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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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Note mensuelle de l’UNIRS janvier 2025

Publié le 30 janvier 2025 par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Au sommaire de cette note mensuelle :

  • Réunion des 9 organisations de retraité·es
  • La suppression de l’abattement de 10% sur les pensions
  • Hausse de la CSG des retraité·es
  • État des lieux des retraites et des personnes en retraite
  • La complémentaire santé solidaire (C2S) de la Sécurité sociale

Réunion des 9 organisations de retraité·es

Le G9, le groupe des 9 organisations de retraité·es, s’est réuni le 24 janvier 2025 dans les locaux de la CGT, de 9 h 30 à 12 h, en présence de toutes les organisations, sauf FO et Ensemble & Solidaires excusées. FO absente ne se retrouve pas dans un relevé de décisions d’une réunion à laquelle elle n’a pas assisté. FO n’a pas donné son accord pour la date du 20 mars

Décisions du G9 :

  • Sur la menace de supprimer l’abattement de 10 % sur les pensions dans le calcul de l’impôt sur le revenu, le communiqué de presse et la lettre aux parlementaires ont été bien accueillis nationalement. Nous souhaitons que chaque département s’adresse à la presse locale (envoi du communiqué ou/et conférence de presse) et écrive à ses parlementaires, voire demande une audience. Il faut s’exprimer fortement sur cette question pour éviter qu’une mauvaise décision ne soit prise dans le PLF 2025.
  • Une journée d’action nationale santé (qui englobe donc l’accès financier) est décidée pour le 20 mars. Elle s’inscrit dans le vote du PLFSS 2025 et dans un contexte d’attaques aggravées contre notre système de santé publique et la Sécurité sociale. La proposition est de manifester devant les ARS en prenant comme cadre géographique les anciennes régions. Pour ce faire, il est souhaité que les équipes unitaires dans les régions se contactent rapidement. À Paris, le rassemblement à proximité du ministère de la Santé permettra d’envoyer une délégation au ministère de la Santé où un·e responsable par organisation pourrait être reçu·e par Madame la ministre, et d’aller aussi en cortège à Matignon pour qu’une délégation soit reçue par le Premier ministre. Les modalités de cette action seront rapidement précisées lors de la prochaine réunion, le 18 février. La CGT prépare un projet de communiqué de presse annonçant cette mobilisation à soumettre au G9, et notamment aux deux organisations absentes ce 24 janvier (FO et Ensemble & Solidaires).
  • Une expression du G9 sera envoyée pour le 8 mars. La FSU envoie un projet de tract et de communiqué de presse.
  • Argumentaire contre les prétendus « avantages et privilèges » des personnes retraitées : le projet de Solidaires est adopté, il sera finalisé et envoyé aux équipes.
  • Place des retraité·es : le projet de la FGR-FP sera retravaillé par chaque organisation du G9 puis discuté de nouveau lors d’une prochaine réunion. Il nous semble important de montrer notre insertion dans le monde des salarié·es, de réaffirmer les droits acquis par nos cotisations, de montrer l’apport des retraité·es à la société en utilisant notamment les travaux du Haut Conseil de l’Âge.
  • Sécurité sociale, le 100 % Sécu ou la Sécu intégrale : il est décidé de commencer par la constitution d’un dossier. La FSU centralise les contributions que les organisations vont lui envoyer. L’objectif pourrait être de constituer une fiche du G9 sur cette question qui pourrait être mise en discussion lors d’une journée de travail fin mai/début juin à la Bourse du Travail de Paris. Ce serait notre inscription dans les mobilisations pour les 80 ans de la Sécurité sociale.
  • Prochaine réunion : mardi 18 février à 14 h dans les locaux de la CGT.

La suppression de l’abattement de 10% sur les pensions

Périodiquement, cette menace revient dans l’actualité. Début 2025, Gilbert Cette, président du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) annonce que « à titre personnel » il suggère la suppression de l’abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités pour lutter contre le déficit du régime général des retraites.

Le Président du MEDEF, Patrick Martin, l’appuie aussitôt et juge « aberrant » et « contre-nature » l’abattement pour frais professionnels qui coûte 4,5 milliards d’euros par an. Il préconise la suppression de cet abattement pour ne pas augmenter les cotisations du travail.

Pour tenter de justifier cette suppression, le Président du Medef et le Président du COR font semblant de confondre deux dispositifs bien différents :

La déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels réservée aux traitements et salaires des salarié·es : c’est l’article 83, 3° du Code Général des Impôts (CGI).

L’abattement de 10 % sur les pensions et rentes viagères avec un minimum et un plafond : c’est l’article 158, 5-a, alinéas 2 et 3 du CGI. Cet abattement a été instauré par l’article 3 – I de la loi de finances pour 1978 (loi n° 77-1467 du 30 décembre 1977, JO du 31 décembre 1977 p. 6316). Cet abattement de 10 % est le résultat de choix politiques opérés en fonction du système fiscal qui est déclaratif et des capacités à frauder des uns et des autres. Destiné à alléger la charge fiscale des titulaires de pensions, de retraites et de rentes viagères, il a été accordé par souci d’équité, compte tenu du fait que seuls les retraité·es étaient pénalisés par les modifications successives apportées dans le cadre du calcul de l’impôt, (dont les grands bénéficiaires étaient les contribuables autres que les retraités et les salariés) cet abattement est la contrepartie du fait que les revenus des retraités avaient été et continuaient d’être déclarés par des tiers sans participation à la fraude fiscale.

Il faut préciser que ces 10 % représentent un abattement plafonné et non pas une déduction forfaitaire pour frais. Ils ne correspondent pas à des frais professionnels, ce qui effectivement constituerait une aberration.

L’abattement fiscal est une réduction légale de la base d’imposition, c’est-à-dire de l’ensemble des revenus retenus pour calculer le montant de l’impôt. Il peut être fixe ou proportionnel. L’abattement visé à l’article 158, 5-a, al. 2 et 3, est proportionnel (10%).

L’abattement et la déduction ne sont pas de même nature, d’un point de vue fiscal.

Cependant cet abattement est souvent considéré comme une niche fiscale que, lors de l’élaboration annuelle du Projet de loi de Finances, certains députés tentent de remettre régulièrement en cause… afin de proposer des économies budgétaires sur les retraités … ! Le Projet de Loi de Finances (PLF) et le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) sont de natures différentes, tant et si bien qu’ils sont examinés et votés séparément. Annoncer et laisser accroire que les gains réalisés par l’impôt réduiraient les déficits du régime des retraites est une aberration.

La suppression des 10% conduirait à majorer fortement le taux d’imposition à l’impôt sur le revenu des personnes retraitées et à rendre imposables des personnes retraitées qui, au préalable, ne l’étaient pas. Qui plus est, cela touche plus fortement les personnes aux pensions les plus modestes car l’abattement de 10 % actuel, est plafonné à 4 321 euros pour les revenus de 2023 imposables en 2024, ce qui correspond à un revenu de 3 600 euros mensuels par foyer fiscal ; seront particulièrement touchés les retraité·es qui seuls, ou à deux perçoivent moins de 3 600 euros par mois.

Nous vivons dans un monde où l’on déplore le dévoiement du débat public sous le flot continu des fausses nouvelles, des approximations. Nous vivons dans un pays, certes sous tension, mais dans lequel les citoyens que nous sommes, éduqués à la chose publique, soutenons la démocratie, participons aux élections, mais exigeons aussi sincérité et écoute de la part des leurs élus. Nous ne tolérons donc pas une telle manipulation de l’opinion.

L’augmentation de la CSG des personnes en retraite

Le Président du MEDEF, Patrick Martin, dans la même expression sur BFM, ajoute une couche aux menaces : il fait remarquer que le taux de CSG « plafonne à 8,3 % pour les retraités et atteint 9,2 % pour les salaires ». Il s’interroge, « Pourquoi les retraités bénéficient-ils de cet abattement ? » puis dénonce une inégalité face aux efforts fiscaux.

