Les partis politiques d’extrême droite sont indissociables de groupuscules violents tels que le GUD ou la Cocarde, qui recrutent en majorité des étudiant.es, et servent de viviers à ces partis. Un certain nombre de ces étudiant.es deviennent ensuite attaché.es parlementaires. Lors des dernières élections municipales, le renouvellement des cadres et la désignation de candidat.es RN de plus en plus jeunes, montrent combien la jeunesse est une cible pour élargir la base électorale de ce parti.
L’extrême droite développe une véritable campagne de séduction à l’égard des jeunesses en France. Le moteur de cette campagne est la montée en puissance de l’image du RN à travers Jordan Bardella qui se veut représentatif d’une jeunesse souriante, actif sur les réseaux sociaux, entouré de fans qui font des selfies,… bref un jeune cool qui parlerait le même langage qu’eux !
« La classe-promenade fut pour moi la planche de salut. Au lieu de somnoler devant un tableau de lecture, à la rentrée de la classe de l’après-midi, nous partions dans les champs qui bordaient le village. Nous nous arrêtions en traversant les rues pour admirer le forgeron, le menuisier ou le tisserand dont les gestes méthodiques et sûrs nous donnaient envie de les imiter. Nous observions la campagne aux diverses saisons, quand l’hiver les grands draps étaient étalés sous les oliviers pour recevoir les olives gaulées, ou quand les fleurs d’oranger épanouies au printemps semblaient s’offrir à la cueillette. Nous n’examinions plus scolairement autour de nous la fleur ou l’insecte, la pierre ou le ruisseau. Nous les sentions avec tout notre être, non pas seulement objectivement mais avec toute notre naturelle sensibilité. Et nous ramenions nos richesses : des fossiles, des chatons de noisetier, de l’argile ou un oiseau mort. » Célestin Freinet
La nécessité de faire sortir les élèves de l’école, lors de promenades et autres sorties au grand- air, apparaît dans les instructions officielles dès les débuts de l’école de la IIIe République. Cependant, à l’époque, il s’agit tout autant de développer la connaissance de leur milieu par les élèves, dans un souci purement pratique, que de leur faire faire de l’exercice physique. Plus tard, Edmond Blanguernon, enseignant puis inspecteur d’académie de l’enseignement primaire, instaure les « classes-promenade » en Haute- Marne. Nous sommes en 1909 et, pour lui, il s’agit d’orienter l’enseignement primaire vers des méthodes moins livresques et plus actives. Participant à améliorer le bien-être des élèves, les classes- promenades, qui finissent par être inscrites dans les programmes scolaires en 1923, sont également conçues comme un temps d’observation et d’apprentissage (1). Cette approche inspire ensuite Lucien Gachon, qui expérimente les classes- promenade en Auvergne dans les années 1920, et s’en sert notamment pour travailler la lecture de paysages (2), puis Célestin Freinet. Pour Freinet, la classe promenade consiste en une sortie libre, sans a priori ni nécessaire but (ce qui est contradictoire avec l’injonction faite aux enseignants, de nos jours, de motiver une sortie scolaire) ; elle doit être, de préférence, récurrente et a pour buts l’observation, l’expérience avec les pairs d’un espace souvent familier, le développement de la curiosité. C’est une approche sensitive des espaces explorés, qui mène à des restitutions de diverses natures (dessins, écrits, débats, questionnements…) puis à d’autres sorties (3). De nos jours, notamment face aux enjeux écologiques actuels, la « classe-promenade », qui n’a pas seulement vocation à s’intéresser aux éléments naturels, mais aussi aux réalisations humaines et aux humains, concerne plusieurs disciplines et se prête à des approches transdisciplinaires, a encore, sans aucun doute, toute sa place dans nos pratiques pédagogiques.
« La classe promenade : on observe, on s’arrête, on prend note, on dessine, on arpente, on cube, on marche, on s’arrête, on s’assied et à nouveau on explique, on prend note de mots, de phrases, on prépare sa composition française, on inscrit des données d’un problème, bref on fait provision de matériaux qui seront ensuite élaborés proprement, minutieusement à l’école même. Car après la classe de plein air, il faut faire la classe dans la classe, celle où on sort la langue dans la tension de l’effort après avoir bien respiré, bien ri et bien chanté, dehors dans la liberté de la nature sauvage, ou sur les routes civilisées ». Lucien Gachon, « La pédagogie de l’enseignement primaire », La Classe promenade, Journal des instituteurs
Classe promenade, quelles démarches administratives ?
