Co-organisée avec la librairie la Nouvelle réserve et Solidaires 78
A partir de 19 h à la librairie La Nouvelle Réserve, Limay
Entrée libre et gratuite
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L’Union syndicale Solidaires a pris connaissance du projet de loi de transposition de la Directive Européenne 2023/970 visant à renforcer l’égalité salariale. Bien que adoptée par le parlement européen en mai 2023, elle devait être transposée dans le droit français au plus tard en juin 2026.
Le projet de loi a été mis sur la table seulement le 6 mars 2026, dans l’urgence, excluant la possibilité de tenir les délais !
Le constat est amer : sous couvert de “simplification”, le gouvernement vide la directive de sa substance et s’entête à maintenir un système d’Index qui a déjà prouvé son inefficacité.
Alors que les articles 3 (paragraphe 2, point e) et 16 (paragraphe 2), de la Directive européenne consacrent pour la première fois la discrimination intersectionnelle, ce dont la Defenseure des Droits s’était félicitée, le projet de loi français l’ignore purement et simplement. En refusant de croiser les données de genre avec l’origine, le handicap ou l’âge, le gouvernement condamne les femmes les plus précaires à rester dans l’angle mort des statistiques. Sans l’outil de l’intersectionnalité, les barrières invisibles resteront intactes. On ne peut pas combattre les inégalités de salaire sans voir que les femmes racisées ou handicapées subissent une double, voire une triple peine salariale.
L’article 5 du projet de loi français permet à l’employeur de définir seul, par décision unilatérale, les catégories de “travail de valeur égale”. Alors que la directive place les organisations syndicales au centre de l’élaboration des mesures notamment dans les moyens de comparer les métiers de “valeur” équivalente. En laissant au patronat la possibilité en cas d’échec de décider seul, le sexisme des grilles de classification qui dévaluent les métiers du soin, du lien et de l’humain perdurera. À titre d’exemple, on continuera d’accepter un écart de plusieurs centaines d’euros entre une sage-femme (Bac+5) et un ingénieur informatique (Bac+5) au sein d’un même établissement.
Le projet de loi renvoie à un décret le soin de fixer le seuil d’écart toléré avant toute action correctrice. Or, quand le gouvernement communique sur un écart de salaire “inexpliqué” qui serait tombé à 4,5 %, il prépare le terrain : si le seuil légal est à 5 %, les entreprises n’auront plus rien à corriger ! Pour Solidaires, un écart de 4,9 % reste un vol du patronat aux travailleuses. Nous exigeons un seuil de déclenchement à 0 %. L’égalité ne se négocie pas à la marge.
Enfin, le projet de loi limite l’obligation de rendre les salaires publics aux seules entreprises de plus de 50 salarié·es. C’est abandonner des millions de travailleuses employées dans les TPE et PME à l’opacité la plus totale. Pour Solidaires, la transparence des données salariales doit s’appliquer à tous les employeurs, publics comme privés, dès le ou la premier·e salarié·e.
Le 13 mars 2026
L’émission commence à 5:24
Avec Anissa (SUD Santé Sociaux), Aude (SUD Education), Halima (SUD Santé Sociaux), Marie (secrétaire nationale de Solidaires) et Violette (Solidaires Paris) nous avons discuté de la grève féministe, des métiers féminisés, de précarité, d’intersectionnalité, de l’offensive de l’extrême droite contre nos droits, nos vies !
Emission diffusé en live sur notre chaîne Twitch le 3 mars 2026
Aujourd’hui encore la liberté des femmes, des trans et des non-binaires à disposer de leur corps est toujours attaquée par le système patriarcal : difficulté d’accès à l’IVG, incitation à réarmer démographiquement la France, volonté permanente de vouloir légiférer sur les corps des personnes trans. Les chiffres sont toujours aussi inquiétants : en 2025, 164 féminicides ont eu lieu ; un viol ou une tentative de viol a eu lieu toutes les 2 minutes 30, une femme sur deux a déjà subi des violences sexuelles. Être la cible de racisme, validisme, classisme et de LGBTIphobies rend encore plus vulnérables : 85% des personnes trans sont agressées au cours de leur vie, 75% des agressions islamophobes visent des femmes et les femmes handicapées sont encore deux fois plus victimes de violences sexuelles que les autres. N’oublions pas que les enfants sont les premières victimes des violences sexuelles (une fille sur cinq et un garçon sur treize).