Le MEDEF trouve aberrant de permettre aux retraité·es un soi-disant abattement sur les revenus, mais ne trouve pas aberrant de faire cotiser les personnes en retraite au même niveau que les salarié·es pour le risque de se retrouver au chômage … En effet, dans la cotisation des salarié·es de 9,2 %, figure 1,47 % pour le risque chômage… Le Medef confirme qu’il s’exprime sur des sujets qu’il ne connait pas, notamment la fiscalité.

État des lieux des retraites et des personnes en retraite

La DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques, dépendant de l’administration centrale des ministères sociaux) publie chaque année un rapport permettant de connaître la situation réelle des personnes en retraite, en prenant en compte l’ensemble des régimes de retraite. Le rapport 2024 porte sur les données de 2022.

Les retraités de droit direct sont 17 millions (+0,9 % en moyenne par an depuis 2020, soit 150 000 personnes, rythme comparable à celui de 1 % par an observé entre 2010 et 2020, c’était 2,6 % entre 2005 et 2010). Leur âge médian est de 72 ans et 5 mois (73 ans et 2 mois fin 2021). Il est de 72 ans et 11 mois pour les femmes et de 71 ans et 8 mois pour les hommes. La classe d’âge comportant le plus grand nombre de bénéficiaires d’une pension de droit direct est celle des 70-74 ans (23 %, premières générations du baby-boom). Entre 2004 et 2022, la part des femmes est passée de 50,8 % à 53,1 %.

Les nouveaux retraités de droit direct sont 789 000 (+6,3 % par rapport à 2021). Après une baisse due à la réforme de 2010, on retrouve les 778 000 de moyenne par an entre 2005 et 2010.

Les effectifs de retraités de droit dérivé (réversion) sont de 4,4 millions (soit une hausse de 2 % en dix ans) dont 914 000 ne touchent que la pension de droit dérivé. Ils sont en moyenne plus âgés (79 ans et 5 mois d’âge médian) que les retraités percevant une pension de droit direct (72 ans 5 mois d’âge médian). Les femmes représentent 88 % des bénéficiaires. 83,1 % des femmes âgées de 60 ans ou plus possèdent un droit propre à la retraite (82,7 % en 2004) et 94,4 % des 67 ans ou plus (87,1 % en 2004).

La revalorisation des pensions individuelles : en euros constants (corrigés de l’inflation), le pouvoir d’achat des pensions des personnes en retraite a baissé, en moyenne par an, de 0,6 % entre 2012 et 2022, de 0,9 % entre 2017 et 2022. Depuis 2012, la pension brute moyenne a augmenté de 0,8 % car les nouveaux retraités ont des pensions supérieures aux retraités décédés. Mais la pension nette n’a « augmenté » que de 0,1 %, à cause de l’augmentation des cotisations (CASA, CSG pour certains).

En vingt-cinq ans (durée de vie moyenne à la retraite), la pension brute tous régimes d’un ancien salarié non-cadre diminue de 8,4 % en euros constants et sa pension nette diminue de 9,1 % ; pour un ancien salarié cadre, la pension baisse de 8,8 % et la pension nette de 11,1 %.

Le niveau des pensions : la pension mensuelle moyenne de droit direct s’élève à 1 626 euros bruts, soit 1 512 euros nets des prélèvements sociaux. Elle a diminué en euros constants entre 2017 et 2022, que l’on considère la pension brute (-2,6 %) ou nette (-3,2 %), Les femmes perçoivent 38 % de moins que les hommes (50 % en 2004). En tenant compte de la pension de réversion, cette différence se réduit à 26 %.

Les écarts de pensions de droit direct entre générations : la pension moyenne de droit direct augmente de 24 % entre les générations nées en 1930 et en 1953, les retraités récents ayant eu des carrières plus favorables que leurs aînés. Cette tendance s’infléchit à partir des générations nées à la fin des années 1940.

Les bénéficiaires d’un minimum de pension sont 37 % des retraités de droit direct. Au régime général, 18 % liquidée en 2021 est portée au minimum contributif, 25 % en 2015 et plus de 40 % avant 2012.

Le niveau de vie médian des retraités est légèrement supérieur à celui de l’ensemble de la population : leur pension est moins élevée que les revenus des actifs, mais ils ont plus rarement des enfants à charge. Le taux de pauvreté des retraités (10 %) est plus faible que celui de l’ensemble de la population (14,5 %). Il serait de 13,1 % sans la redistribution fiscale et sociale.

Les masses financières des pensions de retraite : 353 milliards d’euros, soit 13,4 % du produit intérieur brut et 41,5 % des prestations de protection sociale.

L’âge moyen de départ à la retraite s’élève à 62 ans et 8 mois pour les retraités de droit direct (63 ans et 5 mois au régime général). Il a augmenté de 2 ans et 2 mois depuis 2010, année de la réforme des retraites.

Entre les générations 1949 et 1961, la part des personnes déjà retraitées à 61 ans est passée de 75 % à 24 %.

L’âge moyen de départ à la retraite baisse au fil des générations nées entre 1926 et 1949 puis augmente de 1 an et 2 mois entre les générations nées en 1949 et en 1955. La durée moyenne passée à la retraite augmente entre les générations 1926 et 1950, puis diminue ensuite. La durée de retraite espérée pour la génération 1955 est de 24 années et 8 mois (26 années et 4 mois pour les femmes, 23 années pour les hommes), ce qui correspond quasiment au niveau de la génération 1940.

La diversité des âges de départ à la retraite : 33 % des personnes âgées de 62 ans ont liquidé un premier droit à pension au cours de l’année, et 11 % des 60 ans. Les départs anticipés ont lieu pour l’essentiel à 60 et 61 ans, dans le privé au titre de la carrière longue. Parmi la génération 1953, un départ à la retraite sur sept a eu lieu avant 60 ans, et un sur sept a eu lieu à l’âge de 60 ans (fonctionnaires et régimes spéciaux).

Les conditions de liquidation de la retraite : au sein de la génération 1953, 89 % ont liquidé leur pension de retraite au taux plein, dont 60 % au titre de la durée et 15 % au titre de de l’invalidité ou de l’inaptitude, 15 % ont eu une surcote et 11 % une décote. La part des personnes partant avec une décote augmente à partir des générations nées après la fin des années 1940. Un nouveau liquidant sur cinq part en retraite de manière anticipée au titre de la carrière longue au régime général.

La situation en fin de carrière : près de sept nouveaux retraités sur dix passent directement de l’emploi à la retraite, mais après 50 ans, quatre personnes sur dix connaissent au moins une année de non-emploi.

Le cumul emploi-retraite concerne 541 000 personnes, dont 25 000 sont en retraite progressive. 15 % des retraités de 67 ans (13,6 % en 2016) ont cumulé une pension avec un emploi au moins une fois depuis leur départ à la retraite.

La pension d’invalidité concerne 843 000 retraités de droit direct, dont 105 000 nouveaux bénéficiaires d’un âge moyen de 52 ans. Le montant versé s’échelonne de 600 euros à 2 020 euros. La dépense annuelle s’élève à 8,5 milliards d’euros.

Le minimum vieillesse, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et l’allocation supplémentaire du minimum vieillesse (ASV) concernent 691 210 personnes. (+ 66 690 soit +11 % en un an). Les carrières sont plus souvent incomplètes, marquées par l’invalidité ou par l’inaptitude au travail.

Les dépenses relatives à l’ASV et à l’ASPA, 3,8 milliards d’euros, augmentent en 2022 (+6,1 %, après +1,9 % en 2021). À partir de 2018, avec le plan de revalorisations exceptionnelles du minimum vieillesse pendant trois ans, les effectifs de nouveaux bénéficiaires augmentent (+19 % en 2018, +38 % en 2019, +8 % en 2020, +25 % en 2021 et +11 % en 2022).

