On peut faire un constat accablant sur notre métier de personnel de l’éducation, que ce soit avant, pendant, ou après la crise sanitaire : réduction du nombre de classes et de postes, conditions de travail sans cesse dégradées, taylorisation des gestes professionnels, mépris de la hiérarchie et surdité de l’État devant des mobilisations d’ampleur. La continuité pédagogique, imposée dans une improvisation totale, puis la réouverture des établissements scolaires dans des conditions sanitaires scandaleuses ont constitué le paroxysme du mépris de l’institution envers les personnels et les élèves. Les soignant·es, de leur côté, ont fait un constat plus que similaire. Remplacez « classes » par « lits », « continuité pédagogique » par « état d’urgence sanitaire », « établissements scolaires » par « hôpitaux » et « élèves » par « patient·es »… Sans parler de tous les autres travailleurs et travailleuses en première ligne…
… à la solidarité interprofessionnelle
Une chose est sûre : ce n’est pas en restant isolé·es que nous arriverons à nous faire entendre et à enfin gagner ce que nous revendiquons depuis des années. Les constats que nous faisons dans chaque secteur professionnel ne sont que la conséquence logique d’une gestion capitaliste où les intérêts financiers priment sur tout autre intérêt : pédagogique, de santé publique, de dignité des salarié·es, voire tout simplement humain et solidaire. La mobilisation contre la réforme des retraites a remis en lumière la puissance et la joie des luttes interprofessionnelles, regroupant des individus de tous milieux, de toutes professions, unis par la même envie de construire une société plus juste et plus égalitaire, contre le règne et les méfaits du capitalisme et de l’individualisme. Si le confinement a freiné ces élans, en tout cas sur le terrain, il ne nous a pas empêché·es de faire vivre la solidarité : on l’a vu avec les cortèges de fenêtres ou encore avec la lutte victorieuse de Solidaires contre Amazon, qui mettait sciemment ses salarié·es en danger en pleine pandémie… Nous avons lutté ensemble, nous avons applaudi les personnels en première ligne pendant le confinement, nous avons pris conscience des conditions de travail impitoyables des hospitalièr·es. Le déconfinement sonnera-t-il la fin de cette solidarité ? Assurément, NON !
Des applaudissements au rassemblement, il n’y a qu’un pas : rejoignons les personnels de l’hôpital le mardi 16 juin pour une journée de grève et pour montrer que, après ces deux mois confinés, nous sommes toujours là, toutes et tous solidaires, pour gagner, pour l’hôpital et pour tous·tes les travailleur·ses.
Les syndicats départementaux Sud Santé, Sud Industrie, Sud Télécom (Orange et La Poste), Sud éducation, Sud Rail, etc. ont déposé des préavis afin de permettre aux salarié·es de participer aux rassemblements.
Programme de la journée du 16 juin (liste non-exhaustive) – 9 h 30 rassemblement devant l’ARS à Versailles – 10 h 00 rassemblement devant l’hôpital de Plaisir – 13 h 30 rassemblement devant l’hôpital de Mantes – 14 h 00 rassemblement devant l’hôpital Mignot (Versailles / Le Chesnay) – 14 h 30 rassemblement devant CHIMM Meulan – 13 h 00 rassemblement parisien devant le ministère de la Santé
Par ailleurs, en soutien à nos camarades du Rail victimes de la répression, rassemblement devant la gare Saint-Lazare à 11 heures.
Le 13 juin, à l’appel de l’Assemblée de lutte du Mantois, nous étions présent·es devant l’hôpital de Mantes pour exprimer notre solidarité avec la lutte des personnels.
Nous serons à nouveaux présents mardi 16 juin à 13 h 30 dans le cadre de la journée nationale de mobilisation.
Solidaires 78 appelle à rejoindre tous les rassemblements prévus devant les hôpitaux des Yvelines…
Les syndicats départementaux Sud Santé, Sud Industrie, Sud Télécom (Orange et La Poste), Sud éducation, Sud Rail, etc. appellent à la grève
Programme de la journée du 16 juin (mise à jour régulière)
9 h 30 rassemblement devant l’ARS à Versailles
10 h rassemblement devant l’hôpital de Plaisir
13 h 30 rassemblement devant l’hôpital de Mantes
14 h 30 rassemblement devant CHIMM Meulan
14 h 00 rassemblement devant l’hôpital Mignot (Versailles / Le Chesnay)
13 h rassemblement parisien devant le ministère de la Santé
Par ailleurs, en soutien à nos camarades du Rail victimes de la répression , rassemblement devant la gare Saint-Lazare à 11 heures
Tract à venir.
