Skip to content

Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

Catégories
Éducation

Non à la suppression de la Technologie en Sixième

Communiqué SNES-FSU, SNEP-FSU, SE-UNSA, SNFOLC, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education – SUD éducation

Les organisations syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU, SE-UNSA, SNFOLC, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education s’opposent fermement à la suppression de la technologie en Sixième et contestent à la fois la forme et le fond de cet arbitrage.

Le ministère a annoncé par voie de presse son intention de supprimer l’enseignement de technologie en 6eme. Cette décision n’a été ni présentée, ni discutée dans aucune instance de dialogue social avec les organisations représentatives. La circulaire « Renforcer la maîtrise des savoirs fondamentaux des élèves en CM1, CM2 et 6e (cycle 3) pour faciliter leur entrée au collège » parue au BO le 12 janvier n’y fait pas davantage référence. Le Ministre est décidément bien mal inspiré de renouer ainsi avec les méthodes verticales et autoritaires de son prédécesseur.

La suppression de la technologie en Sixième retirerait aux élèves la possibilité de découvrir une nouvelle dimension de la technologie ancrée dans les sciences et techniques qui concourt à la compréhension du monde qui les entoure. Faut-il comprendre que le programme de sciences et technologie en Sixième pourrait être supprimé ? Ou serait-il laissé à la responsabilité des collègues de SVT et de physique-chimie sans horaire supplémentaire ?

Pour financer le nouvel accompagnement des élèves en mathématiques ou en français, aux contours très flous, et le loger dans les 26 heures élève par semaine, le ministre fait donc un choix très contestable en supprimant une discipline pourtant initiée au primaire.

Cette décision confirme que ce sont bien des logiques budgétaires et de ressources humaines (suppressions d’emplois et pénurie de professeurs de technologie) qui ont guidé cet arbitrage avant même toute considération pédagogique. Cette décision va mettre en danger les postes des collègues de technologie qui pourraient se retrouver en complément de service dans un autre établissement à la rentrée voire être victimes d’une mesure de carte scolaire.

L’urgence est à la baisse des effectifs par classe pour mieux accompagner les élèves dans leurs apprentissages et à la revalorisation des métiers de l’enseignement pour juguler la crise de recrutement.

Les organisation syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU, SE-UNSA, SNFOLC, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education demandent au ministre de revenir sans attendre sur son initiative et rappellent qu’aucun texte réglementaire ne la permet. A l’heure où les conseils d’administration des collèges sont réunis pour débattre et adopter la répartition de la dotation horaire globalisée (DHG) pour la rentrée 2023, l’organisation des enseignements ne saurait être bouleversée à la dernière minute sans concertation ni prise en compte des conséquences pour les personnels concernés.

Les organisations syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU, SE-UNSA, SNFOLC, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SNALC et Sud Education soutiennent la pétition lancée par les associations disciplinaires de technologie et invitent tous les collègues à la signer : Non à la suppression de la technologie en 6eme

Pétition lancée par des associations de collègues de technologie et soutenue par les organisations syndicales

Catégories
Retraites

Mobilisation contre le recul de l’âge de départ à la retraite : lettre ouverte aux maires et élu·es du bassin de Mantes

À Mantes, comme partout dans le pays, la mobilisation contre le projet du gouvernement sur les retraites prend une grande ampleur. C’est un enjeu social et économique crucial qui engage l’avenir de millions de personnes, à l’échelle du pays comme au niveau local.

Alors que 93 % de la population active refuse ce projet, se pose la question du fonctionnement démocratique de notre société, au niveau national comme au niveau local.

Aujourd’hui, des travailleur·es et des habitant·es du Mantois sont décidé·es à s’organiser, ici et maintenant, et à se coordonner pour informer, débattre et lutter contre ce projet inégalitaire, injuste et discriminatoire. Ils et elles le font sur leur lieu de travail et dans la rue, en organisant des rassemblements et des manifestations.

Une démocratie sociale et locale sans domicile fixe

Mais, nul part sur le bassin, nous ne disposons d’une salle ou d’un local permettant la tenue d’assemblées générales, outil incontournable de rencontre, de débat, de confrontation des idées et de coordination interprofessionnelle entre les différents secteurs mobilisés.

Dans la rue pour lutter : oui ! À la rue pour débattre et échanger… non !