La complémentaire santé solidaire (C2S) de la Sécurité sociale, une solution pour les petits budgets

Beaucoup de personnes l’ignorent, mais il existe une mutuelle solidaire à la CPAM pour les personnes qui ont des ressources modestes. Cette couverture santé, gratuite ou avec une faible participation selon les revenus, offre une protection élargie sans reste à charge. Avec cette mutuelle, et selon vos ressources, vous ne payez pas le médecin, le dentiste, l’infirmier, le kinésithérapeute, l’hôpital. Vous ne payez pas vos médicaments en pharmacie, les dispositifs médicaux, comme les cannes ou les fauteuils roulants. Vous ne payez pas la plupart des lunettes, des prothèses dentaires ou auditives. Vos frais médicaux sont payés par les organismes d’assurance maladie obligatoire et la complémentaire santé solidaire.

Pour certains, elle est entièrement gratuite, pour d’autres, il y a une participation financière. Le droit à la complémentaire santé solidaire dépend des ressources que vous et les membres de votre foyer avez perçues pendant les 12 mois civils précédant l’avant-dernier mois de votre demande.

Les formulaires peuvent être retirés à la CPAM ou sur le site :

https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/difficultes-acces-droits-soins/complementaire-sante/complementaire-sante-beneficiaires

Selon son rapport annuel 2024, à voir en cliquant ici : https://www.complementaire-sante-solidaire.gouv.fr/actualites/rapports/publication-du-rapport-annuel-de-la-c2s-2024,

La complémentaire santé solidaire (C2S) continue de progresser, avec près de 7,7 millions de bénéficiaires à fin juillet 2024, soit une augmentation de 4,5 % en un an (+3,5 % hors Mayotte). Le rapport souligne son importance croissante, dans un contexte d’inflation affectant les dépenses de santé des personnes à faible revenu.

L’année 2024 a vu plusieurs avancées majeures : l’extension de la C2S à Mayotte, la simplification des démarches pour les bénéficiaires de l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) et le renouvellement d’une campagne de communication grand public. Le compte Ameli est devenu le principal canal de demande, représentant 57,5 % des demandes à fin juillet 2024, témoignant de la montée en charge des démarches dématérialisées.

La lutte contre le non-recours reste une priorité, avec un accent mis sur la simplification des démarches, particulièrement pour les personnes les plus vulnérables.

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Réforme des retraites : mobilisons-nous pour l’abrogation !

Publié le 23 janvier 2025

Il y a deux ans débutait un mouvement massif et historique de contestation de la réforme des retraites : des mois de grèves et des millions de manifestant·es pour dire non à la retraite à 64 ans. Aujourd’hui, ce refus est toujours d’actualité et cette réforme est toujours au premier plan de l’actualité sociale.

Si ce dossier est toujours sur la table, c’est bien grâce à cette mobilisation historique. Et nous ne sommes pas dupes : nous n’obtiendrons pas son abrogation sans une nouvelle mobilisation.

En faisant miroiter un recul sur l’âge de départ désormais à 64 ans, à condition de trouver un nouveau financement d’ici fin mai entre les syndicats et le patronat, François Bayrou cherche à gagner du temps pour son gouvernement. Ce n’est pas notre agenda qui est celui de la défense des travailleurs et travailleuses.

La petite musique du déficit et de la dette revient à chaque débat sur notre système de retraite. Pourtant, le financement n’est pas un problème. François Bayrou avance des chiffres fantaisistes issus de calculs spécieux dans lesquels il additionne les poireaux et les courgettes, mélangeant financement des retraites du public et du privé. Même le COR, dont les hypothèses sont basées sur des scénari pessimistes, est loin de dresser un tel tableau. Surtout, plutôt que de jouer sur les dépenses, il est possible d’augmenter les recettes ! Et certainement pas de taxer les pensions au-delà de 2000 voire 2500 € ou encore instaurer une nouvelle journée de travail gratuit.

Pour financer nos retraites, Solidaires revendique :

d’augmenter les salaires en brut et en net (et donc les cotisations aux caisses de retraite).

– de supprimer les exonérations de cotisations sociales. Ce sont près de 80 milliards qui ne rentrent pas dans les caisses sociales (Chômage, sécu, retraite).

– d’augmenter les cotisations patronales (ainsi 0,8 % de hausse rapporterait 12 milliards d’euros en 2027).

– de mettre en place une cotisation sociale sur les dividendes.

– l’égalité salariale Femmes/Hommes. Elle passe par une augmentation conséquente des salaires des métiers fortement féminisés (infirmières, aides-soignantes, assistantes sociales, AESH etc) ce qui améliorerait les rentrées de cotisations sociales.

– d’augmenter le taux d’emploi des femmes à hauteur de celui des hommes, ce qui ferait 1,5 million de cotisantes en plus.

– d’exiger la fin des temps partiels imposés par les employeurs par une surcotisation pesant sur ces derniers, ce qui permettrait de rapporter 1,5 milliards supplémentaires.

– d’intégrer les régimes complémentaires de retraite dans le régime de base, cela contribuerait aussi à un financement sain et équilibré du système de retraite.

-de partager le travail sur la base de 32H sans perte de salaire, ni flexibilité. Le taux d’emploi des 60-64 ans est de 33% selon le COR., le report de l’âge n’est donc pas une solution de financement pour améliorer les rentrées de cotisations sociales mais allonge le temps passé en inactivité.

-de mener une politique de l’emploi déterminée : des embauches dans les services publics (éducation, santé, social, perte d’autonomie, petite enfance…) et secteurs utiles pour la bifurcation écologique.

Deux ans plus tard, cette réforme confirme ses effets néfastes tandis que les conditions de travail continuent de se dégrader et que les plans de licenciements se multiplient. Ainsi, le nombre de demandeurs d’emploi âgés de 62 ans a augmenté de moitié quand dans le même temps les règles d’indemnisation de l’Assurance chômage étaient durcies.

Obtenir son abrogation est possible. L’Union syndicale Solidaires appelle à se réunir sur les lieux de travail pour préparer la mobilisation et le 2e round !

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Déclaration du Comité national – L’abrogation de la réforme des retraites maintenant !

Publié le 15 janvier 2025

Lors de son discours de politique générale, François Bayrou s’est inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs immédiats. Il a choisi de mettre en œuvre une politique au service des riches, et de poursuivre le démantèlement de l’État social alors que les entreprises du Cac 40 ont versé un montant record, près de 100 milliards d’euros, à leurs actionnaires en 2024. Le discours de F. Bayrou sur l’immigration reprend les poncifs réactionnaires et continue de légitimer les idées rances de l’extrême droite. Les catastrophes naturelles causées par le dérèglement climatique n’ont pas davantage incité le Premier ministre à infléchir cette obsession de préserver les profits en prenant à bras le corps la question de la bifurcation écologique et sociale. Au contraire, cette question centrale est complètement laissée de côté.

Au-delà des déclarations d’intentions qui ne semblent présager d’aucune mesure concrète, le Premier ministre a montré le peu de considération qu’il a pour le monde du travail qui s’est massivement mobilisé contre la réforme des retraites.

Il a annoncé en particulier son intention de rediscuter avec les organisations patronales et syndicales cette réforme qui continuerait de s’appliquer. Il exige également que la négociation ait lieu à l’aune de son idéologie libérale :

  • aucune augmentation réelle des recettes, alors que les gouvernements successifs ont imposé des limitations et exonérations de cotisations sociales qui pèsent lourdement sur le financement des retraites,
  • l’impératif de l’équilibre financier à court terme, sans prendre en compte d’autres paramètres.

