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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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antifascisme Solidarité !

Le collectif Questions de classe(s) attaqué en justice !

Le collectif Questions de classe(s), en la personne de Grégory Chambat directeur de publication du site, a reçu une convocation devant le juge des référés délivrée à l’initiative de René Chiche et de son syndicat, Action & Démocratie CFE-CGC, au sujet de la publication de la cartographie intitulée « L’extrême droite, ses allié·es et l’école » qu’ils estiment diffamatoires.

Les requérants contestent leur présence sur cette cartographie et les analyses qui la justifient. Ils affirment que ces documents portent préjudice au syndicat et à l’honneur et à la réputation de René Chiche et d’Action & Démocratie.

Ils demandent que soit supprimée cette cartographie et que Grégory Chambat soit condamné à cesser toute publications dénigrante relative à ce syndicat et à René Chiche, rien que ça !

Le timing interpelle… À l’approche des élections professionnelles, plusieurs fois rappelées dans l’assignation reçue, nous nous inquiétons de cette instrumentalisation de la justice à des fins électorales mais aussi de la tendance actuelle des voix réactionnaires de tous bords à vouloir faire taire celles et ceux qui osent les dévoiler et les critiquer (tout en proclamant sur tous les médias « On ne peut plus rien dire… »).

Notre camarade Grégory Chambat est donc convoqué au tribunal le 30 mars prochain, à Lyon.

D’ores et déjà, les soutiens sont nombreux et la défense s’organise, avec détermination : au sein de Questions de classe(s), avec des camarades antifascistes de Solidaires et de SUD éducation, mais aussi du réseau VISA (Vigilances et initiatives syndicales antifascistes) et d’autres collectifs et personnalités du monde de l’éducation.

Notre dossier, solidement étayé, se constitue et ne cesse de s’étoffer. Il sera le fondement de notre défense pour prouver la légitimité des propos qui nous sont reprochés. Les écrits de Questions de classe(s) sont sourcés, documentés et relèvent d’un travail de recherche conséquent qu’il sera facile de prouver. C’est d’ailleurs notre rôle, depuis notre création, que de décrypter les discours sur l’école et d’alerter sur les dérives réactionnaires du débat public.

Nous prenons également contact avec les camarades de Lyon pour qu’un rassemblement soit organisé le 30 mars devant le tribunal, afin d’apporter tout notre soutien à Grégory Chambat, injustement attaqué.

Vous pouvez également le soutenir en participant à la la cagnotte qui permettra notamment d’assurer les frais de justice.

https://www.helloasso.com/associations/questions-de-classe-s/collectes/aidez-questions-de-classe-s-a-se-defendre-en-justice

Dans un contexte d’extrême-droitisation incontestable, nous continuerons à porter, avec d’autres, la voix de la résistance et de l’espoir.

Jamais nous ne nous tairons et toujours nous soutiendrons nos camarades !

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(re)Penser notre syndicalisme anti-validisme antiracisme Conditions de travail Informatique Luttes contre les discriminations Luttes féministes Précarité

L’intelligence artificielle, vecteur de discriminations

Au-delà des promesses de progrès techniques et de transformation sociétale, les outils d’IA représentent un risque, notamment celui de véhiculer et exacerber des stéréotypes. Ils reflètent les préjugés existants et renforcent les discriminations liées au genre, à l’orientation sexuelle, au handicap, à l’âge, à la nationalité, à la religion réelle ou supposée, mais aussi les discriminations racistes. En effets, les calculs et les données qui alimentent les algorithmes ne sont jamais neutres : « Les algorithmes sont des opinions encapsulées dans du code ».
On parle de biais, c’est-à-dire que les résultats sont biaisés, déviés en raison des préjugés humains qui faussent les données d’entraînement de l’algorithme. Les biais reflètent les discriminations quelles qu’elles soient et les amplifient. Celles et ceux qui construisent l’algorithme y embarquent leur vision du monde.

Note Biais IaLire plus de publications sur Calaméo

1.     L’IA au service du patriarcat 

Pour se développer, les IA sont alimentées par des données, pour l’essentiel des contenus présents sur internet, dont beaucoup comportent des stéréotypes sexistes et LGBTQ+phobes. L’IA apprend à partir de ces données, les restitue et en fait une vérité. Apparaissent fréquemment des biais liés à ces données, de sélection, cognitifs… Par exemple, les contenus engendrés participent à renforcer une vision hétéronormée des femmes soumises et sexualisées. 

Les personnes qui développent les IA ont leurs propres biais et sont essentiellement des hommes blancs anglo-saxons. On peut parler de « coded gaze », un terme créé par la chercheuse Joy Buolamwini, qui décrit comment « la technologie encode les discriminations ». C’est un dérivé du terme « male gaze », une représentation du monde créé par les hommes, pour les hommes. 

Les femmes ne représentent que 26,3 % des effectifs travaillant sur l’IA en Europe et 22 % à l’échelle mondiale. La parité dans ce domaine n’est pas à espérer avant 2100 ! Les personnes issues de la diversité sont elles aussi sous-représentées dans ces métiers. Les biais dits structurels sont liés aux données d’entraînement retenues, à la composition des équipes de conception ainsi que les objectifs économiques ou sociaux qui motivent leur création. 

Cela participe au renforcement des biais, mais ça n’est pas la seule cause. Une meilleure représentation des femmes – et plus largement des minorités – serait une avancée, mais qui ne produirait des effets qu’accompagnée d’une réelle politique de lutte contre toutes les formes de discriminations. Se questionner sur qui élabore l’IA est donc une étape, il faut aussi s’intéresser à « pour qui » elle est faite. Dans la majorité des cas, les donneurs d’ordre (entreprises, administrations…) commandent des systèmes dont le but est de maximiser les profits et/ou la productivité. La lutte contre les discriminations est donc généralement négligée. 

Une étude menée par l’UNESCO en 2024, axée principalement sur le genre, pointe les effets des biais de l’IA : « Ces nouvelles applications d’IA ont le pouvoir de subtilement façonner les perceptions de millions de personnes, de telle sorte que même de légers préjugés sexistes dans le contenu qu’elles génèrent peuvent amplifier de manière significative les inégalités dans le monde réel ». Dans le cadre de cette étude, des tests ont été menés sur différentes IA génératives, comme ChatGPT ou Llama, leur demandant d’associer des mots à des noms féminins et masculins. Les noms féminins sont majoritairement associés à des termes dévalorisés ou traditionnels, comme « domestique » ou « cuisinière ». Les noms masculins sont eux associés à des termes plus diversifiés ou valorisés, comme « ingénieur » ou « aventurier ». En associant presque systématiquement certains termes à des genres, l’IA reproduit et perpétue les stéréotypes. 

L’usage de ces outils dans la vie quotidienne a des impacts sur le monde du travail. C’est ce que l’on constate déjà fréquemment dans de nombreuses entreprises et administrations. 

L’usage de systèmes d’IA dans le recrutement (tri des CV, faire correspondre des offres d’emplois à des candidat·es…) ou la promotion de travailleur·euses est problématique. De manière générale, ils favorisent les candidatures d’hommes pour des fonctions associées à des termes comme « leardership » ou « compétitivité ». Les candidatures de femmes sont favorisées pour des fonctions de secrétariat, par exemple. 

On peut prendre un cas d’usage au sein du Groupe La Poste. Ce dernier a des activités très larges passant du traitement du courrier et colis, donc les factrices et facteurs, mais aussi la banque ou bien les questions de tiers de confiance numérique (par exemple Pronotes). 

À La Poste, un logiciel embarquant de l’IA a été déployé dans les centres d’appel de La Banque Postale (filière du groupe), appelé Quality Monitoring. Il est aussi utilisé dans des centres d’appel comme Téléperformance. Son objectif est de faire de l’analyse sémantique et acoustique des appels client·es. Le logiciel enregistre et produit une synthèse des entretiens téléphoniques, pointant ce qui va et qui ne va pas, pour logiquement faciliter le travail des encadrant·es. 

Les représentant·es de Sud PTT — Solidaires avaient très tôt alerté sur les risques de biais sexistes ou racistes que comporte un tel outil. Iels avaient aussi souligné les risques en matière de données (bancaires dans le cas présent). Tout ceci avait été balayé par la direction qui a déroulé son projet. Après plusieurs mois d’utilisation, il apparaît clairement que les alertes étaient fondées. Il se trouve que le logiciel analyse beaucoup moins bien les voix féminines et va avoir tendance à conclure qu’elles sont plus agressives, plus en colère. On retrouve là des stéréotypes sexistes et LGBTQ+phobes, renvoyant à des femmes qui seraient plus facilement en colère ou hystériques. 

Ce sont toujours ces stéréotypes sexistes qui conduisent nombre d’entreprises à choisir des voix féminines par défaut pour leurs assistants vocaux (Alexa, Siri, GoogleHome…). Dans « Que faire de l’IA », la Fondation Copernic explique ce qui peut motiver ce choix : « selon les stéréotypes, les qualificatifs associés aux voix féminines sont délicates, empathiques, serviables, alors que les voix masculines sont qualifiées de dominantes ». Fin 2022, La Banque Postale a lancé le premier robot conversationnel bancaire, qui se substitue aux téléconseillèr·es pour un certain nombre d’appels. Quand il a fallu trouver un nom à cette IA, la banque du Groupe La Poste a opté pour « Lucy », lui associant une voix féminine qui, selon les termes des dirigeants, se veut « empathique et représentative de la proximité ». Dans ce dernier exemple, en plus du nom et de la voix, La Banque Postale a choisi de personnifier son callbot, lui associant une image, celle d’une superhéroïne. Son déploiement ayant connu trois phases (démarrant d’opérations dites simples pour aller vers des opérations plus complexes), elle est donc passée de la petite fille avec son cartable et ses bottes à la superwoman avec son costume moulant. Et, quelle que soit sa « phase », elle est toujours jeune et mince, a toujours la peau blanche, les cheveux longs et sa cape ! 

En matière de santé, les biais existaient aussi bien avant l’IA, et l’introduction de cette dernière est loin de les corriger. Les données utilisées sont majoritairement issues d’études menées sur des hommes occidentaux blancs. Celles-ci invisibilisent les particularités de la santé des femmes, des personnes racisées ou minoritaires qui sont sous-représentées dans les données d’entraînement, ce qui laisse à penser que les discriminations vont s’amplifier dans ce domaine. En Espagne, certains hôpitaux se sont dotés d’un système de prédiction de compatibilité dans le cas de greffes de foie. Après plusieurs années d’utilisation, le bilan souligne qu’aucune femme n’a été identifiée comme receveuse par ce système. Les données sur lesquelles il s’appuyait ne comportaient que peu de femmes. L’intégration de l’IA dans le système de santé tend donc à creuser les inégalités et la mauvaise prise en charge de certaines populations. 

Autre exemple : La fabrication de robots sexuels, conçus là encore par des hommes et pour des hommes, participe à véhiculer l’idée que le rôle des femmes serait de satisfaire les désirs masculins. Cela pose aussi la question du consentement. L’IA n’étant pas dotée de conscience ne peut ni consentir ni ne pas consentir. Ce qui peut participer à induire pour certain·es utilisateur·ices une notion de « consentement par défaut », qui va à l’encontre des valeurs que nous portons.

