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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Histoire Podcast

Récits de militantes : Annick Coupé, de mai 68 au mouvement altermondialiste

Johanna Bourgault-Hipszman et Fanny Gallot lancent un nouveau podcast, pour la plateforme Spectre, sur l’engagement et ses effets, au quotidien et sur toute une vie. Combats féministes, antiracistes, communistes, anarchistes, autour du travail, du genre, de la terre, des frontières ou encore de l’art, comment ces luttes bouleversent les vies de celles qui s’y consacrent ? La transmission de la parole et de l’histoire de militantes (femmes et minorités de genre) est au cœur de ce podcast qui propose de conjuguer itinéraires politique et personnel en prêtant l’oreille aux à-côtés, aux questions intimes et pratiques.

Dans ce premier épisode, elles sont allées à la rencontre d’Annick Coupé. Militante syndicale et féministe, cofondatrice de Sud PTT en 1988, puis de Solidaires dont elle fut porte-parole de 2001 à 2014, et enfin secrétaire générale d’ATTAC depuis 2016, Annick nous reçoit chez elle à Montreuil une matinée ensoleillée de juin 2023. Son parcours nous a interrogées sur les racines de l’engagement.

Illustration : Photothèque rouge.

https://www.contretemps.eu/annick-coupe-mai-68-syndicalisme-feminisme-attac

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Internationalisme Palestine

Palestine : Appel à action / Produits et entreprises à boycotter

En 2005, 172 organisations de la société palestinienne lançaient un appel à une campagne de Boycott, Désinvestissement et de Sanctions contre Israël visant à contraindre cet État à respecter le droit international. L’appel fixe trois objectifs à la campagne : la fin de l’occupation et de la colonisation de la Palestine, l’égalité des droits pour les Palestiniens d’Israël et l’application du droit au retour pour les réfugiés.

L’AFPS a souscrit à cet appel et s’inscrit pleinement dans cette campagne.

Ci-dessous une liste de produits, de services et d’entreprises que l’AFPS encourage à boycotter en raison de leurs liens avérés avec le régime d’apartheid israélien et les crimes qu’il commet à l’encontre du peuple palestinien. Cette liste n’est pas exhaustive car elle a été centrée sur les produits et les marques les plus connus que tout un chacun peut être amené à rencontrer lors de ses achats ou ses recherches de services.

Ces actions de boycott constituent un moyen essentiel qui nous est offert pour exprimer notre indignation et notre refus face à l’horreur du génocide en train d’être commis à Gaza et dans toute la Palestine occupée.

>> Plus d’informations sur les campagnes Boycott Désinvestissement Sanctions de l’AFPS

>> Voir l’appel à action Produits et entreprises à boycotter sur le site de l’AFPS


Liste des produits, marques et entreprises à boycotter

1) Produits israéliens (provenant, ou non, des colonies illégales)

– Dattes étiquetées Israël : la plupart des dattes proviennent du territoire palestinien de la vallée du Jourdain et sont récoltées par des ouvriers palestiniens qui ont été chassés de leurs terres et sont surexploités dans les palmeraies.
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– Fruits et légumes : en particulier les marques Mehadrin, Jaffa, Hadiklaim, Carmel, Jordan River. Israël triche systématiquement sur la provenance des fruits et légumes étiquetés Israël.

– Vins : la plupart des vins étiquetés Israël, vendus le plus souvent sur internet, proviennent d’entreprises vinicoles implantées dans des colonies de Cisjordanie ou du Golan syrien.
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– Cosmétiques Ahava : fabriqués à partir de boues de la mer Morte située en territoire palestinien occupé.
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– Keter : fabricant et fournisseur d’articles ménagers, d’équipements de rangement pour le jardin ou la maison. Keter possède deux usines implantées dans une colonie de Cisjordanie. Les marques Allibert et Curver rachetées par Keter sont également à boycotter.

Eden Springs / Château d’eau : spécialiste de la fourniture d’eau en bonbonnes implanté dans une colonie du Golan. Château d’eau est la filiale d’Eden Springs pour la France.