Nous, organisations syndicales et collectifs de lutte contre le projet du gouvernement, salarié·es et habitant·es du Mantois, avons décidé d’interpeller publiquement les maires et élu·es de nos communes pour qu’ils et elles témoignent concrètement de leur engagement à nos côtés – ou simplement de leur attachement au débat démocratique – en mettant une salle à notre disposition tout au long de ce mouvement, car il n’y a pas de démocratie vivante sans démocratie sociale – et locale effective.

Nous restons à la disposition des élu·es qui souhaiteraient nous rencontrer pour nous proposer des solutions … mais il y a urgence, tant la colère et la détermination sont grandes !

Catégories
Actu Solidaires 78 En grève ! Retraites

Nous luttons pour gagner ! Déclaration du comité national de Solidaires le 12 janvier 2022

Réunis en comité national les 11 et 12 janvier 2023, l’Union syndicale Solidaires et l’ensemble de ses structures s’engagent totalement dans la bataille des retraites qui vient de commencer.

Emmanuel Macron et Elisabeth Borne décident de voler nos vies et notre droit à la retraite en bonne santé. La société qu’ils nous construisent est mortifère sur tous les plans. Rien ne justifie économiquement, ni aujourd’hui ni demain, une telle réforme. Elle s’inscrit dans l’idéologie capitaliste qui vise à nous faire travailler toujours plus pour enrichir, préserver et augmenter les revenus des actionnaires et des plus riches, pour attirer leurs capitaux.

Dans un contexte international tendu, après plus d’un an d’inflation qui fait décrocher les salaires, les pensions et les minimas sociaux, le gouvernement cherche à imposer une régression sociale massive. Elle s’inscrit dans la suite des attaques contre les droits des chômeuses et chômeurs, contre l’accès inconditionnel au RSA et contre les locataires en difficulté. Le projet de loi sur l’immigration est répressif et utilitariste vis-à-vis des travailleuses et travailleurs sans papiers. Pour l’égalité des droits, la régularisation de toutes et tous les sans-papiers est urgente, en commençant par nos camarades en grève depuis plus d’un an à DPD et Chronopost.

En France, nous vivons un moment où les dysfonctionnements graves des services publics s’accélèrent, en particulier celui de la santé, où les pénuries, notamment de personnel, de médicaments et d’énergie, montrent la fragilité de notre système productif, cassé par des décennies de libéralisation et de mises en concurrence, où la loi du profit prime sur le bien commun… Tout cela sur fond de répression de plus en plus violente.

Ça suffit ! La bataille des retraites doit-être le tombeau de leur politique anti-sociale.

Aujourd’hui, il y a urgence sociale et écologique à imposer un autre partage du travail et des richesses. Nous avons de nombreuses propositions pour construire une société de la justice sociale et de l’égalité, débarrassée des exploitations et dominations.

Gagner cette lutte passera, dans les semaines qui viennent, par notre capacité à continuer à construire une dynamique intersyndicale unitaire la plus large possible pour convaincre les travailleuses et travailleurs de sortir de la résignation et de passer à l’action. Il sera aussi important de multiplier les initiatives à toutes les échelles.

Nous savons que la bataille va durer. Le jeudi 19 janvier sera une première journée massive de débrayages, de grèves et de manifestations. Nous allons construire la mobilisation pour lui faire gagner en intensité et en rapport de force, par la participation du plus grand nombre, dans les secteurs, les entreprises, les administrations, les lieux d’études, dans les territoires et l’ensemble de la société… Nous allons pousser au maximum à la construction et au développement d’assemblées générales, d’espaces démocratiques, qui donnent le pouvoir aux travailleuses et travailleurs mobilisé.es.

Notre capacité à nous coordonner au niveau interprofessionnel sera déterminante. De la même manière, le 8 mars sera certainement sous le signe des retraites. Nous le savons, la grève, y compris reconductible, le blocage de l’économie seront nécessaires pour gagner. Le gouvernement en porte la responsabilité. Nous restons dans le même temps vigilant.es à la situation sociale générale : elle est explosive et tout peut s’accélérer rapidement. Nous sommes prêt.es. Nous luttons pour gagner !

Catégories
En grève ! Ressources juridiques Retraites

Dossier Retraites (2022-2023) : s’informer, se défendre, agir

Les analyses, positions et le matériel de Solidaires, de ses syndicats et unitaires sur la réforme des retraites à venir.

