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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Internationalisme Palestine

Travail, luttes et résistances en Palestine

Solidaires a organisé une délégation qui s’est rendue en Palestine fin janvier 2026 pour renforcer ses liens syndicaux en Cisjordanie occupée. Dans un contexte très difficile et où peu de personnes se rendent sur place, la demande de solidarité est aussi celle de liens concrets. Quatre camarades, du SNJ, de Solidaires Finances Publiques, de Sud PTT et Murielle Guilbert, co-déléguée de Solidaires, ont participé à cette délégation (un camarade de Sud Éducation a été renvoyé en France à son arrivée à l’aéroport). Sur place, la délégation a constaté, au-delà de ce que nous pouvons lire ici, la dégradation de la situation économique, le renforcement de la colonisation, les violences quotidiennes, les difficultés pour vivre et travailler ou vouloir travailler en Palestine occupée ; et pour les syndicats ce qu’implique la défense des droits des travailleur·euses, de l’emploi, des services publics dans une telle situation. Ce texte vise à témoigner des échanges et porter les demandes des syndicalistes, des travailleur·euses, des militant·es rencontré·es. C’est le sens pour Solidaires de la solidarité internationale.

Travailler sous occupation

En Cisjordanie, l’occupation est visible et ressentie partout et constamment : les drapeaux israéliens, les colonies, l’armée israélienne, les check-point, les routes barrées sont devenus le quotidien très pesant … La guerre génocidaire menée à Gaza s’est accompagnée d’une amplification des politiques coloniales et d’apartheid du gouvernement israélien en Cisjordanie.

Le coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen Orient, Ramiz Alakbarov précisait en décembre 2025 que « la progression de la colonisation a atteint son niveau le plus élevé depuis que les Nations Unies ont commencé à en assurer son suivi en 2017 » et rappelait que les colonies et les infrastructures qui leur sont associées sont « dépourvues de toute validité juridique et constituent une violation du droit international et des résolutions des Nations Unies ».

Cette expansion territoriale est couplée à un contrôle accru des déplacements du peuple palestinien. Près de 850 check-point étaient recensés par l’OCHA (le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires) sur le petit territoire qu’est la Cisjordanie.

Autant d’entraves aux déplacements auxquelles s’ajoutent des restrictions de circulation, des fermetures de points d’accès qui isolent parfois les populations pendant plusieurs jours : la Cisjordanie est devenue une véritable prison à ciel ouvert.

La violence aussi a considérablement augmenté. Celle des colons envers les Palestiniens et les Palestiniennes : attaques physiques meurtrières, oliviers incendiés, accès aux terres entravés, et même les soutiens internationaux et israéliens autrefois épargnés, sont à présent tabassés.

Celle de l’armée israélienne qui mène de plus en plus d’incursions dans les camps, entraînant le déplacement forcé de milliers de Palestinien-nes.

En 2024 le camp de Jénine a ainsi subi une attaque qui a duré 10 jours, des centaines de soldats ont détruit près de 70 % des rues, l’accès à l’eau, aux hôpitaux ont été bloqués, les communications coupées. Plus récemment, Tulkarem a été la cible de frappes, nous y avons vu des quartiers démolis, des infrastructures réduites à néant. Partout la population palestinienne est empêchée de vivre. C’est une oppression physique mais aussi mentale..tout est fait pour qu’ ils quittent leur territoire devenu un enfer quotidien.

Les arrestations et les emprisonnements se sont multipliés. L’ONG B’Tselem que nous avons rencontrée à Jérusalem a documenté les abus et les traitements inhumains infligés aux palestiniens et palestiniennes dans les prisons israéliennes. La détention administrative, qui permet d’emprisonner sans inculpation ni jugement est utilisée par les autorités qui détenaient ainsi au 1er juillet 2024, selon Amnesty international plus de 3 300 Palestinien-nes.

Enfin, les politiques d’apartheid se sont renforcées : routes séparées en Cisjordanie, services publics au rabais, tribunaux différents, suspension des droits civils fondamentaux, confiscations de terres…

Ces actions et politiques d’annexion menées par le gouvernement israélien sont des violations du droit international. Elles ont évidemment des incidences sur les travailleurs et les travailleuses.

Plusieurs organisations nous ont raconté que depuis le 7 octobre, les travailleurs sont de plus en plus victimes de violences et de harcèlement. Au travail mais aussi en dehors. Aller et repartir du travail est devenu dangereux, les routes ne sont pas sûres, la violence des colons est partout. Celle-ci atteint son paroxysme quand des travailleurs et des travailleuses, dont les permis de travail ont été retirés par le gouvernement israélien après le 7 octobre , tentent, au péril de leur vie, de passer le mur pour travailler, même illégalement et subvenir aux besoins de leur famille. Ils risquent leur vie en franchissant le mur, et plusieurs d’entre eux sont tués ou gravement blessés.

Le 8 février, le gouvernement israélien a pris de nouvelles mesures visant à développer encore les colonies en Cisjordanie. Le ministre Smotrich a déclaré : “Nous renforçons notre emprise sur le terrain et mettons fin à l’idée de la création d’un Etat terroriste arabe au cœur du pays”.

Encadré : Depuis de nombreuses années, notre organisation syndicale a créé des liens avec le syndicat des postiers, le Palestinian Postal Service Workers Union ( PPSWU). Une visite à la Poste de Bethléem a été l’occasion de discuter des problématiques liées au courrier en Palestine, car ici tout est politique, même la Poste ! Comme tout le reste, Israël contrôle le courrier qu’il rentre ou qu’il parte du territoire palestinien. Les colis sont ouverts, les lettres lues et le temps d’acheminement est décuplé quand les missives arrivent à destination. En 2018, des milliers de plis, plus de 10 tonnes, sont arrivées en Cisjordanie, débloquées par Israël qui les retenait sans raisons précises depuis 8 ans ! En 2019, l’Union Postale Universelle a agrégé le service postal palestinien à la communauté postale mondiale. Concrètement, on peut maintenant écrire « Palestine » sur une enveloppe envoyée depuis l’étranger à la place de « Cisjordanie via Israël ».

Lutter pour les droits au travail dans une économie dévastée et un pays en guerre

Depuis le 7 octobre 2023, l’essentiel des permis de travail qui permettent aux Palestinien·nes de Cisjordanie de travailler en Israël ont été supprimés. C’est autant de ressources financières qui ne reviennent pas dans le territoire. Des milliers de personnes sont sans travail et sans revenus. Certains désespérés n’hésitent pas à sauter par-dessus le mur pour entrer illégalement en Israël. De l’autre côté du mur, Israël fait appel à des travailleur·euses migrant·es, notamment en provenance d’Asie, pour les remplacer, recrutant à la carte et par nationalité selon les postes de travail. Dans les colonies, où règne le travail au noir, il a aussi été considérablement réduit.

Le blocage par Israël des fonds liés aux taxes de TVA pèse lourdement sur les finances de l’Autorité palestinienne qui ne peut du coup pas payer intégralement les travailleur·euses de l’Etat et des services publics, ces fonds représentant 68% du budget. L’Union européenne a débloqué des fonds de 1,6 milliard d’euros pour Gaza et la Cisjordanie occupée sur 3 ans, alors que les besoins de financement sont estimés entre 9 et 12,5 milliards d’euros. Cela contribue aussi à faire fonctionner l’économie au ralenti.

Les enseignant·es, les postier·ères ne travaillent que trois jours par semaine. Selon les statuts, certain·es sont payé·es sur la base de ces trois jours, d’autres se sont plaint·es de ne pas être payé·es depuis trois mois, d’autres signalent des paiements environ tous les 40 jours: absence totale de salaire (il n’y a pas d’allocations chômage), salaires réduits, etc. Les prix, quant à eux, sont élevés, l’essentiel des biens provenant d’Israël.

Les obstacles aux mobilités des Palestinien·nes par les check-points et barrages, par les attaques de colons qui se font aussi dans les zones industrielles rendent les trajets pour se rendre au travail difficiles. Les horaires sont aléatoires, les journées aussi.