En 2026, la progression de l’extrême droite partout dans le monde menace toujours plus les droits des femmes et des minorités de genre. En France, la banalisation des idées fascistes et fémonationalistes rend l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite possible à l’Assemblée nationale ou à la présidence mais aussi demain dans nos mairies.
Au moins deux femmes sur cinq affirment avoir subi des violences sexistes ou sexuelles au travail (VSST) et une femme sur cinq déclare avoir subi des comportements à caractère sexuel sur son lieu de travail (enquête Genese 2021). Au sein du ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR), ces chiffres sont sans doute encore loin de l’ampleur des VSST : dans une enquête réalisée par SUD éducation en 2024, 60% des sondé·es affirmaient avoir déjà été victimes de VSST.
En septembre 2024, SUD éducation a proposé aux personnels de l’Education nationale de remplir un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles au travail. Cette fiche présente les principaux résultats.
Qu’est ce que la protection fonctionnelle ?
C’est une protection organisée par la collectivité publique dûe à l’agent·e public·que en raison de ses fonctions. Cette protection s’applique lorsque l’agent·e est victime de violences, d’agissements constitutifs de harcèlement, de menaces, d’injures, de diffamations ou d’outrages à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.
Retrouvez sur cette page tout le matériel et toutes les infos pour les mobilisations du 8 mars. Faisons la grève au travail, la grève dans nos foyers (des tâches ménagères, des courses…), dans les écoles et les universités ! Interrompons toute activité productive et reproductive, formelle et informelle, rétribuée et gratuite. Participons partout aux actions et manifestations. Réapproprions-nous tous les espaces publics !
Livres et ressources vidéos : – Primaire : Mai Lan Chapiron, Le loup, La Martinière jeunesse, 2021, Paris Les vidéos disponibles sur le même ouvrage sur Youtube – Collège : Juliette Boutant et Thomas Mathieu, Les crocodiles sont toujours là : témoignages d’agressions et de harcèlement sexistes et sexuels, Casterman, 2019, Paris Pénélope Bagieu, Les Culottées, Gallimard, 2016, Paris
– Lycée : Margaret Atwood, La servante écarlate, Robert Laffont, 1985, Paris La série H24 disponible sur Arte Jeux :
Le jeu de rôle du consentement, “Sexploration” Un jeu coopératif pour aborder des situations de sexisme, “Moi c’est madame, la relève” Les expositions, campagnes, kits du Centre Hubertine Auclert.
Le 20 novembre, la communauté trans commémore ses adelphes assassiné·es et suicidé·es, à l’occasion de la journée du souvenir trans, déclinaison française du Trans Day of Remembrance (TDoR). Cette journée, initiée en 1999 en hommage à Rita Hester, femme trans assassinée, est une occasion de rappeler l’urgence de protéger les personnes trans et de construire des ripostes collectives face aux violences systémiques qu’elles subissent. L’Union Syndicale Solidaires appelle les personnes trans et leurs allié·es à rejoindre les mobilisations organisées partout en France.
La transphobie tue et discrimine de manière systémique. Pour la seule année 2025, près de 250 décès liés à la transphobie ont déjà été recensés à travers le monde. Cette violence physique se double d’une violence institutionnelle et sociale quotidienne.
En France, les agressions anti-LGBT+ ont augmenté de 5% en 2024, et 85% des personnes transgenres signalent avoir subi un acte transphobe au cours de leur vie (Rapport 2025 SOS Homophobie).
La transphobie ne se limite pas aux agressions physiques ; elle prend la forme d’exclusions de l’emploi, du logement, de l’école et de la santé. Les difficultés persistantes pour obtenir un changement d’état civil simple et la pathologisation de la transition sont des violences d’État.
Paris, le 19 novembre 2025
Ce communiqué a été publié le 09/10/2025
Déclaration intersyndicale et associative du Collectif Éducation contre les LGBTIphobies en milieu scolaire et universitaire
Madame la Ministre, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Notre intersyndicale et associative souhaite alerter une nouvelle fois sur le décalage préoccupant entre les engagements validés ici même fin janvier 2025 et affichés par le ministère dans le cadre des programmes EVAR·S et les moyens réellement mis en œuvre pour garantir son application effective dans les établissements.
