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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Écologie Répression

Procès des anti-bassines : Solidaires dénonce la confirmation des condamnations en appel

Publié le 3 février 2026

Lundi 2 février, la cour d’appel de Poitiers a rendu son verdict suite à l’appel interjeté par 4 militants contre les mégabassines condamnés en première instance par le tribunal judiciaire de Niort suite aux manifestations de Saintes Soline (79) : COUPABLES !

Les peines ont été revues par la cour d’appel mais le plus important est que la justice considère nos camarades coupables d’avoir participé et organisé une manifestation interdite alors que la même justice a justement déclaré illégale la mégabassine qui était la cause de cette manifestation ! C’est donc le cas aussi pour Hervé Auguin, co-délégué de Solidaires 79, qui a vu sa peine alourdie par la cour d’appel, l’amende passant de 500 € à 800 €. Scandaleux.

L’acharnement judiciaire contre des militant-es qui défendent le commun qu’est l’eau et une autre agriculture respectueuse du vivant est inadmissible.

L’Union syndicale Solidaires apporte à nouveau tout son soutien à David, Hervé, Julien et Nicolas. Elle se réserve le droit de poursuivre la procédure devant les juridictions compétentes.

No Bassaran

Plus d’infos :

https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/communiques/repression-de-mouvement-anti-bassines/

Paris, le 3 février 2025


Ci-dessous, le dernier podcast de voies syndicales enregistré lors du rassemblement de soutien à Hervé, Julien, Nicolas et David.

Capture d’écran 2026-02-03 à 15.08.08
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antifascisme antiracisme Internationalisme Répression Violences policières

Minneapolis : mobilisation syndicale anti-raciste

Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes

Suite au double meurtre de la  milice-police anti-immigrés à Minneapolis, Kieran Knutson, président du syndicat CWA 7250 a bien voulu répondre à nos questions notamment sur la mobilisation du mouvement syndical. Le syndicat CWA a été fondé en 1938 représente des travailleurs aux États-Unis, à Porto Rico et au Canada dans les domaines des communications et de l’information, ainsi que dans les médias, le transport aérien, la télévision (hertzienne et câblée), les services publics, l’enseignement supérieur, la santé, l’industrie manufacturière, les hautes technologies et bien d’autres secteurs. 700 000 travailleurs en sont membre dans les secteurs privé et public.

Quelle est la situation à Minneapolis concernant les migrant·es et la répression organisée par l’ICE ? Quelles mobilisations ou actions syndicales sont organisées ?

La situation des travailleur·euses migrant·es est critique. Trois mille agents de l’ICE et d’autres agents fédéraux ratissent la région métropolitaine de Minneapolis-St. Paul et l’État du Minnesota. Des milliers de travailleur·euses immigré·es ont été arrêté·es et envoyé·es dans des centres de détention dans d’autres États avant d’être expulsé·es du pays. Beaucoup ont été brutalisé·es. Au moins un homme, un ressortissant nicaraguayen, qui avait été enlevé à Minneapolis, est décédé dans un camp de détention fédéral au Texas. De très nombreux travailleur·euses latino-américains vivent pratiquement dans la clandestinité, ne quittant pas du tout leur domicile. Un Vénézuélien travaillant pour Door-Dash (un service de livraison basé sur une application) a été poursuivi par l’ICE, puis blessé par balle à la jambe alors qu’il s’enfuyait chez lui. Des travailleurs ont été agressés par l’ICE alors qu’ils sortaient les poubelles sur leurs lieux de travail. Un quartier scolaire populaire a signalé que l’ICE avait commencé à utiliser des enfants comme « appâts » pour piéger et enlever leurs parents (et souvent les enfants aussi !). La communauté somalienne, dont la grande majorité a un statut légal et dont la plupart sont désormais citoyens, a également été diabolisée et spécifiquement ciblée par la police fédérale. Plusieurs membres de syndicats ont été déportés, dont plus de 20 membres du SEIU 26 (concierges et agents de sécurité) et, cette semaine, 10 membres du HERE (employés d’hôtels et du secteur hôtelier) ont été déportés alors qu’ils-elles étaient à leur poste à l’aéroport. Trois membres du CWA, appartenant à des sections locales partenaires et non à la nôtre, ont également été déportés. De même pour deux travailleurs originaires du Laos qui vivaient aux États-Unis depuis 50 ans et travaillaient à l’usine New Flyer de St Cloud, dans le Minnesota, depuis 20 ans. Et un collègue mexicain qui était membre du syndicat Newspaper Guild, affilié au CWA, et travaillait dans une organisation locale à but non lucratif.

