Skip to content

Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Catégories
Culture

1er mai 2026 : la culture bourgeonne de luttes !

Faisons du 1er Mai 2026, journée internationale de lutte pour les droits des travailleureuses, une journée de fête et de mobilisation !

SUD Culture Solidaires appelle l’ensemble du secteur culturel à se mobiliser et à manifester partout sur le territoire, pour célébrer nos conquis sociaux et en faire un jalon dans nos mobilisations en cours et à venir.
Tandis qu’une proposition de loi est à l’étude pour « permettre » à certaines structures professionnelles de travailler le 1er Mai, SUD Culture Solidaires rappelle que le 1er Mai est avant tout une journée de lutte, fériée et chômée grâce à la lutte des travailleureuses elleux-mêmes. Nous refusons que l’on nous « permette » de travailler plus alors que l’heure devrait être au partage du temps de travail !

Pour une culture vivante, capable de se projeter dans l’avenir !

Notre syndicat défend une culture forte, ouverte à toustes, accessible et populaire. Cela passe aussi par des moyens à la hauteur de ces ambitions. C’est pourquoi nous nous battons contre la précarité dans nos emplois, contre les suppressions de postes et les baisses de subvention. SUD Culture Solidaires est aujourd’hui engagé dans une bataille judiciaire contre de nombreux musées (le Louvre, le Mucem, le
musée Gainsbourg, entre autres) pour emploi illégal de main d’œuvre en sous-traitance. Un premier pas dans la lutte contre la sous-traitance ! Mettons fin aux pratiques illégales et destructrices dans nos institutions, et gagnons de meilleures conditions de travail !

Pour une culture internationaliste !

Dans un monde en guerre, la culture et les gens qui la font vivre sont directement menacés. Notre syndicat refuse les logiques impérialistes et coloniales, et se bat pour une société juste et pour l’autodétermination des peuples. À Gaza, le génocide passe aussi par un épistémicide, soit une destruction de la culture gazaouie et palestinienne, visant un anéantissement culturel et
identitaire.

Le programme PAUSE, qui permet à des artistes et scientifiques, ainsi qu’à leur famille, d’être accueilli·es en urgence en France a été stoppé pour Gaza depuis janvier 2026. C’est la première fois que le programme décide d’exclure un territoire. SUD Culture Solidaires revendique sa réouverture immédiate ainsi que l’accueil sans condition de toustes les Palestinien·nes, et la mise en oeuvre réelle du droit au retour.

Nous revendiquons aussi que toutes les institutions culturelles françaises prennent position et mettent en place avec les institutions des pays en guerre des mesures de sauvegarde des patrimoines menacés et refusent les partenariats avec les institutions israéliennes, étasuniennes et russes tant que ces États
seront engagés dans les conflits actuels. SUD Culture Solidaires soutient à ce titre la campagne Boycott,
Désinvestissement, Sanctions (BDS) et appelle tous les secteurs et les syndicats à l’amplifier.

Pour une culture antifasciste et antiraciste !

Nos secteurs culturels sont directement menacés par la montée en puissance des extrêmes droites. Les attaques contre les librairies, bibliothèques, cinémas, théâtres, musées et autres structures culturelles démontrent qu’elle ne s’est pas « normalisée » et qu’elle ne recule devant aucune méthode pour s’imposer et intimider ses opposant·es. La main-mise de Bolloré sur la presse et l’édition et les
financements de productions théâtrales par Pierre-Edouard Stérin sont la manifestation de l’investissement par les extrêmes droites dans la bataille des idées, pour nous biberonner de propagande toujours plus grossière, haineuse et raciste.

Là où les extrêmes droites ont remporté les élections municipales, les financements culturels, pour le secteur privé comme pour la fonction publique territoriale, sont en danger. Les mairies brunes réorientent la politique culturelle des localités où elles s’installent au profit de projets soutenant leur vision du monde, étroite, xénophobe et raciste.

La lutte antifasciste est donc pour nous une obligation, pour faire vivre une culture ouverte à l’altérité, riche de ses échanges et de ses liens.

Pour une culture écolo !

