Catégorie : Actu Solidaires 78
La première partie de l’année 2023 a été marquée par la mobilisation contre la réforme des retraites, historique par sa durée et son ampleur, puis par la révolte populaire après le meutre de Nahel.
Alors que le gouvernement fait le choix de poursuivre une politique de régression sociale et d’austérité tout en niant le caractère systémique des violences policières et le racisme d’État, il faut poursuivre et amplifier nos mobilisations.
Ce n’est pas à nous de payer !
Alors que les cadeaux au patronat se multiplient, avec 150 à 200 milliards d’euros/an d’aides aux entreprises, le gouvernement joue à nouveau la petite musique de l’austérité et veut imposer des économies à la population tout en faisant croire qu’il va imposer aux grandes enseignes de la distribution des baisses de prix. Ne se cachant même plus (“nous menons une politique pro-business” a redit la première ministre fin août) il cède face aux puissants pour ensuite présenter l’addition aux travailleurs et aux travailleuses, en lâchant quelques miettes comme pour les infirmier·es.
Augmentez les salaires !
Dans un contexte de forte inflation et alors que le coût de la vie, et notamment de l’alimentation mais également du logement et de l’énergie, ne fait qu’augmenter (+13% en un an), il y a au contraire urgence à un meilleur partage des richesses ! Solidaires réclame l’augmentation immédiate du SMIC, +400 euros par mois pour toutes et tous, l’indexation des salaires sur l’inflation et l’ouverture immédiate de négociations dans les branches et dans la fonction publique.
Pour un autre projet de société, pour l’égalité
Le projet de loi de finance (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) vont entrer en discussion au parlement : il y a urgence à faire d’autres choix de société : plutôt que des milliards pour les entreprises du CAC 40 qui font des profits record et détruisent la planète, il faut renforcer les services publics, notamment l’hôpital et l’éducation et engager la nécessaire transition écologique.
En nous mobilisant par millions, nous avons pris conscience de notre force. Partout de nouvelles et nouveaux salarié·es se syndiquent.
Par ailleurs, il faut que cesse l’instrumentalisation par ce gouvernement des peurs et haines, fond de commerce de l’extrême droite ! Ce ne sont pas les stigmatisations de populations et notamment les plus précaires qui vont contribuer à la justice sociale. L’on ne peut plus nier la réalité de l’absence de services publics, moyens, et le fait que les quartiers populaires, comme les zones rurales, soient les premières victimes de la casse des services publics, des solidarités comme l’assurance chômage.
Solidaires appelle à poursuivre cette dynamique d’organisation, à se réunir sur les lieux de travail, à construire des mobilisations, notamment avec des dizaines d’organisations politiques, associatives et syndicales, à participer au Tour de France pour la Santé.
Pour faire front ensemble contre la répression des contestations sociales, démocratiques et écologiques, pour la fin du racisme systémique, des violences policières, et pour la justice sociale, climatique, féministe et les libertés publiques, reprenons la rue samedi 23 septembre, organisons des manifestations ou d’autres initiatives sur tout le territoire. Et le 13 octobre à l’appel de toute l’intersyndicale mobilisons nous pour les salaires et l’égalité et contre l’austérité.
Film En grève
Lors de la fête de l’accueil de Solidaires 78 nous avons pu visionner le film En grève et échanger avec son co-réalisateur Christophe Cordier. Un moment fort, et nous vous invitons à pré-commander le dvd…
Le 5 décembre 2019 marque le début de la grève, largement animée par les cheminots, contre le projet de réforme des retraites mené alors par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Pendant 57 jours, caméra au poing, nous suivons entre autres Manue, Basile et Mathieu, membres du syndicat SUD-Rail de la Gare de l’Est à Paris, dans ce qui deviendra la plus longue grève reconductible de l’histoire de la SNCF. Comment s’élabore une réflexion collective ? Que signifie s’engager aujourd’hui ? Comment y croire encore ? Des questions encore et toujours d’actualité alors qu’un nouveau projet de loi met de nouveau le feu aux poudres en ce début d’année 2023.

Veuillez trouver ci-joint le nouveau numéro du journal de la section de Versailles
Bonne lecture

Les Universités d’Été des Mouvements Sociaux et des Solidarités (UEMSS) sont organisées tous les deux ans depuis 2018 par un large collectif d’associations, de syndicats, de collectifs citoyens. En 2018 à Grenoble, elles ont rassemblé plus de 2 200 participant.e.s, et en 2021 à Nantes, plus de 1 800 malgré la crise sanitaire.
Les organisations qui constituent le comité de pilotage du projet sont le CRID [1], ATTAC France [2] (ces deux structures sont les animatrices du comité de pilotage), Ligue des Droits de l’Homme (LDH), l’Union Syndicale Solidaires, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Fondation Danielle Mitterrand (FDM), France Amérique Latine (FAL), Action Aid France, Assemblée Européenne des Citoyens (AEC), Initiatives pour un Autre Monde (IPAM), Ritimo, entre autres. Ce processus est ouvert à tous les mouvements sociaux intéressés par l’organisation du prochain rendez-vous prévu à Bobigny du 23 au 27 août 2023. L’objectif premier de cette dynamique est de permettre aux associations et mouvements de se rencontrer dans un espace politique construit ensemble et de renforcer leur capacité d’action commune.
Dans le contexte actuel, national et international, marqué par les attaques antisociales et répressives du gouvernement, par la montée des idées d’extrême-droite, par la crise climatique et ses conséquences, par la guerre en Ukraine et les tensions internationales, nous retrouver dans la diversité de nos mouvements est indispensable !
Cette rencontre pourrait mettre en commun nos réflexions sur les sujets qui nous animent et sur nos diverses stratégies d’actions pour renforcer les possibilités d’alliances, de convergences et de travail commun.
Rendez-vous à 14 h devant la mairie de Mantes-la-Jolie pour rejoindre la mairie annexe du Val Fourré