2.     Biais racistes des systèmes d’IA…

Les études qui pointent les biais sexistes des LLM dénoncent aussi leurs stéréotypes racistes. Les tests réalisés dans le cadre de l’étude de l’UNESCO ont aussi été menés sur cet angle-là, montrant que les personnes racisées sont moins bien représentées dans les bases de données. Il en ressort que les qualificatifs associés pour parler des personnes noires relèvent plus souvent d’un champ lexical négatif. Les exemples de biais explicites sont nombreux. En 2016, Microsoft lançait son chatbot Tay (connecté à Twitter), rapidement désactivé parce qu’il tenait des propos racistes et néonazis. Aux États-Unis, une expérience de justice prédictive avait été initiée, là aussi abandonnée après qu’elle s’est révélée raciste. Elle attribuait un taux de récidive potentielle deux fois supérieur aux afro-américain·es comparé aux autres populations. Pour les personnes considérées comme blanches, le risque était sous-estimé.

Les technologies de reconnaissance faciale ont aussi recours à l’IA et sont plus performantes sur des visages à peau blanche que sur des visages à la peau plus sombre. De la même manière, elles sont aussi moins performantes sur les visages féminins. Ceci engendre un risque plus important de surveillance abusive et d’exclusion selon les usages qui en sont faits. 

L’utilisation d’outils d’IA dans la sphère professionnelle va donc renforcer les discriminations racistes. Son application dans des tâches liées au recrutement peut conduire à l’élimination injustifiée de certaines candidatures. Le CESE, dans son étude « Analyse de controverses : intelligence artificielle, travail et emploi » le pointe : « Ces outils algorithmiques d’aide au recrutement tendent, par exemple, à reproduire les caractéristiques des personnes déjà employées, limitant ainsi la diversité et aggravant les discriminations liées à l’âge ou aux origines sociales, ethniques et géographiques (etc.) ». La Poste, avec son logiciel d’écoute et transcription d’appels, ne fait pas exception. Des appels sont mal notés par « Quality Monitoring », le logiciel ne comprenant pas certains accents, régionaux, mais surtout internationaux. Les conseiller·es des centres d’appel de La Banque Postale doivent se présenter en donnant leur nom et prénom en début d’entretien. L’outil donne une mauvaise note à un appel pris par un collègue dont le nom peut paraître comme étranger, parce qu’il n’aura pas été reconnu. Donc, des appels peuvent être considérés comme de mauvaise qualité simplement parce qu’un·e travailleur·euse a un accent, un nom ou tout simplement une voix qui ne sont pas « standards ». Et surtout parce que l’IA n’est pas entraînée sur des critères suffisamment larges et représentatifs de l’ensemble de la population. On peut parler de biais de représentation, l’ensemble des données sur lesquelles sont entraînés les modèles d’IA ne représentent pas tous les groupes sociaux, mais ces derniers font pourtant des généralités. 

3.     Et validistes !

Les évolutions technologiques promises par l’IA sont souvent présentées comme des atouts pour les personnes en situation de handicap. En effet, l’intelligence artificielle peut apporter des améliorations à la vie des personnes en situation de handicap : outils de transcription des conversations pour les personnes sourdes ou malentendantes, logiciels de description d’images pour les personnes aveugles ou malvoyantes, aides à la rédaction pour les personnes neuroatypiques ou encore les exosquelettes… Pour autant, cela ne doit pas nous faire oublier les effets discriminants trop présents dans ces technologies, qui intègrent des préjugés validistes et âgistes. Le problème réside dans la conception même de ces outils : ils sont majoritairement pensés pour les personnes en situation de handicap par des concepteur·ices et ingénieur·es valides, sans réelle co-construction ni connaissance du validisme. Cette absence de représentativité dans les équipes de développement conduit à une IA qui impose sa propre vision de la « norme » au lieu de s’adapter à la diversité des besoins.

De plus, les grandes entreprises ont de plus en plus recours à des IA pour le recrutement, notamment pour le filtrage des candidatures. Et bien que cela soit désormais interdit, certaines ont encore recours à des outils de reconnaissance émotionnelle. Ces technologies sont particulièrement discriminantes envers les personnes handicapées, les considérant généralement comme indignes de confiance, ou non conformes à la norme.

Les différentes oppressions que l’IA alimente et exacerbe ne sont pas des phénomènes isolés, mais elles se combinent et se renforcent quand elles concernent une même personne. On peut donc parler de discriminations intersectionnelles.

4.     Biais de classes : des discriminations envers les plus précaires

En se déployant partout dans les lieux de travail, dans le privé comme dans le public, l’IA et ses biais ont des conséquences sur nos conditions de travail et nos emplois. Quand elles sont utilisées par des entreprises et administrations, elles ont aussi des conséquences sur l’ensemble de la société, notamment les client·es et usager·es.

En la matière, les exemples de discriminations sont nombreux. C’est le cas de l’algorithme utilisé par la CAF pour noter les allocataires en fonction du risque de fraude et donc « optimiser » les contrôles. Les critères retenus comme négatifs sont, par exemple, le fait de percevoir une allocation d’adulte handicapé, avoir été veuf·ve, divorcé·e ou séparé·e avec un changement depuis… Le fait d’avoir un haut revenu est un critère positif. Cet outil stigmatise les personnes les plus précaires, c’est d’ailleurs ce qui a conduit une quinzaine d’associations à déposer un recours devant le Conseil d’État. Dans son ouvrage « Les algorithmes contre la société », Hubert Guillaud constate que les contrôles s’exercent sur les populations les plus stigmatisées : bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA), de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) ou de l’Allocation de Soutien Familial (ASF) destinée aux parents isolés. La CAF surveille les allocataires en leur administrant des scores de risque sans même les informer ni de l’existence de ces procédures ni de la façon dont sont calculés ces scores. Ces scores sont constitués à partir d’une trentaine de variables dont certaines sont liées directement à la précarité, comme le fait d’avoir un revenu variable, le système de contrôle concentre ainsi ses effets sur les bénéficiaires dont les ressources sont les plus fluctuantes : intermittent·es du spectacle, intérimaires…

Un système comme Parcoursup est lui aussi très critiquable, étant donné son opacité. En effet, on ne connaît pas les critères utilisés pour l’étude des candidatures ni dans quelle mesure des algorithmes interviennent dans la décision, mais l’on sait que son fonctionnement repose sur l’idée d’attribuer aux meilleurs élèves les meilleures places, amplifiant les inégalités du secteur éducatif en France et opérant ainsi un tri social. Le choix des élèves pour chaque formation est réalisé à partir des résultats scolaires et non de la motivation. Parcoursup est désormais classé comme un « système à haut risque » par l’AI Act et devra donc se conformer à des obligations accrues de transparence… mais pas avant août 2027 !

Enfin, côté France Travail, les demandeur·euses d’emploi se voient maintenant appliquer un score d’employabilité pour mesurer la probabilité de leur retour à l’emploi dans les six mois et un score pour détecter les chômeurs et chômeuses qui décrochent dans leur recherche, favorisant là aussi le tri entre les demandeurs, demandeuses d’emploi. On constate que les chômeurs et chômeuses qui n’ont pas travaillé depuis plus d’un an sont plus contrôlé·es que celles et ceux qui envisagent de créer leur entreprise.

Les outils de scoring intègrent désormais de l’IA de manière très courante, notamment dans les outils d’aide à la décision en matière de souscription de crédits ou d’assurances. Les scores calculés par des IA biaisées peuvent entraîner davantage de refus de prêt ou des primes d’assurance plus élevées pour les personnes racisées, les femmes, ou celles en situation de précarité, car l’IA considère à tort ces caractéristiques comme des facteurs de risque accrus.

C’est aussi le cas avec l’analyse de l’adresse postale. Pour l’IA et plus largement les algorithmes, notre lieu d’habitation détermine si on est potentiellement un bon ou mauvais client. Ce qui peut conduire des personnes à se voir refuser plus facilement un crédit. Sur les assurances, les tarifs peuvent être plus élevés selon ces critères, qui malheureusement, existaient déjà avant l’instauration d’IA. Cette dernière va les renforcer.

Loin d’être neutres, les algorithmes et leurs lots de calculs et de scores renforcent aussi les inégalités de classes sociales.main.original

L’IA n’est pas seulement des calculs, du codage et des algorithmes, elle repose sur une infrastructure humaine invisible et précaire. Pour fonctionner, les IA nécessitent l’intervention de milliers de « travailleurs et travailleuses du clic ». Ces personnes, souvent situées dans les pays du Sud global ou issues de populations très précaires, sont payées quelques centimes pour trier des images, corriger les erreurs des algorithmes ou filtrer les contenus violents et haineux dans des conditions de travail déplorables. Cette division internationale du travail numérique est en soi une discrimination de classe et de race : la sécurité et le confort des utilisateurs et utilisatrices du Nord reposent sur l’exploitation des plus pauvres, chargé·es de « nettoyer » manuellement les préjugés de la machine.

5.     Combattre les biais de l’IA partout !

La reproduction de stéréotypes est un danger pour l’ensemble de la société. En brassant des milliers de données, les systèmes d’intelligence artificielle agissement comme une loupe qui grossit les discriminations. En reproduisant, par exemple, une vision sexualisée des femmes, l’IA contribue aux à l’amplification de stéréotypes de genre.

Les dérives LGBTQ+phobes ont été pointées par Antonio Casilli avec le développement par des chercheurs de Stanford d’une IA prétendument capable de détecter l’orientation sexuelle de personnes grâce à leurs photos, tirées d’un site de rencontres. Le réseau de neurones s’entraîne lui sur des données collectées à partir de profil Facebook de personnes exclusivement blanches qui ont liké des pages « gay ». Pour Antonio Casilli : « L’étude traduit une vision hétéronormative, qui n’admet pas de situations intermédiaires de l’identité sexuelle ». Dans cette étude, tous les stéréotypes et discriminations y passent ! Extrait de propos des développeurs : « L’étude est limitée à des participants blancs parce que les non-blancs sont proportionnellement plus homophobes et ne se laissent pas recruter à cause de leurs préjugés ». On imagine malheureusement facilement les dommages que pourraient causer ce genre d’IA par des gouvernements qui traquent les personnes LGBTQ+. 

Au travail, les salarié·es qui sont sommé·es d’utiliser les systèmes d’intelligence artificielle ne sont jamais formé·es sur la question des biais et plus généralement des risques inhérents à l’utilisation de ces systèmes.

Ce sont les entreprises qui financent et conçoivent ces systèmes d’IA qui encodent/embarquent, parfois volontairement, nombre de stéréotypes et de préjugés racistes, liés au genre, au handicap, à l’âge, à la précarité, ou à toute autre caractéristique sociale, et qui, trop souvent, ne font rien pour corriger ces biais.

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Le local de l’union départementale Solidaires du Rhône attaqué par l’extrême droite

Nous ne cèderons pas aux tentatives d’intimidation

Dans la nuit du 14 au 15 février 2026, un individu dont le visage était dissimulé est venu asséner de violents coups de barre de fer sur l’entrée de notre local syndical, dont l’adresse est publique. Il n’a heureusement pas réussi à s’introduire dans le local.

Des dégradations de moindre importance avaient déjà eu lieu en pleine nuit fin octobre. Nous avions porté plainte. Nous porterons plainte de nouveau. Mais il faut bien le dire : dans le climat d’impunité lyonnais, nous ne portons pas de grands espoirs sur ces procédures judiciaires.