Le développement de l’intelligence artificielle générative (IA) dans nos secteurs participe à la course au réchauffement, portée par des enjeux financiers et une volonté toujours plus présente de diminuer les coûts de production en supprimant des emplois. Alors que l’IA consomme énormément de ressources en eau et en électricité — notamment à travers l’installation de datacenters toujours plus grands —, nous
nous insurgeons contre sa généralisation et son hégémonie au mépris des droits d’auteurices, de notre travail et de nos missions. Les enjeux liés aux changements climatiques sont multiples pour nous. Les bâtiments culturels, souvent patrimoniaux, ne sont pas adaptés aux chaleurs de plus en plus intenses que nous subissons. Il est urgent de travailler à leur isolation, pour nos conditions de travail, mais aussi car les musées, théâtres, bibliothèques, tiers lieux… sont des lieux d’accueil de la population où chacun·e devraient pouvoir venir se réfugier. Cette mesure indispensable n’est qu’un palliatif, une adaptation nécessaire à un changement climatique subi. Il est aussi absolument indispensable de remettre en cause notre modèle écocide, pour limiter la crise climatique.

Pour une culture féministe et queer !

Après les #metoo théâtre, cinéma, musique, l’affaire Christian Nègre au ministère de la Culture, l’enquête au CNAC de Grenoble, c’est au Mucem aujourd’hui d’être l’objet d’une enquête administrative (IGAC) pour un fait de harcèlement sexuel. Notre secteur est trop longtemps resté sous l’emprise de vieux barons, et SUD Culture Solidaires se bat pour en finir avec la culture du viol dans nos institutions, nos lieux de travail, nos collectifs. Les femmes et les personnes LGBTQIA+ ne devraient pas avoir à se
battre pour gagner leur place dans une culture qu’iels contribuent tous les jours à façonner et à construire.

Revendiquons l’égalité réelle partout, tout le temps !

SUD Culture Solidaires
8 avril 2026

Tract au format pdf à télécharger ci-dessousTract 1er mai 2026 Sud culture SolidairesTéléchargerTélécharger en PDF

Catégories
Télécom

Lettre ouverte du syndicat SUD Télécom IDF

SUD Télécom IDF – 87 avenue de Paris 94800 Villejuif
  01 45 21 97 92 – sudtidf@sudptt.fr

    Samedi 11 avril 2026

Objet : Cession de Globecast, filiale d’Orange

Madame la Députée,

Cette lettre ouverte de notre syndicat SUD Télécom IDF, est rédigée sous forme d’alerte sociale et économique. La direction d’Orange sous la houlette de la Directrice Générale Christel Heydemann dépasse les bornes de l’irresponsabilité en décidant que le groupe devrait se séparer de sa filiale Globecast en ce début d’année 2026.

Il y a urgence à mettre fin à une dérive stratégique qui a commencée avec l’arrivée de la Directrice Générale il y a 4 ans. Le dossier d’information-consultation de la cession de la holding Globecast passe au CSEC d’Orange le 16 avril 2026, présenté par son PDG, Philippe Bernard.

Bien avant la consultation obligatoire des Instances Représentatives du Personnel, l’annonce, bien que parcellaire de la cession a été faite dans les médias (Challenge, Les Échos). Le délit d’entrave ne freine pas les velléités de vente et l’appât du gain de la Direction d’Orange : faire du cash à tout prix pour satisfaire ses actionnaires, quitte à déséquilibrer l’intégrité du groupe Orange et à malmener son personnel, quitte à s’assoir sur la souveraineté de l’entreprise, voire à porter le flanc de la souveraineté nationale aux ingérences étrangères.

Les conséquences négatives de ces annonces précipitées sur la bonne marche de la filiale ne se sont pas faites attendre depuis octobre 2025, pertes de parts de ce marché très restreint, départ de client·e·s, le sentiment de gâchis et d’écœurement du personnel.

Le 19 février, les places financières ont pu assister à un show médiatique pour le lancement du second plan stratégique d’Orange : Trust the future.

Mais la ligne stratégique de la direction d’Orange reste la même depuis quatre ans : faire fructifier les stock-options et autres actions gratuites. Les salarié·e·s en sont toujours les premières victimes, et seront encore présent·e·s dans ce qu’il restera de l’entreprise démantelée, quand la DG, elle, repartira sans état d’âme après s’être enrichie sur son dos.

Mais dans un contexte international tendu, la souveraineté, notamment numérique est mise à mal : assujettissement à des serveurs étrangers, particulièrement états-uniens (Microsoft, Amazon…), asservissement à des constellations satellitaires appartenant à des milliardaires suprémacistes comme Starlink. Il est inacceptable de sacrifier la pépite Globecast : une filiale aux infrastructures complètes, un réseau mondial et un personnel aux compétences rares.

SUD Télécom IDF ne peut se satisfaire du compromis des représentant·e·s de l’Etat au Conseil d’Administration, qui acceptent que la filiale soit cédée, du moment que ce soit un repreneur sous pavillon français. En effet, l’état français détient encore 23% des actions de la maison-mère Orange. Quel manque de mémoire, quand on se souvient qu’Orange, partenaire prémium des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, a réussi à retransmettre ce spectacle qualitativement à 3 milliards de téléspectateurs et téléspectatrices, grâce à sa ressource interne exceptionnelle : Globecast.