Quelle est la position de votre syndicat, le CWA 7250, et du mouvement syndical face à ces mesures répressives ?

Notre section locale ne compte pas beaucoup de membres immigrés, mais certains de nos membres ont un statut légal et d’autres ont des parents immigrés. Cependant, notre section locale croit fermement au principe « UNE BLESSURE POUR UN EST UNE BLESSURE POUR TOUS » [vieux mot d’ordre du mouvement ouvrier américain]. Nous avons donc sensibilisé nos membres à leurs droits légaux, soutenu les actions et les déclarations anti-ICE dans les villes jumelles [Minneapolis–Saint Paul], et soutenu et organisé la « Journée de la vérité et de la liberté – PAS DE TRAVAIL – PAS D’ÉCOLE – PAS DE SHOPPING ». Nous avons mobilisé la majorité de nos membres pour qu’ils ne se rendent pas au travail le 23 janvier : un centre d’assurances a été complètement fermé (300 travailleurs) ; un centre d’appels a enregistré 86 % d’absents ; la majorité des travailleurs de 20 magasins de détail, que nous représentons, ont participé. Nous avons incité nos membres à participer à des actions de rue et certains de nos membres participent à des groupes de réaction rapide anti-ICE dans leur quartier. Une de nos membres a récemment été violemment agressée alors qu’elle faisait partie d’un groupe de réaction rapide de son quartier qui affrontait l’ICE lors d’un enlèvement près de son domicile.

Le 23 janvier, une manifestation de grande ampleur a été organisée sous le slogan « PAS DE TRAVAIL, PAS D’ÉCOLE, PAS DE SHOPPING ». Comment cela s’est-il déroulé ?

Ce fut un immense succès : des dizaines de milliers de travailleur·euses ont débrayé et jusqu’à 100 000 personnes ont défilé par une température de -20 °C. Plus tôt dans la journée, une grande action menée par des travailleur·euses et des membres du clergé a temporairement fermé l’aéroport international MSP, tandis que des militant·es ont bloqué le siège de l’ICE. À la suite de cela, dans ce qui semble être un acte de représailles évident, un infirmier syndiqué de l’hôpital des anciens combattants [Alex Pretti] a été exécutée en plein jour alors qu’elle filmait l’ICE à Minneapolis. Cet événement fait suite au meurtre similaire d’une mère au foyer homosexuelle [Renee Good] dans sa voiture alors qu’elle manifestait contre l’ICE, et, comme mentionné précédemment, à l’enlèvement d’un employé de restaurant nicaraguayen par l’ICE à Minneapolis, qui a été envoyé au Texas où il est décédé dans un camp de détention. Les syndicats, les groupes communautaires et les militants radicaux discutent des prochaines étapes, avec une manifestation massive et deux grandes meetings sont prévus aujourd’hui.

Vidéo d’entretien (en anglais) avec Kieran Knutson, président du syndicat CWA 7250

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Commerce Répression

Amazon : la répression n’aura pas raison de notre syndicalisme !

Rassemblement le 12 février à 11h devant le siège social d’Amazon France 67, Boulevard Leclerc – 92110 Clichy

Depuis que des équipes Solidaires sont implantées dans les entrepôts et sociétés de la galaxie Amazon en France faisant vivre un syndicalisme fondé sur la lutte, la multinationale n’a eu de cesse de tenter par tout moyen de s’en débarrasser. D’autant que depuis la crise du COVID, les équipes Solidaires lui ont démontré qu’il y avait de sérieuses limites à l’exploitation des travailleurs et travailleuses. Et que ceux-ci avaient des droits qu’Amazon n’avait d’autre choix que de respecter.