– Sodastream : fabricant de machines à gazéifier l’eau et de sirops et concentrés. Sa présence massive dans les grandes surfaces en fait l’un des principaux représentants de l’industrie israélienne.

– Teva : cette multinationale a son siège social en Israël, où elle produit des médicaments. Elle profite du marché captif que constituent les Palestiniens sous occupation, et contribue au budget de l’État colonial.

– Netafim et Elgo : systèmes d’irrigation pour l’agriculture et le jardinage.

– Lingettes pour bébé : vendues par Carrefour sous la marque Carrefour Baby et par Leclerc sous la marque Mots d’enfants. Alors que des milliers de bébés et d’enfants ont été assassinés à Gaza, ce boycott a une très forte valeur symbolique. Il convient d’être également attentif à toutes les lingettes. Nombre de ces lingettes mentionnent en tout petit Fabriqué en Israël et sont disponibles dans d’autres enseignes.
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2) Entreprises françaises et étrangères complices

– Carrefour : la complicité du géant français de la distribution a pris, ces dernières années, diverses formes : accord avec des sociétés israéliennes actrices directes de la colonisation, vente de produits Carrefour dans les colonies, vente de produits israéliens dans ses magasins en France et, récemment, distribution de colis aux soldats de l’armée israélienne. L’AFPS, avec ses partenaires, est à l’initiative de la dénonciation de ces scandales et d’une campagne de Désinvestissement en direction du PDG de Carrefour. L’AFPS propose aussi, le Boycott, en parallèle à cette campagne.
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– Banque populaire, Caisse d’épargne, Crédit agricole, BNP Paribas, Société générale : ces banques qui ont passé des accords avec des banques israéliennes très impliquées dans la colonisation font l’objet d’une campagne de Désinvestissement conduite par l’AFPS avec ses partenaires. L’éventualité du Boycott est laissée à l’appréciation de leurs clients.
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– Axa : comme les banques ci-dessus, le géant de l’assurance Axa investit dans des banques israéliennes acteurs de la colonisation. De plus Axa investit dans l’entreprise israélienne d’armement Elbit. Axa est visée par une campagne internationale de Boycott.
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– Optical center : cette société créée par un franco-israélien qui affiche son soutien inconditionnel à la politique d’ Israël est très implantée en France. Optical center possède, entre beaucoup d’autres, un magasin dans la colonie d’Ariel et procède régulièrement à des dons de lunettes et de prothèses auditives pour les colons et en a également offert aux soldats engagés à Gaza.
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– SFR : cette société appartient à un autre franco-israélien soutien inconditionnel de la politique criminelle d’Israël qui possède aussi des chaînes d’informations comme BFM TV et I24. En Israël, il finance la construction d’un centre de “remise en forme” pour les soldats de l’armée israélienne.  
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– Yves Rocher : ce groupe français possède la société israélienne Sabon dont elle diffuse les produits. Sabon soutient directement l’armée israélienne à Gaza en offrant des colis aux soldats.
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– L’Oréal : la multinationale française est  fortement implantée en Israël depuis 30 ans, avec des installations industrielles et des investissements importants en Israël et en Cisjordanie occupée. De plus, L’Oréal réprime ses salariés lorsqu’ils s’expriment en soutien à la Palestine.
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– Hewlett Packard (HP) : la société Hewlett Packard collabore au système carcéral israélien, aux checkpoints, aux cartes biométriques, au blocus de Gaza et à la colonisation de la Palestine. En France, il est demandé à la FNAC (et à d’autres distributeurs) de ne plus vendre ces produits.
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– Dell : en 2023, Dell Technologies a remporté l’appel d’offres du ministère israélien de la défense, qui est considéré comme le plus grand appel d’offres de serveur à ce jour. Dell fournira des serveurs, des services de maintenance et du matériel connexe à l’armée israélienne, au Ministère israélien de la défense et à d’autres organes de sécurité.
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– Motorola : en 2023, Motorola Solutions est le seul fournisseur du réseau cellulaire 4G pour l’armée israélienne. Motorola Solutions est également le développeur et le fournisseur des appareils de smartphones militaires israéliens.
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– Airbnb, Booking, Expedia et Tripadvisor : ces quatre sociétés proposent des hébergements dans des colonies illégales sans en indiquer cette caractéristique.
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Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
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En grève ! Luttes féministes

8 mars. En route pour la grève féministe !

