Samedi 22 mars, les cheminot·es du T4 en Ile de France iront rejoindre les travailleurs du rail et travailleuses du T11 dans une nouvelle société ferroviaire de droit privé : Stretto.
Une nouvelle expérimentation est mise en place : SNCF Voyageurs sera actionnaire à 49% et Kéolis sera l’actionnaire majoritaire à 51%. Stretto sera donc une filiale d’une filiale de la SNCF !
Depuis le 7 novembre, les conducteurs de bus de Cergy-Pontoise et Conflans-Sainte-Honorine Achères sont en grève contre les conditions de travail imposées par Francilité Seine-et-Oise, filiale de Lacroix & Savac.
Il y a quelques jours, un des élus du personnel engagés dans la grève s’est suicidé.
Dans un arrêt du 10 décembre 2024 la Cour d’Appel d’Amiens a confirmé la décision du Tribunal Judiciaire de Saint-Quentin du 15 mai 2023, reconnaissant la faute inexcusable de la SNCF pour la mort par suicide de Julien Piéraut, survenue le 21 mai 2018, en plein conflit contre la énième réforme du système ferroviaire, qui éclatait un peu plus la SNCF, et promettait toujours plus de pression sur les travailleur-euses au nom de la productivité et de la rentabilité.
La grève a démarré le 7 novembre et se poursuit depuis 37 jours, l’ensemble des 480 salariés de FSO attendent des réponses. à la hauteur : ni salaire au rabais pour les nouveaux recrutés, ni indemnité différentielle consistant à geler les salaires pour les ex STIVO, avec NAO bloqués pendant 5 ans. Ce n’est pas cela la préservation des acquis !
Le piquet de grève a été viré par les CRS, mais les grévistes sont toujours déterminés.
Ils iront jusqu’au bout, jusqu’à la victoire pour assurer le maintien de leurs acquis !
Au-delà de la volonté par la direction de FSO de minorer les chiffres de grévistes, les faits sont têtus. Jour et nuit, c’est au moins une centaine de grévistes qui se relaient pour être présents et tenir le piquet de grève de Saint Ouen l’Aumône !
Et on ne parle pas des dizaines d’autres grévistes…
A Conflans, c’est la même chose. Aucun bus ne sort !
La reprise très partielle assurée par quelques chauffeurs intérimaires à la place des salariés FSO ne règle rien.
La balle est dans le camp de la direction de FSO qui peut mettre fin au conflit en ouvrant les négociations et en répondant aux demandes et revendications des grévistes qu’elle connaît parfaitement !
Dans la nuit de vendredi à samedi, un salarié gréviste s’est suicidé. La réaction de la direction a été « c’est la vie » samedi matin devant de nombreux chauffeurs quand elle l’apprend le suicide, de plus elle empêche les grévistes d’entrer dans le dépôt pour se recueillir et échanger avec leurs collègues. Solidaires 78, et l’ensemble des syndicats membres, présentent leurs condoléances à la famille.
La Fédération Sud-Solidaires des Transports Urbains et Interurbains apporte son soutien total aux grévistes du réseau de Bus FSO (groupe Lacroix-Savac) de l’agglomération de Cergy-Pontoise et de Conflans-Sainte-Honorine, qui luttent depuis le 7 novembre pour défendre leurs salaires et leurs conditions de travail déjà pénibles.
Malgré un rapport de force extraordinaire, les directions de FSO et de refusent d’entamer de réelles négociations, jouant le pourrissement.
Cette situation est inacceptable et irresponsable ! Halte aux promesses, et place aux actes.
Le 5 décembre, le PDG de la SNCF l’a reconnu devant l’ex-Ministre des Transports ; « c’est un choc, un moment historique que vivent les cheminotes et cheminots en cette fin d’année ». Même s’il a rouvert des négociations encore trop insuffisantes au niveau du Groupe, ces propos confirment que nous avons raison de nous battre en cette fin d’année pour la défense de nos conditions sociales, de l’unicité de notre SNCF et le changement de politique de transport dans ce pays.
Aucune organisation syndicale ne peut lâcher cette lutte unitaire et cruciale construite depuis des mois !
L’intersyndicale cheminote appelle à la grève à partir du 11 décembre prochain.
Ses revendications nous concernent toutes et tous :
Contre la liquidation de FRET SNCF, pour défendre le transport de marchandises par train, protéger l’emploi et l’environnement.
Contre la privatisation des TER, qui entraînerait la dégradation des services de train du quotidien.
Contre l’abandon du plan d’investissement, fragilisation de notre bien commun qu’est la SNCF.