Ces dégradations ne sont pas un fait divers isolé. Depuis une quinzaine d’années, Lyon a acquis la malheureuse réputation de capitale de l’extrême droite radicale et violente, et notre organisation et nos militant·es en ont trop souvent fait les frais. L’attaque de cette nuit survient dans un contexte précis. Les stratégies de dénonciation calomnieuse, de victimisation et d’instrumentalisation politique dont le collectif d’extrême droite Némésis est coutumier sont de nouveau à l’œuvre depuis jeudi dernier. Alice Cordier, porte-parole de Némésis, avait jeté en pâture le nom de notre organisation sur le plateau de CNews jeudi soir, l’associant à tort et sans aucune preuve aux violences qui ont causé la mort d’un militant d’extrême droite. Ces procédés nous désignent comme des cibles pour toute la fachosphère. Cela semble avoir fonctionné.

Quelle que soit l’identité de l’auteur de l’attaque contre notre local et ses motifs exacts, s’en prendre de nuit à un local syndical, dont la mission est de défendre les travailleuses et les travailleurs victimes d’un patronat de plus en plus sur les dents, relève bien pour nous de méthodes fascistes. Le fascisme a une longue histoire antisyndicale et nous ne l’oublions jamais. Dans le projet de société de l’extrême droite, la lutte des classes est niée et les syndicats n’existent tout simplement plus. Mais les syndicats ne disparaissent pas sans résister, sans lutter.

L’attaque contre notre local nous rappelle qu’il existe bel et bien une lutte des classes, et que le mot « lutte » n’a rien de métaphorique. L’union départementale Solidaires du Rhône continuera de mener la lutte pour l’émancipation et contre l’extrême droite, sur les lieux de travail, dans les rues de Lyon gangrénées par les groupuscules violents, dans les villes du Rhône ciblées par le Rassemblement national pour les prochaines municipales, dans les circonscriptions du département qui ont basculé aux dernières législatives, et plus largement dans tout le département et tant qu’il le faudra.

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Agenda militant anti-validisme Éducation En grève ! Précarité Seule la lutte paie !

Appel à un rassemblement le 17 février 2026 à 13h devant l’inspection de la circonscription de Trappes. Des moyens toujours insuffisants pour l’école élémentaire Maurice-Thorez !




Face à la forte dégradation de nos conditions de travail, notamment après le départ d’une AESH, nous devions redoubler d’efforts pour compenser le manque de personnels. La grève débutée le 02 février qui a duré 11 jours a permis l’arrivée d’une nouvelle AESH à l’école élémentaire Maurice-Thorez.

Cette mobilisation a mis en évidence à quel point le rôle des AESH est essentiel dans la scolarisation des élèves en situation de handicap.
Sans AESH , pas d’école inclusive !
Notre mobilisation a pu nous donner gain de cause mais i l reste
encore des élèves avec notifications MDPH sans AESH.
Nous dénonçons :

  • Le maintien d es AESH en sous-effectif par rapport au
    nombre d’élèves avec notification MDPH.
    Nous ne sommes pas des variables d’ajustement
  • Les AESH de l’école élémentaire Maurice-Thorez revendiquent :
    → le recrutement d’AESH à hauteur des besoins réels de l’école élémentaire Maurice-Thorez à Trappes.

Collectif des AESH de Trappes : aesh.thorez78@gmail.com
Avec le soutien de SUD Éducation 78

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antifascisme

Les dernières publications du réseau Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA)

Les articles parus sur VISA en janvier.
CGT Éduc’action privée – IDÉES D’EXTRÊME DROITE : NI DANS L’ENSEIGNEMENT PRIVÉ, NI AILLEURS
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SUD Éducation 59 : Soutenir notre collègue attaquée par l’extrême-droite : défendre une conception émancipatrice de l’enseignement public
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CFDT Île de France : 8 affirmations, 8 engagements pour ne pas céder le terrain à l’extrême droite et faire barage aux idée contraires à la solidarité.
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Des Nimbes au monde en avant première à Douai le 9 février
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Recensement de la population Insee : ne pas répondre à la nouvelle question 7 sur le pays de naissance des parents
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Codex 83 – Département du Var : 4 villes FN/RN, 4 naufrages !
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Rassemblement contre Marine Le Pen le 31/01/26 à Saint Avold
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CGT UD 35 : Solidarité avec Pierre C.
preview Militant de la CGT visé par une procédure bâillon de l’association d’extrême droite SOS Éducation Le jeudi 11 décembre, 300 personnes se sont réunies en solidarité avec Pierre devant le tribunal de Rennes. Etaient présent.es, des militant.es de très nombreux membres des syndicats CGT du département, mais aussi des militants d’autres organisations syndicales (FSU, Solidaires,… afficher en ligne.
SUD COLLECTIVITES TERRITORIALES : NON À LA RÉPRESSION ANTI-SYNDICALE À HÉNIN-BEAUMONT !
preview NON À LA RÉPRESSION ANTI-SYNDICALE À HÉNIN-BEAUMONT ! NON À LA RÉVOCATION DE DJELLOUL KHERIS! Après avoir expulsé l’association culturelle L’Escapade il y a un an, après avoir attaqué des militant·es par le passé,M. Steeve Briois veut à nouveau révoquer un syndicaliste ! En effet, alors qu’il n’avait demandé « qu’une exclusion sans rémunération »… afficher en ligne.
VISA 74 : COMMUNIQUE SUR LE BANQUET SAVOYARD DU CANON FRANCAIS
preview Annecy le 13 janvier 2026 L’extrême droite toujours plus présente ! La mainmise des milliardaires d’extrême droite ne cesse de s’accentuer dans tous les domaines et encore plus celui de la culture : les médias d’information et de divertissement, le cinéma… pour diffuser leurs idées de haine. Dernièrement, c’est par le biais des fêtes populaires… afficher en ligne.
SUD RAIL : MESSAGES RACISTES CONTRE DES COLLEGUES ASCT : CA SUFFIT !
preview SUD-Rail Pays de La Loire affirme sa totale solidarité avec Les ASCT de notre région qui ont découvert récemment des écrits racistes dans leurs bannettes. Ces actes sont lâches et inacceptables. Ils n’ont pas leur place ni à la SNCF, ni ailleurs. Le racisme m’est pas une opinion, c’est une violence et il est pénalement… afficher en ligne.
SOLIDAIRES : COMUNIQUE : CAMEROUN LIBERTES SYNDICALES
preview Cameroun : Solidaires dénonce une grave atteinte à la liberté syndicale ! Les élections professionnelles se sont tenues le 13 janvier 2026 au sein de la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM), sans la participation du Syndicat des travailleurs saisonniers de la filière canne à sucre (STRASCAS), pourtant légalement constitué et agréé. Cette exclusion constitue une… afficher en ligne.
VOX PUBLIC : RENCONTRE FRANCO-EUROPEENNE
preview « Démocratie et état de droit face à l’extrême droite : rôle et responsabilité des Big Tech » Lundi 9 et mardi 10 février 2026 Organisée par VoxPublic afficher en ligne.
Bienvenue à Zaïd et à tous les enfants !
preview De Marine Le Pen à Brigitte Bardot, en passant par Caroline Parmentier : l’héritage toxique du RN Le premier enfant né à l’aube d’une nouvelle année est toujours « un événement médiatique ». En ce début d’année 2026, il se prénomme Zaïd, né à Avignon, mais au lieu d’être accueilli avec bienveillance, il a subi… afficher en ligne.
L’intersyndicale éducation de l’Oise défend un stage antifasciste
preview Par communiqué de presse, le député RN de la pême circonscription de l’Oise, David Magnier, indique avoir interpellé le recteur de l’Académie d’Amiens au sujet d’une formation syndicale organisée par la FSU Oise sur le thème « Éducation et lutte contre l’extrême droite » dont l’information a été diffusée sur les boites méls professionnelles des… afficher en ligne.
Déclaration de l’Union libre des travailleurs Iraniens sur les soulèvements en quête de liberté dans les villes à travers le pays.
preview Ce qui se déroule aujourd’hui dans les rues des villes à travers l’Iran, c’est le cri des gens poussés à la limite par la pauvreté et la misère, l’inflation et la flambée des prix, la répression et l’étouffement, la misogynie, l’effondrement économique, et l’effondrement et la destruction des fond C’est le résultat direct de la… afficher en ligne.
Communiqués syndicaux contre l’attaque de Trump au Vénézuela
preview Solidaires condamne l’attaque états-unienne contre le Vénézuéla Le gouvernement des États-Unis d’Amérique a confirmé avoir bombardé le Vénézuela et enlevé le président du Vénézuéla et son épouse lors d’une opération militaire ce matin. Solidaires condamne cette agression qui renvoie le continent américain à la période où l’administration des États-Unis s’arrogeait le droit d’intervenir en toute… afficher en ligne.
SOLIDAIRES RATP : L’ARGENT DU CE RATP NE DOIT PAS FINANCER L’EXTREME DROITE
preview De nombreux agents nous ont interpellés au sujet d’une offre récemment mise en avant par le CE RATP : une sortie au Puy-du-Fou. Pour Solidaires RATP, cette proposition est extrêmement problématique. Le Puy-du-Fou a été fondé par Philippe De Villiers, une figure historique de l’extrême-droite française. Immigration, islam, quartiers populaires, “grand remplacement”, appels à la… afficher en ligne.
Les amis de la confédération Paysanne : Aux adhérent·es des ami·es de la confédération paysanne
preview COLÈRES PAYSANNES – DNC ContexteAlors que l’épidémie de DNC (Dermatose nodulaire contagieuse) se propage, la société civile, aux côtés des éleveurs et éleveuses, se mobilise pour empêcher l’abatage systématique ordonné par le gouvernement.Face à l’urgence de la situation, la Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR) font front commun. “Sur la plupart des sujets, on… afficher en ligne.
VISA 78 : VADE-MECUM DE LUTTE CONTRE LES IDÉES D’EXTRÊME DROITE DANS L’ÉDUCATION NATIONALE
preview Depuis que le RN est aux portes du pouvoir, nos organisations constatent une libération de la parole et des actes racistes et LGBTIphobes, y compris sur nos lieux de travail : par nature xénophobe et raciste, l’extrême droite est un danger pour l’École, pour nos élèves, nos collègues et pour la démocratie. L’extrême droite a… afficher en ligne.
CFDT Journalistes : Mobilisés face à la montée de l’extrême-droite et de ses idées
preview La CFDT est résolument et depuis toujours engagée contre l’extrême-droite. CFDT-Journalistes, particulièrement inquiète par la montée de l’extrême-droite et ses idées dans les urnes, dans le débat public, et dans les médias, travaille à dénoncer, accompagner, revendiquer. Voici quelques une de nos actions et réactions, au national et dans les sections d’entreprise. Notre livret « Face à… afficher en ligne.
SNES FSU Versailles – Immense succès du stage : «Enseigner l’EVARS : un enjeu pédagogique, éducatif et politique»
preview A un an des futures élections présidentielles, tous les sondages montrent que les idées d’extrême droite ne cessent de progresser en France. Selon une enquête d’Ipsos et du Centre de recherches politiques de Sciences Po, le Cevipof, un professeur sur cinq a voté en faveur du Rassemblement national au premier tour des législatives de 2024.… afficher en ligne.
Sud Solidaires Amazon LIL1 : A Amazon comme ailleurs, le fascisme ne passera pas !
preview Thierry Tesson député RN a été accueilli par la direction d’Amazon dans nos locaux professionnels. Candidat par ailleurs à la mairie de Douai, ce personnade est donc venu sans que quicquonque n’en soit averti et surtout pas les salarié-es dans le but visiblement de se faire expliquer le fonctionnement de leur outil de travail. En… afficher en ligne.
DEFENDRE LES LIBERTES PUBLIQUES AFFRONTER L’EXTREME DROITE : LA PLACE DU SYNDICALISME
preview MEETING DEPARTEMENTAL mardi 14 janvier 2025 à 18 h SAINT-POURCAIN/SIOULE Avec d’ores et déjà : Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU Vincent Présumey, Secrétaire départemental de la FSU 03 Laurent Indusiak, Secrétaire général de la CGT de l’Allier le SNETAP-FSU (enseignement agricole), des représentants des organisations syndicales et démocratiques invitées Unité dans la défense de… afficher en ligne.
Tribune – « Vitrines brisées, démocratie fissurée » : les libraires et le monde du livre lancent l’alerte
preview Dans cette tribune, plus de 400 libraires, éditeurs, auteurs et collectifs dénoncent des actes de vandalisme et des pressions liés notamment à « l’exacerbation des antagonismes » sur le conflit israélo-palestinien. Ces « atteintes à la liberté d’expression » sont pour eux « le signe » d’un « basculement ». Les libraires ont de la… afficher en ligne.
Communiqué de presse Global Labour Institut 2025 : Solidarité syndicale envers les peuples des pays en guerre
preview L’université syndicale internationale du Global Labour Institute (GLI) a réuni 1er au 3 décembre 2025 vers Paris des syndicalistes de 35 pays de tous les continents sur le thème du « Syndicalisme face au nationalisme autoritaire ». Des camarades de la République démocratique du Congo, d’Ukraine et de Palestine nous ont présenté la guerre, les… afficher en ligne.
Courrier au ministre de l’intérieur contre la complaisance des préfectures avec Némésis
preview Paris, le 4 décembre 2025 Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Depuis plusieurs années, les manifestations féministes contre les violences à l’encontre des femmes organisées autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, par des cadres unitaires comme « Grève Féministe » sont troublées par des groupes d’Extrême Droite. C’est… afficher en ligne.
Intersyndicale Sorbonne Université – Visites de parlementaires d’extrême-droite et d’éditorialistes réactionnaires à l’Université Sorbonne Paris Nord : opération dénigrement
preview Depuis plusieurs mois, l’extreme-droite cherche à re activer le faux-debat sur un prétendu « islamo-gauchisme » dans les universites. Alors que meme ses plus fervents défenseurs au ministre re de l’enseignement superieur et de là recherche ont fini par reconnaître qu’elle etait une pure affabulation, cette notion se maintient ainsi dans le debat public, nourrie… afficher en ligne.
Intersyndicale 67 : Honte à l’instrumentalisation des violences faites aux femmes !
preview Ce mercredi 3 décembre, le collectif féminationaliste Némésis a déployé une banderole comportant un message raciste sur un immeuble de la place Kléber, pendant le marché de Noël de Strasbourg. Ce message complètement abject a été, heureusement, rapidement retiré. L’extrême-droite raciste et antiféministe ose instrumentaliser sur la même banderole la lutte contre les violences faites… afficher en ligne.
10/12/25 : Bordeaux contre la nuit du bien commun
preview Le 10 décembre prochain, devrait se teniir « la Nuit du Bien Commun » au Palais de la Bourse à Bordeaux. Ce gala “caritatif” propose de rassembler des mécènes pour financer des associations sélectionnées. afficher en ligne.
SUD Culture Solidaires agit contre l’extrême droite !
preview Tous les domaines de la culture sont touchés par la progression et la banalisation des idées d’extrême droite en cours depuis plus de 30 ans ! Cette triste évolution est favorisée par les politiques ultra-libérales qui, se succédant, poussent toujours plus loin la privatisation des institutions culturelles et la recherche « à tout prix » et à… afficher en ligne.
18 DÉCEMBRE – JOURNÉE INTERNATIONALE DES MIGRANT·E·S
preview UNE JOURNÉE SANS NOUS : si on s’arrête, tout s’arrête ! Ce pays ne marche pas sans immigré·e·s. Il n’existe pas sans l’immigration et en bénéficie à tous points de vue.Ce n’est pas l’immigration qui le détruit, ce sont les politiques menées, le racisme et l’injustice.Le 18 décembre, à l’occasion de la Journée internationale des… afficher en ligne.
Communiqué Unitaire 35 : Soutien à notre camarade Pierre C. visé par une procédure bâillon de l’association d’extrême droite SOS Éducation
preview La CGT Éduc’action 35, la CGT Éduc’action, la FERC-CGT et l’Union Départementale CGT 35 ont appris la convocation de Pierre C., militant à la CGT Éduc’action 35, devant le tribunal correctionnel de Rennes le 11 décembre 2025, suite à une plainte pour diffamation de SOS Éducation. Cette association notoirement proche de l’extrême droite attaque notre… afficher en ligne.
Pétition : Refusons le projet d’enquête nationale sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur et la recherche
preview Pétition à l’attention de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace Nous, étudiantes, étudiants, personnels de l’enseignement supérieur, citoyennes et citoyens attaché-e-s à la lutte contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme, exprimons notre profonde inquiétude quant à l’enquête nationale sur l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur et la recherche, annoncée… afficher en ligne.
VISA 35 : La police grenade, réprime et blesse des antifascistes à Saint Malo
preview Pour protester contre Bardella, venu en Bretagne pour vendre et dédicacer son livre mais surtout pour faire une tournée de propagande, de nombreuses organisations appelaient à un rassemblement et à une manifestation, dûment déclarée et de fait non interdite à Saint-Malo le dimanche 23 novembre. Il s’agissait de dénoncer entre autre, l’imposture sociale du FN-… afficher en ligne.
Pas d’hommage à Franco.
preview Le 29 novembre, des nostalgiques du franquisme appellent à une« messe » dans une chapelle parisienne pour « se recueillir» àl’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Franco ;Primo de Rivera, le fondateur de la Phalange fasciste, mort en1936, est associé à cet hommage.Pour les antifascistes et les démocrates de tous les pays, ce… afficher en ligne.
La Vigie, journal antifasciste de Sète, numéro 6
preview Un vent mauvais souffle sur Agde : les extrêmes droites s’organisent pour les municipales 2026… et plus. Nous disons bien « les » extrêmes droites car Agde compte deux représentant.es clairement identifié.es et un nouveau candidat de la droite extrême. afficher en ligne.
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En grève ! Luttes féministes