Dans son discours, F. Bayrou semble paver la voie dans son discours à une nouvelle contre-réforme des retraites aboutissant encore à une dégradation des droits des salarié·es.

Pour Solidaires, l’abrogation de cette réforme rejetée par la population doit être un préalable indispensable à toute ouverture de négociations sur un meilleur financement par le patronat et l’amélioration du régime de retraites par répartition. Solidaires s’adressera en ce sens aux autres organisations de l’intersyndicale.

C’est par la construction d’une mobilisation et la grève que les travailleurs et travailleuses obtiendront cette abrogation.

Le 15 janvier 2025

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Concertation sur les retraites : pas de discussions sans abrogation !

Le nouveau cycle de discussion sur la réforme des retraites qui démarre aujourd’hui autour de François Bayrou se fera sans l’Union syndicale Solidaires.

Sur la forme, le cadre des discussions semble choisi sur mesure par le gouvernement. Il préfère interroger la Cour des comptes plutôt que le Conseil d’orientation des retraites pour le diagnostic. Il ne tient compte d’aucun critère objectif en ne conviant pas les 8 organisations de l’intersyndicale qui ont mené le combat contre la réforme, et intègre une organisation patronale agricole.

Sur le fond, surtout, ces discussions ne sont que de la poudre aux yeux. François Bayrou veut s’acheter du temps. Mais le cadre fixé est extrêmement contraignant, verrouillé budgétairement, loin de la discussion “sans totems et sans tabous” annoncée.

Le Premier ministre conditionne les négociations à un accord entre les organisations syndicales et patronales. Or le refus du patronat de contribuer davantage à l’équilibre du système rend vaines toutes les discussions sur l’abrogation de la réforme.

Pour l’Union syndicale Solidaires, le minimum c’est le renoncement au recul de l’âge de départ à 64 ans et l’abrogation de la réforme des retraites de 2023 comme première étape vers la retraite à 60 ans et les 37,5 années de cotisation.

L’ouverture de ces discussions confirme qu’il y a un problème majeur avec cette réforme injuste, rejetée clairement par la population, et adoptée sans vote du Parlement.

Avec son entrée en vigueur, le nombre d’inscrit·es agé·es de 62 ans à France Travail a progressé de 46,5%. Dans le même temps, le gouvernement a cyniquement durci les règles d’indemnisation de l’Assurance chômage.

Ce ne sont pas les dépenses qui sont le problème des retraites et de la sécurité sociale, c’est le manque de recettes. Et pour l’Union syndicale Solidaires les leviers sont très nombreux : en augmentant le taux d’emploi des femmes par exemple, celui des « seniors » et donc en réduisant le chômage par la réduction du temps de travail à 32h sans perte de salaire. En embauchant massivement dans les services publics et les secteurs écologiques. En augmentant les salaires, en pratiquant l’égalité salariale femmes/hommes. En augmentant le taux de cotisation patronal… En mobilisant les milliards du fonds de réserve retraites, en luttant contre le travail illégal qui assèche les caisses de sécurité sociale, en revisitant l’ensemble des niches d’exonération des cotisations sociales… Les pistes sont nombreuses pour financer le progrès social. Cela nécessite d’engager le rapport de force.

L’Union syndicale Solidaires travaille à construire des mobilisations pour obtenir son abrogation définitive.

Deux ans après, l’heure est au second round!

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Note mensuelle de l’UNIRS décembre 2024

Publié le 30 décembre 2024 par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Réunion du CA de l’UNIRS le 10 décembre

Le Conseil d’Administration de l’UNIRS Solidaires Retraité·e·s s’est réuni le mardi 10 décembre 2024, de 10 h à 16 h au siège de l’Union syndicale Solidaires avec 19 personnes, 8 femmes et 11 hommes.

Ce CA a commencé à réfléchir sur une sécurité sociale de l’alimentation, à partir d’un texte envoyé à l’avance et figurant en annexe du compte-rendu de la réunion (à voir en cliquant ici : https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/sectorielles/reunion-du-ca-unirs-le-10-decembre/). Il a aussi discuté de l’actualité des débats parlementaires sur le PLF 2025 et le PLFSS 2025 et du changement de gouvernement, et a commencé à travailler sur la dette.

Les actions des retraité·es ont été abordées lors du bilan de la journée d’action du 3 décembre des 9 organisations de retraité·es, et des suites à donner à ces mobilisations sur la santé et sur le pouvoir d’achat.

Le CA a préparé l’AG annuelle de l’Unirs qui aura lieu le 28 janvier 2025 pour examiner l’année 2024 et préparer 2025 : les inscriptions (une cinquantaine pour le moment), l’état des adhésions des structures à l’Unirs, l’actualisation du rapport d’activité, les amendements à la motion d’orientation, l’examen des trois dossiers revendicatifs qui seront soumis au vote de l’AG : « Des transports accessibles et adaptés aux besoins des sénior·e·s à tout âge » ; « Pour une fin de vie digne qui respecte les souhaits de la personne » ; « L’aide active à mourir, un droit essentiel de l’UDIRS Calvados ».

Solidaires apporte son soutien à l’ensemble de la population de Mayotte

Mayotte a été dévastée le 14 décembre par le cyclone le plus destructeur depuis plus de 90 ans. L’ensemble de l’île a été ravagé. Les infrastructures déjà très précaires ont été détruites et le bilan humain déjà lourd risque de continuer de s’alourdir au fil des jours. Une nouvelle fois, cette catastrophe climatique montre l’urgence à faire des choix radicaux et engager une véritable bifurcation écologique.

Solidaires apporte tout son soutien à l’ensemble de la population de Mayotte victime de ces intempéries destructrices.

L’État doit mettre tout en œuvre afin d’aider la population : rétablir au plus vite les infrastructures de base telle que l’accès à l’eau, à l’électricité, assurer un accès aux soins pour soigner les blessé·es et éviter toute épidémie et bien entendu que chacun·e puisse avoir accès à des distributions de nourriture.

L’Union syndicale Solidaires ainsi que toutes les structures implantées à Mayotte ont ouvert une cagnotte en ligne où chacun·e peut verser : https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/cagnotte-de-solidarite-avec-mayotte/

Réunion des 9 organisations de retraité·es

La réunion du groupe des 9 organisations de retraité·es (G9) du 16 décembre 2024 s’est tenue dans les locaux de FO, de 10 h 30 à 12 h, en présence de toutes les organisations, sauf LSR excusée. Le G9 a décidé :

  • Un communiqué de bilan du 3 décembre qui se félicite des mobilisations qui ont permis d’obtenir 2,2 % de revalorisation des pensions, soit bien plus que le 0,8 % prévu par gouvernement. Le communiqué sera envoyé début janvier, lorsque nous serons sûrs de ce 2,2 %.
  • Une action Santé fin mars 2025 (date à préciser) visera les ARS en mobilisant sur les éléments locaux. La reconquête des principes de la sécurité sociale s’appuiera sur le 80e anniversaire de sa création, qui représente l’occasion de rappeler les fondamentaux de la Sécu de façon claire.
  • Une déclaration dénonce la création de la Conférence Nationale de l’Autonomie (CNA) qui comprend de très nombreux institutionnels et aucun représentant des syndicats et des associations représentant les retraité·es alors que le discours officiel appelle les syndicats à un « sursaut citoyen », CNA qui ne se réunira que tous les 3 ans ce qui rend impossible un suivi, qui dessaisit le HCFEA et la CNSA de leurs rôles.

Prochaine réunion du G9 : lundi 13 janvier 2025, à 14 heures, à FO.