Malgré cela, Amazon n’a jamais accepté de se plier aux droits élémentaires respectant la santé et la sécurité de ses salarié-es. Tout comme elle n’a jamais accepté que son chiffre d’affaires puisse être contraint par le droit du travail et les droits sociaux des salarié-es. Toutes celles et ceux qui dans son personnel revendiquent le respect des règles collectives, des conditions de travail et un salaire digne doivent dégager au plus vite. D’où une pluie de sanctions et de licenciements sous des prétextes farfelus, inexistants ou instrumentalisant le moindre incident pour se débarrasser des gêneurs et des gêneuses !

Sauf que respecter le droit du travail, c’est permettre aux travailleurs-euses de travailler sereinement, base de leur efficacité. Amazon peut automatiser autant qu’il le veut, son personnel demeure la source indispensable de son chiffre d’affaires. La raison lui dicte par conséquent de respecter ses salarié-es, de les écouter plutôt que tenter de d’infantiliser et imposer la docilité en placardisant et réprimant ses représentant-es syndicaux.

Des mobilisations et rassemblements ont eu lieu ces derniers mois devant ses établissements. La direction d’Amazon a été interpellée pour que soit mis à fin à cette situation inadmissible qui porte préjudice au personnel et écorne sérieusement l’image sociale qu’elle voudrait se donner. Il est donc plus que temps qu’elle réponde favorablement aux intérêts de ses salarié-es, annule les sanctions prises, réintègre les syndicalistes injustement sanctionnés et fasse cesser son harcèlement.

Le 12 février, exigeons de la direction d’Amazon France l’annulation des sanctions et son engagement à ce que les droits des salarié-es soient réellement respectés. Si Amazon veut réellement faire croire à la démocratie sociale dans ses entrepôts, qu’elle commence par faire cesser la violence patronale contre celles et ceux qui produisent les richesses de l’entreprise. Le rapport de force est indispensable, mobilisons nous en masse devant d’Amazon France !

Non à la loi des patrons, pour le respect des salarié-es, toutes et tous à Clichy le 12 février !

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Internationalisme Répression

Répression sanglante en Iran : Solidarité avec la population iranienne

Le 8 janvier, le régime iranien a décidé d’isoler l’Iran du reste du monde. Ce black-out lui permet ainsi de dissimuler la répression sanglante du soulèvement populaire, qui a débuté le 28 décembre 2025.

Les rares vidéos partagées sur les réseaux sociaux, parvenues avant la coupure d’Internet montrent l’ampleur des mobilisations mais également le chaos dans lequel la population est plongée. Comme d’habitude, la réponse du régime est sanglante. Ses forces répressives massacrent les manifestant·es en utilisant des armes létales et chimiques. Les provinces du Lorestan et d’Ilam, où vivent des minorités ethniques Kurde et Lors, ont été le théâtre des répressions les plus meurtrières.

De plus, de nombreuses vidéos et images présentent des familles cherchant à identifier leurs proches tué·es, devant des amoncellements de sacs mortuaires. Les corps sont rendus aux familles en échange d’aveux forcés, de cautions élevées, d’intimidations.

Le bilan de ce massacre a atteint selon Mai Sato, rapporteuse de l’ONU sur l’Iran : « des dizaines de milliers de victimes ».

Dans son dernier bilan, HRANA (Human Rights Activists News Agency) fait aussi état de l’arrestation d’au moins 41 283 personnes.

Le chef de l’autorité judiciaire iranienne a indiqué que les dossiers des manifestant·es accusé·es de violences risquent la peine capitale. Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a également exprimé son inquiétude vendredi 23 janvier, redoutant le sort qui sera réservé aux manifestant·es arrêté·es.

« Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme clé dans l’arsenal répressif des autorités iraniennes », confirme Amnesty international, dans un rapport concernant la répression du mouvement « Femme, vie, liberté ». Les violences sexuelles sont souvent accompagnées d’autres formes de torture et de mauvais traitements, notamment des passages à tabac, des flagellations, des décharges électriques, l’administration de pilules ou d’injections non identifiées.

Le 17 janvier dernier une manifestation de plus de 5 000 personnes a été organisée à Paris, à l’initiative de collectifs iraniens, de l’intersyndicale, et d’organisations féministes. Les participant·es ont dénoncé cette répression sanglante et ont exprimer leur soutien aux luttes populaires en Iran. Ils/elles dénonçaient la République islamique d’Iran et les actions menées par les monarchistes iraniens, en scandant « ni Shah, ni Mollah »

L’émancipation des iranien·nes est confrontée à une double instrumentalisation :

– Celle des forces impérialistes représentées en premier lieu par les États-Unis et Israël qui, sous prétexte de vouloir défendre les intérêts des iranien·nes, menacent d’intervenir militairement.

