs idéaux. Les Juifs, les musulmans, les migrants, les réfugiés et les personnes LGBTQ+, les femmes deviennent des boucs émissaires dans cette stratégie de division. Il est plus que jamais urgent de lutter contre cette montée de l’intolérance et de défendre les valeurs de solidarité, de respect et de dignité humaine.

Nous ne devons pas rester passifs face à cette menace grandissante. Chaque discours de haine, chaque geste révisionniste, chaque tentative de division doit être combattu. La mémoire des victimes de la Shoah, d’Auschwitz et des millions d’autres victimes de la haine doit être un guide pour notre action. Nous avons la responsabilité de ne pas laisser l’histoire se répéter.

Préserver cette mémoire, c’est agir aujourd’hui, c’est défendre une société plus juste, plus solidaire, et plus humaine. C’est aussi réaffirmer sans relâche que Plus jamais ça n’est pas une simple formule, mais un engagement à refuser la haine sous toutes ses formes.

Merci.

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Histoire Luttes féministes

17 janvier 1975 – 17 janvier 2025 : la loi sur l’interruption volontaire de grossesse a 50 ans, un grand pas pour les droits des femmes

Publié le 8 janvier 2025

17 janvier 1975 : une loi est enfin votée. Une loi qui n’aurait jamais vu le jour si le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et la Contraception) n’avait pas porté ce combat. Ce combat des femmes qui en avaient assez de voir leur vie gâchée par de multiples grossesses ou de devoir avorter dans de sordides conditions et parfois au péril de leur vie.

Ce combat, ce fut des avortements clandestins réalisés dans de bonnes conditions sanitaires, ce fut des départs collectifs et revendiqués en Angleterre, aux Pays Bas et en Suisse, ce furent de nombreuses manifestations.

Nous , mouvement féministe, soutenu par des médecins et par une large part de la société, avons lutté, agi, écrit, publié, filmé, dans l’illégalité et la légalité avant 1975 pour conquérir enfin ce droit fondamental.

C’est poussé par cette mobilisation importante que le gouvernement et des parlementaires ont accepté la pratique de l’avortement en France sous conditions strictes et restrictives, à l’essai, pour éviter que des femmes continuent à mourir dans la clandestinité et pour que l’« ordre public» soit rétabli. Simone Veil a porté la loi à l’Assemblée nationale avec beaucoup de courage contre les réactionnaires et fascistes de tous poils mais seule, elle n’aurait rien pu faire.

1975 a été une victoire des forces féministes et de progrès visant l’égalité entre les femmes et les hommes dans notre société. Et ces mêmes forces féministes ont dû lutter pour acquérir de nouveaux droits, faire évoluer la loi pour qu’elle réponde vraiment aux droits des femmes.

A l’heure actuelle, sont à l’œuvre au niveau national et international, des forces traditionalistes, d’extrême droite, soutenues par des religieux comme le pape. Elles pervertissent les mots liberté, vie et même féminisme. Aux USA, les juges de la Cour Suprême nommés par Trump ont rendu l’avortement impossible au niveau fédéral et de nombreux États en ont supprimé l’accès. En Argentine, le président Milei veut faire de même. Constitutionnalisation ou pas, rien n’est jamais acquis définitivement. De nombreux pays refusent toujours le droit à l’avortement.

De nombreux pays refusent toujours le droit à l’avortement. En Pologne ou dans certains états des USA, toute complication de la grossesse (arrêt spontané foetal par exemple) ou toute grossesse pathologique nécessitant une interruption peuvent passer pour un avortement que les médecins refusent alors de faire. Des femmes meurent par absence de soins.

Nous n’oublions pas ces générations de femmes en France à qui la société refusait ce droit. Nous voulons que nous et les générations futures, partout dans le monde, puissions choisir librement d’être enceintes ou pas, d’être mère ou pas, dans des conditions sanitaires dignes et protectrices.