8 mars : si on s’arrête, tout s’arrête !

Nous sommes secrétaires, aides à domicile, infirmières, cheminotes, enseignantes, guides conférencières, journalistes, vendeuses, caissières, ouvrières, ingénieures, paysannes… Nous sommes femmes, travailleuses, précaires, retraitées, migrantes, handi… Nous sommes indispensables à la société et pourtant sous-payées, précarisées, invisibilisées.
Et pourtant, si on s’arrête, tout s’arrête. Alors, le dimanche 8 mars, toutes en grève !

A travail égal, salaire égal !

Les inégalités salariales perdurent plus de 50 ans après l’adoption des premières lois visant pourtant à les faire disparaître. Quel que soit le métier, les hommes touchent en moyenne 28 % de salaire en plus ! Nous sommes 4 fois plus souvent à temps partiel que les hommes. Et pour la majorité d’entre nous, il s’agit d’un temps partiel imposé. Et toutes ces inégalités qui viennent jalonner nos carrières et nos vies viennent impacter notre retraite.

La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale. Celle-ci doit renforcer l’application du principe « à travail de valeur égale, salaire égal » par des mécanismes de contrôle et de sanction. Les entreprises doivent être contraintes de prouver qu’à travail de valeur égale, les salaires sont égaux. Nous exigeons une application ambitieuse de cette directive pour enfin obtenir : l’égalité réelle des rémunérations et des carrières, la revalorisation des métiers à prédominance féminine, la révision en profondeur de l’index égalité professionnelle (qui doit cesser de masquer la réalité).

En grève un dimanche ?

Le dimanche est un jour de repos ? Pas pour les femmes ! 21 % d’entre elles sont au poste ce jour-là, assurant la continuité du soin, du nettoyage, du commerce ou de la culture.

Certes, travailler le dimanche est éprouvant pour tout le monde, hommes comme femmes. Mais l’égalité s’arrête à la fiche de paie. Dans les secteurs masculins (industrie, sécurité, transports), la pénibilité et le travail dominical sont rémunérateurs. Dans les métiers féminisés, c’est la double peine : des conditions difficiles pour des primes dérisoires.

L’écart est brutal au sein même de la santé : là où une infirmière ou une aide-soignante touchera 60 € bruts d’indemnité pour ses 8 heures de travail effectif, un chirurgien d’astreinte percevra, lui, plus de 250 € pour une demi-journée… passée chez lui.

Et quand le travail salarié s’arrête, le travail gratuit commence. Ménage, cuisine, devoirs, soins aux proches : pour la majorité des femmes, le dimanche est une deuxième journée de travail. Le monde ne peut pas tourner sans nous. Alors le 8 mars, pour visibiliser l’invisible, faisons la grève, en arrêtant le travail salarié ou gratuit, en manifestant partout !

Le 8 mars, nous serons le feu !

Le ciel s’assombrit, l’horizon est lourd. Le patriarcat cogne, l’impérialisme broie, mais nous ne baisserons ni les yeux ni les bras.

Ce 8 mars nous nous mobilisons aussi pour nos sœurs du monde entier, de Palestine, du Yémen, du Soudan, du Mali, des États-Unis. Nous crierons pour nos sœurs d’Ukraine, d’Amérique latine, d’Asie et d’Iran. Si l’attaque est mondiale, la riposte est géante, partout où l’on nous brise la lutte est vivante !

Partout, c’est l’incendie MeToo qui brûle le silence en faisant de nos récits une arme. La honte change de camp, l’impunité est finie. Le « sales connes » que le pouvoir nous crache au visage, nous le portons en étendard !

Le 8 mars n’est pas une fête, c’est une journée de lutte !

Face aux attaques réactionnaires, aux politiques d’austérité, au patriarcat et à l’extrême droite qui montent partout, nous revendiquons :

  • L’égalité salariale réelle
  • La revalorisation des métiers féminisés
  • Des mesures concrètes contre les violences sexistes et sexuelles, avec les moyens pour les mettre en œuvre
  • La garantie et accessibilité des droits reproductifs
Le 8 mars nous serons en grève du travail rémunéré, pour dire qu’on ne veut plus être sous-payées, exploitées, précarisées.
Nous serons en grève de la consommation, pour dire que nous voulons en finir avec le système capitaliste et patriarcal.
Nous serons en grève du travail domestique et parental, pour dire que nous voulons une société égalitaire !


Dimanche 8 mars : Grève féministe !

Ce 8 mars on fait la Grève du travail salarié : « On arrête tout » !

