Depuis 2011, SUD éducation a fait condamner l’Éducation nationale à verser plus de deux millions d’euros aux ex-AVS employé·es en CUI
Une nouvelle rubrique – que nous espérons riche et dynamique ! – pour présenter les victoires du camp des travailleurs et des travailleuses, ici et ailleurs…
En novembre 2016 et janvier 2019, ce sont déjà 5 collègues en CUI qui avaient gagné 47 000€ au tribunal des prud’hommes d’Evry, ce sont de nouveau 31 personnes, accompagnées par SUD Education 91 qui ont vu le jugement des prud’hommes confirmé par la cour d’appel de Paris en septembre 2021.
Le Lycée Robert Doisneau établissement mutualisateur dans l’Essonne a donc été condamné en 1ère instance, puis devant la cour d’appel, à verser en tout aux 31 plaignantes plus de 300 000 € pour défaut de formation et annualisation abusive : le rectorat a fait travailler des collègues employé·es en contrat aidé (CUI) 25h par semaine pour une paie équivalente à 20h de travail. Après 4 ans de procédures juridiques, la victoire est là! Déjà, l’administration avait été condamnée en 2019 à verser 370 000 € à 22 ex-AVS employé·es auprès des élèves en situation de handicap en Charente, en 2011, les ex-AVS d’Angers ont reçu 450 000 € suite à une procédure similaire, 200 000 € ont été gagnés par les AVS entre 2018 et 2019 dans l’académie de Grenoble, plus d’un million a été versé à 36 ex-AVS dans les Bouches-du-Rhône en 2014.
L’administration avait fait le pari d’enfreindre la loi en pensant que les personnels ex-AVS engagé·es en contrat aidé pour des salaires extrêmement bas (680 € par mois) n’oseraient pas se lancer dans une procédure aux Prud’hommes.
Ce sont ainsi des milliers de personnes qui ont travaillé gratuitement 4 à 5 heures par semaine pour l’Éducation nationale pendant plusieurs années.
SUD éducation a mis ses moyens syndicaux au service des personnels pour les accompagner dans leurs démarches en justice. Ces jugements positifs pour les droits des personnels rappelle l’importance de se syndiquer et de se battre collectivement.
SUD éducation appelle tous les personnels à continuer la mobilisation contre la précarité et à construire une grève d’ampleur le 19 octobre pour gagner un vrai statut intégré à la Fonction publique pour les AESH. Accompagner les élèves en situation de handicap à l’école, c’est un métier, il doit être reconnu.
La proposition de loi Rilhac « créant la fonction de directeur ou de directrice d’école » a été adoptée en première lecture au Sénat le mardi 10 mars. Elle repassera à l’Assemblée nationale le 29 et le 30 septembre.
Aujourd’hui, le directeur ou la directrice est un·e professeur-e des écoles qui, après avoir été placé·e sur une liste d’aptitude, a obtenu un poste de direction. Selon la taille des écoles, il ou elle est plus ou moins déchargé-e de sa mission d’enseignement mais reste un-e collègue, avec des responsabilités supplémentaires mais sans aucun pouvoir hiérarchique.
Avec la proposition de loi Rilhac, tout changerait : le directeur ou la directrice bénéficierait « d’une délégation de compétences de l’autorité académique » et disposerait « d’une autorité fonctionnelle ». Et la proposition de loi affirme clairement : « Le directeur participe à l’encadrement du système éducatif ». Si la proposition de loi venait à être adoptée, le gouvernement pourrait changer en profondeur les missions et le statut des directeurs et directrices. On passerait sans transition d’un fonctionnement horizontal et collégial à un fonctionnement vertical et directif.
Fini le fonctionnement collectif du conseil des maîtres-se-s, finie l’auto-organisation des écoles.
Que contient cette loi ?
Comment faire pour résister ?
Quelles autres solutions ?
Nous vous proposons une réunion publique en plein air afin de discuter, prendre ensemble les mesures qui s’imposent et mener vigoureusement le combat contre cette vision réactionnaire de l’école.
Rendez-vous Mardi 28 septembre, à partir de 17h00 à La Nouvelle Réserve, 5 rue du Maréchal Foch à Limay. Venez nombreux !
Le collectif AESH (Accompagnant·es d’élèves en situation de handicap) tient sa réunion de rentrée samedi 25 septembre à 10 heures, maison des syndicats de Mantes-la-Villes.
En 4 ans, Blanquer a considérablement dégradé le service public d’éducation. Il a montré cette rentrée encore son incapacité à faire face à la crise sanitaire. Entre les évaluations nationales dès le plus jeune âge et l’instauration d’une part de contrôle continu pour l’obtention du baccalauréat, il a imposé une évaluation permanente des élèves au détriment de la relation pédagogique qui doit unir les enseignant-e-s aux élèves. À la toute fin de l’année scolaire, Blanquer a achevé la destruction du bac national et cassé l’indispensable collégialité des écoles. Il s’apprête à démanteler l’éducation prioritaire et la formation initiale. Chaque année, les suppressions de postes amplifient la mise sous pression des personnels. Stop ! Enseigner devient une lutte ! SUD éducation réaffirme la nécessité de mettre en place un plan d’urgence pour l’éducation qui remette l’intérêt des élèves et des personnels au cœur de la politique éducative et salariale du ministère.