Toutes concernées, nous « célébrons » la loi de 1975 sur l’avortement.


Le programme de la soirée :



Plusieurs événements auront lieux sur l’ensemble du territoire autour de cette date là. N’hésitez à nous les communiqués à contact@solidaires.org

Les inscriptions sont obligatoires : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScADJuziaLNmcj9jQKtY4wSdYD8aNfCMuq_zGAH4XioePe1fA/viewform?usp=header

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Histoire Internationalisme Palestine

Communiqué de l’AFPS / Soixante-seize ans après, la Nakba continue : ça suffit !

Soixante-seize ans après, la Nakba continue : ça suffit !

>> Lire le communiqué sur le site de l’AFPS

Soixante-seize années ont passé depuis la catastrophe – la Nakba – subie par le peuple palestinien au moment de la création de l’État israélien entre 1947 et 1949. Des années terribles où 80% de la population a été expulsée de ses terres et dépossédée de ses biens. Près de 600 villages et quartiers des villes palestiniennes ont été détruits et 31 massacres de civils ont eu lieu dont ceux de Deir Yassin et de Tantura ; 800 000 Palestiniens ont été expulsés vers la Cisjordanie, Gaza ou les pays voisins pour devenir des réfugiés pendant que des dizaines de milliers étaient déplacés à l’intérieur d’Israël perdant eux aussi leurs biens et leurs terres.

Les expulsions, le vol des terres et des biens sont devenus la règle et la loi du plus fort a imposé la colonisation de peuplement avec le soutien des instances internationales.

Depuis 76 ans, malgré une résistance acharnée et multiforme, génération après génération, le peuple palestinien subit l’oppression d’un État qui ne respecte aucune résolution des Nations-Unies, ni le droit international.

Depuis 76 ans, la Nakba a continué dans toute la Palestine par la mise en place d’un régime d’apartheid se traduisant par une multitude de lois discriminatoires « légalisant » la dépossession, par le nettoyage ethnique, une répression féroce, la négation totale des droits humains et du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

Elle s’accentue aujourd’hui avec une violence inégalée : dans une totale impunité, Israël, impose depuis sept mois une deuxième Nakba avec le génocide en cours à Gaza grâce à la complicité active de nombreux gouvernements occidentaux.

Un génocide qui a fait plus de 35 000 victimes, 10 000 disparus, 80 000 blessés, 2 millions de déplacés, et a entrainé la destruction complète de la bande de Gaza : habitations, infrastructures et tous les services publics. Cette stratégie brutale et génocidaire vise à causer des dommages irréparables afin de créer un environnement tel que les Palestiniens quittent leurs terres, reproduisant ainsi à grande échelle le nettoyage ethnique de 1948 dans le but de terminer le travail inachevé.

La Cisjordanie occupée, dont Jérusalem-Est, avait vu dès le début de l’année 2023 une accélération de la colonisation, de la répression, des destructions et du nettoyage ethnique. Depuis le 7 octobre, on y compte près de 10 000 arrestations, près de 500 assassinats. Ce sont des agressions permanentes des camps de réfugiés, une colonisation à marche forcée, et une multitude d’attaques de colons violents et armés…

En Israël même, la répression contre les Palestiniens et ceux qui les soutiennent et le nettoyage ethnique, ont également redoublé avec récemment la destruction de villages dans le désert du Naqab/Néguev. Des députés dénonçant les massacres à Gaza ont été expulsés de la Knesset.

Il est de la responsabilité des États de mettre fin à cette injustice et à ces crimes qui perdurent. Ils doivent passer aux actes. Aucune discussion, aucun raisonnement n’a de prise sur Israël. Il faut en finir avec l’impunité dont il jouit depuis 76 ans. Cela passe par des sanctions : la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, l’arrêt de toute coopération sécuritaire et militaire, un embargo diplomatique et économique.