Quel manque de lucidité des pouvoirs publics, à notre connaissance, un seul député s’en inquiète. C’est pourquoi, nous vous alertons, représentants et représentantes de la République, il y a urgence à mettre fin à cette manœuvre financière indigne de l’opérateur de télécommunications historique français.

Un réseau et des structures ont été construits en 25 années, sous l’enseigne Globecast. Filiale créée afin de poursuivre les activités historiques de France Télécom qui, depuis près d’un siècle assure les transmissions radio, TV et satellites.

Globecast achemine depuis un quart de siècle, des flux vidéo d’évènements mondiaux : le Tour de France, les JOP (Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris), les Coupes du Monde de football et les retransmissions de l’Elysée etc. C’est un réseau, actif, de 12 téléports satellitaires, 125 000km de fibre, 60 unités mobiles.

Une entreprise française de distribution mondiale de services en médias, fonctionnelle, autonome, dotée de sa propre infrastructure, est en passe d’être dispersée si la filiale est vendue à une entreprise spécialiste de « carve-out » (en français « détourage »). En résumé, une opération de cession à la découpe pour ne retenir qu’une partie des titres ou d’actifs, les plus rentables.

Il est inconséquent d’abandonner cet héritage industriel français, et de disperser son personnel expérimenté.

Parlons-en du personnel, l’éternel oublié, il est grand temps qu’il soit respecté. D’autre part, la transmission des connaissances, de l’expérience et des métiers rares serait irrémédiablement abandonnée avec les emplois supprimés, un véritable renoncement à cette richesse inestimable.

Orange a laissé pourrir la situation de la filiale en recyclant comme PDG notamment, l’ex-DRH Didier Barberot de 2010 à 2016, en procédure juridique depuis 2010, pour harcèlement institutionnel.  C’est dire le peu d’entrain de sa part pour soutenir cette filiale et son personnel pendant 6 ans. Malgré cette entrave, le personnel a pu se ressaisir pour réussir les JOP 2024.

Depuis plusieurs mois, il est laissé dans l’ignorance, l’expectative et le doute, à la suite des annonces médiatiques. Son PDG, Philippe Bernard a certes réuni son personnel, début 2026, mais le dirigeant prétend alors se taire, parce ce serait porter atteinte au “droit des affaires“. Sans aucune empathie pour le personnel plongé dans l’incertitude sur son avenir. Rien d’étonnant à ce digne successeur de Mr Barberot, DRH d’Orange déchu.

Avec ses 489 salarié·e·s (dont 206 en France) et 172 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 (dont 88 en France), Globecast représente peu à l’échelle des bientôt 48 milliards de recettes de sa maison-mère. Mais c’est une entreprise qui pèse lourd dans sa branche, réputée à l’international. Seulement, elle a été mise artificiellement en déficit, ce qui ne collerait pas avec les objectifs de rentabilité du groupe Orange.

Un salarié de Globecast témoigne : 

« Aucun effort pour garder les clients historiques : ni de plan après la fermeture du site historique d’Archives à Paris, ni de garantie financière. Les effets d’annonce de sa cession par Orange depuis plusieurs mois provoquent le rejet de fait des appels d’offre. Après lui avoir saboté le marché de l’événementiel, Orange prétexte que Globecast n’est plus rentable.

Il reste encore 38 fonctionnaires chez Globecast France. La gestion du personnel est délétère : on le pousse à partir, on remplace son directeur technique par un Américain ne parlant pas un mot de français et nous obligeant à tout faire en anglais !!!

Les CDI formés sont incités à quitter Globecast pour rejoindre la maison-mère Orange. Les alternants et des CDD partent dès qu’ils commencent à maitriser le boulot. Lorsqu’il y a un incident, on blâme l’opérationnel sans se dire que la gestion humaine est calamiteuse. Combien de DRH en 5 ans ? Je ne les compte plus !

L’enjeu serait aussi de garder des activités au sein du groupe pour ne pas devenir dépendant d’une autre entreprise, voire celui d’une entreprise suisse, allemande ou luxembourgeoise. Le dernier repreneur envisagé serait un liquidateur français. »

Quant à l’atteinte à la souveraineté nationale, la directrice générale d’Orange semble oublier que le téléport de Sainte Assise en Seine-et-Marne, héberge le centre de transmission de la Marine Nationale, une infrastructure classée « secret défense ».