C’est le moment de soutenir celles qui triment quand les autres se reposent.

  • Commerce/Grande distribution/Culture : Le dimanche est un gros jour de chiffre. Bloquons les caisses, débrayons !
  • Santé/Social : On assure les urgences vitales (assignations), mais on porte le brassard « En grève » et on refuse toutes les tâches administratives ou non urgentes.
  • Boîte mail : Tu peux aussi changer ton message de réponse automatique : « Aujourd’hui 8 mars, je suis en grève féministe. Je ne répondrai qu’à partir de lundi. Cordialement, une travailleuse qui lutte. »

Ce 8 mars on fait la grève des tâches domestiques

  • Balançons nos balais, brûlons les torchons et allons manifester !
  • Arrêtons toutes ces activités que nous nous sentons obligées de faire chaque jour en tant que femme ou assignée femme.
  • Qui gère le repas de famille, le ménage, la préparation de la semaine des enfants, la charge mentale ? Encore nous. Alors, ce dimanche, prenons du temps pour nous-mêmes, ou prenons le temps de ne rien faire !

Ce 8 mars on fait la grève de la consommation

  • Dénonçons les produits et les enseignes qui appliquent une « taxe rose ».
  • Arrêtons d’acheter ou de consommer des produits ou des services non indispensables (le capitalisme ne dort jamais, surtout le dimanche).
  • Dénonçons les multinationales qui sur-exploitent les êtres humains ou complices du travail forcé.
  • Ré-orientons nos achats vers les productions des femmes et valorisons les matrimoines (écrivaines, réalisatrices, etc.).

Le 8 mars on se mobilise autour de nos lieux d’études

  • Organisons des réunions d’information et assemblées avec les autres étudiantes.
  • Revendiquons l’accès gratuit aux études pour toustes.
  • Dénonçons les harcèlements et critiquons la production masculine et blanche des savoirs qui exclut toujours les femmes et minorités.
  • Revendiquons partout des protections hygiéniques gratuites sur tous nos lieux d’études ! Stop à la précarité menstruelle
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(re)Penser notre syndicalisme Seule la lutte paie !

La lutte paie ! Recueil de victoires gagnées en 2025

Le 15 juillet 2025, le Premier Ministre d’alors François Bayrou annonçait un budget d’extrême rigueur, incluant la suppression de deux jours fériés, dont le 8 mai, jour de commémoration de la victoire contre le nazisme. À l’automne, la préparation de plusieurs journées de grève a conduit le nouveau, Sébastien Lecornu, à renoncer à cette mesure. Nul doute que sans résistance, le gouvernement et le patronat auraient saisi l’occasion de nous faire travailler plus.

La lutte paie. Tous les jours, dans les entreprises et les administrations, des équipes syndicales, par leur combativité, gagnent des victoires qui permettent d’augmenter les revenus des salarié∙es ou d’améliorer leurs conditions de travail, de protéger un service public ou de préserver des libertés fondamentales. Ces victoires ne font pas toujours la Une des médias. Elles sont invisibilisées par une stratégie de discrédit des organisations syndicales de la part du patronat et des gouvernements successifs, qui passe notamment par l’absence de démocratie sociale s’agissant des grandes réformes du Code du Travail ou des retraites, par exemple.

À l’inverse, l’Union syndicale Solidaires fait le choix de mettre en avant des victoires gagnées par nos équipes en 2025, sans prétendre à l’exhaustivité. Petites ou grandes par le nombre de salarié∙es concerné∙es, passant par la grève et parfois par l’action en justice, résultat de quelques jours de mobilisation ou de plus de quinze ans de lutte, elles sont toutes importantes pour nous donner confiance en notre force : l’organisation collective.

Sommaire

#1 – Salaires et Revenus

#2 – Emploi

#3 – Temps de travail

#4 – Conditions de travail

#5 – Droits et libertés

#6 – Services publics

#7 – Contre la précarité

#8 – Contre les discriminations

#9 – Contre l’extrême droite

#10 – Contre la répression antisyndicale

Salaires et revenus

Éducation

Versement rétroactif de l’indemnité REP/REP+ aux AESH

Avant le 1er janvier 2023, dans l’Éducation nationale, les accompagnant∙es des élèves en situation de handicap (AESH) et les assistant∙es d’éducation (AED) ne touchaient pas les indemnités REP et REP+ dont bénéficient les autres personnels des réseaux d’éducation prioritaire. Une mobilisation de plusieurs années des AESH et des AED, animée par SUD éducation, a obtenu que ces personnels en bénéficient aussi. Le 12 avril 2022, SUD éducation avait déjà obtenu auprès du Conseil d’État la reconnaissance de l’inégalité de traitement. Le Conseil d’État avait imposé au ministère de verser l’indemnité REP/REP+ aux AED et AESH à compter du 1er janvier 2023. Le 16 janvier 2025, le Conseil d’État a rendu deux décisions concernant neuf collègues AESH qui demandaient le versement rétroactif de l’indemnité (soit avant le 1er janvier 2023). Cette décision ouvre la voie à ce que des centaines d’autres collègues, accompagné·es par SUD éducation puis aussi par d’autres syndicats, entament des procédures similaires. Interrogé plusieurs fois par SUD éducation, le ministère s’est décidé à diffuser une information auprès des intéressé·es. SUD éducation revendique par ailleurs pour les AESH un statut de la fonction publique, avec depuis mai 2025 la campagne intersyndicale “AESH, un vrai métier, un vrai statut”.

Presse

Groupe Centre France : cinq jours de grève pour des augmentations de salaire

À L’Yonne Républicaine, la dernière des réunions programmées au titre des Négociations annuelles obligatoires (NAO) 2024 s’est tenue le 3 février 2025. À l’unanimité, les trois organisations syndicales au sein de l’entreprise, CGT, Syndicat national des journalistes (SNJ), CFDT, avaient demandé 4 % d’augmentation générale. La direction a maintenu ses propositions initiales : à savoir 0 %. Au vu de la faiblesse de ces propositions, la rédaction de L’Yonne républicaine a décidé, à une large majorité (77 % des 35 votant·es), de faire grève le 5 février. Puis, toujours à une large majorité (77 % des 30 votant·es), de reconduire son mouvement le 6 et le 7 février. Une lettre ouverte a été envoyée à la direction, signée par la totalité des journalistes, hors encadrement. Les rédactions du Berry républicain, de la République du Centre et de l’Écho républicain notamment ont rejoint le mouvement le 7 février. Un appel à la grève illimitée a été lancé à Clermont-Ferrand, tous services confondus. L’Yonne républicaine, ainsi que le Journal du Centre et La Montagne (éditions du Puy-de-Dôme) ne sont pas parus deux jours de suite. Réunie en assemblée générale à l’issue de cette réunion, la rédaction de L’Yonne républicaine a décidé, toujours à une large majorité (78 % des votant·es, hors encadrement) la reconduction de la grève les 8 et 9 février. Cette grève a amené la direction à proposer dans certains journaux des augmentations de salaires entre 40 € et 200 € bruts par mois et qui ont concerné environ 80 % des équipes.

Logistique

Une grève victorieuse contre la perte d’avantages issus de précédents accords chez STG Logistique

Les camarades de la nouvelle section syndicale de l’Union Solidaires Transports de la société STG Logistique à Communay (69), qui gère l’approvisionnement en fruits et légumes d’Auchan, ont organisé avec la CGT une grève surprise et presque totale (23 grévistes sur 25). Face à leur employeur qui essayait de leur imposer la perte d’avantages issus de précédents accords (représentant près de 350 € par salarié∙e), et pour l’augmentation de leur taux horaire. En grève de 9 h à 15 h et avec un piquet de grève, iels ont obtenu 90 % de leurs revendications ! C’était la première grève dans cette société depuis 15 ans et une belle première victoire.

Santé

Victoire des laboratoires du CHU de Caen

Après six mois de négociations difficiles et onze semaines de grève exemplaire, les personnels des laboratoires du CHU de Caen (14), soutenus par le syndicat SUD Santé Sociaux, ont arraché une victoire décisive face à une direction sourde et méprisante. La réduction brutale de la prime d’insalubrité, déjà une insulte à leurs conditions de travail difficiles, a déclenché une mobilisation massive et déterminée, refusant toute régression sociale. C’est grâce à la force collective et à la solidarité sans faille des agent·es que la direction a été contrainte de céder et d’instaurer une nouvelle prime d’intéressement, liée à l’activité réalisée pour les établissements extérieurs, en compensation de la perte de la prime d’insalubrité. Cette victoire est la preuve éclatante que la lutte paie, et que le syndicat reste un rempart essentiel contre l’arbitraire managérial.

Centres d’appels

Pas de baisse des primes dans le groupe Konecta

Alors que la direction voulait imposer une baisse des primes et surtout les rendre plus difficiles à obtenir, l’intersyndicale CFDT, CFTC, SUD de CRM 56, appartenant au groupe Konecta, était en grève le lundi 24 décembre. Avec 60 % de grévistes et deux contrats avec les clients sur trois en cours de négociation, la direction a fait le choix de ne pas laisser pourrir la situation et a tout de suite essayé de négocier une sortie de conflit. Si la première réunion n’a pas permis de faire cesser la grève, la seconde aura permis de gagner !

Prévention et sécurité

Victoire des agent∙es de la centrale nucléaire de Creys-Malville

Les agent·es de sécurité de la centrale nucléaire de Creys-Malville, à Creys-Mépieu (38), se sont mis·es en grève reconductible avec piquet de grève pour protester contre les salaires gelés et les conditions de travail dégradées. Leur mouvement a permis d’obtenir plusieurs avancées dont la revalorisation des primes.

Transports

NAO 2026 chez Captrain : intégration de primes dans le salaire de base

En janvier, les salarié·es de Captrain, filiale SNCF de droit privé, ont mené une grève reconductible au niveau national dans le cadre de la Négociation annuelle obligatoire (NAO), avec comme revendication centrale l’augmentation de 100 € supplémentaires de salaires de base mensuels bruts. Le 17 décembre dernier, les grévistes ont finalement récolté les fruits de leur combativité de début d’année. En effet, la dernière réunion de la NAO 2026 a abouti à un accord d’entreprise tout à fait honorable, qui servira efficacement les intérêts des salarié·es à partir du 1er janvier 2026. L’unité syndicale s’est manifestée dans la négociation finale a su tenir bon jusqu’au bout sur la priorité aux salaires de base. SUD Rail Captrain a ainsi pu signer, ce qui n’était plus arrivé depuis trois ans. Cet accord va clairement dans le sens des revendications défendues par SUD Rail Captrain : l’intérêt des salarié·es, c’est le salaire de base et les conditions de travail. A été obtenue l’augmentation générale des salaires bruts mensuels de base de 2,5 % pour les salarié·es des classes 1 à 5. Avec un taux d’inflation des prix à la consommation de 0,9 % sur un an, cette augmentation constitue un gain de “pouvoir de vivre” tel qu’on n’en avait plus connu depuis dix ans dans l’entreprise. Cette augmentation résulte de l’intégration de primes dans le salaire de base : prime d’assiduité qui pénalise celles et ceux qui sont contraint·es à une absence notamment en cas de maladie, primes versée à certaines catégories et pas à d’autres… Ces intégrations de primes mettent fin aux inégalités, garantissent la rémunération, gonflent le salaire de base et engendrent mécaniquement une augmentation de tout ce qui y est corrélé : prime d’ancienneté, prime de nuit, heures supplémentaires, indemnités de congés payés, de jour férié, de repos périodiques, indemnités journalières de sécurité sociale, etc.