– D’autre part celle du fils de l’ancien Shah qui cherche à s’imposer en leader depuis son exil, et dont le projet est ultralibéral.

Le soulèvement populaire ne doit pas être confisqué par des ingérences étrangères qui ne portent pas la voix du peuple iranien.

L’Union syndicale Solidaires réitère son soutien inconditionnel à toutes formes de lutte du peuple iranien pour son émancipation.

Elle exige notamment :

la fin immédiate de la répression,

la liberté d’organisation et de manifestation,

la libération de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux,

le respect par l’Etat iranien de ses engagements internationaux en matière de droits humaines et de libertés syndicales,

l’arrêt immédiat des exécutions et l’abolition de la peine de mort,

l’abandon des projets d’intervention militaire des Etats-Unis et/ou d’Israël, que les monarchistes appellent de leurs vœux,

l’édiction de sanctions financières et pénales contre les auteurs/trices et commanditaires des violences et crimes perpétrés contre la population.

Paris, le 29 janvier 2026

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antiracisme Répression Violences policières

Justice pour El Hacen Diarra !

Dans la nuit du 14 au 15 janvier, El Hacen Diarra est mort alors qu’il se trouvait au commissariat du XXᵉ arrondissement de Paris. Cet homme de 35 ans, travailleur immigré mauritanien, vivait dans un foyer de cet arrondissement. Il a été contrôlé par la police à proximité de son lieu de vie, puis plaqué au sol, et a reçu un coup de taser et des coups de poing d’un agent, avant d’être conduit au commissariat. C’est là qu’il a perdu la vie à la suite d’un arrêt cardiaque survenu pendant sa garde à vue, dans des circonstances qui demeurent à ce stade obscures et profondément préoccupantes. Sa mort soulève de graves questions sur les conditions de son interpellation, de son transport et de sa détention au commissariat.

Rappelons que selon la Cour européenne des droits de l’Homme, l’Etat a l’obligation de prévenir les atteintes au droit à la vie, notamment en prévoyant des règles contraignantes à l’égard de la police pour toute intervention. La CEDH impose que le recours à la force ne soit possible qu’en cas d’absolue nécessité et de stricte proportionnalité, sachant que si une arme doit être utilisée, ce ne doit être qu’en ultime recours.

Dimanche 18 janvier, un rassemblement de soutien s’est tenu dans le XXᵉ arrondissement, réunissant la famille, les proches, des habitant·es, des collectifs et de nombreuses organisations. Ce moment de recueillement mais aussi de vive indignation a permis aux centaines de personnes présentes de rendre hommage à El Hacen Diarra, de dénoncer les violences policières et d’exprimer une solidarité sans réserve avec celles et ceux qui sont frappé·es par ce drame. Nos organisations affirment leur soutien à la famille et aux proches de la victime, dans leur deuil comme dans leur combat pour la vérité.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avant l’ouverture avec retard d’une instruction, par un juge indépendant, pour coups mortels. Nos organisations demandent que les investigations soient diligentes et menées de manière véritablement indépendante, approfondie et transparente, afin d’établir précisément les faits, de faire la lumière sur les responsabilités et de permettre que justice soit rendue.

Ce drame confirme l’urgence des revendications que nous portons de longue date, en particulier la modification en profondeur du cadre légal des contrôles d’identité, des mesures pour mettre fin aux pratiques violentes et discriminatoires et l’interdiction des techniques d’interpellation et de contrainte dangereuses telles que la clé d’étranglement, ainsi que l’indépendance du parquet et de l’IGPN. Elles s’inquiètent de la proposition de loi sur la présomption de légitimité de tout usage d’une arme, actuellement en débat à la Commission des lois et demandent à ce qu’elle ne soit pas portée au vote à l’Assemblée nationale.

Nos organisations réaffirment leur détermination à agir pour que de telles morts ne se reproduisent plus.