De nombreux employeurs imposent des temps partiels ou des départs sans compensation, suppriment les droits existants. Les syndicats ont des pôles juridiques. Ils ont recours aux tribunaux, mais sans tribunaux spécifiques du travail, les procès s’agrègent aux autres procès civils et durent donc des années. Les syndicats réclament la mise en place d’une justice du travail et interviennent directement pour faire pression sur les employeurs.

Autre enjeu : celui du salaire minimum. Son niveau en Palestine est de 1 880 shekels (contre 6 000 en Israël avec des prix quasi identiques). Il est inférieur au seuil de pauvreté et n’est pas appliqué partout. Ainsi, de nombreux secteurs revendiquent son application, y compris contre la pratique de certains employeurs de faire attester de façon mensongère par les salarié·es qu’ils et elles sont bien payé·es au salaire minimum. Les secteurs féminisés comme les jardins d’enfants sont particulièrement concernés.

Pour les syndicats, cette situation est très difficile. Comment agir pour que l’emploi se développe dans un contexte d’économie coloniale et où Israël mène une guerre sur tous les plans ? Comment défendre les travailleur·euses dans de telles situations ? Ils agissent pourtant et sont devenus des points d’ ancrage où le collectif est une forme de résistance. Ils interviennent aussi par la distribution de paniers-repas dès qu’ils en ont les moyens.

Encadré : En 2024, selon la CNUCED (Agence de l’ONU), « 80 % des entreprises de la vieille ville de Jérusalem-Est ont partiellement ou totalement cessé leurs activités ». Et en Cisjordanie occupée : « au total, 306 000 emplois ont été perdus, faisant passer le taux de chômage en Cisjordanie occupée de 12,9 % avant le conflit à 32 %. Ces pertes d’emploi ont entraîné une perte de revenu journalier estimée à 25,5 millions de dollars, érodant gravement la résistance économique des ménages palestiniens et exacerbant les difficultés sociales. »

Encadré : Du syndicat des journalistes (PJS) : À Jérusalem Est et en Cisjordanie occupée, les journalistes ont documenté plus de 2 000 attaques contre des confrères et consoeurs, soit 3 attaques par jour. Principalement à Gaza depuis le 7 octobre, il y a eu 234 tué·es, 541 blessé·es et 200 journalistes arrêté·es et emprisonné·es dans des conditions très dures ( très peu de nourriture, pas d’hygiène, des tortures, des disparus). 500 membres des familles ont été tué·es. « Who is daddy » est une application israélienne à base d’Intelligence artificielle qui géolocalise les personnes et les tue avec leur famille. Elle a été utilisée contre des journalistes. Aujourd’hui, le syndicat PJS veut reconstruire la profession en intégrant les personnes ayant travaillé en free-lance et qui n’ont pas de salaire, reconstruire les métiers de demain, avec toutes ces nouvelles compétences.

Cette délégation nous a permis de mettre les mots de nos camarades palestinien-nes sur une réalité catastrophique. Dans le monde du travail, les Palestiniens et les Palestiniennes articulent la lutte pour les droits au travail et leur combat contre l’occupation et la colonisation.

Quand ils et elles parlent de leur situation quotidienne, les syndicalistes évoquent une lente asphyxie, un génocide en silence et une communauté internationale qui laisse agir le gouvernement israélien en toute impunité. Ils et elles mettent en avant, face à ce silence assourdissant, la campagne BDS, Boycott, Désinvestissements, Sanctions.

Oui, la question palestinienne est une question syndicale, parce que les entreprises dans lesquelles nous travaillons, les universités que nous fréquentons sont parfois liées à l’économie israélienne. Et dans un contexte où les gouvernements ne prennent aucune sanction contre un pays qui bafoue toutes les règles internationales, commet un génocide, agit au-delà de toute morale, notre devoir est de faire pression depuis nos lieux de travail, de refuser que les travailleurs et les travailleuses participent, d’une quelconque manière que ce soit à ces violations du droit international.

Pour l’union syndicale Solidaires, le droit international doit être appliqué, et cela nécessite :

le droit au retour des réfugiés

la fin de la colonisation et la fin de l’occupation

la fin des politiques d’apartheid

De reconnaître l’illégalité de la construction du Mur de séparation (avis consultatif de la Cour Internationale de Justice) et du blocus inhumain sur Gaza depuis plus de 15 ans

Parce que notre syndicalisme est internationaliste, en Palestine, comme ailleurs, nous revendiquons le droit à l’autodétermination. Le peuple Palestinien nous montre la voie, celle de ne jamais baisser les bras, celle de continuer à se relever et à s’organiser, celle de garder espoir d’un monde meilleur. A ses côtés nous continuerons et nous amplifierons notre participation syndicale dans les campagnes BDS et Stop Arming Israel.

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Internationalisme Palestine Podcast

Émission Twitch le 24 février : Retour de la délégation de Solidaires en Palestine : travail, luttes et résistances.

24 février 2026 de 18:00 à 21:00

https://www.twitch.tv/syndicat

Nouvelle émission du Mégaphone mardi 24 février 2026 à partir de 18h sur la chaine Twitch de l’Union syndicale Solidaires : https://www.twitch.tv/syndicatsolidaires

Retour de la délégation de Solidaires en Palestine : travail, luttes et résistances.

Murielle (Co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires), Linda (Solidaires Finances Publiques), Verveine (SUD PTT) et Emmanuel (SNJ), faisaient partie de la délégation de l’Union syndicale Solidaires qui vient de rentrer de Palestine.
Elles et il nous feront par des échanges qu’iels ont eu avec le peuple palestinien et les travailleurs et travailleuses qui vivent en Cisjordanie occupée. Travail, luttes et résistances.
On vous attend nombreux et nombreuses mardi 24 février pour discuter en ligne avec elleux.

Abonnez-vous à notre chaîne si ce n’est pas déjà fait.

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antifascisme Internationalisme

Liberté pour les antifascistes!

Publié le 10 février 2026

Le 4 février 2026, le gouvernement d’Orbán a tranché.
Après un simulacre de justice, le verdict est tombé après seulement trente minutes de délibération, Maja est condamnée à 8 ans de prison, Gabriele à 7 ans et Anna à 2 ans.
Tou·te·s sont condamné·es pour « participation à une organisation criminelle », un chef d’accusation utilisé pour criminaliser leur engagement antifasciste et leur action contre des groupes néonazis réunis lors du Day of Honour à Budapest.

D’autres militant·es restent poursuivi·es. Ilaria échappe provisoirement à la prison uniquement grâce à son immunité parlementaire.

Deux camarades sont maintenant en danger immédiat. Le 18 février 2026, Gino passera devant le tribunal à Paris. La justice française devra décider s’il peut être extradé vers l’Allemagne sur la base d’un mandat d’arrêt européen s’appuyant sur des éléments transmis par la Hongrie. Le même jour, Zaïd aura le résultat de son audience sur sa remise à la Hongrie où l’État de droit est piétiné et où les antifascistes sont traités comme des terroristes.

Partout la même stratégie est à l’œuvre. Criminaliser l’antifascisme et banaliser les néonazis. De la Hongrie d’Orbán à l’Italie de Meloni, de l’Allemagne à la France, jusqu’aux États-Unis de Trump où « l’antifa » a été désigné comme ennemi intérieur, la stratégie est la même criminaliser celles et ceux qui résistent à l’extrême droite en les présentant comme des «extrémistes violents » pendant que les fascistes défilent librement.

Nous refusons que l’Union européenne ferme les yeux sur la dérive autoritaire de ses États membres. Nous refusons que des militant·es antifascistes soient livré·es à des régimes qui piétinent les libertés fondamentales. Nous refusons que la solidarité devienne un crime.

En tant que syndicalistes, nous affirmons que l’antifascisme, loin d’être un délit, est une nécessité. Nous appelons à la mobilisation dans les syndicats, les collectifs et partout où la lutte antifasciste s’organise.

Liberté pour tou·te·s les militant·es antifascistes !
Non à la répression politique !
Solidarité antifasciste internationale !

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Internationalisme Palestine

L’Union syndicale Solidaires en Palestine

Une délégation de l’Union syndicale Solidaires composée de 5 militant·es, dont Murielle Guilbert codéléguée générale, s’est rendue en Palestine où elle a passé dix jours. Un de nos camarades n’a cependant pas pu entrer sur le territoire israélien à la sortie de l’avion et a été expulsé après rétention pour son “activisme”.