Le réseau de Globecast est également étroitement imbriqué avec celui de l’armée française. Il serait préjudiciable de briser l’intégrité de ces réseaux entremêlés.

En conclusion : le désengagement en cours de Globecast, la filiale spécialisée dans la retransmission de flux et de contenus, est un abandon d’infrastructures existantes dans la diffusion, notamment satellitaire. Orange se passerait de réseaux terrestres, mais aussi d’équipements de téléports satellites. Outre le scandaleux montage financier en ce début d’année 2026, la perte d’influence mondiale pour le groupe entier serait également une ineptie de la direction d’Orange. Pour reprendre son slogan publicitaire : “Orange ne serait plus là” lors des grands évènements sportifs à venir.

Il est temps de mettre un terme au saccage du groupe Orange. Le groupe doit investir dans Globecast plutôt que de céder cette précieuse ressource interne.

Freddy Bruneel

Secrétaire de SUD Télécom IDF

06 71 21 44 23

sudt78@orange.fr

sudtidf@sudptt.fr

https://sud-telecom-ile-de-france.frama.io/
Catégories
Éducation Internationalisme Palestine

Les ordinateurs de nos écoles ne doivent pas soutenir le génocide à Gaza et l’apartheid en Palestine

Hewlett Packard….

✖︎  fournit des produits et des services aux bureaux de Benjamin Netanyahu ➜ au service des criminels de guerre ;

✖︎  fournit des services de maintenance pour les serveurs de la police israélienne qui expulse et démolit les maisons des Palestinien·nes ➜  au service de la colonisation ;

✖︎  fournit des serveurs aux autorités israéliennes pour contrôler l’Etat civil du peuple palestinien occupé, et la technologie pour les cartes d’identité à ségrégation raciale ➜  au service de l’apartheid ;

✖︎  fournit des serveurs, des services de stockage et de sécurité des données aux prisons israéliennes      ➜  permet la violation des droits des prisonnier·es.

HP dans nos écoles c’est…

✖︎  Des centaines de milliers d’ordinateurs HP sont mis à disposition des collégien·nes ou lycéen·nes (dans l’Essonne par exemple, ce sont 60 000 ordinateurs qui ont été fournis aux collégien·nes, la Région Pays de la Loire a fourni 142 323 ordinateurs HP dans les lycées. )

✖︎  À travers “Préau” (association créée et financée par le Ministère de l’Éducation nationale afin de faire “bénéficier de nouveaux avantages sociaux” aux personnels via des tarifs réduits sur différents produits), le ministère incite les personnels à acheter des ordinateurs HP via des promotions.

Le génocide c’est…

✖︎  plus de 70 000 Palestinien·nes assassiné·es par Israël depuis 2 ans, 186 000 selon un journal scientifique

✖︎  au moins 20 000 étaient des enfants. Cela représente un enfant tué chaque heure depuis deux ans

✖︎  169 679 Palestinien·nes ont été blessée·es par les attaques israéliennes et l’UNICEF estime entre 3 000 et 4 000 le nombre d’enfants ayant subi une amputation

✖︎  plus de 10 800 Palestinien·nes, dont 450 enfants, sont actuellement emprisonné·es dans les prisons israéliennes

✖︎  une catastrophe sanitaire sans précédent : 96 % des ménages sont désormais dans une situation d’insécurité hydrique

✖︎  la famine orchestrée : 460 Palestinien·nes sont mort·es de faim et de malnutrition à Gaza depuis deux ans dont 127 enfants.

Pour SUD éducation, les ordinateurs HP doivent disparaître de nos salles de classes.

Stop aux soutiens du génocide !

Comment agir ?

➜  avec SUD éducation, j’interpelle mon ou ma chef·fe d’établissement en CA, ou j’aborde le sujet en conseil d’école, pour dénoncer l’achat de matériel HP et exiger le changement de fournisseur. 

https://cloud.sudeducation.org/s/Fokyz2XG5spr2JJ

Catégories
Accidents du travail Actu Solidaires 78

28 avril – Pas d’économies sur la santé des jeunes au travail !

Publié le 10 avril 2026

L’année 2025 a été marquée par un bilan dramatique pour la sécurité des jeunes au travail, puisque 5 mineur·es ont trouvé la mort alors qu’ils étaient en formation en entreprise (en stage ou en apprentissage). Plus généralement, les 15-24 ans connaissent 2,5 fois plus d’accidents du travail que l’ensemble des salarié∙es. Ce n’est pas une fatalité ! Le 28 avril, c’est la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Mobilisons-nous pour une réglementation protectrice !