Bagnolet le 21 janvier 2026

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antifascisme antiracisme Défense de nos libertés Répression

Tribune Collective : Face à l’antisémitisme, la liberté d’expression est indispensable

La proposition de loi présentée par la députée Renaissance Caroline Yadan « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » est illusoire. Ce combat, s’il est urgent, doit puiser sa force et sa légitimité dans le respect des fondamentaux de la République.

Les juifs de France vont-ils bientôt être, de fait, assimilés à des citoyens israéliens ? Va-t-on risquer de se voir accuser d’antisémitisme pour avoir critiqué la politique de l’État d’Israël, tel ou tel de ses dirigeants ? L’expression de solidarité avec un peuple martyr, spolié, pourra-t-elle être assimilée à une apologie du terrorisme ? Ces trois questions semblent surréalistes. Pourtant, la proposition de loi n° 575 déposée le mardi 19 novembre 2024 sur le bureau de l’Assemblée nationale, et qui vient en débat en commission des lois, y répond avec aplomb par un « oui » triplement inquiétant.

La députée Caroline Yadan, à l’initiative de ce texte, avance qu’il s’agit de lutter contre la montée de l’antisémitisme en France. On lui accordera le bénéfice de la sincérité, d’autant que l’urgence est là, tragique et indéniable, qui appelle riposte et fermeté. Attention, pourtant : la sincérité n’est pas exclusive de confusions ; plus elle est grande et plus il est nécessaire de cheminer avec prudence et réflexion, singulièrement lorsqu’il est question d’imposer des vocables, d’en proscrire d’autres, d’interdire et de réprimer.

Plus les maux à combattre sont féroces, plus ils sont sournois, plus les périls sont grands et plus la liberté d’expression ne devrait être remise en question que d’une main tremblante. Ce n’est malheureusement pas le cas ici. La démarche qui structure cette proposition de loi, les mesures phares qu’elle préconise risquent fort d’exacerber ce qu’elle prétend combattre.

La démarche ? Elle repose sur un double postulat, trop simple et très faux. L’antisémitisme – qualifié pour la circonstance de « nouveau » – reposerait sur la critique et la haine d’Israël. Le destin des juifs – de France ou d’ailleurs – serait indissolublement et indiscutablement lié à cet État. La première mesure, partant du constat de l’existence d’un État, tend à interdire qu’on puisse en critiquer les dirigeants, les politiques, les agissements sur la scène internationale. Est-ce de la censure ? C’est à tout le moins réclamer un traitement exorbitant dont seuls se prévalent des dirigeants d’États non démocratiques. Sommes-nous rendus à ce point ? La seconde proposition est plus inquiétante. Que des juifs de France aient un rapport d’affection singulier à Israël, cela peut s’enraciner dans des raisons d’histoire, de religion, de famille…, mais il existe mille voies d’être « juif » et elles ne passent pas toutes par « l’ethnique » ou le religieux. Le gouvernement actuel d’Israël le prétend, jusqu’à en avoir fait une loi en 2018. La France doit-elle réellement adopter cette vision ? La République devrait-elle réellement décréter que tels ou tels de ses citoyens sont objectivement mis en danger par la critique d’un État, au risque d’alimenter les pires assignations identitaires ?

On objectera qu’il y a bel et bien de l’antisémitisme dans la critique d’Israël ! Cela arrive, oui, trop souvent. Comme il arrive qu’il y en ait dans les attentions dont certains gouvernements l’entourent. Comment s’y opposer sans se tromper de cible, à juste niveau et sous toutes ses formes, voilà la question qui devrait mobiliser les partisans de la liberté et de l’égalité. L’antisémitisme – qu’il soit qualifié de vieux ou de nouveau – est un tueur aux mille costumes qui n’a pas attendu la création de l’État d’Israël pour perpétrer ses crimes. Le combattre de façon efficace passe par la loi et son respect et par la répression lorsqu’elle s’avère nécessaire. Restreinte au seul bâillon, cette fermeté deviendrait vite une faiblesse et plus vite encore, un poison. La lutte contre l’antisémitisme doit au contraire puiser sa force et sa légitimité dans le respect des fondamentaux de la République, dont la liberté d’expression est un joyau fragile. Elle a besoin du choc des débats, de clarifier leurs termes et d’affronter des tabous, de s’inscrire dans une approche universaliste, et non nationaliste, de la défense des droits des peuples et des personnes.