Pour organiser le soutien à cette grève,l’Alliance écologique et sociale (AES) dont Solidaires est membre met à disposition un tract à diffuser aux usager·es (en pièce jointe).
Pour aller plus loin : les débats des Rencontres de l’AES du 16 novembre 2024, consacrés au fret ferroviaire public et aux transports du quotidien, sont disponibles en replay ici et là.
Les Fédérations CGT cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots vous ont déposé une demande de concertation immédiate (DCI) le 31 octobre dernier.
La réunion de conciliation qui s’est tenue le 05 novembre a mis en évidence que la direction a opposé une fin de non-recevoir aux revendications portées par l’ensemble des fédérations représentatives du GPU.
Au regard des réponses qui nous ont été apportées, les Fédérations CGT des cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots vous déposent conformément aux dispositions aux dispositions de l’article L2512-2 du code du travail un préavis de grève couvrant les périodes suivantes :
– Du mercredi 20 novembre 19h00 au vendredi 22 novembre 08h00 ;
– À compter du mercredi 11 décembre 19h00, illimitée et reconductible par période de 24 heures.
Le Rassemblement National veut encore une fois apparaître comme un parti qui serait du côté des salarié-e -s et des travailleur-euse – s. Il n’y a rien de plus faux ! L’extrême droite a toujours été du côté de la bourgeoisie et du patronat. Depuis plusieurs années la machine à laver « l’honneur » du FN est en marche. En commençant par changer de nom mais les idées restent identiques, RN/FN même combat.
Intervention de Solidaires à la mobilisation pour défendre un service public du fret ferroviaire
Pour l’Union syndicale Solidaires, la mobilisation contre la liquidation de Fret SNCF est une mobilisation interprofessionnelle, qui nous concerne toutes et tous, et qui est emblématique de ce qu’on cherche à construire au sein de l’Alliance écologique et sociale. La lutte pour le fret ferroviaire public démontre que le combat social et le combat écologique sont aujourd’hui indissociables.
Sans moratoire sur la liquidation de Fret SNCF, ce sont 500 emplois qui risquent d’être supprimés, des emplois dont nous avons besoin pour réussir une reconversion écologique de notre économie.
Sans moratoire, on observera un report massif du transport de marchandise vers la route, alors que c’est tout le contraire qu’il faudrait faire pour répondre aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne et de la France.
C’est tout le contraire qu’il faudrait faire parce que le transport est un levier essentiel pour lutter contre le dérèglement climatique. Nous avons besoin d’un grand service public du transport ferroviaire de marchandises, d’investissements publics à la hauteur de la crise environnementale, sans laisser à des entreprises privées des choix politiques qui nous concernent toutes et tous.
Il en va de même pour le transport de passagers, et à Solidaires nous revendiquons la gratuité des transports en commun.
La mobilisation de l’intersyndicale cheminote, avec l’Alliance écologique et sociale, est emblématique des combats que nous menons partout en France, où les travailleurs et travailleuses, les syndicats et les mouvements écologistes s’allient pour la justice sociale et environnementale : contre l’A69, contre le TGV Lyon-Turin, contre les méga-bassines, contre les polluants éternels dans la vallée de la chimie.
Et c’est le même combat qui est mené contre Greendock à Genevilliers. Ce week-end, 2000 personnes ont manifesté contre un projet d’entrepôt logistique géant sur les bords de Seine, qui menace une zone Natura 2000. 50 ont été arrêtées de façon particulièrement violente. La mobilisation contre Greendock, comme la mobilisation pour le fret ferroviaire, s’est construite avec les collectifs et associations écologistes, non pas contre l’emploi, non pas contre les travailleurs, mais avec les unions départementales Solidaires et CGT du secteur.
Quand nous nous opposons à Greendock, nous luttons pour préserver l’environnement en banlieue nord, mais aussi pour la qualité des emplois dans la logistique, pour un transport de marchandises respectueux de l’environnement, pour un contrôle démocratique de ce qu’on produit, de ce qu’on consomme, de ce qu’on transporte.
Dans tous ces combats, nous construisons pas à pas un grand mouvement social pour la justice sociale et environnementale.
Nous démontrons que c’est le mouvement social, ce sont les organisations syndicales et écologistes qui portent les alternatives dont nous avons besoin pour sortir de la crise sociale, politique, environnementale.
La politique du gouvernement contre Fret SNCF nous convainc qu’il n’y aura pas de reconversion écologique si elle n’est pas imposée, si elle n’est pas faite par les travailleurs et travailleuses eux-mêmes.
Nous devons gagner le moratoire contre la liquidation de Fret SNCF.
Nous devons gagner cette bataille, qui sera le point d’appui pour d’autres victoires.