Le ministère de l’Éducation distingue différents types de sorties scolaires en fonction de leur caractère obligatoire ou facultatif, de leur durée (avec ou sans nuitée : sortie scolaire vs voyage scolaire), de la distance parcourue (sortie de proximité, sortie scolaire, voyage scolaire), de la régularité (récurrente – piscine, bibliothèque, etc. ou occasionnelle), payante ou gratuite, etc. En ce qui concerne la classe promenade, elle est considérée comme une « sortie de proximité » Dans ce cadre, les règles à respecter sont : Documents à demander aux familles : s’il s’agit d’une sortie obligatoire qui a lieu sur le temps scolaire habituel, sans participation financière demandée aux familles, la classe promenade ne nécessite pas d’autorisation parentale ni d’attestation d’assurance. Autorisation – L’enseignant·e doit informer le/la directeurice ou sa hiérarchie (2d degré) de sa sortie (classe concernée, durée, lieu, etc.). Notification – L’enseignant doit informer les familles des conditions d’organisation de la sortie, y compris le lieu, le jour et les horaires. Durée – Depuis les nouveaux textes de 2024, le temps du midi ne fait plus basculer une sortie dans la catégorie facultative mais peut modifier le taux d’encadrement. Sécurité – En cas de plan Vigipirate, certaines sorties peuvent être suspendues pour assurer la sécurité des enfants. En cas de situation mettant sérieusement en cause la qualité de la séance ou la sécurité des élèves, l’enseignant·e suspend ou interrompt immédiatement la sortie et rend compte de tout incident à sa hiérarchie. Encadrement – Le projet de sortie de proximité est conduit par un·e ou plusieurs enseignant·es dans le cadre du projet d’école ou d’établissement, en appui des programmes scolaires et du projet pédagogique de la classe. À l’école maternelle, l’enseignant·e, accompagné·e d’un·e adulte, peut se rendre avec sa classe sur un lieu situé à proximité de l’école pour une durée globale qui ne dépasse pas la demi-journée de classe. Au-delà de 24 élèves, la présence d’un adulte supplémentaire est recommandée. À l’école élémentaire, l’enseignant·e peut encadrer seul·e sa classe pour une durée globale qui ne dépasse pas la demi-journée de classe. Dans le second degré, il appartient au/à la chef·fe d’établissement d’évaluer le nombre d’accompagnateurices nécessaire, au regard de ses obligations en matière de surveillance, et compte tenu de l’âge des élèves, de l’importance du groupe, de la durée du déplacement et des difficultés ou des risques que peut comporter le parcours des élèves. L’inclusion de tous les élèves – L’organisation des sorties scolaires nécessite la prise en compte des besoins d’aménagement et d’accompagnement des élèves en situation de handicap ou à besoin médical spécifique. Dès l’organisation du projet de sortie scolaire, la participation de ces élèves doit être anticipée sous tous ses aspects : destination, transport, aide humaine, organisation de soins, hébergement le cas échéant, etc. En particulier, le choix du prestataire de transport ou d’hébergement doit tenir compte de leurs besoins spécifiques. En aucun cas les frais supplémentaires liés à la participation d’un élève en situation de handicap ou à besoin médical spécifique ne peuvent être imputés à sa famille. Les AESH : dans la mesure où leurs missions sont centrées sur la prise en charge d’un élève, l’AESH ne peut être comptabilisé·e dans le taux d’encadrement de la sortie scolaire et participer à la surveillance de l’ensemble des élèves du groupe classe. • les volontaires en service civique, s’ils peuvent y participer, ne peuvent être en situation de surveillance ou d’encadrement d’un groupe d’élèves. Ils ne sont pas comptabilisés parmi les accompagnateurices nécessaires à l’encadrement d’une sortie.
En résumé Classe promenade = sortie de proximité > Sortie dans le cadre des horaires scolaires + gratuité = pas d’assurance, pas d’autorisation parentale > Informer en amont direction ou hiérarchie > En primaire et secondaire, l’enseignant·e seul·e peut encadrer, en maternelle, 2 adultes (par ex. l’Atsem) > Le temps du midi ne rend plus une sortie « facultative ».
Notes 1. Fabienne Serina- Karsky, Pratiques éducatives et bien- être de l’enfant à l’école : la contribution de l’Éducation nouvelle (1910- 2010). Pour un nouveau paradigme éducatif, Thèse de sciences de l’Education, Université Paris 8 Vincennes- Saint- Denis, 2013. 2. « Histoire d’une pratique éducative : la classe promenade », Le Nouvel éducateur, n° 183, novembre 2006. 3. « La classe promenade, notre outil d’exploration », Éduc’Freinet, n°266, février 2024.