Tracts et communiqués Solidaires

Les analyses Solidaires

Le simulateur pour voir les conséquence sur votre retraite du collectif Nos Retraites (cliquer ici)

D’autres analyses

Déclarations unitaires intersyndicales

Les visuels Solidaires

Tout est dans la médiathèque (des dizaines de visuels en jpg et PDF, avec plusieurs formats)

les vidéos Solidaires

De nombreux films dans la vidéothèque

Matériel Solidaires des secteurs et territoires

SUD Rail : Retraites : la farce du grand-père ! (2 janvier 2023)

Dossier retraites de la fédération SUD Education

SUD Solidaires Urbains / interurbains : Retraites : soyons prêts à riposter (décembre 2022)

SUD Solidaires Urbains / interurbains : Retraites : ce que nous voulons (décembre 2022)

SUD PTT : Macron et les retraites (interview) Ni vu, ni connu, j’t’embrouille !(novembre 2022)

Catégories
En grève ! Ressources juridiques

Fiche N° 7 – Le droit de grève

Inscrit à l’article 7 du préambule de la Constitution de 1946, lui-même référencé dans la Constitution de 1958, le droit de grève est un droit constitutionnel. Dans la tradition du monde du travail, la grève est un rappel de la place centrale qu’occupe le/la travailleur·euse. Sans travailleur·euse, pas d’entreprise, pas de production… La grève est là pour rappeler à ceux qui l’oublient trop souvent : les salarié·e·s sont au cœur de l’entreprise, sans eux et sans elles rien ne fonctionne !


Qui peut faire grève ?

Tout·e salarié·e peut faire grève, mais en respectant certaines conditions. On ne peut donc pas décider tout·e seul·e d’une cessation individuelle de travail, ce qui ne constituerait pas une grève. En revanche, lorsqu’une personne, même seule dans son entreprise, entend s’associer à une grève nationale et décide en conséquence d’un arrêt du travail, il n’y a pas de problème.

Tout·e salarié·e peut s’associer à un mouvement de grève, même si aucune revendication particulière à l’entreprise n’a été formulée et même si le/la salarié·e est seul·e à suivre ce mot d’ordre dans l’entreprise. Il est donc possible de faire grève quand des appels nationaux sont déposés, par exemple par une organisation membre de l’Union syndicale Solidaires.

Le droit de grève est une liberté individuelle, garantie par la loi. En dehors des policiers, des militaires, des magistrats et de « services minimums » imposés dans les transports publics et les radios/télévisions, tout·e salarié·e, syndiqué·e ou non, a le droit de faire grève. Aucun employeur ne peut empêcher un·e salarié·e de faire grève, aucun employeur ne peut sanctionner un·e salarié·e pour avoir utilisé le droit de défendre ses intérêts !

Même dans les petites entreprises, le droit de grève existe : il faut le faire respecter !

Je ne suis pas syndiqué·e, je peux quand même faire grève ?

Oui, sans problème. Que vous soyez syndiqué·e ou non n’a aucune importance : en vous référant à un mot d’ordre de grève nationale déposé par les syndicats. Que vous soyez salarié·e du secteur public ou du secteur privé, vous êtes couvert·e !

Est-ce que je peux être sanctionné·e pour avoir fait grève ?

Non ! Aucune sanction ne peut vous être appliquée pour ce motif. Une sanction ou un licenciement pour fait de grève seraient automatiquement déclarés nuls par les tribunaux !

Pour mon salaire, cela se passe comment ?

Dans le cas normal, l’employeur peut retenir sur le salaire de la personne en grève la fraction de salaire correspondant à la durée pendant laquelle le/la salarié·e est en grève. Aucune autre retenue ne peut être appliquée.

Vous pouvez faire grève pour la durée que vous décidez, une heure, une demi-journée, une journée ou plus ! Il ne peut pas y avoir de mention sur le bulletin de paie de l’exercice du droit de grève.

Mon employeur peut-il m’interdire de faire grève ?

Non, il ne le peut pas. Mais attention toutefois à respecter les procédures prévues, en particulier le délai de prévenance qui s’applique notamment au secteur public ou de transport. Dans certains secteurs comme la santé, les grévistes peuvent être réquisitionné·e·s.

Quelles formalités ?

Si la grève suppose l’existence de revendications professionnelles, aucune condition n’est fixée quant à la manière dont elles ont à être communiquées à l’employeur.

