Edito
« La liberté ne s’octroie pas, elle s’arrache collectivement dans la rue et sur nos lieux de vie. » Amelinha Teles (1944 – 2026, Brésil)
Bulletin Femmes Octobre 26Publish at Calameo
LA RENTRÉE EST FÉMINISTE
L’été s’en va, la colère reste.
Nous ne tournerons pas la page de ce qui s’est passé cet été. Car la crise climatique frappe d’abord les plus précaires et les femmes : santé fragilisée, risques accrus pendant la grossesse, explosion de la charge mentale et hausse des violences intrafamiliales. La justice climatique sera féministe ou ne sera pas.
La vie coûte cher, les corps s’épuisent. Ce sont toujours les mêmes qu’on précarise, qu’on souspaye, qu’on épuise sous les canicules ou sous le mépris. Ça suffit. Cette rentrée, on ne négocie pas. On s’impose. On fait du bruit. On veut la loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Tout de suite. Avec un budget conséquent et sans recul sur nos revendications ! On veut la fin du patriarcat ! On veut la transparence salariale réelle, pas des faux-semblants patronaux. On veut des seuils de température maximale au travail et l’adaptation de nos postes. On veut la fin du capitalisme ! On veut des IVG sûres et gratuites partout dans le monde. Et en octobre, on va subvertir leur « Octobre Rose » : le cancer du sein pour les travailleuses de nuit ou exposées aux toxiques, c’est une maladie professionnelle. Point.
Il a fallu dire adieu à nos aînées. D’Yvette Roudy chez nous à Gloria Steinem de l’autre côté de l’Atlantique. D’Emma Bonino en Italie à Amelinha Teles au Brésil, résistante anti-dictature et voix du féminisme populaire. D’Elaine Mokhtefi, combattante anticolonialiste, à Carmen Ponce Meléndez, Silvia Buendía, Line Bareiro, Michele Landsberg, Catherine Nzuzi wa Mbombo, Deborah Cameron, Catherine Ringer. De Kinshasa à Paris, de Rome à São Paulo, elles ont lutté pour nos droits, nos corps, nos salaires, nos libertés, nos vies. Des géantes. Au-delà des divergences politiques parfois profondes, la mémoire de leurs luttes, de leurs victoires nous oblige et nous traverse.
Alors, on scande, on débraye, on s’organise. Sur les piquets de grève, dans les bureaux, à l’hôpital, dans la rue. Car oui, on va envahir les rues. On va déranger les politiques. Car oui, on va se mobiliser plus que jamais contre l’extrême droite pour que nos droits ne nous soient pas retirés et pour en exiger de nouveaux !
La liberté, nous ne la demandons pas. Nous l’exigeons ! L’égalité, nous ne la demandons pas. Nous l’arrachons. La solidarité et l’adelphité sont nos armes !
Comme le rappelait Yvette Roudy : « L’égalité ne se donne pas, elle se conquiert par la loi et le rapport de forces. »
Pas de permission. Pas de frontière. Pas de recul. La riposte commence maintenant.
Sommaire
- page 2 : édito
- page 3 : climat, patriarcat, même combat
- page 5 : Jin Jyan Azani
- page 6 : défendons le droit à l’IVG et nos droits reproductifs
- page 7 : nos revendications
- page 8 : la campagne «subvertir octobre rose»
- page 11 : déclaration de Solidaires pour une loi intégrale
- page 14 : femmage à Yvette Roudy
- page 15 : victoire de Solidaires RATP
- page 16 : lectures de l’été
- page 18 : podcast Vie syndicale
- page 19 : pourquoi le 13 octobre n’est pas une date féministe
- page 20 : jeu