Communiqué collectif
Plus jamais ça ! : “Nous les avons applaudis, maintenant il nous faut les soutenir !”
Le 26 mai nos organisations ont rendu public un plan de sortie de crise regroupant 34 mesures pour répondre aux urgences sociales et écologiques. Parmi ces mesures, le droit à la santé pour toutes et tous partout : la pandémie du Covid 19 a montré à quel point il doit être une priorité absolue. Et à quel point il relie les enjeux sociaux et écologiques.
L’urbanisation et la déforestation sans limites et avec elles, la disparition des espaces naturels, sont une des causes avancées dans la propagation de ce type de virus des espèces sauvages vers l’espèce humaine. Sa propagation sur l’ensemble du globe est quant à elle directement en lien avec le développement exponentiel des transports aériens. De même que la pollution de l’air par les particules fines favorise les maladies respiratoires, et que des maladies chroniques liées à un environnement dégradé ou à une alimentation de mauvaise qualité, comme les cancers, l’obésité ou le diabète, augmentent nettement les risques de cas graves.
Face à cette pandémie, ce gouvernement est défaillant ! La santé de toutes et tous passe par une distribution gratuite des masques, la gratuité des tests et leur accessibilité. Un plan de production du matériel nécessaire doit être engagé avec réquisition des usines et entreprises en capacité de produire masques et matériel médical.
Cette pandémie a aussi montré l’importance de préserver la santé des travailleuses et des travailleurs. De nombreuses décisions de justice ont pointé la responsabilité des employeurs dans le non respect de leurs obligations de sécurité. Parmi les plus exposé-es, les personnels de la santé ont dû faire face à plusieurs pénuries. Pénurie des indispensables protections pour pouvoir exercer au quotidien leurs activités au côté des milliers de malades. Pénurie de personnels pour être en capacité de prendre en charge l’ensemble des malades dans des conditions correctes. Pénurie de lits et notamment de lits de réanimation pour faire face aux nombreux cas graves.
Pourtant depuis des années ces personnels se sont mobilisés pour obtenir les moyens nécessaires à leur activité essentielle et protéger le service public de la santé. Force est de constater qu’il n’y a eu aucune réponse à la hauteur des enjeux. Les politiques néolibérales ont fait totalement faillite et la pandémie a démontré que le système de santé doit échapper à une gestion privée. Il est urgent de réinventer un système public de santé pour satisfaire les besoins de la population, et réduire les inégalités d’accès à la santé sur l’ensemble du territoire, des zones rurales aux banlieues.
Avec l’ensemble des personnels, leurs organisations syndicales et les collectifs, nous exigeons un plan d’urgence pour l’hôpital public, pour garantir l’accès gratuit aux soins de qualité sur l’ensemble du territoire. Il est nécessaire dès à présent d’embaucher du personnel avec un 1er plan de 100.000 recrutements, augmenter les salaires en assurant l’égalité avec les personnels étrangers, revaloriser les postes d’infirmières et d’aide-soignantes, supprimer la sélection et créer des places dans les formations de santé, annuler la dette des hôpitaux et augmenter leurs budgets d’au moins 5 %. Ces premières mesures doivent permettre d’améliorer le fonctionnement de l’ensemble des services et d’ouvrir des lits en nombre suffisant au quotidien comme en période de crise sanitaire. Tous les plans de restructuration et de fermetures de sites ou de services doivent être annulés et une logique de coopération doit être mise en place.
Pour assurer un accès aux soins efficient et équitable pour l’ensemble des personnes résidant sur le territoire français, une revalorisation des dispositifs spécifiques comme l’Aide Médicale d’Etat ou la PUMa, qui ont été sévèrement revus à la baisse l’année dernière, est plus que jamais essentielle. La France doit également concrétiser son engagement de faire du futur traitement un bien public mondial en conditionnant ses financements à la recherche à la mise en commun des futurs brevets développés. La pandémie du coronavirus ne doit pas servir à enrichir les grands groupes pharmaceutiques.
Ce sont aussi les personnels des EHPAD et de l’aide à domicile – des femmes à plus de 95% – qui doivent être reconnus, revalorisés, mieux formés et recrutés en nombre suffisant. Un grand service public de la perte d’autonomie pour sortir ce secteur de la loi du marché est nécessaire. Ce ne sont pas des médailles que les personnels réclament mais des actes. Pour les obtenir, ils multiplient les mobilisations devant leurs établissements toutes les semaines et appellent à une grande journée de mobilisation le 16 juin partout en France. Nos organisations appellent l’ensemble de la population à manifester leur soutien et partager leurs exigences en se rendant à ces initiatives, tout en respectant les mesures de protection.