On sait que la situation au Proche-Orient, notamment en Israël et dans le territoire palestinien occupé, dont Gaza, divise profondément la société française. Imposer le silence par la répression ne fera qu’exacerber les tensions, renforçant les courants les plus radicaux.

La proposition de loi n’hésite pas à cet égard à étendre encore les incriminations d’apologie du terrorisme (déjà sortie de la loi de 1881 sur la liberté de la presse) ou de « négationnisme », au mépris du principe de légalité qui impose une définition claire et précise pour éviter l’arbitraire.

Face au poison de l’antisémitisme – inséparable du racisme décomplexé dont certains milieux politiques et médiatiques s’emparent pour faire programme – la France a besoin d’un projet politique qui bannisse toute assignation identitaire, qui campe sur le respect des principes fondateurs de la République, singulièrement la liberté d’expression, et – alors même qu’il est violemment attaqué par des acteurs puissants et agressifs – sur le respect du droit international. Répétons-le : la panacée répressive vantée par la proposition de loi de madame Yadan est facile, mais elle est illusoire. Pire, elle est dangereuse. C’est pourquoi nous adjurons les membres de l’Assemblée nationale de lui préférer l’effort démocratique indispensable pour faire reculer durablement l’antisémitisme dans les coeurs, les consciences et les actes.

Signataires : Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) ; François Sauterey, coprésident du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap); Caroline Chevé, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ; Julie Ferrua et Murielle Guilbert, codéléguées générales de l’Union syndicale Solidaires ; Karine Parrot, coprésidente du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti) ; Pablo Aiquel, secrétaire général du Syndicat national des journalistes CGT.

Lien Tribune : https://www.ldh-france.org/19-janvier-2026-tribune-collective-face-a-lantisemitisme-la-liberte-dexpression-est-indispensable/

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Internationalisme Répression

Soutien à la population Kurde de Syrie

Publié le 16 janvier 2026

Depuis la chute de Bachar Al-Assad et la prise de pouvoir par le groupe islamiste HTS et son chef Ahmed Al-Charaa, ancien dirigeant de la branche syrienne d’Al-Qaeda, les violences contre les minorités se multiplient en Syrie. Druzes, Alaouites et depuis cet été les Kurdes sont victimes d’attaques militaires menées par des combattants de groupes islamistes intégrés dans l’armée du nouveau régime syrien et soutenus également par la Turquie. La communauté internationale reste silencieuse face à ces violences et continue de soutenir le nouveau pouvoir à Damas. En effet, les pays occidentaux, et la France en premier lieu, lèvent au fur et à mesure les sanctions contre la Syrie et font pleuvoir des fonds pour la reconstruction du pays, accordant par conséquent un blanc-seing au nouveau régime malgré les exactions commises en son nom.

Le gouvernement intérimaire en Syrie a imposé un siège suffoquant aux zones sous contrôle de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie depuis le 25 septembre 2025, empêchant l’entrée de fournitures essentielles, l’aide d’urgence et l’aide médicale, et la farine.

Recrudescence des violences depuis le début d’année

Alors que la communauté kurde et ses allié·es se rassemblaient pour la commémoration des assassinats ciblés du 9 janvier 2013 et du 23 décembre 2022 à Paris contre des militant·es kurdes, les violences ont connu un pic dans les quartiers d’Alep de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh.

Les groupes armés affiliés au gouvernement transitoire syrien ont assiégé pendant plusieurs jours ces zones peuplées principalement de Kurdes, dont de nombreux·ses réfugié·es du canton d’Afrin envahi par la Turquie en 2018. Ils ont multiplié les bombardements à l’arme lourde, et commis de nombreuses exactions contre les civils. Dans la nuit du 10 janvier, les Asayish, force de sécurité kurdes, ont opéré un repli stratégique vers les zones sous contrôle de l’Administration autonome et des Forces démocratiques syriennes qui assurent sa protection afin de mettre en sécurité la population kurde des quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh, et de leur permettre d’accéder aux soins.