Nous partageons la souffrance et exprimons notre tristesse et notre soutien aux proches de Nahel, abattu froidement à l’âge de 17 ans dans des circonstances suffisamment documentées pour ne laisser aucun doute sur les intentions des policiers impliqués.
Mais il nous faut également comprendre la crise sociale profonde que ce meurtre a ouverte, crise exprimée par plusieurs nuits d’émeutes et d’affrontements, très fortes dans notre département
(commissariats, mairies, écoles, centres commerciaux…).
Contrairement à ce qui est présenté par le gouvernement et les grands médias, la jeunesse des quartiers populaire impliquée dans les destructions, pillages et attaques a une action éminemment politique. Les cibles choisies illustrent bien la
relégation, l’exclusion, la marginalisation et la paupérisation auxquelles sont promis les jeunes habitant.es de ces quartiers.
Le harcèlement policier au quotidien
Le harcèlement policier au quotidien(rappelons les 152 lycéen·nes agenouillé·es et humilié·es en décembre 2018), les choix d’orientation scolaire qui n’en sont pas, les services publics sacrifiés, les transports urbains hors de prix avec des contrôles
violents et discriminatoires, le logement dégradé, les discriminations à l’embauche, la précarité financière sont en effet le quotidien des travailleurs des quartiers populaires.
Y a-t-il une bonne façon d’être en colère ?
Les commentateurs refusent de voir que si la colère prend la forme de l’émeute, c’est parce que le cadre républicain a été laminé : l’abstention est au plus haut, les centaines de milliers de grévistes et les millions de manifestant·es opposé·es à la réforme des retraites ont été méprisé·es, les syndicats sont affaiblis par les réformes Macron, les travailleurs et travailleuses, chômeurs et chômeuses, retraité·es subissent des attaques constantes de la part du patronat et des gouvernements successifs.
D’autres commentateurs insistent sur les dégâts pour les petits ou gros commerçants et patrons, les mairies, l’État… Nous ne pleurerons pas avec les employeurs, qui versent des larmes de crocodiles après les destructions, tout en profitant allègrement de
l’exploitation des habitant·es des quartiers populaires : en usant et abusant de contrats précaires (auto-entreprenariat, intérim, CDD), de main d’œuvre sans-papiers, de salaires de misère. De même, si nous déplorons les conséquences des dégâts pour les
salarié·es travaillant dans les lieux touchés par les destructions, et nous plaçons résolument du côté de la défense de leurs intérêts, nous refusons d’opposer les différentes catégories de travailleurs et travailleuses, qu’ils ou elles y soient employé·es ou usager·ers. Les motifs de la colère sont les mêmes pour tous : nous aurions tort de séparer arbitrairement les « jeunes des
quartiers » des autres membres des classes laborieuses.
Ce sont leurs enfants, leurs voisin·es, leurs collègues,
leurs ami·es.
La répression : jusqu’où ?
Les policiers et leur hiérarchie le racontent à longueur d’antenne, lorsqu’ils sont invités sur les plateaux : ils utilisent la force de façon proportionnée.
Quiconque a mis les pieds dans une manifestation contre la réforme des retraites, contre un grand projet inutile d’aménagement du territoire (comme à Sainte-Soline, le 25 mars 2023), ou dans un quartier populaire, sait que c’est un écran de fumée, destiné à masquer la carte blanche et l’impunité dont
bénéficient les policiers, quand ce n’est pas clairement un permis de tuer.
Quelle proportion des moyens quand on envoie le RAID et le GIGN (unités d’élite spécialisées dans les prises d’otages, le terrorisme et le grand banditisme), sur des jeunes en possession de mortiers d’artifice ? Nous dénonçons l’usage d’armes de guerre contre les jeunes, la rhétorique militaire employée par
le pouvoir et par certains syndicats de policiers, les arrestations de masse et la justice expéditive et vengeresse qui sévit actuellement dans les tribunaux, où les prévenus sont condamnés davantage pour incarnation de la période de révolte que pour les faits qui leur sont reprochés.
Il est temps de nous attaquer aux racines de la crise actuelle. Pour nos organisations, il faut augmenter les salaires, abroger la réforme des retraites, désarmer la police, cesser la criminalisation et l’offensive antiterroriste sur les mouvements écologistes, et reprendre l’offensive partout : pour des salaires et des allocations suffisantes, pour la défense d’un environnement naturel vivable pour tous, pour une égalité réelle des droits, pour le respect des libertés publiques.

Libraire la Nouvelle Réserve Limay à partir de 19 h
Barbecue partagé – Chacun et chacune amène un truc à griller et/ou à boire
Projection du film En grève
Programme complet à venir mais réservez déjà la date !
Solidaires 78 a déposé un rassemblement le jeudi 6 juillet à 19 h place de l’Étape à Mantes la Jolie (au pied de la passerelle)