Ainsi, à l’exception des secteurs soumis à préavis, l’absence de toute formalité préalable obligatoire conduit donc à la validité des grèves surprise.

Une grève ne saurait perdre son caractère licite du fait qu’elle n’a pas été précédée d’un avertissement ou d’une tentative de conciliation.

Mon employeur peut-il m’interdire de poser un jour de RTT, ou un jour de congé les jours de grève ?

Oui, mais uniquement pour motif impératif de service, tout comme un jour de congé normal ou une RTT normale.

Mais il n’est fait nulle obligation aux salarié·e·s d’être spécifiquement présent·e·s les jours de grève dans leur entreprise : tout·e salarié·e peut poser un jour de congé, un jour de RTT, un jour de repos compensateur ou de récupération, ou aussi… être malade !

Vous devez poser votre demande dans les délais habituels à votre entreprise, et votre employeur ne peut vous refuser votre congé que pour les motifs qui s’appliquent habituellement, c’est-à-dire principalement le sous-effectif du service, ou la désorganisation du service qui s’ensuivrait.

L’entreprise peut-elle remplacer les salarié·e·s grévistes ?

L’employeur ne peut pas faire appel à des travailleur·euse·s temporaires ou à des salarié·e·s engagé·e·s par un contrat à durée déterminée pour remplacer des salarié·e·s grévistes.

L’employeur peut avoir recours aux non-grévistes pour remplacer des salarié·e·s grévistes, qui ne peuvent s’y opposer. L’employeur peut demander aux non-grévistes d’effectuer des heures supplémentaires.

Catégories
Luttes logement

Loi Kasbarian : Se loger n’est pas un crime !

La proposition de loi Kasbarian – Bergé sera discutée au Sénat le 31 janvier, d’ici là, des mobilisations s’organisent partout en France : des réunions publiques, meeting, débats, manifestation et une grande journée de mobilisation le Samedi 28 janvier

Manifestation le 28 janvier, 14H, place de la Bastille

Catégories
Défense de nos libertés Secteur informatique

Samedi 28 janvier Limay – Samedi du libre !

SAMEDI 28 JANVIER 2023

14H30 -17H30

SAMEDI DU LIBRE !

~ À LA LIBRAIRIE LA NOUVELLE RÉSERVE ~

Atelier organisé par l’Association PARINUX

Parinux est une association dont les principales missions consistent à populariser les logiciels libres (Linux, Firefox…), en transmettant de son mieux son savoir-faire et son engouement pour le système auprès des non-initié·es. Pour les autres, libristes débutant·es ou confirmé·es, ces ateliers sont avant tout un moment d’échange et d’entraide.

 Vous pouvez amener votre ordinateur !

Entrée Libre

Catégories
Conditions de travail Dans les Yvelines, une classe en lutte... Énergie

Victoire en justice pour les agents de Porcheville au sujet de l’anxiété amiante.

Communiqué CGT et article du Courrier de Mantes

Communiqué CGT

Après une longue et fastidieuse procédure qui a débuté en mai 2013 : Prud’homme, Départage, Appel, Cassation.. Rien n’a été épargné aux agents de Porcheville, mais avec le soutien de
toute la CGT, des avocats et leur acharnement à réclamer justice… Les camarades de la centrale thermique de Porcheville peuvent enfin savourer leur victoire…
Le 21 septembre la cour de Cassation rendait son arrêt : Rejet de la demande d’EDF, non spécialement motivée. Ce qui revient à appliquer la décision prise par le juge de la Cour d’Appel
du 19 novembre 2020, soit : « La Cour d’Appel de PARIS condamne EDF à verser une indemnité de 10 000 € aux 21 agents à la suite de leur exposition abusive pendant de nombreuses années, sans information, sans formation et sans protection. Alors que la dangerosité était connue d’EDF.. ». Elle justifie dans son délibéré, pour tous les agents, un argumentaire motivé portant sur :


– L’exposition du personnel à une substance nocive et toxique,
– La responsabilité d’EDF au regard de ses obligations de sécurité,
– Le risque élevé de développer une pathologie grave
– L’anxiété personnelle subie résultant de l’exposition à l’amiante
Cette décision de justice démontre, une fois de plus, que les logiques patronales de rentabilité se réalisent hélas au détriment de la santé morale, physique et de l’application des règles de sécurité au travail. Le SPPTE RP se réjouit de cette victoire qui se traduit par une bonne décision. Elle est l’aboutissement d’un combat mené sans relâche par les salariés et notre avocate du cabinet TTLA.