Si nous saluons l’existence de ce programme, il demeure largement insuffisant dans sa mise en œuvre. Le manque de moyens humains et de formation empêchent une véritable appropriation par les équipes éducatives et rendent les ambitions affichées inatteignables. Or, sans déploiement concret, les LGBTIphobies continuent de peser lourdement sur la vie et le parcours des élèves.
Nous attirons plus particulièrement votre attention sur une contradiction majeure :
D’un côté, les programmes EVAR·S reconnaissent explicitement la légitimité et l’importance des interventions en milieu scolaire par des associations agréées, expertes dans la prévention des discriminations et la promotion de l’égalité.i
De l’autre, la foire aux questions ministérielleii ainsi que certaines circulairesiii ou réponses administratives interdisent ces interventions en école primaire, privant ainsi les enfants d’un accompagnement précoce pourtant essentiel.
Cette incohérence fragilise le travail des équipes pédagogiques, menace les associations investies et envoie un signal négatif : celui d’un engagement de façade, où les textes promettent mais où les pratiques bloquent.
Cette incohérence questionne également la légitimité accordée par notre ministère au CSE.
Nous demandons donc :
1. La levée claire de l’interdiction faite aux associations agréées d’intervenir en primaire, et une communication en cohérence auprès des parents, des écoles et des enseignant·es.
2. Des instructions précises, unifiées et cohérentes données aux rectorats et directions académiques pour garantir l’application du programme EVARS sur l’ensemble du territoire.
3. Les moyens humains et financiers nécessaires pour former les personnels et soutenir les interventions associatives.
4. L’assurance par le ministère de respecter les décisions prises en CSE, fruits de négociations entre les partenaires.
L’école et l’université doivent être des espaces sûrs, inclusifs et protecteurs. Cela suppose de la clarté, de la cohérence et surtout des actes concrets.
Nous appelons le ministère à prendre ses responsabilités et à transformer enfin les intentions en réalités.
« La politique du ministère ne cesse de creuser les inégalités sociales en continuant de subventionner le privé. Nous sommes d’ailleurs inquiet·es et en colère face au détournement du programme d’Enseignement à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle (EVARS) par l’enseignement catholique qui réaffirme la binarité de genre, la complémentarité femme-homme et ainsi se positionne comme sexiste et lgbtiphobe. De plus, externaliser l’enseignement de l’EVARS à une association anti-avortement est totalement en opposition avec les objectifs premiers de ces programmes. Le contrat d’association entre l’école privée sous contrat et l’État est pleinement rompu. Plus un euro pour les écoles privées ! »
En juin 2023, la Cour des Comptes a publié un rapport intitulé « l ‘enseignement privé sous contrat » (2) qui montre que l’enseignement privé sous contrat est unenseignement largement financé par la solidarité nationale mais qui ne respecte pas tous les engagements qui conditionnent ces financements. En 2020, l’enseignement privé est financé à hauteur d’au moins 75 % par de l’argent public (état ou collectivité territoriale). En contrepartie, les établissements privés « prennent certains engagements, comme la conformité aux programmes définis par le ministère de l’éducation nationale et l’absence de discrimination dans l’accueil des élèves. » Cela vaut bien évidemment pour le programme d’EVARS.