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Durant toute la fin de l’année scolaire passée, la canicule nous a saisi·es et nous avons pu constater de nouveau l’impréparation des établissements scolaires et les décisions hasardeuses du ministère et des hiérarchies, alors même que ces situations ont lieu plusieurs fois chaque année maintenant. En juin, la canicule a duré 10 jours. 10 jours durant lesquels les élèves et les personnels ont subi des températures extrêmes dans les classes : 30°C, 40°C parfois 50°C étaient relevés dans les salles et dans les cours extérieures. 10 jours où nous avons vu des personnels et des élèves assis·es ou allongé·es dans les couloirs, lorsque ceux-ci étaient plus frais, où nous avons vu des élèves transpirant·es et rouges de chaleur, les larmes aux yeux ou ulcéré·es de ne pas savoir comment trouver du bien-être, où nous avons entendu les collègues parents de jeunes enfants parler de leurs nuits écourtées et de leur épuisement. 10 jours durant lesquels le ministère de l’Éducation nationale et les hiérarchies ont improvisé et n’ont pas pris au sérieux les risques pour la santé de toustes, malgré les avertissements et les recommandations de tous les organismes officiels comme le ministère de la santé ou l’organisation mondiale de la santé. Et pourtant, des fiches Santé et sécurité au travail ont été remplies à de nombreuses reprises, des malaises d’élèves et de personnels ont été signalés… 10 jours durant lesquels nous avons toustes souffert, physiquement et psychiquement, à devoir accueillir un maximum d’élèves dans des conditions dangereuses, avec la sensation de devoir assumer l’irresponsabilité des décideurs et décideuses. Les aménagements ont été bien tardifs, souvent déclenchés après le passage en vigilance rouge du département, le dimanche 21 juin, alors que nous suffoquions déjà depuis 5 jours.
Car, en effet, il fallait que nous soyons dans les établissements, coûte que coûte ! Il fallait que nous travaillions, il fallait que les élèves travaillent ! – Des examens ont été maintenus à l’Université de Versailles Saint-Quentin, malgré des températures allant jusqu’à 36°C. – Les épreuves du baccalauréat ont été maintenues, avec parfois des épreuves d’endurance sous 30°C. Des oraux ont eu lieu jusqu’au mercredi 24 juin, à 14h. – L’épreuve du brevet du vendredi 26 juin, où il a fait jusqu’à 40°C à l’extérieur, a été maintenue. Ceci après 9 jours de canicule, dans des établissements qui macéraient dans leur chaleur non évacuable la nuit et après plusieurs mauvaises nuits pour toustes. Des élèves se sont d’ailleurs endormi·es durant l’épreuve. – Si certains établissements ont pu acheter des ventilateurs, dans d’autres, il fallait compter sur les personnels et les familles pour prêter les leurs ! – Les pannes de courant qui ont eu lieu sur certains secteurs comme Triel, Mantes-la-Jolie, les Mureaux ou encore Limay, ont aggravé la situation dans les écoles et dans les foyers. – Sauf rares exceptions, les personnels de direction ont attendu la vigilance rouge et les consignes préfectorales pour proposer aux familles qui le pouvaient de garder les enfants à la maison. – Tardivement, les cours de l’après-midi ont été annulés (ou bien entièrement, ou bien partiellement…) mais des conseils de classe ou d’administration ont été maintenus en fin de journée, y compris lorsque les personnels ont réclamé une visio, pour pouvoir se mettre à l’abri de la chaleur dans leurs propres logements. – Des mairies irresponsables ont refusé que les emplois du temps des collègues Atsem soient aménagés. – L’obsession pour le travail est telle qu’il est même des établissements où les chef·fes imposent des journées de prérentrée plus longues, pour compenser les heures non travaillées du fait de la canicule ! – Enfin, ce n’est qu’au passage en vigilance rouge, alors même que les températures étaient déjà extrêmes dans les établissements, que les personnels dit·es vulnérables se sont vus proposer la possibilité de ne pas se rendre au travail ! Mais là encore, les inégalités de traitement ont été perceptibles : des collègues AESH, par exemple, ont dû remplir des attestations sur l’honneur témoignant de leur vulnérabilité, contrairement aux autres catégories de personnels.
On voit bien, avec toutes ces situations issues de plusieurs établissements des Yvelines, à quel point le manque de clarté et de préparation conduit à la mise en danger des individus lors de ces épisodes caniculaires. Le caractère aléatoire des décisions amplifie les risques et le sentiment d’insécurité. Le cas par cas ne peut en aucun cas se substituer à un cadrage commun.