Dans Solidaires en action : N° 165

Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Car tant qu’une seule femme sur la planète subira les effets du patriarcat (inégalités, sexisme, discriminations, etc.), la lutte des femmes sera légitime, et le féminisme nécessaire. Cette année le 8 mars tombe un vendredi et nous appelons déjà à construire une grève féministe d’ampleur au côté des associations féministes et d’une intersyndicale élargie qui appellera à la grève.

La grève féministe c’est à la fois la grève du travail rémunéré mais aussi de tout le travail invisible des femmes pour le fonctionnement de la société. Alors portons cette mobilisation partout : sur nos lieux de travail, sur nos lieux d’études, dans nos espaces militants, et dans l’ensemble de la société.

Le 8 mars, grève féministe !

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Retraites

Un bilan de la lutte pour nos retraites

Un an après le début de la mobilisation pour nos retraites, nous pensons qu’il est important de revenir sur quelques points clefs pour préparer les prochains affrontements et cette fois gagner.

Essentielle unité

L’unité intersyndicale, défensive sur le refus des 64 ans, a été importante pour donner confiance aux travailleuses et aux travailleurs et a montré la centralité du mouvement syndical. Les intersyndicales étaient surtout territoriales. Dans les secteurs professionnels, les intersyndicales pour construire la mobilisation n’ont pas été aussi nombreuses. L’intersyndicale large a été indispensable, mais pas suffisante pour gagner.

Un mouvement territorialisé

Si les mobilisation dans les secteurs n’ont pas été extrêmement fortes et puissantes, un élément intéressant de cette lutte est la multiplication des points de manifestations jusque dans des villes où il n’y en a quasi jamais eu. Ce qui a permis une grande proximité et une visibilité du mouvement.

Manifester / faire grève

La mobilisation a été massive sur des grandes journées faisant, en janvier et février, monter la pression et envisager d’aller plus loin dans la construction du rapport de force. Mais “faire grève” a été compliqué pour nombre de personnes, en particulier dans une période d’inflation. Ainsi des congés, des RTT, des débrayages de quelques heures ont servi à participer. De même, on a vu des rotations de personnes participant à une mobilisation sur deux ou sur trois.

De nouvelles passerelles : écologie et féminisme

Nous avons expliqué la façon dont ce report de l’âge de départ à la retraite a aggravé particulièrement la situation des femmes. De même, nous avons fait le lien entre cette réforme et l’aggravation de la crise écologique. Au-delà des positions, il y a eu des matérialisations concrètes avec des cortèges ou des actions spécifiques, féministes (avec par exemple les Rosies) ou écologistes qui ont renforcé la mobilisation et le lien avec une partie de la jeunesse.

Reconduire et généraliser la grève : l’échec du 7 mars et des jours suivants

La seule suite de forte journée de mobilisation ne pouvait pas suffire pour avoir le rapport de force suffisant pour gagner. L’intersyndicale nationale a appelé à un blocage total du pays le 7 mars. L’Union syndicale Solidaires a porté l’idée de reconduire la grève à partir du 8 mars. Si la grève a été forte le 7 elle n’a pas été suffisante pour bloquer le pays. Les reconductions ont été trop faibles et n’ont pas tenu longtemps et se sont majoritairement limitées à des secteurs dont la grève a eu un impact direct et visible médiatiquement, ce qui a constitué une forme de “délégation” de la grève à ces secteurs. Les assemblées générales des grévistes étaient faibles tant en nombre qu’en participant.es. Le rapport de force insuffisant a entraîné la défaite. Ceci repose le rôle central de la grève pour gagner.

Une victoire syndicale sur le plan des idées

Il est vite apparu que cette réforme était injuste socialement pour le plus grand nombre avec comme problème de fond le partage des richesses, entraînant l’adhésion de la population qui a majoritairement soutenu tout du long la mobilisation.