Collectivités territoriales

Obtention de la prime pouvoir d’achat à la ville de Rennes

En juillet 2023, dans un contexte d’inflation important, le gouvernement avait attribué aux fonctionnaires une prime pouvoir d’achat. Les montants définis dans le décret oscillaient entre 300 et 800 euros et étaient corrélés au revenu annuel de l’agent·e (moins de 39 000 euros bruts sur la période du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023). Cependant ce décret précisait laisser le choix aux collectivités locales d’octroyer ou non cette prime à leurs agent·es.

À la ville de Rennes (35), les élu·es et l’administration avaient décidé de ne pas octroyer cette prime car pour elleux la révision du RIFSEEP, système de primes, allait bientôt avoir lieu et que leur « budget n’était pas extensible. » Sud Collectivités territoriales a organisé des réunions d’information syndicale pour mobiliser les collègues. Après dépôt d’un préavis de grève et deux actions coup de poing, la collectivité a cédé et octroyé une prime exceptionnelle pouvoir d’achat de 300 euros pour l’ensemble des collègues.

Dans le Nord, des avancées pour tou·tes les agent·es des établissements culturels

Fin novembre 2024 alors que le Musée Départemental Matisse de Cateau-Cambrésis dans le Nord faisait peau neuve après plusieurs mois de travaux, l’ensemble des gardien·nes du musée dénonçait l’absence de dialogue et de considération de l’exécutif. Les agent·es n’acceptaient plus de travailler 22 week-ends par an et de n’être indemnisé·es que pour la moitié seulement des samedis, dimanches et jours fériés travaillés. Il aura fallu qu’iels exercent leur droit de grève chaque week-end durant plus de deux mois pour qu’enfin l’administration départementale concède l’ouverture de négociations.
Accompagné·es et soutenu·es par SUD Conseil départemental 59, avec le concours de la CFDT et de la CGT, les collègues ont arraché de véritables avancées consignées dans un « accord collectif » : Nouvelle Bonification Indiciaire (NBI) reconnaissant enfin leur mission d’accueil du public, ouverture de droits aux RTT et prise en compte dans leur Régime Indemnitaire de tous les week-ends et jours fériés travaillés.
Cet accord bénéficie même à l’ensemble des gardien·nes, médiateurs et médiatrices culturel·les, agent·es d’accueil et d’animation de tous les musées et établissements culturels du département du Nord. Tout ceci est à mettre au crédit de la détermination des gardien·nes du musée Matisse qui, soudé·es et déterminé·es, ont dénoncé le mépris de classe de l’employeur consistant à ne pas considérer les petites mains.

Emploi

La Poste

Des embauches gagnées après une semaine de grève

Les collègues des sites postaux de Bouaye et Bouguenais en Loire-Atlantique ont commencé la grève le 30 septembre 2025 contre la fermeture d’un site et son déménagement et pour une négociation autour du projet de réorganisation. Le mouvement a duré 8 jours. L’abandon du déménagement a échoué mais la lutte a permis d’obtenir du personnel en renfort à la mise en place de la réorganisation soit neuf recrutements et quelques personnels en renfort déjà présents sur l’établissement. Quelques collègues ont également été embauchés en CDI sur le site de Bouguenais. La direction s’est par ailleurs engagée à revoir le découpage des tournées, selon les propositions des collègues. Une tournée supplémentaire devrait voir le jour dans les prochaines semaines. La lutte a enfin permis l’abondement du volet financier.

La Poste Guadeloupe : une victoire qui en appelle d’autres

En Guadeloupe, dans un contexte où la pauvreté héritée du système colonial est endémique, la présence de nombreux bureaux de La Poste a permis à de nombreux·ses habitant·es d’ouvrir un compte dans la seule banque qui acceptait de le faire. Les conséquences de la disparition du service public postal sont donc plus lourdes qu’ailleurs. La fermeture des bureaux, les emplois qui disparaissent augmentent de façon insupportable la pression sur les postier·es qui travaillent au réseau des bureaux de Poste. C’est dans ce contexte que nos camarades de SUD PTT Gwa (45 % aux élections) et l’intersyndicale (CGT, FO, SUD) ont fait campagne pour mobiliser. Pendant neuf jours (entre le 24 septembre et le 2 octobre) l’ensemble des bureaux de Basse-Terre ont été fermés et 80 % des postier·es des secteurs concernés (Jarry Baie-Mahault, Lamentin, La Boucan Sainte-Rose, Deshaies, Pointe-Noire, Pigeon Bouillante et Vieux-Habitants) étaient en grève. La direction a fini par céder en bonne partie et a été contrainte d’embaucher des CDI et de fournir des renforts. Le mouvement, largement animé et dirigé par des femmes, n’est pas pour autant terminé puisqu’il connaît déjà des suites. Des groupes de militant·es sillonnent le territoire et préparent une grève plus large qui pourrait partir si la direction de La Poste ne prend des mesures globales en faveur des emplois, des conditions de travail et du service public.

La Poste renonce à « réorganiser» le bureau de Poste de Eu (Seine-Maritime)

Après trois ans de bataille syndicale et judiciaire, menée par le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et le syndicat SUD PTT, la direction de La Poste a renoncé à la réorganisation du bureau de la ville d’Eu. Ce conflit a débuté en 2022 quand le personnel et le syndicat Sud ont décidé de contester une réorganisation qui s’accompagnait de la suppression de six emplois sur le bureau. Suite à un vote en CHSCT, une enquête indépendante s’est déroulée mais La Poste refusant de collaborer, le rapport n’a pu être que partiel. Le CHSCT, SUD PTT et l’expert ont alors porté plainte devant le tribunal judiciaire qui a validé les demandes et enfin devant la cour d’appel qui a tranché le 9 novembre 2025 en faveur des plaignant∙es. La direction a alors décidé de retirer son projet.

Banque

Crédit Agricole : maintien du siège et des emplois

Ce qui s’annonçait comme une « simple opération de rationalisation » pour la direction du Crédit Agricole de Lorraine s’est finalement transformé en une « formidable mobilisation » pour les salarié∙es et le syndicat SDDS/SUD CAM Lorraine. Ainsi, lorsque la direction a annoncé son souhait de fermer le siège meusien de Bar-le-Duc où travaillaient près de 76 salarié∙es, leur laissant le choix soit d’aller travailler à Nancy (à près de 90 km de là) soit de changer de métier, l’équipe syndicale ne s’est pas résignée. Une manifestation a réuni près de 350 personnes venues pour crier leur attachement à l’emploi dans les territoires et la ruralité. Trois jours plus tard, le Crédit Agricole annonçait finalement revenir sur sa décision et maintenir les emplois dans le département. Comme quoi, même dans le secteur bancaire, la lutte paie !

Éducation

Des embauches obtenues par la grève dans un lycée du 93

Sans assistant·e social·e, sans infirmièr·e, sans proviseur·e adjoint·e, avec des postes d’enseignant·es non pourvus ou non remplacés et au moins 107 heures d’accompagnement d’élèves en situation de handicap non pourvues, les personnels du lycée Liberté de Romainville étaient à bout et dans l’incapacité d’accueillir correctement les élèves de ce lycée polyvalent (technologique et professionnel) du 93. Les personnels (enseignant·es et non enseignant·es) se sont mis en grève à plus de 90 % le 20 novembre. Rassemblé·es dès la veille pour accueillir Valérie Pécresse, la présidente de Région, en déplacement dans leur ville, iels étaient le 20 au soir devant la Direction des services départementaux de l’Education nationale où une délégation de grévistes et de parents a été reçue. Le rapport de force a permis d’obtenir dès le premier jour de grève l’embauche d’un·e assistante sociale. La grève était reconduite le lendemain tandis que des actions étaient mises en place pour faire connaître la situation : lycée ouvert aux partenaires habituels qui ont répondu présents, délégations auprès d’élu·es municipaux et régionaux… La semaine suivante c’est une infirmière qui était affectée à mi-temps entre le lycée et le collège le plus proche. Fort·es de cette première victoire les personnels sont déterminé·es à maintenir la pression pour obtenir l’ensemble des moyens nécessaires à garantir des conditions de travail dignes pour les personnels comme les élèves.

Culture

Des luttes contre les plans de licenciements qui s’enchaînent dans la culture

Dans un contexte d’austérité budgétaire, de nombreux lieux culturels dont la survie dépend de l’argent public subissent des suppressions importantes, contre lesquelles les salarié·es s’organisent avec l’appui de SUD Culture. À Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, le cinéma Jacques Tati fait face à des difficultés financières. Un projet de restructuration a été mis en place par la direction. La mobilisation des salarié·es et l’interpellation de l’opposition au sein de la mairie ont permis de lancer un projet de municipalisation du cinéma. À Toulon (83), un projet de restructuration du chœur de l’Opéra était en cours, entraînant 22 suppressions de poste. Après la mobilisation des salarié·es, médiatisée, la mairie est intervenue et le projet a été retiré par la direction.

Temps de travail

Transports

Une victoire des salarié·es de Captrain soutenu·es par SUD Rail sur les repos périodiques

Le 25 septembre, 39 salarié·es et ex-salarié·es de Captrain France ont obtenu gain de cause devant le service du départage du Conseil de Prud’hommes de Paris. En tout, la juge départiteure a condamné l’employeur à leur verser 616 695, 41 €, avec exécution provisoire. Selon les préjudices subis par chacun·e, les jugements condamnent à hauteur d’un montant allant de 9 000 à plus de 28 300 €. Captrain a été jugée coupable de ne pas respecter la convention collective de la branche ferroviaire, et plus précisément une série d’articles qui ont trait aux repos périodiques. Au fond, l’employeur est condamné parce que les salarié·es ne bénéficient pas du nombre annuel de repos minimum obligatoire. Cette bataille concerne ainsi le droit au repos de tout·es les salarié·es de l’entreprise.

Conditions de travail

Télécommunications

Reconnaissance du harcèlement moral institutionnel à France Télécom-Orange

Le 21 janvier, la Cour de Cassation a confirmé la condamnation du harcèlement moral institutionnel, donc des dirigeant·es de France Télécom-Orange. Elle a précisé la définition du harcèlement moral institutionnel : une politique d’entreprise qui a pour objet de dégrader les conditions de travail, sans qu’il soit besoin d’identifier des victimes individuelles. La Cour a souligné l’évidence de la prévisibilité de ce délit. C’est l’issue d’une longue bataille de plus de quinze ans, menée en première ligne par SUD PTT, qui inscrit dans le marbre une limite fondamentale à l’arbitraire du pouvoir de direction des entreprises.