Nous appelons les personnels à se mobiliser pour défendre leurs conditions de travail en signalant les situations dangereuses pour leur santé et pour celle des élèves dans le Registre santé et sécurité au travail, en s’emparant du Document unique d’évaluation des risques professionnels et en s’adressant directement à leurs chef·fes de service pour exiger la mise en place d’un protocole clair, précis et activable rapidement, a minima sur la base des recommandations ministérielles qui ne sont toujours pas respectées dans trop d’établissements. Le faire en cours d’année, avant les grandes chaleurs, permettra sans aucun doute de mieux inciter nos hiérarchies à anticiper et agir !
Pour atténuer les effets de la canicule et assurer au mieux la protection des élèves et des personnels, SUD éducation 78 exige :
>> Un protocole clair, précis et activable rapidement dans tous les établissements, inscrit dans le DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels), comportant les éléments suivants : – La mise à disposition d’eau et l’installation de points d’eau pour se rafraîchir. – Dès 28°C dans les classes, l’annulation de tous les cours de l’après-midi et la possibilité pour les élèves comme pour les personnels, notamment vulnérables, de ne pas se rendre dans les établissements, avec au besoin un système tournant pour assurer la surveillance des élèves qui seraient présent·es ; et ceci, sans mise en place de cours en distanciel car les capacités cognitives sont largement impactées durant la canicule et de nombreuses familles ont des logements qui ne les protègent pas. Des cours en distanciels accentueraient ainsi les inégalités entre les élèves qui disposent de logements les protégeant de la chaleur et celles et ceux dont les logements sont des fournaises. De même, les cours et réunions annulées du fait de la canicule ne sauraient donner lieu, a posteriori, à du temps de travail supplémentaire, considéré comme un rattrapage ! – Dès 30°C, l’annulation des événements sportifs ou festifs extérieurs. – Le repérage clair et diffusé à tous les personnels des salles les plus chaudes / les moins chaudes. – Si des conseils de classe, d’école ou d’administration doivent se tenir, qu’ils puissent se faire en distanciel. – L’adaptation des services de restauration, pour protéger les personnels agent·es : repas froids ; décalage de la plonge à des horaires plus favorables ; aménagements des horaires.
>> Un investissement des collectivités territoriales et de l’État dans l’adaptation et la rénovation des établissements : A minima, des solutions provisoires comme : – l’investissement dans des machines programmables pour la plonge, à déclencher la nuit afin de limiter les effets de la chaleur dégagée sur les agent·es ; – la mise à disposition de ventilateurs pour les salles de classe et les bureaux ; – la réparation des fenêtres qui ne ferment pas ; – la réparation de tous les volets extérieurs et l’installation de volets extérieurs là où il n’y en a pas ; – l’installation de film de protection solaire sur les fenêtres exposées au soleil.
Derrière le discours, il y a les chiffres. Alors que le ministre Edouard Geffray se veut optimiste en assurant que le manque d’enseignant·es sera cette année “marginal”, ce sont pas moins de 50 000 élèves en situation de handicap qui se retrouvent sans AESH à la rentrée 2026. Le ministère ne respecte donc pas la loi de 2005, les préconisations de la MDPH et laisse sur le carreau des milliers d’élèves.
Par ailleurs, le manque de moyens dont souffre le service public d’éducation s’illustre par les cyberattaques que le ministère a subies cet été et leurs graves conséquences, en particulier dans les académies de Toulouse et de Nantes. L’absence de communication officielle du ministère sur l’ampleur et les implications de ces attaques qui concernent tout à la fois les agent·es et les élèves, crée un climat de défiance qui porte atteinte au service public d’éducation. Cet épisode est révélateur d’un manque d’investissement, d’une carence en moyens techniques, humains, financiers pour assurer l’indispensable sécurisation qui devrait accompagner le développement informatique.
Un service public d’éducation défaillant, des classes surchargées, des salaires trop bas …Mobilisons-nous toutes et tous le 29 septembre pour la défense du service public !
Depuis la mort de Lyannah, les mobilisations féministes, enfantistes et syndicales se multiplient à travers tout le pays pour exiger la fin de l’omerta et une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Les violences sexistes et sexuelles sont massives, systémiques et structurantes dans notre société. Le ministère de l’Education nationale n’échappe pas à ce système. Toutes ces violences sont le résultat de la domination patriarcale et touchent davantage les filles, les femmes et les personnes LGBTQIA+. Chaque année, plus de 160 000 enfants et 325 000 femmes en sont victimes en France, tandis que les agressions lesbophobes et transphobes continuent de progresser.