Malgré la défaite, la capacité à se mobiliser massivement collectivement a permis non seulement plus d’adhésion syndicale, mais le sentiment immédiat de n’avoir pas tout perdu…

Cette bataille a été importante et doit nous donner confiance en l’avenir : en renforçant nos syndicats et nos outils interprofessionnels, en renforçant le travail unitaire, en remettant au centre la question de la grève, nous pouvons empêcher les régressions sociales et gagner de nouveaux droits !

Pour se replonger dans la mobilisation, le dossier regroupant une partie importante des productions de Solidaires pendant la mobilisation :

https://solidaires.org/sinformer-et-agir/brochures/brochures-et-argumentaires-interpro/dossier-retraites-2022-2023/

Pour se syndiquer Solidaires

https://solidaires.org/se-syndiquer/pourquoi-se-syndiquer/

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Internationalisme Palestine

Vendredi 19 janvier : Marche aux flambeaux départementale pour la Palestine

HALTE AUX MASSACRES À GAZA ET EN CISJORDANIE !
CESSEZ-LE-FEU TOTAL ET PERMANENT
PROTECTION DU PEUPLE PALESTINIEN
SANCTIONS CONTRE L’ETAT D’ISRAËL !

Marche aux flambeaux départementale

Vendredi prochain 19 janvier

Départ de la mairie de Limay à 18h30

pour la mairie de Mantes la Jolie

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Actu Solidaires 78 antifascisme Idées, débats, cultures Lecture

Mardi 16 janvier à la librairie La Nouvelle Réserve (Limay) Découvrir la lecture en arpentage avec 10 questions sur l’antifascisme

Organisé par l’Union syndicale Solidaires 78.
De 17 h à 19 h, entrée libre et gratuite

L’arpentage est une méthode de lecture collective d’un livre, issue de l’éducation populaire*. Lors d’un temps déterminé, plusieurs participant·es se partagent un document écrit et chacun lit individuellement une courte partie de ce document.
Ensuite, les participant·es partagent aux autres membres du groupe le contenu de leur lecture.

* L’arpentage est né dans les cercles ouvriers de la fin du XIXe siècle. Il permet alors à des personnes n’ayant pas pu faire d’études d’accéder au savoir, via la lecture partagée d’essais. Plus tard, cette méthode est utilisée par les résistant·es de la Seconde Guerre mondiale, notamment sous l’impulsion du sociologue Joffre Dumazedier et de l’historien Benigno Cacérès, figures de l’éducation populaire.


Dix questions sur l’antifascisme

« Pour résister au climat de peur que veulent instaurer les groupes nationalistes violents, à la propagande raciste qui sature l’espace public, c’est à nous de proposer des alternatives en actes, de déconstruire les idées toutes faites sur l’antifascisme, de populariser notre lutte. »

À la fois mouvement d’autodéfense et mouvement d’émancipation, pratique politique d’action directe, d’information, d’éducation populaire et de contre-culture, l’antifascisme est bien plus varié que l’image qu’il renvoie dans les médias ou dans le monde politique, où on se plaît à le caricaturer. En dix chapitres, ce livre présente l’histoire et l’actualité de la lutte antifasciste, ainsi que les enjeux auxquels elle doit faire face. Il a pour ambition de donner suffisamment d’éléments à la fois théoriques et pratiques afin de présenter l’antifascisme dans sa complexité, sa richesse, mais aussi ses contradictions.

Présentation du collectif

« La Horde est un collectif antifasciste qui existe depuis plus de dix ans et qui rassemble des militant·es de différentes générations, certain·es étant engagés dans la lutte contre l’extrême droite depuis plus de trente ans, tandis que d’autres, plus jeunes, participent activement aux nouvelles formes prises par le mouvement antifa. Notre collectif est un outil au service des groupes locaux et des individus qui s’organisent contre les mouvements nationalistes, et c’est en lien et en coopération avec eux que nous agissons. »

208 pages — 10 €
Format 108/178
Parution : 15 septembre 2023

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antimilitarisme Défense de nos libertés Éducation

Campagne unitaire contre le SNU – Que signifie cette obsession du réarmement ?


Ce début d’année 2024 est marqué par les déclarations du président de la République et de plusieurs ministres sur la nécessité d’un « réarmement civique et moral » de la jeunesse.

