Le 16 septembre 2022, Jina AMINI, kurde iranienne de 22 ans, a été victime d’un féminicide d’Etat pour avoir refusé de se soumettre à la loi imposant le port du voile dans l’espace public.
Sa mort a déclenché le soulèvement populaire « Jin, Jiyan, Azadi ». Ce slogan est devenu un cri de révolte féministe en Iran et ailleurs. Il incarne les oppressions plurielles subies par les femmes, la reconnaissance de leurs droits individuels et collectifs, le rejet total du régime phallocratique iranien. Ce dernier institutionnalise le corps des femmes en recourant à la ségrégation sexuelle dans l’espace public et tente d’invisibiliser le corps féminin.
Selon Amnesty International, plus de 551 manifestant·es ont été tué·es dont 68 mineur·es et plus de 22 000 manifestant·es ont été arrêté·es.
Comme le confirme un rapport de Amnesty International « Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme clé dans l’arsenal répressif des autorités iraniennes ».
Presque quatre ans après la répression sanglante du soulèvement « Jin, Jiyan, Azadi », le régime iranien a poursuivi sa politique belliciste envers son peuple.
- Fin décembre 2025 / début janvier 2026 dans un contexte de crise économique, des manifestations de masse éclatent. La répression sanglante a causé la mort de plus de 7 000 manifestant·es selon l’ONG Human Rights Activism News Agency (HRANA).
- Depuis le 28/02/2026 la guerre israélo-étatsunienne a permis au régime de se renforcer et de se radicaliser. La répression contre la population iranienne n’a fait qu’empirer, le régime s’emploie à terroriser la population, en militarisant la rue pour faire taire toute forme de protestation, 500 personnes ont été exécutées depuis le début du conflit selon le haut-commissaire des droits de l’Homme. Les bombardements israélo-étatsuniens par ailleurs provoquent des dommages écologiques irréversibles.
Cette militarisation accroît les normes patriarcales et augmente la violence contre les femmes.
La situation économique était déjà catastrophique avant les frappes, cet été l’inflation sur le prix des produits alimentaires et boissons a atteint +127,5 %.
La guerre a accentué les inégalités sociales et de genre. En période de guerre, les femmes sont les premières à être concernées par l’inflation, l’insécurité du marché du travail et l’épuisement psychologique.
Les femmes d’Iran ont deux ennemis principaux : le régime et les bombes israélo-américaines. Cette guerre les percute violemment, et seules leurs luttes pourront les émanciper.
« Jin Jiyan Azadî », Femme, vie, liberté
L’Union syndicale Solidaires réitère son soutien inconditionnel à toutes formes de lutte du peuple iranien pour son émancipation.
Elle exige notamment :
- le droit inconditionnel des femmes à disposer librement de leurs corps, dont celui de porter ou non le voile ;
- l’abolition de toutes les lois misogynes, ainsi que l’apartheid de genre ;
- l’abolition de toute discrimination envers les femmes, les LGBTIQ+, les minorités nationales et religieuses, les réfugié·es d’Afghanistan;
- le respect des droits des salarié·es, dont ceux de s’organiser, de manifester et de faire grève ;
- l’arrêt immédiat des exécutions, l’abolition de la peine de mort ;
- la libération de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux ;
- la fin de la guerre, la levée des sanctions économiques et politiques dirigées contre la population ;
- l’édiction de sanctions financières et pénales contre les auteurs/trices et commanditaires des violences et crimes perpétrés contre la population.
Paris, le 8/09/2026