Mobilisons-nous le 7 septembre contre les violences sexistes et sexuelles ! Lire le communiqué
Pour une autre société, une autre école, syndiquez-vous !
Le syndicat est notre outil collectif pour défendre nos droits et nos conditions de travail mais aussi pour revendiquer de vraies transformations sociales : à SUD éducation, on défend pied à pied la justice sociale et environnementale.
SUD éducation souhaite une bonne rentrée à l’ensemble des personnels du premier degré ! Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs n’ont cessé de dégrader le service public d’éducation. Nous manquons de tout : de personnels médico-sociaux, d’AESH et d’enseignant·es… Nos élèves doivent apprendre dans des établissements amiantés et inadaptés au changement climatique, dans des classes aux effectifs trop importants, sans les heures d’accompagnement dont elles et ils devraient disposer, sans moyen pour mettre en place une politique de lutte contre les discriminations. Les réformes successives de Macron ont renforcé le tri social de nos élèves. Les équipes de SUD éducation mènent des campagnes de terrain pour améliorer le quotidien de tou·tes. Il y a urgence à se mobiliser pour un service public d’éducation, inclusif, gratuit et émancipateur dès le 29 septembre et toute l’année.
En 2026, c’est également l’année des élections professionnelles. Voter SUD éducation, c’est voter pour un syndicat qui :
fait de la lutte contre le sexisme, le racisme, le validisme, les lgbtiphobies ou toute autre forme de discrimination au travail une priorité ;
défend les collègues attaqué·es par l’extrême droite parce que nous sommes engagé·es pour la mise en place d’une école émancipatrice, publique et laïque ;
se bat pour la mise en place effective de l’EVAR pour tou·tes nos élèves ;
agit pour la justice climatique en faveur de la rénovation du bâti scolaire.
SUD éducation revendique :
une revalorisation salariale et une réduction du temps de travail pour tou·tes les personnels ;
l’abrogation du jour de carence et la rémunération à 100% des congés maladie ;
un budget spécifique pour la mise en place de plans de lutte contre les discriminations, et en particulier contre les violences sexistes et sexuelles au travail ;
Un recrutement massif d’enseignant·es et de personnels spécialisé·es ;
la baisse du nombre d’élèves par classe.
Syndiquez-vous
Pour défendre nos droits et en gagner de nouveaux, faisons de l’action unitaire et collective un levier de lutte et de progrès social. Il est urgent de nous organiser afin de défendre nos conditions de travail mais aussi les valeurs d’égalité, de justice et d’émancipation chères au service public d’éducation, à ses personnels et à SUD éducation.
À peine un mois après la publication du décret raciste et antisocial imposant les frais d’inscription différenciés pour la majorité des étudiant·e·s étranger·ère·s non-européen·ne·s, le ministère de l’enseignement supérieur revient à l’attaque sur la question du prix à débourser pour pouvoir étudier, et cette fois-ci cela concernerait bien tous·te·s les étudiant·e·s !
En effet, depuis plusieurs mois, le ministère a réuni des “Assises de l’Enseignement Supérieur”pour réfléchir à l’avenir des universités, notamment en ce qui concerne leurs budgets. Le tout bien évidement dans une perspective capitaliste et néolibérale de sélection pour faire de l’université un lieu réservé aux enfants de bourgeois·e·s. Le rapport de ces “Assises” n’a pas encore été publié, cependant le ministère a commencé à dévoiler son projet lors du dernier CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche). Hier, le ministère de l’Enseignement supérieur a ainsi annoncé faire passer de 2,5 % à 10 % la part du budget des universités financée par les frais d’inscription.
L’État se désengage du financement de l’université publique et ce sont les étudiant·e·s qui devront compenser en payant 4 fois plus pour étudier ! Entre 1000 et 15000 euros l’année d’étude !
Depuis des années, Macron et ses gouvernements attaquent l’université publique. Après les frais d’inscription exorbitants imposés aux étudiant·e·s étranger·ère·s avec la politique « Bienvenue en France », ils s’attaquent désormais à l’ensemble de la jeunesse. Leur objectif est simple : faire de l’accès à l’université un privilège réservé à celleux qui peuvent payer.