Que les membres du gouvernement donnent des leçons de morale pourrait prêter à sourire !
Mais ce qui pointe derrière ce « réarmement civique » est autrement plus sérieux : « Le sens du devoir, il n’est pas inné, il s’apprend, il se développe, il s’entretient. Et oui, le Service national universel permet cela. Nous devons nous rappeler que nous avons un destin commun, peu importe d’où l’on vient, où on habite, qui l’on est. » (Prisca Thévenot, alors Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et au SNU ; aujourd’hui porte-parole du gouvernement).

C’est toujours le même roman : riche ou pauvre, exploiteur ou exploité∙e, policier armé ou jeune discriminé, résident∙e d’un quartier privilégié ou habitant∙e d’une banlieue à l’abandon, chômeuse sans droit ou rentier, etc., nous aurions « un destin commun », les mêmes intérêts à défendre…

Nous refusons, dénonçons et combattons cette politique réactionnaire et le SNU qui la sert

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Défense de nos libertés Écologie Les travailleur·euses n'ont pas de pays ! Violences policières

Les Jeux Olympiques Paris 2024 : chronique d’un durcissement annoncé

Comme les dossiers de candidature aux JO sont des fictions bonnes à survendre l’évènement, tout ce qui a été promis est trahi et toutes les trahisons se réalisent. Point d’étape sur une escroquerie par une petite mise-à-jour des données les plus scandaleuses disponibles sur les JO en ce début 2024 – rassurez-vous, la réalité sera pire.

Point d’étape en ce début 2024

Le budget

Vendu et survendu comme étant sobre, mince et dans les rails, tout indique qu’il est en train d’exploser, comme à chaque édition. Certes, nous n’atteignons pas les chiffres stratosphériques de la Chine, de la Russie ou du Japon, mais le gouvernement engage la France sur une pente dangereuse, sans l’avouer.

Plusieurs données mettent la puce à l’oreille.

Au point de départ, le budget public était censé se « limiter » à un peu plus d’un milliards d’euros. Or, le Parlement a voté, lors du projet de loi de finances 2022, une garantie de 3 milliards d’euros au Cojop. Donc, cela veut dire que cette somme est largement atteignable, ce qu’a confirmé devant le Sénat le président de la Cour des comptes le 10/01/2023, après « prise en compte des dépenses fiscales, des dépenses de sécurité, sanitaires, de transports »… Actuellement ce coût est de « 2,4 milliards d’euros (1,3 md EUR pour l’État et 1,1 md EUR pour les collectivités locales », selon lui.

Par ailleurs, un article du Monde confirme le « dérapage » financier pour le JO 2024.

Ainsi, la Cour des comptes qui ne manque pourtant jamais de faire connaître son attachement à la « réussite des Jeux » s’impatiente de n’être toujours pas « en mesure d’évaluer le coût global » des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) et de « l’impact final » qu’ils auront sur les finances publiques en général, Etat et collectivités territoriales confondus. « La Cour réitère sa recommandation visant à ce que, au-delà de la maquette financière de la Solideo [Société de livraison des ouvrages olympiques, la société chargée de la construction des sites olympiques] et du budget du Cojop [le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques], l’ensemble des coûts en investissement et en fonctionnement engagés pour les Jeux et à l’occasion des Jeux soient consolidés »,dans son rapport.

Le simple fait que la sécurité ne soit pas incluse dans cette recension officielle montre que le budget initial, déjà officiellement dépassé, le sera encore davantage puisque, au bas mot, la sécurité se chiffrera au minimum à un milliard d’euros. En effet, les JO de Londres ont déjà pratiquement atteint ce chiffre. Vue la situation actuelle et la fantaisie de la France d’organiser une cérémonie d’ouverture spectaculaire et mobilisant des forces de sécurité considérables, il n’y a aucune raison que ce soit moins.