La place des mineur∙es n’est pas au travail

Depuis plus de dix ans, l’État s’est efforcé de déréguler le travail des jeunes. Le décret Rebsamen de 2015 a ainsi augmenté le nombre de dérogations aux postes interdits aux moins de 18 ans et supprimé l’autorisation préalable de l’inspection du travail pour affecter des jeunes travailleurs et travailleuses aux travaux dangereux, qui rendait presque systématiques des visites de contrôles sur les conditions de travail. En 2018, les règles de durée du travail des apprenti∙es ont été allégées. Enfin, le plan “santé scolaire” en 2025 ne prévoit qu’une visite médicale par cycle, quand le Code du travail impose le renouvellement annuel des avis médicaux d’aptitude. De même, les gouvernements successifs n’ont cessé de développer les stages en entreprise : en troisième, seconde générale et technologique, et en augmentant le nombre de semaines de stages en lycée professionnel.

Ces mineur∙es, qui sont des enfants juridiquement parlant, sont propulsé∙es dans un monde d’adultes, soumis∙es à des pressions hiérarchiques, à des conditions de travail dangereuses, à des violences sexistes et sexuelles. Les recherches universitaires montrent qu’un quart des apprenti∙es, mineur∙es ou adultes, sont exposé∙es à un risque cancérogène ou toxique pour la reproduction. Les premières victimes sont les enfants issus de milieux défavorisés, soumis aux stages les moins valorisants et les plus rudes en termes de conditions de travail.

Les jeunes ne sont pas de la chair à patrons

Asphyxiant l’école et l’université publiques, l’État externalise la formation des jeunes en la confiant aux entreprises, perçues pour des raisons purement idéologiques comme plus aptes à former au marché du travail. Il s’agit ainsi de domestiquer les jeunes en les accoutumant le plus tôt possible à des rapports de subordination au travail.

Or l’apprentissage, largement promu ces dernières années, n’a pas fait ses preuves en matière d’insertion. Il permet par contre de subventionner de la main d’œuvre bon marché pour les patrons, aux frais du contribuable : le coût moyen d’un∙e apprenti∙e est en effet de 26 000 euros par an, soit deux fois le coût d’un∙e étudiant∙e du supérieur d’une voie classique.

Si les moins de 25 ans subissent davantage d’accidents du travail, ce n’est pas par témérité, mais bien parce qu’ils et elles occupent des positions subalternes, où leurs employeurs s’autorisent à les mettre en danger.

L’Union syndicale Solidaires revendique :

  • le rétablissement de l’autorisation préalable délivrée par l’inspection du travail pour l’emploi de jeunes mineur·es à des travaux dangereux, supprimée en 2015 ;
  • l’élargissement de la procédure de retrait des jeunes travailleur·euses, des apprenti·es et des stagiaires en cas de situation dangereuse ;
  • un renforcement des services de l’inspection du travail pour pouvoir exercer les contrôles qui s’imposent et s’assurer de la mise en place des mesures de prévention ;
  • le rétablissement d’un véritable contrôle par l’État des organismes de formation qui proposent et organisent les formations en alternance ;
  • la suppression des stages d’observation en milieu professionnel pour les élèves de seconde générale et technologique et de troisième ;
  • la formation spécifique aux risques au travail des enseignant·es, et du temps libéré afin de pouvoir vérifier la qualité de l’accueil des élèves et apprenti·es au sein des entreprises ;
  • un accès gratuit et garanti aux équipements de protection individuelle pour tou·tes les élèves, et ce dès le début de la scolarité en lycée professionnel ou en CFA (centre de formation d’apprenti∙es), avant tout stage en milieu professionnel ;
  • la mise en place d’un certificat de compétence pour les tuteur·ices en entreprises et l’obligation d’avoir des sauveteur·euses secouristes du travail dans toutes les entreprises accueillant des jeunes travailleur·euses ;
  • l’instauration d’un module de formation au droit du travail, à la prévention des risques professionnels et à la sécurité pour tous les jeunes, la mise en place effective de l’Evars avec des modules sur les VSST.

Soyons nombreux et nombreuses aux rassemblements et actions du 28 avril pour la sécurité et la santé au travail !

Catégories
Écologie

Printemps des luttes locales – Campagne contre l’artificialisation des sols du 23 au 26 mai

L’Union syndicale Solidaires rejoint le printemps des luttes locales, une campagne contre l’artificialisation des sols du 23 au 26 mai initiée par Terres de Luttes.