Dans un contexte d’accélération de la colonisation et de l’occupation généralisée, qui rend la vie des palestinien·nes impossible, la délégation a rencontré des travailleur·euses, plus d’une quinzaine de syndicats et associations de la société civile en Cisjordanie occupée. Elle a constaté avec effroi la dégradation considérable des conditions de vie des travailleur·euses, empêché·es de travailler en Israël depuis le 7 octobre 2023. Les salaires dans le secteur public, quand ils existent, sont amputés en raison des blocages des fonds dus à l’Autorité Palestinienne par le gouvernement israélien.

Dans le même temps, les Palestiniens et les Palestiniennes subissent des restrictions de déplacement dues à l’augmentation du nombre des checkpoints et des barrages, ce qui rend les horaires ou les journées de travail aléatoires.

En dépit de cette situation à laquelle s’ajoutent les attaques des colons, celles de l’armée israélienne contre les camps de réfugié·es, les emprisonnements et la torture répétés, la délégation a constaté la très forte volonté de continuer à lutter pour vivre et être libre et la très forte demande de liens extérieurs et de solidarité. Les syndicats et collectifs jouent un rôle d’amortisseur social et de résistance majeur dans ce contexte.

A Gaza, où la délégation n’a pu se rendre car la zone est toujours inaccessible, des journalistes continuent, dans des conditions précaires, à informer l’opinion des opérations d’extermination menées par le gouvernement israélien.

L’Union syndicale Solidaires portera la voix des travailleur·euses palestinien·nes dans les prochaines semaines en témoignant des échanges sur place. Nous renforcerons notre engagement syndical au sein de nos lieux de travail, contre les liens entre les entreprises, l’Etat français et l’occupation, ainsi que dans les campagnes Boycott, Désinvestissement et Sanctions et Stop Arming Israël. Enfin, nous continuerons à agir à travers notre réseau syndical international de solidarité et de lutte (RSISL).

Notre syndicalisme est internationaliste et solidaire du droit des peuples à disposer d’eux même.

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antifascisme antiracisme Internationalisme Répression Violences policières

Minneapolis : mobilisation syndicale anti-raciste

Réseau Syndical International de Solidarité et de Luttes

Suite au double meurtre de la  milice-police anti-immigrés à Minneapolis, Kieran Knutson, président du syndicat CWA 7250 a bien voulu répondre à nos questions notamment sur la mobilisation du mouvement syndical. Le syndicat CWA a été fondé en 1938 représente des travailleurs aux États-Unis, à Porto Rico et au Canada dans les domaines des communications et de l’information, ainsi que dans les médias, le transport aérien, la télévision (hertzienne et câblée), les services publics, l’enseignement supérieur, la santé, l’industrie manufacturière, les hautes technologies et bien d’autres secteurs. 700 000 travailleurs en sont membre dans les secteurs privé et public.

Quelle est la situation à Minneapolis concernant les migrant·es et la répression organisée par l’ICE ? Quelles mobilisations ou actions syndicales sont organisées ?

La situation des travailleur·euses migrant·es est critique. Trois mille agents de l’ICE et d’autres agents fédéraux ratissent la région métropolitaine de Minneapolis-St. Paul et l’État du Minnesota. Des milliers de travailleur·euses immigré·es ont été arrêté·es et envoyé·es dans des centres de détention dans d’autres États avant d’être expulsé·es du pays. Beaucoup ont été brutalisé·es. Au moins un homme, un ressortissant nicaraguayen, qui avait été enlevé à Minneapolis, est décédé dans un camp de détention fédéral au Texas. De très nombreux travailleur·euses latino-américains vivent pratiquement dans la clandestinité, ne quittant pas du tout leur domicile. Un Vénézuélien travaillant pour Door-Dash (un service de livraison basé sur une application) a été poursuivi par l’ICE, puis blessé par balle à la jambe alors qu’il s’enfuyait chez lui. Des travailleurs ont été agressés par l’ICE alors qu’ils sortaient les poubelles sur leurs lieux de travail. Un quartier scolaire populaire a signalé que l’ICE avait commencé à utiliser des enfants comme « appâts » pour piéger et enlever leurs parents (et souvent les enfants aussi !). La communauté somalienne, dont la grande majorité a un statut légal et dont la plupart sont désormais citoyens, a également été diabolisée et spécifiquement ciblée par la police fédérale. Plusieurs membres de syndicats ont été déportés, dont plus de 20 membres du SEIU 26 (concierges et agents de sécurité) et, cette semaine, 10 membres du HERE (employés d’hôtels et du secteur hôtelier) ont été déportés alors qu’ils-elles étaient à leur poste à l’aéroport. Trois membres du CWA, appartenant à des sections locales partenaires et non à la nôtre, ont également été déportés. De même pour deux travailleurs originaires du Laos qui vivaient aux États-Unis depuis 50 ans et travaillaient à l’usine New Flyer de St Cloud, dans le Minnesota, depuis 20 ans. Et un collègue mexicain qui était membre du syndicat Newspaper Guild, affilié au CWA, et travaillait dans une organisation locale à but non lucratif.

Quelle est la position de votre syndicat, le CWA 7250, et du mouvement syndical face à ces mesures répressives ?

Notre section locale ne compte pas beaucoup de membres immigrés, mais certains de nos membres ont un statut légal et d’autres ont des parents immigrés. Cependant, notre section locale croit fermement au principe « UNE BLESSURE POUR UN EST UNE BLESSURE POUR TOUS » [vieux mot d’ordre du mouvement ouvrier américain]. Nous avons donc sensibilisé nos membres à leurs droits légaux, soutenu les actions et les déclarations anti-ICE dans les villes jumelles [Minneapolis–Saint Paul], et soutenu et organisé la « Journée de la vérité et de la liberté – PAS DE TRAVAIL – PAS D’ÉCOLE – PAS DE SHOPPING ». Nous avons mobilisé la majorité de nos membres pour qu’ils ne se rendent pas au travail le 23 janvier : un centre d’assurances a été complètement fermé (300 travailleurs) ; un centre d’appels a enregistré 86 % d’absents ; la majorité des travailleurs de 20 magasins de détail, que nous représentons, ont participé. Nous avons incité nos membres à participer à des actions de rue et certains de nos membres participent à des groupes de réaction rapide anti-ICE dans leur quartier. Une de nos membres a récemment été violemment agressée alors qu’elle faisait partie d’un groupe de réaction rapide de son quartier qui affrontait l’ICE lors d’un enlèvement près de son domicile.

Le 23 janvier, une manifestation de grande ampleur a été organisée sous le slogan « PAS DE TRAVAIL, PAS D’ÉCOLE, PAS DE SHOPPING ». Comment cela s’est-il déroulé ?

Ce fut un immense succès : des dizaines de milliers de travailleur·euses ont débrayé et jusqu’à 100 000 personnes ont défilé par une température de -20 °C. Plus tôt dans la journée, une grande action menée par des travailleur·euses et des membres du clergé a temporairement fermé l’aéroport international MSP, tandis que des militant·es ont bloqué le siège de l’ICE. À la suite de cela, dans ce qui semble être un acte de représailles évident, un infirmier syndiqué de l’hôpital des anciens combattants [Alex Pretti] a été exécutée en plein jour alors qu’elle filmait l’ICE à Minneapolis. Cet événement fait suite au meurtre similaire d’une mère au foyer homosexuelle [Renee Good] dans sa voiture alors qu’elle manifestait contre l’ICE, et, comme mentionné précédemment, à l’enlèvement d’un employé de restaurant nicaraguayen par l’ICE à Minneapolis, qui a été envoyé au Texas où il est décédé dans un camp de détention. Les syndicats, les groupes communautaires et les militants radicaux discutent des prochaines étapes, avec une manifestation massive et deux grandes meetings sont prévus aujourd’hui.

Vidéo d’entretien (en anglais) avec Kieran Knutson, président du syndicat CWA 7250

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Internationalisme

TRIBUNE « Appel à défendre le Rojava en Syrie »

Publié le 26 janvier 2026

Cette tribune collective a été signée par plus de 400 personnalités politiques, associatives, syndicales, culturelles et universitaires et a été publiée dans le Monde le lundi 26 janvier 2025.