Juste avant la rentrée de septembre 2025 est publié sur le site du secrétariat général de l’enseignement catholique (SGEC), un document intitulé Comment grandir heureux ? (3) qui « détaille la conception de l’EARS dans l’Enseignement catholique, plus large que celle des nouveaux programmes scolaires Evar et Evars, et donne des éléments de discernement pour accompagner les chefs d’établissement dans le déploiement de ces derniers. » Dans ce document, qui, dans son introduction, se veut plus ambitieux que le programme d’EVARS, est développée la conception de l’éducation à la sexualité de l’Église, qui implique, « une parole éducative courageuse, progressive et ajustée à l’âge, qui ne banalise pas la sexualité mais lui donne sa vraie signification : un don de soi en vérité et en liberté. » Alors que l’éducation au consentement est une composante majeure dans l’EVARS, la notion de don de soi semble pour le moins incongrue, voire dangereuse. Par ailleurs, une des « dimensions essentielles » de l’EARS intitulée « l’altérité et la relation comme chemin d’humanisation » permet d’éduquer « à l’égale dignité des sexes et au respect mutuel à travers la valorisation de la différence entre les sexes ». Cette différence entre les sexes, qui pourrait faire référence à des différences physiologiques (sans que cela soit précisé), mais qui pose la question de la posture de l’Église sur la non-binarité des genres, est de nouveau évoquée dans une autre de ces « dimensions essentielles », « une égale dignité ». Selon le texte publié par le SGEC, « homme et femme sont créés à l’image de Dieu, égaux en dignité, différents et complémentaires ». Ces propos sont non seulement sexistes, mais également LGBTQIphobes par leur négation de toute orientation sexuelle autre que l’hétérosexualité, et par l’affirmation de l’existence de 2 genres : homme et femme. Le texte enfonce le clou en évoquant « les richesses spécifiques de chacun, féminin ou masculin, tous deux « appelés à exister réciproquement l’un pour l’autre » ». Ils sont donc en contradiction avec plusieurs des objectifs de l’EVARS, énoncés dans le programme officiel de l’éducation nationale (4) : « • l’égalité de considération et de dignité, en particulier l’égalité entre les femmes et les hommes. • la contribution à la lutte contre les discriminations énoncées à l’article 225-1 du Code pénal et opérées entre les personnes sur le fondement « de leur sexe », « de leur identité de genre » et « de leur orientation sexuelle » (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité..). • l’éducation au principe du consentement et la prévention des différentes formes de violences, notamment des violences sexistes et sexuelles. • la contribution au repérage de l’inceste. »
Il semblerait qu’il faille répondre par l’affirmative quand on prend connaissance de la posture du SGEC à ce sujet. En France, les violences sexuelles, notamment l’inceste, touchent 160 000 enfants chaque année (rapport de la CIIVISE 2023 (5)). Selon l’ARCOM (6), en 2022, 2/3 des enfants de moins de 15 ans et 1/3 des enfants de moins de 12 ont déjà eu accès à des images pornographiques, et 44 % des jeunes ayant déjà eu un rapport sexuel déclarent avoir essayé de reproduire des scènes ou des pratiques vues dans vidéos pornographiques. Les actes LGBTIphobes sont en augmentation, (rapports annuels sur les LGBTIphobies, sos-homophobie (7)) et les personnes lesbiennes, gays, bisexuel⋅les, et trans sont 2 à 3 fois plus souvent exposé⋅es à des violences psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles. Par ailleurs, l’EVARS fait partie d’une approche globale de l’éducation à la santé, la santé sexuelle faisant partie intégrante de la santé des individu⋅es, telle que définie par l’OMS (8) : « La santé sexuelle est fondamentale pour la santé et le bien-être général des personnes, des couples et des familles, ainsi que pour le développement social et économique des communautés et des pays. La santé sexuelle, lorsqu’elle est considérée de manière positive, s’entend comme une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que comme la possibilité de vivre des expériences sexuelles agréables et sûres, exemptes de coercition, de discrimination et de violence. » Depuis 2001, « une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène » (Code de l’éducation, depuis la loi n°2001-588 du 4 juillet 2001). Et depuis cette rentrée 2025, un programme d’EVARS est enfin adopté par le conseil supérieur de l’éducation à l’unanimité, publié et applicable. Si sa mise en place effective dans tous les établissements du primaire et du secondaire demeure difficile, au vu du manque de moyens alloués à la formation des personnels ou au financement de partenaires extérieurs agréé⋅es pouvant être associé⋅es aux équipes de personnels de l’éducation nationale, cette éducation est absolument incontournable et obligatoire au sein de tous les établissements scolaires, du premier degré et du second degré, de l’enseignement public et de l’enseignement privé sous contrat.