👏📆 À l’appel de plusieurs organisations nationales, associations, collectifs, du 23 au 26 mai auront lieu plusieurs journées d’actions décentralisées contre l’artificialisation des sols et la confiscation de nos territoires pour des intérêts privés. Mobilisons-nous à travers la France via nos unions départementales et locales pour que toutes nos luttes puissent faire entendre leur opposition et qu’à l’échelon national il ne soit plus possible d’ignorer la voix de toutes celleux qui veulent reprendre la main sur leurs territoires ! Chaque lutte locale qui comporte une dimension de refus de l’artificialisation des sols est invitée à rejoindre la campagne sur ses propres mots d’ordre.

📣👉 L’appel est à retrouver ici.

Alors que l’artificialisation des sols croit partout et que les projets destructeurs continuent de se multiplier à travers la France, notre résistance elle aussi est toujours plus grande ! Il existe aujourd’hui plus de 600 collectifs en lutte partout sur le territoire contre les projets imposés et polluants✊.

🚧 Ces journées seront l’occasion de visibiliser la gravité de la destruction des espaces naturels et agricoles en France, de faire parler de nos luttes, de se donner de la force ensemble, mais aussi de mettre un coup de pression aux nouveaux élus locaux tout juste arrivés pour leur signifier qu’on ne laissera pas faire ces nouveaux projets. La pression semble déjà fonctionner puisque l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (Unicem) s’inquiète dans un communiqué datant du 29 mars du printemps des luttes locales, qui risque de « bloquer, occuper, voire perturber des sites industriels ». Maintenons et augmentons la pression !

⚒️ Une cartographie sera mise en place pour nos/vos actions, et d’ici mai des formations antirep, action et com, seront visibles sur le site du printemps des luttes locales juste ici.

Catégories
Internationalisme Palestine

Flottille pour Gaza – Journal de bord

Depuis quelques jours une flottille est route en direction de Gaza.

L’Union syndicale Solidaires prend toute sa place dans cette initiative, aux côtés d’associations, d’ONG, d’organisations syndicales et de forces politiques réunies dans la campagne française pour la Flottille Liberté.

Des camarades de l’Union sont à bord. Leur présence s’inscrit dans une volonté claire : ne pas rester spectateurs face à une situation humanitaire dramatique.

À Gaza, la population subit depuis des années un blocus qui organise l’asphyxie du territoire. L’accès aux soins, aux médicaments, aux produits essentiels est de plus en plus restreint. La flottille vise à acheminer une aide indispensable, mais aussi à dénoncer cette situation insoutenable.

Face à l’inaction des gouvernements et à la gravité de la situation, la solidarité ne peut pas attendre. Nous continuerons à agir.

Nous mettrons au fur et à mesure à jour ce journal de bord avec des vidéos des camarades et des écrits de l’Union, ci-dessous


J+2 :

Déjà 2 jours de navigation, pour briser le blocus à Gaza – solidarité et détermination, Maxime nous en dit plus :

J-0 : Le départ

Le 4 avril à Marseille, nous nous sommes retrouvé·es dès 9h30 sur le port de l’Estaque là où nos camarades de Thousand Madleens ont aménagé un lieu totalement autogéré et où étaient amarrés les 20 bateaux dont les deux de la Coalition « Flottille liberté pour Gaza » dont notre Union est membre .

C’est vraiment très impressionnant ce qu’ils et elles ont réussi à faire en quelques semaines : un lieu où des militants et les militantes venu·es de la France entière retrouvent des habitants et habitantes en soutien au projet et à la Palestine, un lieu de partage des savoirs et des cultures : des marins qui ont préparé les bateaux aux artistes qui les ont décoré, des camarades qui ont préparé les banderoles à celles et ceux qui ont collecté médicaments et matériel humanitaire pour apporter aux gazaoui·es.

Un lieu où se côtoient des musiciens passés faire un concert , des habitant·es passés donner à manger, des militant·es politiques, syndicaux, associatifs, un lieu de débats où tout le monde fait de la politique, un lieu où l’on parle de Gaza, de la Palestine, mais aussi plus largement des problématiques actuelles et du partage des richesses.

La conférence de presse a réunit plusieurs médias nationaux et locaux, français et étrangers. Nous avons pu prendre la parole pour l’Union syndicale Solidaires, cela a été l’occasion d’affirmer notre fierté de faire parti de cette flottille avec l’envoi de deux camarades, de rappeler que cette mobilisation s’inscrit dans une continuité d’action temporelle (puisque notre porte parole Annick était déjà sur les bateaux en 2011), et dans une pluralité d’actions : notre participation aux campagnes de désinvestissements sur nos lieux de travail, aux mobilisations sur Terre et à l’envoi récent d’une délégation à la rencontre de syndicalistes en Cisjordanie.