Par ailleurs, la France et l’UE doivent soutenir pleinement les enquêtes en cours de la Cour pénale internationale ainsi que la procédure contre Israël introduite par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de Justice afin de stopper le génocide et le nettoyage ethnique du peuple palestinien.

La France doit emboiter le pas de la Slovénie, Malte, l’Espagne et l’Irlande qui s’apprêtent à reconnaitre l’État de Palestine. Ce serait un premier pas dans la reconnaissance effective du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

L’oppression de tout un peuple, la colonisation, l’occupation et l’apartheid ça suffit !

Le génocide doit prendre fin et place doit être faite à l’égalité des droits.

Le droit au retour des réfugiés palestiniens doit être appliqué.

Le peuple palestinien a droit à l’autodétermination et Israël n’a aucun droit à décider du contraire, pas plus qu’aucun autre État.

Le bureau national de l’AFPS
Le 15 mai 2024


Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Suivez l’AFPS sur france-palestine.org
Facebook (@AFPSOfficiel) Twitter (@AFPSOfficiel)Instagram (@afps.officiel)Youtube (@francepalestine) 

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Actu Solidaires 78 Histoire Histoire locale

Vendredi 31 mai : rencontre sur les Bourses du travail

Après une première rencontre autour de la projection de Fernand Pelloutier et les Bourses du travail (mardi 14 mai), 2e volet de cette initiative…



VENDREDI 31 MAI 2024 à 19H 

~ à la Maison des Syndicats ~

19, rue de la Vaucouleurs, Mantes-la-Ville

L’Université Populaire du Mantois

en partenariat avec SUD Education 78 et La Maison des Syndicats

vous proposent

Une Histoire de la Bourse du Travail de Mantes la Jolie

présentée par Roger Colombier

Auguste Goust, maire de Mantes-la-Jolie, lors de l’inauguration de la Bourse du travail Place de Lorraine, affirmait qu’établie en ce lieu central de l’agglomération mantaise, elle offrait “aux travailleurs et à leurs syndicats tous les dégagements nécessaires et évitait de trop longs trajets pour s’y rendre”.

Puis le temps a passé … et les choses ont changé …

ENTRÉE LIBRE

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(re)Penser notre syndicalisme Autogestion Histoire Idées, débats, cultures

Vers une démocratie autogérée ? Dans et hors de l’entreprise

Trop connotée, difficile à mettre en œuvre sur le plan pratique et contradictoire avec le système capitaliste, pour ses contempteurs, l’autogestion serait reléguée au rang des utopies passées de mode depuis les années 1970. Pourtant, la période montre qu’il est plus que jamais nécessaire de reposer la question de la démocratisation de l’économie et du travail qui concilierait (voire réconcilierait) le rôle de travailleur/travailleuse et citoyen/citoyenne.
La première partie de ce texte est initialement paru dans Cerises la coopérative n°47, mai 2023 (www.ceriseslacooperative.info)

Militante de Solidaires Finances publiques dont elle a été déléguée nationale adjointe, Ophélie Gath est membre du Secrétariat national de l’Union syndicale Solidaires. Elle a publié (avec Vincent Drezet) Argent public pour mieux vivre ensemble. Impôts, dépense publique, service public, protection sociale : et maintenant que fait-on ? Éditions L’Harmattan, 2021.

[DR]

Si pour les gouvernants, la crise démocratique n’existe pas au motif qu’ils ont été élus et qu’ils appliquent un programme dans le respect du cadre institutionnel, nous vivons en réalité la plus grave crise démocratique de ces 50 dernières années. On observer une fracture entre une grande partie de la population et celles et ceux qui exercent le pouvoir. Le président de la République a négligé depuis le début de son mandat les « corps intermédiaires » de toute sorte, et singulièrement les organisations syndicales (si tant est que ce soient des « corps intermédiaires). Malgré des alertes récentes comme la crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron et son gouvernement ont estimé que leur projet était le seul possible et qu’il ne souffrait d’aucune alternative. Dés lors, face au rejet massif du projet de contre-réforme, la seule issue possible pour le pouvoir était de l’imposer, « coûte que coûte » et de veiller à ne tenir aucunement compte de la position des organisations syndicales alors que celles-ci étaient jugées plus représentatives et légitimes que le gouvernement. Les artifices et arguments du pouvoir (l’utilisation de textes constitutionnels, l’absence de vote de l’Assemblée nationale, le 49-3, les déclarations provocatrices ou encore la répression policière ont largement contribué à aggraver la crise.