Pour voir le relevé officiel des décisions adopté par les organisations présentes, le compte-rendu interne de l’Unirs Solidaires, le communiqué du G9 le lendemain de la journée d’action du 3 décembre, le compte-rendu de l’audience à Matignon, la déclaration commune au Haut Conseil de l’Âge sur le scandale de la création d’une nouvelle instance, sans les syndicats, pour les court-circuiter, cliquer ici : https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/sectorielles/decisions-des-9-organisations-de-retraitees-le-16-decembre/

Forte hausse des tarifs des mutuelles

La Mutualité Française annonce pour 2025, après une hausse moyenne de 8,1 % en 2024, des hausses moyennes de l’ordre de 6 %. Les contrats collectifs (d’entreprises) obligatoires augmenteraient de 7,3 % (9,9 %, en 2024) et les contrats individuels de 5,3 % (7,3 % en 2024). Ces hausses sont le résultat d’une enquête menée auprès de 41 mutuelles couvrant 10,9 millions de personnes. Sur les dix années antérieures, la hausse n’était que de 2,6 % en moyenne chaque année.

Ces hausses sont expliquées par :

  • L’augmentation des dépenses de santé (+5,2 % en 2023 contre +4 % l’année précédente) dans une période de vieillissement de la population et de meilleure reconnaissance des métiers de santé.
  • De nouveaux remboursements, comme la prise en charge des nouveaux traitements contre la bronchiolite ou l’engagement dans la prévention bucco-dentaire, sur les caries notamment (2 millions d’euros en 2025 pour les complémentaires).
  • Le transfert de charges de la Sécu, en confiant par exemple aux complémentaires le remboursement à 100 % du dentaire, de l’optique, et de l’audiologie. Les complémentaires santé assument désormais 40 % des frais dentaires, contre 30 % avant 2023.
  • Des transferts de l’Assurance Maladie vers les complémentaires ont été anticipés mais non appliqués en l’absence d’un vote sur le budget de la Sécu. Le gouvernement Barnier voulait une augmentation des tickets modérateurs sur les médicaments et les consultations médicales, avec un impact financier de 1,1 milliard d’euros. Ces mesures pourraient revenir…

Solidaires revendique le 100 % santé à la Sécu, avec intégration à la Sécu des mutuelles. Il coûterait moins cher à l’assuré d’augmenter sa cotisation à la Sécu qui assurerait tout, que de subir la hausse des complémentaires qui ne remboursent qu’au niveau déterminé par le tarif choisi et qui fait payer plus cher pour compenser ses frais de fonctionnement plus élevés.

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Bulletin international de l’UNIRS n°11 de janvier 2025

Publié le 1 janvier 2025 par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Pour bien commencer l’année 2025, voici le numéro 11 du bulletin international de l’Union interprofessionnelle des retraité·es Solidaires (UNIRS).

Au sommaire :

  • État espagnol : perte de pouvoir d’achat des pensions
  • Brésil : austérité pour les pensions
  • Grande-Bretagne : campagne pour la prime de chauffage
  • Belgique : des conditions plus strictes pour la pension minimale
  • Balkans : une déclaration commune de syndicats de retraité·es
  • Maroc : manifestations de retraité·es

Etat espagnol : perte de pouvoir d’achat des pensions

Plusieurs organisations de pensionné·es de l’Etat espagnol ont publié un document relatif à l’évolution des pensions depuis la contre-réforme de 2011[1]. Il en ressort une perte de 3,82 points, au regard de l’évolution de l’Índice de Precios al Consumo (IPC). Mais comme le notent ces collectifs de retraité⸳es, la réalité est plus dégradée : dans l’Etat espagnol comme ailleurs, les plus pauvres dépensent proportionnellement une plus grande part de leurs faibles revenus pour les besoins les plus basiques. Or, entre décembre 2019 et août 2024, les prix de l’alimentation ont augmenté de 30,7 points, tandis que l’indice moyen, l’IPC, n’a grimpé « que » de 17,9 points. Celles et ceux qui touchent les pensions les moins élevées ont donc perdu plus de pouvoir d’achat que les 3,82 points déjà inadmissibles. Bien sûr, là-bas aussi, les capitalistes et leurs serviteurs expliquent qu’il faut « faire des économies » ; mais nos camarades donnent quelques chiffres qui confirment que, partout, « les capitalistes nous coûtent cher » : en 2024, les entreprises de l’IBEX[2] ont cumulé plus de 61 milliards d’euros de bénéfices ; l’argent placé par celles-ci dans les paradis fiscaux représente 160 milliards, soit 11% du Produit intérieur brut ; entre 2018 et 2023, les marges des entreprises ont crû de 63,8 points, les salaires de 29,8.

Brésil : austérité pour les pensions

A la veille des vacances de fin d’année, le gouvernement Lula a approuvé, au sein du Congrès, son programme d’ajustement fiscal prévoyant de sévères réductions des dépenses, estimées à environ 11 milliards d’euros. Les camarades de la CSP Conlutas décryptent les conséquences pour la classe populaire, et notamment les personnes retraitées aux plus faibles revenus : l’augmentation des pensions sera drastiquement encadrée, la priorité budgétaire allant au remboursement de la dette, réclamée par les institutions financières et politiques capitalistes !

Grande-Bretagne : campagne pour la prime de chauffage

Monica Taylor, présidente du Comité des retraités du syndicat Unite a déclaré « Unite est le fer de lance de la demande de rétablissement de la prime de chauffage pour l’hiver. Nous demandons des comptes au parti travailliste sur la question du chauffage hivernal. Les gens ont besoin de voir leur vie s’améliorer. Retirer de l’argent aux retraité⸳es qui gagnent à peine 220 livres par semaine, alors que les 50 familles les plus riches de Grande-Bretagne possèdent ensemble 500 milliards de livres, ne va pas dans ce sens. Nous ne reculerons pas. »

Belgique : des conditions plus strictes pour la pension minimale

A compter du 1er janvier 2025, l’accès à la pension minimale garantie (1 773,35 euros par mois pour une carrière complète, montant pour une personne seule) deviendra plus strict. Outre l’exigence actuelle de 30 années de carrière, une condition supplémentaire de 20 années d’« emploi effectif » est introduite (5 000 jours dans le « critère strict », 3 120 jours dans le « critère flexible »). Cette nouvelle condition sera introduite progressivement et ne sera pleinement effective que pour les personnes nées en 1970 ou après. La définition de « l’emploi effectif » est cruciale. Ainsi, si la plupart des congés pour soins sont pris en compte, le crédit-temps pour s’occuper d’un enfant (non handicapé), lui, ne l’est pas. Les périodes de chômage et le travail à temps partiel involontaire (avec maintien) en sont également exclus. [Infos FGTB]

Balkans : une déclaration commune de syndicats de retraité·es

Plusieurs syndicats de retraitées de Slovénie, de Croatie, de Bosnie-Herzégovine, du Kosovo, de Macédoine du Nord, du Monténégro et de Serbie ont publié un « appel pour les droits sociaux et l’élargissement de l’Union européenne », prônant notamment « une réforme des systèmes de protection sociale avec un accès universel est urgente, afin de les rendre plus justes, durables, inclusifs, efficaces et capables de répondre aux besoins des populations. Dans ce sens, la discussion sur la faisabilité d’introduire une pension garantie devrait être relancée au niveau européen et dans chaque pays ».

Maroc : manifestations de retraité·es

Le 1er octobre, puis le 30 novembre, les retraité·s marocains ont manifesté, à Rabat, à l’appel du Réseau Marocain des Organismes de Retraités (RéMOR). La raison ? Un quart de siècle de dévalorisation des pensions.

« Le RéMOR critique vivement l’inaction du gouvernement, exigeant une revalorisation des pensions et une gestion plus efficace des régimes de retraite (RCAR, CMR, CIMR). Il dénonce également des prélèvements injustifiés sur les pensions, la corruption et le gaspillage des fonds publics. »

Le gouvernement a annoncé des mesures de fiscalisation des pensions … qui ne concerneront pas 90% des personnes retraitées dont les revenus très bas les exonèrent de l’impôt sur le revenu.