Lire la tribune sur le Monde (réservé aux abonné·es)


Appel à défendre le Rojava en Syrie

A l’heure où le Rojava (Kurdistan de Syrie) et son projet politique subissent une attaque militaire sans précédent menée par le gouvernement de transition syrien (GTS), il est essentiel de le dire clairement : malgré ce qui est trop souvent présenté dans les discours médiatiques, ce qui se joue aujourd’hui en Syrie n’est pas un affrontement communautaire ou religieux, mais l’opposition entre deux visions et projets politiques pour l’avenir de la Syrie.

Le gouvernement du président syrien, Ahmed Al-Charaa défend une « République arabe syrienne » centraliste, antidémocratique, réprimant les droits politiques et syndicaux ainsi que ceux des femmes et des minorités religieuses et ethniques, et prépare une poudrière où l’organisation Etat islamique (EI) est déjà en train de reconstituer sa force destructrice. Les puissances occidentales soutiennent ce projet, tout en veillant à sa soumission à leurs intérêts et en sanctuarisant l’occupation israélienne dans le sud ainsi que celle de la Turquie dans le nord.

Pourtant, une autre voie existe : celle d’une Syrie décentralisée, démocratique, et accordant une place politique centrale aux femmes et aux minorités culturelles et religieuses, s’appuyant notamment sur les expériences d’émancipation menées au Rojava et dans le Nord-Est syrien par l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Aanes), ainsi que sur plus de cinquante ans de résistance aux massacres et au régime totalitaire des Al-Assad.

Depuis un an, à travers toute la Syrie, des militantes des droits des femmes, des forces progressistes, dirigeants communautaires arabes, alaouites ou encore druzes ont exprimé leur refus du projet d’Ahmed Al-Charaa, bien éloigné des aspirations premières de la révolution, et leur soutien au modèle de l’Aanes.

Ce déploiement de violence est intervenu après l’interruption brutale des négociations engagées depuis le 10 mars 2025 entre l’Aanes et ses forces armées, les FDS (Forces démocratiques syriennes) d’un côté et le gouvernement de transition syrien de l’autre. Si les représentants de l’Aanes ont réaffirmé leur attachement à l’unité du pays dans le cadre d’une Syrie décentralisée, le gouvernement n’a avancé sur aucun des points majeurs des accords préliminaires : décentralisation politique et préservation de certaines structures politiques propres, droits politiques pour les minorités, retour sécurisé des déplacés internes.

Dès le 6 janvier, les forces armées du gouvernement de transition syrien attaquaient les deux quartiers à majorité kurde d’Alep, Cheikh-Maqsoud et Achrafieh, puis lançaient une nouvelle offensive directement contre les territoires de l’Aanes. En deux semaines, plusieurs dizaines de civils ont été tués dans les attaques, des maisons et infrastructures civiles prises pour cible et des dizaines de milliers de personnes, majoritairement kurdes, déplacées de force. Plusieurs civils, des combattants et combattantes ont été assassinés de sang-froid ou décapités par les milices islamistes, en violation des lois internationales régissant la guerre.

C’est donc une guerre totale qui s’ouvre entre les forces de l’Aanes et celles du gouvernement de transition syrien. Les cantons de Kobané et de Djézireh, historiquement kurdes, sont maintenant assiégés. L’électricité, l’eau et Internet sont coupés à Kobané, mettant en péril les conditions de vie de 250 000 personnes. Des risques de nettoyage ethnique et de cycles de représailles sont extrêmement élevés. Le cessez-le-feu déclaré le 20 janvier n’a pas été respecté par le gouvernement de transition et les attaques continuent.

Les FDS ont perdu plus de 12 000 personnes dans la lutte contre l’EI et bénéficiaient jusqu’alors du soutien des Etats-Unis au titre de leur participation à la coalition internationale. Celui-ci a pris fin mardi et les FDS sont trahies une fois de plus dans l’indifférence et l’hypocrisie. Dans une déclaration, l’envoyé spécial des Etats-Unis, Tom Barrack, a transféré la responsabilité de la lutte contre l’EI au gouvernement syrien, alors même que, ces derniers jours, des centaines de prisonniers ont été remis en liberté par ses forces.

Les violences qui visent l’Aanes et les Kurdes ne sont malheureusement pas nouvelles. En mars [2025], en instrumentalisant un soulèvement d’anciens cadres du régime Assad, les forces gouvernementales ont commis des massacres contre les communautés alaouites, qui ont continué au cours de l’année. En juillet, ce sont les communautés druzes qui ont été la cible d’attaques violentes. Ces politiques et massacres à l’encontre de groupes ethniques et religieux pourraient constituer des crimes contre l’humanité au regard du droit international.

Dans le même temps, Al-Charaa a annoncé l’intégration de combattants djihadistes dans l’armée régulière. Autant de faits qui révèlent l’instabilité et les véritables intentions politiques de ce gouvernement de transition, dans un pays ravagé où les habitants aspirent pourtant à vivre, ensemble, en paix.

Malgré ces faits, l’Union européenne vient de signer un chèque de 620 millions d’euros au gouvernement syrien pour la reconstruction du pays. Ces actes incarnent une diplomatie où les droits humains et les aspirations des peuples sont sacrifiés sur l’autel des intérêts économiques et géopolitiques. La Syrie représente une manne pétrolière, un nouveau marché pour la France et les autres puissances occidentales. C’est aussi un partenaire stratégique pour le gouvernement israélien – responsable de génocide, selon la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU –, avec lequel des accords ont été conclus à Paris début janvier sous la supervision des Etats-Unis.

Nous refusons que nos dirigeants choisissent le parti d’un pouvoir dangereux et répriment les manifestations de soutien aux Kurdes. Dans le Nord-Est syrien, la mobilisation générale a été décrétée lundi 19 janvier, et des Kurdes des quatre parties du Kurdistan affluent aujourd’hui pour soutenir le Rojava, les acquis de sa révolution ainsi que la possibilité d’une Syrie démocratique. Partout en France, nos actions parlementaires, politiques, syndicales et culturelles doivent se renforcer afin de soutenir cet espoir et la population kurde attaquée à Djézireh et Kobané.

La communauté internationale doit prendre une position ferme pour protéger les populations, défendre les droits et les territoires des Kurdes de Syrie, défendre l’autonomie des institutions civiles, politiques et militaires de l’Aanes, le retour de tous les déplacés dans les régions occupées par les milices soutenues par la Turquie, ainsi que la coexistence pacifique et l’autodétermination de tous les peuples qui composent la Syrie. L’ONU et les Etats membres doivent garantir le maintien d’un corridor humanitaire vers la ville de Kobanê afin d’acheminer l’aide dans les quantités nécessaires aux besoins de la population assiégée ainsi que le rétablissement de l’eau courante et de l’électricité.