Les écoles d’ingénieur·e·s subissent déjà de leur côté, des augmentations de leurs frais d’inscription. On peut citer les écoles du groupe Mines-Telecom qui voient leurs frais augmenter de 30% entre 2024 et 2027, pour atteindre des sommes allant de 3400 à plus de 4800 euros par an. Cela renforce encore plus cette fabrique à élitisme partout, enlevant de fait le droit aux prolétaires de devenir ingénieur·e·s.
Le gouvernement veut multiplier par 4 les frais d’inscription, ce qui va endetter les étudiant·e·s encore plus pour payer leurs études. Le renforcement de l’autonomie financière des universités, va amener celles-ci à rechercher des financements privés, pour compenser la perte de l’argent public, en se tournant vers des entreprises écocidaires et génocidaires comme Thalès ou Total.
Ce projet du gouvernement c’est : moins d’argent public, plus de sélection sociale et plus de dépendance aux entreprises génocidaires.
Alors que la précarité étudiante explose, que des millions d’étudiant·e·s sautent des repas, renoncent à des soins ou vivent dans des logements indignes, le gouvernement trouve une nouvelle fois des milliards pour l’armée mais prétend ne plus pouvoir financer correctement les universités. Ce choix est politique.
Nous refusons une université à l’américaine où les étudiant·e·s s’endettent pour étudier. Nous refusons que l’avenir de l’enseignement supérieur soit dicté par les logiques du marché. Nous refusons que le droit aux études dépende du portefeuille des familles.
L’enseignement supérieur est un droit, pas une marchandise.
Solidaires Étudiant-e-s appelle les étudiant·e·s à s’organiser et à se mobiliser contre cette nouvelle offensive. Face à la casse du service public, face à la sélection sociale et à la marchandisation de l’université, nous construirons le rapport de force nécessaire pour faire reculer le gouvernement. Aucune victoire ne sera obtenue sans mobilisation et organisation collective !
Rejoins la lutte contre l’augmentation des frais d’inscription ! Rejoins Solidaires étudiant-e-s ! Le syndicat de luttes, de classes et révolutionnaire.
Le collège Sully rencontre des difficultés qui ont atteint leur apogée le lundi 8 juin 2026. L’établissement est un collège situé en zone péri-urbaine classée en “zone prévention violence / politique de la ville” accueillant environ 600 élèves et faisant partie des 800 collèges les plus en difficulté au niveau national. Nous ne voulons pas que la communication autour des événements graves de lundi éclipse le travail quotidien des élèves, des parents, des professeurs et des personnels qui, chaque jour, œuvrent pour la réussite de tous dans un climat apaisé. C’est pourquoi nous tenons à rétablir les faits et à expliquer les actions menées actuellement pour un retour à la sérénité.
1. Les évènements du lundi 8 juin 2026
Des bagarres entre élèves ont émaillé la journée du lundi 8 juin en l’absence d’un encadrement suffisant et suite au non remplacement des personnels en arrêt. Dès la récréation de 10 heures, dans la cour, des altercations isolées sont apparues parmi les élèves. Ces dernières ont été favorisées par un encadrement insuffisant, malgré la présence de personnels de différents services qui ont essayé de compenser ce manque.
Ces mêmes tensions sont réapparues aux différents moments de pause sur le temps méridien et à la récréation de 15 heures, où ces dernières ont culminé. Une AED (surveillante), suivie d’une CPE, interviennent pour séparer une première bagarre. Une foule agitée se forme autour de celle-ci, certains élèves se jetant à terre et les uns sur les autres, obligeant deux enseignants à intervenir pour dissiper la foule. La principale alertée par la rumeur dans la cour, intervient à son tour suivie de son adjoint. Les élèves bagarreurs sont isolés tandis que des groupes d’élèves se forment dans le but de prolonger, de nouveau, les bagarres et d’intensifier le mouvement de foule.
Les collègues venus en renfort sont impuissants face à un groupe de plusieurs centaines d’élèves incontrôlables. Certains personnels séparant les élèves ont reçu des coups perdus. Les tensions se poursuivent après la fin des cours : une mère d’élève venue chercher son fils menacé est empêchée de sortir par des élèves qui veulent en découdre. Ce dernier est mis en protection au sein des locaux.
Ayant peur que de nouvelles altercations surviennent, une dizaine de personnels décide d’assurer la sécurité aux abords du collège. La majorité des élèves encore présents montent alors dans les bus de manière sereine. Les forces de l’ordre reviennent alors progressivement et font état de la situation aux abords du collège et dans le centre-ville de Rosny-sur-Seine, où l’on apprend que les altercations se poursuivent. Les agressions filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ne se déroulent donc pas dans ou aux abords du collège ni en présence d’un quelconque membre du personnel. Nous les condamnons fermement et nous apportons un soutien inconditionnel aux élèves blessés ainsi qu’à leurs familles et également à l’ensemble des jeunes choqués par ces incidents et victimes de la situation.