[1] Document réalisé par l’ASJUBI40 (Asociación Jubilación Anticipada sin Penalizar), la COESPE (Coordinadora Estatal por la Defensa del Sistema Público de Pensiones), l’EHPM (Movimiento de Pensionistas de Euskal Herria), le MADPP (Movimiento Andaluz en Defensa das Pensións Públicas), le MODEPEN (Movemento Galego en Defensa das Pensións e os Servizos Públicos), UNIDAD COESPE et las plataformas de pensionistas de Badajoz et Móstoles.

[2] Equivalent du CAC 40 français.

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Retraites

Communiqué : suicide assisté du gouvernement

publié le 5 décembre 2024 par UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Pour 3 milliards de plus, le gouvernement choisit le suicide assisté.

L’Histoire retiendra peut-être que le gouvernement Barnier est tombé pour avoir refusé d’indexer au 1er janvier 2025 toutes les retraites sur l’inflation de 2024. Certains commentateurs politiques veulent nous expliquer que le Rassemblement National a fait de cette demande une « ligne rouge » pour « acheter » les votes d’une partie des personnes retraitées. Ces commentateurs pourraient continuer de commenter en précisant que l’indexation automatique et intégrale de toutes les retraites sur l’inflation ne devrait pas être exceptionnelle puisqu’elle est prévue par les articles L.161-23-1 et L.161-25 du Code de la Sécurité sociale. La première agression est bien celle du gouvernement qui, dans une loi de financement annuelle de la sécurité sociale vient suspendre l’application de la loi. Et ces commentateurs pourraient poursuivre en faisant le constat que le gouvernement a accepté de « vendre » les votes d’une partie des personnes retraitées pour continuer de maintenir notamment les exonérations de cotisations sociales ouvertes aux entreprises depuis des années sans contreparties, notamment en matière de création d’emplois ou de hausse des salaires.

Revenir sur sa proposition initiale en matière d’indexation des retraites sur l’inflation aurait « pesé » environ 3 milliards d’euros dans le budget de la sécurité sociale 2025. Il faut savoir que les dépenses de sécurité sociale sont fixées à près de 661 milliards d’euros pour 2025. « Lâcher » 3 milliards sur 661 milliards, c’est à peine 0,5 % du budget de la Sécu. Mais les macronistes de l’Assemblée Nationale, particulièrement, avec Attal, se sont crispés sur le dogme du « ruissellement » selon lequel les profits d’aujourd’hui sont les emplois d’après-demain. Nous avons bien vu que les profits d’aujourd’hui sont aussi les profits de demain et que c’est ainsi que les riches sont toujours plus riches, sans limites ni plafonds, bien au-delà de l’indécence, et que les pauvres sont toujours plus nombreux et continuent de s’appauvrir. Ça fait des décennies que les gouvernements mentent aux populations en nous présentant cette « théorie économique » : ils savent très bien que ce n’est en rien une réalité économique mais un discours qui peut marcher auprès des opinions publiques dans un contexte de chômage organisé, organisé notamment par la non adaptation du temps de travail aux gains de productivité (et le rallongement de la date du départ en retraite participe à cette organisation du chômage).

Le 1er ministre vient de décider de la chute de son gouvernement et de l’ouverture d’une nouvelle période d’instabilité politique pouvant conduire à une crise politique, voire à une crise institutionnelle, voire plus selon d’autres commentateurs, tout ça pour ne pas rogner 3 milliards d’exonérations de cotisations sociales, pour ne pas remettre en cause la politique « pro-business » menée depuis des décennies, et particulièrement depuis 2017 et l’arrivée de Macron et de Bruno Le Maire. Il faut que le symbole soit fort (ne pas reculer dans le partage des richesses), il faut que la pression des « marchés financiers » épaulés par les agences de notation soit également très forte, pour que le gouvernement prenne tous ces risques pour le pays. C’est bien la marque que ce gouvernement, comme nombre de ses prédécesseurs, n’est pas au service « de la France », et encore moins au service « des Françaises et des Français », mais au service des intérêts financiers, des très riches de France et du monde, de tous ceux qui sont sous-imposés et sous taxés, qui disposent de fonds énormes, qui sont propriétaires aussi des fonds d’investissement, de placement, de pension, et qui peuvent prêter aux États les sommes qu’ils n’ont pas payé en impôts, prêter moyennant versement d’intérêts payés par celles et ceux qui payent des impôts et ne se délocalisent pas dans les paradis fiscaux.

Les personnes retraitées, en ayant manifesté le 3 décembre

à l’appel de huit organisations de retraités et retraitées, et en continuant dans les semaines qui viennent comme le souhaite l’UNIRS, témoignent de leur exigence d’un changement de politique budgétaire, fiscale et sociale. Dans l’urgence, il faut un PLFSS 2025 et un PLF 2025 rompant avec ce qui est appelé la « politique de l’offre » qui consiste à mettre l’État au service des plus riches.

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Actu Solidaires 78 Retraites

Mardi 3 décembre Manif à Versailles : pas d’économie sur le dos des retraité·e·s


Les 9 organisations de retraité.es exigent :

–   La revalorisation de toutes les pensions de base a minima au niveau de l’inflation dès le 1er janvier 2025 et le rattrapage des sommes perdues depuis 2017.

–   Pas une pension en-dessous du SMIC.

–   L’indexation des pensions sur le salaire moyen.

–   Le droit aux soins gratuits et à la santé ainsi qu’un grand service public national de l’autonomie.

–   Des services publics de proximité.

https://solidaires.org/documents/8529/Tract_des_9_sur_les_pensions_gE2JR6c.pdf

Sans mobilisation pas de victoire !

Retraité.es et pas encore retraité.es signez et diffusez massivement la pétition

https://chng.it/6zJ8pdyWPM

Retraité.es manifestez le 3 décembre !

Versailles devant les grilles de la Préfecture, avenue de Paris à 10h30

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Retraites

Note mensuelle de l’UNIRS novembre 2024

UNIRS – Union nationale interprofessionnelle des retraité-es solidaires

Au sommaire de cette note mensuelle :

  • Réunion du CA de l’UNIRS le 15 octobre
  • Réunion du G9 le 13 novembre
  • Le retraité n’est pas un jouisseur du temps libre
  • Les retraité·e·s agissent sur la santé 
  • Santé : augmentation du reste à charge
  • Les affections de longue durée (ALD) dans le collimateur

Réunion du CA de l’UNIRS le 15 octobre

Le Conseil d’Administration de l’UNIRS Solidaires Retraité·e·s s’est réuni le mardi 15 octobre 2024, de 10 h à 16 h au siège de l’Union syndicale Solidaires avec 14 personnes, 6 femmes et 8 hommes. Le compte-rendu complet ainsi que le texte sur le contexte sont consultables sur le site de Solidaires : https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/sectorielles/compte-rendu-du-ca-de-lunirs-du-10-octobre-2024/

I – Analyse du contexte politique, économique, social, syndical et environnemental.

Cette analyse a développé de nombreux sujets d’actualité :

– Le nouveau gouvernement, le PLF 2025 et le PLFSS 2025.

– La continuité des politiques libérales et leur accentuation.

– Les menaces sur la réduction des services publics.

– Les menaces sur les pensions en 2025 (recul de la date de l’indexation sur l’inflation, etc.).

– Les menaces sur la prise en charge des ALD par l’assurance maladie, etc.

La présentation du texte a été suivie de nombreuses interventions puis d’une synthèse.

II – Réunions et initiatives du G9, les actions envisagées.

La réunion du G9 du mercredi 9 octobre 2024 est évoquée, avec toutes ses décisions :

– La journée nationale d’action des 9 organisations de retraité·es du 3 décembre avec des éléments de mobilisation : un tract et un argumentaire sur le pouvoir d’achat.