Puis les bateaux sont partis de l’Estaque sous les youyous, les fumigènes et les applaudissements jusqu’au J4, à côté du Mucem pour celles et ceux qui connaissent la ville, où là aussi des centaines de personnes participaient à un rassemblement et saluaient le départ des Flottilles.

Nos camarades de Solidaires 13 étaient aussi présents et présentes.

Une journée importante et émouvante en soutien au peuple palestinien. Cela a été précisé plusieurs fois, c’est une flottille politique dont le but est de briser le blocus et de continuer à parler de la situation à Gaza.

Et maintenant ?

A présent nos camarades voguent vers le sud de l’Italie où un point sur la suite et les enjeux de sécurité sera fait.

Il est important aussi que la cagnotte continue à tourner partout dans les UD et les fédés car la flottille aura encore besoin de soutien financier :

https://www.helloasso.com/associations/les-amis-des-peuples-de-la-mediterranee/formulaires/1

Il y aura aussi des initiatives partout sur le territoire dans les prochaines semaines.

Bien sûr il y aura des pressions sur la flottille et nous avons la responsabilité collective d’être les yeux de tout ce qu’il se passera en mer. Nous pourrons suivre les flottilles en temps réel dans les prochains jours à partir du site internet Thousand Madleens.

Enfin, je reprends les propos du journaliste palestinien Anas al-Sharif assassiné par Israel en août 2025 “Les flottilles ont fait ce que les gouvernements ont été impuissants à accomplir : réveiller les consciences à l’échelle mondiale et nous rappeler à tous que Gaza n’est pas seule…”

En tant que syndicat internationaliste, relayons, amplifions toutes les mobilisations autour de cette initiative.

Solidairement

Des membres de la commission international de l’Union syndicale Solidaires

J-2

vidéos
articles
international
interpro national
grèves, blocages et mobilisations
conflits armés et guerres
solidarité internationale

Nous contacter

Union syndicale Solidaires
31 rue de la Grange aux Belles – 75 010 Paris
01 58 39 30 20
Nous contacter

Catégories
Actu Solidaires 78 Conditions de travail

Attaque contre le 1er mai : les macronistes magouillent pour détruire nos droits

Reprenant un texte déposé par LR, Renaissance a déposé une proposition de loi visant à remettre en cause le caractère férié et chômé du 1er mai. Le parti présidentiel a déposé en début de matinée une motion de rejet de son propre texte. Non pas par retour au sens commun, mais par une manœuvre tactique visant à empêcher l’Assemblée nationale de débattre et de voter. Cette motion a été adoptée avec les voix de l’extrême droite. Le 1er mai est en danger !

Après nous avoir volé deux ans de travail avec une réforme des retraites adoptée sans vote, ils remettent le couvert avec le 1er mai.

Le 1er mai est un jour particulier : c’est une journée internationale, célébrée partout dans le monde. Elle est issue des conquêtes ouvrières et des mobilisations pour réduire le temps de travail. À l’inverse, ce texte propose d’augmenter le temps de travail.

C’est complètement déconnecté de la préoccupation des salarié·es qui doivent choisir entre faire le plein ou remplir le frigo. L’urgence du moment, c’est de bloquer les prix de l’énergie et d’augmenter les salaires, pas de s’attaquer à nos droits !

En 2025, nous avons empêché le vol de deux jours fériés par nos grèves et manifestations. Le 1er mai n’est pas à vendre ! L’Union syndicale Solidaires appelle à participer aux initiatives unitaires pour combattre ce projet de loi.

Le 1er mai 2026, soyons massivement dans la rue pour défendre notre journée et obtenir des réponses aux urgences sociales.

Pour aller plus loin

Catégories
Accidents du travail Actu Solidaires 78

28 avril, journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail !

En matière de santé au travail, tous les indicateurs sont au rouge. Recrudescence des suicides, notamment à la SNCF, chez Orange ou aux finances publiques. Risques plus élevés d’accidents du travail, y compris mortels, chez les jeunes, dont des mineur·es en stage ou en apprentissage.

Les causes en sont connues : c’est la destruction des protections qui existaient dans le droit du travail, des instances de représentation du personnel de proximité, des moyens de l’Inspection du travail, pour permettre aux employeurs d’exploiter toujours plus. La lutte des classes se traduit aussi dans l’appropriation de la vie.

Pour notre santé, faisons du 28 avril, puis du 1er mai, des journées de combat !

Tracts de Solidaires

28 avril – Souffrance et suicides au travail – Ne pas perdre sa vie à la gagner !

28 avril – Pas d’économies sur la santé des jeunes au travail !

Arrêts maladie : pas d’économies sur notre santé !