Ces événements résultent de plusieurs mois voire années de tensions accumulées au sein du collège. Ces dernières sont dues à un manque de moyens humains et matériels et des effectifs à 30 élèves par classe, le tout dans un contexte socio-économique défavorisé auquel s’ajoutent un absentéisme et des violences verbales et physiques croissantes. Dans ce cadre difficile, les personnels peinent à mener à bien les projets entrepris en classe et dans l’établissement en faveur de la réussite des élèves et d’une plus grande ouverture à l’autre et au monde.
2. La mobilisation des mardi 9 juin et mercredi 10 juin 2026
Le mardi, l’ensemble des personnels et quelques représentants des parents d’élèves se sont réunis en assemblée générale en début de matinée et a échangé au sujet de la situation déjà abordée à plusieurs reprises depuis le mois de janvier, entre autres avec le DAASEN (Directeur Adjoint Académique des Services de l’Éducation Nationale). Les personnels se sont ensuite rassemblés au réfectoire pour pouvoir échanger avec M. Rogie (DAASEN) et M.Perillat (Conseiller Technique Établissement Vie Scolaire) qui se sont déplacés suite à ces évènements d’ampleur inédite, accompagnés par Mme Moussaoui (principale) et M. Pezet (principal-adjoint).
Lors de cette réunion de crise, les personnels de l’ensemble des services ainsi que les représentants présents ont pu exprimer leurs inquiétudes et soumettre leurs demandes pour une reprise des cours apaisée, cadrée et rapide. Les échanges ont duré presque quatre heures.
L’ensemble des personnels se sont accordés à dire que nous ne pourrions reprendre les cours sereinement qu’en accueillant les élèves en demi-jauge et uniquement après avoir identifié les élèves initiateurs de ces incidents graves. Un bon nombre des élèves initiateurs ont déjà été placés en mesure conservatoire mais le DAASEN a refusé l’accueil en demi-jauge. Nous considérons cette décision inadaptée à la situation de tension qui règne dans la communauté éducative et qui impacte les élèves, les familles et les personnels.
C’est pourquoi nous avons décidé, ce mercredi 10 juin, de poursuivre nos actions afin d’obtenir satisfaction. Notre premier objectif est alors d’assurer une communication claire et détaillée à destination des familles qui, nous en sommes conscients, font face à un manque d’informations et une certaine incompréhension. Nous souhaitons également une demande d’audience avec le DASEN, principalement pour faire entendre nos revendications.
3. Nos revendications
L’équipe s’accorde sur les revendications suivantes :
a. Reprise des cours en demi-jauge jusqu’à la fin de l’année b. Nomination définitive de deux CPE à temps plein c. Renfort pérenne d’AED d. Nomination d’un Assistant Pédagogique à temps plein e. Passage du collège en REP f. Inclusion à la Cité Éducative du Mantois
La mobilisation ne prendra fin que lorsque nos revendications auront été entendues et que des mesures à la hauteur des problématiques de notre établissement auront été effectivement mises en place pour la sécurité, le bien-être et la réussite de nos élèves avant tout.
Les personnels et les familles du Collège Sully
Le Parisien
“Ce jeudi, une opération « collège mort » y avait été organisée, empêchant les cours de se tenir. Cette opération faisait suite à une série d’incidents violents survenus lundi. Dans la journée, des bagarres avaient éclaté d’abord dans la cour de récréation avant de se terminer dans la rue. La police avait été obligée d’intervenir et des témoins avaient même parlé de « lynchages » entre collégiens. Pour répondre à l’inquiétude des quelque 40 professeurs et des parents d’élèves, des responsables de la direction académique des Yvelines se sont rendus sur place ce jeudi et ont annoncé, dans la soirée, plusieurs mesures.”
Dans le cadre de « la » journée de grève des AESH, un rassemblement est organisé à Mantes-la-Jolie de 10 h 30 à 13 h devant la mairie de Mantes-la-Jolie à l’appel du Collectif AESH 78 et de SUD éducation 78.
Tract SUD éducation : AESH : en grève le 9 juin pour le statut !
Les AESH ont des raisons d’être en colère : salaires très bas, temps incomplets imposés, exercice dans plusieurs établissements et toujours pas de statut de fonctionnaire ! Pour obtenir un statut et un meilleur salaire, SUD éducation appelle, avec une large intersyndicale, à la grève et à la mobilisation le 9 juin.
