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Renault veut vendre son Technocentre


Renault veut mettre en vente le Technocentre de Guyancourt et devenir locataire de seulement 3/4 des surfaces occupées actuellement. Les bâtiments Gradient, Odyssée et Avancée seraient loués à d’autres sociétés. De quoi hypothéquer l’avenir de sa R&D.

Au cours de la séance ordinaire du CSE du 25 février 2021 a été présenté un projet immobilier concernant le Technocentre (TCR) de Guyancourt.

Une fuite en avant pour récupérer du Cash

Le TCR appartient à une société foncière, la SCI Plateau de Guyancourt. Cette Société Civile Immobilière est une filiale à 100% du Groupe Renault. Renault SAS loue le site dans le cadre d’un bail commercial accordé par la SCI. Renault se paie donc un loyer à lui-même.

Renault pourrait vendre jusqu’à 80% des parts de la SCI à des investisseurs d’ici fin 2022. Le cash ainsi récupéré serait utilisé pour financer la rénovation du site (programme Re-TCR).

Dans le même temps, le recours massif et pérenne au télétravail ainsi que la généralisation du flex Office (annoncée avec le passage au Re-TCR) s’accompagneront de la libération d’environ 1/4 de la surface des locaux du TCR. Les m2 libérés seraient ouverts à la location à des entreprises tierces, sur un mode « campus » (!?).

  • Ainsi, le bâtiment Odyssée, fraichement réceptionné, sera d’emblée mis en location auprès d’autres entreprises. Il en ira de même, courant 2023, pour le Gradient et l’Avancée.
  • Seul le « coeur TCR » (Ruche, Diapason ,Labo, CRP, …), représentant environ 3/4 du site, resterait utilisé par Renault.

Mais ce n’est pas tout. Renault dispose encore de droits à construire sur le site et rêve de valoriser ces droits !

L’analyse de SUD

D’abord il faut reconnaitre qu’il est légitime pour Renault de vouloir rationaliser son empreinte immobilière en Ile de France et maîtriser ainsi ses coûts immobiliers. La construction du Technocentre, ouvert en 1998, répondait en son temps à cet impératif.

Mais cette démarche est inacceptable dès lors qu’elle tire sa justification de la réduction des effectifs sur le site avec les 2500 suppressions de postes en Ingénierie/Tertiaire programmées dans le cadre du plan d’économie (principalement en Ile de France). Et ce sont plus de la moitié des prestataires qui ont déjà été remerciés en un an.

Le syndicat SUD Renault Guyancourt est totalement opposé à ce dépeçage et demande à la direction de Renault de renoncer à ce projet immobilier.

Le schéma directeur Ile de France est par ailleurs très flou. Seule certitude : le retour programmé des salariés aujourd’hui au bâtiment Connect à Vélizy. Quid de l’avenir du site du Plessis par exemple ? Aucune réponse. La fermeture du bâtiment Novadis a pourtant déjà été évoquée auprès des résidents.

D’autre part, le choix de vendre son patrimoine et de parier, de surcroît, sur le développement immobilier du site paraît bien hasardeux dans le contexte actuel : la directrice de la Stratégie et des montages immobiliers reconnait elle-même que le marché immobilier à Guyancourt « n’est pas très, très actif ».

Et que pèse l’attractivité du site du TCR face au rouleau compresseur du projet Paris-Saclay, classé Opération d’Intérêt National, qui, bien avant Luca de Meo, fantasmait sur le succès de la Silicon Valley pour développer un pôle scientifique et technologique ambitieux. Le plateau de Saclay n’est qu’à quelques encablures du TCR… Et ce n’est pas l’arrivée à l’horizon 2030 de la ligne 18 de métro à proximité du TCR qui va radicalement changer les choses.

Renault profite du Covid pour généraliser les bureaux partagés

Mais le plus inquiétant pour les salariés est la généralisation en douce des bureaux flexibles. La direction parle pudiquement d’« environnements de travail dynamiques ». Rappelons que, dans le système en vigueur jusqu’à présent, chaque salarié dispose d’un bureau qui lui est affecté nominativement. Avec le flex office (ou bureau flexible), le salarié n’a plus de poste de travail attitré.

Une première attaque d’ampleur sur l’environnement de travail des salariés avait déjà eu lieu en 2017 avec l’adoption d’un nouveau standard d’aménagement des espaces de travail tertiaire (le standard e-TCR). La surface allouée à chaque salarié est alors passée de 8 à 5m2, entraînant problèmes de concentration et nuisances sonores pour les salariés cobayes des plateaux pilotes à la Ruche et à l’Avancée.

Le passage en mode flex Office, pilier du projet immobilier présenté, aggrave la situation et paraît bien inopportun dans le contexte de la pandémie de CoVid19. Au manque d’intimité au poste de travail (un besoin pourtant vital pour chacun !) s’ajoutera le casse-tête du respect des mesures sanitaires de base…

L’emménagement des premières équipes en nord Ruche (première vague d’installation au standard Re-TCR) est prévu en mars. Présenté comme une expérimentation (avec 902 résidents pour 530 postes de travail), cela risque bien de servir ensuite de justification pour le déploiement massif du flex office, oubliant le contexte très particulier du moment (télétravail massivement recommandé).

Faites-nous part de votre retour d’expérience. Ne restez pas isolé.


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