Ces violences ont entraîné le déplacement de milliers de réfugié·es kurdes vers les zones sous contrôle de l’Administration autonome. Le retrait d’Alep risque de laisser des milliers de civils, majoritairement kurdes, sans défense face aux groupes armés islamistes. Les réfugié·es témoignent des meurtres, des viols et des pillages et affirment que les attaquant·es cherchent à semer la discorde entre Arabes et Kurdes, pour contrecarrer le projet de société démocratique, féministe, multiconfessionnel et multi-ethnique mis en place par l’Administration autonome selon le modèle du confédéralisme démocratique théorisé par Abdullah Öcalan. Les pays occidentaux restent silencieux sur ces violences. Alors même que le gouvernement transitoire bombardait les quartiers kurdes d’Alep, Ursula von der Leyen était à Damas pour verser un chèque en blanc de plus de 600 millions d’euros au gouvernement transitoire. La presse dominante française reste silencieuse sur ces massacres et l’invasion en cours des territoires autonomes menés par la Turquie et les forces syriennes.

Adoptant une position pro-étatiste, elle relaie les communiqués officiels des ambassades en se satisfaisant du retrait des forces kurdes, accusées de ne pas se soumettre au nouveau pouvoir syrien. En réalité c’est celui-ci qui voudrait balayer tout ce que l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a mis en place depuis le début de la révolution syrienne.

L’Union syndicale Solidaires condamne les massacres à caractère ethnique menées par des forces affiliées au gouvernement de transition syrien et soutenues par la Turquie.

Pour L’Union syndicale solidaires l’urgence est d’agir pour mettre fin :

  • au blocus mené sur les territoires d’Alep
  • à tous les massacres sur les minorités en Syrie.
  • à l’invasion syrienne et turque sur les territoires gérés par l’administration autonome du Rojava

L’Union syndicale Solidaires réaffirme son soutien

  • au processus de paix impulsé en Turquie en 2025 par le PKK auto-dissous
  • à la révolution et au projet confédéraliste au Rojava

L’Union syndicale Solidaires appelle également à la libération d‘Abdullah Ocalan et de tous les prisonniers politiques en Turquie.

L’urgence est au respect de l’accord du 10 mars 2025 et à la reprise des négociations entre le gouvernement de transition et les porte-parole de l’AANES.

Nous appelons les adhérent·es de Solidaires à participer à toutes les actions et manifestations de solidarité envers la lutte des Kurdes.

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Défense de nos libertés Répression

L’Alliance écologique et sociale affirme avec force son soutien à Sophie Binet après sa mise en examen

Sophie Binet est mise en examen pour injure publique. Cela fait suite à une plainte déposée par l’association Ethic, un lobby patronal proche des milieux d’extrême droite. Les propos reprochés à la Secrétaire générale de la CGT ont été tenus au sujet des menaces de délocalisation proférées par certains grands patrons en cas d’adoption d’une surtaxe sur les grandes entreprises dans le cadre du débat budgétaire.

Pour l’Alliance écologique et sociale, cette procédure-bâillon est inacceptable.

L’Alliance écologique et sociale partage la consternation de Sophie Binet à l’égard d’un grand patronat prêt à tout pour éviter une plus juste répartition des richesses, qui touche de l’argent public mais ne s’estime tenu par aucune obligation sociale et environnementale et qui est le premier responsable de la désindustrialisation du pays.

L’Alliance écologique et sociale est solidaire de Sophie Binet, victime d’une atteinte à la liberté d’expression et aux libertés syndicales, qui vient s’ajouter à la longue série de répression de militant∙es syndicaux∙ales, associatifs∙ves et écologistes, en France et à travers le monde. Le contexte est en effet alarmant, et de toutes parts des attaques se font jour, notamment de la part de l’extrême droite, pour museler toute voix discordante.

Militant∙es pour la justice sociale et environnementale, nous ne nous tairons pas ! Nous continuerons de défendre les libertés associatives et syndicales !

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Défense de nos libertés Répression

Communiqué Intersyndical : Quand la vérité offense, la solidarité s’impose !

Vous trouverez ci-dessous la déclaration commune signée par les Secrétaires généraux et générales, président, et co-déléguées générales de la CFDT, FO, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires affirmant leur solidarité avec Sophie BINET, Secrétaire générale de la CGT, inquiétée par la justice suite à l’usage d’un dicton populaire dans le débat social.