Des prévisions ministérielles inadmissibles
Le 20 mai, SUD éducation était reçue avec les autres organisations syndicales par la direction générale des ressources humaines du ministère de l’Education nationale. Cette dernière a présenté ses réflexions sur une éventuelle titularisation des AESH.
Si SUD éducation se félicite que la question de la titularisation soit enfin sur la table, les prévisions ministérielles sont scandaleuses. Elles prouvent une nouvelle fois le mépris du Ministère à l’égard des AESH qui se mobilisent maintenant depuis plusieurs années pour obtenir un vrai statut et une meilleure rémunération. En résumé, si la création d’un statut de catégorie B est bien envisagée, le temps plein à 24 heures hebdomadaires est écarté. Les 35 heures seront donc privilégiées en demandant aux AESH d’effectuer d’autres tâches que l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers.
SUD éducation revendique toujours un temps plein à hauteur de 24 heures et a insisté auprès du Ministère sur la prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul du temps de travail, comme pour les enseignant·es. La droite et le ministre bloquent la titularisation Le mercredi 7 février, la gauche a défendu une proposition de loi visant la titularisation des personnels AESH, pour laquelle SUD éducation avait été auditionné en décembre dernier. La droite, majoritaire au Sénat et soutenue par le gouvernement, a voté contre la proposition de loi et a exprimé par la même occasion son mépris aux quelque 145 000 AESH employées par le Ministère de l’Éducation nationale.
SUD éducation s’insurge contre les propos tenus par les sénateur·rices de droite, invoquant “des rigidités supplémentaires qui bloqueront un système déjà bancal”.
La position du ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, qui explique que “la création d’un corps serait intenable par rapport au reste de la fonction publique” en raison du temps de travail incomplet des AESH, reste quant à elle inadmissible. Un métier essentiel qui doit être reconnu Pourtant, les AESH sont essentielles pour le service public d’éducation. Le ministère qui se targue d’être précurseur d’une école inclusive exemplaire semble ignorer l’importance de l’accompagnement des élèves à besoin éducatif particulier. Or, notamment avec l’apparition des PIAL, puis des PAS, les AESH ont vu leurs conditions de travail se détériorer fortement : jusqu’à trois élèves à accompagner dans la même classe, exercice sur plusieurs établissements, mutations forcées … Sans parler du nombre d’élèves toujours plus important à qui il manque un accompagnement au regard de leur notification.
SUD éducation revendique :
la titularisation des AESH dans un corps de fonctionnaire, sans conditions de concours pour les personnels déjà en poste ; l’augmentation des salaires et la création d’une grille de rémunération prenant en compte l‘ancienneté des agent·es.
La proposition de loi visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire dite “Loi Bétharram”, portée par Violette SPILLEBOUT et Paul VANNIER [1] a été adoptée dans la nuit du 1er juin 2026.
Malgré des délais raccourcis (Merci Attal !) et de nombreux amendemants du Modem, de LR et du RN se faisant le relais des pressions de la conférence des évêques de France, l’adoption de ce texte permmettra notamment :
– le renforcement du contrôle des intervenant·es susceptibles d’être au contact des enfants dans les écoles et le milieu périscolaire : instauration d’un “certificat d’honorabilité” obligatoire à renouveler tous les 3 ans, création d’une “liste noire” d’individus au comportement dangereux, …,
– l’accentuation du contrôle de l’état sur les établissements privés,
– la reconnaissance solennelle par la nation des violences physiques, psychologiques et sexuelles subies par des enfants dans le cadre scolaire et périscolaire, ainsi que les manquements graves des autorités publiques qui ont permis leur perpétuation” (?),
En revanche, devant l’opposition des plus réactionnaires, certaines mesures ont été abandonnées, por ahora [2] :
– la création d’un fonds national d’indemnisation pour les victimes qui ne pourraient pas aller en justice du fait des délais de prescription notamment,
– le dispositif prévoyant le renouvellement des contrats d’associations,
– l’article prévoyant l’obligation pour les prêtres de dénoncer les actes de pédocriminalité entendus dans le confessionnal.
Reste à inscrire rapidement ce texte à l’ordre du jour du Sénat pour qu’il puisse – on l’espère – entrer en vigueur dès la rentrée 2026.
[1] : Paul Vannier s’est retiré des rapporteur·ices en raison du refus des macronistes de soutenir l’examen d’un texte proposé par un membre de La France insoumise,