Ce qui est aujourd’hui rejeté est donc sa manière d’être, de se comporter, ses mesures et la façon dont fonctionnent les institutions, en quelque sorte une crise d’illégitimité de cet ensemble. A contrario, le conflit retraites et les enjeux liés au pouvoir d’achat dans un contexte inflationniste ont réhabilité le rôle et la légitimité des organisations syndicales et du mouvement social. Comment éviter qu’une nouvelle mesure illégitime soit imposée et comment faire vivre une vraie démocratie sociale, dans l’exercice du pouvoir et dans nos entreprises et administrations, sur nos lieux de travail ?  Répondre à ces questions est d’autant plus nécessaire que les enjeux économiques, sociaux et écologiques actuels sont immenses.

La question démocratique se pose à tous les niveaux

Dans le monde du travail, il est urgent d’associer les salarié·es aux décisions de l’entreprise, concerné·es au premier chef. Ceci suppose de donner un véritable rôle aux travailleur·ses et à leurs représentant·es, dans toutes les instances – y compris celles qui régissent les stratégies. La démocratie sur les lieux de travail ne saurait toutefois être réelle si elle reste guidée par les objectifs actuellement dominants. Ceci implique par conséquent de sortir du management actionnarial, avec la finance et les profits pour seule boussole, et préférer des formes de lieux de travail plus coopératifs et solidaires au sein desquels la démocratie sociale s’exprime réellement. Il s’agit aussi ici de refaire sens et de faire rimer conditions de travail et conditions de vie. « L’objet social » de l’entreprise en serait profondément réorienté et les services publics retrouveraient leur sens premier. La démocratie doit également pouvoir vivre et s’exprimer dans les choix concernant la population. De ce point de vue, l’exercice solitaire et de plus en plus intolérant est discrédité.

[Solidaires/Syllepse]

Il nous faut donc revoir le modèle social dominant et faire émerger un autre projet, celui auquel semble aspirer une part croissante de la société au regard de l’érosion intrinsèque du modèle capitaliste qui au-delà de creuser les inégalités, aliène les travailleurs∙ses et pourrit la planète. Cette transformation sociale passe par une forme d’autogestion, laquelle reste cependant à définir et construire collectivement, et qui ne peut être déconnectée des enjeux écologiques.  Dans cette approche, et sans aller dans le détail, la population doit se sentir représentée légitimement avec des consultations des organisations du mouvement social, mais aussi des consultations directes de la population et globalement à réussir le défi de construire une société des égalités, avec le respect des minorités.

La démocratie ne résulte pas en un vote périodique, lequel exclut au passage les personnes qui vivent et travaillent dans notre société, les étranger·es sont privé·es d’un droit fondamental qu’est celui de l’expression, et de participer à une vie collective. Sur la base de règles claires connues et reconnues, la démocratie : c’est partout et tout le temps. Un nouveau contrat social, en somme !

Face à la crise du « travail », quelle voie pour l’autogestion sociale et écologique ?