– La pétition sur le pouvoir d’achat, à faire signer en version papier et en ligne : https://chng.it/6zJ8pdyWPM. Ces pétitions seront remises le 3 décembre au Premier ministre et aux préfets des départements.

– La lettre ouverte destinée aux groupes parlementaires (Assemblée Nationale et Sénat) et, dans les départements, aux députés et aux sénateurs.

III – Préparation de l’AG de l’UNIRS du mercredi 11 décembre 2024 reportée au 28 janvier 2025.

La préparation a porté sur les éléments concrets du déroulement de la journée, des inscriptions. Elle a permis aussi d’actualiser le Rapport d’activité, d’échanger sur le projet de Motion d’Orientation, de débattre sur notre demande de droit de vote dans les instances de Solidaires, de préciser les changements dans le barème de cotisations à l’UNIRS des structures nationales et des structures départementales.
Dernière minute : la grève reconductible à partir du 11 décembre à 19 h des cheminot·e·s, à l’appel de toutes les organisations représentatives de la SNCF, dont SUD-Rail, nous a convaincu·e·s de repousser cette AG au 28 janvier pour éviter tout problème de transport pour les camarades venant à l’AG. L’UNIRS apporte son soutien aux salarié·e·s en lutte pour la défense du Service public.
Tous les textes pour cette AG sont sur le site de Solidaires : https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/sectorielles/lassemblee-generale-de-lunirs-mercredi-11-decembre-2024/

Réunion du G9 le 13 novembre

Les 9 organisations de retraité·e·s CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR et Ensemble & Solidaires, se sont réunies dans les locaux de la FGR-FP, de 14 h à 16 h 20. Le compte-rendu complet et les documents adoptés sont sur le site de Solidaires : https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/sectorielles/decisions-des-9-organisations-de-retraitees-le-13-novembre-2025/

La discussion a abordé la scandaleuse annonce de Wauquiez, simple député, qui a même surpris le ministre du budget qui n’était pas au courant. Sa mesure est pire que celle prévue initialement par le gouvernement, le recul de 6 mois du rattrapage de la perte de pouvoir d’achat provoquée par l’inflation de 2024. Avec Wauquiez, les pensions en dessous du SMIC perdraient 0,9 % de pension par mois, soit une somme égale à 5,4 % d’une pension pour les 6 mois. Celles au-dessus du SMIC perdraient 0,9 % de la pension pendant chacun des 12 mois, soit une somme correspondant à 0,9 x 12 = 10,8 % de la pension sur l’année 2025 … et toutes les années suivantes, car ce 0,9 % de retard ne sera jamais rattrapé. Tout cela pour faire une économie de 3 milliards d’euros en 2025, sans toucher à l’envol des richesses des plus fortunés ! Les retraité·e·ss devraient payer pour financer les cadeaux faits aux plus riches, lesquels cadeaux ne sont même pas remis en cause pour l’avenir.

Signature de la pétition

Elle va atteindre les 15 000 signatures, c’est un démarrage lent. Toutes les équipes sont invitées à faire signer la pétition. Ceci peut être fait facilement aussi en ligne : https://chng.it/6zJ8pdyWPM

Communiqué de presse

Un projet de communiqué de FO suite aux propos de Wauquiez est adopté (voir sur le site). La CFTC informe qu’elle n’a pas de mandat pour appeler à des manifestations le 3 décembre car aucune décision officielle n’est prise sur la revalorisation des pensions. En conséquence elle ne peut pas signer le communiqué.

Rassemblement à Paris

Après échanges, il est décidé de tenir le rassemblement à proximité de Matignon, en face de la contre-allée du métro Varenne. Chaque organisation prévoit un camion avec son ballon. Une prise de parole unique au nom des organisations sera suivie d’interventions de salarié·e·s en lutte, au nom de leur syndicat. La presse sera accueillie sur place.

Une personne par organisation ira en délégation rencontrer le Premier ministre. En cas de refus d’audience, la délégation déposera les pétitions à l’officier de police.

Les suites à donner à la journée du 3 décembre seront envisagées lors de la prochaine réunion du G9.

Argumentaire niveau de vie

Le projet de Solidaires (voir sur le site) répond à un besoin pour armer les militant·e·s et contrer le soi-disant niveau de vie supérieur des retraité·e·s qui devraient accepter de faire des efforts. Ce projet sera enrichi lors de la prochaine réunion le 26 novembre.

Manifeste des retraités

Une proposition de texte de la FGR-FP a pour objectif d’accorder un statut social aux personnes retraitées, avec un texte manifeste du G9 sur la place des retraité·e·s dans la société. La CGT propose une réunion à la bourse du travail, qui pourrait déboucher sur ce texte enrichi, au premier trimestre 2025. Chaque organisation y réfléchit et on en décide le 26 novembre.

Prochaine réunion : le 26 novembre à 14 h, dans les locaux de la CGT, après la conférence de presse nationale qui aura lieu à la CGT à 11 h.

Enfin la loi « fin de vie » ?

Le texte de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie sera de nouveau examiné par l’Assemblée nationale durant les semaines du 27 janvier et du 3 février 2025.

Le texte prendra très probablement la forme de la proposition de loi déposée par Olivier Falorni en septembre dernier, déjà cosignée par 220 députés. https://loifindevie.admd.net/

L’assemblée générale de l’Unirs le 28 janvier sera l’occasion de discuter de la fin de vie, à partir du texte disponible sur le site (voir ci-dessus).

Les retraité·e·s agissent sur la santé

À Paris, des centres de santé !

Les 9 se sont rassemblés à Paris pour demander à la mairie de mettre en place des centres de santé dans tous les arrondissements, pour se soigner sans avancer d’argent et sans dépassements d’honoraires.

Malgré le changement d’heure imposé par la Préfecture presque au dernier moment, 200 manifestant·e·s étaient présent·e·s, dont une quinzaine de Solidaires. Une délégation composée de 3 camarades (CGT, FGR-FP, FO) a été reçue par la mairie de Paris. D’ici 2028, la Mairie compte ouvrir 5 centres de santé dans Paris (sur les bases tarifaires et sanitaires demandées). Le principe d’une réunion de revoyure a été posé.

Pendant que la délégation était reçue, les camarades de chaque organisation des 9, dont l’Unirs Paris, ont pris la parole pour rappeler les revendications du G9 sur la Santé pour les Sénior·e·s

Nous avons convenu de renouveler le principe des actions locales, dans l’unité, condition d’une bonne mobilisation.

À Marseille, rassemblement devant l’ARS !

Le 14 octobre, les organisations du G9 se sont exprimées devant l’Agence Régionale de la Santé (ARS) sur les difficultés de se soigner. L’UNIRS/Solidaires 13 a montré concrètement que les retraité·e·s ne peuvent plus se soigner correctement. Elle a insisté sur la rupture avec notre système de retraite solidaire et la Sécurité Sociale : le rôle et les compétences de la Sécurité Sociale sont transférés aux complémentaires santé, dont les assurances privées. Elle a dénoncé le sort indigne réservé aux personnes en perte d’autonomie dans les EHPAD aux mains des grands groupes financiers et dans certaines cliniques privées et centres de rééducation gérés par ces mêmes groupes Colysée, Orpéa devenu Emeis…

Le G9 a été reçu par 2 représentants de l’ARS qui ont écouté les interventions puis fait part de différentes initiatives : des unités mobiles se déplacent en urgence dans les EHPAD ; un plan d’inspection inopiné a été finalisé pour inspecter les EHPAD. Ils ont dit qu’en cas de maltraitance, il fallait distinguer « les faits objectifs du ressenti » …

L ‘ARS a évité de répondre sur de nombreuses questions : accès aux soins, complémentaires santé onéreuses, renonciation à se faire soigner faute de moyens financiers, hôpital public au bord de l’asphyxie avec du personnel soignant non formé, etc.