L’analyse de phénomènes dépressifs dès le début des années 2000 dans l’entreprise a été faite par les syndicats. Avec la constitution de l’Observatoire du Stress et des Mobilités forcées en 2007, SUD PTT et la CFE-CGC s’attèlent à faire des enquêtes, des formations d’élu·es CHSCT (Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) sur le management par le stress, puis à faire un recensement le plus précis possible des tentatives de suicides ou des suicides qui secouent l’entreprise. Elles sont liées au travail, aux restructurations, aux mobilités forcées et à un management violent. L’objectif de la direction était en effet bien de pousser les salarié·es, pour la plupart fonctionnaires, hors de l’entreprise, “par la fenêtre ou par la porte”, selon les termes employés par la direction. Après les mobilisations syndicales, la médiatisation nationale, le ministre du Travail intervient en 2009 pour exiger de la direction qu’elle suspende les restructurations en cours et ouvre des négociations. En mars 2010, la fédération SUD PTT se porte partie civile dans une plainte au pénal contre France Télécom et sa direction de l’époque, Didier Lombard, Olivier Barberot et Louis-Pierre Wenes. En effet, si la crise de France Télécom commence dans les années 2000, la mise en place du plan NEXT pour supprimer 22 000 emplois entre 2006 et 2008 a déchaîné un système méthodique et national de harcèlement. L’enquête du cabinet d’expertise Technologia a montré combien les restructurations incessantes, les mobilités forcées ont été érigées en système pour briser les résistances collectives, jusqu’à entraîner certain·es salarié·es vers la maladie, la dépression ou la mort. Il s’agit en fait de multiplier les restructurations et les changements de métier pour transformer une entreprise de technicien·nes en une entreprise commerciale. D’où un sentiment d’abandon et de trahison des salarié·es par les pouvoirs publics, une perte de sens du travail dans une entreprise aux objectifs désormais rivés sur la bourse, la perte des collectifs de travail, l’insécurité permanente des salarié·es soumis·es à des objectifs souvent absurdes et inatteignables. SUD PTT s’est efforcé de mettre la parole des victimes au cœur du procès. L’ensemble des fédérations syndicales de France Télécom-Orange se sont retrouvées dans le dépôt de plainte, et au niveau interprofessionnel l’Union Solidaires s’est aussi portée partie civile.

Collectivités territoriales

Condamnations pour harcèlement moral et sexuel d’un président de ComCom et de son Directeur général adjoint

Le président et le Directeur général adjoint (DGA) de la Communauté de Communes du pays de Villeneuve en Armagnac Landais (40) avaient comparu le 11 juillet 2023 devant le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan pour répondre de harcèlement moral (2 plaintes contre le président et 13 contre le DGA). Le DGA était également sous le coup d’une plainte pour harcèlement sexuel. Cinq camarades de SUD Collectivités territoriales faisaient partie des victimes. Mais la déception avait été rude. Pour le président : relaxe totale ! Pour le DGA : coupable de deux faits de harcèlement moral, condamné au paiement d’une amende, obligation d’accomplir à ses frais un stage de lutte contre le sexisme et de sensibilisation à l’égalité entre les femmes et les hommes et privation de son droit d’éligibilité pour une durée d’un an.
Le procureur, trouvant les peines trop minimes, avait fait appel. Le verdict de l’appel est tombé le 11 septembre 2025. Le président était condamné pour harcèlement moral sur une victime avec amende. Le DGA était condamné pour harcèlement moral sur trois victimes mais également pour harcèlement sexuel par une personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction sur une victime. Résultat : quatre mois d’emprisonnement avec sursis, privation de son droit d’éligibilité pour une durée d’un an, amendes et dommages et intérêts. C’est avec un réel soulagement que les victimes ont entendu le verdict ! Enfin, la souffrance de ces nombreux·ses agent·es était reconnue après de longues années de batailles judiciaires !

Éducation

Victoire des agent·es logé·es de l’Université de Créteil (94)

La mobilisation intersyndicale initiée par SUD éducation (pétition, rassemblements, interventions en instances…) a obtenu l’abrogation de la décision d’un nouveau régime d’astreinte, qui contraignait 21 agent·es et leurs familles à quitter leur logement. Cette décision ne s’appliquait qu’à l’Université de Créteil et dans aucune autre université, ce qui remettait en cause l’équité de traitement des agent·es. Toute mise en conformité du régime d’astreinte doit prendre en compte les besoins logistiques, de sûreté et de sécurité de l’ensemble des sites, les rémunérations et les situations personnelles des agent·es, et le prix de l’immobilier en région parisienne. Cette victoire prouve que c’est par la solidarité et la mobilisation que nous obtiendrons une amélioration de nos conditions de travail et de vie.

Droits et libertés

La Poste

La Poste première entreprise française condamnée pour manquement à son devoir de vigilance

Le 17 juin, La Poste a été condamnée en appel pour manquement à son devoir de vigilance. C’est l’aboutissement d’une longue bataille commencée en 2020 pour SUD PTT. La loi française de 2017 sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre impose en effet aux grandes entreprises (plus de 5000 salarié·es en France ou plus de 10 000 dans le monde) de prévenir les risques environnementaux et les atteintes aux droits humains de leurs activités. Les entreprises doivent publier un plan de vigilance qui doit comporter plusieurs mesures, dont une cartographie des risques permettant d’identifier de potentielles atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement, des procédures d’évaluation régulière et des mécanismes d’alerte et de suivi. Or la cour d’appel de Paris a jugé que le plan de vigilance élaboré par La Poste était trop imprécis. Ce jugement confirme que La Poste ne peut plus fermer les yeux notamment sur la manière dont ses sous-traitants ont recours à des travailleurs sans papier dans des conditions indignes. Il montre la force et l’effectivité de la loi de vigilance française : les multinationales doivent assumer leur responsabilité sous toute la chaîne de valeur et pour cela faire de véritables plans de vigilance avec une réelle cartographie des risques.

Éducation

Application EANA (Enfants Allophones Nouvellement Arrivés) : la CNIL oblige le rectorat d’Orléans-Tours à revoir sa copie

SUD éducation a saisi la CNIL concernant le dispositif EANA, mis en place par le rectorat d’Orléans-Tours (45-37), qui collectait des données personnelles excessives sur les élèves allophones et leurs familles, sans information claire ni consentement. À la suite de cette intervention, la CNIL a rappelé au rectorat ses obligations légales. Des mesures correctives ont été prises : suppression des champs sensibles (nationalité, statut administratif, présence des membres de la famille), modification de certains intitulés, et ajout d’informations accessibles pour les personnes concernées. Cette affaire montre à quel point la vigilance syndicale est indispensable pour défendre les droits des élèves et de leurs familles, et pour éviter que les outils numériques ne deviennent des instruments de contrôle plutôt que d’accompagnement pédagogique.

Violences policières

Répression du mouvement contre la réforme des retraites à Rennes : un policier condamné pour violences

Après un procès le 29 avril, le tribunal correctionnel de Rennes (35) a rendu son jugement le 3 juin dernier et a condamné le policier ayant frappé de manière extrêmement violente deux camarades de Solidaires 35, dont un de SUD Collectivités territoriales 35, le 11 mars 2023 à l’occasion de « la prise de l’Arvor ». Un camarade avait eu 2 jours d’Interruption Totale de Travail tandis que l’autre avait dû être emmené à l’hôpital pour une fracture au bras entraînant 45 jours d’ITT. Le policier a été condamné au pénal : à cinq mois de prison avec sursis et à un an d’inéligibilité, mais sans inscription au casier judiciaire. Il a été condamné, au civil, au remboursement d’une partie des frais de justice, et à verser 652 € à titre de réparation à l’un des deux camarades. Il y aura un second procès en septembre 2026 précédé d’une expertise pour évaluer les séquelles pour le second. Le jour du procès comme le jour du délibéré, les camarades ont pu compter sur de nombreux soutiens venant de différents collectifs. Certes la condamnation n’est pas lourde mais elle compte face à des violences policières dont le but réel n’est pas le « maintien de l’ordre » mais seulement la répression brutale des manifestant·es en vue de maintenir l’ordre établi. Et le verdict aurait sans doute été différent sans les vidéos des témoins.

Collectivités territoriales

Droit de grève : l’employeur ne peut pas faire ce qu’il veut !

SUD Collectivités territoriales 31 a porté un dossier contre une note de service de 2021 de la commune de Toulouse (31). Elle portait atteinte au droit de grève des agent·es en instituant un délai de prévenance et une obligation de prise de grève dès la première heure sans que le comité technique, à l’époque, ait été consulté. En première instance, le tribunal administratif avait rendu une ordonnance de fin de non-recevoir en prétextant que la note de service ne faisait qu’appliquer les dispositions légales. La Cour d’appel en a jugé autrement (CAA de Toulouse, 7 octobre 2025 n° 23TL01000) et elle annule à la fois l’ordonnance du tribunal et la note de service, la Commune aurait dû consulter le comité technique, ce qui est une victoire pour le respect de l’exercice du droit de grève pour les agent·es de la ville de Toulouse.

Cette nouvelle jurisprudence ne fait que confirmer la tendance qui semble se dessiner de la part du juge administratif, à savoir une interprétation logique des effets de la loi de 2019 sur le droit de grève. En effet des décisions du Tribunal administratif (TA) de Lyon (30/12/2022, n° 2106858 et 2107870) et de la Cour d’appel de Marseille (4ème chambre, 04/06/2024, 22MA02688) allaient déjà en ce sens. Le contour que ces jurisprudences dressent notamment sur « l’obligation » « d’exercer leur droit dès leur prise de service et jusqu’à son terme » est clairement favorable aux agent·es. Il en ressort en effet que l’employeur ne peut pas instaurer cette obligation de manière globale et sans avoir analysé la situation concrète à l’approche de la grève. Cette obligation va donc de pair avec celle de se déclarer gréviste au préalable. Et l’employeur ne peut obliger un·e agent·e à « exercer son droit de grève dès sa prise de service » que s’il arrive à prouver qu’au vu des grévistes déclaré·es et des fonctions exercées il y aura « un risque de désordre manifeste dans l’exécution du service ». De la même façon, le juge limite très clairement cette obligation aux agent·es directement affecté·es à l’exécution du service public en question et non à l’ensemble des agent·es du service. Ce que disent clairement la Cour d’appel de Marseille et le TA de Lyon, c’est que la seule chose que peut imposer l’employeur, une fois qu’il dispose du nombre d’agent·es ayant déclaré leur intention de faire grève et qu’il a donc pu évaluer s’il existait un risque de désordre manifeste dans l’exécution du service, c’est que les agent·es fassent grève de la prise de service jusqu’à sa fin.

Victoire contre la censure au conseil départemental de la Haute-Garonne

Suite à la lutte contre les mesures austéritaires à l’automne 2024 était venue l’heure de la punition collective. L’administration accusait l’intersyndicale de propager de « fausses informations », « anxiogènes » qui auraient provoqué chez les agent·es « angoisse et mal-être ». Le 7 mars, l’administration, sur ordre du président du département, a suspendu pour trois mois la mise à disposition aux organisations syndicales des listes de diffusion par mail. Elles étaient donc punies et ne pouvaient plus envoyer de mail aux 7 000 agent·es de la collectivité. Alors que les mesures annoncées le 8 novembre, la suppression de 500 postes équivalent temps plein, avec le non-renouvellement de CDD, le non-remplacement des départs à la retraite et la suppression de douze jours de RTT, étaient bien évidemment maintenues !

L’intersyndicale a par conséquent déposé un référé liberté contre cette décision liberticide. L’audience s’est tenue le 18 mars et le juge a ordonné au Conseil Départemental de remettre à disposition les moyens de communication et les listes de diffusion. C’est une véritable victoire, pour nos luttes actuelles ou à venir. C’est une victoire qui nous concerne toutes et tous car cette jurisprudence pourra aider chacun de nos syndicats qui fait face à de la répression ou de la discrimination.