Les signataires : 350.org, Action Aid, Aequitaz, ANV Cop 21, Alternatiba, Attac, CGT, Communauté de l’Arche non violence, Confédération paysanne, Convergences services publics, Copernic, Droit au logement, Emmaüs France, FSU, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Notre Affaire à Tous, Oxfam, Solidaires, UNL
Une vidéo de l’Assemblée de lutte du Mantois avec des témoignages de femmes de différents secteurs (santé, nettoyage, télécom, éducation, etc.) pour évoquer la situation des femmes pendant le confinement et au-delà…
Notre département est touché par le COVID-19 depuis plusieurs semaines maintenant. Nous vivons une crise sanitaire sans précédent qui oblige l’ensemble des personnels hospitaliers, sociaux et médico-sociaux à s’adapter à des conditions de travail inédites.
Sur le département des Yvelines, les hôpitaux de Poissy, Mantes la Jolie et Versailles sont les sites “références” dans la gestion de la crise COVID-19. Mais les autres établissements de santé sont également répercutés puisqu’ils accueillent les patient·e·s qui viennent des établissements références débordés ou qui restent dans leur établissement ne pouvant être transférés. En effet, le nombre de décès de résident.es d’EHPAD et du médico-social augmente dangereusement, au sein de leur propre structure d’accueil, ce qui a nécessité l’ouverture d’unités dédiées COVID dans des hôpitaux pourtant de 3ème ligne, sans l’aide des plateaux techniques dont disposent les gros hôpitaux.
Le rapport aux soigné·e·s et résident·e·s se fait en mode dégradé :
Les EHPAD sont au confinement total, laissant les résident·e·s sans visites physiques, même si les vidéotéléphones pallient marginalement cet isolement.
Dans les établissements sociaux et médico-sociaux, là aussi l’ensemble du travail a été réorganisé. Les externats sont fermés, pourtant il est demandé aux personnels (AMP, Educs Spé…) de venir travailler tous les jours pour faire du rangement, du ménage et autres tâches qui ne nous semblent pas indispensables au point de rompre le confinement.
Les visites à domicile se font sans application systématique des mesures barrières (Formation, EPI, gel…) pour protéger le visiteur et visité. Et plus grave, pour les patient.es fragiles, les intervenant.s ne sont pas dépisté.es du COVID19. Il serait adapté que les intervenant.es dans des milieux confinés, en contact avec à des personnes fragiles ou contaminées, soient suivi.es par leur médecin du travail.
Aujourd’hui, nous constatons encore une pénurie affligeante de matériels pour tout le personnel du sanitaire et du médico-social : masques, lunettes de protection, sur-blouses, tests sont en nombre restreint et distribués au compte-goutte. Il y a également un manque de matériel médical (pousse seringue, respirateur, etc…).
A trop tirer sur la ficelle, elle cassera, les équipes soignantes commencent à fatiguer physiquement, mais aussi et surtout psychologiquement. Les patient·e·s très lourd.es, nécessitent une prise en charge très longue.
Malgré la mise en place de cellules psychologiques, nous commençons à voir certain·e·s de nos collègues sombrer dangereusement.
En tant que représentant de l’Etat, nous vous demandons expressément de faire remonter aux pouvoirs publics, cette alerte du personnel soignant qui sature et fait les frais, comme toute la population aujourd’hui, des différentes politiques d’austérité de l’Hôpital et de l’ensemble du secteur de la santé.
Aussi, si des efforts sont à consentir par l’Etat, ils doivent être concentrés sur la prise en charge de cette pandémie, par exemple ;
Nous faisons le constat que l’Etat a failli par son manque d’anticipation pour faire face à une pandémie, en affaiblissant toutes les structures d’accueil, notamment le nombre de lits en réanimation.
Nous finissons ce courrier par une boutade qui fait référence aux termes martiaux du Président ; guère de moyens humains, guère de matériels, guère de lits, guère de reconnaissance financière pour les premiers de corvée.
Les meilleurs stratèges sont ceux capables d’anticipation. Il est grand temps de remettre l’Hôpital public et la santé publique au cœur des investissements financiers et humains à venir.
Nous vous remercions de toute l’attention que vous porterez à notre courrier, et vous prions de recevoir, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre détermination à nous battre pour sauver le plus de vies possibles. En espérant pouvoir compter sur vous.
Le 19 novembre 2019 Sud Santé 78 était invité pour participer au point concernant le malaise de l’hôpital public, sur le plateau du journal de TV fil 78.Veuillez trouver ci-dessous le lien vers ce journal. https://m.youtube.com/watch?feature=youtu.be&v=5uFI2yUND4Y