L’école de Blanquer broie les élèves et les personnels : à l’inverse, SUD éducation défend sans relâche le projet d’une école plus égalitaire.
Comment changer l’école?
Réduire la taille des classes pour enseigner autrement et favoriser la réussite des élèves.
Titulariser, recruter davantage, former mieux, rémunérer plus.
Gagner les moyens pour une école ouverte à tou-te-s les élèves : les élèves à besoins particuliers doivent bénéficier de l’accompagnement nécessaire à leur réussite.
Créer un vrai secteur médico-social de l’Éducation nationale.
SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se mettre en grève le 23 septembre.
SUD éducation appelle les personnels à se réunir en Assemblée générale pour formuler leurs revendications et à décider des moyens d’action pour ancrer cette grève dans la durée.
Bâtissons l’école pour la société de demain, plus juste et plus égalitaire !
Vous trouvez en pièce jointe le tract de SUD éducation.
Vous trouverez ci-dessous la déclaration d’intention de grève pour le 23 septembre, pour les collègues du premier degré, à renvoyer avant le lundi 20 septembre au soir :
Retrouvez ci-dessous le tract d’appel au 23 septembre spécial premier degré, contre la loi Rilhac !
Vous trouverez ci-dessous le tract intersyndical SUD-CGT-FO-FSU :
Appel à se mobiliser dès la rentrée, à se mettre en grève le 23 septembre et à préparer la mobilisation interprofessionnelle
L’École a été soumise à rude épreuve et les personnels ont terminé l’année dans un état de fatigue rarement atteint.
La rentrée 2021 est de nouveau marquée par le manque d’anticipation et la confusion de la politique suivie face à la poursuite de la crise sanitaire. Par ailleurs, alors que cette rentrée aurait nécessité la mise en place d’un plan d’urgence et la création massive de postes pour l’éducation dans un contexte qui a rendu plus compliquée la progression des apprentissages, le ministère poursuit une politique qui va à rebours des besoins du service public :
– refus de créer un collectif budgétaire pour la création de postes d’enseignant.es, de CPE, AED, AESH, de PsyEN, de RASED, de personnels administratifs, techniques, santé et sociaux dans les écoles, les établissements et les services pour répondre aux besoins et annuler les suppressions de postes notamment dans le 2d degré où le déploiement d’heures supplémentaires est une réponse inadaptée
– publication de la circulaire de rentrée sans qu’aucune concertation préalable n’ait été organisée. De plus, son contenu relève davantage de la promotion de la politique ministérielle.
Encore une fois, le ministre est dans le déni de réalité en refusant de prendre les mesures nécessaires. Cette absence d’anticipation et de prise de décisions est irresponsable au regard des enjeux de gestion et de sortie de crise.
Les annonces du Grenelle ont confirmé qu’il n’y aurait pas de loi de programmation pluriannuelle. Un renoncement de plus qui ne répond pas aux attentes salariales des personnels et en exclut la majorité. Au-delà de la deuxième tranche de la prime d’attractivité, très insuffisante pour rattraper les retards, il est bien difficile de voir de quelconques perspectives de revalorisation pour les années à venir. Il est urgent d’augmenter les salaires de tous les personnels.
Nos organisations dénoncent l’ensemble de ces mesures qui tournent le dos à la priorité à l’éducation et cherchent à transformer en profondeur les métiers dans le sens de contraintes supplémentaires sur les personnels : projet de création d’un emploi fonctionnel de directeur d’école et de hiérarchies intermédiaires, pilotage par l’évaluation. Nous ne pouvons accepter de tels reculs.
Nos organisations refusent la généralisation du contrôle continu et demandent le rétablissement du baccalauréat national pour la session 2022, avec des épreuves nationales, terminales et anonymes.
Nos organisations appellent la profession à se mobiliser dès la prérentrée afin d’exiger un plan d’urgence pour le service public d’Éducation. Notre École ne peut fonctionner sans moyens supplémentaires et sans personnels revalorisés et reconnus dans leurs expertises professionnelles.
Elles appellent les personnels à se réunir dès les premiers jours de la rentrée, y compris avec les parents d’élèves, pour lister les revendications et organiser les mobilisations nécessaires. Nos organisations soutiendront toutes ces actions qui doivent permettre de préparer une action nationale d’ampleur. Elles appellent les personnels à la grève le 23 septembre. Elles appelleront à poursuivre ces actions, en particulier dans le cadre d’une mobilisation interprofessionnelle.
Ce mardi 14 septembre, le syndicat Sud éducation 78 conviait ses adhérent·es et sympathisant·es du Mantois à son pot de rentrée.