Expressions des structures

SUD Rail

Lettre ouverte de SUD Rail au ministre du Travail relativement aux suicides et à la souffrance au travail dans les SNCF

SUD Travail Affaires sociales

Entretien avec le secteur Conditions de travail dans le Brasero de SUD Industrie

Courrier aux ministres du Travail, de l’Education, de l’agriculture et de la fonction publique suite aux décès d’élèves dans le cadre de stage

Ces actions s’inscrivent dans le plan d’action de Solidaires contre les accidents du travail et les accidents de service.

Catégories
Conditions de travail

Arrêts maladie : pas d’économies sur notre santé !

Le gouvernement a présenté le 9 avril son “plan de réduction de l’absence au travail”, destiné à lutter contre l’augmentation des arrêts maladie et surtout à diminuer le coût des indemnités versées. Il ne s’attaque pas aux causes de la dégradation de la santé des travailleurs et des travailleuses, mais les culpabilise. Mobilisons-nous pour notre santé, en particulier le 28 avril, journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, et le 1er mai !

Une chasse aux malades

Le gouvernement prévoit un “bouton d’alerte” qui permettrait aux employeurs de solliciter la Caisse nationale d’assurance maladie pour déclencher des contrôles en cas de de suspicion d’abus. Et pourquoi pas un bouton pour éjecter directement les salarié·es malades de l’entreprise ? Le gouvernement souhaite aussi une intensification des contrôles, notamment sur les arrêts maladie de plus de 18 mois et sur les arrêts d’accidents du travail et de maladies professionnelles de plus de 3 ans. Il ne ferme pas la porte à une augmentation de 1 à 3 des jours de carence dans la fonction publique, une mesure évoquée mais écartée après une mobilisation importante des fonctionnaires en décembre 2024.

Le gouvernement entend également sanctionner les assuré·es qui se verraient prescrire des arrêts par plusieurs médecins généralistes différents. C’est oublier que les déserts médicaux sont de plus en plus étendus, que 11 % de la population n’a pas de médecin traitant, et que dans les territoires les plus mal dotés, il faut 11 jours pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste.

Ces mesures s’inscrivent dans des attaques généralisées sur le temps de travail. Si la mobilisation des travailleurs et des travailleuses a permis de faire reculer le gouvernement sur la suppression de 2 jours fériés, le gouvernement et le patronat veulent s’attaquer au 1er mai, journée internationale de lutte pour nos droits, en étendant les critères de dérogation à son caractère chômé.

Des solutions existent pour protéger la santé

Le gouvernement pointe du doigt des “abus”. Il y a certes une hausse des arrêts maladie ces dernières années. Mais elle est la conséquence de conditions de travail dégradées par des politiques qui poussent à toujours plus de productivité et d’intensification des rythmes de travail, qui précarisent, détruisent les collectifs de travail, isolent, mettent en concurrence les salarié·es… Avec en tête les différentes “lois travail” ou les réformes du régime de retraite qui conduisent à travailler de plus en plus tard.

Pour améliorer la santé au travail, le gouvernement ne prévoit qu’un gadget de plus : un “kit de prévention” pour les entreprises. Les solutions sont pourtant connues !

L’Union syndicale Solidaires exige un renforcement très important des prérogatives et des moyens de l’Inspection du travail. Il est impératif d’entamer un plan massif et pérenne de recrutement d’inspecteurs et d’inspectrices du travail et de doubler les sections d’Inspection du travail.

Les ordonnances Macron de 2017, avec la création des CSE (comités sociaux et économiques) mis en place également dans la fonction publique (CSE/CSA/CST), et la suppression des CHSCT (comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), ont délibérément diminué le nombre de représentant∙es du personnel. Elles les privent de leurs capacités d’alerte sur les effets du travail sur la santé de leurs collègues. Revenir sur les ordonnances Macron est une urgence absolue. Il est impératif de recréer des instances de représentation du personnel de proximité avec des prérogatives réelles pour intervenir sur les situations de travail.

Leurs économies nous coûtent cher ! Faire des économies sur la santé, c’est prendre le risque que l’état de santé des salarié∙es se détériore, ce qui coûterait finalement plus cher à la collectivité. Les obstacles mis aux arrêts courts peuvent conduire à retarder le diagnostic, conduisant à des arrêts plus tardifs, mais plus longs, et nécessitant davantage de soins. Ils incitent les salarié∙es à se rendre au travail malades, avec des conséquences en matière de propagation des épidémies. Tout cela a pour résultat d’augmenter, et non de réduire, les dépenses de santé.

RSS
Follow by Email