À l’origine de cette grève, il y a la dégradation des conditions de travail des collègues AESH après le départ d’une de leurs collègues en janvier, alors que la situation de cette école, sur laquelle l’équipe précédente avait déjà alerté l’administration, était critique du point de vue du taux d’accompagnement des élèves à besoins particuliers.
En effet, en plus d’accompagner les élèves en situation de handicap pour lesquels elles ont une notification, il leur était demandé d’accompagner d’autres élèves avec notification MDPH en attente d’AESH, réduisant de fait le nombre d’heures pour les
autres élèves, et augmentant l’épuisement des collègues.
Elles débutent alors une grève illimitée le lundi 2 février 2026, et, grâce à leur détermination exemplaire, et malgré les diverses pressions qu’elles ont subies, un rapport de force s’installe. Le 12ème jour, un représentant de la direction académique
annonce le recrutement d’une nouvelle AESH à partir de lundi 16 février lors d’une réunion d’urgence.
Cette grève confirme :
- que sans accompagnement humain, pas d’école inclusive. Malgré l’enjeu essentiel qu’elle représente pour l’école, les élèves en situation de handicap sont inclus à l’école
dans des conditions au rabais, les restrictions budgétaires poussant à bloquer le recrutement des aides humaines, dont les AESH, en laissant le personnel et les élèves
en difficulté, voire dans une souffrance extrême. De plus, l’école ne pourra réellement être inclusive que ces élèves en situation de handicap bénéficient dans l’école publique
des professionnels du soin et du handicap des instituts spécialisés ; - que la grève peut faire plier les institutions, que c’est bien l’outil le plus puissant pour créer un véritable rapport de force, dès lors qu’elle est organisée par les travailleuses
elles-mêmes, dans la durée. Nous sommes fiers en tant que syndicat d’avoir soutenu juridiquement, humainement, financièrement cette grève. L’école inclusive, la reconnaissance, le statut de fonctionnaire pour les AESH, tout cela ne se fera que par le rapport de forces. Nos camarades de l’école Maurice-Thorez ont montré le chemin par cette première victoire.
Nous demandons donc, afin de poursuivre le combat : - des moyens humains à la hauteur des besoins de l’école en termes de notifications MDPH ;
- un véritable statut de fonctionnaire pour les AESH, accompagné d’une rémunération digne ;
- l’arrêt de toute pression sur les travailleuses en grève ;
- des recrutements massifs de tous les types de personnels de l’Éducation nationale pour assurer des conditions de travail et d’apprentissage satisfaisantes.
Pour arracher de plus amples victoires, il faut multiplier partout ces grèves locales, et construire un mouvement large, à la base, étendu à toutes les catégories de personnel, dans la durée, et surtout, jusqu’à la victoire !
Limay, le 19 février 2026