Une trentaine de camarades – de l’éducation mais aussi d’autres secteurs – se sont donc retrouvé·es à la librairie La Nouvelle Réserve à Limay – qui accueille aussi notre Union syndicale Solidaires chaque mardi de 17 à 19 h.
Retrouvailles, musique, échanges, interventions (dont celle très remarquée du collectif Aesh 78 qui était invité à venir partager ce moment avec nous…) et débat autour de la sortie du livre Étincelles pédagogiques, paroles d’élèves, pratiques de profs, de notre camarade Jacqueline Triguel étaient au programme. Une rencontre qui s’est prolongée jusque très tard dans la nuit.
Prochain rendez-vous, lundi 20 septembre à partir de 18 heures pour le pot de rentrée de Versailles-Saint Quentin suivi de l’Ag de rentrée du syndicat.
De l’agitation, des heurts, des cris, des enthousiasmes, des impatiences, des émotions vives, mais aussi des découvertes, des étonnements, des doutes et des contestations : voilà ce qui se passe dans nos classes, bien loin des représentations qui voudraient que les enseignant·es fassent cours, transmettent, gardent le contrôle de séances bien programmées et que les élèves écoutent, récitent, obéissent en bougeant le moins possible. La confrontation de ces rôles, que nous attribuent l’école et la société, et des réalités de la classe crée inévitablement des étincelles. Étincelles de colère et de désarroi, étincelles de joie et de vie, mais peut-être aussi étincelles d’émancipation. Ces récits d’expériences, qui partent des paroles d’élèves, dans ce qu’elles disent et contestent de l’école, comme de la société et du monde, tentent ainsi d’illustrer la possibilité d’une autre classe et d’une autre école, de celles qui permettent l’expression de la vie et esquissent un chemin vers l’émancipation de tou·tes.
A partir de 19 h 30, à la librairie La Nouvelle Réserve (5, rue du maréchal Foch, Limay).
À l’heure où l’éducation dans l’école primaire est en danger, Sud Éducation 78 défend et protège les personnels. Dans un climat de plus en plus délétère dans lequel l’essence même du métier d’enseignant est remis en cause et bafoué, le combat reste plus que jamais une nécessité. Des directeurs d’école qui deviennent les supérieurs hiérarchiques directs, pouvant évaluer leurs collègues, une liberté pédagogique qui se lit plus comme un doux souvenir que comme un droit professionnel, des primes octroyées au mérite…
Afin que le terme de “rentabilité” n’appartienne pas au vocabulaire des professeurs, afin que l’école ne devienne pas une entreprise destinée à faire du profit, que l’idée de concurrence ne soit pas un principe professionnel, afin que notre pédagogie reste l’essence même de notre métier, restons unis et solidaires face aux pressions hiérarchiques et aux injonctions ministérielles.
Sud éducation est à vos côtés pour vous soutenir dans vos démarches, vos questions, vos combats. Adhérer à Sud Éducation c’est permettre au métier de professeur des écoles d’être et de rester celui pour lequel on s’est toujours battu. ■
Extrait de “Méfiez-vous des syndicalistes”, le journal de rentrée de Sud éducation 78
Un article du site Bastamag signé Nolwenn Weiler qui a retenu notre attention…
« On n’a pas le droit d’aller au milieu de la cour, les garçons ne veulent pas », disent souvent les filles, dès l’école élémentaire. La cour de récréation, le premier espace public que les enfants expérimentent, serait-elle aussi l’un des points de départ des inégalités de genre ? Des élus de Trappes se sont penchés sur les mécanismes à l’œuvre dans les cours d’école, où règne souvent, déjà, une répartition inégalitaire de l’espace. Pour y remédier, et faire en sorte que l’égalité et la mixité s’éprouvent au quotidien, il est possible, et même souhaitable, d’imaginer des aménagements non genrés des cours de récréation. Des alternatives existent.
Avez-vous déjà pris le temps d’observer une cour d’école à l’heure de la récréation ? Au centre, les garçons jouent au foot. À la périphérie, occupant la place qui leur reste, les filles font ce que l’on appelle leurs « petits » jeux : corde à sauter, élastique, jeux de rôles. Apparemment caricaturale, cette répartition de l’espace est pourtant une réalité dans la quasi-totalité des cours d’école en France. Quand on demande aux filles les raisons de leur éloignement du centre, les réponses sont abruptes : « On n’a pas le droit. »
Pourquoi ? « Parce que les garçons ne veulent pas. » Celles qui osent revendiquer, et tentent de négocier, s’entendent dire qu’« elles sont trop nulles ». Disqualifiées d’office, tenues de restreindre leurs mouvements [1].
« Les garçons n’osent pas jouer avec leurs copines parce qu’ils vont se faire traiter de filles »
« Au collège la plupart des filles ont capitulé, souligne Édith Maruéjouls, géographe du genre et auteure de nombreux travaux sur les inégalités dans les cours d’école [2]. Elles sont convaincues qu’elles n’ont pas les mêmes jeux, ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes sujets de conversation que les garçons. Et vice versa. »