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Dans le privé et le public, un syndicalisme de lutte pour la transformation sociale

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LETTRE OUVERTE : Projet de cession de la filiale Globecast, une opération opaque qui menace la souveraineté médiatique, satellitaire et régalienne de la France

SUD Télécom IDF – 87 avenue de Paris 94800 Villejuif
  01 45 21 97 92 – sudtidf@sudptt.fr

  Vendredi 29 mai 2026

LRAR : 0000000000000

A Madame Christel Heydemann

Directrice Générale d’Orange

Bonjour Madame la Directrice Générale,

La stratégie industrielle qui repose sur une recherche de cash à tout prix pour gonfler dividendes, stock-options et actions gratuites pour les managers leaders, sans réelle vision pérenne de l’entreprise, provoque une politique de désengagement d’Orange ; Comme le projet de cession de la filiale Globecast, une opération opaque qui menace la souveraineté médiatique, satellitaire et régalienne de la France.

SUD RAPPELLE l’importance de l’entreprise Globecast pour les capacités industrielles et la souveraineté nationale, alors qu’elle est menacée de disparition. Héritière du Centre des liaisons radio-électriques créé en 1947, puis des investissements publics des PTT, Globecast distribue et diffuse les contenus audiovisuels Orange dans le monde entier. En son sein, 470 salarié·e·s hautement qualifié·e·s, dont la moitié en France, mobilisent un réseau mondial d’infrastructures hybrides de pointe. Celui-ci fonctionne chaque jour 24 heures sur 24 avec 60 unités mobiles et des points de présence et d’opération technique à Paris, Londres, Rome, Beyrouth, Johannesburg, Singapour ou Westlake Village qui relient 125 000 kilomètres de fibres. En dépit de son utilité sociale incontestable et de ses performances exemplaires, la direction d’Orange a entrepris de céder les parts de la holding Globecast (la présentant auprès des instances de représentation du personnel, comme une « simple vente d’actions ») sans aucune considération pour les éléments cités ci-dessous : 

Le syndicat SUD alerte solennellement l’opinion publique, les salarié·e·s, les autorités de contrôle, les actionnaires d’Orange et les responsables politiques : la cession de Globecast se déroule dans une opacité incompatible avec les exigences de sécurité nationale, de souveraineté et d’intérêt régalien. Globecast n’est pas une filiale ordinaire. C’est un maillon essentiel de la chaîne audiovisuelle française, un opérateur propriétaire d’un téléport en Île‑de‑France certifié WTA Tier 4 (il y en a trois en France), doté des autorisations d’émission satellitaire correspondantes. Ce centre est situé à proximité directe d’infrastructures militaires vitales.

Le manque de transparence économique ne respecte pas les instances de représentation du personnel, et soustrait à la connaissance des parlementaires des données essentielles sur les transactions financières : communication préalable incomplètes et déloyale au CSE de Globecast et au CSEC d’Orange, aucune étude d’impact sur la souveraineté qui soit rendu publique, aucune consultation du Parlement alors que l’État détient 23 % d’Orange.

Les salarié·e·s, totalement négligé·e·s ont appris la cession par la presse, alors que la communication interne affichait encore «Business as usual ». 

La justice a été saisie par le CSE de la filiale et une audience est prévue le 3 juin au tribunal de Nanterre pour examiner les manquements de procédure et les irrégularités dans la conduite du projet de cession. Le recours à la justice dans une opération industrielle de ce type est exceptionnel et confirme la gravité de la situation. 

Cette cession s’inscrit dans un contexte géopolitique explosif : guerre en Ukraine, cyberattaques massives, opérations d’ingérence visant l’UE et l’OTAN, désinformation, vulnérabilité des Jeux Olympiques et des élections. Dans de nombreux pays, les infrastructures de communication sont désormais considérées comme des enjeux stratégiques et régaliens devant être exclues des logiques purement capitalistiques.

Les revendications du syndicat SUD :

SUD exige en premier lieu l’arrêt du projet de cession tant que les risques souverains, sociaux et opérationnels n’aient pas été évalués de manière complète et indépendante.

SUD demande le lancement d’un audit de souveraineté portant sur les risques d’ingérence, la continuité audiovisuelle, les interconnexions civilo‑militaires, la sécurité des fréquences et la résilience des infrastructures en cas de crise. Ne pas le faire, c’est reléguer une infrastructure régalienne au rang de simple actif financier, alors qu’elle incarne la souveraineté audiovisuelle et satellitaire de la France.

Dans ce cadre, SUD estime indispensable que les autorités stratégiques soient auditionnées :

  • la DGSI et la DGSE pour les enjeux de sécurité nationale,
  • l’ARCEP pour la régulation des fréquences et des infrastructures télécoms,
  • l’ANSSI pour la cybersécurité,
  • la Marine nationale pour la protection des sites sensibles,
  • ainsi que le ministère de l’Économie, déjà intervenu par le passé pour bloquer des ventes d’infrastructures stratégiques au nom des intérêts français (Exemple EUTELSAT – 30 janvier 2026).

Enfin, SUD rappelle que les salarié·e·s ne doivent en aucun cas compenser les mauvaises décisions stratégiques prises par la direction. Le projet de cession entraîne une perte directe des garanties d’Orange pour les salarié·e·s et donc de leurs acquis sociaux pendant que la société gagne des milliards d’€. 

Orange voudrait transférer le risque économique au repreneur, Verdoso, tandis que le risque social serait reporté sur les salarié·e·s. Pour SUD, cette situation est inacceptable et doit s’arrêter.

SUD ne comprend pas que l’Etat ait pu valider sa cession aux fonds d’investissement Verdoso. Cela acterait le démantèlement d’une entreprise française de réputation mondiale à intégration verticale, au profit d’un spécialiste de la cession à la découpe qui ne regardera que le chiffre d’affaires à très court terme. 

SUD revendique le maintien de Globecast dans le périmètre d’Orange, considérant que l’entreprise — en capitaux propres négatifs depuis 2023 — nécessite un investissement urgent pour garantir sa pérennité. Cet investissement doit cibler la recherche et le développement, les technologies critiques, la cybersécurité, la modernisation des infrastructures et le renforcement de la force commerciale, afin que Globecast conserve son rôle stratégique dans la protection des communications sensibles et dans la continuité audiovisuelle.

Veuillez recevoir, Madame la Directrice, nos salutations les plus cordiales

Pour SUD TELECOM IDF

Bruneel Frédéric, secrétaire

06 71 21 44 23

sudt78@orange.fr

sudtidf@sudptt.fr

https://sud-telecom-ile-de-france.frama.io/

Copie à :

Monsieur Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances

Madame Catherine Vautrin, Ministre des Armées et des Anciens combattants de France

PS : D’ores et déjà des députés s’alarment de cette cession, trouvez ci-dessous, notamment, une question au gouvernement posée par le député Clouet Hadrien du parti politique LFI. 

Question écrite n° 14772 publiée le 28 avril 2026 : Globecast en péril

Question n°14772 : Globecast en péril – Assemblée nationale

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