Le débat sur le travail que la contre-réforme des retraites a, de facto, alimenté le démontre aisément : parler de la place et du rôle du travail, mais aussi de son organisation et de son sens profond est l’affaire de chacun∙e. Dès lors, on ne peut ignorer les enjeux et l’approche d’une organisation dans laquelle les travailleuses et travailleurs auraient une place centrale dans les décisions et qui remettrait en cause le management, l’individualisation et, finalement, l’objectif surdéterminant consistant à dégager un profit capté pour l’essentiel par une minorité d’agents économiques. La question est d’autant plus sensible que, fidèle à sa capacité d’appropriation des concepts pouvant le gêner, le capitalisme porte une approche très individualisée de l’autogestion. Face à celle-ci, qui ferait de l’autogestion un outil au service de la seule rentabilité, il nous faut donc penser une organisation qui place les travailleuses et travailleurs au centre des décisions dans la gestion de la production et la répartition de la richesse créée.

« L’autogestion » à la sauce capitaliste

La flexibilité, la performance ou encore l’évolution du mode de travail redessinerait-elle l’autogestion ? C’est ce que pourrait laisser croire le discours managérial selon lequel il faudrait que la coordination du travail, certains arbitrages ou encore des choix techniques et fonctionnels soient décidés par les travailleurs et travailleuses. A titre d’exemple, dans le secteur privé comme dans le secteur public, les réunions visant à les « associer » pour porter des propositions de simplifications, de revue et d’amélioration des process ou tout simplement pour l’organisation matérielle des open-spaces évoluant vers des flex-offices ont tendance à se multiplier. Il en va de même pour l’organisation du télétravail, de plus en plus répandu. La participation de toutes et tous étant au cœur de ces échanges, cette évolution du travail est par conséquent présentée comme procédant d’une meilleure collaboration et le fruit d’une intelligence collective de l’ensemble des personnels. Ces transformations redéfiniraient le rôle du manager, lequel serait incité à mieux gérer l’humain grâce à des techniques de coaching, de communication et de gestion du stress. Tout cela relèverait donc d’une autogestion positive, car tournée vers la performance et le développement des compétences.

Seulement voilà, outre que ce qu’il faut bien appeler « mode de gouvernance et de management » n’associe pas les citoyen∙nes à l’orientation que doit prendre le travail par exemple, l’objectif reste d’améliorer la productivité pour, in fine, améliorer la rentabilité de l’entreprise et, dans le secteur public comme dans le secteur privé, de réduire les coûts. Évidemment, la propriété de l’entreprise relève ici toujours des actionnaires qui veillent jalousement à leurs intérêts ; en témoignent les versements records de dividendes de ces deux dernières années. Ces dividendes nourrissent non seulement des patrimoines économiques et personnels de plus en plus importants, mais aussi un système de domination, au sein duquel le pouvoir est concentré dans un nombre réduit de personnes et de (très grandes) sociétés, qui pèse sur l’organisation de la vie en société. Cette captation de la valeur apparaît d’autant moins soutenable et supportable que nos sociétés font face à des défis écologiques et sociaux majeurs. Permettre à chacun et chacune de vivre dignement implique d’améliorer la rémunération du plus grand nombre de d’augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée. En outre, financer la transition climatique et réduire les inégalités suppose ainsi des rentrées fiscales, mises à mal par des décennies de politiques fiscales injustes marquées d’une part, par des baisses d’impôt dont les grandes entreprises et les plus riches sont les grands bénéficiaires et d’autre part, par un évitement colossal de l’impôt. Ces politiques ont accru les injustices et nourri une crise démocratique qui est apparue au grand jour au premier semestre 2023.

Lier « travail » et « démocratie » ne saurait donc s’inscrire dans une approche qui fait du capitalisme un système indépassable face auquel il n’y aurait pas d’alternative.

Quelle approche de l’autogestion de demain ?