Par ailleurs, relevons dans les chiffres officiels un certain nombres d’approximations et d’absences. Ainsi, la « santé » n’est pas prise en compte ou simplement dans le cadre du budget « Impact 2024″ qui comprend  » des projets en faveur du bien-être et de la santé, de la réussite éducative et citoyenne, ainsi que de l’inclusion, la solidarité et l’égalité par le sport. » Étonnement, le gouvernement oublie la loi olympique n°2 qui dans ses articles 1 à 5 créé un centre médical avec imagerie médicale et nucléaire à l’usage des participants (athlètes et autres membres de délégations) entièrement gratuit, financé par la sécurité sociale, charge finale pour l’État. Les médicaments seront aussi fournis. Les personnels médicaux et para-médicaux des équipes sont autorisés à exercer. Tout cela se fera directement aux frais de l’État.

Rien n’est dit non plus sur les dépassements budgétaires concernant les infrastructures de transports imputées au budget du Grand Paris. Ces dépassements sont expliqués par une accélération des travaux pour terminer en 2024. Le plus grand flou règne là-dessus. On serait sur un surcoût global de 7 milliards du budget du Grand Paris pour l’instant sans qu’à aucun moment celui découlant des chantiers directement liés aux JO ne soit officiellement précisé par la société du Grand Paris. En général, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup. Il faut s’attendre à plusieurs milliards qui ont vocation à être absorbés par l’argent public, d’une manière ou d’une autre.

Quelques approximations : le gouvernement donne les dépenses d’État stricto sensu (et donc pas toutes), pas celles d’autres organismes publics qui concourent au financement des JO. Ainsi les Olympiades culturelles (par exemple), c’est 31,9 millions, pas 20. Il est vrai qu’on n’est pas à 12 millions près quand il s’agit d’argent public.

En somme, les paris sont ouverts concernant le dépassement. Plus d’un milliard, c’est certain, mais le doublement du budget est possible. Rappelons que la récente loi étrillant les chômeurs et chômeuses a été faite pour économiser sur leur dos 2 milliards et que le pays a été malmené pour une réforme des retraites qui racle 2 milliards par an sur les ayants-droits.

La légende de JOP socialement inclusifs a fait long feu

Le prix des places a explosé : en dépit d’un système au demeurant assez complexe de quota de places abordables, il faudra débourser 200 euros pour les meilleures places des qualifications de la gymnastique rythmique et jusqu’à 690 euros lors des sessions d’athlétisme.

Les meilleures places lors de la cérémonie d’ouverture coûtent 2700 euros, la moins chère 250 euros (inutile de se précipiter sur celles-ci, il n’y en a plus et de toutes façons, ce sont des places debout). Pour les jeux paralympiques, c’est moins cher : de 450 à 700 euros seulement.

Concernant le coût des hôtels, l’UfC Que Choisir constate qu’il atteint « 1 033 euros, prix moyen pratiqué pour la nuit du 26 au 27 juillet 2024»

Les étudiants qui verront leur logement Crous réquisitionné durant les Jeux olympiques de Paris recevront une indemnité de « 100 euros » et « deux places » offertes pour assister à des « épreuves olympiques », a annoncé la ministre de l’enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, jeudi 26 octobre. A l’occasion des Jeux olympiques de Paris, plus de 2 000 étudiants vont, en effet, devoir être relogés, car leur logement Crous, organisme qui gère notamment les résidences étudiantes, sera réquisitionné pour loger les pompiers, soignants, forces de l’ordre et de la sécurité civile.

Concernant le coût du passage de la Flamme olympique, il est de 180 000 euros pour la collectivité locale concernée. Ce chiffre a entraîné un certain nombre de refus : les Vosges, la Meurthe-et-Moselle, l’Indre-et-Loire, le Lot-et-Garonne, la Creuse, la Haute-Loire et la Haute-Vienne, la Loire-Atlantique, les Côtes-d’Armor et l’Orne n’en veulent pas à cause du chèque demandé par les organisateurs.

Enfin, le ticket de métro double (passant à 4€ le ticket pendant les Jeux), et le PassNavigo à 70€, la promesse initiale étant celle de la gratuité des transports en commun pendant les JO, essentiellement au nom de l’écologie.