Parole du personnel de Porcheville.

L’amiante présente en quantité à la centrale de Porcheville a contaminé des salariée-s et des sous-traitants par dizaines. Jusque dans la dernière période de fonctionnement avant l’arrêt des installations de 2017, des expositions accidentelles (c’est à dire sans protection respiratoire) survenaient encore sur des chantiers
impactant ainsi de nouvelles générations et de jeunes intervenants.
Actuellement alors que le site est en démantèlement et que le désamiantage bat son plein, cela doit engager EDF et les directions d’entreprise sous-traitantes à protéger leurs salariés.
Nombre de collègues ont payé le prix fort et ont déclenché des maladies parfois terribles comme notre collègue Serge empoisonné par l’amiante et décédé en 2005 dans sa 53éme année.
L’anxiété de développer à son tour la maladie ou de voir un nouveau camarade disparaître ronge les esprits.
Il a fallu beaucoup de ténacité et de détermination à la CGT et ses Représentant-tes en CHSCT pour combattre ce fléau y compris contre une partie de l’encadrement plus préoccupée par les critères de rentabilité que de la santé des intervenants.
Cette victoire est un exemple pour alerter et exiger l’interdiction d’autres produits toxiques auxquels sont exposés les salarié-es.


Source : 78actu.fr

Catégories
En grève !

Réforme des retraites : face au casse du siècle, préparer la mobilisation

Emmanuel Macron a annoncé la présentation d’une nouvelle réforme des retraites pour le 10 janvier. Si les détails ne sont pas encore connus, les grandes lignes ont été présentées.
Pour l’Union syndicale Solidaires, comme pour l’ensemble des syndicats, ces dispositions sont inadmissibles et il faut préparer dès maintenant la mobilisation.

Que prévoit la réforme ?

  • Le recul de l’âge de départ à la retraite à 64 voire 65 ans selon les scénarios
  • Une retraite à environ 1200 euros minimum (89 % du SMIC net) uniquement si vous avez vos 43 annuités (départ sans décote à 67 ans, décote qui reste inchangée)
  • La fin des régimes spéciaux pour les nouveaux et nouvelles entrant·es.

Pourquoi cette réforme est injuste et doit être combattue :

  • À 60 ans, 65 % des salarié·es ne travaillent déjà plus. Allonger l’âge de départ c’est donc prolonger des situations de précarité (RSA, chômage, maladie…) et accentuer le déficit de l’assurance maladie (la majorité des arrêts longue durée sont en fin de carrière). Cela génère aussi des coûts (versement d’allocation chômage, RSA), tout en réduisant les recettes de cotisations sociales.

C’est aussi retarder l’accès des jeunes à des emplois.

  • Les salarié·es qui ont eu un parcours heurté du fait de périodes de chômage et les femmes qui sont majoritaires à avoir des carrières incomplètes sont pénalisé·es par l’allongement de la durée de cotisation. Ils et elles subissent une double peine.
  • Retarder l’âge de départ, c’est aussi rogner l’âge auquel on peut bénéficier de sa retraite en “bonne santé”.

Quelques idées reçues :

On vit plus longtemps. Il est normal de travailler plus longtemps FAUX

L’espérance de vie en bonne santé stagne à 64,5 ans pour les hommes et 66 ans pour les femmes. Avec de fortes disparités selon les emplois, selon la pénibilité et l’usure professionnelle.

L’équilibre du système de retraite est menacé FAUX

Le système est aujourd’hui excédentaire (3,2 Mds € en 2022). Si un léger déficit temporaire est prévu, même le COR (conseil d’orientation des retraites) reconnaît que sa trajectoire est “maîtrisée”. Surtout, pour générer de nouvelles entrées d’argent il existe des solutions simples : augmenter les cotisations perçues. Pour cela on peut créer des emplois en réduisant le temps de travail, augmenter les salaires ou simplement augmenter le taux de cotisation patronale d’un point. Selon une étude de la CNAV, mettre fin aux inégalités salariales entre femmes et hommes abonderait les caisses de retraite de 5,5 milliards d’euros par an.