Premier·es signataires

  • Gilbert Mitterrand – président de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Olivier Faure – Député de Seine et Marne
  • Gregory Doucet – Maire de Lyon
  • Jean-Luc Mélenchon – Co-président de l’Institut la Boétie
  • Marine Tondelier – Conseillère régionale des Hauts de France
  • Dylan Boutiflat –  Secrétaire international du Parti Socialiste
  • Marie Pochon – Députée de la Drôme
  • Mathilde Panot – Députée du Val-de-Marne
  • Gabriel Amard – Député du Rhône
  • Thomas Portes – Député de Seine Saint Denis 
  • Danielle Simonnet – Députée de Paris 
  • Rémi Féraud – Sénateur de Paris
  • Laurence Harribey – Sénatrice de Gironde
  • Geneviève Garrigos – Conseillère de Paris et ancienne d’Amnesty International
  • Zerrin Bataray – Avocate et conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes 
  • Hélène Conway Mouret, sénatrice des Français de l’étranger et vice présidente de la commission des affaires étrangères et de la défense nationale
  • Cyrielle Chatelain – Députée de l’Isère et Présidente du groupe Ecologiste et Social à l’Assemblée nationale 
  • Noel Mamère – Ancien député européen et maire de Bègles 
  • Antoine Back – Adjoint au Maire de Grenoble
  • Pascal Troadec – Adjoint au maire de Grigny
  • Anna Pic – députée de la Manche et présidente du groupe PS à l’international
  • Laetitia Hamot – Maire de La Crèche
  • Michael Löwy – Directeur de recherche émérite au CNRS 
  • Barbara Glowczewski – Directrice de recherche émérite au CNRS
  • Pierre Dardot – Philosophe 
  • Ugo Palheta – sociologue, maître de conférences à l’Université de Lille
  • Laurent Jeanpierre – politiste, professeur à l’Université Paris 1
  • Laurence De Cock – Historienne
  • Geneviève Azam – économiste, membre du Conseil d’Administration de la fondation Danielle Mitterrand
  • Olivier Grojean – Maître de conférences, Université de Paris 1
  • Hamit Bozarslan – Directeur d’études à l’EHESS
  • Engin Sustam – Maître de conférences, Université de Paris 8  
  • Alain Damasio – Ecrivain 
  • Erik Orsenna – Ecrivain et Académicien français 
  • Titi Robin – Artiste musicien
  • Alessandro Pignocchi – Auteur de bande dessinée 
  • Elise Thiébaut – Autrice et journaliste
  • Laurence Thiriat – Réalisatrice 
  • Corinne Morel-Darleux – Autrice et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Olivier Rabourdin – Acteur 
  • Guillaume Meurice – Humoriste et chroniqueur Radio 
  • Audrey Vernon – Humoriste et comédienne
  • Peggy Pascal – coprésidente du groupe URD (Urgence Réhabilitation Développement) et la directrice générale Véronique de Geoffroy
  • Céline Méresse – Présidente du CRID 
  • Anne Feray et François Sauterey – co-président·e du MRAP
  • Tony Rublon – Président des Amitiés Kurdes de Bretagne 
  • Chloé Gerbier – Juriste à Terres de Luttes 
  • Murat Okundu – Porte-Parole de People’s Bridge 
  • Eric Buchet – Président Experts Solidaires
  • Gustavah Massiah – fondateur du CEDETIM, ancien vice président d’ATTAC
  • Aissa Rahmoune – Secrétaire Général de la FIDH
  • Roseline Kisa, Pascal Torre, co-président·e de France Kurdistan et Sylvie Jan cofondatrice
  • Les Soulèvements de la Terre