Finistère : manifestation devant l’hôpital de Carhaix

Le 12 octobre, un rassemblement et une manifestation régionale ont défendu les hôpitaux publics et les Ehpad, dont 3 sur 4 sont en déficit très critique. Le mode de fonctionnement actuel très dégradé de notre système de santé public n’épargne personne !

Augmentation du reste à charge

Le gouvernement a prévu d’augmenter le ticket modérateur pour les médecins et sages-femmes, ainsi que pour les médicaments, c’est-à-dire de passer le montant du reste à charge des patients de 30 à 35 %. Pour les médicaments, les trois taux de remboursement existants (65 %, 30 % et 15 %) passeraient a priori à 60, 25 et 10 %. Pour les 3 millions de personnes en France qui n’ont pas de mutuelle, soit 5 % de la population (source Drees), cette part serait à leur charge. Pour les autres, ce sera une augmentation du tarif de la mutuelle. C’est la poursuite de la privatisation partielle de la couverture maladie, de la casse de la Sécu et de l’augmentation du coût de la santé pour les patients ! Une fois de plus, la Sécurité sociale voit son rôle diminuer, au profit des chères complémentaires, il s’agit d’un transfert de 900 millions d’euros !

C’est un choix politique, la Sécurité sociale est financée par des cotisations proportionnelles au revenu, les contrats d’assurance complémentaire sont payés par des primes qui dépendent principalement de l’âge, les plus âgés paient plus cher.

Qu’en sera-t-il à l’avenir ? Le gouvernement va-t-il encore augmenter les tickets modérateurs ? Certes, la Sécu conserve encore son rôle prépondérant, mais on voit bien revenir cette tentation de séparer le « gros risque » couvert par la Sécu, des « petits risques » qui seraient renvoyés au privé, avec une frontière délicate et arbitraire entre petites et grosses pathologies.

Bilan financier :

– Le gouvernement est content, avec une « économie » de plus d’un milliard d’euros par cette baisse de la prise en charge par l’Assurance maladie.

– La Sécurité sociale subit un « manque à gagner » encore plus important, elle perd aussi du côté des contrats d’entreprise qui donnent droit à une subvention (sous forme de déduction de l’assiette de cotisation), soit des milliards d’euros de moins pour les caisses de la Sécu.

– Les complémentaires dont les sociétés d’assurance lucratives sont contentes aussi, elles augmentent leur chiffre d’affaires et font payer les assurés en augmentant leurs tarifs.

– La population est mécontente, elle va payer, via les augmentations de tarifs, le milliard d’euros économisé par la Sécu, plus des frais supplémentaires car, selon le président de la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF), « les complémentaires santé sont assujetties à une taxe de 14 %. Les adhérents devront donc s’acquitter de près de 200 millions de taxes supplémentaires ».

– Donc, la Sécu gagne 1 milliard d’euros, et les patients compensent en payant 1,2 milliard !

L’Assemblée nationale a débattu, bien amélioré le texte, mais ne l’a pas voté. Le gouvernement a envoyé le texte initial au Sénat où la droite est majoritaire… Tout cela va se finir par un 49.3 pour faire passer le texte voulu par le gouvernement.

Les affections de longue durée (ALD) dans le collimateur

Les retraité·es, avec l’âge, sont plus fragiles, plus souvent et gravement malades. Heureusement, en cas de maladie grave, évoluant pendant plus de 6 mois et nécessitant un traitement coûteux, les frais de santé sont pris en charge sur la base de remboursement de la Sécurité sociale. L’âge moyen des personnes en ALD est de 65 ans.

L’IGF (Inspection générale des Finances) et l’Igas (Inspection générale des Affaires sociales) suggèrent une révision des ALD, en place depuis 1947. L’ALD protège les assurés atteints de pathologies graves et coûteuses contre des restes à charge élevés. Le régime des ALD a peu évolué depuis 1986 et voit son coût augmenter en raison du vieillissement démographique et de la croissance des maladies chroniques. En 2021, il concernait 13,7 millions de personnes, soit une personne sur cinq, et représentait 123 milliards d’euros de dépenses de santé, soit 60 % des dépenses prises en charge par l’assurance maladie … toutefois, le coût spécifique du dispositif ALD ne représentait que 12 milliards d’euros en 2021, dont l’essentiel (11,3 milliards) concernait la seule exonération du ticket modérateur.

Le coût des ALD est de 83 milliards d’euros pour l’assurance maladie et de 12 milliards d’euros pour les finances publiques (principalement en raison de l’exonération du ticket modérateur).

La dépense moyenne totale d’un assuré en ALD, pour les soins en lien et sans lien avec son affection, est de 9 300 € par an tandis que son reste à charge s’élève à 840 € par an, ce qui est plus élevé que pour la population générale.

L’étude IGF-IGAS (à voir en cliquant ici : https://www.igf.finances.gouv.fr/igf/accueil/nos-activites/rapports-de-missions/liste-de-tous-les-rapports-de-mi/revue-de-depenses-affections-de.html) reconnait l’efficacité de protection financière de l’ALD, mais met en avant des inégalités dans l’application des critères d’admission et un contrôle insuffisant des dépenses.

L’étude propose des économies : introduire un ticket modérateur spécifique ou supprimer l’exonération pour certains actes médicaux mineurs, recentrer sur les situations médicales les plus graves, améliorer les contrôles, renforcer l’implication des patients dans leur parcours de soins. Le cumul des mesures proposées permettrait « d’économiser » entre 539 et 871 millions d’euros en 2025 et entre 849 et 3 400 millions d’euros en 2027, cette « économie » serait une augmentation du reste à charge des personnes en ALD qui accusent déjà le plus de reste à charge et qui sont aussi les premières confrontées aux dépassements d’honoraires qui explosent et aux frais déjà non remboursés dans le cadre de l’ALD.

Le régime des ALD est indispensable pour la solidarité, pour la prise en charge des maladies graves et longues. Nous exigeons son maintien.

Le retraité n’est pas un jouisseur du temps libre

L’image des retraité·e·s, supposés jouir du temps libre, est bousculée par la réalité vécue par trois retraité·e·s sur dix qui sont d’anciens ouvriers. Le sociologue Nicolas Renahy a mené une enquête, entre 2019 et 2023, à Sochaux au pays de Montbéliard (Doubs). La bande d’anciens collègues a connu les grandes heures du syndicalisme, celles des piquets de grève de 1968, quand les 204 ont arrêté de sortir de l’usine et que les CRS ont commencé à tirer sur les ouvriers, en tuant deux et en blessant sept. Leur enfance a été marquée par des injustices : la grande pauvreté, le « père tyrannique », la violence… La désindustrialisation massive à partir des années 1980 a donné des raisons de lutter, tout comme le durcissement des conditions de travail, l’augmentation des cadences.

Des millions d’anciens d’ouvriers paient leurs années d’usine : troubles musculo-squelettiques, insomnies ou maladies liées à l’amiante.

Nicolas Renahy a mis tout cela dans un livre sensible « Jusqu’au bout » qui éclaire sur la vie de ces retraités, pauvres, fatigués, mais unis et portés par « l’incroyable dynamisme » du syndicalisme.

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Retraites

Non au recul de l’indexation des retraites de base au 1er juillet 2025 !

Non au recul de l’indexation des retraites de base au 1er juillet 2025
Indexation a minima sur l’inflation au 1er janvier 2025
Rattrapage des pertes subies depuis 2017
Pas de pension en-dessous du SMIC
Revalorisation des pensions indexées sur le salaire moyen

Le lien pour la pétition en ligne : https://chng.it/6zJ8pdyWPM

Tract, pétition, arguments :

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