Dans le programme d’EVARS, il est stipulé très clairement que : « Des partenaires extérieurs, tels que des associations spécialisées, dont les compétences sont dûment reconnues et agréées aux niveaux national ou académique, peuvent être associés aux équipes de personnels de l’éducation nationale. (…) Les intervenants extérieurs respectent la nature scolaire de cette éducation, sans jamais l’instrumentaliser et en promouvant le respect et l’égalité. (…) Les professeurs et les personnels éducatifs, sociaux et de santé en charge de ce programme sont garants du respect du Code de l’éducation, notamment des principes de neutralité, de laïcité(…).» Le SGEC, quant à lui, estime que c’est à la charge du chef d’établissement de vérifier les compétences et les qualifications des intervenants extérieurs (ainsi que des extraits du casier judiciaire) Il évoque des associations partenaires, dont il rappelle que leurs interventions doivent être encadrées par l’établissement, sans préciser si elles doivent être agréées par les autorités nationales ou académiques. Ainsi, dans un article du Café pédagogique, publié le 25 septembre dernier (9), on apprend que le secrétaire général de l’enseignement catholique, Guillaume Prévost, lors des questions suivant sa conférence de rentrée (10), « a pourtant balayé d’un revers de main les questions portant sur les ateliers proposés aux établissements privés par l’association CycloShow-XY, qualifiant celle-ci de « remarquable ». » Or, cette association ne dispose pas d’un agrément national ni académique. On comprend vite pourquoi en allant visiter son site… Déjà, il saute aux yeux que tous les ateliers proposés sont en non-mixité, ce qui dénote d’une conception datée de l’EVARS. Ensuite, les ateliers mis en avant sur la page d’accueil du site sont des ateliers à destination de duos fille/mère ; et fils/père. Sont écartées de facto les familles mono- et homo-parentales. Par ailleurs, on peut y lire, sur sa page « devenir animateur » (11), que plusieurs critères sont à prendre en compte pour devenir animateur ou animatrice. Pour devenir animatrice, il faut, entre autres, « avoir moins de 45 ans ; être mère (sauf exception) ; être en accord avec le message véhiculé dans les ateliers CycloShow et avoir le désir de le transmettre : la fertilité de la femme est belle, elle est à accueillir et à respecter ; bien connaître son propre cycle, et pour cela pouvoir fournir des graphiques récents d’observation de ses cycles. » Côté animateur, il faut, entre autres également : « être père ; être en accord avec le message véhiculé dans les ateliers (…) : les corps masculin et féminin, qui sont faits pour la transmission de la vie, sont à connaître et à respecter ; fournir trois graphiques récents d’observation des cycles de sa femme. » Entre la posture anti-IVG et anti-contraception qui se cache derrière les formulations alambiquées d’une « fertilité qui doit être à accueillir et à accepter », et « des corps faits pour la transmission de la vie », l’aspect très problématique de demander à ses animateurices d’être prêt.es à transmettre des informations personnelles, intimes, de l’ordre de leur santé personnelle (ou pire encore, de l’ordre de la santé d’une autre personne quand il s’agit de leur femme), l’injonction à être mère ou père, on peut vraiment se demander quelle est la légitimité pour cette association à intervenir en milieu scolaire, quel qu’il soit. Enfin, au mépris des préconisations du programme d’EVARS, l’association CycloShow-XY France, si elle intervient en milieu scolaire, instrumentalise l’EVARS pour promouvoir un message anti-IVG et anti-contraception, avec une conception de la sexualité uniquement hétéronormée.Comment le secrétaire général de l’enseignement catholique peut-il fermer les yeux et qualifier le travail de cette association de remarquable ? Sans doute parce qu’il résonne davantage avec le document d’accompagnement « Pour grandir heureux » évoqué plus haut dans cet article qu’avec le programme officiel de l’EVARS.
Comme nous l’avions évoqué dans un article ce mois-ci (12), le collectif « Maintenant l’École publique » alerte sur le cas de l’Institution L’Espérance, à Sainte-Cécile, dont le projet pédagogique (13) implique que les filles sont exclues du collège et du lycée afin d’éviter « aux garçons d’autres préoccupations que leurs études et permettre le développement de toutes leurs facultés. » Il affirme que l’absence des filles « favorise en outre le développement de l’esprit de camaraderie et facilite les amitiés vraies et durables ». Ce projet pédagogique, publiquement affiché, est en contradiction totale, d’une part avec les valeurs de l’école Républicaine, mais d’autre part, avec les objectifs de l’EVARS, notamment « l’éducation contre les représentations stéréotypées, l’accompagnement de parcours de réussite pour les filles et les garçons, ou des choix d’orientation favorisant la mixité. ». En outre, une telle posture nie la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre. Comment dans ce cas, est-il possible pour l’Institution Sainte Cécile, de contribuer, comme le stipule le programme d’EVARS, à la lutte « contre les discriminations énoncées à l’article 225-1 du Code pénal et opérées entre les personnes sur le fondement « de leur sexe », « de leur identité de genre » et « de leur orientation sexuelle » (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité..) ? Le collectif s’interroge alors sur la poursuite du financement public de cet établissement privé catholique sous contrat. Comment, en effet, justifier le versement d’argent public à un établissement clairement en rupture avec les engagements conditionnant ces financements ?