Liste intégral des signataires

  • Achille de Genestoux – Trésorier de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Adel Tincelin –Auteur 
  • Adnan Çelik – MCF/EHESS 
  • Admad Shahi – Etudiant Lyon 2
  • Aissa Rahmoune – Secrétaire Général de la FIDH 
  • Alain Damasio – Ecrivain
  • Alessandro Pignocchi – Auteur de BD 
  • Alexandre Gondran – enseignant-chercheur, Université de Toulouse 
  • Alexandre Koroglu – Président de l’Association Rojasor – Soleil Rouge France 
  • Alexandre Faro – Avocat
  • Alexandre Gondran – Enseignant-chercheur, Université de Toulouse
  • Alexis Cukier – Philosophe 
  • Ali Ait Djoudi – Président de la Riposte Internationale
  • Alice Beriot – Anthropologue à l’EHESS 
  • Aline Pailler – Journaliste  
  • Andrée Taurinya – Députée de la 2ème circonscription de la Loire   
  • Andy Kerbrat – Député de Loire-Atlantique
  • Anna Jambon – Présidente Union Culturelle Française des Arméniens de France (UCFAF) Rhône Alpes 
  • Anna Liedtke – Porte-Parole de Zora
  • Anna Pic – Députée et président du ourpe PS à l’international  
  • Anne Feray – co-présidente MRAP 
  • Anne Partensky Leibman – Les Écologistes 
  • Annick Samouelian – Présidente de Solidarité Liberté Provence 
  • Annie Lahmer – Conseillère régionale 
  • Annie Marcelot – Maire de Pougny 
  • Antoine Back – Adjoint au Maire de Grenoble 
  • Antonella Corsani – Maître de conférences émérite Université Paris 1
  • Arnaud Le Gall – Député La France Insoumise
  • Audrey Vernon – Humoriste
  • Aurore Koechlin – Sociologue, militante féministe
  • Bahroz Ahmed – université de Sulaimani Iraq 
  • Baki Selcuk – Porte-parole du TSP (Plateforme des Voix des prisonniers)
  • Barbara Glowczewski – Directrice de recherche émérite, CNRS
  • Bassines Non Merci 79
  • Béatrice Dillies – Grand reporter et autrice d’un livre sur le génocide kurde
  • Benjamin Joyeux – Journaliste et conseiller régional d’AuRA
  • Benjamin Spano – Association Ambazada 
  • Benoît Martin  – Secrétaire général de l’UD CGT de Paris
  • Bernard Dreano – Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale CEDETIM
  • Bernard Foly – Comédien
  • Boris James – Enseignant chercheur à l’Université de Montpellier Paul-Valéry 
  • Bruno Hilton – Enseignant Université de Lorraine 
  • Bruno Poizat – Université Claude Bernard 
  • Bruno Boussagol – Metteur en scène 
  • Carine Petit – Maire 14e arrondissement de Paris 
  • Carol Mann – Sociologue et présidente de l’Association Femaid
  • Catherine Lecoq – Comédienne réalisatrice – Eclosion13 
  • Celine Menguy – Association Lhakar France
  • Celine Meresse – Présidente du CRID
  • Chantal Armagnac – Autrice 
  • Chloé Gerbier – Juriste à Terres de luttes 
  • Chloé Lebas – Docteure en science politique et ATER, Université de Lille
  • Choukri Salman – Kurdistan Diaspora Confédération (KDC)
  • Chris Den Hond – Journaliste 
  • Christian Delarue – Président CADTM France
  • Christian Heraud – LDH des Deux Sèvres 
  • Christian Laval – Sociologue
  • Christian Mahieux – Réseau syndical international de solidarité et de luttes 
  • Christian Tutin – Professeur émérite, université de Paris Est Créteil 
  • Christiane Vollaire – Philosophe 
  • Claire Touzard – Écrivaine
  • Claude Alranq – auteur metteur en scène occitan 
  • Claude Calame – Directeur d’études, EHESS, Paris 
  • Claude Frisoni – Artiste-auteur 
  • Claudie Leger – Conseillère régionale Auvergne Rhône Alpes 
  • Clément Novaro – Association Hydromondes
  • Corinne Ferrarons – Présidente de l’Association Igapo Project
  • Corinne Morel-Darleux – Écrivaine et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand 
  • Cristina Bertelli – Fondatrice de l’Université du Bien Commun
  • Cyrielle Chatelain – Députée, présidente du groupe Écologiste et Social à l’Assemblée nationale 
  • Cyril Cognéras – Partit Occitan
  • Dalma Ekin Tokel – Artiste 
  • Dana Babaie – PDKI
  • Daniel Fleury – Ex-jounaliste du magazine Kedistan
  • Daniel Friedmann – sociologue cinéaste EHESS et CNRS 
  • Daniel Guerrier – Journaliste honoraire
  • Daniel Salmon – Sénateur d’Ille-et-Vilaine 
  • Daniel Sidobre – Maître de conférences émérite 
  • Daniel Vey – Mouvement associatif
  • Danièle Piot – Présidente départemental du Mouvement de la paix des autes-Alpes
  • Danielle Simonnet – Députée APRÈS groupe écologiste et social 
  • David Deaineault – Artiste et membre du bureau de France-Kurdistan
  • Deborah Gentes – Maître de conférences, Université Paris 8
  • Delphine Petit – Collectif de solidarité avec le peuple kurde de Montpellier 
  • Denis Garreau – France Libertés Gironde
  • Denis Moulin – Association Robin du Bois
  • Didier Cujives – Maire honoraire de Paulhac
  • Dylan Boutiflat – Secrétaire international du PS 
  • Elisabeth Dau – Directrice des recherches – Fréquence Commune  
  • Elisabeth Nectoux – Amitiés Kurdes de Lyon-Auvergne -Rhône Alpes
  • Elise Thiebaut – Autrice et journaliste
  • Élodie Lebeau-Fernandez – Membre du comité de rédaction de la revue Cause commune 
  • Emilie Letouzey – Anthropologue et éditrice à la revue Terrestres
  • Emmanuel Fernandes – Député du Bas-Rhin
  • Engin Sustam – Maître de conférences Université de Paris 8
  • Éric Buchet – Président d’Experts-Solidaires 
  • Eric Fassin – Socioloue et professeur Université de Paris 8
  • Éric Fraj – Chanteur 
  • Erik Orsenna – Ecrivain et académicien  
  • Erol Ozkoray – Ecrivain 
  • Esra Asiye – co-présidente de l’AVE-KON (Confédération des Opprimés et Immigrés en Europe)
  • Etienne Martinache – IESF
  • Fabien Tarrit – Universitaire / SnesUp 
  • Farshid Dabaghi – Enseignant chercheur 
  • Fateh Morovati – Membre du PDKI
  • Fateh Foroomand – Université Paris Saclay 
  • Fatima Parret – Conseillère régionale Aura 
  • Fabrice Flipo – Philosophe 
  • Florine Garlot – Enseignante-chercheuse 
  • Franc Bardou – Ecrivain occitan
  • Francis Wurtz – Ex-parlementaire européen
  • Franck Fourn – Association Point Accueil 
  • Franck Gaudichaud – Unviersitaire, revue Contretemps
  • Franck Monasse – Secrétaire départemental PCF Haute-Marne 
  • François Sauterey – Coprésident du MRAP 
  • François Alfonsi – Maire d’Osani
  • Françoise Schmitt – Partit Occitan 
  • Gabriel Amard – Député du Rhône 
  • Gabrielle Cathala – Députée du Val-d’Oise 
  • Geneviève Azam – économiste et administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand 
  • Geneviève Garrigos – Conseillère de Paris, déléguée nationale PS aux populations en danger aux Droits humains et au Droit international
  • Georges Dhers – Pacte Civique
  • Georges Louis – Délégué syndical CGT Restaurant du Musée du Louvre
  • Gérard Tautil – Auteur occitaniste
  • Gérard Fenoy – Docteur en Science politique, président du Comité de Liaison Diagonal France
  • Gérard Mauger – Directeur de recherches émérite CNRS
  • Gilbert Mitterrand – Président de la Fondation Danielle Mitterrand  
  • Gilles Lemée – Amitiés Kurdes Lyon-Rhône-Alpes
  • Gilles Gourc – CNT-SO
  • Graziella Brunetti – Maire 
  • Grégory Doucet – Maire de Lyon
  • Guillaume Meurice – Humoriste et chroniqueur Radio 
  • Gulustan Kilinc – Avocate
  • Gustave Massiah – CEDETIM 
  • Guy Tuscher – Conseiller municipal de Grenoble 2014-2020
  • Halima Chikhabdi – Manifestation pour Rojava
  • Halima Delimi – Présidente Du Monde Suisse 
  • Hamit Bozarslan – Directeur d’études à l’EHESS 
  • Hardy Mede – Enseignant-chercheur
  • Haud Guéguen – Maître de conférences pilosopie CNAM
  • Hélène Conway Mouret – Sénatrice et vice-présidente de la Commission des affaires étrangères et de la défense nationale 
  • Hendrik Davi – Député de l’APRES, groupe écologiste et social 
  • Henri Saint-Jean – Secrétaire Général du Secours Populaire de Viviers 
  • Hervé Guiol – Enseignant-chercheur
  • Isabelle Fakra – Autrice 
  • Isabelle Garo – Philosophe 
  • Isabelle Métral-Beck – Aiak
  • Isabelle Starkier – metteuse en scène et maîtresse de conférences 
  • Jabir Mahmoud – Parlement des exilés, député
  • Jacme Gaudas – Association Carrefour Castan 
  • Jacqueline Madrelle – Vice-présidente de la Fondation Danielle Mitterrand et Présidente de France Libertés Gironde
  • Jacqueline Madrennes – Conseillère métropolitaine
  • Jacques Boutault – Maire adjoint Paris Centre 
  • Janette Habel – Politiste
  • Jean-François Caparroy – Musicien
  • Jean-Luc Mélenchon – Co-président de l’Institut la Boétie
  • Jean-Françis Billion – Chercheur, président de l’Association éditoriale « Presse fédéraliste »
  • Jean-François Coulomme – Député de la Savoie
  • Jean-Luc Gautero – Maître de conférences émérite, Université Côte d’Azur
  • Jean-Paul Scot – Historien 
  • Jean-Vincent Jéhanno – L’APRES 69 
  • Jean-Yves Lissonet – Acteur
  • Jérôme Baschet – Historien    
  • Jérôme Buresi – Enseignant-chercheur 
  • Jérôme Gleizes – Conseiller de Paris 
  • Joel Dutto – Conseiller Général Honoraire des Bouches des Rhônes 
  • Jonathan Lobos – Metteur en scène 
  • José Brochier – Make Rojava Green Again 
  • Julia Oktay – Amitiés Kurdes de Bretagne
  • Julie Ferrua – Co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires
  • Juliette Decoster – Présidente de Sherpa
  • Juliette Duclos-Valois – Anthropologue 
  • Katia Bourdin – Conseillère régionale 
  • Katia Yakoubi – CEN Après BDR 
  • Khadija Toufik – Journaliste
  • Khaman Asaad – Administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Laetitia Hamot – Maire de la Crèche
  • Laura Odasso – Maîtresse de conférences, Université de Paris 8
  • Laura Drompt – Siembra Resistencia
  • Laurence Boffet – Vice-présidente Métropole de Lyon, conseillère d’arrondissement Lyon 1er 
  • Laurence De Cock – Historienne 
  • Laurence Harribey – Sénatrice de Gironde 
  • Laurence Thiriat – Réalisatrice 
  • Laurent Duarte – La Cause
  • Laurent Jeanpierre – Politiste, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Laurie Lassale – Réalisatrice
  • Leïla Chaix – Artiste
  • Lucie Etonno – Membre du bureau politique Les Ecologistes
  • Ludovic Herbepin – Les Ecologistes du Nord Isère 
  • Lydie Massard – Porte-parole de l’Union Démocratique Bretonne , ancienne députée européenne
  • Manon Aubel – Réalisatrice
  • Manon Aubry – Députée européenne
  • Marco Candore – Comédien
  • Maria Wuillemin – Colectivo Jaguar
  • Marianne Maximi – Députée du Puy de Dôme
  • Mariano Bona – Association iséroise des Amis·es des Kurdes
  • Marie Cohuet – Présidente des Amis de la Terre France              
  • Marie Coquille-Chambel – Doctorante , co-fondatrice de MeTooThéâtre
  • Marie Didier – Écrivain 
  • Marie Mesmeur – Députée de la première circonscription d’Ile-et-Vilaine 
  • Marie Pochon – Députée de la Drôme 
  • Marie-Claude Charpentier – Association Les Oinoleboso de Yutz
  • Marie-Claude Durand – Conseillère Lyon 8
  • Marine Tondelier – Conseillère régionale des Hauts de France
  • Marion Dualé – Doctorante à l’EHESS
  • Martin Givors – Enseignant-chercheur
  • Martine Boudet – Membre du comité éditorial revue Les Possibles – Attac France
  • Martine Billard – Ancienne députée France Insoumise
  • Martine Garrigou – Maire adjointe Créteil
  • Maryse Martinez – Co-présidente MRAP 66
  • Mathieu Bellahsen – Auteur, psychiatre et lanceur d’alerte
  • Mathieu Rigouste – Sociologue et réalisateur
  • Mathieu Garabedian – Ancien adjoint au maire Villeurbanne
  • Mathilde Panot – Députée du Val-de-Marne 
  • Mehmet Tayfur – Chercheur
  • Michael Lowy – Directeur de recherches émérite CNRS 
  • Michel Antony – Historien et membre de l’Association d’Études Fouriéristes
  • Michel Mathieu – Metteur en scène 
  • Milo Peray – Soulèvement des volcans 
  • Milos Ivan – Porte-parole de Young Struggle
  • Mireille Bruyere – Économiste 
  • Mireille Court – Journaliste 
  • Mohamed Latrèche – Président du MRAP 26
  • Mouhieddine Cherbib – Président du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie
  • Murat Okundu – Porte-parole de People’s Bridge 
  • Mustapha Kisa – Centre Culturel Mésopotamie 
  • Myriam Estrade – Professeur de philosophie
  • Naz Oke – Artiste et journaliste
  • Nils Andersson – Ancien éditeur 
  • Noël Mamère – Ancien député européen et maire de Bègles  
  • Noura Elouardi – Déléguée Générale du CRID 
  • Nurcan Kaya – Artiste sculpteur
  • (L’) Offensive
  • Olga Otero – Universitaire
  • Olivier Faure –  Député de Seine et Marne
  • Olivier Gluck – Adjoint au maire de Villeurbanne 
  • Olivier Grojean – Maître de conférences en science politique à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne 
  • Olivier Rabourdin – Acteur 
  • Olivier Weber – Ecrivain 
  • Ombelyne Dagicour – Adjointe Démocratie locale à la ville de Poitiers
  • Özgür Sevgi Göral – Maîtresse de conférences 
  • Pascal Boissel – Union syndicale de la psychiatrie et membre de la gauche écosocialiste 
  • Pascal Ducournau – Professeur des universités à l’université Marie et Louis Pasteur
  • Pascal Torre – Co-président de France Kurdistan 
  • Pascal Troadec – Adjoint au Maire de Grigny  
  • Pascale Bonniel Chalier – conseillère régionale AuRA 
  • Pascale Martin – Secrétaire nationale de L’APRÈS, ancienne députée et administratrice de France Kurdistan
  • Pascale Mitterrand – Administratrice de la Fondation Danielle Mitterrand
  • Patrick Farbiaz – Fondation Copernic 
  • Patrick Vassort – Professeur des Universités 
  • Patrick Vergain – LDH 
  • Paul Guillibert – Philosophe CNRS
  • Paula Cossart – Maître de conférences en sociologie
  • Pedro Vianna – Poète, homme de théâtre, enseignant-chercheur
  • Peggy Pascal – Co-présidente du groupe Urgence Réhabilitation Développement (URD) 
  • Philippe Caldero – Enseignant chercheur université Lyon 
  • Philippe Prieto – Conseiller municipal de Lyon 
  • Philippe Sultan – Membre de la Fondation Copernic 
  • Philippe Véniel – Membre de la Boisselière 
  • Pierre Bance – Auteur de La Fascinante démocratie du Rojava
  • Pierre Dardot – Philosophe 
  • Pierre Khalfa – Economiste et membre de la Fondation Copernic
  • Pierre Serne – Conseiller municipal de Montreuil et administrateur honoraire de la Fondation Danielle Mitterrand 
  • Pinar Selek – Sociologue, écrivaine      
  • Pouria Amirshahi – député de Paris 
  • Raphaëlle Remy-Leleu – Conseillère de Paris, militante écoféministe 
  • Rémi Bénos – Géographe INUC, université de Toulouse 
  • Rémi Carcélès – Enseignant-chercheur, Université Jean Moulin Lyon 3, Laboratoire Mesopolhis 
  • Rémi Féraud – Sénateur de Paris 
  • Renaud Daumas – Conseiller régional d’Auvergne Rhône Alpes 
  • Renée Le Mignot – Présidente honoraire du MRAP 
  • Richard Neuville – Réseau coopératif de gauche alternative 
  • Richard Sadok – Président de l’Association Un Jour pour la Paix à Embrun 
  • Roger Martelli – Historien et membre du Magazine Regards
  • Romain Huet – Université Rennes 2 
  • Roseline Kisa – Co-présidente de France Kurdistan 
  • Roxane Schultz – Vivant en lutte 
  • Sabahattin Kayhan – Enseignant universitaire à l’INALCO
  • Salah Amokrane – Militant pour l’égalité Toulouse 
  • Salih Akin – Professeur des Universités, Université de Rouen-Normandie 
  • Salih Azad – CDKM Marseille 
  • Salla Lintonen -Actrice 
  • Sandra Regol – Députée du Bas-Rhin 
  • Sandrine Nosbé – Députée de l’Isère
  • Savas Ergul – Universitaire
  • Serigne Sarr – Président/ Association pour la défense des droits à l’eau et à l’assainissement 
  • Shakiba Dawod – Présidente association le Cercle Persan
  • Simone Molina – Ecrivain 
  • Sixtine Van Outryve – Chercheuse post-doctorale en théorie de la démocratie
  • Songul Tatar – Porte-parole du SKB (Union des Femmes Socialistes)
  • Sonia Fayman – UJFP 
  • Sophia Chikirou – Députée de Paris
  • Sophie Gosselin – Philosophe
  • Les Soulèvements de la Terre
  • Stéphane Douailler – Professeur émérite de philosophie à l’Université Paris 8 
  • Stépanie Friedli – Grève Féministe Genève
  • Sylvain Robin – Co-secrétaire des Écologistes Poitiers Sud Vienne 
  • Sylvie Ferrer – Députée des Hautes Pyrénées
  • Sylvie Jan – Co-fondatrice de France-Kurdistan
  • Sylvie Nony – Chercheuse 
  • Thierry Machard – Réalisateur et berger
  • Thomas Portes – Député de Seine Saint-Denis
  • Thomas Simon – Fréquence Commune
  • Thomas Sommer – Syndicaliste 
  • Titi Robin – Artiste 
  • Tom Preel – Doctorant, université de Paris 1 Panthéon Sorbonne
  • Tony Rublon – Président Amitiés kurdes de Bretagne 
  • Tuna Altinel – Université Lyon 1 
  • Ugo Palheta – Sociologue, maître de conférence à l’Université de Lille
  • Umit Dogan – Parlement des Exilés 
  • Umit Metin – Coordinateur de l’Assemblée citoyenne des Originaires de Turquie (ARCOT) 
  • Valentin Pivert – Association Madera
  • Valérie Dubillard – Association Eris 
  • Véronique De Geoffroy – Directrice générale du groupe URD
  • Vincent d’Eaubonne – Dégoupilleur de matrimoine
  • Zehra Dogan – Artiste et journaliste
  • Zelal San – Députée, Le Parlement des Exilés 
  • Zerrin Bataray – Conseillère régionale et Avocate 
  • Zozan Oztekin – Maison des citoyens du monde 
Catégories
Internationalisme Répression