J’ai prévu de travailler après 62 ans, ça ne me concerne pas. FAUX

Avec la réforme vous ne toucherez plus la surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire à la durée exigée de cotisation au-delà de 62 ans. Cela fera donc baisser le niveau de votre pension.

J’ai commencé à travailler tard, je n’aurai pas mes annuités à 62 ans donc je ne suis pas concerné. FAUX

voir ci-dessus.

D’une part vous perdez la possibilité de partir en retraite avant 65 ans avec une décote. De plus, après 60 ans les probabilités de se trouver au chômage ou en arrêt maladie longue durée sont fortes avec les conséquences financières qui vont avec. Les “compensations” sur “l’emploi des seniors” présentées par le gouvernement ne prévoient aucune sanction pour les entreprises, seulement un “baromètre” à remplir pour se doter “d’indicateurs”.

J’ai commencé à travailler tôt. Je ne suis donc pas concerné FAUX

La réforme prévoit de retarder l’âge de départ y compris en cas de carrière longue.

Quelques notions clefs pour tout comprendre

  • Âge légal de départ : 62 ans aujourd’hui. c’est l’âge minimum pour avoir le droit de partir à la retraite (hors exception, comme certains régimes spéciaux ou les fonctionnaires en catégorie active).
  • Durée de cotisation : C’est le nombre de trimestres cotisés nécessaires pour percevoir une retraite complète. Aujourd’hui 42 annuités (ou 168 trimestres à valider), bientôt 43 annuités (ou 172 trimestres) pour les générations nées après 1973.
  • Âge d’annulation de la décote : 67 ans. Ce n’est pas l’âge maximum de départ, c’est l’âge du « taux plein » même si on a une durée de cotisation incomplète.
  • Taux plein : Versement d’une pension sans “malus” ou décote. En cas de durée de cotisation incomplète la décote est de -1,25% par trimestre manquant.

En cas de cotisation supérieure à la durée requise et au-delà de l’âge légal de départ on applique une surcote (bonus de +1,25% par trimestre en plus)

  • Dispositif « Carrière longue » : départ anticipé avec un âge légal de départ à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans (la réforme reporterait l’âge à 62 ans).

Les propositions de Solidaires

-retraite à 60 ans maximum à taux plein avec 37,5 années de cotisation et suppression de la décote

-départ à 55 ans pour les travaux pénibles

-hausse des pensions, indexation sur les salaires et aucune retraite inférieure au SMIC

-intégration des régimes complémentaires dans le régime de base (l’intégration des régimes complémentaires AGIRC ARRCO IRCANTEC consolide le financement et garantit le niveau des retraites)

Tout cela est possible. Solidaires propose notamment :

de supprimer les exonérations de cotisations sociales : c’est 75 milliards de cadeaux au patronat (dont 17 Mds€ en 2022 concernant les caisses de retraite)

-d’augmenter les cotisations patronales. 0,8% de cotisation en plus c’est 12 milliards de plus en 2027

de mettre en place une cotisation sociale sur les dividendes, affectée aux caisses de sécurité sociale .

– de baisser le temps de travail à 32 h par semaine. Le partage du travail. c’est la création de nouveaux emplois et donc de nouvelles cotisations

– de revaloriser les salaires des métiers féminisés et établir une véritable égalité salariale femmes/hommes

– la création massive d’emplois dans les services publics et dans les secteurs écologiques

l’augmentation des salaires : +400 euros par mois, SMIC à 1700 euros net, indexation sur l’inflation. De meilleurs salaires, c’est plus de cotisations dans les caisses de retraites.

Tout cela passe par un autre partage des richesses. Il est encore moins acceptable de faire travailler des millions de personnes plus longtemps alors que les profits des actionnaires et les grandes fortunes explosent.

Se mobiliser

Pour empêcher le gouvernement d’imposer sa réforme injuste, il va falloir se mobiliser.

Solidaires invite à se réunir dès maintenant en assemblées générales, heures d’information syndicales, réunions… pour discuter entre collègues de cette réforme et se préparer à riposter.

En 2019, la grève reconductible de nombreux secteurs (RATP, SNCF, Culture, Éducation…) avait permis de bloquer la réforme. Gagner c’est possible !

Si le gouvernement persiste dans sa volonté d’imposer ce retour en arrière, Solidaires appellera dans l’unité à se mobiliser très rapidement.

Tenons-nous prêt·es !

RSS
Follow by Email