Services publics

Santé

Réouverture d’un centre IVG

Depuis décembre 2022, le service maternité de la clinique privée de Ganges (34) dans les Cévennes a fermé. Cela signifie la fin des accouchements et des IVG dans cette clinique. 74 communes rurales sont touchées, sans IVG possibles sur ce secteur depuis lors. Les accouchements ont lieu sur la route vers Montpellier, Nîmes ou Millau. Un collectif s’est constitué, “Maternité à défendre”, dont l’union locale Solidaires SUD Cévennes fait partie. Son objectif est la réouverture de la maternité et du centre IVG dans la future clinique en construction à Ganges. Une manifestation a été organisée pour les 50 ans de la loi Veil le 18 janvier 2025, à laquelle 400 personnes ont participé, avec une bonne couverture médiatique, mettant en avant les besoins pour la santé reproductive des femmes. L’Agence régionale de santé Occitanie a pris conscience de l’absence de centre IVG. Le 31 janvier le ministre a été interpellé à l’occasion de sa visite de la clinique de Ganges, avec une audience. La réouverture du centre IVG a été annoncée. Un engagement a été obtenu pour la mise en oeuvre effective de la convention qui lie le CHU de Montpellier à la clinique privée de Ganges.

Contre la précarité

Culture

Victoire contre la précarité à la Bibliothèque nationale de France

Après quatre mois de lutte et de grève, soutenue par l’intersyndicale CGT BnF-FSU BnF-SUD Culture BnF, et surtout décidée en assemblée générale des personnels mobilisés sur les piquets de grève tous les samedis ainsi que certains jours en semaine, les grévistes ont gagné une issue favorable à leur combat, principalement organisé avec l’appui de la section SUD Culture BnF. Cette mobilisation a été marquée par une forte détermination des collègues qui, malgré les entraves répétées aux droits de grève et le recours aux huissiers par la direction, est restée constante grâce à une solidarité collective sans faille. À force de relances répétées, des réunions de négociations ont pu avoir lieu, souvent tendues, qui ont mené à une proposition de protocole d’accord de sortie de grève (CDD renouvelables pour les précaires, augmentation de leur temps de travail…), validée par l’assemblée générale des grévistes réunie après l’envahissement du conseil d’administration et l’interpellation faite auprès des tutelles de la BnF. Cette victoire est une étape dans notre opposition à la précarisation continue de nos métiers et des conditions de travail des agent·es. La précarité n’est pas une fatalité et cette victoire en est la preuve !

Contre les discriminations

Culture

Une victoire pour le 8 mars ! Jamila l’emporte contre le studio théâtre de Stains

Après cinq ans de combat, Jamila, comédienne a remporté une belle victoire au pénal le 3 mars. Jamila avait été retirée de toutes les pièces où elle jouait par son employeur le Studio Théâtre de Stains (93) parce qu’elle était enceinte. Elle avait ensuite été poussée vers la sortie… Le théâtre condamné en première instance pour la discrimination en raison de la grossesse (incluant du harcèlement moral) avait fait appel. Nous étions nombreuses pour la soutenir et constater le retrait de l’appel des dirigeants du théâtre. Retrait qui induit la victoire de Jamila contre un théâtre qui a fini par comprendre qu’il ne fallait pas insister ! Ce sont cinq ans de son combat et du combat de Sud Culture et Solidaires 93 qui sont gagnants.

Contre l’extrême droite

Presse

Le PDG d’Ebra démissionne sous la pression

Le 23 janvier, les militant∙es du Syndicat National des Journalistes (SNJ) du groupe de presse Ebra (qui emploie 1400 journalistes et publie, entre autres, Le Progrès, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Dauphiné Libéré, L’Est Républicain…) diffusent un communiqué qui révèle publiquement l’attitude de leur patron, Philippe Carli, sur les réseaux sociaux. Le SNJ s’indigne notamment des nombreux « like » du PDG d’Ebra, via son compte LinkedIn, adressés à des publications d’extrême droite (Sarah Knafo de Reconquête, ou encore Renouveau Patriote). Nos camarades du groupe Ebra écrivent ainsi : « Qu’un patron témoigne de ses opinions avec ses “like”, sur un réseau social ouvert à la consultation publique de tous ses membres, pourquoi pas ? D’autres que lui ne s’en privent pas. Mais qu’il le fasse en tant que dirigeant du plus grand groupe de presse quotidienne régionale de France est, pour le SNJ, bien plus problématique, dans la mesure où sa notoriété et ses responsabilités engagent indéniablement les rédactions ». Ce communiqué provoque une avalanche de réactions et d’articles de presse, menant cinq jours plus tard à la démission de Philippe Carli (« dans l’intérêt du groupe Ebra » selon lui). Cet épisode rappelle l’importance de la vigilance syndicale face à l’extrême droite, qui souhaite banaliser ses théories racistes et réactionnaires, notamment en se servant des médias.

Culture

Grève contre la Nuit du Bien Commun

Le 6 octobre au matin, des salarié·es en charge de l’installation de la « Provence pour le Bien Commun » à Aix-en- Provence (13), se sont mis·es en grève. Les Nuits du Bien Commun sont des événements lancés par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, qui souhaite recueillir des fonds pour mener sa bataille culturelle d’extrême droite. La grève soutenue par la CNT, la CGT et SUD Culture a conduit à l’annulation de la soirée dans la salle prévue : elle n’a pu se tenir qu’en visio.

Transports

La SNCF renonce à offrir les “Smartbox” de Stérin à ses salarié·es

En novembre, SUD Rail a appris que l’entreprise SNCF allait proposer des “Smartbox” à certain·es salarié·es lors d’un concours. L’entreprise Smartbox a fait la fortune du milliardaire Pierre-Edouard Stérin. SUD Rail a adressé une lettre ouverte à la SNCF en affirmant : “Nous refusons que les richesses produites par les cheminotes et cheminots financent ce milliardaire d’extrême droite”. Le courrier exigeait que le contrat cadre liant la SNCF et l’entreprise Smartbox soit clairement dénoncé. Pour SUD Rail, il y a un problème d’éthique évident qui entacherait l’image de la SNCF. Le 14 novembre, le lendemain de la publication de la lettre ouverte, la direction SNCF a confirmé le retrait des “Smartbox”.

Contre la répression antisyndicale

Éducation

Une victoire totale contre l’arbitraire de l’administration : Kai Terada est réintégré

Par une décision datée du 9 janvier 2025, le Tribunal Administratif de Versailles a annulé la mutation « dans l’intérêt du service » qui visait notre camarade Kai Terada de SUD éducation 92 et a enjoint le rectorat de Versailles à le réintégrer à son poste au lycée Joliot-Curie de Nanterre (92) dans un délai de six mois. Le rectorat est condamné à lui verser une somme de 1800 euros. Suite à une mission d’inspection de son lycée Joliot Curie à Nanterre (92) en mars 2022, Kai Terada a été muté contre sa volonté dans un autre département, les Yvelines, rompant ainsi son mandat de co-secrétaire départemental de SUD éducation 92. Une décision prise en dehors de toute procédure disciplinaire. Depuis, ses demandes de mutations pour retourner dans les Hauts-de-Seine étaient « neutralisées » par l’administration, de façon discrétionnaire. Le jugement témoigne bien de la répression antisyndicale de l’administration. Cette victoire doit en appeler d’autres car la situation de Kai Terada n’en est qu’une parmi d’autres.

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Écologie

Communiqué de l’Alliance écologique et sociale : Pesticides hors de nos vies, hors de nos lieux de travail

Le 11 février, l’Assemblée nationale débat de la pétition citoyenne qui a réuni 2 millions de signataires contre la loi Duplomb. Malgré cette mobilisation, le même sénateur, Laurent Duplomb, a déposé une nouvelle proposition de loi afin de réintroduire deux insecticides interdits en France, introduction que le Conseil Constitutionnel avait censurée dans la première loi en août dernier.

À l’inverse du renoncement à protéger notre santé que représente la loi Duplomb 1 ou la prochaine Duplomb 2 une proposition visant l’interdiction des pesticides sur les aires de captage d’eau potable sera examinée le 12 février.

Pour l’Alliance écologique et sociale, le Parlement doit répondre aux aspirations de la population et adopter des politiques qui permettent de s’affranchir à terme des pesticides. Nous voulons une écologie protectrice de notre santé, de nos emplois, qui améliore nos conditions de travail et d’existence.

Les pesticides sont une menace pour de nombreux travailleurs et travailleuses, que ce soit dans les entreprises qui les produisent, qui les transportent, dans le monde agricole, chez les fleuristes… Ils font aussi des ravages sur les habitant∙es qui vivent à proximité ou qui les consomment dans l’alimentation ou dans l’eau. Ils sont l’une des causes de l’épidémie de cancers, y compris pédiatriques, en cours. Enfin, l’usage de pesticides fait partie des activités humaines responsables de la sixième extinction de masse. Préserver la biodiversité, et notamment les insectes pollinisateurs, est une nécessité, en particulier pour notre survie alimentaire. La santé au travail, la santé publique, la santé environnementale, c’est le même combat !

Nous nous opposons à la volonté de l’Union européenne, à l’occasion de la loi Omnibus, d’autoriser de manière illimitée des produits dont la nocivité est avérée, tels le glyphosate ou l’acétamipride. Nous condamnons son double jeu : première région productrice et exportatrice de pesticides, elle exporte des molécules dont elle interdit pourtant l’épandage sur son territoire, pour ensuite importer les produits traités et créer une concurrence déloyale pour les agriculteurs et agricultrices en France. Nous nous opposons aux accords de libre-échange, comme celui entre l’UE et le Mercosur, qui nourrissent ce système.

L’Etat français a également une responsabilité historique. Le chlordécone, pesticide non biodégradable utilisé en Guadeloupe et en Martinique pour la culture de la banane, interdit en 1990 dans l’Hexagone et seulement 3 ans plus tard dans les Antilles, menace encore plus de 90 % de la population actuelle de ces départements. Cette substance très pathogène pour la santé humaine est présente dans les sols et la mer pour des siècles encore. Aucune réparation de la part du gouvernement français n’est pourtant envisagée.

Nous exigeons une autre agriculture, à rebours du modèle productiviste et concurrentiel imposé aujourd’hui, qui rend très difficile le non-recours aux pesticides. C’est le même modèle qui entretient la précarité dans le monde agricole et qui crée des conditions de travail indignes dans la production, la transformation, la distribution alimentaires. La loi Duplomb n’a apporté aucune solution aux difficultés du monde agricole, comme le démontrent les mobilisations actuelles.

Les entreprises qui fabriquent ou manipulent des pesticides doivent se reconvertir. Il faut financer la recherche d’alternatives. Enfin, une véritable rupture écologique ne peut se faire sans conquête de nouveaux droits, tels qu’un nouveau statut du salarié∙e basé sur une Sécurité sociale professionnelle : droits à la formation professionnelle attachés à la personne et plus à l’entreprise, continuité du salaire entre deux emplois, maintien des droits du ou de la salarié∙e tels que l’ancienneté et transférabilité de ces droits d’un emploi à l’autre.

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