Répression sanglante en Iran : Solidarité avec la population iranienne

Le 8 janvier, le régime iranien a décidé d’isoler l’Iran du reste du monde. Ce black-out lui permet ainsi de dissimuler la répression sanglante du soulèvement populaire, qui a débuté le 28 décembre 2025.

Les rares vidéos partagées sur les réseaux sociaux, parvenues avant la coupure d’Internet montrent l’ampleur des mobilisations mais également le chaos dans lequel la population est plongée. Comme d’habitude, la réponse du régime est sanglante. Ses forces répressives massacrent les manifestant·es en utilisant des armes létales et chimiques. Les provinces du Lorestan et d’Ilam, où vivent des minorités ethniques Kurde et Lors, ont été le théâtre des répressions les plus meurtrières.

De plus, de nombreuses vidéos et images présentent des familles cherchant à identifier leurs proches tué·es, devant des amoncellements de sacs mortuaires. Les corps sont rendus aux familles en échange d’aveux forcés, de cautions élevées, d’intimidations.

Le bilan de ce massacre a atteint selon Mai Sato, rapporteuse de l’ONU sur l’Iran : « des dizaines de milliers de victimes ».

Dans son dernier bilan, HRANA (Human Rights Activists News Agency) fait aussi état de l’arrestation d’au moins 41 283 personnes.

Le chef de l’autorité judiciaire iranienne a indiqué que les dossiers des manifestant·es accusé·es de violences risquent la peine capitale. Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a également exprimé son inquiétude vendredi 23 janvier, redoutant le sort qui sera réservé aux manifestant·es arrêté·es.

« Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme clé dans l’arsenal répressif des autorités iraniennes », confirme Amnesty international, dans un rapport concernant la répression du mouvement « Femme, vie, liberté ». Les violences sexuelles sont souvent accompagnées d’autres formes de torture et de mauvais traitements, notamment des passages à tabac, des flagellations, des décharges électriques, l’administration de pilules ou d’injections non identifiées.