La mise en œuvre de l’EVARS nécessite de réels moyens : formation des personnels, matériel pédagogique, financement de l’intervention de partenaires extérieurs.. Jusqu’à présent, les moyens alloués ne sont pas à la hauteur des enjeux. Dans un article de 20minutes, en date du 4 septembre, relatant la posture du SGEC vis à vis de l’EVARS (14), on apprend que « le ministère de l’Éducation nationale a fini par indiquer que l’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité est « une obligation légale » qui «s’impose à l’ensemble des établissements, publics comme privés sous contrat ». Il précise aussi que les contrôles au sein des établissements d’enseignement privés sous contrat ont été « renforcés », contrôles qui consistent notamment à s’assurer que l’établissement inspecté « respecte ses obligations légales, réglementaires et contractuelles, parmi lesquelles (…) le respect des programmes de l’enseignement public » ». On peut toutefois s’interroger sur le fait que ces contrôles, qui, s’ils existent bien (le secrétaire général de l’enseignement catholique, dans sa conférence de presse du 23 septembre dernier, en évoque 550, mais on ne saisit pas trop depuis quand), soient suffisants. En effet, l’observatoire des financements des établissements scolaires privés a lancé le 1er septembre une pétition à destination de la Cour des Comptes (15) visant à ce que cette dernière exerce son droit de contrôle, suite aux recommandations faites lors de son enquête de juin 2023. Par ailleurs, la lecture affichée par le SGEC de l’EVARS est contraire à plusieurs des objectifs de cette dernière. Il ne s’agit donc pas uniquement de vérifier établissement par établissement si les programmes d’EVARS sont bien respectés, mais de demander à ce que le SGEC n’en fasse pas officiellement une ligne de conduite divergente. Pour le moment, le secrétaire général de l’enseignement catholique estime, toujours dans cette fameuse conférence de presse de rentrée, que les inspecteurices réalisant les contrôles « maîtrisent mal les spécificités de nos projets éducatifs, et (…) entendent appliquer sans discernement des normes qui ne s’appliquent pas nécessairement à nos établissements », sans préciser lesquelles…
Il n’est pas envisageable de continuer à contribuer autant à financer avec de l’argent public l’enseignement privé sous contrat, si celui-ci ne respecte pas pleinement ses engagements, quand du côté de l’enseignement public, on court après les moyens pour simplement mettre en œuvre les programmes de l’Éducation Nationale, EVARS incluse. C’est d’autant plus grave quand il s’agit d’une éducation participant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants, dont l’inceste. Et c’est d’autant plus édifiant quand le secrétaire général de l’enseignement catholique évoque lui-même dans sa conférence de rentrée la prévalence plus élevée des violences sexuelles commises sur des enfants dans les établissement privés catholiques par rapport au total des victimes d’abus sexuels dans l’église Catholique (rapport Sauvé (16))…
Sources :
(2) https://www.vie-publique.fr/rapport/289657-lenseignement-prive-sous-contrat
(3) https://enseignement-catholique.fr/ears-un-texte-de-discernement-publie/
(4) https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo6/MENE2503064A
(5) https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023
(7) https://www.sos-homophobie.org/informer/rapport-annuel-lgbtiphobies
(8) https://www.who.int/fr/health-topics/sexual-health
(9) https://www.cafepedagogique.net/2025/09/25/evars-cycloshow-xy-les-dangers-de-lexternalisation/
(10) https://enseignement-catholique.fr/conference-presse-rentree-prevost/
(11) https://cycloshow-xy.fr/contact/devenir-animateur/
(13) https://www.lesperance-vendee.com/projet-pedagogique/
(15) https://participationcitoyenne.ccomptes.fr/processes/consultation-2025/f/79/proposals/2617
À la suite de la publication de l’affiche de la Marche des Fiertés 2025, appelant à l’unité des personnes LGBTQIA+ face à l’extrême droite, une violente polémique a été lancée par la droite et l’extrême-droite, soutenue notamment par Valérie Pécresse et le Rassemblement National. Les réactionnaires, les conservateurs, les politiques ont l’air de le découvrir mais des émeutes de Compton en 1966, de Stonewal en 1969 à Paris en 2025 : les Marches des Fiertés sont politiques !