Toujours pour illustrer le caractère socialement inclusif des JO, certains n’hésitent pas à parler de nettoyage social  à l’approche des JO : intensification du harcèlement policier contre les SDF et migrants entre les stations de métro La Chapelle et République avec des pratiques brutales de destructions d’habitats précaires ou de gazages pour les rendre inutilisables. Par ailleurs, la préfecture de Paris a annoncé que certaines « zones rouges » autour des sites olympiques ne seraient pas accessibles à la circulation des personnes sans-abri pendant les JO – le parc de La Villette en fait partie où se réfugient des personnes sans abri.

Plus de 3000 places d’hôtel sociaux ont fermés au cours de l’année en prévision de l’accueil des touristes pendant les JO. En avril dernier, le squat Unibéton, où vivaient 500 personnes sur l’Île-Saint-Denis a été détruit pour devenir un lieu de construction du village olympique. Deux autres squats de sans-papiers ont été expulsés cet été.

Pour héberger celles et ceux qui sont expulsés des campements ou des squats, une dizaine de centres d’accueil temporaires ont été ouverts dans plusieurs régions françaises depuis le mois d’avril 2023. Les migrants sont envoyés trois semaines en région pour que leur situation soit évaluée. S’ils ne répondent pas aux critères de demandes d’asile, ils retournent à la rue. Jusqu’ici, 1 600 migrants ont été évacués de Paris vers d’autres régions, selon le ministère du logement, par le biais des « Sas d’accueil régionaux ». En province, les migrants, trop pauvres, trop colorés, seront moins visibles et agaceront moins l’œil du touriste énamouré d’exploits olympiques.

La sécurité

Concernant la sécurité, nous avons déjà donné les éléments de la loi olympiques n°2 qui est une loi de sécurité globale prévoyant le développement de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) par l’installation de cette quincaillerie à de nombreux endroits ainsi que leur embarquement possible sur drones, eux-mêmes par ailleurs généralisés pour la surveillance d’événements publics depuis peu. Nous avons déjà indiqué en quoi la VSA est un pas de plus de la surveillance de l’espace public, des comportements individuels et collectifs et qu’elle préfigure la reconnaissance faciale. Le déploiement « à titre expérimental » de cette technologie ne trompe par ailleurs que celles et ceux qui veulent l’être.Voir nos camarades de La Quadrature du Net

Par ailleurs, l’AFP a confirmé de 23 octobre 2023 la militarisation de l’espace public, apanage de toutes les éditions JO, par l’annonce du gouverneur militaire de Paris de 15000 militaires pour l’évènement.

Quelque 5.000 d’entre eux seront logés sous des tentes en plein Paris, sur la pelouse de Reuilly, pendant la durée des Jeux olympiques.

Ces nombres annoncés ne tiennent pas compte d’une éventuelle défaillance du côté de la sécurité privée, un secteur d’activité dont les difficultés font craindre au Comité d’organisation (Cojo) et à l’État de ne pas pouvoir réunir assez d’agents privés. Pour la seule sécurisation des sites de compétition, qui relève de la responsabilité du Cojo, il faut entre 17.000 et 22.000 agents de sécurité.

Dans une lettre écrite par le préfet d’Île-de-France au ministre des Transports en décembre 2023, celui-ci écrit : « À certains endroits, le plan de transport ne permet d’acheminer les spectateurs que si tous les autres voyageurs ou presque étaient dissuadés de prendre le métro, le RER ou le bus ».

D’ores et déjà, certaines entreprises envisagent la fermeture et le chômage technique pour la période des JO, car il sera quasiment impossible d’accéder à certaines zones de la capitale. Quant au Gouvernement, il encourage tous les Franciliens à reprendre le chemin du télétravail ou des vacances.

À chaque édition des JO on constate un gaspillage d’argent public accompagné de mensonges  visant à masquer la politique du fait accompli, un mépris social éhonté allant de pair avec un recul des libertés publiques et d’atteintes graves aux droits fondamentaux, un nettoyage social marquant un pas de plus dans la guerre que mènent au long cours les pouvoirs publics contre les migrants et les plus pauvres. L’édition des JO 2024 à Paris confirme que, pas plus que dans aucun autre domaine, il n’y a pas d’exception française.

Source saccage2024

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