Le 17 janvier dernier une manifestation de plus de 5 000 personnes a été organisée à Paris, à l’initiative de collectifs iraniens, de l’intersyndicale, et d’organisations féministes. Les participant·es ont dénoncé cette répression sanglante et ont exprimer leur soutien aux luttes populaires en Iran. Ils/elles dénonçaient la République islamique d’Iran et les actions menées par les monarchistes iraniens, en scandant « ni Shah, ni Mollah »

L’émancipation des iranien·nes est confrontée à une double instrumentalisation :

– Celle des forces impérialistes représentées en premier lieu par les États-Unis et Israël qui, sous prétexte de vouloir défendre les intérêts des iranien·nes, menacent d’intervenir militairement.

– D’autre part celle du fils de l’ancien Shah qui cherche à s’imposer en leader depuis son exil, et dont le projet est ultralibéral.

Le soulèvement populaire ne doit pas être confisqué par des ingérences étrangères qui ne portent pas la voix du peuple iranien.

L’Union syndicale Solidaires réitère son soutien inconditionnel à toutes formes de lutte du peuple iranien pour son émancipation.

Elle exige notamment :

la fin immédiate de la répression,

la liberté d’organisation et de manifestation,

la libération de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux,

le respect par l’Etat iranien de ses engagements internationaux en matière de droits humaines et de libertés syndicales,

l’arrêt immédiat des exécutions et l’abolition de la peine de mort,

l’abandon des projets d’intervention militaire des Etats-Unis et/ou d’Israël, que les monarchistes appellent de leurs vœux,

l’édiction de sanctions financières et pénales contre les auteurs/trices et commanditaires des violences et crimes perpétrés contre la population.

Paris, le 29 janvier 2026

Catégories
Internationalisme Luttes féministes

Soutien à la population Kurde de Syrie

Depuis la chute de Bachar Al-Assad et la prise de pouvoir par le groupe islamiste HTS et son chef Ahmed Al-Charaa, ancien dirigeant de la branche syrienne d’Al-Qaeda, les violences contre les minorités se multiplient en Syrie. Druzes, Alaouites et depuis cet été les Kurdes sont victimes d’attaques militaires menées par des combattants de groupes islamistes intégrés dans l’armée du nouveau régime syrien et soutenus également par la Turquie. La communauté internationale reste silencieuse face à ces violences et continue de soutenir le nouveau pouvoir à Damas. En effet, les pays occidentaux, et la France en premier lieu, lèvent au fur et à mesure les sanctions contre la Syrie et font pleuvoir des fonds pour la reconstruction du pays, accordant par conséquent un blanc-seing au nouveau régime malgré les exactions commises en son nom.

Le gouvernement intérimaire en Syrie a imposé un siège suffoquant aux zones sous contrôle de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie depuis le 25 septembre 2025, empêchant l’entrée de fournitures essentielles, l’aide d’urgence et l’aide médicale, et la farine.

Recrudescence des violences depuis le début d’année

Alors que la communauté kurde et ses allié·es se rassemblaient pour la commémoration des assassinats ciblés du 9 janvier 2013 et du 23 décembre 2022 à Paris contre des militant·es kurdes, les violences ont connu un pic dans les quartiers d’Alep de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh.

Les groupes armés affiliés au gouvernement transitoire syrien ont assiégé pendant plusieurs jours ces zones peuplées principalement de Kurdes, dont de nombreux·ses réfugié·es du canton d’Afrin envahi par la Turquie en 2018. Ils ont multiplié les bombardements à l’arme lourde, et commis de nombreuses exactions contre les civils. Dans la nuit du 10 janvier, les Asayish, force de sécurité kurdes, ont opéré un repli stratégique vers les zones sous contrôle de l’Administration autonome et des Forces démocratiques syriennes qui assurent sa protection afin de mettre en sécurité la population kurde des quartiers de Sheikh Maqsoud et Ashrafieh, et de leur permettre d’accéder aux soins.

Ces violences ont entraîné le déplacement de milliers de réfugié·es kurdes vers les zones sous contrôle de l’Administration autonome. Le retrait d’Alep risque de laisser des milliers de civils, majoritairement kurdes, sans défense face aux groupes armés islamistes. Les réfugié·es témoignent des meurtres, des viols et des pillages et affirment que les attaquant·es cherchent à semer la discorde entre Arabes et Kurdes, pour contrecarrer le projet de société démocratique, féministe, multiconfessionnel et multi-ethnique mis en place par l’Administration autonome selon le modèle du confédéralisme démocratique théorisé par Abdullah Öcalan. Les pays occidentaux restent silencieux sur ces violences. Alors même que le gouvernement transitoire bombardait les quartiers kurdes d’Alep, Ursula von der Leyen était à Damas pour verser un chèque en blanc de plus de 600 millions d’euros au gouvernement transitoire. La presse dominante française reste silencieuse sur ces massacres et l’invasion en cours des territoires autonomes menés par la Turquie et les forces syriennes.

Adoptant une position pro-étatiste, elle relaie les communiqués officiels des ambassades en se satisfaisant du retrait des forces kurdes, accusées de ne pas se soumettre au nouveau pouvoir syrien. En réalité c’est celui-ci qui voudrait balayer tout ce que l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a mis en place depuis le début de la révolution syrienne.

L’Union syndicale Solidaires condamne les massacres à caractère ethnique menées par des forces affiliées au gouvernement de transition syrien et soutenues par la Turquie.

Pour L’Union syndicale solidaires l’urgence est d’agir pour mettre fin :

  • au blocus mené sur les territoires d’Alep
  • à tous les massacres sur les minorités en Syrie.
  • à l’invasion syrienne et turque sur les territoires gérés par l’administration autonome du Rojava

L’Union syndicale Solidaires réaffirme son soutien

  • au processus de paix impulsé en Turquie en 2025 par le PKK auto-dissous
  • à la révolution et au projet confédéraliste au Rojava

L’Union syndicale Solidaires appelle également à la libération d‘Abdullah Ocalan et de tous les prisonniers politiques en Turquie.

L’urgence est au respect de l’accord du 10 mars 2025 et à la reprise des négociations entre le gouvernement de transition et les porte-parole de l’AANES.

Nous appelons les adhérent·es de Solidaires à participer à toutes les actions et manifestations de solidarité envers la lutte des Kurdes.

Catégories
antifascisme antiracisme Internationalisme Luttes migrant·es

États-Unis : le 23 janvier 2026, PAS DE TRAVAIL, PAS D’ÉCOLE, PAS DE SHOPPING, Ice partout, justioce nulle part

Le 7 janvier 2026, Renée Nicole Good a été assassinée à Minneapolis par un agent de l’ICE, la police de l’immigration. Ces agents agissent en toute impunité, soutenus par le gouvernement américain : 9 personnes ont été abattues en 4 mois et 32 autres sont mortes dans des centres de détention en un an.

Le président Trump et ses sbires défendent publiquement les agents, leur accordant un permis de tuer.

Des perquisitions sont menées au domicile de journalistes, bafouant la liberté de la presse et assurant la montée de l’autoritarisme aux États-Unis.

Les citoyen·nes sont terrorisé·es. Dans chaque ville, des scènes d’arrestations au faciès violentes inondent les réseaux sociaux.

Mais les gens s’organisent pour tenter de déstabiliser cette milice : manifestations, utilisation de sifflets pour signaler la présence de la milice, blocage des convois, accueil des personnes poursuivies dans des maisons privées, etc.

À Minneapolis, une délégation syndicale et les instances régionales locales du travail organisent le 23 janvier comme une JOURNÉE DE LA VÉRITÉ ET DE LA LIBERTÉ.

Pour cette journée, un appel est lancé aux citoyen·nes et aux travailleurs et aux travailleuses : pas de travail, pas d’école, pas de courses.

Le fascisme tue, aujourd’hui, partout.

Solidaires soutient la journée de protestation du 23 janvier et condamne les actions de la milice ICE.

Solidaires soutient tous les travailleurs et travailleuses qui luttent contre l’autoritarisme, l’impérialisme et le fascisme, toujours et partout.

Ni oubli ni pardon.

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