Ce texte réaffirme l’attachement commun à la liberté d’expression syndicale, notre refus de voir les échanges sociaux déplacés devant les tribunaux, ainsi que la détermination à dénoncer les comportements irresponsables de certains dirigeants économiques. Il rappelle également que la véritable force de notre économie repose sur les travailleuses et travailleurs qui, chaque jour, maintiennent “le navire à flot malgré les tempêtes.”


Nous, secrétaires générales, secrétaire généraux, président, co-déléguées, et responsables d’organisations syndicales, apprenons que Sophie BINET, Secrétaire Générale de la CGT, est inquiétée par la justice pour avoir usé d’un dicton imagé et bien ancré dans la sagesse populaire face à l’attitude de certains dirigeants économiques.

Nous refusons l’hypocrisie. Nous refusons que le débat social se tranche dans les prétoires.

À l’attention de ces chefs d’entreprises qui s’offusquent des mots tout en méprisant les actes : n’est-il pas violent de menacer de quitter le « vaisseau France » après avoir accumulé des fortunes grâce aux aides publiques, aux infrastructures et au système éducatif de notre pays ?

Considérant que les véritables héros de notre économie sont les « marins » — les travailleurs et travailleuses — qui s’activent avec constance pour faire avancer le navire, même dans la tempête ; Considérant que menacer de l’abandonner au moindre coup de vent budgétaire relève d’une ingratitude civique profonde ; Nous l’affirmons, « Les rats quittent le navire », n’est pas une injure, mais le constat amer d’un comportement irresponsable. Elle illustre une réalité : celle de la fuite des capitaux et des responsabilités face à l’effort collectif.

Si qualifier ainsi la déloyauté envers la Nation est un délit, alors nous sommes toutes et tous coupables de clairvoyance.

C’est sereinement et solidairement que nous attendons la réaction des esprits chagrins, dont la préoccupation devrait être de rendre des comptes à la collectivité plutôt que de bâillonner la parole syndicale.

Nous faisons nôtre cette liberté de ton.

Marylise Léon (secrétaire générale de la CFDT)
Frédéric Souillot (secrétaire général de FO)
François Hommeril (président de la CFE CGC)
Laurent Escure (secrétaire général de l’UNSA)
Murielle Guilbert (co-déléguée générale Solidaires)
Julie Ferrua (co-déléguée générale Solidaires)
Caroline Chevé (secrétaire générale de la FSU)

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Commerce Conditions de travail Répression

À Amazon comme partout ailleurs, le syndicalisme Solidaires vivra !

Le syndicalisme n’a jamais été du goût de l’entreprise Amazon. Encore moins quand c’est un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. Et que celui-ci l’a contraint à respecter la santé des salarié-es comme lors de la période COVID.

Car le monde d’Amazon et son rêve, ce sont des salarié-es précaires et serviles, dévoués corps et âmes à leur employeur et son chiffre d’affaires. Pour être, une fois usé-es et brisé-es par un travail avilissant, jetés comme des mal propres et être aussitôt remplacés par une nouvelle génération de travailleurs et travailleuses précaires. Face à Amazon, musée des horreurs sociales, les salarié-es se défendent et font respecter le droit du travail. C’est cette dignité dont veut les priver leur employeur et qui utilise n’importe quel prétexte pour sanctionner et licencier. Plusieurs sites Amazon France Logistique sont concernés, Douai, Brétigny ou encore Saran. La direction nationale à Clichy est prévenue : c’est à elle d’agir maintenant pour mettre un terme à cette situation intolérable.

Face à la répression, les salarié-es ont décidé de se lever. À Lille le 27 novembre devant la DREETS des Hauts de France à 9h pour accompagner Tatiana engagée dans un recours contre son licenciement. À Brétigny le 28 novembre à 12h pour les conditions de travail et contre les licenciements dont est victime notre équipe locale. Face à la répression, l’Union syndicale Solidaires restera inflexible. Elle soutient ces luttes et appelle à les rejoindre massivement.

La violence patronale détruit des vies : elle doit être combattue pour permettre enfin la justice sociale. Les salarié-es ont des droits et doivent pouvoir les faire respecter grâce à leur outil syndical.

Ici et en tout lieu de travail où notre syndicalisme est empêché, nous serons là et ne lâcherons rien.

Paris, le 25 novembre 2025

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