L’autogestion consiste à penser un travail (ou une activité) dirigé directement par les travailleurs/travailleuses, qui en définissent et suivent collectivement et directement les règles, les normes et les institutions. Il ne s’agit plus ici d’obéir à des consignes décidées en amont. Le refus d’une hiérarchie verticale et d’une division entre « gouvernant∙es » et « gouverné∙es », autrement dit entre patrons ou actionnaires et salarié∙es (direct∙es ou sous-traitants) accompagne cette organisation. Enfin, dans un tel cadre, les citoyen∙nes sont également associé∙es aux objectifs et sont informé∙es de l’évolution du travail d’une entreprise. Toutes les parties prenantes (travailleurs, producteurs, utilisateurs, consommateurs, membres de soutiens divers, etc.) étant concernées, il est en effet légitime qu’elles aient leur place dans les prises de décisions et dans leur mise en œuvre.

Outil d’une véritable transformation sociale, qui doit également poursuivre un objectif écologique, l’autogestion demeure compatible avec des formes d’entreprises coopératives et ce qu’il est convenu de nommer « l’économie solidaire ». Basée sur une remise en cause du fonctionnement managérial et hiérarchique traditionnel, elle n’implique pas pour autant une absence de la division du travail ni par conséquent que tous les personnels fassent tout et n’importe quoi. Elle repose sur le principe fondateur selon lequel elle se concentre sur la participation aux décisions, leur mise en œuvre et sur l’organisation du travail.

Une telle organisation doit donc être structurée afin que les modalités de discussions, de décisions et de mise en œuvre soient claires, démocratiquement décidées ex ante et évaluées ex post. Ce faisant, elle favorise l’implication et l’émancipation de chacun.e. Au fond, si plusieurs modalités pratiques sont possibles (rotation de mandats, contrôle, etc), le principe est que la décision finale est toujours du ressort du groupe formé par les travailleuses et travailleurs. Les décisions et les orientations doivent par ailleurs associer les populations puisqu’elles peuvent directement être concernées sur les conséquences des choix de l’entreprise qu’il s’agisse des conséquences sociales (la politique de l’emploi dans un bassin économique donné) ou environnementales (pour faire face au risque de pollution) par exemple.

« Le patron a besoin de l’ouvrier. L’ouvrier n’a pas besoin du patron… » [DR]

Quelle forme pourrait prendre les entreprises autogérées ? On peut évoquer ici les actuelles Sociétés coopératives de production (SCOP), qui reposent sur une gouvernance démocratique. Les salarié∙es ayant le statut d’associé∙e sont en effet nécessairement associé∙es majoritaires de la société et possèdent donc au minimum, ensemble, 51 % du capital social. Aucun∙e associé∙e ne peut détenir plus de la moitié du capital et concentrer ainsi le pouvoir. Lors d’un départ d’un∙e salarié∙e ayant le statut d’associé∙e, le capital qu’il ou elle a investi lui est remboursé, Tous les salarié∙es d’une SCOP n’en sont pas associé∙es, mais ont vocation à le devenir. La forme associative, à but non lucratif, est également une forme d’organisation à prendre en compte. Cet existant constitue en quelque sorte un « point de départ » que rien n’empêcherait de faire évoluer. Dans une action complémentaire à celles des services publics, ces organisations nouvelles du travail pourraient également se décliner en Sociétés coopératives d’intérêt général. Celles-ci n’auraient pas vocation à dégager un profit. Organisées autour du principe « un associé = une voix », elles pourraient intervenir dans la prise en charge de certains travaux, par exemple en matière d’isolation thermique des bâtiments publics ou de transports publics de proximité. Là aussi, la population et ses représentant∙es seraient associé∙es aux décisions et à la gestion d’une structure poursuivant par définition un objectif d’intérêt général.

Pour nourrir la réflexion, il peut être utile d’analyser par exemple la façon dont plus d’une centaine de maisons médicales fonctionnent en Belgique. Celles-ci ont en effet remis en cause le fonctionnement hiérarchique traditionnel et offrent une large place aux travailleuses et travailleurs dans la gestion. Si la place centrale revient à l’usager∙e, toutes les parties prenantes travaille ensemble : médecins généralistes, infirmier∙es, travailleurs et travailleuses sociaux, etc. Du fait de leur proximité avec la population, elles occupent une place importante dans les quartiers où elles sont situées.