L’Union syndicale Solidaires condamne la décision de la région Île-de-France et la DILCRAH de retirer leurs logos et couper leur financement de l’organisation de la Marche des Fiertés parisienne du 28 juin, toute comme nous dénonçons l’interdiction de centre ville de la Marche des Fiertés de Dijon le 14 juin “pour risque de trouble à l’ordre public”. Cela est un renoncement à l’indépendance de la ligne politique propre aux assos LGBTQIA+ ainsi qu’une menace à la tenue optimale de la marche cette année et à tout autre positionnement radical des associations.
L’Union syndicale Solidaires dénonce ces attaques idéologiques nauséabondes, dans un contexte de montée des discours haineux, de violences LGBTQIphobes et plus particulièrement transphobes et de pressions sur la liberté d’expression.
Nous le rappelons : l’extrême droite est l’ennemie des personnes LGBTQIA+. Et les collectifs LGBTQIA+ ne peuvent faire l’économie de dénoncer l’idéologie réactionnaire. Cette idéologie tue les personnes LGBTQIA+ dans la rue, dans leur propre famille, plus généralement par l’exclusion ainsi que faute de soins et/ou de titres de séjour pour rester sur le territoire.
Orban et Erdogan interdisent les prides respectivement en Hongrie et en Turquie, le Royaume-Uni a adopté au printemps une législation transphobe, réduisant aussi par là-même les femmes à leur capacité d’enfantement, Trump s’en prend aux personnes trans aux Etats-Unis… Dans ce contexte, il est primordial de faire bloc syndicalement contre toutes les LGBTQIAphobies, au travail comme dans la rue, pour refuser le modèle de société raciste, fasciste, hétéromachiste, productiviste-pollueur de la réaction fasciste actuelle.
L’Union syndicale Solidaires soutient les revendications des personnes LGBTQI+ et l’autodétermination des personnes trans et intersexes, où qu’elles soient, ainsi que de bonnes conditions d’existence (santé, logement, travail, droits civils) et d’expression, aujourd’hui comme demain !
Les émeutier·es de Stonewall ou de la cafétéria de Compton se battaient, après plusieurs siècles et décennies de marginalisation et de criminalisation, pour sortir de la clandestinité et vivre leur vie sans se cacher. Ce combat est toujours nécessaire dans le monde et en France en 2025.
Depuis plus de 40 ans, la Marche des Fiertés est bien plus qu’un arc-en-ciel de couleurs et de musique dans les rues :
c’est un cri du cœur, une clameur collective pour l’égalité, la tolérance et le respect des droits humains.
Du 17 mai au 11 octobre 2025, les Marches des fiertés ont lieu partout en France : de Paris à Toulouse, en passant par Caen, Nantes, Lyon ou Marseille, elles donnent à voir une société plus juste, plus inclusive, plus humaine.
Fidèles à leurs engagements, nos organisations porteront haut leurs valeurs de justice, d’égalité et d’inclusion, aux côtés de toutes celles et ceux qui refusent les discriminations et les injustices.
Dans ce contexte réactionnaire y compris au niveau régional avec la dernière prise de position de Valérie Pécresse à
l’encontre de l’inter LGBT, cette marche n’est pas qu’un défilé festif mais bien l’expression de nos revendications.
C’est montrer que chacun·es a sa place, quels que soient son orientation sexuelle, son identité de genre.
C’est affirmer que le respect et le droit à la différence ne s’arrêtent pas à la porte de l’entreprise et que par conséquent les employeurs doivent garantir l’égalité professionnelle et surtout lutter activement contre les LGBTQIA+phobies.
Rappelle-toi que tout conquête a nécessité la mobilisation du plus grand nombre.
En 2025, On ne marche pas seul, on marche ensemble. Fièrement. Pour que l’égalité ne soit plus un combat, mais
une réalité.
Le 28 juin, nous organisations syndicales appellent les travailleuses et travailleurs à rejoindre la marche des fiertés parisiennes :
14H00 à Palais Royal en direction de la Place de la Nation
Une soirée jeu – Moi, c’est madame ! – organisée par l’Union syndicale Solidaires 78 le vendredi 21 mars à partir de 19 h à la librairie La Nouvelle Réserve à Limay, suivie d’un apéro partagé (chacun·e apporte de quoi manger et boire)
Entrée libre et gratuite