Si cette nouvelle autogestion peut se concevoir à l’échelle locale voire sur certains secteurs particuliers et dans des structures de taille réduite voire moyenne, rien n’empêche de réfléchir à un mode d’organisation inspiré des mêmes principes dans des structures de grande taille. Chaque salarié∙e peut en effet être associé∙e aux décisions de son unité de travail locale et mandater un ou une représentant∙, qui rendrait compte, pour le niveau que l’on qualifiera ici de plus « global ». Enfin, l’idéal serait qu’au plan national, cette organisation autogérée du travail soit portée dans une orientation politique et mise en œuvre dans le cadre d’une planification stratégique. Sans cela en effet, elle n’apparaîtra que comme un supplément d’âme dans un système inchangé alors qu’elle a vocation à s’inscrire dans une transformation profonde et globale.


Ophélie Gath

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(re)Penser notre syndicalisme Grève Histoire

Changer le regard sur la grève

Un article à lire sur le site Ballast pour (re)penser la grève et notre syndicalisme…

« La grève ne se décrète pas, elle se construit. » Souvent entendue dans les AG, parfois critiquée, la formule reste pourtant plus que jamais d’actualité — n’en déplaise à certaines organisations dont le fonds de commerce consiste à taper sur les organisations syndicales en lançant des appels à la grève générale malgré leur peu d’assise chez les travailleurs. Les mobilisations sociales de ces dernières années ont fait apparaître la difficulté à organiser des grèves massives de nature à faire plier le pouvoir. Pour retrouver« les outils nécessaires à la construction d’une grève générale », Loez, membre de notre rédaction, soutient dans cet article qu’une des pistes pourrait être de changer le regard sur cette forme de lutte, qui reste l’arme de prédilection des travailleurs dans la guerre sociale.

Lire la suite…

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(re)Penser notre syndicalisme Accueils Solidaires 78 Actu Solidaires 78 Dans les Yvelines, une classe en lutte... Histoire Histoire locale

Mardi 14 mai / Vendredi 31 mai : 2 rencontres sur les Bourses du travail à ne pas manquer !

MARDI 14 MAI 2024 de 17 H à 19 H

~ à la librairie La Nouvelle Réserve ~ 

5 rue du Maréchal Foch à Limay

L’Union syndicale Solidaires 78 et l’Université Populaire du Mantois

avec le partenariat de la librairie La Nouvelle Réserve

vous proposent

DES PREMIERS ÉCHANGES

AUTOUR DES BOURSES DU TRAVAIL

à partir du film documentaire de Patrice Spadoni. 59 mn.

Fernand Pelloutier, syndicaliste, poète, anarchiste, mort en 1901 à l’âge de 33 ans, fut l’un des principaux artisans d’une expérience hors du commun, celle des Bourses du Travail. Le film met en lumière la richesse de cette grande oeuvre collective, à travers la biographie d’un des acteurs majeurs du syndicalisme naissant.

VENDREDI 31 MAI 2024 à 19H 

~ à la Maison des Syndicats ~ 

19 rue de la Vaucouleurs à Mantes-la-Ville

L’Université Populaire du Mantois

en partenariat avec SUD Education 78 et La Maison des Syndicats

vous proposent

Une Histoire de la Bourse du Travail de Mantes la Jolie

présentée par Roger Colombier

Auguste Goust, maire de Mantes-la-Jolie, lors de l’inauguration de la Bourse du travail Place de Lorraine, affirmait qu’établie en ce lieu central de l’agglomération mantaise, elle offrait “aux travailleurs et à leurs syndicats tous les dégagements nécessaires et évitait de trop longs trajets pour s’y rendre”.

Puis le temps a passé … et les choses ont changé …

ENTRÉE LIBRE 

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